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 And the morning came and swept the night away

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Algue suceuse, dominatrice de plumeaux et dirigeante du mouvement d'éradication des fraises.

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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Dim 21 Juil - 4:06

[J'ai honte. Rolling Eyes ]


Alice décréta qu’il était plus simple de prévoir une stratégie contre toute un armée que contre Andreas.

Honnêtement, elle s’en rendait compte à présent, jouer le jeu de la fierté avec le garçon aux cheveux bleu, c’était une mission suicide, plus ou moins. Elle n’allait certainement pas y mourir- la jeune stratège doutait franchement qu’il était en train de planifier son assassinat, et elle ne doutait pas en revanche qu’elle puisse aisément écraser sa tentative- mais certainement qu’elle y perdrait quelques plumes. Lorsque que l’on prévoit un plan contre une armée, au moins on a une indication de ce qu’elle veut faire précisément, des moyens qu’elle peut utiliser, du but final de la chose ! Mais avec Andreas, c’était beaucoup, beaucoup plus compliqué que cela. Honnêtement, Alice n’avait qu’une mince hypothèse du but du bleu, mais et bien qu’elle avait une idée de ses moyens, elle ne pouvait pas être sûre qu’il n’en avait pas d’autres sous la main. Une armée voulait tuer pour gagner. Mais que voulait Andreas exactement ? Pourquoi ?
Elle avait déduit que son but était de la faire réagir, que c’était le jeu auquel il jouait, dans le but se distraire. Etait-ce tout ? Vraiment tout ? De son côté, elle ne voulait absolument pas lui donner satisfaction – et cela sonnait un peu enfantin mais elle essayait de ne pas trop y penser- ce qui nourrissait encore plus son jeu. Honnêtement, si elle avait céder avant, si elle l’avait poussé et éjecter de la salle, tout serait arranger. Quoi qu’elle n’en fût pas certaine, le garçon était tellement… Imprévisible. Voilà, elle voulait simplement en savoir plus sur lui, observer un nouveau caractère, une nouvelle façon d’être. C’était la raison pourquoi elle ne l’avait pas jeté. Ca et sa fierté. Seulement cela.
Mais le fait qu’il soit imprévisible était aussi son problème actuel. Il ne fonctionnait vraiment, vraiment pas comme une armée, ou comme beaucoup de personnes qu’elle connaissait, c’était irritant autant qu’intéressant.

Lorsqu’il glissa ses doigts de son épaule jusqu'à sa clavicule, elle trouva cependant cela beaucoup plus irritant qu’intéressant.


« Alors disons que ça ne veut dire ni l'un, ni l'autre. Vous vous souviendrez de mon nom et vous voudrez me revoir, mais ce seront deux choses tout à fait différentes. Apparemment vous avez une bonne mémoire, de toute façon ! Oublier quelque chose, ça ne doit pas vous arriver souvent. »

A son plus grand regret à l’heure actuelle, oui, elle oubliait rarement quelque chose. Quelqu’un en l’occurrence. Qui plus est, le Nerull pouvait être fier, son comportement lui valait une bonne place assurée dans sa mémoire. Elle n’aurait même pas à le revoir, cette simple rencontre allait alimenter son cerveau pendant un bon moment. Elle était certaine que si elle le lui disait, il sortirait des confettis de sa poche et les lancerait. Ce serait une bonne idée, s’il pouvait en avaler et s’étouffer par accident…

« Et je n'ai que des bonnes idées. Pour ce qui est du résultat, hm... Bon, d'accord, il y a des risques pour que ça ne me plaise pas. Seulement... »

Alice entra dans un état de jubilation interne qui ne se montra pas sur son visage le moment où il enleva ses doigts de sa peau. Enfin. Cependant, elle se rendit vite compte qu’elle avait crié victoire un peu trop tôt le moment où il se pencha encore plus en avant et que leurs visages se retrouvèrent côte à côtes. Proche. Trop, trop proche. Tellement proche qu’elle pouvait sentir son odeur à chaque bouffée d’air inspirée, odeur qui n’était pas déplaisante au moins, maigre réconfort contre la violation de son espace personnel.
Elle concentra toute son attention sur un point fixe au-dessus de l’épaule du garçon, tentant d’ignorer avec dignité la proximité qui la rendait malade. Il faisait chaud d’un coup, non ?


« … Moi, c'est juste le résultat qui m'intéresse. Qu'il me plaise ou pas, on s'en fiche ! En fait je sais que je peux vous faire réagir, c'est une certitude. Je cherche juste comment. Vous n'avez toujours pas d'idée ? Vraiment ? »

Elle ignora également le frisson qui parcouru son corps lorsque le souffle chaud frôla son oreille et que sa voix un peu plus basse lui parvint.
Il n’avait vraiment aucune logique, le rustre. Bien entendu qu’elle n’allait pas donner une hache à son bourreau ! Quel manque de sens. Enfin non, puisqu’il le savait pertinemment, il s’amusait simplement avec ces nerfs, et elle le savait aussi. Elle devait se calmer, vraiment. Grande inspira- oh le parfum. Mauvaise idée.
Alice réalisa alors que le seul moyen qu’elle avait de s’échapper de cette situation était de le satisfaire. Ce jeu n’avait aucun sens, vraiment. Elle pouvait simplement le pousser et tout serait fini. Ou…
Son regard se posa sur le cou exposé de son ‘camarade’ de jeu. Tant qu’à réagir et le satisfaire, autant le faire souffrir dans la foulée. Elle pensa un instant à l’étrangler, mais ce serait bien trop de peine pour un simple servant qui l’horripilait. Son cou était si proche de son visage alors autant faire usage de cet avantage que lui offrait son adversaire.
Elle laissa s’échapper un faible soupire et tourna très légèrement son visage afin d’arriver à un alignement plus convenable entre sa bouche et le cou nu du bleu. Ce pouvait aussi être une expérience intéressante, honnêtement, de céder sans vraiment le laisser gagner. Elle y gagnait quelque chose aussi, vraiment. Alice hésita un instant à parler. Y avait-il vraiment quelque chose à dire ? Devait-elle vraiment le faire ainsi ?

Elle ferma les yeux une seconde et décida que pour une fois, elle devait arrêter de trop réfléchir et faire une action un peu contre-nature ; ainsi elle pourrait également observer une nouvelle réaction face à un comportement inattendu. Oui, c’était parfait.

Alors elle le mordit. Aussi simplement que cela. La jeune fille avança son visage, ouvrit la bouche et referma ses dents sur la peau blanche du garçon pour quelques secondes.
Ensuite elle tenta de ne pas regretter son geste et de ne pas s’enfuir en courant. Elle devait garder son calme et sa contenance, visage impassible… Comme si de rien n’était – ce qui s’avérait être un peu plus difficile qu’elle ne le pensait.
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Jeu 25 Juil - 7:36

