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 Bêêê...[TERMINE]

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Humaine déchue, Villageoise

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Localisation  : Près de toi.^^
Emploi/loisirs  : Astrid joue, elle aimerait bien jouer avec toi.^^
Humeur  : Astrid est heureuse...~

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Humaine déchue, Villageoise


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Age: Astrid a 15 ans. 16 en Octobre 1562.~♫
Race: Astrid est une humaine, humaine. Juste humaine.^^
Arme / Pouvoir  : Astrid manie un fouet, qui fait très très très...Mal.^^-

MessageSujet: Re: Bêêê...[TERMINE]   Mer 14 Avr - 23:04

Astrid savait très bien qu'elle n'était pas aimée. Si elle mourrait ici, à l'instant, dans cette montagne éloignée de tout, dans cette herbe verte encore, personne ne la regretterait, personne ne se lancerait à sa recherche, se demandant ce qui avait bien pu lui arriver. C'était une promenade comme une autre, lorsqu'elle sortait, l'on s'attendait un jour à ne jamais la voir revenir. C'était courant, tout le monde était habitué, si un jour elle mourrait, ça ne serait pas grave, ce serait mérité. Pauvre petite Astrid, qui marche et marche chaque jour loin de chez elle, elle fera un jour une mauvaise rencontre, et mourra sans personne pour la secourir. C'était le risque à prendre pour marcher si loin, sans autre protection qu'une simple cravache. Toutes les habitants de son village, qu'importe la race dont-ils faisaient partis, la regardaient de haut, ou de loin, avec cet air de dégoût qui leur allait si bien. Parce qu'elle était différente, et qu'elle n'avait pas d'amis, personne ne se soucierait de sa disparition. C'était atroce, non? Et pourtant, elle s'en fichait bien. Qu'on la pleure ou la laisse pourrir sans l'enterrer, elle n'y voyait strictement aucune différence. Mourir de vieillesse ou tuée par un Neko ici même, ça n'avait pas non plus grande importance à ses yeux. La mort serait toujours présente au bout du tunnel, et des fleurs sur une tombe ne feraient revenir personne à la vie. Il n'y avait rien qu'on puisse y faire, strictement rien. On ne pouvait pas ramener les morts à la vie, on ne pouvait pas choisir sa vie, ce que l'on ferait sur terre, si l'on serait apprécié ou non. On ne pouvait pas choisir notre vie, et c'était pour cette raison que tant de gens choisissaient de s'ôter la vie plutôt que continuer ce destin dans un monde hostile qui n'aurait désiré qu'une chose, qu'ils s'en aillent le plus vite possible. Quoi que, peut-être avait-elle fait une erreur, peut-être avait-elle pensé trop vite, sans prendre le temps de bien réfléchir à ce dernier point.

Désirer la mort de quelqu'un? Maintenant qu'elle y pensait, il fallait vraiment détester cette personne pour arriver à en vouloir sa mort, par n'importe quel moyen que ce soit. On ne souhaitait pas la mort de quelqu'un dont on se fichait. On se fichait qu'il meurt, sans pour autant ardemment souhaiter qu'il rende l'âme. Si Astrid avait eu à choisir, il n'y aurait eu personne dont-elle aurait souhaité la mort. Elle détestait beaucoup de monde, elle se fâchait contre un bon nombre de personnes, mais il n'y en avait aucune dont-elle aurait pu vouloir la mort. Pas même ce Neko qui lui tirait les cheveux si fort qu'elle devait retenir une grimace d'étirer ses fins traits. Il lui faisait mal, mal. Cela devait lui plaire, de faire mal aux autres, de toute évidence. Ah, comme ce genre de personnes était détestable! Ils frappaient, marchaient jusqu'à trouver une personne plus faible qu'eux et la martyriser, se délectant de ses cris de douleur et ses supplications. Si Astrid l'avait su, elle ne serait pas venu aujourd'hui en cet endroit. Pas parce que, ce que tout le monde aurait alors cru, elle aurait alors évité de se mettre en danger, mais tout simplement car elle n'aurait pas eu à voir le visage du Neko qui tenait toujours d'une poigne de fer ses cheveux d'un beau blond pâle. A tirer ainsi, il allait les lui abîmer, et Astrid aimait beaucoup ses cheveux, elle ne voulait pas qu'un étranger tel que lui ne les arrachent sans raison. Quel grossier personnage, ne lui avait-on pas apprit qu'il était déplacé et malpoli de traiter de la sorte une demoiselle? Ou peut-être que les Neko n'avaient aucun principes, ça ne l'aurait guère étonnée. Ils ne pensaient qu'à se battre, tout le reste placé bien après dans la liste de leurs priorités. Ils étaient d'un pathétique...Penser qu'ils se croyaient chez eux, agissant à leur guise, écrasant de leur cruauté et leur suffisance exagérée les autres habitants de la partie Ouest d'Illea suffisait à la mettre en colère. Elle continuait de serrer le bras du Neko, enfonçant de toutes ses forces ses ongles dans sa peau, mais elle se doutait bien que ça n'allait pas durer. Dans quelques petites secondes, deux minutes tout au plus, il aurait vite fait de violemment la faire lâcher prise d'une quelconque manière.

Et elle avait raison, comme toujours. Le Neko tira plus fort encore sur ses cheveux, lui arrachant une grimace cette fois, alors qu'une de griffes de sa main droit vint se placer sur sa joue, l'effleurant désagréablement. Astrid ne pouvait pas le voir, mais elle était certaine qu'il souriait, à l'image du monstre qu'il était. Astrid avait toujours raison, elle ne se trompait jamais. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle savait tout, ne se trompait jamais. Ce qu'elle aurait du savoir, ce qu'elle ne devrait pas savoir, elle le savait. Elle ne lisait pas dans les esprits, ne pratiquait aucune magie, et pourtant, il lui suffisait de regarder une personne pour tout savoir. Jensen était un monstre, tout comme ses semblables. Et ce qui comptait pour lui disparaîtrait sous peu, elle en était sûre.


«JE suis chez moi. Toi, tu n'es pas chez toi. Tu n'es qu'une sale déchue, et crois moi j'adorerais purger cette terre de ton existence. Ce serait faire une bonne action, tu ne crois pas? Te tuer. Plus d'Astrid. Pa~rtie...»

Non, Astrid n'était pas d'accord. D'eux deux, c'était lui qui quitterait en premier ce monde. Elle avait encore trop de choses à faire ici pour se permettre de s'en aller maintenant. Elle avait beau n'être qu'une petite 'déchue' dont-il aurait aimé se débarrasser sur le champ, elle ne se laisserait pas faire, l'heure n'était pas encore venue. Qu'y avait-il de plus stupide qu'aller frapper aux portes du paradis afin d'entrer alors qu'elles étaient fermées? Il fallait attendre le bon moment, celui où dès notre arrivée, elles seraient grandes ouvertes, prêtes à nous accueillir en leur sein protecteur. Ce n'était pas encore l'heure d'Astrid, pas encore. Il y avait des personnes qu'elle n'avait pas encore rencontrées, des choses qu'elle n'avait pas encore connues ni vécues. Elle ne pouvait juste pas se permettre de quitter l'univers maintenant.

Quand le membre de la Brigade Noire lâcha enfin ses pauvres cheveux, elle voulu par réflexe poser une main sur son crâne endolori, mais l'homme à l'énorme hache l'avait saisie par le coup, la faisant lâcher prise, l'empêchant de s'écarter de lui. Les sourcils de la jeune fille aux yeux dorés se froncèrent automatiquement, et elle porta ses petites mains à son cou captif, comme si elle avait voulu le dégager de la douloureuse étreinte du Neko aux cheveux de cendre. Mais elle ne fit rien, se contentant de les poser là, comme si c'eut été leur place habituelle. Ça ne servait à rien de se débattre, comme pour les cheveux, ça n'aurait fait qu'empirer la situation, et bien que plutôt menu, ce Jensen avait étonnement de force dans les bras. Sans aucun doute aurait-il pu facilement l'étrangler, mais il avait visiblement décidé de 'jouer' avec elle au lieu de la tuer. Du moins, pour l'instant. Plantant ses yeux dans ceux bleus du Neko, elle l'écouta parler sans ciller. Il voulait jouer avec elle, elle avait vu juste. Sa griffe appuyait toujours sur sa joue, et si elle avait pu le faire sans avoir peur de se couper elle-même, elle l'aurait écarté d'un simple geste de la main. Il ne serrait pas trop fort, juste assez pour que ce soit incommodant. Astrid détestait étouffer, cela lui donnait l'impression de ne plus être maîtresse de son corps, de ne plus pouvoir agir à sa guise. Si elle pensait 'respire', alors elle devait pouvoir respirer. Soutenant toujours le regard de Jensen, elle dit, sur un ton monocorde d'où se distinguait tout de même une pointe de colère:

« Tu peux faire ce que tu veux d'Astrid, lui dire ce que tu veux, elle pensera toujours la même chose. TU n'es pas chez toi, ici, Astrid est chez elle. Astrid n'est qu'une sale Déchue, tu n'es qu'un sale Neko. Tu n'as pas besoin de faire de marque sur la peau d'Astrid, ton visage rendu disgracieux par la violence restera gravé dans sa mémoire. Contre sa volonté. »

Si elle l'avait pu, elle l'aurait oublié, mais ce n'était pas possible. Elle pouvait le détester, son visage ne resterait que mieux dans sa mémoire de cette manière. On oublie ce qu'on aime, on peine à ôter de notre tête ce que nous détestons. C'est toujours ce même triste schéma, qui s'applique aux évènements et aux personnes; Le sourire de quelqu'un vous ayant brisé le cœur vous hantera des années durant, au contraire de celui du garçon qui avait essayé de vous le faire oublier. Qu'importe l'époque, qu'importe la situation, qu'importe la personne, le mal sera toujours plus puissant que le bien, la douleur plus vive que la joie.

« Pourquoi as-tu laissé ta famille? Pourquoi es-tu parti? Pourquoi t'es-tu engagé dans la Brigade Noire?» demanda soudain Astrid, sans quitter des yeux le garçon qui la torturait.

Il n'était qu'un enfant perdu. Si quelqu'un l'avait aidé à retrouver le bon chemin, jamais il ne se serait égaré. Quel dommage. Quel gâchis.
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Neko chouchou de la Princesse, et amateur de noeuds roses

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MessageSujet: Re: Bêêê...[TERMINE]   Ven 14 Mai - 19:42

Jensen détestait les personnes faibles.

Elles ne méritaient pas de vivre. C'était un raisonnement des plus simple et expéditif, mais c'était ainsi qu'il pensait, ni plus ni moins. Ce n'était ni une question de race, ni une question de sexe, ni une question d'âge pas plus qu'une question d'apparence ou de manière de penser. Ce n'était qu'une question de force, on lui avait apprit à réfléchir ainsi alors qu'il n'était encore qu'un enfant ne comprenant qu'avec peine l'idée de la mort. Si on est faible, on meurt. Seuls les forts survivent et peuvent espérer vivre un peu plus longtemps, juste un peu encore. La vie n'était de son point de vue qu'une course contre la montre, dans laquelle on espérait vainement gagner un peu de temps, réussir à survivre encore quelques secondes pour faire ce que l'on désirait. Jensen ne pensait pas qu'on pouvait faire ce qu'on voulait, dans la vie. Il n'y avait pas le temps pour ça, pas le temps pour les loisir ou le plaisir. Il fallait essayer de rester en vie, tout n'était que survie et tuerie. Tuer pour vivre ou vivre pour tuer ; la limite était si mince qu'on se retrouvait vite de l'autre côté. Mais c'était la réalité des faits, c'était ainsi que tout marchait dans ce monde. Si on ne savait pas se battre, on mourrait. Si on était incapable de tromper, de décevoir, de tuer, de blesser, de manipuler, on finissait par mourir. Être gentil était un défaut, être agréable n'en était pas un uniquement si c'était pour arriver à ses fins. Sans doute que le fait d'avoir vécu dans un climat très violent jusqu'à il y a peu avait forgé son caractère, sans doute aussi que ce que son père et sa mère, dans une moindre mesure, lui avait toujours répété y avait contribué. Pas une minute d'inattention, pas une seule : il suffit d'une seconde pour perdre la vie, et alors tout est fini. La mort était l'ennemi véritable de Jensen, et il ne comptait pas perdre avant un long moment. Il vivrait tant qu'il le faudrait, jusqu'à ce qu'il finisse par périr et qu'il ne soit plus qu'un corps inanimé, sans intérêt. Il se fichait bien que sa mort fasse plus d'heureux que de personnes tristes, il se fichait bien de ce qui adviendrait de son corps une fois que son cœur aurait arrêté de battre. Tout ce qui comptait était ce qui se passait maintenant, à chaque seconde qui passait. Peut-être que, à force de côtoyer la mort de si près et d'y avoir échappé parfois de peu, Jensen arrivait mieux à vivre au jour le jour que les autres. Le jeune Neko aux yeux bleus avait une conscience de son corps et de ses sensations supérieur à celle de tout les humains, il savait ce qu'on ressentait quand, l'espace d'un quart de seconde, on pense qu'on va mourir. C'était excitant, c'était terrible. Indescriptible. Il n'aurait su dire ce qu'il ressentait quand il tuait quelqu'un, mais il ne s'en sentait que plus vivant encore. Ceux qu'il tuait étaient faibles, ils ne méritaient pas de vivre. Les forts, il les combattait : celui qui gagnait n'en était que plus fort encore, celui qui perdait était rangé dans les catégorie des faibles. Mais les personnes qui ne savaient qu'à peine se battre, celles qui faisaient peine à voir et qui pleuraient et disaient qu'elles feraient absolument n'importe quoi quand on les menaçait..., celles là, il les abattait. Ni plus ni moins. Une exécution sommaire pour ne pas avoir assez intelligemment utilisé le temps qui leur avait été accordé. Le jeune homme partait du principe assez simple que s'il était dans la capacité de tuer quelqu'un, alors c'était que son heure devait être venue. Il pouvait tuer cet enfant? Alors c'était qu'il ne devait pas vivre plus longtemps. Point final. Ses parents pourraient pleurer, hurler, devenir fou ou se donner la mort, ça ne changerait rien. Il fallait se remettre des épreuves que la vie nous soumettait, sinon nous ne méritions pas de viver. Jensen s'était remis de tout ce qu'on lui avait infligé, et il continuait d'avancer la tête haute. Prédateur ou proie, on devait choisir. Il ne voulait pas être chassé, alors il chassait. On ne pouvait pas décemment dire qu'on ne tuerait ni ne serait tué. Tuez celui qui vous menace ou c'est lui qui le fera. Tuez le temps, ou c'est lui qui finira par vous avoir. Les faibles se cachaient derrière des murs de principes et de bonnes intentions, et ils finissaient écrasés par les pierres qu'ils avaient patiemment empilés devant eux.

Alors non, il n'aimait pas les faibles. Et cette petite, il la trouvait faible. Il aurait pu la tuer. Ca ne lui aurait posé aucun problème, qu'il soit physique ou moral. Il aurait pu lui couper la tête, lui trancher la gorge ou lui arracher les yeux, rien de ce qu'il n'aurait fait ne l'aurait fait ciller. Il était habitué à infliger des tortures diverses, ça l'amusait plus qu'autre chose : il y avait des années et des années qu'il n'était plus incommodé par le sang et l'odeur des cadavres. Rien que de très familier. Un cadavre en plus sur cette pile, ça ne lui aurait coûté absolument aucun effort. Aucun ennuis d'aucune sorte. Il aurait pu la tuer. Mais il n'en avait pas envie, du moins pas pour l'instant. Elle avait cela d'intéressant qu'elle avait beau être dans une situation qui en aurait effrayé plus d'un, elle n'avait pas l'air d'avoir peur. Cette jeune fille aux cheveux blonds n'avait pas l'air d'avoir peur, mais surtout elle ne le faisait pas savoir. Combien de personnes qu'il avait menacé de mort ou de terribles douleurs l'avaient supplié en pleurant? Il n'avait pas compté, mais il se doutait bien que le nombre devait être plus qu'élevé. C'était une réaction naturelle, on cherchait à sauver sa peau par tout les moyens possibles et imaginable, et la soumission en était un. Le Neko aux cheveux gris était à peu près certain que quoi qu'il aurait demandé à ces personnes, elles l'auraient fait. Aucun sens de l'honneur, aucune estime d'eux-même. Ils faisaient plus pitié à voir qu'autre chose. Alors que cette fille, là, Astrid, elle ne disait rien. Elle encaissait en silence, et autant c'était énervant, autant c'était plaisant. C avait beau être amusant d'être supplié et de voir les larmes rouler par centaines sur les visages rouges de ses victimes, c'était ennuyeux. Toujours pareil. Il voulait voir jusqu'où elle irait, où se trouvait son seuil de tolérance. C'était un jeu comme un autre, et il n'était pas contre le changement. Oh, non. Il était cruel et sans foi ni loi, mais il avait un minimum de tact tout de même. Avant de tuer les autres, il jouait un peu avec eux. Il les évaluait, les testait. Quand il en avait le temps et l'envie, bien sûr : il arrivait que le garçon aux yeux clairs ne trouve plus commode de les tuer sur le champ, sans leur laisser le temps de comprendre ce qui leur arrivait. Tout dépendait de son humeur, en vérité : et pour le moment il se sentait d'assez bonne humeur pour ne pas simplement lui trancher la gorge avec ses griffes et la laisser se vider de son sang au sol. Les mains de la petite Astrid étaient posés sur son cou, qu'il tenait toujours assez fermement. Elles étaient posées dessus, mais n'essayaient pas d'écarter la menace. Elles restaient là, à attendre que ça se passe. Que se passerait-il, s'il serrait un peu plus fort? A cette idée, le sourire de Jensen s'élargit. S'il écrasait sa trachée, n'essayerait-elle pas de s'arracher la gorge pour inspirer un peu d'air? Irait-elle jusqu'à se la percer pour pouvoir respirer, ou se contenterait-elle de se tordre au sol comme un vers, tentant vainement de remplir ses poumons d'air? Ça pouvait être un test intéressant, oh que oui. Peu de personnes avaient le courage de s'arracher la gorge. Ce devait être atrocement douloureux, pour sûr..., mais quand c'était votre seule chance de vous en sortir, la douleur n'était-elle pas secondaire? Ce que les humains pouvaient être stupides et vains..., si lui avait eu la trachée écrasée, il n'aurait pas hésité un seul instant. Chaque seconde comptait, et la douleur signifiait au contraire qu'on était toujours en vie. Il fallait savoir l'apprécier et vivre avec, l'apprivoiser. Mais ça, les personnes faibles ne pouvaient pas le comprendre. Elles devenaient esclaves de la douleur, terrifiés à l'idée d'avoir mal. Pitoyables, tellement pitoyables...

« Tu peux faire ce que tu veux d'Astrid, lui dire ce que tu veux, elle pensera toujours la même chose. TU n'es pas chez toi, ici, Astrid est chez elle. Astrid n'est qu'une sale Déchue, tu n'es qu'un sale Neko. Tu n'as pas besoin de faire de marque sur la peau d'Astrid, ton visage rendu disgracieux par la violence restera gravé dans sa mémoire. Contre sa volonté. »

Jensen ne cessa de sourire quand elle lui répondit, soutenant son regard. C'était intéressant, non? Il aurait tellement aimé pouvoir lire dans ses pensées, pouvoir lire sur son visage les sentiments qu'elle devait ressentir, sans réellement les laisser paraitre pour autant. Oh oui, il aurait adoré. Pauvre petite Déchue, elle ne vivrait pas bien vieille. Il se fichait bien d'être chez lui ou pas, il se fichait bien qu'elle pense qu'elle était chez elle ici, il n'écoutait que son propre point de vue. Le Neko à la hache était égoïste et égocentrique, et il s'en moquait bien. Cette petite jeune fille aux yeux dorés pouvait dire qu'il n'était qu'un sale Neko, ça lui était bien égal. Il avait sa vie entre ses doigts, il en faisait ce qu'il voulait. Et le simple fait de savoir cela le rendait étrangement heureux. Pas heureux comme quelqu'un qui vient de recevoir un cadeau d'un ami, non ; heureux comme quelqu'un qui sait qu'il peut faire ce qu'il veut, heureux comme quelqu'un qui se sait supérieur. Heureux comme quelqu'un qui joue à un jeu truqué, dans lequel l'autre n'a aucune chance et qu'il s'évertue pourtant à jouer. Heureux comme quelqu'un aimant profondément faire du mal aux autres. Heureux comme quelqu'un qui serre la gorge d'une petite humaine entre ses doigts et qui sait que même s'il décidait de serrer, serrer, serrer de plus en plus fort, elle ne pourrait que rester là sans rien faire.

