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 Plic-ploc...[Parce que le titre, c'est pas important... Libre xD]

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MessageSujet: Plic-ploc...[Parce que le titre, c'est pas important... Libre xD]   Sam 19 Sep - 1:04


  • Plic, ploc, plic, ploc… Quel son énervant…

    De toute manière, Elise n’aimait pas la pluie. Alors l’eau qui ruisselle et fait ce genre de bruit en s’égouttant, elle n’aimait pas. C’était ainsi, point. Il ne fallait pas chercher plus loin. Mais là, elle l’aimait encore moins. On était en plein été, alors pourquoi fallait-il qu’il pleuve maintenant ? Le seul jour ou elle allait rendre visite à sa cousine… Une visite barbante, ça aussi… Elle s’en serait bien passé, sincèrement. Mais pour faire bonne impression, mieux valait-il obéir. Une fois par mois, elle sortait ainsi pour venir en ville rendre visite à sa famille. Enfin, sa cousine. Une utilité ? Il n’y en avait sincèrement pas, mis à part le fait de renouveler un peu la confiance de ses parents… Oui, ça leur faisait énormément plaisir de savoir que leur précieuse fille s’entendait bien avec sa cousine… Elle était tellement sociable ! Rien que de penser à cela, le sourire venait aux lèvres fines de la jeune fille. Pouvoir tromper les gens à ce point, c’était quelque chose de passionnant. On pouvait si facilement embrouiller les esprits avec un sourire… Si peux de chose ! Les gens sont si facilement influençable… C’en devient très inquiétant, pour eux. Après, cela fait la joie des trompeurs… Et en réalité, il y en a pas mal. Elise n’était pas sans le savoir. L’amour rend aveugle, dit-on. Parfois même sans aimer, on se laisse facilement avoir. Et finalement, ses parents étaient tellement simples d’esprits… Enfin, enfin, c’était tout à son honneur, jusqu’à présent. Elle n’en souffrait pas trop, elle avait tellement prit l’habitude de jouer cette comédie que c’en était presque devenu naturel… Presque. Ce presque marquait malheureusement, ou bien heureusement, toute sa vie. Elle semblait vrai, mais c’était juste presque. Parce qu’elle était fausse. Totalement et jusqu’au bout des ongles. Si quelqu’un aurait pu lire dans ses pensées comme elle-même le pouvait, nul doute qu’il aurait trouvé pratiquement en permanence le contraire de ce qu’elle disait. Les rare fois ou elle était réellement elle, soit elle était seule, soit avec son grand frère. Et encore, avec son grand frère, elle n’agissait pas toujours comme elle-même le voudrait. L’amour rend aveugle, non ? Et d’une certaine manière, en tant qu’esprit, elle était elle-même aveugle. De ce qu’on disait, en tout cas. Peut-être était ce encore une influence sur l’esprit…

    Enfin, pour l’instant, elle n’avait nullement l’esprit à la réflexion.

    Effectivement, alors qu’elle avait fait sa « torture » mensuelle, c'est-à-dire, allez voir sa cousine, et qu’elle s’apprêtait à rentrer tranquillement chez elle, au château, la pluie l’avait prise par surprise. Déjà qu’elle était d’assez mauvaise humeur après avoir dû supporter son infernale petite cousine… Mon dieu, Léane, cette sale peste, elle avait bien faillit lui faire flamber sa couverture… Un peu de plus et elle disait ses quatre vérités a une gamine de 5 ans… Et par la même occasion, à son cousin par alliance… Et autant dire que là, elle ne se serait pas retenue… Quand elle était partie, il était pratiquement impossible de l’arrêter… Du coup, elle était sortie passablement énerver de chez sa merveilleuse cousine. Et comme pour tout arrangé, la pluie était arrivée. Du coup, elle se retrouvait à courir pour trouver un endroit à se réfugier. En plus de tout, elle devait courir en robe, encore heureux qu’elle n’était pas trop encombrante, avec ses pauvres chaussures avec ce minuscule talon qui la faisait pourtant tant souffrir, et surtout, avec rien sur la tête. L’eau ruisselait le long de ses cheveux et de son visage. Et ce n’était pas très agréable. Elise était trempée jusqu’aux os. Et finalement, elle avait froid alors qu’il ne faisait pas si froid que ça. C’était tout simplement atroce.

    Oh, elle survivrait, tout de même, ce n’était pas la mort. Mais ce n’était jamais très agréable… Elle allait bien finir par attraper un quelconque virus… Et ce jour là, elle ne se contrôlerait, et ce serait une catastrophe. Donc, du fond du cœur, elle espérait bien ne pas tomber malade. Si seulement celui qui est là haut pouvait l’entendre, lui aussi…

    Soudainement, Elise buta contre quelque chose. Ceci la ramena à la réalité, puisqu’elle dû se rattraper le plus vite possible pour ne pas aggraver son cas… Elle se rattrapa contre un mur, s’éraflant le bras et la main. Aie, aie, aie… Un mince filet de sang sur son bras se fit emporter rapidement dans un torrent d’eau. Pourquoi pleuvait-il autant aujourd’hui ? En tout cas, la rue était déserte, mais rien pour se couvrir. Elle se vit contrainte de tourner, dans les ruelles. Elle était essoufflé, ses joues étaient légèrement rougies, elle respirait assez bruyamment, ses cheveux d’une étrange couleur bleuâtre dégoulinaient, parfois même collaient a son visage et ses bras nus semblait avoir la chair de poule. Oui, elle avait froid. Sa robe aussi, dégoulinait. Elle était dans une condition pitoyable qui n’aurait pas dû lui arriver. Si seulement elle avait accepté ce parapluie que lui avait proposé sa cousine… Mais non, elle était bien trop têtue… Et finalement, cela ne la réussissait pas. La jeune noble courait, ou marchait vite plutôt, traversant les ruelles avec de grandes enjambées. Elle n’avait plus la force de courir à présent. Quelle horreur…

    Elise trouva enfin son bonheur. Un coin totalement abrité. Enfin, enfin ! Elle se secoua, comme un chien mouillé. Et c’était un peu ce qu’elle était. Un adorable chien avec une adorable tête, mais de grandes dents. La jeune bleue éternua. Brouh… Elle balaya l’endroit des yeux. Elle était bien au fin fond d’une ruelle. Elle ne savait même pas si elle arriverait à s’y retrouver. Elle allait bien devoir ! Pour l’instant, elle posa ses fesses sur une boite en bois. Elle faisait bien d’être ici, elle. Parce qu’Elise pensait bien qu’elle allait rester ici un petit moment. Du coup, elle se mit a regarder la pluie qui tombait sous ses yeux violets.

    Et toujours ce bruit… Plic-ploc, plic-ploc…

    C’était insupportable. Elle détestait ce jour. Elle détestait sa petite cousine. Elle détestait ceux qu’elle détestait. Elle détestait ce temps. Elle détestait tout simplement tout ce qui se rapportait à aujourd’hui. Sérieusement, ce n’était pas le jour pour l’énerver. Elise agita sa robe, comme si cela pouvait la faire sécher un peu plus vite. Le bas était couvert de boue. Bouah… Elle avait l’habitude, ce n’était pas la première fois. Mais la première fois ici, si. Sa longue robe noire, blanche et bleu en faisait les frais. Elle n’était particulièrement belle, mais la jeune fille l’aimait bien. Ce coup ci, elle ne savait pas si cette robe allait survivre… Bah… Fichue journée. Fichu soleil ! Et elle pouvait jurer encore longtemps ainsi, tandis qu’elle ébouriffait ses cheveux dans l’espoir de les sécher, bien tranquillement assise sur sa boîte. Elle, elle l’aimait bien.

    Plic-ploc, plic-ploc…


    *Quand diable cela va-t-il cesser ?*

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Petite chose verte

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Petite chose verte


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MessageSujet: Re: Plic-ploc...[Parce que le titre, c'est pas important... Libre xD]   Dim 27 Sep - 2:13

Il pleuvait. C'était bien là la chose la plus évidente du monde, à l'heure actuelle, aux yeux de Leandre. Ils étaient pourtant en plein été, alors, en règle générale, le soleil brillait haut dans le ciel, et offrait aux gens la chaleur de ses doux rayons. Quand il faisait beau, c'était toujoiurs agréable de sortir, de se promener en ville, ou aux alentours de celle ci. La grande capirtale de l'Ouest d'Illea, Jiang Zemin, était une grande et belle ville, où il y avait toujours quelque chose à voir ou à faire. Sa mère n'ayant pas besoin d'aide pour son travail aujourd'hui, le jeune garçon avait décidé de sortir pour faire passer le temps, et maintenant, voilà le résultat... Il était dehors, la capuche de son manteau rabattue sur sa tête, alors même que la pluie battait son plein. Si encore il avait eu un parapluie, les choses n'auraient pas été si horribles, mais là, en l'occurence, il n'en avait pas ammené, pour la simple et bonne raison qu'au moment où il était sorti de chez lui, il ne pleuvait. De ce qu'il se souvenait, il n'y avait pas le moindre nuage à l'horizon à ce moment, et il n'avait jugé bon de prendre une veste, c'était par simple précaution, une intuition. Qui s'était révélée être bonne, d'ailleurs, à en juger par les trombes d'eau qui tombaient du ciel. Comme une mer entière de larmes que pleureraient les anges dans le ciel, les larmes que ne pourraient pas verser tant de gens sur cette terre. La pluie avait quelque chose de déprimant, il n'y pouvait rien. C'était une des principales raisons qui faisaient qu'il la détestait.

Les mains cachées autant que possible dans ses manches, la tête baissée, il avançait le plus vite poosible à travers le dédales des rues, un peu à l'aveuglette, il devait bien l'avouer. D'ordinaire, il savait parfaitement se repérer dans la capitale, et ce jour ne faisait pas exception. A vrai dire, c'était exactement pour ça qu'il avait décidé de ne pas prendre le chemin de sa maison: c'était beaucoup trop loin. Alors il s'était juste mis en quête d'un abris, un endroit où attendre que le temps revienne à de meilleures dispositions et des températures plus estivales. Un coup d'oeil au ciel néanmoins lui confirma qu'à prioris, cela n'était pas près d'arriver. Des nuages noirs se profilaient à perte de vue, sans nul doute annonciateurs d'un prochain orage. Ce qu'ils pouvait détester l'orage... Il espérait au minimum ne pas être encore à arpenter les rues désertes quad il éclaterait. Il n'y avait pas un chat dehors, c'était le cas de le dire...

C'était triste, on aurait dit une ville fantôme. Seule la lumière émanant par les fenêtre des maisons témoignaient qu'elle n'avait pas été laissée à l'abandon. Il fallait vrament qu'il se dépêche, rester ainsi sous la pluie n'était pas bon, surtout avec son état de santé actuel; affaibli, il tombait malade plus qu'à son tour, et de simples virus pouvaient s'avérer engendrer de terrible conséquences sur son organisme. Il avait appris à vivre avec ce handicap qu'il devait constamment porter avec lui, à éviter de se retrouver dans des situations où il pourrait se retrouver en danger. Et là, c'était exatctement ce qu'il était. Trempé, l'eau avait finit de traverser son fin manteau, qui ne lui était plus d'une grande aide à présent. Ni pour se protéger, ni pour se réchauffer. Lui qui était à la base sorti pour une simple promenade, on ne pouvait pas dire que c'était sa journée... Alors même que le soleil avait rempli ses fonctions à merveilles plusieurs jours durant, il fallait qu'il en décide autrement au moment précis où il n'était pas bien à l'abris des intempéries, à voir les lourdes gouttes d'eau s'écraser contre la fenêtre de sa chambre. C'était assez ironique, dans le fond. Il stoppa brutalement sa course, à bout de souffle. Il ne courait certes pas depuis très longtemps, mais son endurance avait d'ores et déjà été minée de moitié au moins, et ne cessait de décroitre et de se flétrir depuis plusieurs années. Depuis que cette fichue maladie s'était déclarée, en fait, et avait commencé à lui retirer de plus en plus de choses.

Néanmoins, il ne pouvait s'empêcher de continuer à espérer. Esperer qu'au final, elle partirait peut-être d'elle même. Espérer que Dieb exaucerait ses voeux et prières silencieuses en lui accordant plus de temps auprès de ceux qu'il aimait, qu'il le laisserait vivre, tout simplement. Dire que la Mort ne l'effrayait pas aurait été un mensonge, mais dire qu'il la refusait en aurait été un aussi. Il avait fini par accepter plus ou moins le fait qu'un jour, il doive quitter ce monde, et immanquablement laisser derrière lui des souvenirs et sentiments, des regrets et des joies. Il avait aussi compris que ce jour viendrait pour lui plus tôt que pour la grande majorité des personnes, et que personne ne pouvait rien contre ça. Alors, tout ce qu'il pouvait faire pour lutter et ne pas baisser les bras, c'était espérer. Comme si ce simple fait allait tout arranger, et que tout le monde serait heureux. Comme on disait, tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. Or, en vie, il l'était, et la douleur qui lui étreignait la poitrne en était l'indéniable preuve. Le jeune Callandra tentait tant bien que mal de retrouver son souffle, sachant qu'il était quasiment certain qu'il devrait aller voir le médecin le lendemain.

Avec un peu de chance, il n'aurait rien attrapé de trop grave. Mais de là à dire qu'il n'aurait rien attrapé du tout, il y avait de la marge...

Le jeune homme aux cheveux verts marcha quelques mètres encore, avant de n'aviser une ruelle sur sa gauche. A coup sûr, il serait à l'abris, là bas. Ce n'était pas un endroit particulièrement beau, propre, et encore moins fréquentable mais, sur l'instant, la meileure chose à faire était d'y aller. Après tout, il n'était pas sûr de trouver un seul autre endroit au sec avant un moment, et avancer encore eut été la prolongation d'un terrible calvaire, c'était certain.

Lorsqu'il arriva au bout de la dite ruelle cependant, Leandre aperçut quelqu'un, assis sur une caisse de bois. De toute apparence, elle s'était retrouvée dans le même cas que lui, à en juger par les inonbrables goutelettes d'eau qui perlaient à ses longs cheveux bleux violacés, et le long de sa robe. Une fille, peut-être un peu plus vieille que lui, et sans aucun doute beaucoup, beaucoup plus riche. Même avec cette boue, on devinait une tenue de bonne qualité que n'auraient pas pu s'acheter tous les villageois. Ses yeux, de la même couleur que ses cheveux, étaient vides. Une Esprit... Bourgeoise ou noble, l'un des deux. Devant un telle personne, le villageois se demanda comment réagir. En règle générale, les nobles qu'il voyait dans les rues passaient devant lui sans le voir, sans même parler de lui adresser la parole. Et c'était tout ce qu'il y avait de plus normal, quand on y pensait. Qu'en auraient-ils eu à faire, d'un simple habitant de la capitale lui, Humain de surcoît? Rien du tout. Il fut une nouvelle fois interrompu dans sa réflexion par une quinte de toux qui, à l'instar des nuages lourds au dessus d'eux, n'annonçait rien de bon pour la suite, avant d'opter pour une légère révérence à l'égard de la jeune fille, après avoir retiré sa capuche.

Il ne voulait surtout pas avoir plus de problèmes qu'il n'en avait déjà, encore moins avec une Noble.

"Je vous prie de m'excuser, mademoiselle, commença-t-il, sa voix trahissant une certaine fatigue, mais je... Il pleuvait, et je me suis dit que je pourrais peut-être... Enfin..."

D'un naturel très timide, le jeune garçon n'osait pas parler aux gens, et aller vers eux était pour lui une véritable épreuve. D'un autre côté, l'ignorer aurait été bien pire, surtout qu'elle avait l'air d'avoir froid. Laisser les gens dans le besoin n'était pas dans le caractère de Leandre, qui se faisait un devoir de les aider. Assez paradoxalement, le bourgeois et à fortioris les Nobles faisaient comme partie d'un autre monde, qu'il pourrait toujours contempler, mais jamais ne serait-ce qu'effleurer du bout des doigts. Comme un oiseau ui vole dans le ciel, mais qui reste toujours éloigné des étoiles. Il ignorait tout de l'étiquette et de la manière de s'adresser à ces personnes, et craignait de l'avoir froissée par une parole malheureuse sans même en avoir conscience. Il avait fait ce qu'il avait pu, à savoir, parler avec déférence. Sur so visage se lisait un mélange d'embarras, de crainte et de fatigue.

Et cette averse qui ne semblait pas décidée à s'arrêter...
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MessageSujet: Re: Plic-ploc...[Parce que le titre, c'est pas important... Libre xD]   Lun 26 Oct - 22:48


  • Elise avait toujours vécu dans le luxe. Pas le même luxe que les rois, reines et personnes importantes, certes. Mais un luxe assez important.

    Bien plus important qu’un simple habitant, même avec un bon métier, pourrait sans doute avoir. Du coup, elle était devenue ce qu’une noble était réellement. Pas comme tout ces autres, mais son caractère et ses actes était en quelques sortes égoïstes. De toute manière, elle était égoïste, elle le savait parfaitement. Même si elle faisait soigneusement penser le contraire, il n’y avait que très peu de vérité dans ses actes. Tout ce qu’elle faisait ne semblait pas être sincère. Elle s’approchait comme une mignonne petite enfant, un petit chaton, pour se révéler être un rapace d’une étonnante vivacité. Comme on le dit, l’habit ne fait pas le moine. Elle était un peu comme un loup déguiser en agneau. Et cela lui plaisait beaucoup. Elise avait énormément de satisfaction dans ce qu’elle faisait. Pas que voir les autres souffrir lui faisait réellement plaisir, non. C’était différent. Elle aimait voir qu’elle avait le contrôle entre ces mains. Et c’était égoïste, c’était méchant, c’en était même laid, d’utiliser des êtres vivants pour se tester. Mais au final, qui n’avait jamais menti ou manipuler quelqu’un ? C’était devenu comme une routine. Au fil des jours, les plus naïfs finissent mal… Et les personnes deviennent méfiantes, la société s’enfonce, la confiance se fait rare. Tout résulte de cela en réalité. On est souvent déçu des personnes qui nous entourent, en qui on avait confiance. Et c’est ainsi que tout se règle. Il y a ceux qui pleurent, qui sont impuissants et subissent, et ceux qui se rebellent, restent dur comme le roc et finissent par gagner. Et d’un autre côté, ceux qui déçoivent. Ceux là gagnent ou perde, c’est ainsi, c’est eux qui ont commencé le jeu. Il ne faut pas s’attendre à des miracles. On ne gagne pas à tous les coups, des fois, le jeu se retourne contre eux et ils ne peuvent que s’apitoyer sur eux même de ce cuisant échec. Une mauvaise approche, une mauvaise tactique, un faux pas… Voila ce qui pouvait tout faire voler en éclat.

    C’était le jeu. Rien ne devait être fait au hasard, tout est question de décision.

    Et le jeu avait fait qu’elle se retrouvait ici, dans une sombre ruelle, sous une pluie battante que ce temps capricieux avait décidé de faire tomber à ce moment même. Elise était furieuse. Contre elle-même, contre ses parents, contre sa cousine, contre ce dieu-si il y en avait un- dans le ciel, contre le monde entier en réalité. Elle pourrait en vouloir à n’importe quoi. C’était ainsi, la colère. Pas que ce soit de la faute du rat qui passait ou du chat qui le coursait, non. Mais englober par ce sentiment, on devenait comme vulnérable aux éclats de voix, une monté puissante d’adrénaline qui donnait une envie irrémédiable d’étrangler le premier qui lui passe sous la main, de lui crier dessus alors qu’il n’a rien fait, de lui reprocher une minuscule chose… Voila ce qu’était la colère. Il y avait des gens qui savaient mieux se contenir que d’autres. Ainsi, alors que l’un vocifère tout ce qu’il sait, l’autre, dans un état semblable intérieurement, semble normal, parle peu, sourit brièvement.
    Elise était quelqu’un de semblable au deuxième cas. D’apparence toujours souriante, calme et posée, dont on pense savoir ses pensées, que l’on pense toujours si douce… Mais si quelqu’un avait un jour le pouvoir de voir ce qu’il y avait en elle, nul doute qu’il serait lacérer par la vérité. Mais elle, elle pouvait voir, à faible dose, ce que les autres pensaient réellement. Et de par cela, comprendre plus facilement les autres, le comportement stupidement « humain » de l’être vivant. Elle ne prétendait pas y échapper, être différente. Mais elle pouvait prétendre pouvoir le manipuler, et c’était une chose déjà assez jouissante pour elle.

    A ce moment là, elle n’en menait pourtant pas large et profitait d’un moment de solitude pour relâcher un peu et afficher un air déconfit. Elle n’allait pas se mettre à hurler ou quoi que ce soit, mais elle pestait légèrement, à voix basse. Non, mais sérieusement, cette pluie ne voulait pas s’arrêter ? Comment allait-elle bien pouvoir rentrer, si cela continuait ? En plus, trempé comme elle était, elle allait bien finir par être malade… Tiens d’ailleurs…


    « Atchoum ! »

    Elle avait émit un petit éternuement, très doux et discret. Elise fit un bruit qui ressemblait d’avantage à un grognement qu’à une parole sympathique. Et voila qu’elle allait être malade maintenant… Elle n’était pas spécialement fragile, mais tout de même, vivre toujours dans la chaleur à l’abri de toutes ces intempéries… Pourquoi ne pas avoir pris ce parapluie au juste ? Ah oui, c’est vrai… Il aurait bien fallut le ramener en suite et cela aurait l’aurait énormément déranger de le ramener, sans compter le fait que sa mère souhaiterait certainement la raccompagner et tout, et tout… Et ça, c’était encore pire. Non, décidément, c’était peut-être mieux ainsi. Sa cousine avait beau être l’une des seules familles qui lui restaient, elle détestait lui rentre visite et marcher dans la ville aux côtés de ces pauvres paysans. Ce n’était jamais très sûr, de plus. Et c’était sale, ce qu’elle appréciait encore moins. Tout ces gamins qui courraient en s’amusant d’un rien l’énervait. Beaucoup de choses l’énervaient. Sans pour autant que personne n’en voie l’ombre d’un signe. Elle était une excellente actrice. C’était pour cela qu’elle aimait autant le théâtre. Certains disaient que c’était parce qu’elle était une bonne enfant, mais la vérité n’était pas là. Pas du tout, même.