Et il parlait, parlait, parlait – noyait le faux dans le vrai, à moins que ce ne soit l'inverse. Ses lèvres s'étiraient sans arrêt, sa bouche ne cessait de s'ouvrir et de se refermer, quitte à inventer tout et n'importe quoi pour prolonger la conversation : sa voix aurait pu remplir la salle à elle toute seule, tant il se plaisait à aligner voyelles et consonnes sans discontinuer. Contrairement à ce qu'il pouvait laisser penser au premier abord, Andreas gérait pourtant aussi bien le silence que le dialogue ; c'était simplement une tactique comme une autre. Il voulait parler encore et encore, la faire sortir de ses gonds, la pousser au bord du gouffre, à un centimètre ou deux de la craquelure définitive qui lui ferait voir une aussi jolie réaction que celle d'il y avait quelque instants avec l'araignée. Il voulait la voir nue – au sens figuré. Et peut-être au propre aussi, mais l'ambition n'était pas la même. Pour l'instant, la sentir mal à l'aise lui suffisait. C'était malsain, sans doute, mais bien moins que ce qu'il avait pu infliger à d'autres par le passé. Vouloir la faire plier, ce n'était pas prévoir de la briser. Comme elle en avait, de la chance !
Perdu dans calculs et probabilités, concentré sur un point sans importance du paysage, le jeune homme fit glisser ses paumes sur la table. Un centimètre ou deux, pas plus, pour alléger le poids qu'il infligeait à ses pauvres bras. Ce n'était pas plus agréable pour elle que pour lui, quoi qu'elle puisse en penser. Lui aussi était un peu trop proche, lui aussi était très vaguement gêné – lui aussi devait surveiller ses paroles et ses agissements, et lui aussi craignait de perdre un peu plus que prévu en jouant de trop près avec le feu. Les êtres vivant étaient imprévisibles. Il lui arrivait encore d'avoir des surprises, même après une étude poussée de l'individu : alors s'il n'avait pas encore tout décrypté, pensez vous...
Elle aurait pu lui créer tant d'ennuis qu'il pouvait presque sentir la corde serrée autour de son cou. Un pas de travers et ce serait la trappe ; crac. Pauvre nuque.
Le soupir d'Alice le poussa à se taire ne serait-ce que quelques secondes supplémentaires. Un soupir, c'était déjà quelque chose : ça avait un sens, même faible. Clignant des yeux à mesure régulière, inspirant et expirant contre la peau de la jeune fille sans songer à faire le moindre pas en arrière, il lui accorda le bénéfice du doute. Rester là à ne rien faire ne la desservirait pas : d'un autre côté, il n'en serait pas plus avancé non plus. Rester stoïque ou enfin le menacer avec une réelle autorité pouvait marcher. Il ne le niait pas. En l'absence de réactions, il ne pouvait pas les inventer. Ça n'aurait pas été drôle, mais...

« Eh – ! »

Son cœur rata deux ou trois battements, ses yeux s'écarquillèrent – et s'il ne put rien faire contre la tension qui crispa son corps, il ne put pas plus empêcher sa voix de s'enfuir en une exclamation étranglée. Pour une fois, son corps n'avait pas attendu son cerveau avant de réagir comme bon lui semblait. C'était détestable. Gênant, aussi ; il détestait être pris au dépourvu. Être surpris. Ne pas voir les choses venir. Or ça, il ne l'avait vraiment pas vu venir. Mais alors vraiment pas.
Elle venait bien de le mordre, là ?
Aussitôt que le contact entre les dents de la jeune fille et sa peau fut rompu, il posa sa main contre son cou et fit un pas en arrière, dos redressé. Il avait parfaitement conscience que montrer son embarras ne lui ferait pas marquer beaucoup de points dans leur petit jeu, mais là il n'avait pas vraiment le choix. Restait à considérer qu'il le faisait exprès. Tricher un peu ne le gênait pas le moins du monde. La vérité était une notion bien malléable, après tout, non ?

Alors soit. Il était surpris, il était gêné. Admettons que ce soit fait exprès ; rideau, s'il vous plaît.
On se reprend. Un peu de sérieux dans la salle. Il inspira.

« … Vous ne faites pas les choses à moitié, lâcha-t-il d'une voix douce, lèvres courbées sur un sourire encore surpris. Ça fait un peu mal, vous savez ? »

Andreas avait connu bien pire, mais du moment qu'il avait pu le sentir c'était à peu près vrai, juste un peu faux. Ça faisait un peu mal. A peine. D'un autre côté, comme il se plut à le penser la seconde d'après, ce n'était pas nécessairement désagréable non plus. Il y avait mordre et mordre ; déchirer la  peau était une torture qu'il préférait ne pas connaître, ni avoir à appliquer. Il détruisait mentalement, pas physiquement. Sentir les os craquer ou les tissus se briser, non merci. Rien qu'y penser aurait pu le rendre malade. Mais si c'était mordre, juste mordre, lui aussi savait le faire. Il était encore suffisamment proche d'elle pour l'ennuyer à loisir. Pensif, presque dans la lune, il massa sa nuque.
Ahhhh. Quelle fille insupportable.

« Vous ne devriez pas faire ce genre de choses. C'est, comment dit-on déjà... » Il fit mine de chercher ses mots, songeur. « Ah, inconvenant ! C'est inconvenant. Vous imaginez, un peu, toutes les manières dont je pourrais vous interpréter... »

Le cœur serré, il ne mentait qu'à moitié. Elle l'avait gêné ; il voulait la détester. Ce n'était que justice. Tromper les autres, les surprendre et les faire tour à tour sauter au plafond et se cacher sous les tables, c'était son rôle. Le sien. A lui. Lui rendre la monnaie de sa pièce était désagréable, oui ? Oui.
Sa main retomba le long de son côté. Sans mot dire, faussement amusé, il revint appuyer sa paume droite contre la table. La gauche, elle, vint tapoter sur la jambe d'Alice. Regarde, je viole ton espace personnel ; ça t'ennuie, hein ?

Sans prévenir, il clôt la distance entre leurs lèvres. Un instant, juste le temps de se frôler – rien qu'une toute petite seconde avant de ne se redresser, toujours assez proche pour qu'elle puisse l’attraper par le col ou le frapper si l'envie lui en prenait. Toutes les réactions l'intéressaient. Si elle avait décidé d'être imprévisible, il pouvait l'être aussi.
Même s'il souriait juste un peu moins, c'était beaucoup plus drôle ainsi. Lui en tout cas trouvait ça hilarant.

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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Sam 27 Juil - 7:06

Rester impassible en toutes situations, Alice n’avait jamais trouvé cela très difficile – tant que les araignées et les fantômes ne sont pas concernés. C’est simple comme bonjour pour elle de rester stoïque en face de n’importe qui, malgré tout ce qu’elle peut bien entendre. Cependant il semblerait qu’elle avait surestimé sa capacité à rester calme, ou peut-être que c’était simplement car jusqu’à ce jour, elle n’aurait jamais imaginé se trouver face à une telle situation.
Il faut dire qu’il est dur de s’imaginer une situation dans laquelle elle aurait le besoin de mordre un servant, un situation de proximité avec un servant tout court est déjà assez tiré par les cheveux, mais si en plus elle devait imaginer avant que cela n’arrive une rencontre avec un être qui semble obséder par les réactions… Maintenant qu’elle y pensait, elle-même avait une sorte d’obsession pour les réactions – déformation professionnelle oblige. Au moins elle avait une bonne raison, elle ! Lui… C’était un servant. Elle reconnaissait qu’un servant puisse être intelligent, elle reconnaissait qu’il puisse être un peu étrange, mais là, s’en était presque ridicule. Tout servant connaissait sa place et elle n’était certainement pas à quelques centimètres à peine de la stratège.

En parlant de distance, il semblerait qu’aussi fou et embarrassant que son action fut, elle fit son petit effet, effet qu’Alice eu le loisir d’observer avec satisfaction en ignorant la chaleur et son cœur dont les battements étaient un trop rapides pour être normaux. Elle avait certes dû sacrifier un peu de sa fierté dans l’action, elle avait dû répondre à ses provocations, mais le résultat en valait le coup sans aucun doute. Depuis le début de leur petite conversation, elle avait rarement eu l’occasion de le désarçonné et de le voir ainsi perturbé lui faisait plutôt plaisir. En plus d’avoir regagné un peu de son espace personnel, elle obtenait un Andreas Nerull qui semblait plus que surpris, qui ne contrôlait plus son expression ni sa voix ; double satisfaction donc.
Bien entendu, cela ne pouvait pas durer, à son grand malheur. Il fallut au garçon bien peu de temps pour se ressaisir, trop peu au goût d’Alice. Un sourire était déjà de retour sur son visage, bien que loin de son ennuyant, très ennuyant sourire malicieux, donnant à Alice l’envie de le mordre de nouveau afin de le lui faire perdre.