« Pourquoi as-tu laissé ta famille? Pourquoi es-tu parti? Pourquoi t'es-tu engagé dans la Brigade Noire?»

Jensen haussa un sourcil, et serra un peu plus fort pendant quelques secondes, avant de ne relâcher légèrement l'étreinte de ses doigts.

«Contre ta volonté ou pas, ça m'est égal. Et tu parles beaucoup trop, pour quelqu'un qui est dans ta position, ajouta-t-il en fronçant légèrement les sourcils, fixant toujours les yeux dorés d'Astrid. C'est moi qui décide ce qui est vrai ou pas. Pas toi, ni personne d'autre.»

Il laissa s'écouler quelques secondes, faisant claquer sa queue dans l'air. Il avait tout son temps, mais aucune envie de donner une réponse à ses questions. Pourquoi avait-il laissé sa famille, pourquoi était-il parti? Et pourquoi s'être engagé dans la Brigade Noire? Quelles questions pertinentes, réellement. Il avait ses raisons, et ça ne la regardait pas. Elle avait de drôle de priorités, pour quelqu'un qui, à chaque fois qu'elle respirait, le faisait peut-être pour la dernière fois.

«Pourquoi, pourquoi, pourquoi..., tu poses beaucoup de questions, tu ne trouves pas? Je n'ai pas envie de te répondre, siffla-t-il en serrant ses doigts autour de sa gorge, à peine plus fort qu'une seconde auparavant, l'air contrarié. Parce que, parce que, parce que. Parce que je suis mauvais, violent et parce que j'aime tuer les petites humaines déchues qui marchent sur la montagne.»
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Humaine déchue, Villageoise

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MessageSujet: Re: Bêêê...[TERMINE]   Lun 7 Juin - 19:27

Astrid ne pensait pas avoir tout le temps raison. Elle avait toujours raison, c'était tout. On pouvait penser qu'on était fort sans l'être pour autant, on pouvait penser détenir la solution sans pour autant réellement l'avoir. Astrid, elle savait qu'elle avait tout le temps raison, car elle savait tout, ce qui était caché au plus profond du cœur des gens, ce qui se reflétaient uniquement dans leurs yeux et leurs expressions. Juste en vous regardant, Astrid pouvait savoir si vous aviez eu un passé tumultueux, ou au contraire, paisible et que presque aucune mort n'avait frappé. Juste en regardant la manière dont vous bougiez votre tête et vos mains, elle pouvait savoir si vous mentiez ou si vous lui disiez la vérité. La fillette aux cheveux blonds avait eu tout le temps d'apprendre le langage des signes, ce langage du corps qui trahit la nervosité et le mensonge sans qu'on puisse rien y faire, enfermée seule avec ses parents dans sa maison aux volets fermés. Avait-on eu à ce point peur d'elle pour qu'on l'enferme comme un animal? Si ça n'avait pas dérangé Astrid sur le coup, cela l'avait par contre beaucoup intriguée, et elle avait posé des questions à sa mère, mais cette dernière n'avait jamais daigné lui répondre. La jeune fille était à peu près sûre que cette femme qui l'avait élevée les premières années de sa vie ne l'avait plus aimée une fois qu'elle avait découvert qu'elle n'était pas la parfaite petite-fille dont-elle avait toujours rêvé. Était-ce normal, de rejeter ses enfants uniquement car ils n'étaient pas ce qu'on voulait qu'ils soient? Son père n'avait guère été mieux, ne lui parlant qu'en cas d'extrême nécessité, ne la regardant même pas, comme si croiser son regard doré lui aurait brûlé les yeux. Quant à son frère...Elle ne l'avait quasiment plus revu après qu'elle ai été enfermée. Elle qui avait toujours partagé la chambre de son aîné, ses parents avaient du mettre leur précieux petit garçon ailleurs, afin qu'il ne soit pas 'contaminé' par la 'maladie' dont sa sœur souffrait. Ridicule, ridicule. A cause de ça, Astrid avait passé des années à l'ombre, sans jamais voir l'extérieur ni le moindre nouveau visage. La seule personne à qui elle avait pu parler sans se faire rejeter, c'était Klaus. Klaus lui avait apprit à reconnaître les mouvements des lèvres et à leur donner une signification, à associer chaque mouvement du corps à une émotion. Il lui avait parlé, lui avait raconté des histoires, afin qu'elle ne s'ennuie pas dans cette prison dépourvue de toute lumière et jouets. Klaus était gentil, il riait beaucoup, ne tenait aucun propos insultant à son égard. Grâce à lui, elle avait pu tenir toutes ces années sans émettre la moindre protestation, comme si tout du long, sa vie avait été normale. Astrid se demandait parfois si cette éloignement l'avait rendue plus à même de comprendre la personnalité des autres. Elle savait tout, pourquoi ils agissaient de cette manière, pour untel ne voulait pas ramasser cette fleur en particulier, pourquoi untel avait peur du noir et refusait de dormir sans une bougie allumée à son chevet. Au final, elle se fichait bien d'avoir été enfermée comme une bête sauvage, ou tout du moins, à présent, elle s'en fichait complètement. Si l'amour paternel, maternel et fraternel lui avaient auparavant manqué, elle se fichait totalement de ce qui pouvait arriver à ces gens devenus à ses yeux des étrangers. Ils auraient pu mourir à ses pieds que cela ne lui aurait fait ni chaud ni froid. Peut-être même les aurait-elle achevés. N'avaient-ils pas essayés de la tuer, de la priver de l'envie de vivre, quelques années plus tôt? Il aurait été tout à fait juste, de par le principe de cette loi primaire et précaire, qu'elle leur fasse à leur tour perdre le goût de la vie.

Mais ce Neko...Elle ne lui avait rien fait. Pourquoi serrait-il si fort sa gorge, alors qu'il n'avait aucune raison de se venger d'elle d'une quelconque sorte? Elle ne lui avait rien fait. Mais il était sadique, méchant, dérangé, et l'odeur du sang devait le ravir autant que ravissait une demoiselle celui d'une rose venant à peine d'éclore. Il aimait faire le mal, et tuer quelqu'un ne devait être pour lui qu'une formalité, quelque chose de banal, de rendu quotidien par la fréquence. Il était indépendant, et il devait posséder un égo plus grand que lui. Le genre de personne qui rie à gorge déployée en voyant quelqu'un tomber encore et encore sur le sol poussiéreux car la jambe de cette personne était brisée en deux. Après ce bilan, Astrid n'avait plus aucun doute sur le fait que s'il avait envie de la tuer, là, sur le coup, il le ferait sans même hésiter, d'un coup de hache ou d'un coup de griffe. Astrid ne voulait pas mourir, mais n'éprouvait pas le besoin non plus de fuir. N'était-ce pas étrange? Normalement, lorsque quelqu'un se trouvait face à une situation qui mettait en danger sa vie, même hypothétiquement, il se mettait à courir aussi vite que le lui permettaient ses jambes, ne prenant pas garde à regarder là où il posait ses pieds. Astrid, elle, ne courrait jamais. Elle n'avait jamais peur, se savait menacée, mais ne ressentait pas le besoin de bouger. Les doigts du Neko aux yeux bleus continuaient de serrer sa gorge, mais elle ne tentait malgré tout pas de les desserrer ne serait-ce qu'un petit peu. A quoi bon? Il finirait par retirer sa main, elle le savait, il était donc inutile de se débattre. Et même si la pression se fit plus forte l'espace de quelques secondes, elle ne cilla pas, comme indifférente à la pression qu'il exerçait sur son cou. Il pouvait serrer, elle s'en fichait bien. Cela faisait trop longtemps que la douleur ne l'incommodait plus, autant sur le plan physique que moral. Elle faisait semblant de ne pas la voir, et se sentant ignorée, elle s'en allait toujours.

«Contre ta volonté ou pas, ça m'est égal. Et tu parles beaucoup trop, pour quelqu'un qui est dans ta position. C'est moi qui décide ce qui est vrai ou pas. Pas toi, ni personne d'autre.»

Astrid n'avait pas arrêté de fixer le visage de Jensen pendant tout ce temps, comme si elle avait été à la recherche de quelque chose en particulier dans les fins traits qui composaient le faciès du jeune homme. Y avait-il une limite de nombre à prononcer pour quelqu'un qui était en train de se faire étouffer? Non, il n'y en avait pas. Tout dépendait de ce que celui qui se faisait étrangler pensait, de ce qu'il ressentait, et du courage qu'il avait. On pouvait parler beaucoup, même en ayant le souffle à moitié coupé. Et ce serait son cas, quoi qu'il puisse dire et quelles que soient les menaces qu'il proférerait. Ce qu'il pensait vrai ne l'était pas pour tout le monde, et ce n'était pas en clamant qu'il était le seul et unique détenteur de la vérité universelle que cela changerait. Chacun pensait ce qu'il voulait, agissait à sa guise, et ne devait pas se préoccuper de ce que son voisin pensait ou faisait. On se laissait parfois influencer par plus fort que nous, mais ce n'était jamais le cas d'Astrid. Ce Neko, elle ne l'aimait pas, il était bien trop prétentieux.

De son avis, il aurait été bien mieux au fond d'un fossé.

«Pourquoi, pourquoi, pourquoi..., tu poses beaucoup de questions, tu ne trouves pas? Je n'ai pas envie de te répondre. Parce que, parce que, parce que. Parce que je suis mauvais, violent et parce que j'aime tuer les petites humaines déchues qui marchent sur la montagne.»

Si elle l'avait pu, elle lui aurait tiré la queue, mais ses petits bras étaient trop court pour pouvoir l'atteindre, et elle ne pouvait pas bouger, son cou toujours captif des doigts fins mais forts à la fois du Neko à la hache. Ça pour sûr, il était mauvais, violent, et il aimait tuer, elle n'émettait là dessus pas le moindre doute. Son visage n'exprimait que la haine, la violence, la colère, tous ces sentiments qui rendaient une personne détestable aux yeux des autres. Elle ne l'aimait pas, elle ne l'aimait pas. Vraiment, elle le détestait. Elle aurait voulu le voir mort, et l'espace de quelques secondes, ses yeux dorés trahirent ses pensées, s'enflammant d'une lueur inquiétante. Mais cela ne dura pas, et peu de temps après, ils retrouvèrent leur habituelle expression, alors qu'elle prononçait ces paroles de sa petite voix, douce et calme, comme si elle avait été en pleine conversation avec une amie:

« Astrid ne pose pas beaucoup de questions, et elle ne parle pas trop non plus. Astrid décide de ce qui est vrai ou pas pour elle, toi, tu fais ce que tu veux, Jensen. Elle marqua une légère pause, reprenant ensuite sur le même ton, Tu es mauvais, oui, ça se voit sur ton visage. Mais Astrid ne pense pas que tu as toujours été comme ça. Tu as du être gentil, avant. »

Paroles inutiles s'il en était, mais essentielles pour Astrid, pour une raison qui lui était inconnue. Elle voulait voir si ce Neko pouvait prendre autre chose qu'une expression colérique ou contrariée. Pouvait-il sourire? Sûrement. Mais il ne devait pas le faire souvent. Elle garda ses mains posées sur son cou, comme si elle avait toujours envie de se dégager de cette douloureuse étreinte. Mais encore une fois, elle ne fit rien de plus qu'attendre, son regard doré plongé dans celui bleu givré du jeune homme en face d'elle.
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MessageSujet: Re: Bêêê...[TERMINE]   Sam 3 Juil - 18:50

Jensen était loin d'être parfait. Vraiment, vraiment très, très loin.

Comment aurait-il pu l'être? Dans l'imaginaire collectif, le parfait jeune homme était poli, gentil, compréhensif, généreux, pacifique, fort, modeste,intelligent, respectueux, admirable, prévenant et avenant. Tout ce que le Neko aux yeux bleus n'était pas, en somme. Alors certainement qu'aux yeux de ce monde il était plus que loin d'être un exemple à suivre ou un modèle de vie quelconque. On ne l'aimait pas, on ne voulait pas le connaître de près, on ne voulait pas avoir affaire à lui. On avait peur de lui. On le craignait, et même si son nom ne disait rien à beaucoup d'habitants de son pays, son visage seul suffisait à repousser toute tentative de discussion. Parce qu'il avait un visage fermé, dur, une expression méchante et dérangeante. L'expression de ceux qui avaient déjà vu la mort, qui avaient tué et avaient été blessé un nombre de fois bien trop important. Le visage de ceux qui avaient vécu des choses difficiles et qui n'avaient jamais réellement eu de chance dans leur vie, passant d'une épreuve à une autre sans avoir le temps de se reposer. Oui, Jensen était un guerrier aguerri, il n'était rien de plus que cela. Pas un ami attentionné, pas un frère protecteur, pas un fils aimant, pas un amant affectueux. Le jeune homme ne savait pas pour quoi il vivait, pourquoi il vivait, mais tout ce qu'il savait était qu'il vivait : s'il savait se battre, alors il se battrait. N'était-ce pas là la logique même? S'il avait eu un don pour la cuisine, peut-être en aurait-il fait son métier. S'il avait eu une capacité évidente à réconforter les autres, peut-être l'aurait-il fait sans arrêt. Mais il savait se battre, il aimait trancher, découper, détruire, écraser et éviscérer. Que ça plaise ou non aux autres, il s'en moquait royalement : qu'est-ce que ça aurait pu lui faire, de toute façon? Ils vivaient leur vie, il vivait la sienne. Prier pour que la leur ne rencontre pas malencontreusement la sienne était tout ce qu'ils pouvaient faire contre son mode de pensée et d'action, il n'y avait rien d'autre qui soit à leur portée. Alors oui, on le craignait, et oui, il adorait cela. Leur image de la perfection n'en était pas une à ses yeux, et il ne trouvait de parfait dans leurs caricatures stupides que leur nom. Tout leurs schémas représentaient quelqu'un d'inutile et d'incapable aimant les autres, et il ne voulait pas ressembler à cela. Quitte à ressembler à quelque chose, Jensen aurait préféré avoir le visage de ce qui se cachait dans leurs cauchemars, de cette chose qui les tuait, nuit après nuit, les réveillait et le empêchait de dormir. Cette personne qu'ils voyaient une fois et qui les hantait, dont le visage revenait sans arrêt dans leur mémoire, qu'ils craignaient de croiser à chaque coin de rue, devant laquelle ils ne pourraient pas même fuir, comme statufié. Qu'on le haïsse, qu'on crache sur son nom en disant qu'il était un monstre : ça ne faisait que le rendre plus heureux à chaque fois. Parce qu'il voulait être ainsi, qu'il était ainsi, et qu'à ses yeux plus qu'une insulte c'était une consécration. Se battre était son métier, tuer en faisait parti. Comme tout le monde, il aimait son travail et tenait à le faire bien, comme il fallait, avec précision et efficacité. Dire qu'il était horrible était comme dire à un peintre que ses peintures étaient sublimes, c'était comme dire à un boulanger que ce qu'il faisait était délicieux : il aimait se battre, c'était son métier et une des rares choses qu'il appréciait réellement. Peut-être était-ce difficile à comprendre pour quelqu'un d'autre que lui-même, mais le Neko aux cheveux en bataille s'en moquait éperdument. On le regardait, on le regarderait toujours et ça lui suffisait amplement. Être dans la Brigade Noire était le point culminant de son entrainement intensif et de ses aptitudes naturelles au combat, et il aspirait à présent à une victoire quelconque de l'Ouest sur l'Est pour parfaire le tableau. Sa vie lui convenait déjà complètement ainsi, et il ne la voyait que s'améliorer à partir de maintenant. Là où les autres voyaient un climat de tension dérangeant et pesant, lui y voyait des centaines d'occasions de s'amuser tranquillement. Un pays en paix ne lui convenait pas, et il ne tenait même pas à songer à ce qu'il aurait fait si ç'avait été le cas, pour une raison X ou Y. Comme il l'avait dit, sa vie se résumait plus ou moins aux combats et à sa faculté à manier la hache accrochée dans son dos : s'il n'avait plus eu à tuer qui que ce soit, si tout s'était calmé et qu'il avait du trouver autre chose à faire, il se serait mortellement ennuyé. C'était atroce, c'était amoral, mais la vie de toutes ces personnes ne lui importaient pas. Elles lui servaient à se distraire, ni plus ni moins. Tuer quelqu'un juste pour le tuer ne lui posait aucun problème, pas le moindre.

Alors oui, sans aucune hésitation, il aurait pu tuer cette Astrid qui se promenait toute seule dans les parages.

Ça ne lui aurait même pas posé de problème majeur, au vues de la situation présente. S'il avait commencé à réellement serrer très, très fort, voulant clairement l'étrangler, peut-être la jeune fille se serait-elle débattue avec plus de force et de conviction. Sûrement, oui. Il n'avait vu que bien peu de personnes qui acceptaient la mort, une fois en face de leur bourreau : que ce soit une maladie, un homme de chair et d'os ou quelque chose qui menaçait brusquement d'écraser leur joli minois, personne n'était indifférent au moment de passer de l'autre côté. L'instinct de survie ne le permettait pas, et le dernier geste de tout ceux qui en avaient le temps était d'essayer de fuir. De survivre. La mort n'était pas une solution envisageable pour le cerveau de tout individu normalement constitué, et fort heureusement quelque part : ça n'aurait pas été si drôle, dans le cas contraire. Mourir ne lui faisait ni chaud ni froid, pensait-elle qu'il ne la tuerait pas ou n'avait-elle simplement aucune conscience du danger? Jensen ne le savait pas, il ne pouvait lire dans les grands yeux dorés de la demoiselle. Il ne pouvait dire ce qui se passait en elle, ce qu'elle pouvait vouloir faire, ce qu'elle avait déjà fait et ce qu'elle ne ferait jamais s'il la tuait ici et maintenant. Tout ce qui l'intéressait, pour l'heure, était de savoir quelle aurait été sa réaction s'il avait serré, un peu plus, un tout petit plus. Et encore. Et encore. Jusqu'à ce que ses doigts ne s'enfoncent dans sa gorge et ne bloquent complètement toute arrivée d'air. Que ferait-elle, pauvre petite Astrid? Elle se débattrait? Se laisserait mourir? Supplierait, ou l'insulterait? Hein, que ferait-elle? Quelque chose, certainement. Quoi, là était toute la question. Elle n'avait pas un gabarit impressionnant, mais ce n'était pas le genre de facteur auquel le garçon prêtait beaucoup d'attention, pouvant paraître bien petit et bien frêle à côté d'Esprits pourtant bien moins forts que lui. Mais il doutait qu'elle puisse l'empêcher de la tuer, si l'idée s'ancrait dans son esprit jusqu'à ce qu'il ne veuille plus le faire, mais doive le faire pour satisfaire une envie passagère. Jensen était dangereux, encore plus dans la mesure où une vie n'avait pour lui aucune valeur au moment de la retirer à quelqu'un. Encore plus si c'était un Humain ou un Elfe. Encore plus s'il était seul, et que personne n'irait lui demander de rendre des comptes. Ce qu'il fallait se dire, finalement, était que ce qui séparait la jeune fille de la mort, ce qui empêchait le jeune Neko aux yeux clairs de ne lui tordre le cou, ce n'était rien qu'une petite impulsion. Il était relativement calme, pour l'instant. Il n'avait pas particulièrement envie de la tuer et de laisser son petit corps là, dans la montagne. Aucun intérêt, ça n'aurait pas été drôle. Sans doute ne la tuerait-il pas, et sans doute qu'elle n'aurait qu'un avertissement douloureux. Sans doute aurait-elle encore l'occasion de parler et de marcher en repartant de cette montagne. Sans doute, oui, ne serait-elle pas estropiée. Pour la simple et bonne raison que, oui, il n'aurait pas trouvé cela divertissant. Elle ne bougeait pas, la petite Astrid. Elle mettait ses mains près de son cou, mais ne serrait pas. Ne cherchait pas à défaire son étreinte. Jensen était avant tout un chasseur, et il adorait avoir à courir après les autres pour pouvoir les achever. Arriver quelque part et leur trancher la gorge n'était pas amusant. Ça n'était pas intéressant.