    La jeune demoiselle faisait en sorte d’essorer ses longs cheveux aux étranges reflets, tout en continuant de murmurer des paroles incompréhensible. De toute manière, il n’y avait pas grand-chose à comprendre, à part quelques jurons et malédictions. Au moment où elle relançait ses longs cheveux en arrière, elle entendit comme un léger toussotement. Non, une quinte de toux en réalité. Elle releva la tête et dirigea son regard vers le bruit. Enfin, son regard… En réalité, il semblerait qu’un esprit puisse voir par la force et bien… De son esprit. Elise ne savait pas si c’était réel et n’avait pas envie de le savoir non plus. Elle voyait, cela semblait bien suffisant pour elle.
    Et justement, ce qu’elle voyait maintenant, c’était quelqu’un, fille ou garçon, elle aurait eu du mal à ce décider, avec des longs cheveux verts, tout aussi trempé qu’elle, avec un air un peu malade. En tout cas, ce n’était certainement pas un bourgeois ou un noble, vu ses habits, et même l’aura qu’il dégageait. Un simple villageois. Ou villageoise d’ailleurs. Mais elle penchait plus pour un jeune garçon. Peut-être un peu plus jeune qu’elle. Il semblait frêle et petit, mais elle ne pouvait rien dire sur cela, puisqu’elle était certainement bien plus petite que lui. En tout cas, il avait l’air fatigué et semblait avoir comme peur. Il prit la parole, alors qu’elle continuait de le regarder avec ses yeux vides de sentiments.


    "Je vous prie de m'excuser, mademoiselle… mais je... Il pleuvait, et je me suis dit que je pourrais peut-être... Enfin..."


    Sa voix semblait faible et lointaine. Mais elle avait finis par clairement deviner que c’était un garçon. Il semblait avoir froid et être dans un état pitoyable. Elise pensait qu’il ressemblait à une sorte de chaton égaré. Il semblait la craindre et attendre son jugement. Cela lui plaisait, d’être dans ce genre de position, de contrôler. Si elle lui avait dit qu’il la dérangeait, il serait sans doute parti, de peur d’affronter quelqu’un d’un niveau social plus élever. Mais elle n’était pas méchante, si ? Pourquoi ne pas le laisser rester ? Par pure gentillesse, n’est ce pas ? Très sincèrement, il lui faisait un peu pitié. Il semblait si faible et adorable, près à tout. Voila, près à tout. Elle ne savait pas ce qu’elle pourrait obtenir de lui, mais ce sera sans doute mieux que s’il était parti. Et puis, il allait l’occuper, en attendant que cette insupportable pluie cesse. C’était déjà cela de prit, non ?

    Son visage, jusque là impassible, se fendit d’un jolie sourire doux. Rien ne semblait faux, mais tout l’était. Si elle avait affiché au grand jour sa véritable personnalité, tout le monde l’aurait fuit, haie, et elle serait seule. Alors que ainsi, elle semblait si gentille, douce… Il n’y a que la vérité qui blesse, semblerait-il… Elise passa une main dans ses cheveux, légèrement. Elle dégagea sa frange encore humide et fit d’une voix chaleureuse et douce.

    « Je ne puis que vous pardonnez, monsieur. Je crains que cette malheureuse pluie ne s’arrête dans la seconde qui suit !, elle marqua une légère pause et repris avec un sourire compréhensible, Vous me semblez fatigué et aussi dégoulinant que moi, venez donc vous asseoir. Il serait inutile de prendre froid, mon pauvre ! »

    Tous ses mots sonnaient juste, malgré leur fausseté. Elle ne pensait pas tout à fait cela, mais on s’en fichait, non ? Tant que ce garçon était à l’abri et l’occupait, c’était déjà pas mal. Elise fonctionnait ainsi. Pour elle-même, égoïstement. Et pour son grand-frère, accessoirement. Elle assumait parfaitement son égoïsme que personne ne détectait. Elle se portait bien dans le meilleur des mondes. Malgré que ce soit la guerre, que des milliers de gens en soit mort, elle allait bien. Cela ne l’atteignait pas, et c’était tant mieux. Tant pis pour les autres…

    Et la pluie qui continuait de tomber, encore et encore, comme si le ciel pleurait de son égoïsme…

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MessageSujet: Re: Plic-ploc...[Parce que le titre, c'est pas important... Libre xD]   Dim 8 Nov - 20:16

Les nobles, ou même les bourgeois, étaient de bien étranges personnes du point de vue de Leandre. Des gens qui auraient eu assez d'argent pour acheter n'importe quoi, ce dont ils avaient besoin, tout ce qu'ils pouvaient bien désirer, et peut-être même ce qu'ils ne voulaient pas vraiment. Ils pouvaient agir comme bon leur semblait, avaient de magnifiques vêtements, et une manière de parler qui bien que lui étant complètement étrangère, semblait être particulièrement jolie. A côté, eux autres simples villageois n'étaient, il fallait bien l'avouer, pas grand chose. Leur avis comptait indubitablement moins, et ils ne possédaient en règle générale pas le quart de ce qu'avaient les grands de ce monde. C'était ainsi que les choses étaient, et sans doute aucun ainsi qu'elles resteraient pour toujours, c'était une quasi-certitude. Bien entendu, leur vie ne devait pas être si simple non plus, il le savait, mais en son fort intérieur, il ne pouvait simplement pas s'empêcher de les envier. N'avoir qu'à demander pour avoir, qu'à ordonner pour être obéi, devait avoir quelque chose de grisant, quelque part. Ils devaient certes avoir leur propres problèmes et leurs propres obligations, mais il ne les connaissait pas, et ne parvenait pas même à se les imaginer. Ce ne devait pas être facile tous les jours de ne pas faire de faux pas, il n'en déconvenait pas, mais leur vie devait malgré tout être bien plus aisée que la leur. L'argent ne fait pas le bonheur, comme on dit, mais il y contribue grandement, le nier aurait été faire preuve de mauvaise fois. Il fallait savoir se contenter de ce qu'on avait, mais cette règle était tellement plus agréable et facile à respecter lorsqu'on avait beaucoup de choses... Le jeune garçon savait qu'il n'était pas pauvre au sens prorpe du terme, puisqu'il avait largement de quoi vivre, manger et s'habiller, il devait y avoir bien plus malheureux que lui, c'était un fait. Mais il suffisait de comparer sa prorpe richesse à celle que devait, par exemple, avoir la jeune fille en face de lui pour qu'elle en devienne complètement dérisoire et ridicule. En vérité, il ne savait même pas s'il aurait été capable de compter tout l'argent d'un noble, ou si le montant serait trop élevé pour qu'il le puisse. Il n'en avait pas la moindre idée, et n'aurait jamais opsé ne serait-ce que poser la question à l'un d'eux. Leur parler, déjà, il préférait ne pas trop y penser, alors pour poser d'aussi étranges questions, sûrement pas. Il était bien trop réservé pour ça, et savait que, cette fois au moins, il avait raison de l'être, car ces personnes étaient parfois d'une arrogance sans limites.

Il y avait des villageois qui l'étaient aussi, d'accord, mais il fallait reconnaitre que les riches personnes possédant ce trait de caractère étaient mille fois plus nombreuses. Elles vous regardaient de haut, vous trouvaient bête pour ne pas connaitre tout ce qu'elles connaissaient, avaient pitié de vous parfois, ne comprenaient pas que vous n'appliquiez pas les règles qu'elles appliquaient au quotidien, et tout ce genre de choses. Les différences étaient trop grandes pour qu'une réelle amitié puisse naître d'une caste à l'autre, et les occasions dans lesquelles ils s'adressaient la parole étaient elles aussi rares, de toute façon. Lui habitait la capitale quand eux vivaient au château, endroit où il n'avait jamais même mis les pieds, et n'avait vu que de l'extérieur, de loin, et s'en satisfaisait grandement. Honnêtement, il ne s'y serait pas senti à sa place du tout, et pour cause. Il ne se sentait déjà pas véritablement à sa place dans les rues de la grande ville, alors dans un tel lieux, surement pas. Etant humain, il savait que beaucoup de personnes devaient le détester, vouloir qu'il parte, et il le comprenait. Il n'aurait pas pu leur en vouloir, pas vrai? Après tout, c'était lui qui était en faute, à partir du moment où il avait été décidé que les humains devaient aller de l'autre côté de la frontière. Au fond, il n'était là où fallait que lorsqu'il était chez lui, avec sa famille. Autrement, on ne pouvait pas vraiment dire ça comme ça. Ou en tout cas, c'était comme ça qu'il le ressentait. Pour toutes ces raisons, les nobles lui faisaient peur, et il en allait à peu près de même pour les bourgeois, ce pourquoi il n'était pas directement allé près de la jeune fille aux longd cheveux violets et aux yeux désespérément vides, au travers desquels il ne pouvait pas distinguer la moindre émotion. Il espérait qu'elle ne lui dise pas de faire demi-tour, auquel cas il serait obligé de s'exécuter et de repartir à la recherche d'un quelconque abris plus loin, ou d'essayer de rentrer chez lui malgré la pluie battante et l'orage qui s'annonçait au loin. Avec un peu de chance, il serait vite arrivé, mais étant donné que cette dernière ne semblait pas d'huleur à se montrer clémente avec lui aujourd'hui, il aurait préféré ne pas tenter l'expérience, cela allait sans dire. Il appréhendait donc la réaction de la demoiselle, un sourire désolé peint sur les lèvres. Peut-être était-elle une bonne personne, qui savait?

Lorsque son visage se fendit d'une grand sourire, il soupira de soulagement. Il était conscient qu'il ne fallait pas crier victoire trop vite, que cela apportait souvent nombre de déconvenues, mais il n'y pouvait rien. C'était un bon signe, non? Si elle s'était mise à rire et à se moquer de lui, là, il aurait eu matière à s'inquiéter, mais en l'occurence, elle lui avait sourit gentiment. Or, Leandre ne voyait pas bien pourquoi quelqu'un sourirait s'il n'en avait pas envie, qui plus était à un inconnu. Pour faire plaisir à un ami, passait, mais sourire à un inconnu, quelqu'un que l'on voyait pour la toute première fois, qui plus était d'un rang mille fois inférieur au votre, il n'y aurait pas eu d'autre raison que de la simple gentillesse, de son avis du moins. Il savait parfaitement qu'il était de temps à autre trop gentil, et ne voyait pas le mal là où, pourtant, il y en avait, mais là, il n'avait pas l'impression que ce soit le cas. Elle ne devait pas être méchante et, quand bien même elle l'aurait été, il voulait juste qu'elle ne lui dise pas de s'en aller. Tachant de rester aussi postifi que possible, il songea qu'au moins, le cas échéant, il aurait pu s'abriter un petit moment et reprendre son souffle sans être assaillit par des millions de gouttes de pluie promettant une prochaine tempête. Le temps était capricieux, et c'était bien dommage... Lorsque la jeune fille s'adressa à lui, ses craintes sur ce sujet au moins finirent d'être dissipées, et un sourire reconnaissant, cette fois ci, étira ses lèvres.

« Je ne puis que vous pardonnez, monsieur. Je crains que cette malheureuse pluie ne s’arrête dans la seconde qui suit ! "

Ils avaient donc la même impression quant à cette averses, de toute évidence, et il était plus que plausible qu'ils aient raison, bien qu'il aurait largement préféré se tromper. Il ne voulait pas que sa mère et les autres s'inquiètent de son absence, si elle durait trop longtemps, surtout que ce n'était pas dans ses habitudes de rentrer tard. Il voulait à tout prix éviter qu'ils se fassent du souci pour lui, ce qu'ils feraient à coup sûr s'il tardait trop, néanmoins, regagner sa maison par ce temps aurait été une pire idée encore. Il était déjà persuadé d'avoir attrappé une quelque maladie, ce n'était pas pour courir aggraver son cas plus qu'il ne l'avait déjà fait... Voilà qui, sérieusement, lui apprendrait à sortir sans emporter de parapluie et à s'écarter légèrment de chez lui. Il ne recommencerait plus, c'était une certitude, mais cela ne changeait rien au fait qu'il l'avait fait. Et qu'il s'était retrouvé trempé, condamné à attendre que le ciel calme sa colère. La phrase prononcée par la demoiselle l'avait tout de même rassuré, et conforté dans son hypothèse selon laquelle elle devait être quelqu'un de gentil. Le sort, qui devait avoir trouvé bon de s'acharner sur lui jusqu'à cette rencontre semblait enfin décidé à le laisser un peu tranquille, c'était déjà ça de pris. Elle reprit la parole après cette courte pause, le sortant à nouveau de ses diverses pensées:

"Vous me semblez fatigué et aussi dégoulinant que moi, venez donc vous asseoir. Il serait inutile de prendre froid, mon pauvre ! "

S'il n'avait pas été en compagnie d'une noble demoiselle, et n'avait pas été si timide, sans doute aurait-il répondu quelque chose comme "c'est un peu trop tard pour dire ça, maintenant", mais il ne le fit pas. Parce que, justement, la situation ne se prêtait pas franchement à des familiarités, qu'il ne la connaissait absolument pas, et que quand bien même c'eut été le cas, il se serait probablement contenté de sourire et hausser légèrement les épaules, rien de plus. Ce n'était pas dans son caractère, tout simplement. D'autant qu'elle avait d'ores et déjà eu l'amabilité de le laisser rester, il n'allait pas l'embarasser avec tous ses problèmes, qui ne regardaient de toute manières que lui, et sa famille, ses amis dans une moindre mesure, et qui ne l'intéresseraient pas le moins du monde, il l'aurait parié. Non, il ne souhaitait pas la déranger, alors il se tairait, au moins sur ce sujet là. Et puis, si la chance lui souriait encore une petite fois, il n'aurait qu'un vulgaire rhume, rien de très important en somme. Au pire, il resterait à se reposer quelques temps, et tout irait mieux après, comme toujours. Comme le disait ce vieux proverbe, ce qui ne me tue pas me rend plus fort. Il l'aimait beaucoup, dans la mesure où si c'était bel et bien vrai, il ne devait pas être si faible que ça.

En revanche, il mit une poignée de secondes à comprendre la totalité de la phrase. Venez vous asseoir? Il aurait pensé que, tout au plus, il pourrait attendre sagement ici que la pluie se calme faute de s'arrêter complètement, et repartir sans mot dire, à part bien entendu quelques remerciements. Il était un villageois, et en plus de ça un humain. Cela aurait suffit à lui dire de repartir de là où il venait, mais elle lui disait de venir s'assoir, ni plus ni moins? Il chercha une quelconque forme d'ironie dans sa voix, mais n'en trouva pas trace. Se rendant soudain compte qu'il la dévisageait, il baissa immédiatement les yeux, regardant le sol. Fixer quelqu'un avec insistance n'était pas forcément très poli, et la froisser était la dernière des dernières choses à faire, il en était conscient. Il fit quelques pas en avant, avant de s'assoir près de la jeune fille, sans aller trop près d'elle non plus. Ce n'était pas qu'il ne l'aimait pas, juste qu'il ne pouvait pas décemment aller près d'une Noble et lui faire la conversation. Qu'aurait-il diable eut à dire? Certes, il n'était pas idiot, mais il ne prétendait pas non plus avoir autant de connaissances que quelqu'un comme elle. Il trouvait déjà cela suffisemment bizarre de s'installer à ses côtés... Alors, plus près, non, il ne voulait même pas y penser. Entre temps, sa respiration, quoi qu'encore un peu sifflante, était revenue à la normale, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Il lui adressa un nouveau sourire, avant de n'élever à nouveau la voix.

"Encore désolé, je ne voulais pas vous déranger, mais avec toute cette pluie, je ne voyais pas quoi faire d'autre... "

Il l'avait regardée en lui parlant, sachant que c'était bien la dernières des politesses mais, cependant, cela l'avait un peu perturbé. Même après tout ce temps, il continuait de trouver les yeux des Esprits intriguants. Ils étaient vides de toutes traces de sentiments, quels qu'ils soient, et ne semblaient pas vraiment regarder les gens avec. Ils avaient l'air de passer à travers vous, comme si vous étiez transparent, comme s'ils ne vous voyaient tout simplement pas. Cette particularité l'avait toujours intéressé, celle là même qui faisait qu'au premier coup d'oeil, on reconnaissait un Humain d'un Esprit. Leandre resserra son manteau, bien qu'il fut lui-même trempé, et jeta un nouveau coup d'oeil vers la rue. La pluie, au contraire de se calmer, semblait redoubler d'intensité. Il ne voulait pas d'orage, les éclairs et le tonerre ne le rassuraient pas et s'il n'en avait opas peur à proprement parler, il ne les aimait pas non plus. E dire qu'il faisait chaud quand il était sorti...

"Je... Je m'appelle Leandre Callandra, enchanté, mademoiselle... "

Il n'avait pas pu s'empêcher de chercher ses mots et malgré ses efforts et la très nette amélioration comparé à tout à l'heure, son discours était très loin d'être fluide. Il pensait bien que son nom lui importerait peu, mais il préférait se présenter tout de même. Lui, en tout cas, n'aimait pas discuter avec quelqu'un et ne pas savoir comme il s'appelait. Un prénom était fait pour être utilisé, après tout.
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MessageSujet: Re: Plic-ploc...[Parce que le titre, c'est pas important... Libre xD]   Mar 22 Déc - 2:08

  • Pour Elise, les villageois et les pauvres de toutes sortes avaient toujours été les plus étranges.

    Elle ne les comprenait absolument pas. C’était énervant, rageant. A l’origine, elle ne voyait déjà pas la vie autrement que dans le luxe, alors en plus, en être heureux et bien… Elle ne pouvait tout simplement pas l’imaginer. Depuis toute petite, pour elle, ces villageois n’étaient que des minuscules fourmis qui ne servaient qu’à lui donner de la nourriture et des vêtements. Des esclaves. Elle ne les avait jamais vus autrement. Et elle ne chercherait pas à les voir autrement, certainement. Tout lui convenait parfaitement. Mais elle n’arrivait tout de même pas à comprendre comment ils pouvaient être si heureux et bien vivre alors qu’ils étaient si pauvres, qu’ils étaient sans cesses utilisés… Cela lui sortait par les yeux. L’amour, la famille, le travail… La jeune noble ne comprenait pas. Pour elle, la seule chose qui pouvait bien importer, c’est d’avoir ce qu’elle voulait, à n’importe quel prix. Oui, elle était égoïste, égocentrique, manipulatrice, narquoise et… Tout simplement détestable. Et alors ? Elle n’en avait rien à faire. Personne ne pouvait la voir sous ce jour là. On ne la devinerait, sous ce beau voile blanc, dans lequel elle s’était glissée.
    Voila pourquoi elle trouvait tout ces villageois si minables, si petits. Elle détestait les voir heureux, elle détestait les voir sourire, elle détestait les voir hurler… Elle les détestait, voila. A partir d’aujourd’hui, elle les détestait. Un rien pouvait les rendre heureux. Il n’y avait qu’à regarder ce garçon qui venait d’arriver pour la comprendre. Voir quelqu’un d’une telle importance par rapport à lui… Forcément, cela devait l’intimider. Elle était très satisfaite d’elle. Très satisfaite de pouvoir donner une telle impression, alors qu’elle, de son côté, le méprisait tant. C’était ainsi, le monde était injuste. Enfin, pour la jeune fille aux longs cheveux violacés, elle pensait au contraire que c’était une parfaite justice. Il ne méritait pas mieux que son mépris, ce simple villageois… Et encore, il pouvait s’estimer heureux qu’elle ce soit ennuyer et lasser d’être seule, où il serait probablement resté sous la pluie, à errer… Après tout, elle n’avait que faire de lui. Il n’était qu’ici pour la distraire. Même si il ne devait pas réellement le voir de cet œil là. Et elle ne lui dirait probablement rien. Ne serait-ce pas mauvais ? Non… Non. Personne ne l’aurait cru… Et il n’avait pas à se plaindre de elle, elle le laissait venir à l’abri. Ce n’était qu’une minuscule fourmi qui n’aurait aucune importance dans sa longue vie. Et encore plus, en vu que c’était en réalité un humain. Non, elle se sentait parfaitement bien avec cela. L’esprit trouvait son idée parfaite. Faire comme si de rien n’était, discuter joyeusement avec ce jeune humain, se servir un peu de lui pour passer le temps, et une fois qu’elle n’eu plus besoin de lui, le jeter. Enfin, le laisser partir, du moins. Et si il l’énervait, sans nul doute qu’elle ne se gênerait pas. Il n’avait plus qu’à se tenir à carreau !

    Après tout, elle détestait les villageois… Et a plus forte raison, les humains. Alors, il avait de la chance, beaucoup de chance.

    Elise avait toujours détesté les humains, de toute manière. [Il y a peu de personne qu’elle aime bien, remarquez… xD] De son sens, ils étaient faibles, mais voulait tout de même les commander. Ils ne servaient pas à grand-chose. Les esprits avaient toujours été les plus forts, à coup sûr. Bon, après, il y avait quelques exceptions et elle ne pouvait pas dire que Mlle.Della’Morte était une incapable, ce serait totalement faux. Mais elle ne pouvait pas non plus dire qu’elle l’admirait. Enfin, elle pouvait le dire, elle n’avait pas trop le choix tout de même. Ce serait stupide de sa part de se faire des ennemis là où elle n’en avait nullement le besoin. Hors, et jusqu’à preuve du contraire, elle n’était pas stupide. Ou, en tout cas, pour ceux qui voudraient le penser, pas dans ce sens là. Sinon, il y aurait bien longtemps qu’elle se serait fait avoir. Hors, elle était toujours ici, à pratiquer ce que l’on pourrait appeler, sa politique. Ce qui, donc, témoignait de son minimum de malice. Mais malheureusement, personne ne pouvait le voir. Ou sinon, justement, elle ne serait pas maline du tout. Voici donc un enchainement compliqué, qui ne méritait pas autant de son attention à ce moment précis.

    Ce qui à présent, requerrait toute son attention, était le jeune garçon aux cheveux verts. Elise agita légèrement sa longue chevelure brillante lorsqu’elle vit celui-ci finalement se décider à venir vers elle. Il s’était enfin rendu compte qu’elle n’allait pas le manger ? Enfin, c’était à voir. Personne ne savait de quoi elle pouvait être capable. Bon, jusqu’à preuve du contraire, elle n’était pas cannibale, et n’aimait même que peu la viande… Donc, logiquement, elle n’allait pas le manger. Elle n’avait pas non plus faim… Tout allait bien, pour lui ! Et pour elle aussi. Parce qu’elle se fichait tout de même pas mal de si lui allait bien ou pas, en réalité. Mais il fallait tout de même s’occuper un minimum du bien être de cet… Cet… Cet invité ? Oui, c’était ni plus ni moins un invité…
    Enfin, ce jeune villageois c’était assis près d’elle. Près… Il était un peu éloigné, un peu près. Par respect ou timidité, elle ne savait pas, mais elle était contente de ce choix. Elle n’aurait pas aimé l’avoir coller contre elle. Bien que cela tienne chaud, elle ne voulait pas s’abaisser à ce point.
    Pendant un instant, elle cru entendre entre les fracas des goutes d’eau sur le sol, comme une respiration sifflante. Tiens ? Elle avait dit qu’il devrait venir pour ne pas attraper froid, mais… Soit il était essoufflé, soit il était déjà malade… Ou les deux. Elise n’eu pas le loisir d’y réfléchir plus longtemps, que le jeune homme prenait la parole, ce qui la dérangea légèrement sur le coup, mais finit pas l’amuser… Si elle ne le laissait pas parler, ce ne serait plus amusant.