« … Vous ne faites pas les choses à moitié. Ça fait un peu mal, vous savez ? »

Oh oui, elle espérait bien que cela faisait mal ! Même si ce n’était qu’un peu, c’était satisfaisant, elle se sentait un peu plus légère d’avoir pût lui mettre à lui aussi un bâton dans les roues de sa calèche qui avançait bien trop vite à son goût peu avant. Elle réprima le sourire qui tentait de percer sur son visage depuis qu’il avait légèrement reculé, tachant de garder son visage impassible tout en observant le garçon qui se massait la nuque. A présent, à quoi pouvait-il bien penser ? Alice était certaine qu’il ne s’arrêterait pas là, pas en si bon chemin, pas lorsqu’elle était celle qui avait le dernier mot, en quelque sorte. Non, ce n’était pas le type du servant que de faire marche arrière, c’était ce qu’elle avait pût observer tout au long de leur conversation. Forcément, il allait trouver quelque chose de pire encore.
Rien que d’y penser, elle n’avait pas l’esprit tranquille. Elle aurait dû s’y attendre, elle aurait dû y penser avant de faire quoi que ce soit. Cependant il s’avérait difficile pour Alice de réfléchir librement aujourd’hui. Le garçon aux cheveux bleus jouait à merveille le rôle d’interférences…


« Vous ne devriez pas faire ce genre de choses. C'est, comment dit-on déjà... Ah, inconvenant ! C'est inconvenant. Vous imaginez, un peu, toutes les manières dont je pourrais vous interpréter... »

La jeune femme pouvait imaginer cela, mais elle était certaine qu’il ne l’interpréterait d’aucune manière autre que comme si elle avait décidé de le pousser. Il n’y avait rien derrière son action que l’intention de le faire réagir lui, tout comme il n’y avait probablement comme seul but dans la proximité que de la faire réagir elle. Inconvenant… Le mot dans la bouche du bleu lui semblait presque risible. C’était lui qui disait cela, lui qui était si proche, lui qui prenait la liberté de la toucher alors qu’honnêtement, elle n’avait rien demandé ?
Et c’était lui qui se penchait de nouveau face à elle, c’était lui qui touchait sa jambe là. S’il y avait quelqu’un d’inconvenant ici, c’était bien lui. Proche, trop proche, bien, bien trop proche, c’était tout ce que son cerveau était à présent capable de formuler comme pensée ; une sorte d’alarme s’était enclenchée et Alice savait à présent que provoquer le garçon ainsi n’était pas la meilleure idée.

C’était court, elle aurait presque pu le rêvé, mais elle savait que c’était vrai parce qu’elle ne rêverait pas une telle chose, c’était absurde. L’espace d’une seconde le servant avait violé toutes les règles de ce qui était convenant. Son cœur bondit violement dans sa poitrine et ses yeux s’agrandirent vivement sur le coup de la surprise. Il avait osé. Il avait été jusqu’à là. Il devait franchement n’avoir aucune volonté de survivre.

Le rustre. L’idiot. Le bâtard. L’infâme. Il l’avait embrassé.

Alice était certaine de ne pas avoir assez de vocabulaire pour insulter comme il se faut, elle n’en avait même pas la force. Elle se contentait de regarder en face d’elle, les yeux grands ouverts, le visage figé dans sa surprise. Honnêtement, elle n’avait jamais compris auparavant le problème avec un baiser sur les lèvres, elle ne voyait pas du tout en quoi c’était si spéciale… Mais à présent, elle le comprenait totalement.
Son cœur lui faisait mal, elle se demanda vaguement si elle tombait malade mais elle savait bien que ce n’était pas le cas. Calme, calme. On inspire, on expire. On se contrôle. Le frapper ne servirait à rien, alors-…

Trop tard, sa main droite était déjà partie sans que son cerveau n’ait le temps de réfléchir à une solution plausible à cette nouvelle colle, et elle atterrit sur la joue du garçon aux cheveux bleus sans aucune délicatesse. Là aussi, elle espérait qu’il aurait mal. Aussi rapidement, sa main gauche bondit afin d’attraper le col du garçon, désirant le maintenir en place ; hors de question de le laisser s’enfuir en courant, bien qu’elle doutait que ce soit son plan de toutes façons. Sa main droite glissa légèrement sur vêtements du garçon avant de trouver à s’agripper fermement à un pan de sa veste. Si ses yeux avaient repris leur taille originale, son cœur ne cessait d’avoir son propre marathon dans sa poitrine. Le sang martelait à ses tempes dans un vacarme assourdissant qui l’empêchait de réfléchir correctement à autre chose que de multiples moyens de tuer le garçon.

Doucement Alice, calme-toi, réfléchis.

Cette fois si elle ne chercha pas à éviter de regarder le visage du garçon. Son visage se décrispa peu à peu jusqu’à ce qu’elle retrouve son expression paisible et elle prit une grande inspiration avant de dire d’une voix plate – elle se félicita d’ailleurs de son incroyable contrôle.


« Vous savez, vous ne devriez pas faire ce genre de choses. C’est… » A son tour, elle fit mine de chercher ses mots. « Inconvenant, voilà. C’est inconvenant, Andreas. »

Elle accentua bien le prénom de son interlocuteur, ses lèvres s’étirant en un sourire qu’elle voulait aussi ennuyant que le sien le fut pour elle. Elle regretta s’être emportée en le frappant l’espace d’une seconde, puis se dit que ce n’était pas si mal au final, cela lui avait permis d’évacuer un peu la pression, après tout.
Sans effacer son sourire qui semblait trôner avec tant d’aisance sur son visage, comme s’il avait toujours été là, elle demanda, d’une voix volontairement piquée d’un zeste de fausse curiosité.


« Dîtes-moi, comment devrais-je interpréter ce geste, Andreas ? J’ai bien peur de n’en avoir aucune idée moi-même.»


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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Ven 9 Aoû - 6:25

Par réflexe, le corps d'Andreas se crispa juste avant que la main de la jeune fille ne heurte sa joue. Impossible de faire autrement ; il ne contrôlait pas ce genre de réactions basiques. Personne n'en était capable. Il s'appliqua en revanche à réprimer tout rire, toute grimace déplacée qui aurait pu trahir une quelconque émotion. Quelle fille violente, mince ! Ce n'était qu'un baiser, après tout. Trois fois rien. Une broutille. Pas de quoi en faire un drame. Ceci dit, parce qu'il avait senti la claque venir et qu'il la savait méritée, il ne chercha pas le moins du monde à s'enfuir quand la demoiselle vint agripper le col de sa chemise. Étrangement, il doutait que ce soit parce qu'elle ne pouvait plus se passer de lui. Quelque chose lui soufflait même qu'elle ne devait pas penser grand chose de positif à son égard en ce moment ; de son côté, il jugea ce résultat satisfaisant. C'était un jeu comme un autre.
Tant qu'elle n'en profitait pas pour lui arracher les deux yeux, du moins. Le défigurer aurait été vraiment excessif. Il l'avait ennuyée, elle l'avait mordu, il l'avait embrassée, elle l'avait giflé – et il n'était pas très doué pour tenir les scores, mais à vue de nez ils devaient être plus ou moins quittes, non ? D'autant plus que jusqu'à preuve du contraire, un baiser ne tuait pas. Surtout s'il était chaste. Une morsure était beaucoup plus douloureuse déjà, et la brûlure qu'il sentait sur sa joue ne l'était pas moins ; des deux, en sommes, c'était elle la sauvage cruelle et rancunière.

Lui ne faisait qu'être excessivement agréable. Parfaitement gentleman.

Laissant papillonner ses yeux sur le visage d'Alice, tantôt ici tantôt là, le serviteur chercha à déterminer ce qu'elle pouvait observer en ce moment. C'était assez difficile à dire. Il avait beau avoir l'impression de capter son regard, ce n'était rien de plus qu'une idée très vague et impossible à vérifier : les Esprits et leurs iris vides de sentiments étaient définitivement casse-pieds. Droite, gauche, devant, derrière ? Joker. A défaut des yeux, il se concentra donc sur la courbe de ses lèvres. Son expression neutre cachait forcément quelque chose. On ne passait pas d'une gifle à la plus parfaite indifférence en quelques battement de cœur sans en garder des séquelles au fond de soi, aussi infimes soient-elles. C'étaient précisément ces petites craquelures sous la surface qui intéressaient le jeune homme. Ces petits, tout petits, minuscules ratés qu'elle ne pourrait pas contrôler. Les infimes détails qui lui permettraient de prendre une longueur d'avance sur la jeune femme.
Ça ne se jouait qu'à ça. Les mouvements en apparence les plus insignifiants scellaient le sort des plus grandes batailles.