Et, comme toute passion, la sienne devait lui apporter du contentement et de la satisfaction.

« Astrid ne pose pas beaucoup de questions, et elle ne parle pas trop non plus. Astrid décide de ce qui est vrai ou pas pour elle, toi, tu fais ce que tu veux, Jensen. Tu es mauvais, oui, ça se voit sur ton visage. Mais Astrid ne pense pas que tu as toujours été comme ça. Tu as du être gentil, avant. »

Jensen fit une grimace, serrant plus fort ses doigts autour de sa gorge avant de ne les relâcher légèrement. Si, elle posait beaucoup de questions et parlait trop à son goût. Incompréhensible, vraiment. Les Humains n'étaient pas des êtres très évolués, il le savait déjà ; pourtant, ça ne cessait de le surprendre à chaque fois qu'il en croisait un nouveau-un de trop. Le jeune homme eut la brusque envie de voir si elle parlerait toujours autant avec une griffe plantée en travers de sa gorge, mais décréta que la réponse était trop évidente pour mériter expérimentation. Elle ne parlerait plus. Contrairement à d'autres personnes cependant, le brigadier ne trouvait pas forcément une personne plus intéressante vivante que morte. Si ce qu'elle disait était sans intérêt, alors qu'elle gise au sol ou discute paisiblement avec quelqu'un d'autre, ça n'avait aucune sorte d'importance. Morte, au moins, il ne risquait pas d'avoir les oreilles cassées par sa faute. Son cœur balançait entre la tuer, ne pas la tuer, la tuer, ne pas la tuer..., quel cruel dilemme, réellement.

«Ça se voit? Tant mieux. Regarde moi bien, alors, Astrid, répondit-il en la secouant légèrement, la fixant droit dans les yeux. Si je n'aime pas tes questions, je te tue. Clair? Je t'étrangle, je te décapite. Ou je te tranche en deux. Et ta tête finira sur une pique à l'entrée d'un village.»

Il fronça les sourcils, l'observant avec dégout. Ce n'était pas juste 'comme ça' qu'il détestait les humains, et à plus forte raison les déchus. Il les trouvait répugnant, indignes de vivre, pas à leur place. Comme des parasites qui gênent plus qu'autre chose, qui s'accrochent et ne font rien à part ça. S'accrocher, sans raison, être lâche et inutile, être stupide et sans intérêt. Faibles et tout juste bon à être tués. Ils n'auraient jamais du accepter que des humains restent ici. Qu'ils pullulent à l'Est, ça lui était bien égal : c'était une vraie concentration de faibles et de lâches, de toute façon. Un de plus un de moins, qui aurait vu la différence? Il aurait aimé tuer cette fille ou un autre et envoyer son cadavre du côté d'Ankou Della'Morte, en laissant un gentil message disant qu'ils pouvaient bien les garder, lui n'en voulait pas plus. Il méprisait cette humains aux cheveux blonds, oui. Il la trouvait répugnante, il ne pensait pas qu'elle méritait de vivre. C'était ainsi, il ne changerait jamais d'avis concernant cette race inférieure à la sienne en tout point. Jamais. Quant-à avoir été gentil..., Jensen n'avait pas besoin de chercher, sa réponse serait non. Peut-être avait-il été plus faible il y avait longtemps de cela, il ne s'en souvenait pas. Son enfance était loin derrière lui à présent, et elle n'avait de toute façon rien eu de reposant non plus. Non, rien de reposant. Il avait abandonné les tombes de sa mère et de sa sœur, avait laissé son ainée partir, avait abandonné sa cadette et son père. Sa famille n'était plus sa famille, leur maison n'était plus la sienne, et il ne voulait pas se souvenir s'il avait été 'gentil' ou pas. Les enfants sont stupides par définition, mais il n'en était plus un. Savoir qu'il en avait été un lui suffisait amplement, il ne tenait pas à pousser la réflexion plus loin. Il n'était pas gentil. Il pouvait l'être, sûrement, et pouvait sourire, certainement, tout comme se sentir bien sans tuer qui que ce soit. Mais il n'y tenait pas, pas vraiment. Il avait toujours été comme ça, voilà tout. Il était né avec en lui tout les ingrédients pour devenir ce qu'il était à présent. Peut-être que c'était la vie qui les avait mélangé de manière à empirer les choses, mais il était mauvais. Voilà tout. Il était cruel, et ça, ça venait de quelque part au fond de lui-même.

«Gentil? Tu crois vraiment que j'ai été gentil un jour, hein, Astrid? Tu es une idiote qui parle beaucoup trop. Je n'ai jamais, ja-mais été gentil. JAMAIS. Je suis né comme ça, tu vois? Je suis méchant depuis toujours, aussi vrai que tu es une sale humaine depuis toujours, et aussi vrai que tu mourra bientôt si tu ne fais pas attention à ce que tu me dis.»
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MessageSujet: Re: Bêêê...[TERMINE]   Jeu 12 Aoû - 23:25

Astrid aurait bien voulu savoir ce qui était advenu de ses parents, tiens. Leurs visages lui étaient revenus en mémoire comme un lumineux éclair lors d'une sombre nuit d'orage, et elle ne pouvait se débarrasser de leur désagréable rayonnement. Aviez vous déjà regardé le soleil en face plus de quelques secondes? Sa luminosité restait ancrée dans vos paupières, même lorsque vous fermiez de toutes vos forces vos yeux. On ne pouvait pas s'en débarrasser, qu'importe les efforts qu'on y mettait. Et bien, pour la demoiselle aux clairs cheveux, c'était exactement la même chose, sauf qu'à la place de tâches de couleurs sans réelles formes, c'était les visages des différents membres de sa famille qui persistaient à s'incruster au devant de ses yeux, l'empêchant de pouvoir correctement réfléchir. Peut-être, pensa-t-elle sur le coup, que si elle savait ce qui était advenu d'eux, ils pourraient arrêter de la hanter, comme de vieux fantômes rancuniers qui n'abandonnaient leur victime qu'une fois celle-ci morte, six pieds sous terre, et membre de leur petite communauté, prête à à son tour harceler quelqu'un jusqu'à épuisement. Mais des fantômes, ils ne pouvaient en être, parce qu'ils n'étaient pas morts, elle le savait. Là encore, elle ne savait pas pourquoi, mais elle le savait. S'ils étaient morts, n'importe lequel des trois, elle l'aurait senti. Elle l'aurait senti, à la seconde où la vie d'un de ses proches se serait envolée vers un monde que beaucoup qualifiaient de meilleur. Les oiseaux se seraient arrêtés de chanter, et le vent aurait cessé de souffler, pendant un très court instant, un quart de seconde, tellement court qu'elle seule s'en serait aperçu. Ils n'étaient Pas morts. Ils vivaient toujours. Très certainement étaient-ils passés du côté Est du Royaume, là où tous les Humains s'étaient donnés rendez-vous pour tenter de construire une société idéale à leurs yeux, qu'aucune guerre civile n'aurait pu détruire. Sa mère avait toujours eu cette obsession de posséder une famille parfaite en tous points, sans aucun défauts, que tout le monde aurait jalousé et envié dans le voisinage. Parce qu'elle avait été abandonnée à l'âge de trois ans dans un orphelinat, seule, triste et démunie, elle voulait fabriquer de ses propres mains, à l'âge adulte, ce qui lui avait toujours manqué lorsqu'elle était enfant. En ce qui concernait son père, c'était exactement la même ritournelle. Orphelin dès son plus jeune âge, il avait rencontré étant enfant sa mère dans ce même orphelinat, et lui avait promis de lui donner une grande et belle famille une fois qu'ils seraient adultes et unis. Ils ne pouvaient pas être restés à l'Ouest, c'était impossible, le regard des autres avait bien trop de valeur pour eux, ils n'auraient pas supportés être méprisés des autres, eux qui toute leur vie avaient été admirés et complimentés. Avec son frère, et leur unique enfant si on leur demandait, ils avaient du s'installer à Esidir, ou dans un autre village, pour reconstruire, une nouvelle fois, une vie nouvelle et parfaite, loin de l'Orphelinat et leur deuxième enfant. Tous ces ratés, ils les avaient laissés derrière eux, à l'Ouest d'Illea, comme si s'éloigner le plus possible d'eux les mettraient à l'abri de tous les malheurs qui s'abattent quotidiennement sur les résidents de ce pauvre pays déchiré. Ils étaient partis, mais n'étaient pas à l'abri de la tristesse pour autant. Astrid le savait, elle l'avait toujours su, cette femme qui était sa mère et dont on avait tant de fois loué la beauté finirait seule et abandonnée, recluse, condamnée à ruminer ses pensées jusqu'à ce que la mort ne vienne peaufiner ce que la tristesse avait créée. Son père mourrait bientôt, il ne vivrait pas longtemps encore. Il avait beau être fort et intelligent, il mourrait bientôt. Bruce, son frère, s'en irait loin de ses parents, faire sa vie, se recréer une atmosphère aimante et familiale quelque part, avec quelqu'un. Au final, ils finiraient tous seuls et seraient enterrés seuls. Tous ceux qui voulaient échapper à la fatalité se retrouvaient tôt ou tard confrontés à ce qu'ils avaient toujours voulu fuir, c'était universel, tout le monde le savait. Astrid aussi, un jour, mourrait, et elle mourrait seule. Elle aurait des enfants, un mari, mais elle mourrait seule. Penser cela ne lui faisait néanmoins ni chaud ni froid, et ce qui aurait pu faire pleurer n'importe qui ne le faisait même pas baisser la tête. Ce n'était pas comme si elle venait de l'apprendre, non? Klaus lui avait dit, qu'elle finirait sa vie seule, et sans soutien. Triste et éméchée, à l'image de sa mère. Telle mère telle fille, comme le disait le vieil adage, et la blonde aux yeux dorés ne pouvait qu'acquiescer en entendant cela. Elle aurait du être triste, elle s'en rendait compte. Et pourtant, elle ne l'était pas. Ce n'était pas normal. Elle aurait du se débattre, crier, tenter de repousser les doigts du Neko, qui s'enfonçaient parfois trop dans sa gorge. Elle aurait du avoir peur, s'enfuir, pleurer, supplier, tout ce qu'un individu sain d'esprit aurait fait face à un Neko qui lui tenait fermement la gorge, prêt à l'étouffer sur la seconde si l'envie lui prenait. Mais elle ne ressentait rien, pas la moindre petite inquiétude, comme si l'être en face d'elle n'avait été qu'une simple petite peluche inoffensive. Ah, ce manque de discernement lui avait attiré bien des problèmes, et lui en attirerait encore à l'avenir, et le pire était il n'y avait rien qu'elle puisse faire pour changer ça. C'était comme demander à quelqu'un qui ne ressentait pas la douleur de nous dire à partir de combien de coups de batte son bras lui faisait mal. Il n'aurait pas pu répondre, puisqu'il n'aurait ressenti de douleur à aucun moment. Même quand son os céderait, il ne pourrait que constater les dégâts, avec étonnement s'il en est, puisque son bras ne lui aurait pas fait mal tout ce temps. Astrid, elle, ne pouvait pas courir, ni appeler à l'aide, ni supplier, ni quoi que ce soit de ce genre, puisqu'elle ne ressentait aucune peur. Quand savoir quand appeler à l'aide, si l'on ne ressent pas la peur?

C'était impossible.

Ses mains fidèles à leur poste, Astrid n'avait pas quitté Jensen des yeux, observant la moindre de ses réactions, le moindre de ses gestes, la moindre de ses mimiques. On donnait souvent aux yeux la curieuse appellation de 'Miroirs de l'âme', et Astrid trouvait ce surnom plus qu'approprié. Chaque étincelle de colère, chaque fragment de tristesse, chaque lueur de joie ou de désespoir, tout passait par le regard, et si on observait attentivement les yeux de son interlocuteur, on pouvait deviner des sentiments que le corps parvenait à masquer. On pouvait forcer un sourire, faire attention à ce que nos gestes ne trahissent pas nos pensées, mais on ne pouvait rien faire pour ternir l'éclat de nos yeux. Tout se reflétait dans ces immenses et expressifs vitraux de couleur qui donnaient à notre visage un équilibre. Ceux des Esprits ne reflétaient rien, mais ils étaient une exception. Les yeux des Esprits n'étaient que de vides miroirs posés au milieu de leur figure, miroirs que l'on peut briser sans craindre de dégâts. Ils étaient inutiles, et Astrid ne les aimait pas. On pouvait plonger son regard dans celui d'un Esprit, mais c'était comme plonger sa tête dans une mer noire dont on ne pouvait voir le fond. On n'y voyait rien. Pas la plus petite trace d'humanité, rien. Astrid les détestait vraiment, ces yeux qui ne méritaient pas même telle appellation. Heureusement, celui qui lui faisait face n'était pas un Esprit, et ses émotions se reflétaient particulièrement bien dans ses beaux yeux bleus. C'était un gâchis, de laisser la haine et le dégoût s'emparer de si belles billes de couleur. Si elle l'avait pu, elle les lui aurait arrachés. Peut-être le pouvait-elle? Si elle tendait le bras, elle le pourrait certainement. La distance n'était pas immense. Elle le pourrait, si elle essayait.

Le ferait-elle?


«Ça se voit? Tant mieux. Regarde moi bien, alors, Astrid. Si je n'aime pas tes questions, je te tue. Clair? Je t'étrangle, je te décapite. Ou je te tranche en deux. Et ta tête finira sur une pique à l'entrée d'un village.»

Il avait serré, puis desserré. Ne voulait-il pas la tuer? Elle sentait de l'hésitation dans ses gestes, il ne savait pas quoi faire d'elle, et cela devait sûrement grandement l'embêter. Le visage de la fillette aux yeux pareils à l'or garda cette expression stoïque qu'elle arborait depuis qu'il l'avait saisie par le cou, fixant toujours ces deux yeux bleus animés par la fureur, l'envie de tuer et le dégoût. Toutes ces émotions qu'elle voyait tant de fois passer dans le regard des Neko qu'elle croisait parfois au hasard des rues, et qui se trahissaient par un rictus de la bouche chez les Esprits. Elle était habituée à ce qu'on la méprise et la fuit, rien de tout ça ne lui faisait plus mal depuis longtemps. Cela lui avait-il seulement fait mal un jour, elle se demandait? Elle se fichait du regard des autres. Ce qu'ils pensaient d'elle ne lui importait pas. Ils pouvaient bien tous l'insulter et la faire tomber, elle se relèverait, comme toujours. Jamais ils ne seraient assez forts pour la maintenir à terre. Astrid ne savait pas si elle pouvait être considérée comme une personne forte, mais s'il y avait bien une chose qu'elle savait, c'était que le jour où elle se coucherait pour ne plus jamais se relever serait le jour de sa mort. Ce serait le seul moment où elle se permettrait de reprendre son souffle et doucement s'affaisser sur le chemin de la vie. Le seul moment, le seul. Ce Neko pouvait bien la découper, la couper en deux, et mettre sa tête au bout d'un pique pour exhiber son crime, elle s'en moquait. Elle n'aurait pas du, pourtant, s'en moquer. Mais elle n'y pouvait rien, elle s'en moquait. Ça lui était totalement égale.

«Gentil? Tu crois vraiment que j'ai été gentil un jour, hein, Astrid? Tu es une idiote qui parle beaucoup trop. Je n'ai jamais, ja-mais été gentil. JAMAIS. Je suis né comme ça, tu vois? Je suis méchant depuis toujours, aussi vrai que tu es une sale humaine depuis toujours, et aussi vrai que tu mourra bientôt si tu ne fais pas attention à ce que tu me dis.»

Impossible. Jensen parlait beaucoup, et pourtant, il se permettait de la critiquer. Il avait forcément été gentil un jour, dans son enfance, quand tout ce qui lui importait à ce moment là étaient les jeux qu'il allait pouvoir inventer pour s'occuper. C'était drôle, tout de même, comme le temps et l'entourage peuvent changer quelqu'un. Les Neko étaient naturellement violents et brusques, car là d'où ils venaient, la vie était loin d'être aussi facile qu'elle ne l'était pour la grosse majorité des habitants d'Illea. Des pleins gelées à perte de vue, peu de nourriture, peu de tout. Afin de pouvoir vivre une vie convenable, il fallait chasser, se battre, tuer. Marche ou crève. Si tu ne tues pas, c'est toi qui sera tué. Ça pouvait paraître aberrant pour eux que de tels dictons puissent s'appliquer aussi bien à un mode de vie, mais c'était néanmoins la vérité. Astrid le savait, les Neko étaient des guerriers dans l'âme, des êtres qui apprenaient à leurs enfants encore tout jeunes à chasser et tuer. Ce devait être dur de vivre dans un monde où la pitié et la compassion sont signes de faiblesse et l'origine de nombreuses morts, non? Comment avaient-ils fait pour s'habituer à la trouble, mais toutefois civilisée et tranquille atmosphère d'Illea, pays où les crimes et meurtres étaient sanctionnés par la loi? Ça devait être dur, encore aujourd'hui. Très très dur.

Très très dur.~♫


« Tu as déjà été gentil, lui assura Astrid avec un petit sourire, tout le monde est gentil un jour. Tout le monde est méchant un jour. Parce que personne n'est entièrement noir ou blanc. Mais tu sais ça aussi bien qu'Astrid, non, Jensen? »

Sans crier gare, la fillette aux cheveux blonds tandis son bras droit en direction de Jensen, et sa main se crispa sur l'œil gauche du Neko. Son autre main, resté posée sur la main de Jensen, toujours enroulée autour de son cou, se crispa également. Ah, elle pouvait, voilà. Si elle le voulait, elle pouvait lui arracher l'œil. Il pouvait la tuer, mais elle pouvait lui laisser une empreinte indélébile de son passage. Un petit souvenir qu'il verrait chaque matin dans sa glace, un souvenir qui jamais ne disparaîtrait. Elle pouvait. Elle pouvait. Mais le ferait-elle? Il la tuerait, si elle faisait ça. Cela en valait-il la peine? Elle réfléchissait. Réfléchir était essentiel, cela nous empêchait de faire de bêtes erreurs que l'on aurait pu éviter avec un minimum de réflexion. Et Astrid détestait faire de bêtes erreurs.

« Tout le monde a un point faible. Astrid trouvera le tiens et Astrid l'utilisera pour te réduire à l'impuissance. Parce que tu en as, tout le monde en as, et tu n'es pas différent des autres. Astrid le sait, Astrid le sait. Astrid sait tout. »

Suite à ces mots, l'humaine à la cravache ôta sa main du visage de Neko, toujours souriante, la replaçant là où elle se trouvait précédemment, près de sa jumelle. Non, elle ne lui enlèverait pas. Mais elle aurait pu. Elle espérait qu'il s'en rendrait compte.

Elle pouvait perdre la vie aujourd'hui, au milieu de ces montagnes, où son corps servirait de repas aux charognards qui en avaient fait leur refuge, mais lui aurait pu perdre un œil, en ces mêmes montagnes. Ça aurait été handicapant, non? Un Brigadier amputé d'un œil...Il aurait mit du temps à s'y habituer. Beaucoup de temps.