    "Encore désolé, je ne voulais pas vous déranger, mais avec toute cette pluie, je ne voyais pas quoi faire d'autre... "

    Encore désolé ? Ceci la fit doucement sourire. Elle camoufla ce sourire ironique sous un sourire doux et accueillant. Un sourire servait toujours à quelque chose. Ce n’était pas si étonnant qu’il s’excuse, elle s’y était attendue. Mais que les autres s’écrasent devant elle, cela lui faisait un peu plaisir. Ou beaucoup, parfois. La petite noble surpris un regard du garçon. Oh, il la regardait ? Ce n’était pas si polie que cela. Etait-il impressionner ? Elle aurait pu tenter de le savoir, mais elle n’avait pas envie de faire un quelconque effort. Pas pour une fourmi, en tout cas. Cependant, il était rare pour elle de voir un humain ici, alors elle se mit à l’observer, seulement un instant. Il avait des yeux très différents de les siens, ou même de ceux des Nekos. On pouvait lire dedans. Elise avait pas mal été intriguée par ces yeux quand elle était plus jeune. A présent, elle trouvait les siens plus utiles. Elle pouvait bien mentir, on s’en rendait moins facilement compte… Encore une fois, le villageois repris la parole, la prenant légèrement au dépourvu :

    "Je... Je m'appelle Leandre Callandra, enchanté, mademoiselle... "

    Elise agita légèrement sa robe et frictionna doucement ses bras. L’eau lui donnait froid, malgré la chaleur. Elle n’aurait pas été étonnée qu’un orage éclate. Mais elle ne voulait pas être malade ! Quel ennuie. Elle détourna ses yeux violets du garçon un instant avant qu’il parle, mais les retourna bien vite. Leandre Callandra ? Oh, elle ne le retiendrait probablement pas. La jeune fille avait pas mal de choses plus importantes à penser, en réalité. Tant qu’elle arrivait à le retenir le temps de la discussion, elle supposait qu’il n’y aurait pas trop de problème. Sa plus grande crainte étant de se faire découvrir avant l’heure… Ce devrait être bon. Elle fit glisser ses fins doigts sur l’une de ses mèches de cheveux, comme pour l’égoutter, avant de se tourner légèrement sur le côté, pour faire plus face eu Callandra. Finalement, elle afficha un grand sourire et dit d’une belle voix douce et rythmée :

    « Je suis Elise Bernskastel. Je suis moi-même enchantée de vous rencontrez, Mr.Callandra ! »

    Enchantée ? Comme si elle l’était réellement. Mais bon, tant que cela fonctionnait… Elise replaça une mèche de ses cheveux en arrière que dans ses yeux. Elle n’oublia pas pour autant ce qu’il avait dit en premier. Elle garda son sourire lumineux alors que ses cheveux lui collaient désagréablement au visage et dégoulinaient sur son dos. Contrôle complet de la situation… Tout était bon. Elle reprit de sa jolie voix, si désagréable dans le fond :


    « Ne vous en faite pas, Mr.Callandra. Vous ne me dérangez pas du tout, ce n’est pas un problème ! Au contraire, ne dit-on pas que plus l’on est de fou, plus on rit ? Je pense que cela aurait été un moment très désagréable, seule. »

    Elise continuait de sourire, sincèrement. Enfin, pour lui, ce devait être un sourire gentil et doux, alors que c’était tout juste parce qu’elle pensait qu’elle allait bien s’amuser, après… Il n’avait pas l’air bien méchant, ou bien malin… En tout cas, il semblait naïf. La victime parfaite !
    Cependant, le bruit de fond l’ennuyait profondément. C’était ce qu’elle haïssait le plus. De tout, elle haïssait le plus la pluie !



[Elise, la grande méchante... xDDDD. Je suis dégoutée de moi même, j'aime pas mon poste et tout ><...]
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Petite chose verte

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MessageSujet: Re: Plic-ploc...[Parce que le titre, c'est pas important... Libre xD]   Jeu 7 Jan - 0:50

[HS: Ouais, pauvre petit Leandre, s'il savait à quel point il se trompe sur le compte d'Elise...XD
Moi, j'aime pas mon post non plus, comme ça on est deux!ç__ç ]

Leandre n'était pas quelqu'un de méchant et ce sous n'importe angle duquel vous décidiez de voir la chose: il n'était ni hypocrite, ni menteur, ni sadique, ni égoïste, ne s'intéressait pas qu'à lui, prenait en compte l'avis des autres, souvent même plus que le sien. Il était bien loin de la perfection, ne prétendant de toute façon absolument pas le contraire, mais était tout aussi loin de la méchanceté que de cette dernière. Parce qu'il ne comprenait pas le plaisir malsain que certaines personnes pouvaient avoir en voyant quelqu'un pleurer, se sentir mal, inférieur. Et il y avait fort à parier qu'il ne le comprenne jamais, ne le souhaitant en plus de cela pas; s'il l'avait fait, il y aurait eu des chances -ou plus exactement, des risques- pour qu'il agisse de même par la suite, et cela, il le refusait, préférant ne pas y penser. Ces gens étaient des personnes qui, avant tout, devaient être particulièrement seules et, quoi qu'elles puissent en dire, tristes. Tellement tristes et en colère à vrai dire, qu'elles en venaient à souhaiter que le reste du monde le soit au moins autant qu'elles... Tout en se persuadant qu'elles ne l'étaient pas, qu'elles connaissaient un véritable bonheur, l'harmonie parfaite, sans amis, sans personne qui tienne vraiment à elles. Mais pour le jeune garçon, il était plus qu'évident qu'une âme aussi esseulée ne pouvait pas réellement rire sans que ce cela sonne terriblement faux, fusse à ses propres oreilles ou à celles de tous ceux qui l'entouraient. On ne connaissait pas les menteurs, on ne les aimait pas. On les fuyait comme la peste, les maudissait et les détestait. On ne cherchait plus ne serait-ce qu'à savoir s'ils racontaient de bien jolis boniments, la vérité selon eux, ou encore s'ils se contentaient tout simplement d'exposer les faits sans y ajouter nombre d'artifice comme ils le faisaient de coutume, par peur de se tromper. Et c'était alors qu'ils finissaient seul, sans se rendre compte qu'ils étaient artisan de leur propre douleur. C'était ainsi que pensait le jeune Callandra, et il ne reviendrait jamais sur ses paroles: si les êtres vivants peuplant Illea avaient dorénavant le même langage -les Esprits et les Humains, surtout, le faisaient depuis fort longtemps- c'était bien pour pouvoir se comprendre, se parler, s'écouter et s'entendre, non pour se battre pour un oui ou pour un non, et encore moins pour passer son temps à dire d'horribles mensonges. Sinon, il aurait encore été préférable que personne ne s'adresse la parole, d'être tous nés muets. Enfin, il devait reconnaitre que la vie aurait été bien ennuyeuse, si cela avait été le cas, pour les Esprits à plus forte raison, qui ne pouvaient dire ce qu'ils ressentaient qu'à travers les mots, étant donné que leurs yeux restaient en permanence incroyablement impassibles, vides de toute traces d'émotions quelles qu'elles soient. Il devait leur être plus simple de berner les gens, avec les orbes de verre, irisés d'autant de couleurs que ceux de leurs congénères Humains, beaux, mais dont la vacuité rendait indétectable toute malhonnêteté.
Toutefois, il refusait catégoriquement de faire l'amalgame entre "Esprit" et "méchant". Pour avoir vécu avec eux, et quasiment rien qu'eux, durant un moment maintenant, il savait que, bien qu'ayant une culture très différente de la leur, et une poignée de détails au niveau de l'apparence qui changeaient, ils n'étaient pas si différents les uns des autres. Ils ressentaient les mêmes choses, savaient les mêmes choses, vivaient sur le même sol, contemplaient le même ciel, pleuraient les mêmes larmes. De son point de vue, il devait être possible de s'entendre, en faisant quelques efforts. Ses semblables, indéniablement plus faibles que les autres -tous les autres- restaient néanmoins les plus nombreux, et par conséquent, les plus importants, ceux qui dirigeaient, qui prenaient la grande majorité des importantes décisions. Il concevait bien que les Esprits, par exemple, mais si les Neko avaient été à leur place il auraient sans aucun doute agit de même, développent à leur égard une certaine jalousie. Difficile de leur faire comprendre, intégrer l'idée que, sans cela, ils seraient probablement opprimés par... Un peu n'importe qui de plus fort, ce qui ne devait pas être bien difficile. Les Elfes, peuple venu des mers, l'étaient eux-aussi, de ce qu'il avait entendu. Mais même un idéaliste comme Leandre arrivait à grand peine à garder cette belle quoi qu'irréalisable illusion d'entente en vie, après la guerre civile... La vérité était que les Humains n'aimaient pas les Esprits, qui eux-mêmes ne supportaient pas les Humains. Affreux et affligeant stéréotype, certes, mais qui était la plupart du temps, il devait l'avouer, correct. Juger quelqu'un à sa race plutôt qu'à sa personne, quelle incroyable bêtise dont ils se rendaient tous coupables.
C'était là la raison qui l'avait amené à croire que la noble qu'était la demoiselle trempée qui lui faisait face lui dirait de faire demi-tour, sans autre forme de procès. Il avait quelques apprioris sur les Nobles, pourquoi n'en aurait-elle pas eu sur lui? Enfin, il se promis de ne plus penser de la sorte. Elle avait l'air gentille, souriante, conciliante même. Il se pencha quelque peu, essorant bon gré mal gré un pan de son manteau, soupirant légèrement. Peine perdue de ce côté-ci. Par un temps aussi humide, le simple fait d'être à l'abri des gouttes d'eau ne permettrait pas à sa veste de sécher... Fichue pluie, toujours à arriver quand on ne voulait pas la voir. Attendant une réponse de la jeune fille aux longs cheveux, il se demanda quel pouvait être son nom. Une Noble, cela devait avoir un prénom étrange, composé peut-être? Il avait déjà vaguement entendu le nom de certains de la bouche d'autres personnes, et de temps à autre, leur étrangeté, plus particulièrement leur longueur, lui avaient arraché un sourire. De très beaux patronymes, sans l'ombre d'un doute... Mais qu'il aurait été bien incapable de retenir, honnêtement... Ce n'était pas leur cas à tous, cependant: c'était pour cela qu'il attendait, curieux de savoir. Pas qu'il pensa avoir l'occasion de s'en resservir un jour, juste envie de le connaitre, ne fut-ce que pour le temps d'une conversation, même si relativement courte. Lorsqu'il releva à nouveau les yeux vers elle, il se rendit compte qu'elle lui souriait toujours. De toute évidence, il ne devait pas s'être trompé; elle devait être gentille.

"Je suis Elise Bernskastel." répondit-elle d'une voix légère. "Je suis moi-même enchantée de vous rencontrez, Mr.Callandra !"

A ces mots, Leandre lui rendit de manière plus ou moins maladroite son sourire, sans la regarder dans les yeux pour autant. Après tout, il lui devait le respect, et ne bafouerait sûrement pas de son plein gré les règles que tous connaissaient... Comme par exemple que les Nobles étaient d'importantes personnes à qui l'on ne devait pas parler, ou tout du moins l'éviter autant que possible. En l'occurrence, il pouvait lui adresser la parole, à n'en point douter, mais pas se permettre de lui poser toute sorte de questions qui auraient pu l'indisposer. Et puis, de toute façon, il n'était pas dans son caractère de dire ce qui lui passait par la tête; en ces temps troublés, il n'en était que plus simple encore de toucher un sujet sensible, qui avait le don de rendre les relations bien plus tendues qu'elles auraient pu l'être si l'on s'était abstenu de prononcer quelque stupide phrase. Maintenant, il avait complètement repris son souffle, ce qui était une bonne chose; ainsi, il ne serait pas dérangé pour discuter, ni obligé de s'arrêter trop souvent dans ses paroles. Une fois de plus, il se demanda si le soleil allait daigner se montrer d'ici longtemps ou non; passer plusieurs heures ici ne le tentait pas plus que cela... Pas qu'il ne soit pas en bonne compagnie, là n'était pas le problème, simplement, il ne voulait pas rentrer trop tard, sans compter les fréquentes bourrasques qui finissaient de le geler. Elise, puisque c'était ainsi qu'elle se nommait, devait elle aussi avoir encore nombre de choses à faire, plus intéressantes qu'attendre ici avec lui, pour sûr. Il espéra qu'elle ne tomberait pas malade, au moins. Certes, les gens de classe sociale avaient -ou en tout cas, il imaginait que ce devait être ainsi, et ne concevait pas qu'il puisse en être autrement- les meilleurs médecins possible, mais malgré cela, il ne savait que trop bien qu'avoir ne serait-ce qu'attraper froid n'était absolument pas une chose à souhaiter. Surtout pour quelqu'un comme elle, qui avait l'air d'aimer discuter avec les autres, et n'hésitait pas à parler gentiment à des gens très en deçà d'elle, avec un grand sourire réconfortant. Savoir que tous n'étaient pas d'arrogantes personnes faisait chaud au cœur, même avec ce froid. Bien entendu, il ne songeait pas à devenir son ami, cette pensée n'aurait pas traversé son esprit... A vrai dire, il n'était pas même certain qu'elle se souvienne de lui sur le long terme, mais elle ne le détestait pas non plus.
Le jeune villageois se demanda ce qu'elle pouvait bien faire dehors par ce temps: d'ordinaire, ou plus exactement, du peu qu'il en avait vu, ils avaient largement les moyens de se déplacer en calèche. Peut-être la distance qu'elle avait à parcourir étant très réduite, elle ne s'en était pas donné la peine, mais toutefois le fait qu'elle ai pris refuge en ce lieu au lieu de tenter d'atteindre le château d'une traite lorsqu'il avait à peine commencé à pleuvoir démentis sait, à ses yeux, quelque peu cette thèse. Ou peut-être avait-elle juste voulu marcher un peu? Ce devait être quelque chose dans ce gout la, à coup sûr. Il n'oserait à priori pas lui demander... D'un autre côté, il n'aurait pas non plus apprécié que le silence s'installe entre eux deux, auquel cas il aurait été mille fois plus compliqué de reprendre la conversation là où ils l'avaient laissée. C'était une chose qu'il avait remarquée depuis un certain temps déjà: lorsque le silence prenait sa place, les mots avaient toutes les peines du monde à le chasser... Aussi fut-il un brin soulagé quand la demoiselle Bernskastel reprit la parole, lui évitant d'avoir à le faire alors qu'il ne trouvait vraiment pas quoi dire de susceptible de l'intéresser, mais surtout de ne pas l'offenser, la froisser pour quelque raison qu'il ne connaitrait même pas...

"Ne vous en faite pas, Mr.Callandra. Vous ne me dérangez pas du tout, ce n’est pas un problème ! Au contraire, ne dit-on pas que plus l’on est de fou, plus on rit ? Je pense que cela aurait été un moment très désagréable, seule."

Une fois de plus, ses paroles furent prononcées avec un grand sourire, que Leandre lui pensait habituel. Même s'il pleuvait, elle restait d'excellente humeur, apparamment. Il croisa les bras, dans une vaine tentative de se réchauffer, et haucha vaguement la tête. Oui, c'était vrai, dans le fond; seul, on s'ennuyait, et attendre ainsi, comme elle l'avait précisé, n'aurait pas étét très intéressant. Néanmoins, il ne pensait pas l'être tant non plus, honnêtement. Mais ces mots avaient au moins le mérite de le rassurer, de lui faire comprendre qu'il ne la dérangeait pas... La pluie quant à elle continuait de tomber, inlassablement. Il n'aurait pas dû se fier au beau temps apprent en sortant... Mais il était trop tard, ce qui était fait était fait, il n'allait pas changer ce fait juste en y pensant, de toute façon. Comme elle ne semblait pas prête à s'arrêter de suite, il relva de nouveau les yeux vers son interlocutrice. Il avait décidément eu énormément de chance: il aurait pu tomber sur bien pire. Elle, semblait gentille, et c'était de loin l'une des meilleures qualités qu'une personne pouvait avoir.

"Ah... Vous avez sûrement raison. Je... Je veux dire, le temps paraît moins long quand on parle... Pas vrai? La pluie n'a pas l'air de vouloir s'arrêter." il marqua une courte pause, baissant les yeux, puis repris. "J'espère qu'il n'y aura pas d'orage..."

Il soupira légèrement, priant pour qu'il n'y ai pas de tempête, ou rien, en tout cas, de pire que ce qu'il y avait déjà.

"Excusez-moi, je... Vous rentriez au château? "
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MessageSujet: Re: Plic-ploc...[Parce que le titre, c'est pas important... Libre xD]   Dim 31 Jan - 1:36

[HS: Et elle a pas fini de le faire marcher et souffrir, le pauvre... XD
Il est très bien ton poste! Moi je suis fière d'avoir achevé le miens en fait... Y___Y]


  • Élise était d'une humeur massacrante. Et ce, malgré le grand sourire qu'elle pouvait afficher.

    Elle était atrocement fausse, n'est ce pas? Elle était juste une atroce menteuse après tout. Et cela durerait probablement encore très longtemps. Elle était bien ainsi. Se faire aimer pour mieux se faire haïr était une chose devenue très naturelle pour elle. C'était un passe-temps qui fonctionnait bien. Elle ne s'en lassait jamais. Et personne n'arriverait à la percer à jour, jamais. Pas avant qu'elle ne se révèle. Et même, parfois, même lorsque tout est fini, personne ne sait ce qu'il s'est passé. Ne subsistent toujours que des doutes. C'était amusant, tout simplement. Mais c'était un malheureux cercle vicieux. Si elle ne faisait pas attention, elle se ferait certainement avoir au lieu du contraire. Même si, aujourd'hui, il ne semblait pas avoir beaucoup de risque que le garçon aux cheveux verts comprennent ce qu'elle faisait, elle devait toujours rester méfiante et sur ses gardes. C'était ainsi. Elle ne pouvait pas être tranquille en échange d'un peu de bon temps. Ce n'était pas tant demander que cela.
    Elle se moquait bien de ce qu'il pouvait réellement arriver après sa rencontre. Si ils mourraient, si ils continuaient d'aller bien, si ils devenaient méfiant pour rien, si ils se détruisaient eux même, si ils allaient mieux... Tout cela, elle n'en avait que trop faire. Elle était occupé, après tout! Élise était une noble, elle avait aussi beaucoup de choses à faire, comme assister à ses cours, faire fuir ses fiancés potentiels, apprendre des choses, se faire des relations, et s'occuper d'autres personnes trop naïve. C'était un très lourd programme, surtout en comptant ses heures d'éducations. Et le reste lui servait à s'amuser, décompressé un peu, la plupart du temps. Ou s'était une nécessité. Le fait de faire fuir tout les fiancés que sa mère lui proposait avec tant de joie était l'une de ces nécessités, par exemple. Elle ne voulait pas se fiancé en réalité. C'était la chose qui l'ennuyait le plus de son statut de noble. Être noble avait beaucoup d'avantages... Et aussi des inconvénients. Et Élise ne voyait toujours que des inconvénients, toujours. Quoi que ce soit, elle voyait d'abord les inconvénients avant les avantages. Voilà pourquoi elle abandonnait ou se décourageait très souvent. Si elle ne voyait pas un avantage qui ressortait très bien, elle ne ferait pas cette chose. C'était simple, clair et compréhensible? Tout ce qui n'allait pas dans son sens, elle évitait de le faire. Si elle avait été une femme d'affaire, elle aurait été plus redoutable qu'un véritable requin.

    D'abord se mettre ma personne dans la poche en faisant un petit numéro, ensuite chercher précieusement à obtenir ce que l'on veut, puis, se débarrasser de ce qui reste. C'était un moyen d'éviter les ennuis en arrivant à ses fins. Et sincèrement, Élise avait toujours eu tout ce qu'elle avait voulu avoir, sans aucune exception. N'était-elle pas incroyable? Et jamais, jamais elle n'avait été suspecté de quoi que ce soit dès qu'il arrivait quelque chose à ses côtés. N'était-elle pas maline? Elle se sentait tellement haute par rapport aux autres.
    Sauf avec son frère. Là, c'était le contraire. Il était si grand et impressionnant par rapport à elle... Il était plus fort qu'elle encore et encore. Il était la seule personne en qui elle croyait! Et c'était quelque chose de formidable, en la connaissant bien. Avoir la confiance d'Élise était comme d'avoir un sourire de la stratège de l'Ouest. Très rare, voir inexistant. Élise ne la connaissait pas, mais en entendant parler d'elle, elle avait compris cela. Quoi qu'il en soit, Élise ne faisait confiance à personne, pas même à ses parents. Alors son frère était réellement la personne la plus importante pour Élise. Et donc, son point faible. Mais elle détestait que l'on mentionne cela. Son frère était, de toutes manières, bien trop résistant pour que l'on puisse lui faire quoi que ce soit. Elle croyait en lui, après tout. Il ne pouvait pas se faire avoir, il était imbattable, invincible, elle en était certaine. Lui et elle étaient en sécurité.

    Alors tout allait bien pour elle. Elle pouvait juste continuer d'être heureuse sur le dos des autres. N'était-ce pas bien ainsi? En tout cas, elle adorait sa vie, actuellement. Elle ne se laisserait jamais dominer et faire quelque chose qu'elle n'aime pas. Elle était ainsi, avec un esprit de contradiction bien trop présent pour une noble. N'était-ce pas grandiose?
    Et malgré toutes ces pensés optimistes, Élise était d'une humeur réellement très mauvaise.

    Et la pluie qui continuait de tomber comme si quelque chose de grave était arrivé quelque part. Oh qu'elle détestait cela... Et elle pensait ne jamais se lasser de se le dire. La pluie était quelque chose de détestable pour elle. Elle n'avait définitivement aucun intérêt à tirer de la pluie, n'est ce pas? Ou elle ne le savait pas, et donc, cela revenait au même. La pluie venait, en revanche, juste de lui amener une proie de choix. Pauvre garçon, si il savait où il était tombé... Ou plutôt, sur qui il était tombé. Leandre Callandra, si elle arrivait à s'en souvenir correctement. Rien de plus normal, comme nom. Il n'était pas très grand pour un garçon, paraissait fragile, et était un humain. Déchu ou pas, il restait un humain avant tout. Et elle n'était pas prête d'en faire abstraction. Déjà qu'avec même un Neko ou un esprit, elle aurait fait de même, mais alors avec un petit humain, c'était encore mieux. Ils étaient tellement plus fragiles que eux, ceux de l'Ouest. Élise avait toujours pensé que sont pays était le meilleur. Normal, ils avaient les Nekos, qui sont connus pour être cruels et forts, et les esprits, qui faisaient de la magie. Et de l'autre coté? Des humains ne possédants que peu de choses pour eux et des elfes. Qu'étaient les elfes fassent aux Nekos et aux esprits? Pas grand chose, oui. Même fasse à seulement des esprits, ils étaient incroyablement faibles. Et inutiles. Élise ne les aimaient pas, ainsi que les humains. Elle n'aimait pas l'Est et tout ce qui en venait. C'était simple, clair et précis, comme ce qu'elle pensait toujours.

    Et pas forcément ce qu'elle disait.