« Vous savez, vous ne devriez pas faire ce genre de choses. C’est…  Inconvenant, voilà. C’est inconvenant, Andreas. »

Joli. Un sourire faussement désolé vint se peindre sur les lèvres d'Andreas en réponse à celui de son interlocutrice. Elle avait été inconvenante, lui l'avait été également... Quel duo de rustres sans manières, vraiment : ils n'avaient pas de quoi être fier. Amusé mais méfiant, le serviteur prit grand soin de mémoriser l'expression qu'arborait l'Esprit. Voir une statue de marbre s'animer avait quelque chose de fascinant et, en même temps, il n'était pas sans savoir qu'une femme blessée savait être mille fois plus dangereuse qu'un homme en colère. Elles avaient la fâcheuse tendance d'être plus fourbes que leurs camarades masculins. Enfin, véridique ou non, lui n'aurait pas été boire le thé d'une femme vexée. Sait-on jamais.

« Dîtes-moi, comment devrais-je interpréter ce geste, Andreas ? J’ai bien peur de n’en avoir aucune idée moi-même.»

Ses bras, serrés près de son corps, durent résister à l'envie de revenir s'appuyer contre le bois de la table. Le fait que la situation soit inversée – elle qui le tient, lui qui attend – était franchement risible. Dans le bon sens du terme, soit entendu. Il n'avait pas la plus petite idée de la réponse à donner pour en arriver là où il voulait en arriver, pas plus qu'il ne savait où il voulait les amener au juste ; son plan se résumait plus ou moins à « la faire réagir », sans trop de précisions. Il fallait juste veiller à ne pas trop l'énerver. Ne pas se mettre en position de faiblesse. A côté de ça, sa marge de manœuvre était assez large pour lui permettre un peu tout et n'importe quoi.
Tout en nuances et en finesse, bien entendu.

« Comme vous le souhaitez, répondit-il en lui adressant un sourire hésitant. C'était plutôt flatteur, en tout cas. Contrairement à votre réaction. »

Ses lèvres s'étirèrent sur une expression à mi-chemin entre la confusion et la réflexion. Quel masque mettre, quelle intonation adopter...

« Quoi qu'il en soit, je ne regrette rien. Je vous ai fait réagir, oui ? »

Bien sûr que oui. Son sourire passa de l'excuse à la satisfaction.

« Et puis c'était agréable. Vous êtes fiancée ? »

Andreas savait à peu près autant où il allait qu'un aveugle en plein désert ; savoir repérer les sens interdits et marquer les champs de mine lui suffisait à ne pas se perdre ou risquer d'y laisser des plumes. La sortir de sa zone de confort était la condition sine qua non au bon déroulé de cette conversation : le tout était d'y parvenir sans sortir des limites pour autant.
Vu le nombre de portes de sortie, il ne craignait pas vraiment pour sa vie.
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Dim 18 Aoû - 19:10

La pensée qu’en deux temps trois mouvements, Alice avait la possibilité de se débarrasser du garçon aux cheveux bleus était en quelque sorte rassurant à ses yeux ; c’était son pilier, elle s’y tenait et si l’eau montait trop, elle pouvait grimper dessus, s’échapper de la menace.

Se ressasser cela, se dire que quasiment en un claquement de doigts, elle pouvait faire autant de dégâts que lui ne lui en avait infligé, oui, voilà là une pensée qui la calmait quelque peu. Toutefois, aussi rassurant que cela soit, l’idée semblait étrangement humiliante, elle était dérangeante, enfantine. Tout ce qu’Alice détestait. Utiliser ainsi son rang supérieur – bien que durement acquis- ne consisterait-il pas à montrer qu’elle éprouvait de la crainte à son égard, que le Nerull avait réussi là où beaucoup avaient échoués, à la mettre hors d’elle ? Au fond, personne ne saurait qui est le vrai gagnant dans l’histoire ; peut-être qu’elle en aurait l’air, mais la jeune stratège aurait ce sentiment amer de défaite, un goût qui lui resterait pour longtemps en travers de la gorge et empêcherait son corps de fonctionner normalement. Céder à la tentation du pouvoir n’était jamais une bonne chose, en son opinion propre.
Non, elle n’avait pas envie de prendre le chemin le plus court, le plus simple, qui serait en réalité plus une défaite écrasante qu’une victoire. Alice devait gagner avec ce qu’elle avait de mieux, ce qui fait qu’elle était là aujourd’hui, tenant la corde au cou du bleu ; son cerveau. Sûr, à ce moment même où il bouillonnait seulement d’idées de torture, ce n’était pas évident pour elle de trouver des solutions valables qui n’avaient pas pour but la souffrance physique – bien qu’elle devait avouer que c’était assez relaxant d’utiliser celle-ci. Elle n’appréciait pas spécialement le fait de faire souffrir quelqu’un, au contraire, elle ne connaissait que trop bien la douleur et savait mieux que se venger de celle-ci en rendant la pareille à diverses personnes, sa conscience lui interdisait en quelque sorte, cependant elle devait bien avouer qu’après le dur traitement de ses nerfs durant sa conversation avec le Nerull, la jeune demoiselle prenait une sorte de plaisir malsain à vouloir le faire souffrir. Avec un certain dégoût, rien qu’en y pensant, elle devait se rendre à l’évidence qu’il avait déjà gagné pas mal de terrain sur elle.
Et il ne semblait pas vouloir le lui rendre, ce terrain. Il se l’appropriait, s’installait comme si de rien n’était, comme si elle lui avait gracieusement offert avec un sourire. Andreas avec ses manières- ou plutôt non-manières – lui rappelait étrangement les chats qui ne se gênaient absolument pas pour s’approprier tout l’espace vital de ses maîtres, ainsi que leur cœur, sans que l’on ne s’en aperçoive. Un matin on les retrouve dans son lit et parce qu’ils sont trop adorable, l’on n’a pas la force de les pousser en dehors. Pas qu’elle pensait avoir un jour le Nerull dans son lit en se réveillant. La pensée l’horrifiait, tout simplement. Et puis, au moins, les chats sont mignons. Lui il…
N’était pas laid. Plutôt mignon. Le plus elle comparait, le plus la ressemblance avec un chat lui semblait frappante. De mauvaises, mauvaises créatures, les chats… Et pourtant, peu de gens ne les aimaient pas. Alice n’était pas une exception. Actuellement, elle avait un intérêt assez prononcé pour ces animaux, se demandant bien souvent ce qu’ils pouvaient avoir dans leur petite tête. Peut-être était-ce un peu fantasque de sa part, mais elle aimait penser que les animaux ont une conscience, pensent et réfléchissent ; les chats en particulier semblaient avoir une intelligence plus développée, un esprit de manipulation caché sous des allures adorables.

En ce sens, oui, Andreas Nerull ressemblait à un chat. Avec son grand sourire et ses airs de gentleman, il n’était en réalité qu’un rustre, un manipulateur qui n’hésitait pas à tout utiliser pour arriver à ces fins, toujours en ayant l’air parfaitement innocent. Honnêtement, elle ne pouvait s’empêcher d’admirer cela, un peu. C’était surtout un sujet d’étude passionnant et… Non, Alice ne se cherchait pas d’excuses pour justifier cette absurde discussion – si l’on pouvait toujours appeler cela une discussion à ce point.
Au prix de nombreux sacrifices, elle étudiait, elle expérimentait ; la seule différence était que pour la première fois, la jeune femme s’investissait totalement dans son expérience, et forcément, c’était dur.