[I WIN, AH! Astrid va se faire tuer...RIP.X'D]
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MessageSujet: Re: Bêêê...[TERMINE]   Mar 7 Sep - 18:20

{J'aime bien poster avec Jensen. J'ai l'impression d'être une inadaptée sociale.X'DDD

Et RIP Astrid, oui. Heureusement pour elle que Jensen c'est un genti chatounet plein de compassion et de gentillesse, hein~X3}

Jensen ne comprenait ni n'approuvait pas toutes les mœurs de ce pays. Ou de cette moitié de pays, qu'importe. Quand il était arrivé ici, il avait tout d'abord eu l'impression d'arriver en territoire inconnu, dans un endroit peuplé d'êtres sans oreilles aux sommet du crâne, sans queue qui ondulait dans leur dos, avec de drôles d'yeux. Ils parlaient une langue qu'il ne comprenait pas, ils n'étaient pas nomades, s'étaient bâtis des habitations solides et ne semblaient jamais en bouger. Ils allaient 'acheter' ce dont ils avaient besoin. Comment aurait-il pu ne pas trouver cet endroit étrange? C'était très loin de la manière dont il avait vécu jusque là. Ça n'avait même, pour être clair, pas grand chose à voir. L'adaptation avait été très dure, n'était pas encore terminée. Se familiariser avec ces mots à la consonance étrange, à la prononciation parfois presque impossible, avec leurs règles et leurs coutumes, avec leur mode de fonctionnement..., ça n'avait vraiment pas été facile. Il l'avait su dès qu'il était arrivé, que ça n'allait pas être simple. Mais Jensen avait beau ne pas être patient, il avait beau se moquer de tout et de tout le monde, il savait qu'il devait s'adapter. C'était un réflexe de survie. Il n'aimait pas vraiment la manière qu'ils avaient de faire les choses, il n'appréciait que moyennement la race aux yeux vides, mais il n'avait pas le choix. C'était inscrit dans ses gênes, il n'avait même pas à se poser la question : pour survivre, il faut s'adapter. S'il avait refusé d'apprendre la langue, s'il avait refusé d'obéir à leurs règles, alors il aurait vite rencontré de gros problèmes. Peu importait la situation, quand on devait changer de milieu il fallait immédiatement s'adapter à son nouvel environnement, repérer les points stratégiques et rester sur ses gardes quoi qu'il arrive. Le Neko aux yeux bleus n'était pas stupide : sa race était en infériorité numérique claire, et n'importe qui de suffisamment censé aurait compris qu'il fallait plier l'échine, ne serait-ce qu'un peu. De quoi se plaignait-il? Il pouvait toujours parler sa langue, ce n'était pas en parler une autre qui lui ferait oublier la sienne. De plus, il pouvait parler avec les habitants d'Illea et les comprendre, ce qui était plus qu'utile. Il avait une bonne place, il pouvait se battre et était logé. Non, il n'avait pas tant à se plaindre. Seulement il n'avait pas réussi à se faire à toutes les règles d'Illea, et on devait régulièrement les lui rappeler pour ne pas qu'il les transgresse allègrement. Pour lui, s'il voyait un ennemi, le tuer sans autre forme de procès lui semblait naturel et il ne voyait pas où était le problème. Il y en avait un, apparemment. Ils avaient de drôles de lois, tout de même. Enfin, ce n'était certainement pas son avis qui allait faire changer quoi que ce soit, bien que ça l'énervait franchement. Le garçon aux cheveux en bataille aurait aimé tuer tout les déchus de l'Ouest et aller chercher tout les Neko ou Esprits qui étaient passés à l'Est. Leur faire la peau, les torturer, les défigurer, peu importait tant qu'ils finissaient morts, tant qu'ils ne respiraient plus et qu'ils ne pourraient plus jamais causer de problèmes à qui que ce soit. Mais là encore, il avait cru comprendre qu'il n'avait pas le droit. Dans les faits, tuer un humain déchu pouvait lui créer des problèmes. Or Jensen ne tenait pas particulièrement à avoir des ennuis à cause d'idiots comme ceux-là, qui ne valaient même pas la peine qu'il se salisse pour eux. Seulement voilà. S'il ne les tuait pas, il pouvait tout au plus leur faire peur. Mais s'il ne faisait que les effrayer et qu'à chaque fois il les laissait partir, ne finiraient-ils pas par comprendre qu'il ne pouvait techniquement pas leur faire du mal sans raison? S'ils comprenaient cela, alors ils deviendraient deux fois plus agaçants. Avec Jensen, il fallait marcher droit. Il fixait les moindres faits et gestes de ces personnes qu'il n'aimait pas, et s'ils faisaient un pas de travers, un seul geste déplacé, il se ferait un plaisir de les amputer d'un de leur membre. Qu'est-ce qu'ils croyaient? Que ça le dérangeait de tuer quelqu'un d'autre? Qu'il en ferait des cauchemars la nuit? Sérieusement, ils lui faisaient pitié. Ils avaient l'air d'avoir complètement perdu leur instinct de survie. C'était soit tuer, soit être tué. La mort n'avait rien d'un fléau, c'était une fatalité. Ils mourraient tous un jour, tous autant qu'ils étaient, et d'autres naitraient et prendraient leur place. Vouloir lutter contre ce simple fait, vouloir gagner l'immortalité, c'était inutile et vain. Jensen savait qu'il mourrait. Ça ne l'attristait pas. C'était ainsi que la nature avait fait les choses, et il n'y avait rien à faire contre cela. Si le jeune homme tuait cette personne, là, elle mourrait. S'il ne la tuait pas, elle mourrait. Alors ça ne lui faisait rien, vraiment rien. Il se moquait bien de savoir qu'il était un monstre, qu'il n'avait aucune moral ni aucun respect pour la vie qu'on lui avait donné à sa naissance. Ce n'était pas la question, ce ne serait jamais la question : s'il mourrait, d'autres personnes, en grandissant, deviendraient aussi cruelles et antipathiques que lui. Il y aurait toujours quelqu'un pour penser et agir comme lui ; alors tant qu'à laisser quelqu'un faire le sale travail pour lui, il préférait assumer son rôle jusqu'au bout.

Il garda ses yeux bleus posés sur la petite jeune fille aux cheveux blonds, sans se poser la moindre question inutile sur elle. Il avait appris à juger des personnes en un quart de seconde, à prendre des décisions en un temps record. Tuer cette personne ou pas? Est-elle dangereuse? Est-ce que c'est un piège? Je peux le sauver ou est-il condamné de toute façon? Toutes ces questions devaient trouver une réponse très, très vite s'il voulait qu'elles soient utiles. Jensen n'était pas un garçon doté d'une intelligence supérieur, se trouvant dans une juste moyenne : ça lui était bien égal, ça ne lui aurait servi à rien. Tout ça, c'étaient des réflexes en parfait état de fonctionnement. Il se moquait aussi de ce qu'avait vécu cette Astrid, il se moquait de sa famille, de ses éventuels amis, de ce qu'elle aimait faire ou de ce qu'elle n'aimait pas. Aux yeux du jeune hachelier, cette fille n'était plus un véritable être vivant. C'était une potentielle menace, une nuisance dont il fallait décider s'il pouvait s'en débarrasser, si elle risquait de lui causer des torts ou s'il devait la relâcher. 'Je n'ai pas le droit de la tuer'. Ça lui venait à l'esprit, cette phrase, comme un léger avertissement qui bourdonnait dans ses oreilles. Pas le droit, non. Quelle misère. Il n'avait donc pas le droit de l'égorger, de tordre son petit cou si fragile? Ce serait un bienfait que de rendre ce corps à la terre, elle l'ennuyait, il ne l'aimait pas, elle n'était qu'une sale traitre qui n'avait plus le droit d'avoir un nom. Elle était 'une humaine déchue', et il se moquait bien de savoir ses raisons, son nom, son âge. Elle n'était qu'une humaine déchue. Il la toisa méchamment, se demandant si qui que ce soit se rendrait compte qu'il l'avait tuée, s'il aurait des ennuis après avoir fait ça. Le problème, c'était de ne pas être sûr, finalement. S'il avait su qu'il n'aurait aucun ennui, il l'aurait tuée sans hésitation. Au hasard d'une conversation, tout au plus une bribe d'explication, de justification, disant qu'elle était folle, qu'elle l'avait menacée et qu'il avait dû l'abattre. Personne ne lui aurait demandé de comptes, puisqu'il aurait eu le droit. Mais s'il le faisait alors qu'il n'en avait nullement l'autorisation, alors il aurait transgressé les lois. Et Jensen avait un égo très important. Débarrasser le monde d'une nuisance sans en faire part à qui que ce soit, ce n'était pas son genre. C'était agaçant, vraiment. Tout cette histoire l'énervait. Moralité, il avait encore plus envie de la tuer : c'était un cercle vicieux qui ne semblait pas en finir, et ça aussi, ça l'énervait. Il allait la tuer, pour finir. Sans faire exprès. Il serrerait un peu fort, un rien trop fort, et elle rendrait l'âme. Elle retomberait, molle et sans vie, sur le sol dur. Qui pourrait lui reprocher un accident? Personne. Et puis si ça ne lui apporterait pas entière satisfaction, au moins aurait-il réglé le problème.

« Tu as déjà été gentil, tout le monde est gentil un jour. Tout le monde est méchant un jour. Parce que personne n'est entièrement noir ou blanc. Mais tu sais ça aussi bien qu'Astrid, non, Jensen? »

L'erreur que Jensen aurait été le plus enclin à faire n'était pas, contrairement à ce qu'on aurait pu penser, de se sur-estimer. Il parlait de lui en terme trop élogieux et aimait en rajouter, mais il savait où il en était. Son erreur aurait plutôt été de sous-estimer les autres. Quand elle crispa sa main sur son œil, il hésita un quart de seconde entre la lâcher et s'éloigner ou serrer plus fort. Voire la tuer tout de suite, pourquoi pas. Il décida de ne pas bouger, serrant plus fort sa gorge, sentant les battements de son cœur sous ses doigts. Il n'avait pas été gentil. La vérité qu'il était seul à connaître, il en faisait ce que bon lui semblait. Il n'avait jamais été gentil, il ne le serait jamais. Gentil ne faisait pas parti de son vocabulaire, ça n'en ferait jamais parti, jamais. Jamais. Le noir qu'il pouvait à présent observer avec son œil gauche l'incommodait, mais il se concentra sur le droit. Ah, elle voulait jouer à ça, hein? Il avait le dessus. Si elle l'égratignait, si elle lui faisait le moindre petit bleu, que ce soit volontaire ou pas, il la tuerait sur le champ. Et bien, quoi? Légitime défense. Elle avait voulu l'agresser, il s'était défendu. Quoi de plus normal? Cette fille n'était pas normale, elle devait avoir un problème. Ou alors elle ne comprenait pas la gravité de sa situation. Ou peut-être était-il suicidaire? Ou alors elle ne pensait pas qu'il la tuerait. Dans tout les cas, elle avait tort. Tort, tort, tort. Il lui ferait ce qu'il voudrait lui faire, et elle arrêterait définitivement de parler. Il pourrait lui couper la langue, par exemple. Qu'elle cesse de répéter son prénom et de dire des choses ridicules.

« Tout le monde a un point faible. Astrid trouvera le tiens et Astrid l'utilisera pour te réduire à l'impuissance. Parce que tu en as, tout le monde en as, et tu n'es pas différent des autres. Astrid le sait, Astrid le sait. Astrid sait tout. »

Lorsque Jensen vit de nouveau la lumière du jour avec son œil gauche, un rictus vint éclairer son visage. Cette fille était hilarante. Vraiment. Elle avait une manière d'agir et de parler qui rendait la situation ne serait-ce qu'un minimum intéressante. Elle ne s'était pas enfuie, elle ne pleurait pas, ne semblait pas avoir peur, ne s'excusait pas. Au contraire. Elle le provoquait, faisait des choses qui auraient pu lui coûter la vie. Qui lui auraient couté la vie en d'autres circonstances. Elle n'agissait pas par logique, ou alors sa logique était complètement tordue. Remarque, elle n'était pas si stupide que ça. Qu'elle courbe l'échine ou qu'elle reste droite, Jensen aurait pu la tuer de la même façon, sans s'embarrasser de raisons. Cette sale humaine avait un culot qui forçait le respect autant qu'il faisait pitié. Il aurait vraiment aimé la torturer, pour voir si elle aurait fini par plier. Mais il ne pouvait pas. Et il ne pensait malheureusement pas que dire 'elle serait morte de toute façon' marcherait, comme excuse. Quel pays tordu.


Jensen serra brusquement ses doigts autour de la gorge de la jeune fille puis la poussa brusquement, la lâchant tout à fait. Il l'aurait tuée. Il l'aurait sérieusement tuée. Sentir ses veines palpiter sous ses doigts, ça lui donnait simplement envie d'enfoncer une à une ses griffes sous sa peau.

«Sérieusement? Demanda-t-il, son rictus toujours présent sur son visage, croisant ses bras, restant alerte pour autant. Je n'ai pas de point faible. Alors que toi, tu es simplement faible. Je te tue quand je veux, de la manière que je veux. Et toi tu veux me réduire à l'impuissance? Très drôle.»

Elle aurait pu le blesser. Certes. L'occasion ne se reproduirait pas, il y veillerait. S'il devait couper les dernières phalanges de chacun de ses doigts pour ça, ce n'était pas ça qui le gênerait. Tant qu'elle respirait, il n'était pas en tort. Et puis un accident était si vite arrivé, comme on dit. Il n'avait pas le droit de tuer ou de laisser quelqu'un à moitié mort dans les montagnes. Mais leur donner un avertissement douloureux? Il le ferait sans hésiter. Et ce, qu'Astrid prétende tout savoir ou non. Elle ne saurait plus grand chose, si sa tête n'était plus sur ses jolies épaules.
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Humaine déchue, Villageoise

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MessageSujet: Re: Bêêê...[TERMINE]   Mer 13 Oct - 18:44

Astrid aimait bien les comptines. Ces chants d'enfants emplis de toute l'innocence qui caractérise cette période de notre vie brisait chaque fois le silence en un glas rieur, qui faisait sourire quiconque l'entendait. Cela la faisait bien rire, elle devait l'avouer, que ce genre de chant fasse sourire les autres. Car il n'y avait pas franchement de quoi en rire, au final. Certes, c'était bien mignon de croiser un enfant qui chantonnait dans la rue, mais trop occupé par cette image de paix que ce bambin souriant nous renvoyait, écho à notre propre passé à jamais perdu et aussi un idéal qu'on s'efforçait d'atteindre en vain, on ne cherchait pas à saisir le sens des paroles fredonnées. C'était pourtant aux yeux d'Astrid quelque chose de primordial, car quelle sorte de personne, de parents, de proches, de voisins étaient-on pour laisser nos enfants employer de telles phrases? Ou à défaut de paraître horribles au premier abord, avec un tel sens caché? Klaus lui avait apprit durant ces longues années d'enfermement dans le noir le sens de ces chansons qu'on apprenait aux enfants, des chansons qu'elle avait elle-même chantée sans se poser la moindre question. Il lui avait raconté dans les moindres détails qui les avaient crées, chaque personne qui avait été à l'origine de ces mots dont un esprit simple ne pourrait jamais parvenir à saisir la gravité. Astrid savait donc par exemple que la chanson que chantait un des petits Esprits qui se promenaient souvent non loin de chez elle, et ce malgré les avisées recommandations de ses parents bien inquiétés, avait été la première fois chantée par un petit garçon ayant perdu ses deux parents à la guerre, et qui narrait d'une manière détournée l'atrocité de la vision des corps mutilés de ses deux géniteurs et toute la haine qu'il ressentait à l'égard de ces personnes qui les avaient massacrés. Enveloppées de velours, ces phrases semblaient toutefois bien innocentes et sans aucun sens ni but, si ce n'est celui de divertir des enfants avides de chanter n'importe quelle chansonnette manuscrite leur passant sous le nez. Ils ne se rendaient pas compte de ce qu'ils chantaient, personne ne se rendait compte de ce qu'ils chantaient, de ce qu'on leur donner consciemment à chanter. Ça aurait été si facile au final de faire prononcer à un enfant une malédiction à l'encontre de toute sa famille et sur des générations et des générations que ça en devenait presque ridicule et dangereux. Quand on est petit, on ne se rend pas compte de ce que l'on chante, ou plutôt l'on ne cherche pas à s'en rendre compte. Notre esprit trop simplet encore ne parvient pas à décrypter le sous-entendu et se contente de ce qui se trouve à la surface, même si cela n'a aucun sens. Heureusement pour elle, Astrid avait eu quelqu'un qui l'avait aidée à ouvrir les yeux, et qui lui avait fait partager sa science infuse. Les enfants sont tellement cruels, lui avait dit un jour Klaus avec un petit rire, ils aiment faire le mal et frapper pour satisfaire leur curiosité. Sans aucune éducation, l'homme ne saurait faire que le mal, sans aucune restrictions que seule plus tard la morale imposent. Ça leur va bien de chanter de telles comptines. Ça reflète leur vraie personnalité. Celle de la petite fille qui se moque de sa camarade car elle n'a pas un visage qu'elle juge gracieux, celle du petit garçon qui brise un à un les membres du chien pour se représenter la douleur chez autrui. C'est bien de faire souffrir, pour eux. Ça leur permet de voir la mort et la douleur en face sans avoir à l'expérimenter eux-mêmes car si la gentillesse n'est que du préfabriqué, la peur est naturelle et existe même chez les plus petits. A ces mots pleins de sagesse, Astrid n'avait pu qu'acquiescer, jugeant le monde d'un point de vue universel et qui était avec le temps devenu sien. Tout ce dégoût était tellement réel! Tout cet amas de non-dits et de tabous qui remuaient au fond du fossé dans lequel on les avaient précipités, tels des vers gluants se bousculant et se rampant dessus afin de trouver quelque chose à manger. N'importe quoi faisait l'affaire. Et s'il n'y avait plus rien, ils se mangeraient entre eux car, au fond, la survie était plus importante que quoi que ce soit d'autre, que l'on crie et se débatte ou non. Toutes ces choses dont on refuse de parler et que l'on relègue au placard en espérant ne jamais plus les revoir reviendraient à la charge un jour ou l'autre, encore plus désagréables et morbides qu'auparavant.

Le monstre sous le lit existe si l'on y croit. On peut voir ses yeux injectés de sang et sa bouche si énorme qu'elle pourrait vous engloutir tout entier sans le moindre mal. On avait peur, et pour se rassurer, on se jetait dans la gueule du loup en passant sa tête sous le lit. C'était comme se jeter du haut d'une falaise pour voir qui des vagues ou des rochers vous réceptionneraient en premiers. Pour simplement vérifier, se rassurer. C'était stupide, vraiment stupide. L'être vivant n'était qu'un enchevêtrement de contradictions si énormes qu'Astrid se demandait parfois comment certains pouvaient ne pas les voir. Ils devaient le faire exprès. Klaus lui avait dit un jour que la pire erreur de l'humanité avait été de se croire meilleure que n'importe quelle autre forme de vie et d'asservir toutes les autres pour prouver sa toute puissante. Grossière erreur. Pompeuse et vaniteuse, elle n'était rien d'autre. Et comme toute chose belle et inutile, un seul coup de vent pouvait la faire chanceler et la faire se briser. Patience, patience: Tout revenait à son état initial un jour ou l'autre. Il suffisait juste d'attendre ce moment avec toute la patience dont on dispose. Ça arrivait immanquablement un jour, oui; Mais il fallait attendre. Ce qu'Astrid faisait merveilleusement bien d'ailleurs. Attendre...Ce n'était pas un problème pour elle. Pas du tout même.