    Le garçon aux cheveux verts n'osait pas la regarder dans les yeux. Il connaissait bien la différence qu'il y avait entre lui, un simple paysan, et elle, une grande noble, bien au dessus de lui. Tant qu'il l'avait compris, elle n'était pas contre lui. Pas spécialement, du moins. Mais elle n'avait pas besoin d'une raison pour être aussi horrible avec lui. Et elle en avait parfaitement conscience.

    "Ah... Vous avez sûrement raison. Je... Je veux dire, le temps paraît moins long quand on parle... Pas vrai? La pluie n'a pas l'air de vouloir s'arrêter."

    Tandis que le garçon marquait une pause, Élise réfléchissait au fait que le garçon n'avait pas faux. Le temps paraissait beaucoup moins long dès qu'elle pratiquait son activité favorite. Non pas parler, mais mentir et jouer. C'était tellement mieux. Et il avait aussi, malheureusement, raison pour la pluie. Elle ne voulait pas s'arrêter, hein...

    "J'espère qu'il n'y aura pas d'orage..."

    Là encore, Élise ne pouvait qu'approuver... A l'origine, elle adorait l'orage. Mais seulement quand elle était à l'intérieure. Et encore mieux si il y avait de l'orage sans pluie. Elle adorait le bruit craquant de l'orage. C'était magnifique de voir le ciel se déchirer en deux... Tout comme elle aimait que les gens se déchirent entre eux. Elle n'était cruelle, pas du tout. En réalité, on ne pouvait pas dire que cela lui procurait un plaisir immense. C'était un passe-temps, devenu une habitude. Elle ne faisait que suivre son frère, après tout... Non?
    Le jeune homme soupira et reprit de nouveau.


    "Excusez-moi, je... Vous rentriez au château? "


    Élise retourna ses beaux yeux de nouveau vers le garçon. Si elle était en train de rentrer au château? C'était évident, non? Ou elle aurait couru chez la personne chez qui elle allait. Enfin, si il voulait poser des questions stupides, il faisait ce qu'il voulait. Cela faisait de la conversation, c'était ce qui était important. Il fallait bien toujours quelque chose à dire. Ou la conversation tomberait à l'eau, dans les flaques que formaient la pluie. Et ce serait dommage, n'est-ce pas?
    La jeune noble continuait de sourire inlassablement, comme si elle pouvait sourire éternellement, comme si elle était dans une humeur excellente. Ce qui était, bien entendu, plus faux que faux!


    « J'ai toujours préféré discuter que d'écouter la pluie qui tombe. Et je ne dois pas être la seule dans ce cas là, je me trompe? » Élise détourna légèrement ses yeux et les fit revenir patiemment sur Leandre. « Et j'espère aussi de tout cœur qu'il n'y aille pas d'orage... Oh, pas que je n'aime pas votre compagnie, mais je doute que passer la nuit dehors soit une excellente option... Pas vous? »

    S'intéresser aux autres était l'un des points principaux de la mise en poche. De ce fait, elle demandait et disait des choses qu'elle ne pensait pas réellement. Enfin, elle pensait tout de même qu'elle préférait « discuter », elle qui détestait la pluie plus que tout aujourd'hui... Il avait de la chance que ce ne soit pas lui qui ne lui plaise pas. Ou elle n'aurait pas hésiter à lui faire comprendre et il serait reparti sous la pluie. Pauvre chou... Mais tant qu'il ne faisait rien de travers, rien ne lui arriverait. Heureusement pour lui, d'ailleurs. Et pour elle aussi. Ce n'était pas spécialement amusant de renvoyer quelqu'un ou de le blesser. Juste une habitude, comme elle ne pouvait qu'irrémédiablement se dire. Et elle n'aimait pas dire cela. Alors elle disait forcément qu'elle aimait beaucoup cela, en particulier à son frère.
    Quoi qu'il en soit, elle décida de reprendre la parole, pour répondre à la question, qu'elle avait trouver stupide, de Leandre. Et finalement, elle s'avérait plutôt bonne pour... Non, pas attendrir, mais...


    « Oh, oui, effectivement. Mais la pluie ma surprise, comme vous pouvez le voir actuellement. Je reviens juste de chez ma cousine en réalité. Et maintenant, me voilà ici, et j'en suis geler jusqu'aux os! Je suppose que je dois m'estimer heureuse que nous soyons en été, n'est-ce pas? »

    Élise souriait encore. Cette fois, c'était un grand sourire adorable qu'elle affichait, en fermant même les yeux tiens. Comme si elle était réellement joyeuse et de bonne humeur. Elle adorait sa fausseté tout de même. Elle était douée, non? Elle reprit de nouveau la parole, rouvrant ses yeux et étalant un sourire plus léger un air curieux sur son visage.

    « Mais vous? Vous rentriez chez vous et vous avez été surpris pas la pluie? »Elle lui refit un grand sourire en fermant un peu les yeux et continua, en prenant un air inquiet par la suite. « Oh, si c'est trop indiscret, vous n'avez pas à répondre. Vous savez, n'ayez pas peur, j'ai bien manger ce midi! »


    Elle eu un petit rire qui sonnait bien trop bien. A ses oreilles, en tout cas. Mais tant que pour lui, il la voyait comme une adorable jeune noble, tout allait bien. Il ne semblait pas avoir une once de soupçon, pour l'instant...

    Et elle espérait pour longtemps, si c'était bien vrai...
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Petite chose verte

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MessageSujet: Re: Plic-ploc...[Parce que le titre, c'est pas important... Libre xD]   Dim 14 Fév - 5:18

Parfois, souvent même, Leandre se disait qu'il aurait été agréable d'être plus fort, autant physiquement que mentalement. Il aurait aimé être invincible, il aurait aimé savoir être implacable, ne jamais commettre la moindre erreur, n'avoir aucun problème, une vie tout ce qu'il y aurait eu de plus parfaite et merveilleuse et, pourtant, il s'en trouvait bien incapable chaque fois qu'il essayait. Il n'était tout simplement pas fait pour ça, force était de le croire. Courir, il n'y pensait même plus depuis longtemps, plus de longues distances du moins. Il en allait de même quant au fait de sortir par mauvais temps, sans parler de s'amuser sous la neige. Toutes ces choses étaient tout bonnement hors de sa portée, tout ce qu'il pouvait faire se résumant à regarder les autres le faire. Ce n'était pas une si mauvaise chose, et il n'aurait osé s'en plaindre; ce n'était pas de sa faute, pas plus que celle de ses parents. Il n'y avait personne à blâmer. De même pour la discrimination à l'égard des Humains de ce côté de la frontière: il n'y avait rien à reprocher à qui que ce fut, non, rien. Un malheureux concours de circonstances avait fait que, pour lui, la normalité ne serait pas de mise. Qu'importait à quel point il essaierait de s'intégrer au moule, ses efforts resteraient immuablement vains. Il lui était arrivé de se demander, assez ironiquement toutefois, quelle était l'espérance de vie d'un Humain, malade de surcroit, du mauvais côté du pays qu'était Illea, n'ayant pas grand courage -de son point de de tout du moins, dans la mesure où il était plus ou moins facile de le faire céder, qu'il ne répondait pas aux insultes se contentant de baisser la tête- et ne possédant que peu de force physique. Peu de temps, sans l'ombre d'un doute. Personne n'avait jamais dû expérimenter cela avant lui, il ne devait pas conséquent pas y avoir de réponse réellement satisfaisante. Mais vraiment, cela ne devait pas être un nombre particulièrement grand... De par son caractère, il ne recherchait pas l'affrontement et avait donc peu de chances, de risques, que disait-il, de se faire tuer pour des motifs racistes. Mais malgré cela, cela ne remontait que de peu. Bien sûr, restait l'espoir que bientôt la guerre prenne fin, bien que même avec cela, si tant était que cela arrive, ce dont il doutait fortement, ou tout du moins pas dans les années qui suivraient de son avis, il ne pensait pas sérieusement dépasser un beau jour la vingtaine. A vrai dire, il s'estimerait même heureux, chanceux à l'extrême de dépasser l'âge du Christ, tandis que la jeune noble qui lui faisait face vivrait encore des centaines d'années de plus que lui, selon toute vraisemblance. De un, parce que c'était dans l'ordre des choses que les Humains quittent la terre avant leurs congénères Esprit et, de deux, elle semblait en parfaite santé. Mouillée, certes, prochainement malade peut-être -bien qu'il ne lui souhaite que le contraire, il n'était pas méchant- mais en rien en danger, de quelque manière que ce soit. Il pouvait le dire sans la connaître, en être quasiment sûr. Pas à cent pour cent, cela allait sans le dire, mais presque. Elle n'en donnait pas l'impression; sa propre respiration était redevenue régulière depuis une poignées de minutes, voir même moins. Elise n'avait elle aucun problème de ce style, elle. Et pas même cette pluie battante près d'eux, de laquelle ils n'étaient protégés que depuis quelques temps seulement, n'était parvenue à entacher son magnifique sourire. D'un point de vue objectif, elle aurait été jolie sans arborer cette expression rayonnante aussi, il n'en disconvenait pas mais il fallait reconnaître qu'un sourire la rendait plus belle encore. Ses vêtements, bien que trempés, restaient de particulièrement bonne facture, meilleure que tout ce qu'il ne pourrait jamais avoir, et ses cheveux eux-même ruisselants d'eau, il les devinait brillants. Beaucoup de nobles, à l'instar de la demoiselle Bernskastel, revêtaient de beaux habits mais tous n'étaient pas beau pour autant. Ils faisaient forte impression, c'était un fait. Mais même tout le maquillage du monde, s'il pouvait arranger les choses, 'cacher la misère' comme on le disait de temps à autres, ne pouvait pas rendre belle une fille qui ne l'était pas déjà à la base. Le jeune garçon rougit vaguement suite à ces pensées, et baissa la tête, détournant le regard qu'il avait de nouveau posé sur elle pour le reposer sur le sol -qui devait, vraiment, être intéressant à en mourir, sans vilain jeu de mot- comme se rendant brutalement compte de quelque chose. La fixer comme ça n'était pas une bonne chose, ce n'était franchement pas poli, non, pas du tout... Mais plus encore, ce qui l'avait embarrassé avait été ce qu'il avait pensé. Ce n'était pas qu'il ne croisa jamais de filles qu'il jugea jolie, non, mais simplement qu'il savait qu'en principe il n'aurait pas même dû y songer, pas quand la demoiselle en question était une noble. Une noble, ce n'était pas rien. Le fossé social qui séparait ces gens au sang bleu d'eux autres villageois n'avait de fossé que le nom; il s'apparentait en réalité plus à un gouffre sans fin. Néanmoins, tant qu'elle ne savait pas, elle ne lui reprocherait rien.

D'autant qu'un compliment ne faisait jamais de mal, pas vrai? Mais un compliment venant d'une personne qui n'aurait théoriquement pas eut à vous parler, était-ce une bonne chose tout de même? Il n'en savait rien; qui aurait pu, à sa place? Toutefois, il ne songea pas qu'il aurait pu faire comme si de rien n'était, auquel cas elle n'aurait proprement rien vu. Il n'avait jamais su mentir. Ne le saurait jamais et n'essayerait même pas. S'il construisait sa vie sur le mensonge, il mourrait avec eux, n'ayant pas le temps de tout reprendre à zéro, de s'en créer une autre. Il prenait le temps de beaucoup de choses, mais pas de mentir. Non, cela n'aurait eut aucun intérêt. Et il pensait bien qu'il en était de même pour la jeune Esprit. Elle n'avait pas l'air d'une menteuse, mais d'un autre côté, quel piètre menteur aurait été celui qui se serait si facilement laissé démasqué? Enfin, il ne voulait pas y penser. Elle était honnête, point à ligne. Oui, point à la ligne... S'aveugler, enjoliver les faits, les dire plus roses que rouges, plus blancs que noir, ne rimait à rien. Mais dans l'ensemble, il était bien plus agréable d'agir ainsi; cela ne nuirait à personne et, en outre, il ne pensait pas se tromper au sujet de la jeune fille aux longs cheveux lilas. Elle lui semblant franche et honnête. Aurait-on pu, en toute âme et conscience, feindre un tel sourire? Il ne le pensait pas. Lui en tout cas n'aurait pas pu. N'aurais juré de rien pour les autres cependant, mais assumait qu'elle ne mente pas. Mieux valait ça que le contraire, pas vrai? Mieux valait surestimer les gens que les sous-estimer. Mieux valait être déçu soit-même que décevoir les autres, en quelques sorte. Le ciel continuait de déverser toute sa rage contenue de ces derniers jours partout autour d'eux et il pouvait la regarder tomber, bien à l'abri, comme depuis la fenêtre de sa chambre, à la différence près qu'ici, il était trempé et avait froid, et n'était pas seul. Regarder ces gouttes d'eau si semblables à des larmes emperler les toits des maisons et s'écraser avec un léger bruit mat sur le sol n'avait rien de désagréable, en soit. Les conséquences le seraient sans l'ombre d'un doute, l'étaient d'ores et déjà même. Inconsciemment, sa précédente réflexion lui revint en tête l'espace d'une poignée de secondes: si en plus il sortait par un aussi mauvais temps, cela n'allait pas l'aider... Et il ne voulait pas qu'on s'inquiète pour lui. Et cette pluie qui ne cessait de tomber, sans leur laisser le moindre répit, comme annonçant la fin du monde... S'arrêterait-elle sous peu? Rien n'était moins sûr.

Elise éleva à nouveau la voix, sortant le jeune garçon aux cheveux verts de sa rêverie; il était fatigué et son esprit avait tendance à dériver plus loin qu'il ne le devrait...

« J'ai toujours préféré discuter que d'écouter la pluie qui tombe. Et je ne dois pas être la seule dans ce cas là, je me trompe? »

Question à laquelle il n'avait nullement besoin de répondre, il le savait. Cela relevait plus de la simple politesse que d'une réelle question, c'était l'évidence même. Aussi se contenta-t-il d'haucher vaguement la tête en guise d'acquiescement. Il était tout à fait d'accord avec elle: le bruissement continu de la pluie était bien moins intéressant qu'une conversation. Toutefois, le seul avantage qu'il y voyait était qu'au moins, il ne risquait pas de commettre d'impair en l'écoutant tomber. Enfin, il préférait tout de même l'écouter parler: elle devait savoir immensément de choses, comparé à lui. Tous ces cours, l'étendue de son savoir devait être impressionnante, non? Suite à quoi elle ajouta qu'elle aussi espérait de tout cœur qu'il n'y ai pas d'orage. Les éclairs, en plus d'être dangereux, étaient effrayants aux yeux de Leandre... Peut-être à ceux d'Elise aussi? Elle ne souhaitait pas passer la nuit dehors; lui non plus, songea-t-il. Il y répondit par un laconique et banal à en pleurer 'bien sûr'. Il se sentait toujours gêné, quoi que quelque peu plus détendu que quelques secondes auparavant. C'était déjà ça de pris, non? Il ne pensait pas à devenir amis. Qu'elle s'enquière de son avis était d'ores et déjà relativement surprenant, en soit, alors il n'en demanderait pas plus. Il n'en demandait même pas tant.

«Oh, oui, effectivement. Mais la pluie ma surprise, comme vous pouvez le voir actuellement. Je reviens juste de chez ma cousine en réalité. Et maintenant, me voilà ici, et j'en suis geler jusqu'aux os! Je suppose que je dois m'estimer heureuse que nous soyons en été, n'est-ce pas?»

Elle revenait donc de chez sa cousine? Elle avait de la chance, devait avoir une grande famille. La sienne, celle qu'il voyait du moins, se résumait à son beau-père, sa mère, son frère adoptif et ses deux frères. Il voulait bien concéder à qui l'aurait demandé qu'il avait là bien du monde mais ne voyait cependant pas de cousins, quels qu'ils soient. Il ne savait pas même s'il en avait... Sans doute que non et, quand bien même ce fut le cas, ils devaient habiter loin d'ici, à l'Est. Enfin, il n'allait pas se laisser démonter à cause de ça. Cela signifiait si peu de choses quand il avait tous les membres de sa famille proche près de lui, ainsi que des amis. L'Est ne lui faisait pas envie. Pas plus que d'hypothétiques autres cousins... Il n'envisagea pas même la simple possibilité qu'Elise puisse ne pas s'entendre avec cette dite cousine. Lui-même adorait sa famille, il n'aurait pas compris que l'on puisse ne pas aimer ces êtres avec lesquels on avait grandi, que l'on partage un quelconque lien de sang ou non. On se devait de les aimer, c'était naturel et normal, pour lui. Précieux plus que tout au monde, quelque chose auquel jamais, jamais on ne devrait renoncer.
Enfin, le fait était qu'il s'avérait donc que sa première hypothèse était la bonne. Elle rentrait et avait été surprise par la pluie qui s'était si soudainement mise à tomber... L'été était encore présent, certes. Mais le chaud et doux soleil qui l'accompagnait toujours d'ordinaire semblait les avoir définitivement abandonnés en cet après midi. Ils allaient devoir faire avec, pensa-t-il pour lui-même.


''Oh... Eh bien, c'est vrai qu'il faut voir le bon côté des choses, alors je suppose que vous avez raison. Ç'aurait été pire en hiver, mais tout de même... Il ne faut plus qu'espérer que le soleil brille à nouveau bientôt, alors?''

Sa phrase n'était pas vraiment une question, il ne fallait pas s'y laisser prendre. Mais le ton de sa voix était légèrement remonté sur la fin, lui donnant ainsi l'air d'une interrogation. Ce n'était que le fruit de son incertitude et de sa peur de mal faire en présence d'une personne si importante... Ce ne résultait ni de plus, ni de moins et il ne s'en rendit pas même compte à proprement parler.
La demoiselle Bernskastel lui demanda s'il avait, lui aussi, été surpris par la pluie puis continua aussitôt, ajoutant avec plus ou moins d'empressement et toujours avec ce grand sourire rassurant qu'il n'était pas obligé de répondre puis, avec un humour certain, qu'elle avait bien mangé à midi. Leandre sourit timidement à l'entente de cette phrase et eut un très léger semblant de rire qui mourut en une quinte de toux. Il avait trop froid et était trop tendu pour qu'il sonne vraiment comme il l'aurait voulu, de toute façon. Il leva son regard d'émeraude vers celui d'améthyste de son interlocutrice, cherchant à cacher, bon gré mal gré, son trouble allant toutefois s'amoindrissant.


''Je... Oui, en fait, il faisait si beau, je n'ai pas pensé à emmener avec moi un parapluie ou un manteau plus chaud et... Voilà le résultat. On ne peut pas dire que le ciel soit très clément aujourd'hui... Je... Je vous aurait bien prêté ma veste mais j'imagine que cela ne changerait pas grand chose, elle ne ferait que vous tremper encore plus... Je suis désolé, vraiment. Vous qui aviez une si jolie robe...''

Derechef, il n'était parvenu qu'à balbutier une suite de mots... Son discours était bien lin d'être aussi fluide que celui d'Elise, ou aussi bien dit. Sans même parler des termes utilisés, bien qu'il fasse de son mieux pour être aussi poli que possible.
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MessageSujet: Re: Plic-ploc...[Parce que le titre, c'est pas important... Libre xD]   Dim 28 Mar - 5:20

  • Elise était une jeune fille noble aussi hypocrite qu’elle avait une vie confortable, en somme.

    L’habit ne fait pas le moine, n’est-ce pas ? Ce dicton, elle le connaissait tellement bien qu’il aurait pu être sa phrase type. Elle l’illustrait réellement à merveille, il pouvait être fier d’avoir une si loyale servante pour lui seul. Sous ses airs angéliques se cachait un petit démon qui n’avait aucun besoin réel à assouvir, juste des envies étranges. Aucun besoin vital donc, d’embêter les autres, de les rabaisser plus bas que terre, de leur mentir sans gêne. De l’égoïsme pur et simple, il n’y avait que cela. Elle le savait, Elise le savait qu’elle était comme cela, et elle n’avait aucune honte à l’être. Personne ne le savait à par elle, n’est-ce pas ? Alors pourquoi devrait-elle arrêter, tant qu’elle allait bien elle ? Tant qu’à être égoïste, autant l’être jusqu’au bout, sans faire semblant. Et cela, elle le faisait très bien aussi. Le mensonge n’était pas mal, tant qu’il pouvait lui servir, tant qu’il n’était pas contre elle. La fausse modestie était géniale, pour ce qu’elle devait faire. Le sourire était essentiel, pour s’accorder les faveurs des autres. La douceur et la gentillesse, bien que fausse, ainsi que la compassion, étaient ses armes. Son visage doux, ses allures raffinées et gentille, sa petite voix adorable… Tout s’accordait à aller avec son plan et sa manière d’être. N’était-ce pas parfait ? Si, trop parfait même… Parfois, elle se regardait dans le miroir et se souriait, se disant qu’elle était parfaite pour ce rôle, s’adorant pour être ainsi. Mais parfois, en se regardant, elle avait très envie de se gifler, de pleurer, de hurler, de se libérer de son rôle, se détestant d’être ainsi. C’était étrange, et elle se sentait encore plus stupide de se dire des choses aussi contraires, encore plus à elle-même, seule, devant un miroir. Mais jamais elle n’aurait pu dire ce qu’elle ressentait aux autres, ou ils auraient su. Et ils ne pouvaient pas savoir, ils ne devaient pas, tout simplement. Que ferait-elle si son image était brisée, d’un coup, d’un seul ? Elle ne pourrait probablement plus vivre. Au fur et à mesure, sa vie était devenue un tissu de mensonge et de fausseté. Elle avait même du mal à sourire honnêtement, en réalité. Elise ne pouvait plus changer à présent, elle ne pourrait plus faire marche arrière, c’était trop tard. Et elle ne voulait pas, parce que si elle le faisait, elle allait obligatoirement décevoir quelqu’un. Elle allait décevoir son frère, et elle ne pouvait pas se le permettre. Pourtant, il était vrai que parfois, c’était un peu lourd. Combien de fois avait-elle changé de personnalité ? Combien de faux sourires avait-elle bien pu aborder ? Elle ne pouvait pas les compter, tout simplement. Et le pire était certainement qu’elle le savait parfaitement. Se souvenait-elle de sa personnalité d’origine, avant qu’elle ne débute à changer, dégouter par certaines choses de sa vie ? Comment pouvait-elle bien être, avant ? Naïve. C’était le seul mot qui lui venait à l’esprit. Plus jamais elle ne serait naïve, plus jamais. Elle se l’était dit et répéter encore une fois, pour être certaine de s’être parfaitement comprise. Stupide ? Cela pouvait le paraitre. Mais la personne la plus stupide était celle qui n’arrivait toujours pas à se comprendre mais qui ne se le répétait pas, pour ne pas paraître stupide. Ce genre de personnes qui se croyaient plus intelligentes en ne faisait pas certaines choses, Elise ne les aimait pas. N’étaient-ils pas prétentieux et énervants, ces gens là ? Elle ne les aimait pas, au même titre que les humains, ou encore les Elfes, et peut-être même les Nekos, les personnes qui la regardait de haut, ceux qui étaient trop naïfs… Certes, cela faisait vraiment beaucoup de monde. En réalité, pour faire plus court, elle détestait presque tout le monde, mais faisait croire astucieusement qu’elle aimait tout le monde. Logique, elle ne pourrait pas s’intégrer aussi bien sinon. Et elle devait faire souffrir les autres, leur faire ravaler leur grand sourire, souffrir comme elle avait pu souffrir. Ne leur rendait-elle pas service, en leur faisant comprendre que leur naïveté les ferait souffrir ? Si elle avait pu être prévenue, elle en aurait été heureuse, elle n’aurait pas eu à recommencer à souffrir deux fois. Elle ne pouvait pas supporter sa propre défaite. Edward l’avait mise en garde, il l’avait toujours protégée… Mais par deux fois elle ne l’avait pas écouté, et par deux fois elle avait souffert. C’était tellement récent encore, qu’elle pouvait toujours ressentir cette douleur. Elle n’était pas tombée sur les bonnes personnes ? Elle s’était posé la question. Mais au final, il n’y avait que son frère de bien. Elle pensait que le monde entier était mauvais, que personne ne pouvait être aussi gentil avec elle. Tout le monde se trahissait, le monde était laid. Elise ne pensait pas trahir les autres, les autres la croyait, elle n’avait jamais dit qu’elle était leur ami, jamais. Elle n’avait jamais juré être honnête aussi. Elle ne leur promettait jamais rien. Les autres étaient juste naïfs, elle les aidait à s’en sortir, à ouvrir les yeux sur la société. Oh que oui, elle leur rendait service…