« Comme vous le souhaitez. C'était plutôt flatteur, en tout cas. Contrairement à votre réaction. »

Oui, donc comme une grande violation de son intimité, voilà comment elle interprétait son geste. Au second plan, avec plus de réflexion, elle en avait déduit que ce geste ne voulait rien dire de plus qu’une simple provocation afin de la faire réagir. Alice laissa son sourire tourner au narquois. Eh bien, sa réaction était ce qu’il voulait, non ? Il ne devrait pas s’en plaindre.
Bien que son cœur lui jouait toujours des tours et nuisait affreusement au bon fonctionnement de son cerveau, la stratège n’oublia pas sa mission première d’observation, analysant avec autant d’attention qu’elle pouvait rassembler les expressions changeantes et fleurissantes sur le beau visage de son interlocuteur. Tâche qui s’avérait de plus en plus difficile, à son incompréhension la plus totale. Frustrant, frustrant…


« Quoi qu'il en soit, je ne regrette rien. Je vous ai fait réagir, oui ? »

Frustrant.

« Et puis c'était agréable. Vous êtes fiancée ? »

Agréable ? Vraiment ? La première partie l’avait déjà tellement retournée que la deuxième partie ne lui laissa tout d’abord pas une forte impression.
Pour elle, c’était tout sauf agréable. Alice faillit lui rire au nez, se retint de lui envoyer un poing dans le nez et se contenta d’hausser un sourire de manière à lui faire part de son désaccord, son sourire disparaissant de nouveau dans une expression neutre. Se faire embrasser par une personne telle que lui n’avait rien d’agréable. Cela n’avait duré qu’une seconde et elle voulait… Elle ne voulait rien du tout. En y réfléchissant, bien qu’elle aurait dû être dégoutée à l’idée d’être ‘souillée’ par la ‘vermine’, elle ne ressentait rien de tel, une fois la surprise et l’envie de meurtre mises de côté. Oh, Alice aurait tellement aimé que cela soit aussi simple, qu’elle puisse affirmer qu’il n’y avait rien de plaisant dans la proximité inconfortable, dans ce geste particulier, mais si elle était totalement honnête et essayait d’être aussi objectif que l’on puisse être avec soi-même… Et bien elle ne se sentait pas souillée. Elle n’avait pas envie de se laver les dents pendant des heures, de s’arracher les lèvres ou de le frapper. Pas pour cela en tout cas.
Certes, il n’aurait jamais dû faire cela, il méritait cette gifle, toutefois, à la guerre tout est permis, en tant que stratège de l’armée de l’Ouest, elle était plus que bien placée pour savoir cela. C’était un joli coup, elle l’admettait.
C’était probablement ce qui l’énervait le plus, au fond, le fait qu’il gagne aussi aisément du terrain sur elle, qu’elle se laisse aller comme cela, que son cœur ne la laisse plus en paix. Elle perdait pied, elle n’avait aucune idée d’où elle allait, ce qu’il se passait, et elle détestait cela. Alice était furieuse, mais après elle-même ; le servant était la cause de son état alors elle s’en servait pour décharger toute cette frustration.

Rien n’allait plus.

La deuxième partie la frappa de plein fouet une fois qu’elle eut décidé de repousser le plus loin possible – pour l’instant- cette réflexion qui la déstabilisait au plus haut point. Fiancée, elle ? Elle n’en voyait pas l’intérêt, elle n’avait aucune raison de l’être. Son statut différait de celui des nobles qui eux se mariaient pratiquement automatiquement à un semblable, et en toute sincérité, l’idée ne l’avait jamais effleurée. Inutile, tellement, tellement inutile.
Cette question devait bien avoir un sens cependant, il ne la posait pas comme cela, juste pas curiosité, n’est-ce pas ? Peut-être qu’il voulait savoir s’il devait s’attendre à des représailles pour avoir osé embrasser la femme d’un autre, ou encore savoir s’il était l’un des premiers en empiété sur son terrain. Avec le Nerull, difficile de savoir.
Ne voyant pas d’intérêt à mentir ou éviter la question – et y voyant aussi une façon de détourner l’attention de la conversation sur le malencontreux baiser- Alice regagna rapidement un petit sourire espiègle ; elle devait jouer aussi, oublier sa furie pour un moment et simplement trouver un moyen de l’avoir. Quoi de mieux pour cela que de jouer sur le même terrain ? S’il prenait un peu du sien, il n’y verrait probablement aucun inconvénient à ce qu’elle prenne du sien.


« Fiancée ? Vous auriez-dû penser à cela avant de faire un geste aussi inconscient, mon cher. »

Prétextant de s’intéresser soudainement à une poussière sur la veste impeccable du bleu, elle lisse de sa main le tissu immaculé, se servant de la particularité de sa race pour faire mine de fixer sa poitrine avec intérêt sans pour autant dévier son attention du visage du garçon. Elle prit son temps avant de parler, entreprenant de redonner une allure plus convenable aux habits de son interlocuteur, profitant de l’occasion pour desserrer les poings et lâcher entièrement ce dernier. Elle remettait le col en place lorsqu’elle continua sa réplique.

« Je ne le suis pas. »

Simple, efficace, mais insuffisant.

« Vous savez, j’ai toujours trouvé les relations et les contacts inintéressants dans un cadre personnel, alors un fiancé, un mari, des amis… Les gens sont ennuyant.»

Elle s’arrêta soudainement de bouger tout simplement. Honnêtement, elle n’avait aucune idée de ce qu’elle faisait, de ce qu’elle allait faire, ce qu’elle allait dire. Frapper fort, frapper juste. Le prendre par surprise. Les idées ne venaient pas, Alice paniquait. Légèrement. Beaucoup. Vite, une idée.

« Mais vous. Vous Andreas. Vous êtes différent. C’est ennuyant, c’est frustrant, mais je ne peux pas vous lire, je n’ai aucune idée de ce que vous pensez, de ce que vous allez faire. Vous êtes une énigme, et je déteste cordialement les énigmes sans réponse, cela va de soi. Alors vous m’intéressez. Je veux vous garder proche jusqu’à ce que le mystère soit percé, et je pense que c’est le plus proche d’une envie d’une quelconque relation que je n’ai jamais été. »

Qu’est-ce qu’elle racontait au juste ? Mensonge, vérité ? Elle ne saurait elle-même le dire. Les mots sortaient, bien plus vite qu’elle ne pouvait les formuler dans sa tête qui tournait, tournait…
Ce n’était pas censé aller comme cela, elle devait le battre, elle devait s’allonger sur son terrain, manger sa liberté de mouvement et de paroles, pas soudainement craquer. Alice se justifia à son cerveau en se disant que peut-être ainsi, elle pouvait le surprendre.
D’un seul coup, ses poings se fermèrent de nouveau sur le col du bleu et elle le tira vivement en avant afin de ramener leurs visages à une proximité inconvenable, agréablement surprise qu’il ne perde pas l’équilibre et ne s’écrase sur elle.
Alice détestait cette expérience, elle se sentait mal. Il faisait chaud, sa tête tournait, son corps ne lui répondait plus, son cœur ne cessait de tambouriner dans sa poitrine. Insupportable, c’était insupportable. Elle devait y mettre un terme, et si possible en gagnant, sans perdre la face.
Presque impossible, n’est-ce pas ?


« Je me sens mal, et c’est à cause de vous. Je ne peux pas vous détester, pas vous oublier, encore moins penser à quoi que ce soit d’autre. Prenez vos responsabilités, faites quelque chose, vous qui êtes si malin ! »

Les sourcils froncés, la voix plus haute qu’habituellement, plus animée aussi. Elle avait presque envie de pleurer tant elle se sentait perdue dans l’épais brouillard. Rien ne l’avait préparé à tout cela, rien dans les livres, rien de ce qu’on avait pu lui enseigner. Le pire, la stratège pensait, le pire était que peut-être qu’elle ne détestait pas tout à fait ce sentiment.

A cause de lui, tout était à cause de lui. Il devait payer, il devait être déstabilisé lui aussi, sinon ce n’était pas juste. C’était si simple, la réponse, juste à portée de main.

Elle n’eut qu’à tirer un peu plus sur le col pour lui rendre la pareille, son esprit embrouillé ne trouvant rien de mieux en réponse à tout ses problèmes.