La jeune fille aux cheveux blonds continuait de tranquillement fixer le Neko qui tenait son cou prisonnier de son étreinte alors que ce dernier esquissait un rictus à faire pâlir le plus hardi des guerriers. Les Neko étaient effrayants, sans nul doute. Ils méritaient la réputation qu'on se plaisait à leur donner dans le Royaume tout entier. Mais aussi violents et impitoyables puissent-ils être, ils n'étaient plus dans cette patrie dans laquelle il fallait se battre pour survivre. Ils étaient à Illea, dans un pays où tuer était interdit et réprimé par la loi. Celui qui égorge son voisin sera jugé de la main du Roi ou de la Reine et condamné à une peine prononcée par cette Autorité qui détenait le pouvoir suprême, droit de vie et de mort sur chacun de ses citoyens. Alors si les Neko tuaient, au même titre que les Esprits, les Elfes et les Humains, ils seraient punis. Cr c'était la loi. En installant son peuple en ces terres que la guerre avait fait saignées plus d'une fois depuis le commencement des temps, la chef des Neko avait accepté de se soumettre aux lois en vigueurs du côté Ouest. Chacun de ses camarades serait jugé par la Princesse car c'était elle qui détenait tous les pouvoirs. Pas la Conseillère. Pas la Stratège. Pas les Nobles. Pas même Samyra Alcantha. Eux n'étaient que de simples pions qui ne possédaient, au final, pas leur mot à dire dans les décisions prises, qu'elles soient dérisoires ou capitales. Des pions dont la Princesse s'aidait pour gouverner son pays, rien de plus. Annahita Della'Morte jugeait, décidait, agissait, et tous ces pouvoirs étaient rassemblés dans ses mains, et uniquement dans les siennes.

Ces autres grandes figures étaient bien crédules si elles s'imaginaient une seule seconde avoir leur mot à dire dans cet engrenage dirigé par la même famille depuis des décennies et des décennies. Les Della'Morte avaient tout le pouvoir, les autres n'avaient rien. Et ça avait toujours été comme ça. Rien n'avait changé. Et rien ne changerait jamais.


«Sérieusement? Je n'ai pas de point faible. Alors que toi, tu es simplement faible. Je te tue quand je veux, de la manière que je veux. Et toi tu veux me réduire à l'impuissance? Très drôle.»

Jensen venait de brutalement la lâcher, et Astrid tituba quelques instants avant de retrouver son pleine équilibre, portant une main à son cou endolori. Il lui avait fait très mal, ça allait laisser une trace, et elle allait devoir expliquer cela à sa grand-mère. Astrid détestait inquiéter sa grand-mère. Elle était gentille et s'était toujours occupé d'elle. Elle ne l'avait jamais abandonnée, avait choisit de la prendre à charge malgré sa vieillesse et sa fatigue grandissante. La fillette aux yeux de la couleur de l'or lui devait tout. Cette femme au visage creusé de rides et au sourire si chaleureux faisait partie des personnes qui seraient récompensées à la fin, quand viendrait l'heure de pousser leur dernier soupir. Astrid le savait. Elle mourrait heureuse, sa grand-mère. Le reste de sa famille mourrait seule et triste, mais elle, elle mourrait heureuse. Elle l'avait de toute façon bien mérité. Il n'y avait aucune objection à placer. Astrid garda sa main posée sur son cou, relevant ses yeux vers le Neko aux cheveux gris, une expression neutre teinte d'ennuie peinte sur son joli visage. Tout le monde avait un point faible, tout le monde sans exception. Et ce jeune homme arrogant n'était pas différent des autres, même s'il se plaisait à penser le contraire. Chaque être en ce monde était scrupuleusement identique à son voisin en ce point là. Le sujet qui fait mal, le souvenir qui fait pleurer, celui qui fait baisser votre garde l'espace d'un instant, la visage qui vous déstabilisait...Qu'il soit physique ou mentale, pour abattre un ennemi plus fort que nous, il suffisait de le trouver, même si c'était dans bien des cas une entreprise si ardue qu'elle en paraissait impossible. Persévérance n'était pas le maître mot des hommes, après tout.

« Si, tu en as un. Tout le monde en a un, fit Astrid, un nouveau sourire, trop grand pour paraître innocent, venu de nouveau étirer ses fines lèvres. Et le premier est de croire que nous n'en possédons pas. »

Elle laissa s'écouler un moment de silence, tournant l'espace de quelques instants ses yeux dans la direction par où le berger et son chien s'en étaient allés. C'était bien, de pouvoir voler; On échappait à bien des soucis de cette manière. Mais malheureusement, ni elle ni Jensen ne le pouvaient. Ils étaient condamnés à rester sur terre et marcher jusqu'à ce que la mort ne décide de finalement les emporter dans son doux linceul.

« Tu n'as pas le droit de tuer Astrid, ajouta-t-elle sur le ton d'une enseignante tentant de faire rentrer tant bien que mal quelques notions dans le crâne de ses turbulents élèves, on ne peut pas tuer, c'est interdit. Interdit. Tu le sais bien. Et pourtant ça ne t'empêches pas de le faire. »

Elle pencha sa tête de gauche à droite, avant de laisser s'échapper dans un souffle ce dernier mot:

« C'est mal. »

Oui, très très mal. Pauvre petit chaton pris dans les fils de la pelote de laine: Il n'était plus libre de ses mouvements. C'était assurément dur de devoir s'adapter de la sorte. Et c'était admirable dans un sens qu'il soit parvenu jusque là. Certains n'y arrivaient pas et restaient bloqués telles des marionnettes dont on aurait sectionné les fils. Minables, sans pouvoir faire un pas. Au moins ce garçon était-il fort; Astrid devinait sans peine que c'était là sans aucun doute sa plus grande fierté.

[AH AH AH...! Je suis si fière de moi. Pour une fois, j'aime mon poste.O_O]
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Neko chouchou de la Princesse, et amateur de noeuds roses

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MessageSujet: Re: Bêêê...[TERMINE]   Sam 30 Oct - 18:29

{T'as plus qu'à recommencer et re-aimer ton poste! Sinon, je propose que Jensen et Astrid jouent à cache-cache.8D

And If I find you then it's fate, dear~?XD~}

Jensen n'avait jamais froid. Jamais faim. Jamais sommeil. Jamais mal. N'était jamais triste. Jamais désolé. Et surtout, surtout, il n'avait jamais peur. Non, jamais. Certes, tout ce qu'il venait d'énoncer était faux, ou tout du moins l'était partiellement. Au moins partiellement. Le jeune Neko, comme tout autre être vivant doté d'une intelligence supérieure, ressentait des émotions. Il lui arrivait de se sentir réellement heureux, pour une raison ou une autre. Il lui arrivait aussi de se sentir triste et abattu, et parfois même il doutait de lui. Ce n'était pas courant, ça ne lui arrivait pas fréquemment : mais c'était déjà arrivé par le passé et ça arriverait encore tant qu'il respirerait et que son cœur battrait dans sa poitrine. De la même façon, il pouvait lui arriver d'être effrayé. Il savait qu'il pouvait l'être. Mais faisait comme si ce n'était pas le cas. Les sentiments et la peur ne servaient à rien si ce n'était à faiblir et à se faire tuer. S'il faiblissait, il se ferait tuer. Jensen avait beau savoir que quand il parlait avec quelqu'un de tout à fait quelconque il n'y avait, ici, aucun risque qu'ils se fasse tuer, il ne leur faisait pas confiance. Il ne se sentait jamais tout à fait en sécurité. Quand il était encore dans les plaines gelées qu'étaient alors sa maison, il y avait quelques années de cela, il était tout le temps sur ses gardes. Il savait reconnaître les visages amis et leur faisait entièrement confiance, mais les inconnus, non. Jamais. Pour lui, tout ces êtres qui ne voyaient pas avec leurs yeux et qui marchaient dans les couloirs du château étaient des inconnus. Ils n'étaient pas comme lui, il ne les connaissait pas. Ils ne lui faisaient pas peur, non : mais il ne leur faisait pas confiance. Le garçon aux oreilles de chat avait donc pris l'habitude de ne jamais laisser entrevoir une quelconque faille, et ce dans quelque circonstances que ce soit. Pas de point faible. Il n'était attaché à personne en particulier, on ne pouvait rien lui enlever de cher. On ne pouvait pas appuyer sur un point sensible qui n'existait pas. Il gardait constamment sur lui cette carapace d'indifférence brutale, de défiance et de cruauté qui empêchait quiconque de chercher à le connaître plus que ce qu'ils ne savaient déjà sur son compte. De la sorte, il vivait tranquillement et sans crainte. Rien ne pouvait le rendre particulièrement heureux, et rien ne le rendrait triste. C'était un arrangement qui lui convenait tout à fait. Il savait pertinemment que s'il avait été particulièrement attaché à quelqu'un, alors il aurait suffit de s'en prendre à cette personne pour l'atteindre lui. Jensen n'avait pas de point de faible. Et s'il en avait, il avait appris il y avait de très nombreuses années à les cacher, à faire de ses faiblesses des forces pour ne pas pouvoir être atteint, pour ne jamais pouvoir être blessé trop profondément. Physiquement, il avait certainement des faiblesses : il apprenait chaque jour un peu plus à les contrebalancer, à renforcer d'autres points pour protéger ceux qui pouvaient le rendre plus faible, l'handicaper. Mais moralement, tout ce qui touchait à son cœur, il ne pouvait que les cacher. C'était le plus terrible, dans tout cela : les maux physiques étaient visibles, on voyait le sang couler de la plaie et on pouvait regarder la peau déchirée en se disant que voilà, c'était pour cela qu'on avait mal. C'était cela qui nous lançait et nous faisait serrer douloureusement les dents. Mais dès que le mal était invisible, dès que l'on ne pouvait pas voir ce qui nous avait blessé, la guérison était bien plus ardue. Il fallait beaucoup plus de temps. Jensen avait appris au fil du temps que les plaies que l'on infligeait au cœur des autres ne disparaissaient jamais vraiment. Une blessure pouvait lancer un moment, une cicatrice pouvait nous rappeler le mal que l'on avait ressenti alors : mais l'on pouvait vite oublier quelque chose qui n'avait guère eu de conséquence. Il n'avait pas le moindre souvenir de la fois où il s'était profondément coupé au bras, étant enfant, et s'il en restait une fine cicatrice, presque invisible, il s'en moquait. Parce que clairement, qu'il se soit coupé ou pas, il était toujours aussi capable de faire les même choses, n'avait plus mal depuis bien longtemps et n'avait pas peur des armes pour autant. Aucune conséquence. En revanche s'il avait eu envie, par exemple, de revoir sa mère, il n'en aurait jamais plus eu la possibilité. Elle était morte. Et quand bien même il s'en défendait avec un air hautain, cette perte avait fait de la peine à l'enfant qu'il était. Difficile de comprendre que quelqu'un qui un jour était là et vous souriait malgré votre méchanceté avait disparu à tout jamais le lendemain. Alors oui, ne s'attacher à personne était le meilleur moyen d'être inatteignable. Impossible de le faire souffrir s'il n'y avait rien à quoi il tienne assez pour se sentir mal en apprenant qu'on le lui avait ôté. Il ne parlait jamais de lui, de ce qu'il pouvait bien aimer ou détester, de ce qui aurait pu l'effrayer ou au contraire le faire rire. Il y avait ainsi bien peu de personnes dans ce grand royaume qui connaissaient Jensen Vycilinski, si ce n'était lui-même. Et ça lui convenait très bien comme cela. Il croyait que ce qu'il avait dit à cette Astrid était vrai. Il n'avait pas de point faible. Aucun. Et si on lui en trouvait un, alors, il y aurait de quoi applaudir. Parce qu'il faudrait être terriblement proche de lui pour cela. Et pour s'en servir contre lui, en revanche, il faudrait l'avoir trahi. Ce qui était inacceptable. Il ne laisserait jamais une telle chose arriver.

Ses yeux bleus fixèrent méchamment la petite blonde, qui massait sa gorge-certainement endolorie. Il détestait qu'on lui parle sur ce ton. Il détestait qu'une petite étrangère stupide et prétentieuse ne vienne lui parler de lui d'un air si sûr d'elle, comme si elle le connaissait et qu'elle pouvait dire exactement ce qui se passait dans sa tête. Il savait que les Esprits, pour certains et dans une certaine mesure, pouvaient lire dans les pensées des autres ; mais elle, elle n'était qu'une pauvre humaine, avec une pupille ronde et des iris colorés. Elle ne pouvait rien faire de tout cela. Elle était simplement folle, ne comprenait rien et prétendait tout savoir. Il aurait réellement aimé la tuer. Ce n'étaient pas des menaces en l'air, ce n'étaient pas quelque chose qu'il disait mais que, si on l'avait mis à l'épreuve, il n'aurait pas fait. Le Neko aux yeux bleus n'était pas de ceux qui menaçaient quelqu'un de le frapper et qui, si l'autre leur disait de le faire, ne savaient plus que faire et restaient coi. Il l'aurait frappée sans hésitation. Pour lui, cette fille n'était qu'un insecte, une race inférieure dont il n'avait que faire : il l'aurait tuée, il l'aurait torturée et laissée là. Peut-être était-elle intelligente, peut-être aussi était-elle diablement coriace et perspicace. Mais qu'avait-il à en faire? Si Jensen s'était faite cette remarque, ç'aurait été comme remarquer l'intelligence relative d'un petit animal qui réussit à décortiquer un fruit. Il n'était, selon lui, pas au même niveau que cette humaine. Elle était bien inférieure à lui et à sa race en général, et s'il lui adressait la parole c'était uniquement parce qu'il admettait qu'elle le comprenait et pouvait lui répondre. Un animal doté tout au plus d'une raison toute vague, qu'on pouvait mettre à l'épreuve mais qui n'allait guère loin. Dans la nature, dans les plaines gelées, combien de temps aurait-elle tenue? Quelques heures, un jour ou deux si elle savait se débrouiller et se trouver des vêtements chauds, se construire un abris qui ne laisserait pas passer le froid? Les humains n'étaient pas fait pour la survie. S'ils survivaient, si leur race ne s'était pas éteinte, c'était simplement parce qu'ils étaient nombreux. Ils s'entassaient les uns sur les autres et, si on les attaquait, ils comptaient sur leur nombre et leur armes sophistiqués pour faire la différence. Ce que eux ne pouvaient faire qu'en groupe et avec des armes puissantes et en matériaux riches et difficile à tailler, Jensen avait appris à le faire seul, avec une hache et ses griffes. Désarmé, il était plus efficace que certains humains à qui on aurait donné une épée. Tout les Neko savaient se battre. Et c'était bien en cela qu'ils étaient supérieurs : même le plus doux des Neko, même celui qui avait l'air gentil et aussi cruel qu'un petit animal, il pouvait tuer si on le menaçait. Ils étaient formés comme cela, ils avaient été élevés pour savoir se défendre en cas d'attaque. Les humains, il les détestait. Ils ne servaient qu'à se faire tuer. Il aurait aimé tuer les rares qu'il croisait dans les rues de Jiang-Zemin. Ça l'aurait occupé, et ça aurait privé l'Ouest d'une plaie. De bouches inutiles à nourrir. Mais il n'avait pas le droit. Encore une fois.


« Si, tu en as un. Tout le monde en a un. Et le premier est de croire que nous n'en possédons pas. »

Faux. Et il eu envie de lui prouver que ses éventuels points faibles étaient tellement bien cachés et insignifiants que la tuer aurait été un jeu d'enfant, pour lui. L'étouffer, la décapiter, la couper en deux, écraser sa trachée, ou même la démembrer n'aurait pas été plus compliqué que cela. Pas honorable, non, mais pas compliqué. Elle n'avait absolument aucun instinct de survie, cette fille : elle se retrouvait en danger, devant quelqu'un qui m'aurait tuée sans hésiter s'il en avait eu l'autorisation, et elle parlait, elle parlait, elle souriait, elle provoquait sa chance et n'allait pas tarder à constater qu'elle fuirait si elle l'appelait sans cesse. Elle fuirait à toute jambe, sa chance. Très loin. Et ne reviendrait jamais.

« Tu n'as pas le droit de tuer Astrid, on ne peut pas tuer, c'est interdit. Interdit. Tu le sais bien. Et pourtant ça ne t'empêches pas de le faire. »

La petite ajouta quelques mots, balançant sa tête d'un côté à l'autre. Interdit. Interdit. Ce mot faisait parti des premier qu'il avait appris en humain, avec les formules de bases et quelques insultes, pour la fréquence à laquelle il l'avait entendu. Interdit, tu n'as pas le droit, non, ne fais pas ça, ici c'est différent..., blah, blah, blah. Il n'aimait pas ces mots, il les détestait. Ils étaient ridicules et ne voulaient rien dire. Les interdictions qu'il avait connu jusqu'alors avaient un sens, et visaient à sa propre protection ou à celle de son clan : ici, elles étaient stupides. Si quelqu'un nous agressait, devait-on par hasard lui faire remarquer que ce n'était pas courtois avant d'appeler les forces de l'ordre et de le leur remettre bien gentiment, en espérant qu'on ne serait pas mort d'ici là? Stupide! Il avait envie de tuer cette insolente, et les lois l'en empêchaient? Elles avaient grand besoin d'être dépoussiérées, alors! Il était important, dans la société. Il faisait parti de la Brigade. Devait-il donner l'exemple? Il n'en avait pas la moindre envie. Si quelqu'un l'ennuyait, il le frapperait et passerait son chemin. Et que quelqu'un ose l'en empêcher, pour voir. Qu'il rie un peu. Le jeune Neko avait toujours rêvé de comparer la puissance de sa hache avec la magie d'un Esprit, de toute façon.

«Je n'en ai pas. Et je n'ai pas le droit de tuer Astrid, non, répondit-il en fronçant les sourcils, sa bouche tordue dans une grimace de dégout et d'agacement mêlé. Mais tu as raison, ça ne m'empêcherait pas de le faire. Si je veux te tuer, je te tue. Et toi, tu ne seras plus là pour voir ce qui arrivera ensuite. Tu seras morte.»

Morte. Et elle ne verrait plus rien, n'entendrait plus rien, ne saurait plus rien. Elle serait en train de pourrir dans un coin de la montagne, mangée sûrement par des animaux sauvages. Qu'il ait des problèmes ou non à cause d'elle, quelle importance pour elle? Elle serait morte. Alors il s'en moquait. Il aurait eu ce qu'il voulait, et elle, elle n'aurait plus jamais rien. Le sourire de cette fille l'énervait, il aurait bien aimé le lui faire ravaler. Lui couper la langue. Et laisser son visage vide de vie fixer le ciel pour l'éternité, sans aucune expression.

«Et je me fiche de ce qui est bien et de ce qui ne l'est pas. Je fais ce qui me plait. Alors tu ferais mieux de te taire, avant que je ne change d'avis et ne coupe ta tête en deux.»
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MessageSujet: Re: Bêêê...[TERMINE]   Ven 10 Déc - 20:31

Astrid savait que ce Neko pouvait la tuer s'il en avait envie. Il lui suffisait de sortir ses griffes, pendre sa hache, et la décapiter sans plus de cérémonie pour que sa pauvre petite vie s'arrête ici-même. Ce meurtre n'aurait pour spectateurs que quelques oiseaux et animaux, qui se chargeraient de faire disparaître son corps par la suite, ne laissant de cette atrocité plus aucune trace qui puisse prouver qu'elle ait vraiment prit place dans ces montagnes. Personne ne saurait, personne n'irait rien dire à personne. Et elle disparaitrait, la pauvre Astrid, assassinée des mains d'un être qui toute sa vie avait vécu dans la violence des conflits. Des mains d'un Neko aux yeux aussi bleus que le ciel. C'était dur de s'imaginer ce que cela pouvait bien faire de vivre constamment en pleine guerre si l'on avait connu la paix toute sa vie, et inversement, le raisonnement marchait dans les deux sens. Les Neko n'avaient connu que la survie, au contraire des habitants d'Illea qui, malgré les récentes difficultés, avaient tous sans exception goûtés à la vie. Mais allez, ça leur seyait à tous, que ce soit l'odeur du sang ou celui des fleurs qui s'ouvrent aux yeux du monde au Printemps. Il suffisait simplement de coller le bon parfum aux bonnes personnes, nous n'étions pas tous fait pour la guerre ou la paix, après tout. Plantant ses yeux dorés dans ceux fendus de son interlocuteur, elle se dit que les restrictions nécessaires à la vie en société qu'ils appelaient couramment en ce pays 'lois' devaient beaucoup l'énerver. Il ne pouvait pas la tuer, il aurait de graves ennuis sinon, et bien que certainement personne ne l'aurait su, la possibilité que cela se sache suffisait à le faire hésiter et au final lâcher prise. C'était nécessaire que d'imposer des limites pour que cet enfer soit vivable, n'est-ce pas? Lui aussi en avait eu chez lui, mais en moins grand nombre et moins exigeantes. Il y avait cependant un gouffre sans fond entre la terre gelée dont était originaire le peuple aux oreilles de chats et le Royaume d'Illea, où tous se partageaient le même souverain, les mêmes règles, les mêmes décisions. Un peu comme une entité commune, ceux qui faisaient un pas en dehors de la norme imposée était sans pitié éjectés du groupe et entreposés dans des prisons où on les laissaient se torturer l'esprit à force d'attente. Pour que tout puisse bien fonctionner, il fallait que les roues de l'engrenage tournent chacune dans le sens qu'on leur a imposé au moment de leur fabrication, et il semblait alors, en adoptant ce point de vue, tout à fait logique qu'on remplace les pièces défectueuses. Les Neko aussi, étaient unis, mais différemment. De cette manière noble et solidaire qui naît du malheur et du désir de survivre. Comment allaient-ils faire, maintenant que la vie était bien plus facile pour eux, que constamment protéger leurs arrières ne servait plus à rien?