    C’était peut-être la curieuse vérité d’une personne qui ne voulait pas s’en vouloir, mais pour elle, cela ne l’était pas. Quoi qu’elle fasse, elle ne s’en voulait pas. Est-ce que les autres s’en étaient voulu de la blesser ? S’en étaient-ils voulu de l’avoir fait pleurer, jurer, déboussoler ? Non. Non ils ne s’en étaient pas voulu, peut-être l’avaient-ils oublié ? Elle en doutait aussi. Elle n’espérait pas. Elle espérait avoir pu les faire souffrir autant qu’elle avait souffert. Ce n’était que vengeance, de la laide vengeance, mais c’était cela. La société était ainsi, personne ne se faisait de cadeau, jamais. Tout ces sourires heureux, elle avait envie de les déchirer, de les briser, de leur prendre. De la haine, c’était ce qu’elle ressentait envers ces grands sourires bêtes. Elle les détestait, oh dieu qu’elle les haïssait… Cela lui donnait envie de gifler ces personnes, de leur faire mordre la poussière. Elle en mourrait d’envie. De quel droit pouvaient-ils sourire ainsi alors qu’elle-… Alors que tant de personnes ne le pouvaient plus, briser par des personnes comme eux ? Il n’avait pas le droit, elle voulait leur arracher ce droit, réparer cette injustice. Tout le monde devrait avoir ce sourire blesser et effacer, ce sourire qui sonne presque faux parfois. Elle le voulait, elle le souhaitait. Elle rendait service à beaucoup de gens, et tentait ainsi de ramener une certaine égalité qui avait été brisée. De un, par l’arrivée des autres races, et de deux, par la société elle-même, qui s’était décomposée peu à peu… Oui, elle devait remédier à cela, et là, le monde serait mieux. Pas parfait, mais mieux. Au final, elle n’était pas égoïste, pas du tout ! C’était grâce à ce qu’elle faisait que le monde pourrait peut-être aller mieux ! Et son frère, son frère devra être fière d’elle, n’est-ce pas ? Elle pourrait aussi avoir plein de gens autour d’elle, des gens qui ne la ferait plus jamais souffrir. Tout le monde n’aurait à souffrir qu’une fois de la trahison, et alors, tout pourrait aller pour le mieux. Peu à peu, ils s’en remettraient, et pourront bien vivre, se méfiant malgré tout et… C’était trop Utopique comme rêve, elle devait se réveiller. Cela n’arriverait jamais, parce qu’il y avait toujours des personnes mauvaises pour mettre les autres sur un mauvais chemin. Ah… Personne ne s’en sortirait jamais, c’était un cercle vicieux : On est blessé, on blesse les autres… Vengeance.

    La jeune Noble revint brusquement de ses pensés, ses douces pensés qui commençaient à se rebeller, pour se reconcentrer sur son interlocuteur. Elle ne pouvait pas rater une seule de ses phrases, cela ne collerait pas avec l’impression qu’elle devait lui donner. Ce pauvre garçon était tellement naïf qu’elle aurait pu en pleurer… Honnêtement, elle avait très envie de le gifler. Oh, mais elle ne le ferait pas, même si cela lui aurait probablement remis les idées en place, pour sûr. Il n’y avait rien de mieux qu’une petite gifle pour tout remettre en place. Qu’elle soit mentale ou physique d’ailleurs, Elise le savait parfaitement. Parfois –et même souvent – la douleur mentale était plus importante et désespérante que celle physique. Etrange, mais le cerveau réagissait ainsi. Oh, pour une top-modèle ou une personne accro à son apparence, la douleur physique et surtout ce qu’il en restait comme marque pouvait faire plus mal, mais… Pour des personnes qui n’ont rien de particulier, les marques de la douleur mentale étaient bien plus importantes. Elise était des deux. Les deux la faisaient souffrir. Atrocement. Alors elle n’en voulait plus, elle devait jeter cela plus loin…


    ''Oh... Eh bien, c'est vrai qu'il faut voir le bon côté des choses, alors je suppose que vous avez raison. Ç'aurait été pire en hiver, mais tout de même... Il ne faut plus qu'espérer que le soleil brille à nouveau bientôt, alors?''

    Tout cela avant qu’elle ne retourne la question qu’il lui avait poser. Elise se contenta de lui adresser un grand sourire tellement innocent et doux que personne n’aurait pu douter de sa sincérité. Elle avait tellement bien appris à jouer avec les expressions de son visage que cela en devenait un amusant jeu d’enfant, autant que de faire plonger les gens, tête la première, dans son piège à souris. Tous, tous était ses petites souris albinos d’expérimentation, autant qu’elle voulait les aider, à sa façon, comme une scientifique le ferait réellement avec des vrais souris… Et cela la fit encore plus sourire. Ce petit garçon faible et adorable était juste dans le creux de sa main, parce que, déjà, il était un simple petit paysan et elle était la grande et magnifique noble, bien au dessus de lui, dans n’importe quel domaine. Il ne pouvait rien faire contre cette supériorité écrasante. Et sans doute ne voulait-il rien faire, puisqu’il ne lui semblait pas du tout agressif envers les nobles, même plutôt intimidé. Il l’énervait. Il était le parfait type du petit ingénu, une sorte d’ange, ce qui lui donnait une folle envie de le faire souffrir, encore plus. Elle aussi, elle avait été ainsi, aussi innocente et douce qu’un pétale de rose… Avant de rencontrer le sol et les épines. La chute fut douloureuse, et on ne peut pas totalement se relever. Avait-il déjà souffert ? Souffrait-il d’autre chose qu’une faiblesse physique –qu’elle avait pu remarquer, notamment lorsque son rire se transforma en quinte de toux- ? C’était un mystère, mais son grand sourire l’ennuyait réellement. Pourquoi ne pouvait-elle plus sourire aussi ouvertement ? C’était injuste, tellement injuste… Ce sourire lui manquait, elle le voulait, elle voulait être aussi insouciante et inconsciente, comme avant, fermer de nouveau les yeux à la fin d’une journée, heureuse, se préparant à faire des beaux rêves, en tenant innocemment la main de sa sœur et de son frère… Une enfance qu’elle n’avait pas réellement pu avoir, parce qu’elle l’avait rejetée… Comble de tout, elle lui manquait à présent ! Ce garçon –comment s’appelait-il déjà ? Li… Le… Léon ? Non, Leandre, voila – lui ramenait plein de souvenirs et de pensés qu’elle aurait préféré oublié… Et cela lui donnait encore plus envie de le détester, de le haïr. A chaque minute qui passait, il lui donnait une nouvelle raison de le détester, sans qu’il ne s’en rende compte…


    ''Je... Oui, en fait, il faisait si beau, je n'ai pas pensé à emmener avec moi un parapluie ou un manteau plus chaud et... Voilà le résultat. On ne peut pas dire que le ciel soit très clément aujourd'hui... Je... Je vous aurait bien prêté ma veste mais j'imagine que cela ne changerait pas grand chose, elle ne ferait que vous tremper encore plus... Je suis désolé, vraiment. Vous qui aviez une si jolie robe...''


    Elle se fichait bien de pourquoi il était arrivé ici, lui aussi. Mais s’intéresser aux autres était très important aussi, alors… Elle respectait son ‘caractère’, tout simplement. Sa robe ? Oh, oui, elle… Il n’y avait rien de très important avec elle. Elle était jolie, mais elle en avait des tonnes de plus belles, non ? Bien qu’elle l’appréciait, oui… Encore une bonne raison d’être de mauvaise humeur et de détester la pluie ! Elle frissonna légèrement d’ailleurs, après une légère brise, qui était venue s’engouffrer – par un artifice inconnu- dans la ruelle. Il faisait chaud, mais Elise avait froid, à cause de ses vêtements trempés. Cette réflexion la fit revenir à son principal buttage sur les paroles de Leandre. Sa veste. Encore heureux qu’il ne la lui avait pas prêté ! Elle n’aurait pas supporté de porter la veste d’un humain, et encore moins, à plus forte raison, de lui. Hors de question, même si elle crevait de froid. C’était sa propre question d’honneur, même si personne ne la voyait, elle ne s’y rabaisserait pas. Et bien oui, au sommet de tout, elle était exceptionnellement fière, comme une vraie noble. Etait-ce réellement étonnant ? Ce n’était que la suite de son caractère absolument délicieux, après tout, comme une sorte de sauce, d’accompagnement… Ce n’était même pas la chose qui dominait en elle.
    Elise retourna toute son attention sur son jeune interlocuteur, un grand sourire peint sur les lèvres, et un petit air inquiet, parfaitement calculé, fait à merveille. N’était-elle pas douée ? Elle mériterait une récompense pour autant de savoir faire ! Peut-être serait-elle douée au théâtre ? Sans aucun doute en réalité. Elle rejeta une de ses longues mèches de cheveux et soupira légèrement, faisant semblant de regarder un instant la pluie pour détourner son visage souriant vers le garçon, d’une façon très convainquante, indécelable. Finalement, elle prit la parole, laissant les mots partir doucement de sa bouche, comme une douce mélodie :


    « Oui, effectivement, je me demande ce qui peut bien arriver au ciel pour être aussi mécontent ! Pauvre de nous ! [Elle eu un petit rire avant de reprendre son expression inquiète] Oh, ne vous en faites pas pour votre veste ! Même si elle avait été sèche et chaude, elle est bien mieux sur vous, vous n’avez pas l’air très en forme… Votre santé est très importante, je suis plutôt résistante, et ce n’est pas comme si je manquais de quelque chose, alors… Ne vous en faites pas pour moi ! »

    Faux, tellement faux… Tant que cela sonnait juste, elle s’en fichait, elle. Elle devait ressembler à une personne tellement gentille, pour lui… Elle devait faire attention à ne pas que ce soit trop, tout de même, histoire qu’il n’aille pas un éclair de génie à cause de cela… Elise finit finalement par dire, avec un air totalement détendu, mais quelque peu pensif :

    « En ce qui concerne la robe… Oui, c’est dommage, elle était réellement jolie, je l’aimais beaucoup… Mais bon, ce n’est pas si grave, cette pluie m’aura permis de vous parler, même si ce n’est qu’une fois ! C’est toujours très enrichissant, de partager… »

    La jeune fille finit par un petit sourire d’ange. Oh, que cela collait bien sur son visage… Elle fit ensuite dériver ses yeux vides sur le paysage, soit, la plus dans la rue. Passionnant, non ? Mais toujours plus supportable que ce sourire qui lui donnait envie de le gifler…

    Et toujours ce bruit, si ennuyant… Plic… Ploc…
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Petite chose verte

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MessageSujet: Re: Plic-ploc...[Parce que le titre, c'est pas important... Libre xD]   Dim 4 Avr - 22:56

Quelle heure était-il? Cette question le hantait depuis quelques secondes déjà, s'était insidieusement infiltrée dans son esprit pour ne finalement plus en sortir. Il ne possédait aucun moyen d'être sûr de quoi que ce fut à ce sujet, et par conséquent n'en avait pas plus de juger depuis combien de temps les lourdes gouttes d'eau, témoins de la fureur du ciel en ce beau jour d'été qui pourtant, peu auparavant, avait été particulièrement douce et rayonnante, tombaient pour venir s'écraser sur le sol en de plus ou moins importantes flaques. Elles coulaient le long des carreaux des maisons, le long des plis de son manteau également, recouvrant à peu près tout d'une morne grisaille. Il ne devrait, espéra-t-il, pas passer des heures ici. Il aurait pu adresser une prière quelconque à un quelconque Dieu d'une quelconque sorte mais ne le fit pas, pour la simple mais non moins bonne raison qu'il doutât, si tant était qu'il existât une divinité résidant dans les cieux, qu'il puisse, avec ce vacarme de fin du monde, l'entendre, et encore moins l'exaucer. En revanche les secondes s'égrainant une à une avec une régularité sans faute n'y manqueraient, elles, pas. Même si, à première vue du moins, songea le jeune garçon, ce seraient plutôt en minutes, au pire des cas, bien qu'il n'éprouvât pas la moindre envie de l'envisager, en heures, que cela devrait se compter. Une, tout au plus, probablement, mais il ne fallait pas sous-estimer le temps. L'averse ne semblait pas décidée à ne fut-ce que faiblir, mur impénétrable, à ses yeux, l'empêchant de regagner le foyer où il aurait dû se trouver depuis un petit moment maintenant. Cela lui avait permis de faire la connaissance d'Elise Bernskastel, c'était vrai mais, quoi que l'on eût pu en dire, il ne pensait pas que cela valût la peine de rester ici, à moitié malade déjà, à fixer le vide ou le sol par peur de la fixer elle, dans toute sa richesse et sa grandeur, sa grâce et son ignorance des difficultés auxquelles eux autres s'étaient au fil du temps accoutumés, ou encore celle de fixer ses yeux à l'étrange mais à la fois commune vacuité qui ici étaient le modèle même de la normalité. A mi chemin entre l'admiration et la peur, il ne savait qu'en penser, ne savait que dire ou que faire. Et pour elle cette rencontre ne devait être rien de plus qu'un simple ersatz de conversation avec une personne à laquelle elle n'aurait en théorie pas même du adresser la parole. Gentille ou non, cela ne changeait rien à la situation. Se rendait-elle seulement compte de la gêne qu'il ressentait? Ce que pouvaient penser les autres de lui, faute de ne pas l'intéresser, n'influait pas sur sa manière d'agir. D'aucun se montraient prévenants et généreux pour plaire et satisfaire les attentes d'autrui, pour se faire 'bien voir' et être apprécié des foules, se distinguer par un caractère si attrayant, ce n'était pas son cas. A peine s'il y pensait, à vrai dire. Il aurait certes été un mensonge de dire qu'il trouvait désagréable que l'on lui dise merci, qu'on le félicite, mais la véritable récompense à la clé de ces efforts parfois inconnus des autres étaient leurs sourires réjouis. Qu'ils soient heureux, ni plus ni moins, lui suffisait pour se dire que tout cela n'avait pas été vain. A quoi bon vivre si ce n'était pour être heureux et profiter au maximum de ce cadeau qui nous était fait, et qui nous serait repris sans que l'on puisse savoir quand ou comment? La mort devait être douloureuse. Plus on aimait sa vie, plus on s'y était attaché, et plus la quitter serait compliqué, il s'agissait là d'une évidence. Mais, du point de vue de Leandre, nous ne vivions pas pour mourir. Nous n'existions pas pour être triste et ainsi rendre la Mort plus douce. Le voile de la nuit ne tombait pas pour cacher des sanglots et des larmes. Nous n'avions qu'une seule vie et un bien mince contrôle dessus, ce que nous en faisions ne regardait que nous. Et même si son nom ne figurait sur aucun livre, même si comme tout un chacun, mais certains plus vite que d'autres, on finirait par l'oublier et que sa tombe finirait par ne plus être fleurie, même si aux yeux du monde il n'accomplissait rien de grandiose, il pouvait se dire qu'il ne vivait pas pour rien. Il souriait et faisait de son mieux pour faire sourire les autres, n'était-ce pas un bel objectif, une belle ligne de conduite à observer? La jeune demoiselle avait l'aire heureuse; sa famille l'attendait-elle dans de riches appartements luxueux à outrance, où elle entrerait pour contempler leurs visages inquiets et les rassurer, s'asseoir sur une chaise magnifique dont elle ne remarquerait plus la beauté tant elle y aurait été habituée? Il n'en doutait pas une seule seconde. Car si ce n'avait pas été le cas, aurait-elle été capable de sourire d'une si jolie manière, innocente et magnanime, s'enquérant autant de ses propres problèmes que de ceux de son interlocuteur? Non, s'était-il dit. Elle aurait été affreusement triste, elle ne lui aurait pas répondu. Rien de ce qu'il aurait pu faire y aurait changé quoi que ce fut. Cela lui rendait la bonne humeur volée par les gouttes d'eau et noyée dans les flaques au sol. Il aimait remonter le moral des gens. Mais ce qu'il affectionnait plus encore, c'était que l'on ai pas besoin de lui pour cela. Sans nul doute était-elle gentille avec tous, redistribuant l'amour qu'on lui donnait, de ses amis ou de ses parents, peut-être d'hypothétiques frères et sœurs. Même la pluie, même la boue, ne pourraient un jour parvenir à la laver de cette douce candeur. S'il n'avait pas été un simple humain, simple villageois, peut-être aurait-il pu prétendre à son amitié.

Mais il ne le pouvait pas dans le cas présent, pas vrai? Peut-être dans une autre vie s'il le souhaitait vraiment. Mais pas dans celle ci, pour sûr: s'ils se recroisaient, il doutait qu'elle se souvienne encore de lui, commun, que l'on pouvait trouver en dix exemplaires dans une seule rue, vu d'un œil extérieur et sans le connaître -car chacun était unique dès que l'on prenait le temps de s'y attarder quelque peu. Il n'osait toujours pas poser son regard vert sur elle et, cherchant un compromis pour ne pas avoir l'air d'être définitivement tombé amoureux du sol, il fixa un point près d'elle, assez près pour penser que son regard était tourné vers la belle jeune fille mais pas au point qu'il le fasse vraiment. Il n'y avait pas d'autres solution envisageable, pensa le jeune Callandra. Il n'en voyait tout du moins aucune autre. Manquait de cran pour la regarder face à face comme s'ils avaient été sur un même pied d'égalité. Manquait de stupidité pour se forcer à croire qu'ils l'étaient. Au final, ce manque de tout ne l'aidait en rien. Il faudrait, un jour, se promit-il, qu'il tente d'avoir un peu plus de volonté que cela. Il devait faire bien pâle figure à côté d'Alexandre. Il faudrait. Le seul ennui étant que, s'il suivait son intuition, ce n'était jamais le bon moment pour commencer. Pas maintenant, en l'occurrence, et sûrement pas le lendemain non plus. Ni même le surlendemain. Là était donc la raison pour laquelle il n'osait pas même lever les yeux vers elle.

« Oui, effectivement, je me demande ce qui peut bien arriver au ciel pour être aussi mécontent ! Pauvre de nous ! »

Suite à ces paroles de la jeune fille aux longs cheveux violacés, Leandre eut un nouveau sourire et un vague haussement d'épaules. Il n'en savait pas plus long qu'elle sur ce point, comme sur beaucoup d'autres à priori, et ne pouvait par conséquent pas éclairer sa lanterne. Les orages en été n'étaient pas légion et généralement de courte durée, mais en revanche d'une certaine intensité. Toutefois, dire ceci n'aurait pas aidé, les exceptions à cette règle étant bien présentes malgré tout. Et Elise devait être au courant de cela, puisque lui l'était. Les cours auxquels elle devait assister devaient être tellement complexes qu'il doutait parvenir à en comprendre la petite moitié. C'était une chance qu'ils avaient, et parfois n'exploitaient pas suffisamment, dont ils se plaignaient pour certains même. Lui ne l'aurait pas fait. Il ne savait pas ce qu'il en était pour l'Esprit qui lui faisait face, mais il aurait été tenté à se laisser à penser qu'elle les suivait avec assiduité. La parfaite petite jeune fille de bonne famille, en somme. Gentille en plus de cela. Ne jugeant pas avoir de réponse satisfaisante à quelque degré que ce soit à cette phrase, et ne pensant pas indispensable d'en fournir une, il observa le silence et attendit qu'elle reprit, certain qu'elle le ferait de toute façon, continuant de fixer ce point, nette amélioration de ce qu'il en savait, comparé à une poignée de seconde plus tôt lorsqu'il fixait le sol.

« Oh, ne vous en faites pas pour votre veste ! Même si elle avait été sèche et chaude, elle est bien mieux sur vous, vous n’avez pas l’air très en forme… dit-elle, l'air un rien soucieux. Votre santé est très importante, je suis plutôt résistante, et ce n’est pas comme si je manquais de quelque chose, alors… Ne vous en faites pas pour moi! »

'Pas l'air très en forme', disait-elle. C'était un fait, il ne l'était pas, pas le moins du monde. Qui eût su l'être, trempé jusqu'aux os par la pluie trop froide, et ayant couru un moment déjà à la recherche de quelque endroit d'où s'abriter de cette dernière? Qu'il soit malade ne faisait qu'y ajouter. Même s'il avait été en bonne santé à la base, cela n'aurait strictement rien changé au fait qu'en rentrant chez lui au soir venu, il ne l'aurait plus été. Aussi cela ne le chagrinait-il pas excessivement et, bien qu'il y ai une certaine tristesse à l'avouer, il s'y était peu ou prou accoutumé. Sitôt qu'une épidémie, même mineure, de n'importe quel virus que ce fut faisait parler d'elle, il pouvait être assuré de l'avoir dans les jours qui suivaient. Ce n'était rien de grave, ce n'était rien auquel on doive accorder la moindre importance; il n'était pas mort, pas vrai? Il vivait, son cœur battait, le reste n'importait que peu. Si l'on passait son temps à s'inquiéter de tout ce qui pourrait bien nous arriver, nous passerions le plus clair de notre temps à nous en ronger les ongles. C'était une perte de temps, au fond. Se soucier de ces dangers ne les empêcherait pas de venir, se répéter sans cesse que nous pourrions tomber et en mourir n'allait pas empêcher, le moment fatidique venu, de trébucher. Le mieux restait donc d'en être conscient mais de ne pas plus s'en occuper. Se protéger de ce dont on pouvait se protéger, éviter ce que l'on pouvait éviter, et laisser le reste là où il était. Personne n'était tout puissant; et même tout l'argent des nobles ne pouvait leur garantir une protection sans faille contre absolument tous les malheurs de ce monde.