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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Jeu 5 Sep - 20:59

S'il ne savait pas pourquoi il agissait comme il le faisait, s'il n'y avait qu'une trame dessinée en pointillés derrière la moindre de ses actions – s'il plaçait ses pions au hasard, aléatoirement, alors elle ne pourrait pas deviner ce qui n'existait pas, non ? Bien sûr que non. Andreas jouait toujours seul, même lorsqu'ils étaient deux à faire avancer leurs pièces sur le plateau. Les autres n'avaient que peu d'importance. Seuls leurs réactions, leurs expressions, leurs réflexions et leurs tourments, seuls ces légers tressautements d'épaules et ces respirations affolées l'intéressaient. A travers eux, il pouvait être qui bon lui semblait ; ces gestes perdus et ces baisers volés l'imprimaient dans la vie de ses interlocuteurs avec la sûreté d'un fer rouge. S'il ne voulait pas qu'Alice l'oublie, alors elle ne l'oublierait pas. Point. Puisqu'il fallait se montrer entreprenant pour pouvoir bouger les pions de l'adversaire sans qu'elle s'en rende compte, alors il le ferait. Aussi simple que ça.
Aussi compliqué que ça.
Elle souriait, il souriait,  et au final il n'aurait su dire lequel des deux mentait. Elle, lui, personne ? Peut-être les deux. Peut-être faisait-elle n'importe quoi, tout comme lui. Peut-être allait-elle répondre, peut-être pas ; peut-être se contenterait-elle d'un silence pesant, peut-être s'en irait-elle sans plus tarder, peut-être le noierait-elle sous un million de mots, peut-être éviterait-elle la question... Aucun scénario ne lui semblait significativement plus improbable qu'un autre. Ça faisait longtemps, vraiment, qu'on ne l'avait pas perdu comme ça – à supposer que ce soit déjà arrivé. Impossible de dire où cette discussion les emmenait : tout ce qu'il savait avec certitude était que le chemin s'avérait sérieusement plus glissant que prévu. Au premier faux-pas, ce serait la chute.

« Fiancée ? Vous auriez-dû penser à cela avant de faire un geste aussi inconscient, mon cher. »

Hors de question de déraper.
Sans laisser faner son sourire, le serviteur baissa les yeux vers les mains qui glissaient sur son uniforme. Comme c'était aimable, de lisser ce qu'elle avait froissé ; il songea à la remercier, puis se décida finalement sur un haussement d'épaule si bref qu'il aurait pu être pris pour un spasme. Elle n'avait pas tort, après tout. Il aurait dû penser au fiancé en colère avant de l'embrasser, certainement – ne serait-ce que par respect pour le concerné, si cette notion ne lui avait pas été quasiment étrangère. On embrasse pas la femme d'un autre. Quel genre de rustre sans éducation aurait été pousser une demoiselle à l'adultère, vraiment...
Ceci dit, il se moquait éperdument des sentiments d'un mari trompé. Son geste n'avait absolument pas été inconscient. Il ne regrettait rien ; et puisque ce qui est fait est fait, des remords ne lui auraient été d'aucune utilité.

« Je ne le suis pas. »

Voilà qui réglait le problème. Tant mieux.

« Vous savez, j’ai toujours trouvé les relations et les contacts inintéressants dans un cadre personnel, alors un fiancé, un mari, des amis… Les gens sont ennuyant.»

Sourcils courbés, Andreas tenta de démêler le faux du vrai. Pourquoi lui raconter de son plein gré ce qu'elle pouvait parfaitement garder pour elle ? Soit elle mentait, soit elle cherchait à le déstabiliser – et à l'idée qu'elle puisse dire la vérité, son sourire s'évanouit petit-à-petit. Ce n'était pas tant un problème, si ? Qu'elle décide de lui expliquer sa façon de voir les choses, vraie ou fausse, était au contraire une aubaine non négligeable. Il pourrait s'en servir pour mieux la comprendre, et c'était... Exactement ce à quoi il aspirait, oui. La comprendre. La décrypter. Alors les gens étaient ennuyants, hein ? Lui aurait plutôt dit détestables. Faibles. Manipulables. Mauvais.
Tout pour briser le miroir. Dans sa description de l'autre, il avait trop tendance à observer son reflet.

« Mais vous. Vous Andreas. Vous êtes différent. »

A défaut d'accélérer, son cœur se serra. Son sourire avait définitivement disparu et, si son obsession ne l'avait pas poussé à vouloir écouter jusqu'au bout, il aurait aimé poser une main impérieuse sur sa bouche pour la faire taire. Taisez-vous, taisez-vous. Elle tapait trop juste. Je suis un serviteur. Je ne suis personne, et c'est parfait comme ça. Personne lui allait à merveille. Personne l'habillait bien. Il était resplendissant, quand il n'était personne – il était tout le monde, quand il n'était personne. Il ne voulait pas qu'elle le regarde de si près. Il n'aimait pas qu'on le voit. Il s'était toujours débrouillé pour n'avoir en guise de personnalité que des jolis costumes : tout ce gris était censé être caché par plusieurs couches de peinture bleue.  Il avait tout bien arrangé et là, en quelques minutes, il fallait que cette fille s'amuse à se glisser dans les craquelures pour –

La sensation brutale qui vint plaquer son col contre sa nuque ramena Andreas aussi près de terre qu'il aurait pu l'être ; pris de court, il se sentit agripper le bois de la table pour ne pas risquer de tomber. Il aurait dû s'y attendre, il aurait dû faire attention, rester vigilant, gérer la situation – mais quel jeu stupide ! Il allait finir par perdre, s'il ne réussissait pas très vite à se concentrer. Et ça, c'était juste...
Intolérable.

« Je me sens mal, et c’est à cause de vous. Je ne peux pas vous détester, pas vous oublier, encore moins penser à quoi que ce soit d’autre. Prenez vos responsabilités, faites quelque chose, vous qui êtes si malin ! »

Il voulut répondre qu'il n'était pas si malin ; qu'il n'avait pas fait exprès, que ce soit vrai ou non. Il voulut s'excuser pour mieux s'en aller, fuir ses foutues responsabilités. C'était allé juste un peu trop loin, juste un peu trop vite. Il voulait bien l'obséder si c'était voulu, et uniquement si elle ne le voyait pas vraiment : mais pas comme ça, pas pour ça.
Aucun mensonge ne parvint à justifier la brève panique qui l'envahit lorsque leurs lèvres se frôlèrent.
Il aurait tellement préféré fuir, pourtant.
Quoi que son corps voulut reculer, il se sentit fermer les yeux ; et la sensation douce-amère qui lui tordit l'estomac n'eut rien à voir avec le léger pincement qu'il avait ressenti en faisant le même exact geste, quelques minutes auparavant. C'était plus facile quand il jouait la comédie. Quand il contrôlait la situation. Elle avait réussi à faire fondre une partie de cette indifférence méprisante qu'il ressentait envers tout le monde et, à présent, il craignait que ce simple contact ne réussisse à le brûler. A la brûler, elle aussi. Ça risquait de faire vraiment, vraiment très mal. Elle ne se rendait pas compte.
Doucement, il posa ses mains sur les épaules d'Alice et se détacha d'elle comme à regret. Il aurait préféré ne pas avoir à réfléchir, mais la porte de sortie était trop loin et elle n'aurait eu aucun mal à l'arrêter si besoin. Alors il s'appliqua à dessiner un sourire sur ses lèvres, tentant tant bien que mal de masquer le trouble qui tirait ses traits.

« Vous êtes devenue bien entreprenante, tout-à-coup, tenta-t-il d'une voix mal assurée. C'est... »

Sa phrase resta en suspend jusqu'à ce que, incapable de reprendre correctement le cours de sa comédie, il ne laisse tomber le sourire et les prétentions. Il aurait tout le temps de s'en vouloir plus tard ; pour l'instant, il ne voyait pas quoi faire d'autre. Alors tant pis. Il laissa ses yeux se voiler.

« … Si je restais, vous finiriez par me détester. Ou je risquerais de vous faire du mal. Vous comprenez ? »

Pourtant, il n'osait pas s'éloigner plus.

« Vous devriez peut-être partir tant que vous gagnez. »
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Algue suceuse, dominatrice de plumeaux et dirigeante du mouvement d'éradication des fraises.