Ça devait être dur, sans nul doute. Pauvre Jensen! Il ne pouvait plus faire ce qu'il voulait des personnes qui se dressaient sur son chemin. Et si ça ne lui plaisait pas, il avait tout intérêt à ne pas dépasser les limites et braver les interdits, car s'il le faisait, même sa jolie petite chef ne pourrait rien faire pour lui. Et ça, Astrid pensait avec raison qu'il s'en rendait lui-même compte, sinon qu'est-ce qui l'aurait retenu de lui trancher la tête ou l'étrangler? Les Neko avaient choisis en restant dans ce pays de se soumettre aux règles en vigueur. C'était la condition à accepter et remplir pour rester, et ils avaient choisis d'accepter. Maintenant, c'était à eux de tenir leur parole s'ils ne voulaient pas être chassés de ces Terres qui avaient vu tant de sang couler à travers les siècles ou être mis en prison comme de vulgaires rats. Ils étaient une minorité sous le contrôle de la Princesse, à présent, que ça leur plaise ou non. Il fallait réfléchir avant de dire oui, sinon, Mademoiselle Alcantha. Il est trop tard pour se rétracter, maintenant. Esclaves à jamais, qui seraient décimés sans pitié s'ils se révoltaient.

Ses lèvres toujours étirées en un sourire qui paraissait déplacé dans une telle situation, Astrid écoutait sans ciller les paroles du Neko qui ne devait, en passant, pas être beaucoup plus âgé qu'elle. C'était encore un enfant, ce jeune homme aux cheveux gris. Et il prononçait des paroles horribles, comme tous les enfants, à la différence que lui était tout à fait conscient de leur portée. Fallait-il punir le vilain bambin qui menaçait son camarade? S'ils avaient tous deux encore eut une mère, ça aurait pu être possible. Malheureusement, il n'y avait aucun adulte pour stopper cette dispute qui pouvait à tout moment dégénérer, et c'était bien malheureux. C'était bien connu, on ne devait jamais laisser des enfants sans surveillance. Qui sait ce qui pouvait arriver, une fois laissés seuls.

«Et je me fiche de ce qui est bien et de ce qui ne l'est pas. Je fais ce qui me plait. Alors tu ferais mieux de te taire, avant que je ne change d'avis et ne coupe ta tête en deux.»

Oh? Astrid laissa son sourire adopter une apparence amusée. Il pouvait faire ce qui lui plaisait, mais était-il assez fort pour en assumer les inéluctables conséquences? Il pouvait lui couper la tête en deux, elle ne remettait pas en question sa force et son habilité au combat, qui étaient évidentes. Mais s'il le faisait, il devrait le payer. Payer pour le meurtre de la pauvre petit humaine aux cheveux blonds dans les montagnes. Une humaine qu'avant de rencontrer en cet endroit, il ne connaissait même pas. Ça aurait été dommage de se trouver condamné pour le meurtre de quelqu'un que l'on connaissait à peine, non? Astrid trouvait cela dommage, pour sa part. Pauvre petit chaton, il n'avait pas choisit de tomber sur elle. Mais serait-il tombé sur quelqu'un d'autre, sa colère aurait-elle diminuée? Elle ne pensait pas. N'importe quelle âme qui n'ait point d'oreilles de chats devait l'insupporter. Quel dommage, vraiment! Parce qu'en ce pays, il allait rencontrer des centaine de personnes qu'il ne supporterait pas. Et c'était impossible qu'il les tu toutes. Il allait devoir composer avec sa mauvaise humeur, Jensen. Sinon, il allait très vite se faire taper sur les doigts.

« Tu peux, mais tu n'as pas le droit. Tu ne tueras pas Astrid, fit la jeune fille aux yeux dorés sans se départir de son sourire amusé, Tu n'as pas envie d'avoir des ennuis. Tu ne tueras pas Astrid. »

L'humaine s'arrêta de parler un instant, fixant le Neko sans rien dire, avant de reprendre, sur ce ton patient qu'elle utilisait depuis quelques phrases déjà:

« Tu terrorises Astrid. Ce n'est pas le travail de la Brigade Noire. Non non non. »

Astrid gardait plaqué sur son visage ce masque d'insouciance qui causerait un jour sa perte. Le Neko terrorisait les bonnes gens. N'avait-il rien de mieux à faire?

[Oh oui, Astrid adore jouer à cache-cache. MWAHAHAHA.XD]
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MessageSujet: Re: Bêêê...[TERMINE]   Mer 12 Jan - 19:38

{AAAAAAAAAAAAAAAH MÉLIA X MATTHEW! KAWAI WOUUUH! Nyaaah~^^-

Sinon voilà. C'est mon poste. Tu t'en fous mais je te le dis. C'est mon poste, le mien, et je te le DONNE! Si si, c'est tout naturel, prends le, c'est normal. Et puis j'en voulais pas, de toute façon...=D}

Jensen était énervé ; et pas agacé, non, énervé. Réellement énervé. Il serrait les poings, crispait sa mâchoire et foudroyait cette idiote du regard comme s'il avait pu la tuer ainsi, sans poser la main sur elle. Il aurait aimé qu'elle meure sur l'instant, foudroyée par un quelconque mal. Il aurait aimé prendre sa hache en main et l'abattre sur sa tête blonde, il aurait aimé sortir ses griffes et lui faire une entaille dans le cou, trouer sa trachée, l'empêcher de respirer, la laisser agoniser et la regarder mourir avec un sourire satisfait. Voilà ce qu'il avait envie de faire, voilà ce à quoi il pensait. Et qu'il ne pouvait pas faire. Qu'il n'avait pas le droit de faire, qu'on l'empêchait de faire. Et franchement? Ça l'énervait deux fois plus. Parce que plus il dévisageait cette humaine, plus son désir de la voir morte se faisait pressant. Et le pire dans tout cela était sans aucun doute possible l'expression qu'elle arborait, comme si tout cela lui passait au-dessus de la tête, qu'elle n'avait pas peur, qu'elle s'en fichait. Ou peut-être qu'elle savait qu'il ne la tuerait pas, et qu'en cela elle ne le craignait pas. Ça, c'était insupportable. Le Brigadier aimait faire peur, il aimait inspirer autant de respect que de crainte, voulait que son nom soit connu et pas parce qu'il était quelqu'un de bien. S'il menaçait quelqu'un avec ce regard là, il voulait pouvoir lire la terreur dans ceux de sa victime. Et en général, même s'il ne les tuait pas, c'était l'effet produit : ils avaient peur. Ce qui était tout aussi normal que plaisant, vraiment. Qui n'aurait pas eu peur, quand quelqu'un vous disait qu'il allait vous tuer, et que vous saviez qu'il en était tout à fait capable? Presque personne. Quasiment personne. Il y avait l'instinct de survie, enfoui quelque part au fond de chacun, qui reprenait le dessus dans ce genre de situation. Qui annihilait toute autre chose, et prenait le pas sur le reste ; c'était pour cela, principalement, que des personnes menacées de mort n'hésitaient pas à s'abaisser plus bas que terre, à quémander la pitié de leur bourreau ou à proposer toute sorte de chose, moyennant qu'on leur laisse la vie sauve. La fierté, dans ce genre de cas, n'avait que rarement d'importance. On ferait n'importe quoi pour rester en vie, et le Neko aux cheveux en bataille était à peu près certain de ne pas se tromper sur ce point. Pourtant, il y avait des exceptions. Il y avait toujours des exceptions. D'ailleurs, Jensen se vantait d'en être une, et répétait à qui voulait bien l'entendre qu'il préférait mourir qu'être humilié. Personne n'aurait pu dire comment il aurait réagi face à une mort imminente, même lui ne le savait pas ; mais il aimait à penser qu'il serait fier et courageux jusque dans ses derniers instants. C'était un idéal à atteindre, en quelque sorte. Et puis il y avait cette Astrid, là, qui était aussi une exception. Elle n'avait pas peur, non, il ne voyait rien de tel dans ses grands yeux ou sur son visage. Pourquoi n'avait-elle pas peur? Se rendait-elle seulement compte de la situation dans laquelle elle s'était mise? Ou peut-être était-elle trop confiante dans le fait qu'il ne la tuerait pas. Dans un sens ou dans un autre, peu importe, c'était vexant. Il l'aurait tuée. Il jurait qu'il l'aurait tuée, et Dieu savait que s'il en avait eu le droit il n'aurait pas hésité un seul maudit instant à la faire souffrir jusqu'à ce que mort s'en suive. Mais il n'avait pas le droit. Non, il n'avait pas le droit. Et ça, elle le savait. Ça se voyait, et elle en avait de toute façon déjà fait la remarque, le confortant dans son idée. Ce qui voulait dire qu'elle savait, entre son désir pressant de la tuer et la loi qui l'en empêchait, lequel il aurait fini par choisir. Ou avait choisi, en l'occurrence. Elle pensait donc, Astrid, qu'il ne la tuerait pas parce que la loi l'en empêchait et qu'il ne tenait pas à avoir ce genre de problèmes. Peut-être que c'était pour ça, en partie, qu'elle ne s'inquiétait pas. Et ça, ça l'énervait. Ça l'énervait vraiment.

Parce qu'elle avait raison, il le savait et elle le savait. Il ne la tuerait pas.

Ce qu'il pouvait détester ne pas être libre de ses mouvements! Presque autant que ne pas avoir raison, finalement. Avoir les mains liées ne lui siait pas, il avait besoin de pouvoir aller où bon lui semblait, de revenir quand il le décidait, de faire ce qui lui plaisait et non ce qu'on lui demandait de faire. Pourtant, il fallait bien qu'il se plie à certaines règles. En acceptant de les accueillir, la Princesse avait bien stipulé qu'ils devraient se plier aux règles de son pays. Jensen le savait, il n'était pas stupide et ne tenait pas à finir en prison, ou il ne savait même pas où ; il ne transgresserait jamais à un tel point les 'lois', aussi stupides soient-elles. Et quoi qu'il en dise, il n'attirerait pas de problèmes à son clan. Ce n'était pas son but, et il n'y tenait pas. Il y avait des personnes parmi les Neko qui n'attiraient pas sa sympathie, et il en détestait même franchement certains ; ils restaient des Neko de son clan, et ça signifiait un minimum à ses yeux. Quelle idiotie..., il voulait la tuer, ce n'était pas près de lui passer. Son petit sourire, ses yeux dorés, ses cheveux clairs, tout en elle lui inspirait le dégoût et la haine. Sa mort aurait été un très beau cadeau, une belle fin à leur rencontre. Mais le brigadier aux yeux bleus avait beau y penser encore et encore, rien à faire. Ce n'était pas un bon calcul. Ça tenait plus de la pièce lancée en l'air, que l'on fixait pour savoir de quel côté elle retomberait : la chance, il ne lui faisait pas confiance. Pile, il se ferait prendre et réprimander. Face, il serait tranquille et aurait eu ce qu'il voulait. Il y avait des risques qu'il pouvait prendre, mais celui-là n'en faisait pas partie. Le jeu n'en valait pas la chandelle, pas cette fois-ci. Il allait devoir prendre son mal en patience, et ne pas faire de stupide erreur sur le coup de la colère ou de l'impatience. C'était toujours comme ça, de toute façon : ne pas foncer dans le tas, réfléchir avant de partir. Rapidement, mais réfléchir tout de même. Il n'avait que ça à faire, réfléchir, puisqu'on lui interdisait d'agir. A ses yeux, c'était un peu comme être face à un ennemi qui chantait tranquillement en lui adressant des sourires amusés tandis qu'on continuait de lui répéter 'non tu n'as pas le droit de lui faire de mal ne fais rien ne bouge pas laisse le faire tu n'y peux rien'. Insupportable. Totalement insupportable.


Au premier 'Tu ne tueras pas Astrid', il se crispa et lui lança un regard noir. Au deuxième 'Tu ne tueras pas Astrid', son visage se ferma totalement, dans une expression de pure haine, de colère noire. Elle aurait pu lui dire 'même pas capable de me tuer, minable', cela aurait eu le même effet sur le jeune Neko. C'était tout ce que ça signifiait à ses deux paires d'oreilles. 'Tu ne tueras pas Astrid'. Il allait lui couper la langue, et personne ne pourrait lui reprocher de l'avoir tuée, puisqu'elle serait toujours envie. Muette, mais en vie. N'y était-il pas autorisé? Elle cherchait à mourir, lui donner ce qu'elle voulait ne serait pas un crime, et il jurait que ça l'aurait soulagé à un point inimaginable. Sale gamine. Il serra ses doigts autour de ses bras croisés, évitant par là-même de n'imprimer les traces de ses phalanges sur sa gorge. Parce que s'il touchait encore son cou frêle et sentait ses veines palpiter sous ses doigts, il serait incapable de ne pas la tuer. Il serrerait trop fort, un peu plus à chaque fois qu'elle ouvrirait la bouche, ne s'arrêtant qu'une fois qu'elle ne dirait plus rien. Qu'elle ne respirerait plus. Et le temps qu'il goûte à l'agréable silence qu'elle aurait laissé, elle serait déjà molle et lourde, tomberait au sol dans un bruit de tissu froissé. Alors il serrait les poings. Canaliser sa colère, c'était bien quelque chose qu'il devait apprendre. C'était vite devenu indispensable, et il n'y arrivait encore qu'avec un mal fou.

« Tu terrorises Astrid. Ce n'est pas le travail de la Brigade Noire. Non non non. »

L'expression dudit Brigadier ne se radoucit pas tandis que ses pupilles fendues scrutaient son visage calme et souriant. Insouciante. Comme si tout cela était quotidien et ne lui inspirait aucune émotion qui sorte de l'ordinaire. De toute façon, elle n'était pas normale. Ça se voyait. Ça se sentait. Et puis qui aurait été parlé de lui-même en utilisant son prénom, de toute façon?


«Répètes que je ne le ferais pas et je te coupe un bras, répondit-il d'une voix sourde et menaçante, sans la moindre hésitation. Je peux faire bien pire que te tuer, humaine. Crois-moi.»

Jensen ne put réprimer une nouvelle grimace, agacé au plus haut point par toute cette situation. Être impuissant face à quelque chose, quoi que ce soit, ne lui réussissait vraiment pas. Vraiment pas, non.


«Oh mais tu vois, reprit-il avec un sourire inquiétant, je ne travaille pas, là. Ça m'amuse, de te terroriser. C'est comme ça que je passe le temps, en terrorisant des idiotes dans ton genre. (Son sourire s'agrandit, et il décroisa les bras) Tiens, on va jouer à un jeu! Je te pose des questions. Si les réponses ne me plaisent pas, je te crève un œil.»

Le Neko sortit les griffes de sa main droite et les rétracta doucement, lançant un regard mauvais à la jeune fille. Ce n'était pas comme s'il lui laissait vraiment le choix, de toute façon.


«D'accord, je commence. Il y a une plaine, une ligne au milieu. Des rats d'un côté, des corbeaux de l'autre. Et pourtant, une petite souris jaune reste avec les corbeaux. Elle pourrait se faire tuer, mais elle ne part pas. Pourquoi?»

Oui, pourquoi? La petite souris jaune aurait été bien mieux, avec les autres. Ici, elle risquait juste de se faire tuer. Écraser. Blesser. Pauvre petite. Ce n'était pas 'chez elle', comme elle l'avait dit, non. Elle n'était pas partie. Si ça n'avait tenue qu'à lui, il l'aurait renvoyée aussi vite à l'Est.


En pièces détachées.
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Humaine déchue, Villageoise

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MessageSujet: Re: Bêêê...[TERMINE]   Sam 26 Fév - 22:03

Est-ce que le monde était mal fait? Astrid n'en savait rien, ou du moins ne pensait-elle pas pouvoir émettre un avis sur cette question. Il y avait tant de points de vue que tous les énumérer eut été atrocement long et fastidieux. Ce n'était pas l'ennuie qui effrayait la jeune humaine aux yeux dorés, simplement, elle n'avait pas les moyens nécessaires pour recenser un par un toutes ces opinions. Qu'en pensait le Neko qui lui faisait face? Son point de vue l'intéressait tout autant que celui d'un autre. Sans doute, se permit-elle de penser, devait-il trouver que ce monde était mal fait car il ne pouvait plus tuer qui bon lui semblait. Si ailleurs on autorisait les âmes à en dévorer d'autres pour se débarrasser de leurs problèmes, c'était loin d'être le cas ici. Ici, c'étaient les lois établis par les Dirigeants qui régulaient la vie des habitants d'Illea. Et si elles différaient parfois selon les Souverains, on se devait de les suivre à la lettre si l'on ne désirait pas être puni. Oh, ce n'était jamais agréable d'être puni, Astrid le savait bien. Et pourtant, ça n'empêchait pas quelques uns de désobéir et de se faire punir, en leur âme et conscience. Pourtant, ils n'aimaient pas cela, sinon les prisonniers ne passeraient pas leur temps à s'échapper des prisons, quand ils y arrivaient bien entendu. Comme c'était étrange, n'est-ce pas? Personne ne voulait être puni, mais beaucoup faisaient tout pour mériter cent coups de bâton sur leur dos. Astrid savait que le Neko ne la tuerait pas, car il n'en avait pas le droit. Quelle chance elle avait. Elle aurait pu tomber sur un Neko qui se fichait bien des principes instaurés par les premiers Rois de cette terre. Mais lui les respectait, ou à voir la façon dont il crispait ses doigts sur son bras, faisait de son mieux pour tenter de les respecter. Parce qu'il était dans la Brigade Noire, il se devait de ne pas faire n'importe quoi. Il était à la fois au service de la Princesse et au service de Samyra Alcantha. Alors si la Princesse lui disait 'ne tue pas', il devait obéir et ne pas tuer. A qui obéirait-il le plus, tiens? Astrid laissa son sourire rester sur ses lèvres, comme inconsciente de la colère de Jensen, alors qu'elle la sentait très bien et savait pertinemment qu'elle était loin de l'atténuer en parlant. Entre la Princesse et sa chef...Quelle parole avait le plus d'importance? Ils étaient sur les terres de la Princesse Della'Morte, ils leur devaient leur salut pour avoir été autorisés à rester ici. Alors?