En revanche, quant au fait que sa santé soit importante, cela lui fit ouvrir de grands yeux ronds malgré lui. Il devait avoir l'air d'un parfait imbécile, à s'étonner de tout de la sorte. En soit, se consola-t-il, mieux valait ceci que, à l'opposé, ne plus être surpris de rien. A chacune de ses paroles, il ne pouvait que se demander s'il devait remettre en question tout ce qu'il pensait savoir de ces gens si haut placés et côtoyant les plus hautes sphères de la société. Etait-elle inquiète? Pas une seule seconde il n'avait eu l'impression que la moindre trace d'ironie figure dans sa voix. Elle lui semblait juste gentille. Tellement que, à vrai dire, c'en devenait réellement étonnant. Il n'aurait pensé, avant cela, que les personnes au sang bleu pouvaient se soucier d'eux autres. Peut-être était-elle, en quelque sorte, une exception. Ou peut-être pas? Bien qu'il mourut d'envie, il ne pouvait se résoudre à lui poser la question. Pour qui serait-il passé, à demander des choses aussi incongrues. Lui-même ne se serait pas horriblement vexé si on lui avait demandé si tous les Humains, par exemple, étaient idiots et condescendants et qu'il se détachait du lot ou s'ils n'étaient tout simplement pas comme ça, aucun d'entre eux. Il y aurait vu un compliment et une certaine ignorance de la part de son interlocuteur. Mais jamais il n'aurait su aller jusqu'à poser une telle question à qui que ce fut, certains possédant une sensibilité plus à fleur de peau que d'autres, et Dieu savait à quel point il était facile de heurter cette sensibilité.

De fait, elle avait dit de ne manquer de rien, et à cela il n'aurait rien su ajouter. Qu'aurait-il pu objecter, même s'il en avait eu véritablement envie? Rien. Elle avait, une fois de plus, raison sur toute la ligne. Il se contenta donc de ne pas cesser de sourire, et de conserver ce silence qui lui allait si bien. Il n'y avait jamais de faute dans le silence, alors même qu'il était bien souvent aussi parlant que des mots. Il pouvait faire aussi mal, et réconforter tout autant. De même, on pouvait se méprendre sur sa signification. Mais il était mille fois plus simple de ne rien dire, pas vrai? On avait moins de risques de se tromper, on était dans une relative sécurité aussi longtemps que l'on n'élevait pas la voix auprès de personnes dont on ne savait pas grand chose -ici, rien si ce n'était qu'elle faisait partie de la noblesse, qu'elle était au moins aussi mal lotie que lui en ce qui concernait le moment où elle avait choisit de sortir et son nom- et qui nous impressionnaient quelque peu. De là était née une certaine timidité qui, il l'aurait parié, risquait fort de le conditionner jusqu'à la fin de ses jours... Ce ne devait visiblement pas être le cas de la demoiselle Bernskastel, dont le radieux sourire détonnait fortement avec le paysage gris alentours. A moins qu'il ne lui confère une sorte de gaieté qu'il n'aurait théoriquement pas dû avoir? Il n'aurait su le dire. Si elle le lui demandais, il ne s'en ferait pas pour elle. De toute façon, il ne saurait probablement jamais si oui ou non cette histoire aurait des suites sur sa santé. Et, quelque part, il en était peut-être un peu déçu. Mais il n'y pouvait rien, n'était-il pas?

« En ce qui concerne la robe… Oui, c’est dommage, elle était réellement jolie, je l’aimais beaucoup… Mais bon, ce n’est pas si grave, cette pluie m’aura permis de vous parler, même si ce n’est qu’une fois ! C’est toujours très enrichissant, de partager… »

Ce n'était donc pas important pour elle? A son sens, lorsque l'on appréciait un vêtement, on trouvait un tant soit peu plus que 'dommage' de ne sans doute plus jamais en revoir la couleur. Mais une fois de plus, jamais il ne serait permis de juger. Parce qu'il ne connaissait pas la vie qu'elle pouvait bien mener. N'aurait-elle pas juste à en demander une autre identique pour l'avoir? Ce ne serait pas improbable. Après tout, l'argent ne devait pas être ce qui leur manquait le plus, voir même pas du tout. Il cessa donc d'y penser. A quoi bon? En revanche, elle pensait que cette pluie lui avait, en un sens, été bénéfique. Elle le préférait donc à sa robe? Il savait qu'il n'aurait pas dû être surpris, mais il se sentit particulièrement flatté. Un sourire fleurit donc à nouveau sur ses lèvres fines: il avait de quoi, non? Ils ne se parleraient qu'une seule fois, à n'en point du douter. Cette rencontre n'était que le fruit de pures coïncidences, et les chances (RISQUES, RISQUES, Leandre, elle est méchantes Elise, c'est pas une p*t*in de chance de la rencontrer....T___T ) que cela se reproduisent était, autant regarder les choses en face, égales à zéro. Enrichissant, pour lui, cela l'était, mais pour elle, sans doute déjà beaucoup moins, voire même pas du tout. Tout ce qu'il savait, elle devait le savoir aussi, bien mieux et depuis bien plus longtemps. De même, elle semblait rayonnante et joyeuse, le bonheur semblait être à ses côtés et pour longtemps. Sa famille devait la protéger et, au pire, l'aider à se relever à chaque cahot de sa vie. Avait-il quoi que ce fut à lui donner de plus? Elle avait d'ores et déjà tout. Aussi garda-t-il le sourire, heureux de toute façon de pouvoir discuter avec elle, mais continuant de regarder ce fameux point si proche d'elle sans pour autant la toucher. Et il répondit, de cette même voix aux intonations plus ou moins joyeuses:

''… Vous trouvez? J'espère tout de même que vous ne tomberez pas malade... Je veux dire, je n'avais jamais vraiment... Parlé avec une noble avant et... Je suis désolé, je ne dois pas avoir l'air très... Je ne sais pas quoi dire. ''

Il baissa la tête, revenant à fixer le sol, une fois de plus. Peut-être était-ce plus sécurisant, peut-être pensait-il qu'ainsi elle ne pourrait pas lire ses sentiments dans ses yeux? Il n'était sûr de rien. Préférait ne rien affirmer.

''Alors que vous, vous... Vous êtes belle et gentille, et vous vous souciez même de moi, alors que... Je suis un Humain, je suis un simple... Villageois. Si tout le monde était comme vous, ce serait...''

Puis il s'arrêta subitement, et dit, pour la énième fois, qu'il était désolé.
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MessageSujet: Re: Plic-ploc...[Parce que le titre, c'est pas important... Libre xD]   Sam 22 Mai - 3:08

Un rêve. Tout le monde a un rêve, non ?

Et bien non, pas obligatoirement, pas pour tout le monde. Elise… Elle n’en avait pas. On ne pouvait pas dire qu’elle n’espérait pas des choses, certes, qu’elle ne voulait pas certaines choses, mais… Elle n’avait pas de grand rêve. Vous savez, le genre de rêve que l’on a depuis bien longtemps, qu’on se concocte tout jeune et que l’on suit toute sa vie, en essayant de le réaliser. Et la plupart du temps, ce rêve ne se réalise pas. Ce genre de rêve que tout le monde a, voyez ? Et bien… Elle n’en avait pas. Aucun d’aussi gros. De toute manière, Elise ne rêvait pas de ces choses qu’elle trouvait stupide. A quoi bon vouloir devenir chanteuse, pâtissière ou soldat ? Elle était noble alors pour elle, cela ne changeait, qu’importe que pouvait être son rêve. Son destin, ou du moins, son avenir était tout tracé. Et puis… De quoi pouvait-elle rêver à part de ces rêves de paysan ? Se trouver un sublime mari ? Elle s’en fichait éperdument, vu que pour l’instant, son activité favorite était de faire fuir tout ses prétendants- et elle était très douée à ce petit jeu là. Que son frère la regarde ? C’était déjà fait, et elle ne pouvait définitivement pas rêver mieux à propos de son frère. Rêver à la paix et la prospérité dans le monde ? Plutôt crever, sans rire. Elle aimait le monde tel qu’il était maintenant et ne voulait-pour rien au monde, justement- voir une paix parfaite régner sur les contrés, c’était bien trop amusant ainsi. Bon, rêver à… Rêver au grand amour ? Haha ! N’importe quoi… Où pourrait-elle trouver cet amour d’une manière ou d’un autre ? Au château ? Certainement pas. A l’extérieur ? Ce serait plus qu’impossible, et en plus, tomber amoureuse d’un paysan… Elle aurait en quelques sortes la honte. Et puis, niveau amour, elle pensait avoir assez donné, très sérieusement, lorsqu’elle était encore jeune et naïve… Ce qui ne voulait pas dire qu’elle soit vieille, bien entendu ! Seulement qu’elle avait eu le temps de mûrir, un peu… Et a quoi bon de toute façon, l’amour ? Elle serait plus que certainement mariée avec un homme que ses parents auraient soigneusement choisi pour elle, leur adorable petite fille qu’ils aiment de tout leur petit cœur, pensant que ce serait le grand amour… Ironiquement, ce ne sera certainement pas le grand amour, mais une grande source d’amusement, pour quelques années à suivre, ça pour sûr ! Elle avait suivre ses habitudes : mignonne et docile en apparence et au début, et d’un coup, elle allait gentiment lui pourrir sa délicieuse vie de noble. Et elle n’allait sans doute pas le rater, ce garçon, aussi gentil qu’il puisse être. Elle ne se ferait pas avoir deux fois pour la même chose. C’était la sublime vie d’un noble, le mariage, un accomplissement fièrement rempli pour la famille… Et surtout celui d’une noble, parce qu’elle n’avait que cela comme utilité, souvent… Une marchandise, voila ce qu’elle était en gros, qu’elle en soit satisfaite ou pas, cela fonctionnait comme cela. Et à l’origine, en plus, elle était de la très bonne marchandise !... Jusqu’à ce que ce garçon qui lui servira d’époux remarque que la marchandise est défectueuse. Et bien oui, il était tout à fait hors de question qu’elle laisse celui qui lui prenait son reste de liberté tranquille plus d’une année ou deux, ou alors, qui était-elle ? Et s’il la traitait mal, le délai n’en sera que plus court… Et Elise n’avait jamais de pitié pour les intrus qui décidait de s’inclure dans sa vie bien cadencée, même si cet intrus faisait parti de cette cadence. Oh, et puis, qu’elle ne se cherche pas d’excuse, elle le détestait déjà d’avance et n’aimerait jamais son mari, elle se l’était promis, elle aurait pu l’écrire dans sa chaire, elle aurait pu en faire le serment, le cracher sur le sol, le graver dans du marbre, l’écrire sur du papier et l’enterrer dans un coin du jardin… Elle pouvait faire cela juste pour ce dire qu’elle n’aimerait jamais, jamais son époux, et elle n’y dérogerait pas. Lorsque la jeune violette était obstinée et déterminée à faire quelque chose, elle pouvait y mettre sa main à coupé si elle ne le respectait pas et ne lâchait jamais, jamais l’affaire, quitte à la terminer de façon monstrueuse, sans aucun remord, sans aucun regrets. Non, elle n’avait jamais eu de regrets, jamais, les chassant tous en agitant patiemment la main si jamais ils venaient tout de même la trouver, avec un grand sourire hypocrite par derrière, comme si elle était fière de ces actions qu’elle entreprenait toujours avec une sorte de demi-sérieux mélangé à une pointe d’amusement et d’ennuie. Elle ne faisait jamais les choses parce qu’il y en avait la nécessité, ou alors réellement rarement –seulement 2 fois, actuellement-, non, juste parce qu’elle s’ennuyait et qu’elle n’aimait pas s’occuper par des cours ou ce genre de choses : chacun ces loisirs, elle avait les siens. Elle ne montait pas à cheval, n’aimait pas vraiment les animaux, s’éloignait le plus possible des fourneaux et ne touchait jamais aux aiguilles ou bellottes de laine en dehors de ce qui lui était imposé. Non, mademoiselle préférait s’amuser avec les hommes, les êtres vivants qui lui ressemblait, jouant cruellement avec leurs sentiments comme un chat jouait avec une petit balle, enfonçant d’un coup ses ongles dans le cœur de ces personnes, comme si de rien n’était, pour jouer. Mais personne ne voulait continuer de jouer, personne ne lui répondait, elle était déçue. Alors elle continuait encore et encore, cherchant qui voudrait bien jouer avec elle, sans s’en lasser pour autant, sans adorer cela non plus. Elle ne pouvait pas dire que c’était agréable, ni que cela la soulageait, mais plutôt que cela l’occupait et l’amusait, beaucoup. Elle était très sérieuse lorsqu’elle faisait cela, elle cherchait quelqu’un d’intéressant qui pourrait l’occuper plus d’une journée… Et elle ne le trouvait pas. Dès que cela arrivait, elle finissait par se faire avoir, alors elle ne savait plus très bien si elle devait chercher cette personne. Mais peu lui importait pour l’instant, puisque son seul besoin était de s’amuser, non pas de réfléchir pour chercher une personne qui la ferait un peu s’impatienter, avec qui elle ne pouvait pas avoir ce qu’elle voulait. Enfin, comme ce n’était pas près d’arriver, elle avait la paix pour l’instant, s’occupant des petites proies faciles, et pas forcément toujours très amusantes. Par exemple, la proie à ses côtés, ce garçon aux cheveux verts… Elise le trouvait vraiment, vraiment facile. Pour l’instant, il ne lui avait donné aucun signe de doute, aucun. Elle en avait connu des plus malins, sérieusement… Et elle s’était aussi connue moins pitoyable. Aujourd’hui, rien ne tournait rond, elle avait l’impression de tout faire de travers, sincèrement, et cela l’énervait beaucoup. Elle devait faire attention, ou l’amusement prendrait fin, garder sa couverture un maximum de temps, faire qu’il soit content avant de tomber des nus en quelques minutes à peine… Oui, elle voulait faire cela, elle voulait lui ôter cette naïveté de son visage, faire en sorte que sa façon d’être en prenne un coup, comme cela…

Oh, c’était un bon plan, très bon plan, honnêtement… Juste un peu répétitif. Et puis, elle était fatiguée, réellement. Elise n’arrivait pas à savoir si c’était à cause de sa course, de la pluie ou juste parce qu’elle l’était. Elle aurait bien penché pour les trois, actuellement. En prime, si elle n’était pas tombée malade, c’était bien un miracle… Ce n’était pas vraiment qu’il faisait froid, mais Elise savait bien que ce n’était pas génial de garder des vêtements humides… Et le temps se rafraichissait à cause de la pluie. Dieu qu’elle détestait la pluie, du fin fond de son petit être et sans mentir. De toute manière, ça ne servait à rien de se mentir à elle-même, personne ne pouvait entendre ce qu’elle pensait, à moins que quelqu’un sache lire dans les pensés, et là, ce serait problématique… A cette pensée, elle posa de nouveaux ses deux orbes violettes sur le garçon aux longs cheveux verts. Heureusement que c’était un humain, ou elle aurait eu peur qu’il puisse lire dans ces pensés. Voila pourquoi les humains étaient vraiment utiles, parce qu’ils étaient vraiment faibles et sans pouvoir, à l’inverse des esprits. Sincèrement, elle trouvait cela deux fois plus dur de faire cette lutte mentale avec des esprits –en partie parce qu’elle avait un peu peur de leurs pouvoirs variables – qu’avec de pauvres petits humains… Certes, elle aimait s’amuser, mais elle n’était non plus suicidaire au point de se jeter dans la gueule du loup… Parce qu’elle était un peu lâche quand même, et n’avait jamais, au grand jamais dit le contraire, bien entendu !... Elle n’y prétendrait pas, elle se connaissait trop bien : dès que cela devenait dangereux, elle paniquait et finissait tout très vite, et bien souvent, très mal. Oh, elle devait certainement se répéter. La fatigue, la fatigue… Plus cela allait, plus elle se sentait fatiguer et ses paupières étaient lourdes, mais… Pour une fois, elle ne pouvait pas faire ce qu’elle voulait. Elle devait rentrer au château, le plus vite possible. Elle n’aurait d’autre choix que de rentrer à pied sous la pluie, si cela continuait… Elle devait être à la moitié du chemin, alors… Combien de temps jusqu’au château si elle se dépêchait ? 15 minutes ? Oui, elle pensait que ce ferait environ ce temps là. Elle allait devoir tenter. Si la pluie ne s’arrêtait pas dans la demi-heure qui suivait, elle devrait rentrer sous la pluie ! Quelle idée folle et déplaisante qu’elle venait d’avoir là… Mais malheureusement, elle n’avait définitivement pas le choix, parce qu’elle n’avait pas envie de s’endormir sur place, encore moins dans une ruelle, et à côté d’un garçon –même si elle savait que rien ne lui arriverait… Il n’y avait aucune façon pour que cela se passe, aucune.


''… Vous trouvez? J'espère tout de même que vous ne tomberez pas malade... Je veux dire, je n'avais jamais vraiment... Parlé avec une noble avant et... Je suis désolé, je ne dois pas avoir l'air très... Je ne sais pas quoi dire. '

Elise étira de nouveau un joli sourire sur ses fines lèvres, comme contente des paroles du jeune homme. Oh, qu’il était gentil, sincérement… Cela faisait presque mal au cœur, et justement, lui donnait une irrésistible envie de vomir. Qu’il était mignon ce petit chou ! Il semblait si fragile, si doux, si attentionné, si innocent, si naïf… Et en même temps, La jeune fille le trouva triste, abattu. Elle l’avait remarqué, et c’était dès qu’elle avait parlé de santé que sa mine s’était plombée encore un peu. En même temps, elle le trouvait bien pâle, mais pensait que ce n’était que la lumière faible qui émanait de l’endroit. Il n’y aurait pas d’arc-en-ciel pour l’instant, elle en était certaine, vu la sublime couleur grise du ciel… Oh, elle n’aimait pas non plus le gris, c’était bien trop triste à son goût, et laid en plus. Elle préférait le violet, c’était déjà plus joli. Et ça allait bien avec ces cheveux et yeux aussi, alors elle aimait. Ce serait le comble qu’elle n’aime pas ses sublimes cheveux ! A cette propre réflexion, elle passa de nouveau une main dans ses longs cheveux qui gouttaient toujours, rejetant légèrement sa frange en arrière, la collant sur le haut de son crâne. Elle ne mit pas longtemps à s’affaler sur son front blanc. La jeune fille fit glisser son regard du ciel gros aux cheveux colorés de son camarade d’infortune. Elle n’aimait pas vraiment le vert non plus, tant qu’à faire, mais elle n’avait pas de raison particulière. Ca ressemblait trop à de l’herbe, beaucoup trop ! C’était désagréable pour les yeux aussi… Enfin, on avait de la chance où on n’en avait pas, et il n’en avait probablement pas eu.
Elise repensa aux paroles du garçon et s’y vit dedans, à moitié. Elle était un peu comme cela avant, aussi naïve, pratiquement aussi timide qu’il y a quelques temps. Oui, c’était vrai, quand elle avait… 10 ans. Etrange de dire cela, mais ce garçon lui ressemblait quand elle était aussi jeune ! Elle se demanda subitement d’où il pouvait bien sortir autant de sucre et de douceur à son âge, sérieusement. Il n’avait pas 10 ans, tout de même, cela se voyait clairement ! Elle lui donnait un peu moins que la quinzaine, donc plus jeune qu’elle… Quel âge faisait-elle ? Elle se le demandait, sérieusement. Elle était petite, avec un petit visage enfantin, elle n’était pas la plus développer… Le même âge que lui ? Oui, elle devait sembler avoir ses 14 ans, sans aucun problème… Ce n’était pas autant frustrant qu’on aurait pu le croire, cela ne lui déplaisait pas, sincèrement.


''Alors que vous, vous... Vous êtes belle et gentille, et vous vous souciez même de moi, alors que... Je suis un Humain, je suis un simple... Villageois. Si tout le monde était comme vous, ce serait...''

Oh, certes, certes, elle était belle et gentille, elle ne pouvait le nier ! Elle ne faisait que l’aider, ouvrir ses petits yeux sur l’avenir et le protéger, donc elle était gentille… Et puis, belle… Elise ne se trouvait pas laide, pour sûr, et l’image qui se reflétait dans son miroir n’était pas la plus déplaisante, il lui arrivait même –souvent XD- de la trouver belle et adorable. Elle n’était pourtant pas vraiment vaniteuse, elle ne le pensait pas non plus ! Même un déchu de son espèce savait reconnaitre ce qui était beau quand il le voyait, alors… Enfin, actuellement, il devait certainement la voir à un niveau beaucoup plus élevé qu’elle ne l’était en réalité, mais ça, c’était tout autre chose.
Elise rit légèrement avant de retourner son visage vers le jeune homme, un grand sourire humide sur le visage. Dieu qu’elle faisait bien ces petits rires joyeux et gênés à la fois… Elle aurait pu devenir une actrice, réellement ! Elle aurait certainement fait un tabac partout dans le pays avec un tel jeu d’actrice ! Plus vrai que nature, à fond !... Non, non, elle allait toujours bien. Oui, elle se sentait aussi bien qu’une personne qui venait de se prendre la giboulée du siècle sur la tête et était geler jusqu’à l’intérieur des os même. Peut-être était-elle trop sensible et fragile –et aussi qu’elle exagérait un peu -, mais c’était la noblesse, et elle ne serait certainement pas la seule qui serait d’une humeur massacrante et dans le même état si quelqu’un d’autre s’était trouvé dans sa situation… Et encore, elle faisait un effort considérable pour canaliser sa furie, parce qu’elle aurait pu directement envoyer balader ce garçon ! mais quelle bonté, sincèrement… La vie ne le lui rendra certainement pas, quelle dommage. En même temps, si elle faisait tout cela pour que la vie lui sourît, elle se serait retrouvée dans les ténèbres depuis un moment, ou tout à l’opposé, dans un vrai paradis vivant… C’était parfait ainsi, parfait.

La jeune noble rejeta encore une de ses mèches violettes en arrière avec une légèreté que beaucoup lui aurait enviée, et en même temps un petit sourire gêné et le rouge lui montant quasiment aux joues- pas compliqué, elle avait froid… Elise ne prit pas plus de temps de réflexion pour répondre, parce que la réponse était toute trouvée : un coup de fausse-modestie, un grand sourire, et quelques jolis mots… Le tour était joué, comme d’habitude !