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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Sam 14 Sep - 4:19

C’est dur d’éprouver autre chose que du mépris ou de l’indifférence, très dur, épprouvant, douloureux et en tout point, c’est tout simplement un fardeau. Cela n’a rien de nouveau dans la tête d’Alice, elle le sait depuis qu’elle est toute petite, et pourtant la surprise est toujours aussi grande aux retrouvailles.

Elle se déteste pour l’avoir laissé se glisser sous sa peau de cette manière, elle se déteste pour avoir répondu à chacune de ces provocations qui n’ont menés qu’à ce cul de sac dont elle ne pouvait se sortir peu importe combien de temps la stratège y pensait. Il n’y avait pas de porte de sortie, plus de pilier sur lequel grimper. L’eau la submerge et Alice ne sait pas plus nager qu’un enfant ; elle peine à garder la tête en dehors de l’eau, elle boit la tasse, se fatigue. Et puis elle coule, l’air lui manque, son esprit se brouille, ses pensées s’entremêlent. La jeune femme ne peut rien y faire. C’est frustrant, oppressant et étrangement, elle a presque envie de se laisser couler. Ce n’est pas parce qu’elle est trop fatiguée, ce n’est pas parce qu’elle a abandonné tout espoir de survie, mais simplement parce qu’elle est curieuse de voir à quoi ressemble le fond. Ce n’est pas tous les jours qu’on lui en donne l’occasion, alors même si cela signifie souffrir, elle voulait y aller, toucher le sable de ses propres mains au lieu d’en entendre parler, de le voir de loin.
Alice peut mentir, proclamer qu’il s’agit d’une simple étude dans le cadre de son travail, et pourtant ça ne resterait qu’un mensonge, un de plus dans la lignée.

Elle bat des membres afin de prendre une bonne bouffée d’air à la surface. C’est ridicule, c’est tellement ridicule que s’en est risible, toute cette situation, une fois la tête en dehors. Elle voulait vivre sans souffrance, sans heurt et pour toujours. Se contenter d’observer sans jamais se mouiller. Et pourtant, dès qu’elle remet la tête sous l’eau, ça n’a plus rien de ridicule, rien d’amusant.

Sa bouffée d’air elle l’obtient lorsque le servant brise le baiser, quand ses yeux verts se rouvrent. Elle réalise ce qu’elle a fait et n’en est pas fière, pas fière du tout. Depuis quand fonctionnait-elle par impulsions ? C’était une très, très mauvaise tactique qui rencontrait bien trop souvent une fin malheureuse sur le champ de bataille. Rien ne fonctionnait mieux qu’un bon vieux plan avec une porte de sortie de prévue peu importe ce qu’il arrivait, même si l’adversaire est très fort et totalement imprévisible de son côté.
Sa seule et maigre joie est de remarquer que malgré toutes ces belles paroles et nombreuses actions désobligeantes, le garçon aux cheveux bleus n’en mène pas large face à ses actions. Alice n’a cependant pas le cœur de célébrer cette petite victoire. Elle n’a plus l’envie non plus de compter les points. Elle ne veut plus se battre contre lui, elle ne le peut plus à proprement parler parce qu’elle à développer une sorte d’affection qui l’empêche de se battre loyalement, et elle déteste l’admettre, elle le déteste vraiment, mais c’est ainsi et elle a décidé de ne plus se mentir même cela lui faisait l’effet d’un coup de poing dans l’estomac.
Enfin, dans la poitrine, en l’occurrence.


« Vous êtes devenue bien entreprenante, tout-à-coup. C'est... »

Il n’y a rien de plus étrange que de voir un masque tombé de ses propres yeux, sans aucun signe pour la prévenir. Des masques, elle en avait vu s’effriter et disparaître. Généralement, elle en était fière, presque heureuse parce que cela voulait dire qu’elle avait le contrôle, que l’expérience était un succès. A plus forte raison, elle aurait dû jubiler en voyant le sourire qu’elle avait tant voulu voir disparaître tomber misérablement, lui laissant entrevoir une victoire certaine contre un ennemi juré. Toutefois, tout ce qu’éprouva la demoiselle fut un pincement au cœur et un sentiment de détresse. Non, non, il ne pouvait pas abandonner, pas là, pas lorsqu’elle avait le plus besoin qu’il assure, qu’il continue le jeu. Elle voulait qu’il lui signale que ce n’est rien, que tout ce qui se passe est dans sa tête à elle. Elle voulait du réconfort, une sorte de stabilité, qu’il ne lui offrit pas.

« … Si je restais, vous finiriez par me détester. Ou je risquerais de vous faire du mal. Vous comprenez ? »

Elle comprenait, elle comprenait parfaitement, et c’était ce qu’elle voulait. Alice voulait le détester, elle voulait une raison valable pour le faire, voulait pour seul souvenir sa haine parce qu’ainsi, elle n’aurait aucune envie d’aller après lui, d’en vouloir plus encore. Il n’avait pas le droit d’abandonner, vraiment pas.

« Vous devriez peut-être partir tant que vous gagnez. »

Lâche. Il était le lâche ici. La tentation de le crier à son visage et de le frapper se fit plus intense et pourtant elle se contenta de garder le silence, de le regarder de ses grands yeux vides, le visage tout aussi dépourvu d’une quelconque émotion. Ses membres étaient fatigués de pédaler dans l’eau sans trouver d’aplomb, de pilier qui puisse la supporter. Couler et toucher le fond semblait de plus en plus attirant.

Elle ne gagnait pas, elle perdait, elle avait perdu le moment où elle avait répondu à ses provocations, certainement. Peut-être même qu’elle avait perdu depuis toujours. Elle s’était laissé aller, elle avait laissé ses émotions la contrôler, réagit par impulsion, aller au-delà de toutes ses règles, alors vraiment, la stratège ne gagnait pas.

Alice ne retira pas ses mains du costume du garçon, elle ne fit aucun mouvement signalant une quelconque intention de s’en aller, tout simplement parce qu’elle n’en avait pas l’intention. Une grande inspiration fut tout ce qu’elle prit avant de replonger.


« C’est lâche, vous êtes un horrible lâche. Vous commencez quelque chose mais ne le finissez pas, c’est cruel pour les autres. »

Sa respiration est quelque peu saccagée et à chaque parole son visage s’anime un peu plus, suivant la couleur de sa voix qui se fait plus agité, plus précipitée.

« Je perds, je n’ai aucune raison de partir, au contraire. Pourquoi devrais-je partir ? Pourquoi ne le faites-vous pas ? Moi j’en suis incapable, et ce serait inutile quand bien même je le ferais, parce que vous ne quitteriez pas mon esprit, j’aurais à vous retrouver, ce serait une perte de temps. »

Elle fronce les sourcils, se mord la lèvre, serre ses poings et à trop chaud ; la jeune fille se sent si misérable, elle se déteste à cause de cette impression qu’elle a de le supplier. Alice voudrait tellement juste lui lancer des piques vicieuses avant de partir fièrement, mais parce qu’elle a décidé d’être honnête, parce que cela ne lui apporterait rien de bon, elle sait que ce n’est pas la solution.

« Je veux vous détester ! Je veux que vous me fassiez-vous déteste, pour qu’au moins je n’ai aucune raison pour vous rechercher plus tard. Je pourrais vous classer et là, là ce serait finit ! N’abandonnez pas. »

Sa poitrine est douloureuse, peut-être est-ce le manque d’air qui se fait ressentir, peut-être est-ce autre chose dont elle ne connait pas l’origine, autre chose sur lequel elle ne veut pas placer un mot. Alice fixe avec détermination le visage du Nerull, rassemblant toutes ses forces pour ne pas éviter d’affronter le regard océan de ce dernier.