Elle aurait peut-être du lui demander. Mais déjà le jeune homme prenait la parole, laissant transparaitre dans ses mots toute la haine qu'il pouvait ressentir à son égard. Il pouvait faire pire, ça, Astrid n'en doutait pas une seule seconde. Lui couper un bras, lui couper une jambe, lui crever les yeux, lui couper la langue. Elle ne mourrait pas s'il faisait cela, ou du moins pas directement. Mais elle savait qu'il ne le ferait pas. Il n'allait pas la toucher, et elle s'en irait comme elle était venue, chantonnant en passant de pierres en pierres. C'était comme ça que ça se passerait, elle le savait. Il ne lui ferait rien, et ils repartiraient chacun de leur côté. Il pourrait aller tuer des oiseaux ou d'autres animaux sur le chemin du retour pour se calmer, ce Neko, s'il le voulait. Il fallait simplement que le gibier ne soit pas humain, ou tout autre chose de ce genre. Elle, elle n'était pas un gibier. Astrid était humaine, et personne n'avait le droit de lui faire de mal. C'était interdit, interdit. Oh, mais voilà que Jensen voulait jouer à un jeu avec elle, à présent. Penchant très légèrement sa tête sur le côté, elle se demanda vaguement si c'était aux devinettes qu'il voulait jouer avec elle. Si sa réponse ne lui plaisait pas, il lui prenait un œil? S'il faisait ceci, elle lui prendrait un œil en retour, elle aussi. Il fallait équilibrer la balance, c'est ce que Klaus lui disait toujours. Il avait de beaux yeux, en plus. Plus bleus que le ciel en été. Mais ils étaient ceux d'un Neko, fendus, différents des siens à elle. Ce n'était pas qu'Astrid détestait les yeux des Neko, non; C'était un constat, un simple constat.

«D'accord, je commence. Il y a une plaine, une ligne au milieu. Des rats d'un côté, des corbeaux de l'autre. Et pourtant, une petite souris jaune reste avec les corbeaux. Elle pourrait se faire tuer, mais elle ne part pas. Pourquoi?»

Astrid laissa son sourire d'agrandir suite aux paroles du Neko à la hache. Pauvre petite souris jaune! Entourée de corbeaux, elle n'avait que peu de chances de survivre, c'était vrai. Alors pourquoi ne partait-elle pas? Bonne question. Peut-être avait-elle envie de rester là, parce que l'endroit où s'étaient rassemblés les rats ne lui convenait pas. Peut-être que les Corbeaux avaient chassés les rats du territoire qu'ils occupaient pour s'y installer? La petite souris jaune voulait rester avec les corbeaux, quoi que ça lui en coûte. Comment savoir, n'est-ce pas? Elle pouvait tout aussi bien avoir envie de mourir, cette souris. Personne n'était à sa place, personne ne pouvait savoir. On pouvait juste faire des suppositions. Alors, alors? Astrid ne savait que trop bien le parallèle qu'il était en train de faire. Alors si elle devait lui fournir une réponse? La jeune fille aux cheveux blonds laissa s'échapper un court et petit rire de ses lèvres entrouvertes, avant de se remettre à sourire de plus belle. Que dire, que dire...Là était la question. Qu'est-ce qu'un autre aurait fait à sa place, elle se demandait?

« Qui sait. Peut-être parce que la souris n'a pas voulu quitter sa maison? Peut-être parce que la petite souris veut mourir? Peut-être parce que la petite souris a été abandonnée? Peut-être parce que la petite souris aime bien les corbeaux? Peut-être. Astrid a beaucoup d'autres propositions en tête. »

Peut-être, peut-être. Rien n'était certain, pour preuve que beaucoup hésitaient en ce monde pour trois fois rien. Alors pour se rassurer et se laisser une porte de secours, on disait peut-être. Elle, elle laissait plusieurs hypothèses. A lui de prendre celle qui lui plaisait. Pourquoi...Astrid aimait bien ce mot, pourquoi. Il déclenchait tant de situations amusantes. Et elle, elle aimait les regarder, ou plus simplement les savoir. Klaus lui en racontait beaucoup, d'ailleurs. Pourquoi, pourquoi...Pourquoi. Ca faisait une si jolie mélodie, mélangé au son du vent qui passe entre les branches des arbres morts.

[Désolée du retard. Lalala...On fait comme si on avait rien vu, hein!XD]
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MessageSujet: Re: Bêêê...[TERMINE]   Mar 29 Mar - 19:13

{Oh oui Astrid, mets la pâté à Jensen! En fait non, il gère totalement la situation. Regarde, hop, il l'éborgne.8DDD

Comment ça pas le droiiiit?Uhu ♥

Et puis BAAAAAH BERK posté quand même.Et moi aussi, désolée du retard! P*tain, on va pas y arriver parties comme ça! HER, HER! On passe à la troisième page dans quatre messages! On clôt pas avant, je m'en fous!@__@}

Jensen avait envie de la tuer, c'était indéniable. Et que cette fille n'ait pas envie de vivre, c'était inconcevable. Aussi vrai que Jensen arrivait généralement à se maitriser et à ne tuait pas ceux qui l'énervaient, il ne pouvait concevoir qu'on veuille mourir. Pas parce que c'était irrationnel et donc incompréhensible ; pas non plus parce que c'était lâche. Ce n'était pas parce qu'il ne partageait pas ce point de vue, et ce n'était certainement pas parce qu'il n'arrivait pas à comprendre les motivations et arguments de ceux qui tenaient à s'ôter la vie. Il comprenait. Dans le sens le plus strict du terme, il comprenait. Qu'on veuille mourir, qu'on en ait assez, qu'on en puisse plus, qu'on se dise que mourir doit être la meilleur solution, qu'on attende la mort ou qu'on la provoque soit même. Idem. Seulement il n'arrivait pas à le concevoir. C'était..., tellement stupide! C'était le seul mot qui lui venait à l'esprit. Stupide. Le jeune Neko n'avait pas vécu une vie facile, il avait dû apprendre à survivre par lui-même, et aurait continué sans broncher si son clan n'était pas parti des terres glacées où il vivait auparavant. Il aurait vécu jusqu'à ce que la maladie ou un accident ne l'emporte, voilà tout. Vouloir écourter un séjour déjà court, c'était la pire des idioties, vraiment. Il ne pourrait jamais tolérer ou ne pas s'énerver contre quelqu'un disant que la mort est salvatrice et la seule échappatoire. Et quoi? Ils croyaient que leur..., leur 'Dieu' allait les sauver et qu'ils allaient vivre de nouveau, mais ailleurs? Humains, Esprits, ou même Elfes, tous étaient aussi stupides. Lui, au moins, savait ce qu'il en était en réalité et l'acceptait. Quand il serait mort, ce serait fini. Il n'y avait pas de comparaison à trouver, pas d'image à se faire ; il ne fallait pas chercher à savoir comment ce serait une fois mort. Ce ne serait juste plus rien. Il n'aurait su comment l'expliquer de manière concluante à un autre Neko, alors à un Esprit ou un Humain, n'en parlons même pas. Mais lui se comprenait, et il ne pensait pas être le seul, loin de là. Question de race et d'éducation, sans doute. De 'religion'. Lui n'en avait pas. Aucun Neko n'en avait. C'aurait bien été le comble, qu'ils décident de se mettre à croire qu'une entité quelconque régissait leur vie et s'occuperait d'eux une fois morts! Ça lui paraissait, à proprement parler, aussi ridicule que de raconter à un enfant que les bébés viennent d'une plante ou de n'importe quoi d'autre. Ils cherchaient simplement à cacher une vérité trop dure sous n'importe quoi, tant que c'était assez opaque et sombre pour tout recouvrir. Mais il aurait bien aimé le leur faire comprendre, ne serait-ce que pour voir leur détresse : une fois mort, il n'y a rien. Il le savait, il l'avait vu de toute façon. Il suffisait de regarder dans les yeux d'un mort pour le savoir, et, vraiment, il ne pensait pas que ça laissait de la place au doute. Un corps mort n'était rien d'autre qu'un corps mort, sans vie, sans rien, sans conscience ni sensation. C'était vide. Et inutile. Voilà pourquoi tuer le soulageait mais ne l'amusait pas. Il pensait, à défaut d'être le détenteur d'une vérité universelle, que les tuer n'avait rien d'autre comme utilité que les tuer. Les faire souffrir était donc bien plus amusant, pour sûr. En tout cas, avant qu'il admette qu'il y avait quelque chose après la mort, il allait falloir qu'on le lui prouve. Et il ne s'inquiétait pas le moins du monde de ce côté-là ; il était certain d'avoir raison. Comme sur tous les sujets possibles et imaginables, d'ailleurs.

Il était certain d'avoir raison quand il disait que cette humaine était un déchet. Il était aussi certain d'être dans le vrai quand il disait qu'il pouvait la tuer et en avait envie. Il avait raison, quand il disait que juste avant de mourir, elle regretterait de s'être ainsi mise en danger. Ou en tout cas il aurait aimé avoir raison sur ce dernier point, sans pouvoir s'empêcher d'en douter pour autant. Il aurait pu la tuer. Qu'il en ait ou non le droit ne changeait rien au fait : de plus, il ne devait pas donner l'air d'obéir au doigt et à l'œil à la loi. Elle aurait dû avoir peur, se dire qu'il y avait un fort risque qu'elle y reste, paniquer, s'excuser, pleurer..., il ne savait pas exactement, la réaction dépendant de chacun. Mais ne rien faire? Être insouciante, presque en sourire? Ils ne prenaient pas le thé. La situation était bien plus sérieuse que le sourire de la fillette ne pouvait bien le laissait croire. Et puis, fillette..., elle avait beau paraître petite, aux vues de la moyenne humaine, elle n'avait pas l'air d'une gamine non plus. Dire qu'elle ne comprenait pas ne passait pas, il n'était pas stupide à ce point-là. Et elle non plus, n'avait pas l'air stupide. Le Neko aux yeux bleus n'avait jamais été doué pour reconnaître les émotions sur les visages des gens, il n'avait ni don ni capacité particulière pour cela, en plus de ne s'y être que trop rarement intéressé. Mais l'intelligence, dans les yeux des gens, il pouvait la lire. Certains la gardaient admirablement bien cachés sous une montagne d'idioties, mais une personne futée se reconnaissait, en général. Et cette fille-là, elle n'avait pas l'air bête. C'était peut-être faux, peut-être se faisait-il des idées, et il n'en avait pas grand-chose à faire : mais sa façon d'agir démontrait, si ce n'était d'une réelle intelligence, d'une bonne capacité de réflexion. Elle restait extrêmement calme, comme étrangère au danger, sans être ailleurs pour autant. Il sentait qu'elle l'écoutait et le comprenait, mais elle ne devait pas comprendre les choses comme la plupart des autres. Folle? Bien général, comme mot. Mais tentant, il devait bien l'avouer. Elle était peut-être folle. Dérangée. Différente. De toute façon, il se fichait bien de heurter qui que ce soit en disant ça, vraiment. Se soucier des autres, ça ne faisait pas partie du vocabulaire de Jensen. Tout au mieux il les respectait et les tolérait. Voilà tout. Et cette fille, il ne la respectait pas plus qu’il ne la tolérait, et se moquait royalement de connaître son opinion sur un quelconque sujet. Enfin, venant de Jensen, l’adjectif ‘fou’ ou ‘anormal’ n’avait rien de particulièrement insultant. Après tout, la plupart des personnes peuplant cet endroit ne se réjouissaient pas comme il le faisait quand ils pouvaient se battre, ne trouvaient pas amusant de menacer les autres et était révulsé par l’idée même du meurtre. La normalité était tellement, tellement subjective. Tout ce qui lui importait, pour l’heure, était des plus prosaïque : il ne l’aimait pas, elle l’énervait, il voulait la voir morte. Se chercher des raisons durant des heures, quel intérêt ?

L’humaine rit un court instant, bref, puis se remit à sourire. Il aurait aimé lui fendre la bouche à chaque coin, histoire de voir si elle aurait encore autant aimé sourire après sa petite opération. Mais là encore, il ne pouvait pas le faire. Et ne le ferait pas. Aussi frustrant que ce soit. C’était une véritable épreuve, il ne fallait pas croire ; il espérait que les Hautes Figures de ce pays se rendaient compte des efforts qu’il devait faire pour ne pas transgresser les règles sans arrêt et sans limite. C’était difficile. Très difficile. Et le premier qui lui aurait dit que la vraie force était de résister à la tentation, il lui aurait collé son poing dans la figure. Sans autre forme de jugement. Et alors quoi ? Lui, faible ? Ce n’était pas lui qui serait par terre.


« Qui sait. Peut-être parce que la souris n'a pas voulu quitter sa maison? Peut-être parce que la petite souris veut mourir? Peut-être parce que la petite souris a été abandonnée? Peut-être parce que la petite souris aime bien les corbeaux? Peut-être. Astrid a beaucoup d'autres propositions en tête. »

Cette fois-ci ce fut le sourire de Jensen qui s’agrandit sensiblement, et il lâcha un petit sifflement méprisant. Comme il l’avait dit, il ne comprenait pas qu’on puisse vouloir mourir. Impossible. Pour ce qui était du reste…, c’était amusant, sans le moindre doute. La souris n’avait pas voulu quitter sa maison. La souris veut mourir. La souris est abandonnée. La souris aime bien les corbeaux. Etait-ce pire de se faire tuer par des ennemis ou par des amis ? La réponse semblait évidente. La sienne aussi le fut, cassante et sans la moindre hésitation, presque comme s’il avait énoncé la plus élémentaire des règles. Ce qui, en un sens, lui semblait être le cas.

«Les corbeaux et les souris ne deviennent pas amis.»

C’était comme ça. Les chasseurs et les proies ne deviennent pas amis, et il en allait de même pour les corbeaux et les souris. Ou les Esprits et les Humains, cela revenait au même finalement. Ils s’étaient trop fait de mal entre eux pour pouvoir prétendre s’aimer les uns les autres, il fallait être le pire des hypocrite pour prétendre à cela. Et il n’y croyait pas.


«Peu importe la raison, continua-t-il avec un sourire mauvais, la souris est là et elle est entourée de corbeaux. S’ils ne la tuent pas maintenant, ils la tueront plus tard. Un jour ou l’autre. S’il faut un coupable, ce sera elle. Et s’il y a des ennuis, ce sera sa faute. Oh, mais ça, la souris le sait sûrement, non? Tu crois pas? Astrid.»

Il laissa s’écouler une seconde, la regardant toujours avec autant de mépris dans ses yeux bleus.

«Oh, tiens, encore une question? Ça te dérange pas, non, t’es pas pressée? demanda-t-il sans attendre une quelconque réponse pour autant, jetant un coup d'oeil au ciel pour déterminer rapidement l'heure. Alors. Si un chat a attrapé la souris, elle devrait essayer de s’enfuir. Imaginons qu’elle ne le fasse pas. Pourquoi?»
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MessageSujet: Re: Bêêê...[TERMINE]   Sam 23 Avr - 18:35

Ils vivaient tous une période historique qui resterait dans toutes les mémoires, se dit Astrid. Chaque âme de ce monde, jusqu'à sa mort, se souviendrait de ce Royaume coupé en deux dans lequel deux souverains s'étaient livrés une guerre inutile, entraînant avec eux la haine de deux peuples qui cohabitaient pourtant si bien jusqu'ici. Ce serait marqué dans les livres d'histoire, l'encre figerait à jamais ces évènements tragiques sur le papier, atténuant ou exacerbant la vérité, en général, l'on se plaisait à minimiser l'impact d'une telle scissure sur le peuple. Les enfants des enfants des gens de son village se rappelleraient de cette guerre, la murmurait en classe comme un fait passé et atroce, l'erreur à ne pas reproduire, jamais. Mais le mal était déjà fait, à quoi bon faire d'inutiles promesses? Elles ne tenaient pas la route. Le malheur avait commencé à ronger ce Royaume, ces terres autrefois bénies qui avaient portées des messagers de paix, et il continuerait de les détruire de l'intérieur jusqu'à ce que l'infection ne soit visible, et détruise la moindre parcelle de vie et d'espoir d'un retour à la normale. Pour l'instant, la maladie n'était pas visible, elle guettait enfouie sous la terre le moment propice pour étendre ses immondes tentacules, ayant déjà pourri le sol de l'intérieur. Ce n'était pas une maladie rare, mais c'était une maladie qui devenait incurable si on ne la traitait pas rapidement. Pour parvenir à faire disparaitre entièrement le mal, il fallait l'étouffer à sa source, et ce même si ça paraissait trop radical, comme solution. Mais que représentait une vie face à des millions d'autres? C'était si facile de tuer quelqu'un, on lui plantait un couteau dans le cœur, et il titubait avant de s'effondrer sur le sol, le sang coulant par la bouche, coulant dans les poumons et tout le corps. Quelle idée de laisser des gamins gérer les problèmes de tout un pays. Quelle idée de penser que parce qu'ils étaient de sang royal, prétendument, ils parviendraient mieux qu'un autre à régler les problèmes qui avaient progressivement envahis le pays. Maintenant, il était trop tard pour éradiquer le mal, qui continuerait de s'étendre, progressant lentement avant de ne saisir le cœur de ce pays entre ses mains glacées, et le le briser, l'éclater, le réduisant à l'état de cendre. La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on, et Astrid pensait qu'il n'y avait pas de proverbe plus vrai que ce dernier. Certains pouvaient attendre des années et des années avant de ne se venger de l'affront qu'on leur avait fait, surprenant encore plus leur victime, qui pensait qu'après tout ce temps passé, l'erreur avait été oubliée et pardonnée. Quelle idiotie que de penser que le silence et l'attente signifiaient que le pardon avait été accordé! Le cœur des hommes à cette particularité d'être retors, extrêmement retors, et de crier vengeance jusqu'à ce que cette vengeance soit accomplie. Une vengeance peut être millénaire, si la blessure été restée ouverte tout ce temps. Quand le sang des morts souillent par milliers une terre, jamais la terre n'oublie. Elle répète les visages et les voix qu'elle a vu et entendu à l'infini, condamnant les habitants de ces terres maudites à se ressasser les malheurs qui les avaient frappés pour l'éternité.

C'était bête, tout de même, ne pu s'empêcher de penser Astrid. Le pays d'Illea aurait pu être un beau pays, pleins de fleurs et de rires, sans histoire. Mais au lieu de ça, il avait fallu que des étrangers viennent le parasiter, portant le malheur à travers leur descendance maudite. Qu'aurait été la vie s'ils n'étaient jamais venu? Le ciel serait-il plus bleu qu'il ne l'était maintenant? Non...Le ciel avait toujours la même couleur, quels que soient les malheurs dont les terres qu'il surplombait étaient le théâtre. Il s'en fichait, lui, il était bien à l'abri, stupide éther qui supportait les astres en son sein. Il n'avait rien d'autre à faire. Eux, sur terre, dans le monde d'en dessous, ils souffraient mille morts, sans parvenir à mourir pour autant. Fixant les yeux bleus du Neko, Astrid se retint d'émettre un petit rire moqueur. Pauvre petit. Savait-il où il avait mit les pieds? C'était une terre maudite dans laquelle lui et les siens s'étaient installés, et il ne leur était plus possible de faire demi-tour, à présent. Ça aurait pourtant été préférable pour eux. La terre ne s'ébranlait pas encore, mais bientôt, elle montrerait à tous la laideur qui se cachait depuis tant d'années en son sein. Et à ce moment-là, les morts se compteraient par milliers, et rien ne pourrait l'arrêter. Trop tard, c'était trop tard...Il aurait fallu abattre depuis longtemps les gêneurs, ceux qui n'avaient rien à faire ici. Ceux qui venaient d'ailleurs. Allons, tout le monde savait de qui elle parlait. Ce n'est pas comme s'ils étaient venu semer le malheur par centaine...

Ce Neko aux yeux bleus avait de la chance, en fin de compte, dans un certain sens. Il allait être le témoin de quelque chose de grandiose, une superbe descente aux enfers comme il n'en aurait jamais connu s'il était resté dans ses plaines gelées.

«Les corbeaux et les souris ne deviennent pas amis.»