« Oh, je ne suis pas si belle ou encore si gentille que vous ne le disiez vous savez ? Et puis, je vous l’ai déjà dit, ne vous en faites pas pour moi, je suis plutôt solide tout de même ! », elle afficha un grand sourire pour le style et reprit : « Vous savez, nous ne sommes pas si différent… Je ne pense pas que la race soit quelque chose de très important, c’est assez quelconque, on ne devrait pas juger la dessus… Ni sur le statut ! Vous êtes quelqu’un de très bien, c’est tout ! C’est malheureux que les gens ne pensent pas ainsi… »

Elise finit sa longue tirade avec une petite moue qui exprimait le désespoir et un petit soupir, avant de se retourner avec un petit sourire. Oh que c’était magnifiquement bien jouer ! Et pas tellement faux en réalité, pas entièrement. Elle se fichait de la race, tant que ce n’était pas un esprit, elle ne l’aimait pas d’avance et quand au statut… Peu importe le statut, il y a peu de gens quelle appréciait même si il s’agissait d’une personne noble, alors…

Elle trouvait juste les paysans un peu plus ridicule, juste un peu.
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Petite chose verte

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MessageSujet: Re: Plic-ploc...[Parce que le titre, c'est pas important... Libre xD]   Dim 30 Mai - 22:54

Leandre aimait sa vie, au fond. On aurait pu croire en posant un œil neutre sur le livre somme toute encore bien court de son histoire -et dont la moitié pages n'étaient malgré ce fait d'ores et déjà plus vierge d'écriture- qu'il n'avait aucune raison de l'apprécier, que le soleil ne brillait pas sur ses journée, que les étoiles n'éclairaient pas ses nuits. A cela il aurait répondu qu'il ne fallait guère s'y méprendre; la vie n'était tendre avec personne, mais cela n'impliquait pas pour autant qu'elle aient été réellement cruelle avec qui que ce fut. La seule donnée variable était, en plus de la chance dans une certaine mesure, il n'en disconvenait point, la vision que l'on avait des choses. D'aucun choisissaient de ne voir que la couleur prépondérante de leur vie. Le noir du malheur, des rêves brisés et depuis longtemps oubliés, des ambitions que l'on aurait préféré ne pas avoir, des échecs cuisants et des amours déçus ou le blanc de la pureté, du bonheur et des réussites, de la joie et de la passion. D'autres n'y réfléchissaient pas et se contentaient de vivre leur vie, attendant que les secondes s'égrainent, tuant le temps jusqu'à ce que le temps les tue. Vivre mieux, vivre ignorant, en quelque sorte. Mais le jeune garçon n'était pas de cet avis à vrai dire, pas plus que du précédent. Pour lui, rien n'était jamais véritablement bon ou mauvais, tout avait un côté positif comme négatif, sans la moindre exception à cette règle à laquelle rien ni personne ne pouvait déroger. Cette averse d'été aurait finalement eu tôt fait de le rendre malade mais lui aurait également permis de faire la connaissance d'une jeune fille tout à fait charmante, aux douces idées et au compatissant sourire. Sa propre gentillesse naïve et désintéressée lui apportait des déconvenues qu'il avait depuis fort longtemps cessé de compter mais lui offrait le plaisir de rendre le sourire à des gens, qu'ils fussent d'illustres inconnus croisés dans une rue ou la boutique de sa mère ou des amis proches, voir même ses frères. On se focalisait sur une partie des choses, l'on ne voyait que ce que l'on désirait voir, au plus profond de soit. La vie était belle et laide, apportait de manière égalitaire doute et confiance, ainsi que toutes les émotions qu'il peut nous être donné de ressentir. D'un point de vue personnel, l'Humain aux cheveux verts pensait que, quand bien même on aurait entendu qu'un seul rire durant toute notre destinée, rien que pour lui et seulement pour lui, on devait vivre et aller jusqu'au bout de ce en quoi l'on croyait. Et ce qu'importe les sévices que l'on aurait subi tout le long de ce chemin. Un sourire à travers des yeux embrumés de perles salines, une violette poussant seule près d'une pierre, un arc-en-ciel après de longues heures de pluie; ce genre d'évènements méritaient d'être vus, d'être vécus. Même s'ils ne semblaient rien, même si l'on ne les remarquait pas obligatoirement lorsqu'on les voyait, l'important était juste qu'ils soient là, présents, sous nos yeux, ou même dans notre cœur. Rien n'importait plus que ces choses là, rien au monde. Des mémoires, des souvenirs qui brillaient comme des diamants ou des étoiles et qui faisaient qu'au final, les déceptions et les difficultés n'étaient pas si insurmontables. Il ne fallait surtout pas laisser s'envoler ses rêves ou ils ne revenaient jamais, avait un jour pensé Leandre. Et ce jour là il avait songé que ce n'était nullement sous prétexte qu'il n'atteindrait jamais l'âge que ses semblables atteignaient généralement qu'il vivrait dans la tristesse et la morosité, sans rêves et ambitions. Il avait accepté son sort depuis longtemps déjà, ne s'était guère vraiment rebellé contre lui depuis le début à vrai dire; les choses étaient ce qu'elles étaient, ni bonnes ni mauvaises. Nier quelque événement, quelque nouvelle que l'on aurait jamais voulu apprendre ne servait à rien d'autre qu'à se draper d'un voile de tristesse tissé de larmes et de ressentiment, et il ne pouvait décemment le tolérer. Mieux valait faire face, tenir debout sur ses deux jambes, tête baissée s'il le fallait, mais ne pas s'effondrer et, plus encore, ne pas se laisser aller à la colère. On aurait beau briser sa confiance, rien ne l'empêcherait jamais de croire à nouveau par la suite. De fait, on l'avait brisée pour la première fois il y avait de cela des années avec la maladie de sa mère. Puis ensuite avec l'annonce de sa propre maladie. Puis le départ de son père. Et la guerre. Et la séparation d'Illea. Et la discrimination à l'égard des Humains lorsqu'il sortait. Et toutes ces choses qu'il aurait voulu mais ne pouvait faire; et il continuait de sourire, confiant, tranquille, n'émettant point le moindre doute quant à la sincérité des gens qu'il rencontrait. A quoi bon? Il s'était juré de ne pas se renfermer sur lui-même comme le faisaient certains juste pour s'éviter quelques désillusions. Ne pouvait-on après tout pas gravir la plus haute des montagnes si une magnifique rose aux couleurs chatoyantes et aux pétales de velours se trouvait à son sommet?

Que ce fussent ses frères ou ses parents, on lui avait dit et répété de ne pas croire tout le monde sur parole, même la plus monumentale absurdité, de se méfier plus mais, quand bien même aurait-il essayé qu'au final, cela ne se serait soldé que par un cuisant échec. C'était sa nature d'être ainsi, peut-être un peu trop naïf mais n'y voulant rien changer, pas pour tout l'or du monde. Chacun devait partir sur un même pied d'égalité dans son estime et c'était là la raison pour laquelle il faisait de son mieux pour ne pas juger sur les apparences; et il préférait croire n'importe qui, quitte à accorder sa confiance à un menteur, plutôt que de ne croire personne et par conséquent, de décevoir des personnes qui mériteraient d'être crues plus que quiconque au monde. La demoiselle Bernskastel faisait partie d'ailleurs de ces personnes qui faisaient que le jeune Humain se comportait de la sorte; avec un sourire dépourvu de toute trace de méchanceté et de tristesse, qu'il était heureux de pouvoir contempler, et surpris sans doute aussi qu'ils lui soient destinés. Oh, elle devait en accorder tant et tant chaque jour! Des sourires sincères et joyeux, comment aurait-il pu ne pas la croire? Jamais il n'aurait ne fut-ce qu'osé parler à Elise de ces pensées, à cause de leur flagrante différence de rangs, de tout en vérité, mais il restait persuadés qu'ils se seraient accordés sur bien des points. Il posa un furtif regard sur elle, mais ne soutint son regard que l'espace d'une seconde. C'était stupide, n'était-il pas? Il se trouvait même bien incapable de dire si oui ou non elle le regardait; les yeux des Esprits étaient comme deux miroirs teintés de couleur, un joli violet ici, qui vous renvoyaient l'image exacte de ce que vous étiez, de ce qu'ils voyaient. Leandre ne savait guère si c'était pour ne pas se voir qu'il se refusait à la regarder droit dans les yeux; et pour être tout à fait honnête, il ne tenait peut-être pas tant à le savoir non plus. Le bruissement incessant de la pluie à ses oreilles, s'il ne se renforçait plus à présent, restait tout de même présent. Voulait-il que cette pluie s'arrête? Ç'aurait été mieux pour tout le monde. Il n'avait aucune justification valable de ne pas le souhaiter. Et pourtant il n'était pas sûr de lui. La jeune noble eut un petit rire, délicat et gêné, avant de ne lui répondre, d'une voix en parfait en accord avec l'expression de son visage:

« Oh, je ne suis pas si belle ou encore si gentille que vous ne le disiez vous savez ? Et puis, je vous l’ai déjà dit, ne vous en faites pas pour moi, je suis plutôt solide tout de même ! »

Le jeune garçon aux cheveux verts torturait ses doigts, les entremêlant, et son regard était à nouveau rivé sur le sol. S'il continuait ainsi, il en connaitrait jusqu'à la moindre irrégularité, le dernier gravier, avant la fin de cette averse diluvienne. Il eut un sourire quelque peu amère, riant de lui-même et de sa propre timidité. Dieu, ce trait de caractère si haïssable disparaitrait-il un jour? Il s'était d'ores et déjà surpris à lui dire ce simple compliment. La jeune fille était modeste, c'était tout à son honneur; mais il n'en penserait pas moins pour autant. Leandre n'était pas un menteur, de toute manière. Le ton sur lequel elle avait dit ces quelques mots l'empêchaient de croire qu'il s'agissait là de reproches, quant à la fin de sa phrase, mais il ne pu s'empêcher de se mordre légèrement la lèvre inférieure. Car il avait beau la trouver gentille et nombre d'autres qualificatifs laudatifs au possible, il n'aurait jamais pu tendre la main vers elle, ou même, comme le prouvait sa situation à présent, la regarder dans les yeux. Elle était une noble Esprit un villageois Humain; le contraste était tellement marqué que ce semblant de dialogue aurait pu ressembler à une vaste plaisanterie; c'est d'ailleurs ce qu'il aurait cru si on lui avait décris la scène et qu'il n'en avait été l'un des protagonistes. La vexer, l'agacer même de la plus insignifiante des manières qui soit, le terrifiait. Parce que les Nobles avaient tout pouvoir sur eux, qu'une simple parole de leur part pouvait avoir une influence irréversible et catastrophique sur leur vie à eux, mieux valait ou ne pas leur parler, ou le faire avec la plus grande déférence que l'on eût su imaginer. Lorsqu'il releva la tête toutefois, et vit que le sourire radieux d'Elise n'avait pas disparu, il se sentit vraiment soulagé. Radieux lui semblait être un bon adjectif pour le décrire puisqu'il pleuvait tant, et que le soleil était occulté par les masses de nuages grisâtres dans un ciel qu'il aurait presque dit anthracite.

« Vous savez, nous ne sommes pas si différent… Je ne pense pas que la race soit quelque chose de très important, c’est assez quelconque, on ne devrait pas juger la dessus… Ni sur le statut ! Vous êtes quelqu’un de très bien, c’est tout ! C’est malheureux que les gens ne pensent pas ainsi… »

A l'écoute de ces phrases, Leandre ouvrit de grands yeux étonnés. Même de la part de personnes qu'il connaissait pourtant souvent bien mieux et d'un statut social plus proche du sien -ce qui n'était pas très difficile, au vu du véritable ravin qu'il y avait entre le sien et celui de son interlocutrice- il ne pouvait dire avoir entendu souvent ce genre d'opinion. Chaque race pensait être la quintessence d'Illea, la fleur des fleurs, et rabaissait les autres pour lui être tellement inférieure. Seulement voilà, lorsque chacun pensait de la sorte et qu'il n'existait aucun moyen de départager impartialement les différents peuples, on ne débouchait sur rien de concret, juste de la haine, du mépris et donc, un certain racisme, qui avait atteint son paroxysme lors de la guerre civile, une poignée d'années uniquement auparavant. Alors, que quelqu'un, une noble de surcroit, ni plus ni moins, minimise l'importance des différences raciales et des classes sociales, cela tenait presque de l'irréel. Il devait avoir l'air bête à en pleurer, à ainsi la fixer, comme s'il avait vu quelque monstre, fantôme, comme s'il avait mal entendu. Il était rare que les puissants se plaignent qu'on les adulent grâce à cette même puissance qu'ils possédaient et, pour tout dire, le jeune Callandra le comprenait très bien. Les propos que tenait Elise étaient donc somme toute relativement inhabituel, c'était le cas de le dire. Il cligna des yeux, et ouvrit la bouche, comme s'il avait voulu dire quelque chose, mais se ravisa. Il était... Quelqu'un de bien? Il ne devait pas l'être tant, surtout comparé à une personne comme elle. On le lui disait souvent, qu'il était gentil, mais guère plus et, parfois, cela n'était pas dit sur le ton du compliment. Dans cette vie, se laisser duper facilement était le signe précurseur d'une mort précoce et pas toujours aussi douce que l'on aurait pu l'espérer.

Le jeune garçon rougit légèrement, se demandant si la demoiselle pensait réellement que c'était dommage. Ne l'aurait-on pas moins aimée, si on avait jugé les nobles et les villageois de la même manière? Non, se dit-il, on l'aurait tout autant appréciée. Parce qu'elle était gentille, parce que son sourire était sincère (lui, crédule? Naaaan, vous rêvez, vous rêvez...XD) et qu'elle avait une certaine grâce, une tenue dans ces mouvements qui faisait qu'il avait l'impression qu'elle dansait. D'innombrables gouttes de pluie venaient perturber la surface des flaques qui s'étaient formées au sol, et Leandre se remit à tousser. Une quinte de toux cependant plus courte, qui ne dura guère longtemps mais qui le ramena à la réalité. Le monde n'était pas idyllique, idéal, mais il restait beau. Et la jeune fille devait penser comme lui, de toute évidence, suite à ces paroles cela ne faisait plus le moindre doute.

« Ce que vous pensez... C'est... Il n'y a pas grand monde qui... Qui dirait cela. Enfin... Qui le penserait. Je... Je ne prétends pas vous comprendre, ni vous connaître, mais... Je suis d'accord, je veux dire, qu'on ne devrait pas juger quelqu'un, comme ça... »

Il marqua une courte pause, puis reposa son regard juste à côté de la jeune fille aux longs cheveux ruisselants encore.

« Mais ce n'est pas grave! Je m'en fiche, qu'on ne m'aime pas parce que je suis Humain. Ça fait bizarre aux gens, parfois. Mais je comprends. Je ne devrais pas être ici, à l'Ouest, ou même... Je devrais... De toute façon, personne n'a une vie parfaite, je... Je... »

Et il ne finit pas sa phrase, se contentant d'un sourire confus. Il quoi, au juste? Que pensait-il qu'il allait dire? Mieux valait se taire, dans certaines situations et, pour son propre bien et malheureusement souvent à ses propres frais, Leandre avait appris à les reconnaître.

Et cette situation là, en faisait indubitablement partie.


Dernière édition par Leandre Callandra le Dim 30 Oct - 16:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Plic-ploc...[Parce que le titre, c'est pas important... Libre xD]   Ven 28 Oct - 2:14

[Hs: YUP! Sorry MCDM... Mais voila la suite, après autant de temps... Ce fut rude, mais c'est là. J'espère que tu ne m'en veux pas trop, hein? Y__Y.
Bon, Elise est peut-être moins méchante, mais c'est pas la grande forme non plus pour elle, alors... XD~Enjoy!]



Elise commençait sérieusement à s’énervée. Si, si, vraiment, son énervement grandissait à chaque son de goutte d’eau qui s’écrasait sur le sol.

Cela ne se voyait certainement pas, mais croyez-le, elle, elle le sentait. Bien entendu, personne ne le saura et surtout pas ce jeune humain ici présent, oh grand dieu non. Pas maintenant en tout cas, peut-être ce déciderait-elle, plus tard, à lui faire part de ses plus sincères sentiments. Pour l’instant, elle ne s’énerverait que dans sa tête, absolument que mentalement. Elise savait très bien faire cela, parce qu’elle était Elise, il n’y avait pas besoin d’un autre raison quelconque pour comprendre cette capacité. Honnêtement, elle se pensait très bonne à intérioriser tous les conflits et insultes, elle se pensait même une professionnelle en la matière, car il était vrai que peu de personnes arrivaient à son niveau de ce que beaucoup appelle l’hypocrisie. Oui car au fond, la jeune noble l’admettait gracieusement, garder sa langue de vipère et la transformée en de douces et admirables paroles avec un grand sourire, c’était de l’hypocrisie totale. Et elle le savait, et elle s’en fichait. Qu’est-ce qu’elle en avait à faire ? Dans ce monde, qui n’était pas hypocrite à sa façon ? Et surtout dans le monde dans lequel elle vivait, le monde noble. Tout le monde était pareil, personne ne pouvait prétendre être mieux qu’elle sous prétexte d’être gentil, parce qu’ils étaient tous pourris jusqu’à la moelle, voilà tout. Oh, Elise les détestait. Oh oui, elle les haïssait tous pour être aussi faux, et elle-même se dégoutait parfois à être ainsi, mais c’était comme cela que l’on survivrait ici, comme cela qu’on se faisait aimer, comme cela qu’on se faisait son chemin, comme cela qu’on ne vous isolait pas. Il ne fallait pas croire qu’Elise adorait être aussi hypocrite et fausse, elle aussi, parfois, à des moments ‘de lucidités’ elle s’en ferait vomir d’être aussi horrible, d’avoir de tels pensées à propos des gens, et surtout de ne pas être capable de hurler à tout le monde ce qu’elle pensait d’eux tout bas. Combien de fois avait-elle voulu gifler, mordre, poignarder, arracher, griffer et d’autres gestes visant à blessé physiquement quelqu’un par pur haine ou excès de folie ? Parfois, elle-même voulait se gifler en se voyant dans le miroir. La seule personne qu’elle pouvait croire, c’était son frère, ce n’était pas elle. Juste son frère. Elle, elle était même indigne de lui pour penser dériver de son enseignement, il n’y avait que lui qui avait juste. Elle, elle était suffisante, et c’était tout.

Elle devait se calmer. S’énerver ainsi n’était pas bon pour elle, ni pour personne d’autre. Elle devait arrêter tout cela, elle devrait juste être honnête. Non. Non. C’était faux, elle ne le pouvait pas. Elle devait, encore quelques instants, tenir et faire un jolie final. Mais elle était fatiguée, tellement fatiguée. Elle voulait juste rentrer, mais la chaque ‘ploc’ ou ‘plic’ lui rappelait que la pluie l’en empêchait. Et oui, cela l’énervait prodigieusement. Elle n’avait même plus la force d’avoir d’horribles pensées envers le garçon aux cheveux verts tellement elle était obnubilée par cette pluie incessante. Son esprit s’embrumait, ses paupières étaient tellement lourdes qu’Elise avait l’impression d’avoir toute la misère du monde posée dessus. Et elle ne pouvait dormir, comme chaque goutte de pluie le lui rappelait. Depuis quand était-elle si fragile ? Elle devrait sortir plus souvent, ce n’était pas habituel pour elle de se sentir si faible après une douche froide et une petite course. Lorsqu’elle était jeune, elle pouvait se rouler dans la neige, rien ne se passait après, elle s’amusait, tout simplement. Et pourtant, il faisait bien plus froid que maintenant. Et puis, elle devait avoir une tête atroce, et se demandait si le jeune homme ne se fichait pas d’elle lorsqu’il disait qu’il la trouvait belle. Il devait, non ? Si ça se trouve, il se moquait complétement d’elle.
Mais ses pensées étaient les même que ses paroles, elle l’entendait bien. Il était totalement honnête. Cette fois, cela ne l’énervait plus autant qu’avant. Elle trouvait cela intriguant. Une personne aussi pure… Elle trouva même le moyen d’éprouvé de la pitié et… Et autre chose, mais elle n’arrivait pas à mettre le doigt sur ce sentiment inhabituel pour elle. C’était stupide, la fatigue lui faisait perdre tous ses moyens. Bientôt, elle s’endormirait sur l’épaule du garçon. Bien sûr, quand les poules auront des dents, oui ! Et puis, finalement, Elise se ressaisit, et se dit qu’elle était certainement supérieure à n’importe quelle paysanne même si elle avait un visage légèrement dégradé par la fatigue et la maladie. Parce qu’elle était Elise, et c’était déjà suffisant pour justifier cela.

Une quinte de toux de son voisin la fit tressaillir et retourner son regard et son sourire à présent curieux vers lui. Il toussait ? Ce n’était pas non plus une bonne toux, et l’espace d’un instant, elle s’en inquiéta même. Un très cours instant, et elle réussit à se convaincre qu’elle s’inquiétait juste de savoir si sa maladie se transmettait. Si il était malade, cela allait de soi. Elle était celle qui était censée être malade, pas lui. Elle se souvenait d’une autre quinte de toux, un peu plus tôt dans leur conversation, et doutait que cela soit un hasard. Comment avait-elle pu oublier une faiblesse ? Il fallait croire qu’elle était vraiment fatiguée. Elle devait se ressaisir, finir en beauté lorsque le soleil reviendrait et rentrer tranquillement avec l’esprit tranquille. Voilà, c’était un bon programme. Maintenant, elle devait se concentrée sur la conversation, et espérer qu’il ne lui file pas sa maladie, peu importe ce que cela soit.

En le regardant plus profondément avant qu’il ne réponde quoi que ce soit, le regard rivé sur lui, elle observa un petit changement, comme une montée de rouge sur ses joues. Ses paroles avaient apparemment ce plaisant effet, et c’était surement de la joie. Il était heureux qu’elle pense ainsi, n’est-ce pas ? Et bien elle était heureuse qu’il coure là-dedans et heureuse de ne pas penser ainsi non plus en le voyant si pitoyable. Si il était au même niveau qu’elle, autant se suicider sur le champ. Il était évident qui des deux était supérieur.


« Ce que vous pensez... C'est... Il n'y a pas grand monde qui... Qui dirait cela. Enfin... Qui le penserait. Je... Je ne prétends pas vous comprendre, ni vous connaître, mais... Je suis d'accord, je veux dire, qu'on ne devrait pas juger quelqu'un, comme ça... »

Il reposa son regard sur elle, et elle ne l’avait pas quitté des yeux. Bon dieu, ne pouvait-il pas faire une phrase correcte ? Malgré son exaspération montante, Elise sut garder un sourire doux et elle hocha même la tête en signe d’approbation, et surtout pour qu’il se dépêche d’en finir qu’elle décode ses mots hachés. Il accéda à sa requête seulement quelques secondes plus tard, le regard rivé sur elle sans osé chercher ses yeux vides.

« Mais ce n'est pas grave! Je m'en fiche, qu'on ne m'aime pas parce que je suis Humain. Ça fait bizarre aux gens, parfois. Mais je comprends. Je ne devrais pas être ici, à l'Ouest, ou même... Je devrais... De toute façon, personne n'a une vie parfaite, je... Je... »

Et voilà qu’il ne finissait pas ses phrases ! Voilà qui avait le don d’énervé encore plus la sereine Elise. Il lui donnait mal à la tête aussi. Il ne lui donna qu’un petit sourire qu’on pourrait qualifier de confus mais quelle trouva juste stupide en guise d’excuse, elle supposait. Ce qu’il racontait n’avait aucun sens pour elle, tant elle était habituée aux belles phrases de nobles. Il était insouciant de sa manière de parler, ou peut-être s’en souciait-il, mais cela ne se voyait vraiment pas selon elle. C’était un certain manque de respect qu’elle n’appréciait pas, et surtout un manque d’éducation flagrant. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, pourtant. Même si il était humain, même si il parlait mal, elle n’arrivait pas à lui en vouloir, à trouver une autre excuse pour le détruire que le fait qu’il soit bien trop innocent à son goût, et c’était le plus énervant. Elle ne pouvait que l’insulter mentalement et rien d’autre. C’était la fatigue, certainement. Et puis, ce sentiment était revenu, et elle n’arrivait toujours pas à trouver le mot pour le posé. C’était tout aussi ennuyeux que le reste. Tout était ennuyant aujourd’hui.

Elise continuait de sourire gentiment, mais il lui fallut un peu plus de temps pour trouver une réponse. Elle utilisa ce temps pour se recoiffer de nouveau, puis reposer son regard sur le garçon à côté d’elle. Elle vit sur sa veste une salissure, et par pur réflexe, elle avança sa main pour délicatement aller frotter la veste. Ce n’est qu’après qu’elle réalisa et enleva subitement sa main, tout aussi surprise elle-même. La fatigue lui faisait faire des choses étranges. Toucher la veste d’un humain, et un humain malade surcroît… Elle devenait folle. Elle en avait perdu son sourire pour un instant. Lorsqu’elle s’en rendit compte, elle le reprit et eu un nouveau petit rire, replaçant ses mains sur ses jambes.


« Oh, je suis désolé, je n’ai pas pu m’empêcher, j’espère que ça ne vous a pas trop surpris… J’ai l’habitude de faire ce genre de choses seulement aux personnes que je connais depuis un moment, je suis confuse. J’imagine que comme vous êtes une personne adorable, mon esprit vous a confondu pour une personne de mon entourage ! »

Elle eut un nouveau rire doux avant de reprendre, redirigeant son regard violet sur le garçon.

« Je suppose que cela confirme aussi mes dires, nous ne sommes réellement pas différent, ce n’est réellement pas important de savoir si vous êtes un Elfe, un Humain, un Neko ou un Esprit, c’est l’intérieur qui compte. Honnêtement, je vous préférerais volontiers comme une personne de mon entourage que d’autres ! Et personne n’est parfait, comme la vie n’est pas parfaite, effectivement, alors ne faites pas attention à ce que les gens disent, et soyez vous-même, c’est bien mieux ainsi. »

Maintenant, elle ressemblait à une sorte de médecin. Que faisait-elle ? Sa vision se troubla légèrement, mais elle cacha rapidement ce léger problème par un sourire et regagna la balance qu’elle avait perdu l’espace d’un instant. Tout allait bien. Elle agita les jambes doucement, comme une enfant, le regard droit devant et un sourire au livre. Maintenant, elle devait ressembler à une princesse de conte de fée. Et lui… Lui était le misérable crapaud qui ne deviendrait jamais le Prince Charmant, peu importe ce qu’il arrive.
Elle se dit qu’elle ne pouvait pas finir sa tirade sur cette note, et ainsi tourna de nouveau sa jolie tête vers lui, un nouveau sourire confus étiré sur ses lèvres.


« Et encore une fois, je suis navrée. J’espère que mon geste ne vous a pas paru déplacé ? »

Voilà, elle avait fini, elle pouvait reposer son esprit un peu. Mais elle ne devait pas fermer les yeux, ou elle avait l’impression qu’elle ne pourrait jamais les rouvrir. Sa tête était lourde maintenant, et le sang cognait contre ses tempes. Sa situation était vraiment de pire en pire. Elle détestait tout autour d’elle encore plus maintenant. Même lui. Lui, elle le détestait, et encore plus de ne pas avoir de raisons valables pour.

Oh, et elle se souvenait de ce sentiment maintenant. Elle faillit en rire. C’était impossible. Elle ne pouvait pas… Elle ressentait de l’envie envers lui ! Elle l’enviait d’être aussi naïf et libre ! Ce sentiment n’était pas bon, pas bon du tout. Pourquoi l’envierait-elle ? Elle était très bien ainsi…
Non, elle ne pouvait pas l’envié. Elise Bernskastel n’enviait personne.

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Petite chose verte

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MessageSujet: Re: Plic-ploc...[Parce que le titre, c'est pas important... Libre xD]   Dim 30 Oct - 16:59

[Oh bah tu sais, j'y croyais même plus... Je vais crier au miracle.XD
Mh, je peux pas t'en vouloir trop, t'inquiète. Et puis, elle est moins méchante, et Leandre plus c*n que jamais.>;^D
Tu comptes rester alors, au final, hein, dis, dis, dis...?^^
Posté.]



Elle aurait bien pu lui dire ce qu’elle voulait, au fond, Leandre ne l’aurait pas crue. L’enfant crédule qu’il était n’avait aucun moyen de se douter de ce que cette belle demoiselle songeait, des pensées qui se cachaient derrière ces aimables paroles ; et quand bien même l’eût-il pu, il ne l’aurait pas cru. Ni plus ni moins que cela. Il aimait se laisser aller à penser que ce qu’il voyait était vrai et, surtout, positif. Dès l’instant où à son sens Elise Bernskastel était devenue une jeune femme respectable en tous points, gentille et d’une honnêteté sans faille, d’une charité à en faire pâlir un saint, faire marche-arrière n’avait plus été envisageable. Il fallait aller de l’avant ? Eh bien parfait, il ne reviendrait pas alors sur cette opinion qu’il avait d’elle, sur cette image certes un peu trop brillante et lisse mais malgré tout très belle. C’était un peu bête, un peu idiot peut-être. Ça n’avait pas grand sens et ce n’était ni utile, ni réaliste. Se voiler la face de la sorte quand les choses ne lui plaisaient pas, voilà qui n’était pas très courageux, songeait-il parfois non sans un certain amusement. Cela dit, il n’avait jamais vraiment eu la prétention de l’être non plus. La politique de l’autruche avait ses bons côtés une fois poussée à son paroxysme. Callandra remettait moins encore en question la franche aménité de la demoiselle aux traits si doux qu’elle jouait à la perfection la comédie. Véritable héroïne au cœur sur la main, le plus soupçonneux des hommes ne se fut pas attardé sur elle, alors, lui ! Jamais. Son Insigne Naïveté se contentait d’apprécier le spectacle, sans se préoccuper de l’insignifiance de son propre rôle, bafouillant, butant sur un script dont il n’avait jamais pris connaissance mais que son vis-à-vis maîtrisait selon toute vraisemblance à merveille.

L’idée donc que la situation fût trop belle pour être vraie, si peut-être elle lui effleura l’esprit, ne laissa pas sa marque dans l’esprit du garçon maladif. Il la croyait sur parole, se contentant de se féliciter et de remercier Dieu d’avoir eu une chance pareille dans son malheur –parce que, tout de même, il ne pouvait cesser de penser au mouron que devait se faire sa mère, et au calvaire que devaient subir les autres pour la calmer ne fut-ce qu’un peu, plus encore d’ailleurs qu’à l’enfermement qui risquait de s’ensuivre. Il croisa les bras dans une vaine tentative de se réchauffer ; peine perdue. Il regarda encore une fois le rideau de pluie qui masquait la rue adjacente à sa vue. Elle devait être gelée ! Si seulement elle avait pu cesser ou, à tout le moins, s’amenuiser. Une bruine fine ne l’aurait pas gardé de rentrer chez lui rassurer sa mère, qu’il détestait inquiéter. Puis, il fixa encore son attention sur Elise : à quoi pouvait-elle bien penser ? Sûrement de belles choses. A moins qu’elle ne se fît du souci elle aussi, se demandant quand elle allait bien pouvoir regagner sa demeure. Avec ces yeux vides, difficile de savoir. Néanmoins, il ne s’en plaignait pas, dans la mesure où, eussent-ils été plus expressifs, un pauvre villageois n’aurait été capable de comprendre, d’interpréter ce qui aurait pu passer dans ceux d’une noble jeune femme comme elle. Aussitôt, il baissa le regard une nouvelle fois : si elle l’avait vu la regarder ! Sans doute, elle ne lui en tiendrait pas rigueur, mais ce n’était pas plus poli de le faire pour autant.

Il fut ramené brutalement sur terre lorsque sa compagne d’infortune tendit la main vers lui, avant de frotter quelque tache sur son manteau. Leandre ouvrit de grands yeux médusés, relevant pour le coup la tête. Que venait-elle de faire, au juste ? Et surtout, pourquoi ? Oh, il n’en était pas offensé, du tout même, mais il ne comprenait pas –comme hélas ! beaucoup de choses en ce bas monde. Il sentit le rouge lui monter subitement aux joues, sans savoir que faire. S’écarter aurait été au comble de l’impolitesse, d’autant qu’il n’avait pas de raison de le faire. Aussi resta-t-il immobile, l’embarras avec lequel il était aux prises se lisant sur son visage comme dans un livre ouvert.
Leandre, ou l’art d’avoir l’air complètement stupide en dix leçons.


« Oh, je suis désolé, je n’ai pas pu m’empêcher, j’espère que ça ne vous a pas trop surpris… J’ai l’habitude de faire ce genre de choses seulement aux personnes que je connais depuis un moment, je suis confuse. J’imagine que comme vous êtes une personne adorable, mon esprit vous a confondu pour une personne de mon entourage ! »

Leandre ébaucha avec difficulté un sourire où transparaissait toujours sa gêne, appréciant en dépit de sa totale stupeur le compliment. Quelqu’un de son entourage ? Avec son élocution pathétique, son manteau trempé, son teint blafard –car celui d’Elise était d’une belle pâleur qui lui seyait et sublimait son visage, contrairement au sien qui lui conférait juste un air malade– et ses vêtements simples ? Il était flatté, et cela ne fit qu’ajouter à son aria grandissant. Adorable, disait-elle ? C’était trop gentil, elle le surestimait. Après tout, n’était-il pas une personne banale à en pleurer ? Une personne comme on en trouvait partout, juste comme ça, sans se donner la peine de chercher. Elise, se dit-il, était une personne incroyable, sans qu’il ait besoin d’en connaitre plus sur elle. Ses actes, quoique muets, étaient aussi éloquents que ses paroles quelque part, et elles-mêmes étaient plus douces que du velours. Il se mordilla la lèvre, les yeux derechef rivés au sol. Il ne méritait pas ces égards, ce n’était pas juste qu’elle le traite comme ça alors qu’il n’avait rien fait. Des deux, c’était elle qui méritait des louanges.

« Je suppose que cela confirme aussi mes dires, nous ne sommes réellement pas différent, ce n’est réellement pas important de savoir si vous êtes un Elfe, un Humain, un Neko ou un Esprit, c’est l’intérieur qui compte. Honnêtement, je vous préférerais volontiers comme une personne de mon entourage que d’autres ! Et personne n’est parfait, comme la vie n’est pas parfaite, effectivement, alors ne faites pas attention à ce que les gens disent, et soyez vous-même, c’est bien mieux ainsi. »

L’intérieur comptait, oui. Il partageait son point de vue et ne pouvait qu’en être heureux. Sa remarque sur son entourage toutefois le fit tiquer ; y avait-il chez elle quelque individu franchement mauvais ? Leandre, pour sa part, savait qu’il y avait des gens qu’on ne pouvait pas faire changer. Méchants, égoïstes, incapables de compassion, plus froids que la pierre et plus corrosif que l’acide. Il se sentit triste pour elle. A son contact, tenta-t-il de se persuader, les gens devaient pourtant bien changer ! Rester indifférent à tant de bonté, ce n’était pas possible, n’est-ce pas ? Ce n’était pas possible.

Soyez vous-même. Il ne servait à rien d’être hypocrite, de se cacher derrière de beaux principes, de transformer ses paroles jusqu’à ce qu’elles deviennent méconnaissables. Tout en prêchant cette bonne parole, Leandre y dérogeait sans s’en rendre compte. Lui qui passait son temps à se répéter qu’il ne mentait pas se débrouillait pourtant habilement pour ne jamais rien avoir à dire sur sa maladie. « Je vais bien », quand il se réveillait en pleine nuit et passait son temps à tousser. Un beau et pieu mensonge peut-être, mais cela n’en demeurait pas moins un mensonge.

Elise balançait ses jambes dans le vide, comme une enfant. Avec sa jolie robe chatoyante et mouillée, ses cheveux où perlaient encore quelques gouttes de pluie, son sourire, Callandra se fit la remarque qu’elle ressemblait à une princesse en fuite. Comme dans les contes de fées.


« Et encore une fois, je suis navrée. J’espère que mon geste ne vous a pas paru déplacé ? »

Il secoua la tête, ses joues de nouveau teintées de rouge, avant de répondre plus clairement :

« Pas du tout, c’était…, gentil. C’est juste que, vous voyez, je… Comment dire, je ne mérite pas que vous me disiez toutes ces choses. Que vous soyez.., gentille comme ça, alors que je ne vaux pas grand-chose à côté de vous. J’aurais… J’aurais bien aimé vous ressembler, vous êtes comme une princesse. »

A défaut de la regarder elle, il traina péniblement son regard vers la pluie qui tombait du ciel. Il était fatigué, et toussota encore une fois. Si je ne meurs pas en chemin, pensa-t-il en riant jaune, maman me tuera en rentrant…
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MessageSujet: Re: Plic-ploc...[Parce que le titre, c'est pas important... Libre xD]   Dim 6 Nov - 23:52

[Et donc, Elise est ainsi devenu un marshmallow. XD
Ca me fait étrange de l'écrire aussi calme et faible, mais elle l'avait bien dit, elle est différente lorsqu'elle est malade. Généralement, elle est horrible, mais aujourd'hui, Leandre a de la chance. Et j'ai pas envie d'écrire une méchante aujourd'hui 8D.
Et au final, on dirait que je suis toujours là? XD
Posté~°___°]



Elise avait l’impression qu’il s’agissait d’une scène tout droit sorti d’un rêve.

Un rêve pour lui, un cauchemar pour elle en tout cas. Pour lui, elle devait être le beau Prince et lui était la pauvre demoiselle en détresse, pour elle, la vision était totalement difforme. Elle était l’horrible sorcière épuisée et il était sa proie, du moins jusqu’à ce qu’elle se sente justement, bien trop épuisée pour réfléchir à un moyen de mettre en œuvre son plan. Elle ne pouvait plus réfléchir, effectivement, et son esprit s’embrouillait terriblement. Chaque minute qui passait lui semblait des heures et elle s’étonnait elle-même de son jeu d’actrice alors qu’elle se sentait si mal. Comment faisait-elle pour garder un visage si paisible et souriant alors qu’au fond elle n’espérait que de le blesser cruellement afin de lui faire ravaler son sourire et surtout de rentrer et dormir ? C’était du moins l’ordre qui était prévu au début, maintenant, celui-ci n’était plus très clair. Tout était à l’envers, elle voulait juste dormir plus que rentrer et encore plus que de le blesser. En réalité, même si l’envie de pratiquer son loisir fétiche était toujours présente, elle était si vaine qu’elle en semblait risible. Depuis quand était-elle aussi faible ? La grande Elise Bernskastel n’avait pas le droit d’être aussi misérable après avoir fait subir ce sentiment à tant de gens avec ses airs de poupée parfaite et sa cruelle habitude. Depuis quand ressentait-elle des remords ? Elle n’était pas censée en avoir, elle n’était pas censée douter. Voilà pourquoi elle détestait autant la maladie et la fatigue, tout cela ne l’avantageait pas et elle craquait, elle n’arrivait à rien. Elle se mettait à être gentille sans aucunes arrière-pensées même, et parfois elle souriait juste parce qu’elle se sentait heureuse de le faire. C’était une grosse faiblesse, son frère la punirait pour penser ainsi à se laisser aller. Mais qui pouvait lutter contre la volonté des sept Dieux, le pouvait-elle ? Si elle se sentait si faible aujourd’hui, c’était certainement parce qu’elle avait fait quelque chose de mal qui avait froissé l’un d’eux. Mais quoi ? Elise ne pouvait que se le demander vaguement. Remettre un humain à sa place et lui rendre service n’étaient pas quelque chose de mal… Lequel pouvait se sentir froissé par son attitude ? Orion ? Ah, elle n’en avait aucune idée… Sa tête tournait, cela n’avait plus d’importance maintenant, qui qu’il soit, il était furieux contre elle et son attitude, la punissant probablement ainsi. Cela pouvait aussi être une simple faiblesse de son corps, mais son corps était lié à eux. En gros, c’était de leur faute, mais à plus forte raison, la sienne.

Elle abandonnait, elle ne comprenait plus rien à ses propres pensées, c’était inutile. Elise voulait se gifler – bien que cela n’aurait pas arrangé son état physique- ou hurler, ou juste dormir. Elle voulait beaucoup et peu de choses à la fois, mais elles étaient toutes impossible à ce moment même. La jeune noble était toujours saine d’esprit, et se frapper et hurler sans aucune raison apparente aux yeux du monde n’était définitivement pas une preuve de santé. Quand à s’endormir au milieu d’une ruelle avec un humain à ses côtés- bien qu’elle doutait qu’il fut dangereux- était bien dégradant et effrayant. De toute façon, dormir alors qu’elle avait déjà froid et dehors n’était pas du tout une bonne idée, cela ne pouvait qu’amplifier son mal. Alors pourquoi cette pluie ne voulait-elle pas cessée ? Si la pluie avait eu une forme humaine, Elise l’aurait trouvée et l’aurait certainement giflé de toute sa force. Elle l’aurait même dépeussé, possiblement. C’était dire à quelle point elle était furieuse à présent, puisque bien qu’elle ne fut pas la plus gentille et innocente demoiselle, elle avait rarement de tels horrible pensées et ne prenait pas autant de plaisir à poignarder mentalement une personne, peu importe son origine, surtout lorsqu’elle celle-ci était un élément. Bien, cela n’avait donc aucun sens, comme tout ce qu’elle avait bien pensé ces dernières minutes. Génial. L’espace d’un instant, elle crut que sa vie était foutue, et si elle n’avait pas été si bonne actrice et consciencieuse de son image, elle se serait mise à pleurer d’exaspération et de dépit. Mais cela aussi était impossible, car pleurer était déjà un signe de faiblesse qui la rabaisserait considérablement, et en plus pleuré devant un humain déchu… La situation n’aurait pu être plus dégradante.

Elle essaya un instant de soulager son esprit en imaginant que c’était le jeune humain qu’elle tuait avec hargne, mais elle n’arrivait pas à s’imaginer faire cela. Elle ne le pouvait pas, aussi horrible que l’on pouvait dire qu’elle était. Que lui arrivait-il ? Elle était bien trop gentille. Dès qu’elle en aurait l’occasion, elle s’en irait en courant, tant pis pour son jeu. Elise avait la vague impression que les règles de son jeu avaient été changées au fil des minutes et l’avaient mise à son désavantage. Elle n’avait aucune raison de continuer ce jeu et de le blesser, et elle l’admettait volontiers à présent, tant que cela lui déchargeait l’esprit. Elle n’osait même plus penser en mal du garçon aux cheveux verts puisqu’il n’y avait rien de mal à penser de lui, à par sa race et sa naïveté maladive. Et que la couleur de ces cheveux était laide. Elle n’avait rien d’autre sur lui, à part que sa gentillesse l’irritait ainsi que sa toux. Il était tellement différent des personne qu’elle rencontrant au château que cela la choquait au point qu’elle en perdait les mots maintenant. Elle était persuadé que si elle l’avait rencontré dans une autre situation et qu’elle avait été en bonne santé, elle l’aurait très vite rendu misérable et elle l’aurait haït, mais voilà, la situation était ainsi, et elle n’y pouvait rien. Pas maintenant. Plus tard. Peut-être. Jamais ? Elle ne le reverrait jamais, autant lui laisser un bon souvenir…

Depuis quand pensait-elle ainsi ? Ah, ses paupières étaient lourdes…

Elle retourna ses yeux violets vers lui alors qu’il agitait la tête avec empressement. Ses joues étaient-elles de nouveau rouge ? Surement cela n’était pas un fruit de son imagination, elle n’avait rien à y gagner, et jusqu’à présent, sa vue n’était pas assez défectueuse pour lui faire voir de nouvelles couleurs là où il n’y en avait pas.


« Pas du tout, c’était…, gentil. C’est juste que, vous voyez, je… Comment dire, je ne mérite pas que vous me disiez toutes ces choses. Que vous soyez.., gentille comme ça, alors que je ne vaux pas grand-chose à côté de vous. J’aurais… J’aurais bien aimé vous ressembler, vous êtes comme une princesse. »

Pendant un moment, elle voulut rire et se moquer de lui en lui demandant si il souhaitait réellement ressembler à une princesse, comme ses paroles le sous-entendaient. Mais elle n’était pour l’instant pas assez prise pour ne pas comprendre ce qu’il voulait dire. Il se sentait inférieur- et c’était clairement vrai- et souhaitait, par une étrange fantaisie de petit paysan, lui ressembler, ne serait-ce qu’un peu, avoir sa beauté et sa grâce. Elle comprenait, en quelque sorte, que l’on pouvait l’enviée. En revanche, elle pensa quelque peu tristement que sa gentillesse n’était pas quelque chose à envier, et que de ce côté-là, s’il y avait quelqu’un à envier, ce serait elle qui le devrait, envier sa gentillesse… Elle aurait tout entendu aujourd’hui. Son sourire qui était réapparu fondait peu-à-peu, s’effaçant de son visage pour n’en laisser qu’une trace légère sur ses lèvres. Elle regarda de nouveau droit devant elle, concentrant son regard sur un lointain point. Elle ne savait que répliquer, mais elle le devait.
En revanche, elle ne pouvait visiblement plus réfléchir correctement, alors les paroles qui sortiraient seraient largement influencés de sa fatigue et de sa lassitude. Et elles sortirent, ces paroles, sur un ton faible et pensif.


« Vous n’avez honnêtement pas grand-chose à envier, si vous saviez, vous ne souhaiterait pas me ressembler, ni avoir une vie similaire. Je ne sais pas ce que vous vivez de votre côté, mais la noblesse n’est pas aussi rose que l’on ne le pense. »

Elle retrouva son sourire et retourna son fin visage vers lui. Elle savait que son masque était fatigué à présent, mais faisait de son mieux pour garder son jeu d’actrice bien haut. Sa voix se fit un peu plus forte et sûre, tout en restant douce.

« Vous ne devriez pas vous rabaisser ainsi. Votre statut ne changera pas, mais je peux vous assurer que je n’ai pas la moitié de votre gentillesse, alors une partie de vous vaux mieux que moi. Une grosse partie. »

Elle le pensait, à moitié. En quelque sorte. Mais il était vrai qu’elle n’avait pas la moitié de sa gentillesse, même pas le quart à priori. Elle détourna de nouveau son regard et recommença à balancer ces jambes, regardant la pluie avec lassitude.

Ne pouvait-elle pas la laisser rentrer maintenant ?

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