Jensen avait dit cela après avoir laissé s'échapper un sifflement méprisant, qui traduisait mieux que les mots sa pensée. C'était vrai, en temps normal, jamais les corbeaux et les souris ne pourraient devenir amis, car étant deux races différentes, elles n'avaient rien à faire l'une avec l'autre. Mais rassemblées sur le même territoire? On pouvait espérer les voir, à défaut de s'entendre, observer un certain mépris mêlé de curiosité à l'égard de l'autre race. C'était normal de s'occuper de ce qui se passe chez nos voisins. Alors qu'oils soient corbeaux ou souris, la donne ne changeait pas. Et ça, même si c'était de la curiosité mal placée, en fin de compte. C'est parfois grâce à ce genre de choses que l'on devient amis.

«Peu importe la raison, la souris est là et elle est entourée de corbeaux. S’ils ne la tuent pas maintenant, ils la tueront plus tard. Un jour ou l’autre. S’il faut un coupable, ce sera elle. Et s’il y a des ennuis, ce sera sa faute. Oh, mais ça, la souris le sait sûrement, non? Tu crois pas? Astrid.»

Oh oui, Astrid savait parfaitement tout cela. Il y a plus de corbeaux que de souris, alors qu'est-ce que la petite souris jaune pouvait faire contre eux? On désigne par réflexe le plus faible lorsque les ennuis s'annoncent. On enverrait quelqu'un à la potence car les champs avaient été dévastés par de mauvais orages, si on l'avait pu, ça apaisait l'injustice que ressentaient les autres et calmait sensiblement la douleur. Elle était le bouc-émissaire, la coupable toute désignée en cas de malheur, elle me savait plus que bien. Mais comme Klaus lui avait dit, il fallait être réaliste: Qu'elle soit à l'Ouest, on la jugerait coupable car elle était Humaine. Qu'elle soit à l'Est, on la jugerait coupable car elle était 'folle'. Qu'elle soit au beau milieu de souris de sa race ou des corbeaux d'à côté, ce serait toujours elle le bouc-émissaire. Mais Astrid ne s'en plaignait pas, non. Le malheur avait toujours existé, nombreux étaient ceux qui se faisaient rejeter par les autres. Elle n'était ni plus ni moins qu'un petit brin d'herbe dans un pré. Ah ah...Et puis ça faisait parfois du bien, d'avoir mal. La vie sans douleur, ce n'est pas une vie.

«Oh, tiens, encore une question? Ça te dérange pas, non, t’es pas pressée? Alors. Si un chat a attrapé la souris, elle devrait essayer de s’enfuir. Imaginons qu’elle ne le fasse pas. Pourquoi?»

Comme il la regardait méchamment, ce Neko. Décidément, il ne devait pas être doué pour masquer ses expressions. Enfin, elle ne lui en tiendrait pas rigueur, parce qu'elle aimait bien ses métaphores, elles étaient amusantes. La pauvre petite souris jaune avait beaucoup à s'en faire, elle se faisait attaquer par des corbeaux et attraper par un vilain chat. Son environnement n'était ni sain ni stable, mais elle était obligée de faire avec et puis, ça ne la dérangeait pas tant, au final. Ouuuuh, quel vilain chat au pelage gris! Il méritait un coup de bâton. N'était-ce pas ce qu'il craignait, au fond? Un coup de bâton.

« Les corbeaux et les souris ne deviennent pas amis. Mais pourtant, c'est une souris blanche qui commande les corbeaux. Astrid trouve ça drôle. Tu ne trouves pas ça drôle, toi? Astrid si. »

Elle se mit à rire, comme pour appuyer ses dires. Puis elle s'arrêta soudain, fixant le Neko, toujours avec un sourire en coin.

« Si la souris se débat, elle va avoir mal. Si le chat la tue, il aura un coup de bâton. Il aura un coup de bâton s'il tue la souris. Elle ne se débat pas. Ça n'en vaut pas la peine. »

Ça n'en vaut pas la peine. Le chat porte un collier, alors la souris sait qu'il a un maître, qui lui donnera un coup de bâton s'il ose braver cet interdit. C'est interdit de tuer les souris. Il n'y a qu'avec des coups de bâton que les chats apprennent, de toute manière. Ils ne comprennent rien d'autre. Il faut resserrer le collier pour les dresser.

[Okay, faisons de notre mieux pour atteindre cette troisième page!xD]
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MessageSujet: Re: Bêêê...[TERMINE]   Sam 28 Mai - 17:28

{J'ai écouté des chansons hautement amorales et une chanson sur le suicide des adolescents gays en écrivant dooooonc si quoi que ce soit est bizarre dans ce poste ce n'est pas ma faute.8DD

Et je suis en retard, encore! Shit. A Jalynn, now~♪ 'tain j'ai fait trop long ou je rêve...?--}

Jensen était quelqu'un possédant un sens du devoir très développé, mais quelqu'un qui tenait aussi beaucoup à son indépendance. Il n'aimait pas recevoir des ordres, mais les exécutait pourtant. Cela pouvait sembler contradictoire, dans un sens, et lui-même le concédait volontiers. S'il tenait tellement à être libre de ses mouvements, alors pourquoi avoir décidé de faire parti de la Brigade? Il savait qu'en faisant une chose pareille, en contrepartie d'une certaine notoriété et de plus grandes responsabilités, il perdrait une partie de sa liberté. Il était sous les ordres de la Princesse, et n'était de fait pas totalement libre de ses mouvements. Il devait aller là où on lui demandait d'aller, faire ce qu'on lui demandait de faire. Mais il fallait être réaliste, et il savait l'être quand besoin était : une autre vie ne lui aurait tout simplement pas convenue. Le Neko aux yeux bleus avait été habitué à vivre dans les rudes plaines gelées, dans un climat et d'après des règles bien différentes de celles qui pouvaient exister à Illea. Avant, sa vie lui convenait. Il devait chasser, il devait sans cesse bouger et trouvait toujours quelque chose pour s'occuper. Mais ici? Il n'y avait strictement rien à faire. Il aurait été un villageois lambda, habitant dans une maison fixe, sans rien d'autre à faire que travailler pour pouvoir vivre à peu près correctement. Et ça, non. Non. Une vie tranquille et sans soucis, ce n'était pas fait pour lui. Il avait besoin d'action, de bouger, de se mettre en danger et de donner un sens à sa vie, quel qu'il soit. Oui, si Jensen était sûr d'une chose, c'était qu'il ne pouvait pas vivre comme la plupart des autres. Il ne pouvait pas se contenter d'être heureux et tranquille, il ne pouvait pas être pleinement satisfait sans adrénaline ; en cela, la Brigade était une solution des plus pratique. Mais parfois, comme en cet instant, il aurait aimé jeter son rang pour quelques secondes, juste le temps d'écorcher cette petite impertinente. Il aurait vraiment aimé oublier toutes les règles auxquelles il avait adhéré, dans des situations comme celle-ci. Il pouvait presque s'imaginer attraper de nouveau son cou trop frêle entre ses doigts et serrer, serrer jusqu'à ce qu'elle n'ait plus d'air, jusqu'à ce qu'elle soit obligée de se débattre pour pouvoir inspirer et remplir ses pauvres poumons. La faire souffrir, lui faire regretter ce ton de voix inapproprié et ce sourire presque déplacé. Jensen détestait qu'on se moque de lui, et faisait toujours en sorte qu'on ne soit pas tenté de recommencer. Frapper ne l'avait jamais dérangé : il considérait même cela comme un des meilleures solutions pour faire taire quelqu'un de trop loquace, ou pour au contraire l'aider à parler. Alors pour obtenir des autres ce qu'il voulait, il suffisait de les menacer. De leur faire comprendre que lui, et uniquement lui pouvait décider si oui ou non ils allaient vivre. A moins de n'être mis face à la mort régulièrement, qui pouvait se montrer rationnel quand sa vie était en danger? C'était ce genre de réactions, justement, qui n'étaient pas rationnelles. Tout miser sur l'idée qu'il allait respecter les lois, c'était dangereux. Elle devrait le savoir, non? Qu'est-ce qui lui faisait croire qu'il n'allait pas désobéir et jeter son corps là où personne n'irait le chercher? Elle ne pouvait pas en être sûre, c'était impossible. Elle ne le connaissait pas, c'était suicidaire que de se dire qu'il n'y avait aucun danger puisque c'était interdit. Elle aurait dû avoir peur, cette stupide humaine.

Alors pourquoi ce n'était pas le cas, hein?


Plus que ne pas la comprendre, c'était qu'elle ait raison qui énervait le Neko aux cheveux en bataille. Un peu comme quelqu'un qui chantonnerait devant vous que vous n'allez pas le frapper parce que vous risquez des ennuis si vous le faites. Le problème, c'était que Jensen était généralement de ceux qui écrasent tout de même leur poing dans la figure de l'autre, rien que pour lui donner tort et le faire taire. Parce que, tout simplement, les conséquences ne lui faisaient pas peur. Cependant, dans ce cas de figure, il ne pouvait pas désobéir. Il était comme un enfant qui, s'il vole un gâteau, ne pourra plus jamais en manger. Il n'était pas stupide, il savait bien qu'il devait s'abstenir de tout mouvement idiot s'il tenait à la vie qu'il menait actuellement. Il ne devait pas tuer Astrid. Et vraiment, c'était plus facile à dire qu'à faire. C'était frustrant, humiliant. S'il avait eu les poings liés, il aurait pu mettre son impossibilité de la tuer sur ses liens ; mais là il devait s'en empêcher lui-même, se raisonner de son propre chef. Serrer les dents et essayer de garder le dessus sur la situation quoi qu'il arrive, rester celui qui décide et non celui qui subit. Il ne se ferait certainement pas dicter sa loi par une si petite fille, non. Il continuait de se répéter que s'il le voulait il pouvait la tuer sur place, et qu'elle n'avait aucun moyen d'être vraiment sûre qu'il ne le ferait pas. Tout ce qu'il aurait aimé, finalement, était qu'elle vienne à en douter. Qu'elle se demande, qu'elle ait peur, que sa stupide assurance se fissure et qu'elle tremble. Il voulait avoir de l'emprise sur elle comme sur tout le monde, être en position de force. Si ce n'était pas le cas, il ferait en sorte que ça le soit. Il n'était pas de ceux qui perdaient un combat. Il ne perdait jamais, jamais.

« Les corbeaux et les souris ne deviennent pas amis. Mais pourtant, c'est une souris blanche qui commande les corbeaux. Astrid trouve ça drôle. Tu ne trouves pas ça drôle, toi? Astrid si. »

En entendant cela, Jensen se crispa immédiatement et fronça ses sourcils, fusillant l'humaine de ses yeux clairs. Il serra les poings, et sa bouche se déforma un court instant dans un tic de dégoût. Ce n'était pas lui, le corbeau. Pourtant, il se sentait concerné par cette constatation presque autant que si elle venait de l'insulter. Peut-être parce qu'il était parfaitement conscient de l'incohérence de sa propre situation, dans le fond? Il insultait les humains dès que faire se pouvait, il répétait à qui voulait l'entendre qu'ils étaient faibles et inutiles, qu'ils devraient tous mourir sur le champ ; pourtant, il était sous les ordre d'une humaine. Et, se disant cela, il se rendit compte à quel point le rire de cette stupide gamine était insupportable. Annahita Della'Morte n'était pas rangée dans le même sac que les autres humains, voilà tout. C'était évident. Elle était différente, et cela suffisait à justifier sa présence sur le trône. Il n'y avait rien d'autre à dire. Il avait beau savoir qu'elle était aussi humaine que cette fille en face de lui, qu'elle n'avait rien de plus ni rien de moins, rien à faire. Elles n'avaient rien à voir, absolument rien à voir. Leur Princesse était intelligente, elle était forte et décidée, elle savait prendre les bonnes décisions et n'était pas handicapée par tous ces défauts que portaient la race humaine. Il n'aurait pu l'expliquer mieux. Elle était différente, point. Il ne savait pas pourquoi, mais elle l'était. Et ça, il ne comptait pas le remettre en question.

« Si la souris se débat, elle va avoir mal. Si le chat la tue, il aura un coup de bâton. Il aura un coup de bâton s'il tue la souris. Elle ne se débat pas. Ça n'en vaut pas la peine. »

Le visage du Brigadier resta fermé et froid, ayant abandonné pour l'instant ses sarcasmes et son sourire méprisant. Il fit un pas en direction d'Astrid et, levant sa main droite dans sa direction, appuya légèrement entre ses clavicules avec son index. Il pencha son visage vers le sien, et l'embrassa?XDDD la dévisagea de ses yeux bleus.

«Ce n'est pas une souris blanche, qui commande les corbeaux, répondit-il lentement, sourcils froncés, le ton menaçant. Les souris sont faibles, stupides et inutiles. Elle n'a rien à voir avec une souris. Compris?»

Ce n'était pas discutable. S'il y avait toujours une exception pour confirmer la règle, alors elle était l'exception parmi les humains. Aussi vrai qu'il y avait des Neko pour trahir leur peuple, aussi vrai que des Esprits pouvaient être faibles et sans intérêt, aussi vrai que peut-être existait-il un Elfe plus intéressant que ces autres vermines. Il n'aurait pas appelé 'Neko' un déchu, jamais. Ce n'étaient plus des Neko, c'étaient des vermines. Les humains étaient tous des vermines, et Annahita Della'Morte n'en était pas une. Logique ou pas, il n'en avait rien à faire.

Il se redressa tout à fait, et laissa retomber son bras le long de son corps, sans quitter Astrid des yeux.

«Et si le chat n'a pas peur du coup de bâton? Peut-être qu'il tuera la souris quand même. Peut-être qu'il n'aura même pas de coup de bâton, si personne ne sait qu'il a tué la souris.»
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Humaine déchue, Villageoise

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MessageSujet: Re: Bêêê...[TERMINE]   Sam 16 Juil - 20:13

Le danger. Oui, le danger. Astrid était en danger, elle le savait. N'importe qui de sain d'esprit aurait fuit à la vue du Brigadier à la hache dont on louait tant le talent de ce côté-ci du Royaume. N'importe qui aurait fuit, car ce n'importe qui aurait eu en tête, pensée stupide mais qui lui aurait collé à la peau comme un vêtement mouillé, qu'il allait immédiatement se faire trancher la tête s'il l'approchait ne serait-ce que d'un seul petit mètre. Il était vrai que Jensen n'avait pas un visage des plus sympathiques. Il était doté d'une petite carrure, comme tous ceux de sa race, mais son attitude et son visage froid et renfermé trahissaient cette aisance qu'il devait posséder à exécuter les pires actions sans broncher. Bouh, les Neko sont méchants, de vilains personnages. Des tueurs, des monstres, dont il faut se méfier à tout prix. Pour qui passaient-ils de l'autre côté de la frontière? Astrid en aurait frémit, à leur place. Toutes ces atroces rumeurs qui devaient courir sur eux en ce moment même, et ce depuis leur arrivée à Illea! Toutes ces rumeurs horribles sans aucun autre fondement que des échos de leur précédente vie. Des tueurs, oui, dans la neige, Astrid savait qu'on ne pouvait guère faire autrement. Ici aussi, on tuait des animaux pour se nourrir. Ici aussi, on s'entretuait, se massacrait. Quelle différence avec les Terres du Nord, où le combat était placé sous le signe de la survie? Astrid trouvait les autres bien pathétiques, en réalité. Ils se réunissaient en groupe uniquement pour critiquer et lancer des pierres. Pathétiques, pathétiques...La jeune fille aux yeux dorés connaissait une chanson qui parlait d'un homme condamné à mort par la faute de ses voisins. Ces lâches, ils ne l'aimaient pas, et l'avaient accusé d'un crime commis par l'un d'eux. Juste pour avoir le plaisir de le voir mourir sur l'échafaud, ils étaient devenus des tueurs.

Comme quoi, il n'en fallait pas beaucoup à l'homme pour devenir un véritable animal. Klaus lui avait souvent parlé de ça. Que les hommes étaient si fragiles qu'on pouvait les briser d'un seul petit coup: Il suffisait de bien savoir viser. Pof: Si on avait bien placé le coup, le verre se brisait en mille morceaux sans plus d'efforts. Et alors? Où était le point faible de Jensen, celui qui lui permettrait de le faire s'écrouler d'un revers de main? A voir le visage impassible qu'il venait d'adopter, sans doute sa réponde ne lui avait-elle pas plu. Pas de là à en être sa faiblesse, mais c'était sans doute un petit indice. Le pire, c'est que c'était vrai! C'était une souris toute petite et blanche qui commandait aux corbeaux noirs comme la mort. Hilarant, à en mourir de rire. Un souris blanche comme tant d'autres. Une souris blanche dont le pelage et le museau ne différaient pas beaucoup de ceux de la petite souris jaune. Alors pourquoi les corbeaux lui obéissaient?

Astrid aurait pu faire un livre là-dessus. Un petit conte mignon que les enfants auraient lu en tout innocence.

«Ce n'est pas une souris blanche, qui commande les corbeaux. Les souris sont faibles, stupides et inutiles. Elle n'a rien à voir avec une souris. Compris?»

Ah si, c'était une souris, songea Astrid. Elle avait le museau, le pelage, les moustaches d'une souris!Et les mêmes battements de cœur, le même rythme. Boum, boum, boum. Astrid était certaine que les battements de son cœur se synchronisaient parfaitement à des milliers d'autres. Mais si ce n'était pas une souris, qu'est-ce que c'était, selon lui? Astrid aimait bien ce regard très bleu qu'avait Jensen. Il était très expressif, son regard, et d'une belle couleur. Pleins de personnes auraient pu s'y perdre. La pression qu'il exerçait avec son doigt, elle, était tout de suite moins jolie. Ça ne faisait pas mal, mais ça aurait pu. Ses yeux étaient plus jolis, parce que eux, ils ne pouvaient pas faire de mal. A-t-on déjà vu quelqu'un tuer une autre personne d'un simple regard?

«Et si le chat n'a pas peur du coup de bâton? Peut-être qu'il tuera la souris quand même. Peut-être qu'il n'aura même pas de coup de bâton, si personne ne sait qu'il a tué la souris.»

Astrid fit une petite moue, l'espace d'une seconde, avant de retrouver son petit sourire habituel. Oh, le vilain chat. Décidément, il le voulait vraiment, son coup de bâton. Peut-être qu'il aimait avoir mal, au final? Si c'était le cas, s'il aimait bien être puni et enfermé, alors elle risquait de se faire tuer. Cette pensée lui effleura bien l'esprit, et pourtant, Astrid ne cessa pas de sourire. Elle n'avait pas peur, pourtant, elle aurait du. Elle aurait du trembler, pleurer, se répandre en vaines excuses, implorer le pardon du Neko aux cheveux en bataille. Mais non, rien de tout cela. La fillette aux cheveux blonds continuait de sourire bêtement, plantée là comme si elle faisait la discussion à un vieil ami. Ce n'était pas normal, oh que non, ça ne l'était pas. Elle aurait du avoir peur, vouloir s'enfuir. Pourquoi n'avait-elle pas peur, alors? Pourquoi restait-elle là?

'Tu es folle, Astrid, tu es folle'. Oui, maintenant qu'elle y pensait, c'était sans doute la meilleure réponse à son équation. Et après?

« Peut-être. Le chat n'aime pas les peut-être, parce que les peut-être c'est peut-être oui. Il ne tuera pas la souris, 'au cas où', Astrid le sait. Il va laisser repartir la souris chez elle? »

Astrid, à ces mots, joignit ses deux mains à plat l'une contre l'autre devant sa poitrine. Avec son sourire, on aurait pu penser qu'elle cherchait à se faire pardonner quelque chose. Ou qu'elle demandait 's'il te plaît', en jeune fille bien élevée, tout simplement.

« La souris est une souris. Une souris, c'est tout, Astrid sait qu'elle n'est pas autre chose. Mais la souris s'inquiète de ses chats. C'est pour ça que les chats restent. Ils sont dépendants de la souris blanche à la couronne. »

Dépendant de ce que l'on déteste...Encore une chose sur laquelle Astrid aurait pu rire, si elle n'avait pas été aussi...Décalée.

[Moi j'écoutais rien d'étrange, mais comme un poste d'Astrid ne peut pas être normal, eh bien...XD]
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