« Ne me laissez pas. »
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Sam 21 Sep - 1:36

Andreas sentait l'air envahir puis fuir ses poumons aussi nettement que si ce simple geste lui était devenu mécanique. Il était si concentré sur sa respiration, à présent, qu'il craignait de ne s'écrouler au moindre oubli : inspire, expire, inspire, expire – et à la première erreur d'inattention, ce serait l'asphyxie pure et simple. Le noir total. Quel idiot... Comment avait-il pu se retrouver coincé là, hein ? En quelques minutes seulement, ils étaient passés d'un script parfaitement rédigé à quelques notes abstraites griffonnées à la hâte dans la marge. Tout allait de travers, et à une vitesse ahurissante. Pourtant, ce n'était pas stressant. Pas non plus effrayant. Il connaissait parfaitement ce léger pincement au cœur, cette pierre dans son estomac. Ces sueurs froides qui remontaient le long de sa colonne vertébrale. Ces légers, presque imperceptibles tics nerveux dans ses paupières et ses doigts. Les signes, contrairement à lui, ne mentaient pas ; et là, aussi déplaisant que ce soit à admettre, il se sentait vulnérable. Trop vulnérable. Pas dans un sens physique, non – se retrouver confronté à une arme alors qu'il n'avait que sa peau et ses vêtements pour le protéger lui aurait fait peur, rien d'autre. Ce sentiment-là était bien plus insidieux.
Parce qu'il n'avait plus de masque, plus de déguisement, c'était tout son être qui frissonnait d'appréhension. Il aurait préféré qu'elle s'en aille ; qu'il s'en aille. Mettre de la distance entre eux, peu importe comment, pour se protéger d'une proximité qui à tout moment risquerait de le blesser. Le jeune homme, mal à l'aise, en oublia presque les mains accrochées à sa veste. Les autres étaient inutiles et stupides, sans intérêt, et lui ne voulait pas s'en approcher. Surtout pas. Comme un acteur auquel le texte ne revient pas, il ne rêvait que de s'échapper en coulisses : et plus il se sentait réagir, plus il réalisait que son cœur était serré, plus il peinait à reprendre le contrôle. C'est si simple que ça, alors ? Drôle à en pleurer. Ou à en rire jaune, peu importe – le tout était de rapidement recoller les morceaux, colmater les brèches, briser les miroirs.
Mais pour ça, encore fallait-il qu'Alice s'en aille.

Ce qu'il pouvait se détester.

« C’est lâche, vous êtes un horrible lâche. Vous commencez quelque chose mais ne le finissez pas, c’est cruel pour les autres. »

L'ombre d'un sourire vint étirer les lèvres du jeune homme. Et alors quoi ? Il était lâche, oui. Cruel, si elle le voulait. Ça ne changeait rien de le dire ; encore moins de le lui faire remarquer. Il se connaissait par cœur, malgré cette violente insistance qu'il avait à s'oublier. Ces adjectifs lui convenaient parfaitement. Ils l'habillaient même presque trop bien. Est-ce que le lui dire aurait pu apaiser un peu son mécontentement ? A priori, non. Alors il resta muet. Qu'en avait-il à faire, de toute façon, qu'elle ne le trouve pas agréable – et qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire, de blesser une presqu'inconnue ? C'était bien le dernier de ses soucis.
Parce qu'il était cruel, justement.
A moins que ce ne soit parce qu'il était lâche.

« Je perds, je n’ai aucune raison de partir, au contraire. Pourquoi devrais-je partir ? Pourquoi ne le faites-vous pas ? »

Que de belles réactions ; pourtant, ni le mouvement de ses sourcils ni celui de ses jolies lèvres n'enchantait plus Andreas. Il voulait juste s'en aller, qu'elle le laisse partir à défaut de l'inverse – que cette situation cesse parce que, vraiment, ça devenait excessivement compliqué pour rien. Il aurait dû s'en réjouir, pourtant. De la voir dans tout ses états, elle qui jouait aux statues de marbre depuis le début de leur rencontre : il aurait pu en tirer avantage. En faire quelque chose, peu importe quoi. Ce n'était pas tout les jours qu'il affrontait quelqu'un qui en valait la peine.
Se rendre compte qu'il cherchait à fuir au lieu de trouver une solution à son trouble, plus que tout le reste, l'emplissait d'une profonde amertume. Si elle n'avait pas gagné, alors ils avaient tout deux perdu.

« Je veux vous détester ! Je veux que vous me fassiez vous détester, pour qu’au moins je n’ai aucune raison pour vous rechercher plus tard. Je pourrais vous classer et là, là ce serait finit ! N’abandonnez pas. »

Complètement perdu.

« Ne me laissez pas. »

Traits tendus, il mordit sans s'en rendre compte sa lèvre inférieure. Il pouvait sans aucun mal accéder à sa requête, si c'était là la seule solution. Se faire détester était d'une simplicité exemplaire. Il n'aurait eu qu'à appuyer sur ses épaules pour ça, en fait – heurter les cordes sensibles et frapper là où ça faisait mal, c'était à sa portée plus qu'à celle de n'importe qui d'autre. Je peux le faire. Son masque lui manquait terriblement. Tu peux le faire. Allez.
Ses paupières se fermèrent sur une expression pensive. C'était terriblement mal parti.

« Mais je suis lâche et cruel, répondit-il finalement, un sourire désolé aux lèvres, en reposant ses yeux sur la jeune fille. Ça me donne le droit d'avoir encore plus envie de vous laisser, vous ne croyez pas ? »

Toute cette confusion uniquement parce qu'elle l'avait mordu... C'en était risible. Il aurait mieux fait de se tenir en place, tout compte fait. Alice n'était pas une personne quelconque avec l'esprit de laquelle l'on pouvait s'amuser impunément  : il aurait mieux fait de se méfier, d'avancer plus prudemment. Maintenant, il ne lui restait plus qu'à s'en mordre les doigts.
Ou les lèvres. Elle commençait à lui faire mal, d'ailleurs. Sa tête aussi. Et son cœur, peut-être. Il ne savait pas quoi faire, encore moins quoi dire, et ce flou artistique lui tapait sérieusement sur les nerfs.

Le silence, malheureusement, était pire encore. Un soupir fendit l'air.

« Je préfère l'indifférence, vous savez. »

De tellement loin. Ça faisait mal, mais tant pis. Il poursuivit.

« D'autant que si vous me détestez, je dois vous détester aussi. » Ses lèvres s'étirèrent sur un sourire presque douloureux, et en tout cas clairement forcé. « Ce serait injuste, sinon. Et je ne suis pas sûr que vous soyez suffisamment douée pour ça... »

Il était même à peu près sûr du contraire. N'étant pas du genre à rester très longtemps sur une défaite, il remettrait bientôt les deux pieds au sol ; et une fois relevé, son premier réflexe serait bien entendu de se draper de jolies illusions et autres artifices. La détester deviendrait alors difficile. Impossible. La haine n'irait que dans un sens ; et ça, non.
Que l'on déteste ses actes ou ses paroles l'indifférait grandement, parce que c'était voulu. Là, il parlait de détester sa personne. Ça n'avait plus rien à voir. Tout ses proches devaient finir par le haïr ; c'était de sa faute, c'était comme ça. Il avait juste... Une franche tendance à l'auto-destruction. Et aucune raison de croire qu'Alice y ferait exception.

« Si je reste, qui me dit que vous ne partirez pas ? »
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Dim 20 Oct - 6:29

Rien ni personne ne pouvait l’atteindre, c’était là la fierté d’Alice.

Peut-être qu’elle ne se le disait pas ainsi, qu’elle ne le montrait pas, mais en quelque sorte c’était un sport dans lequel elle excellait, elle était la meilleure, rien ne pouvait la déstabiliser, alors oui, elle y trouvait une certaine satisfaction. Et puis il avait fallu que ce garçon apparaisse de nulle part pour que son petit monde parfait s’écroule en seulement quelques minutes. Un travail de tant d’années qui vole en éclat en si peu de temps, ça fait mal, très mal. Elle avait réussi pendant tout ce temps à bâtir une grande tour qui la mettait hors de portée de toutes atteintes, elle portait une armure infaillible… De ce qu’elle savait, un dragon rôdait même aux alentours, brûlant tout ce qui pouvait bien s’approcher de trop près, avant que cela ne la brûle elle.
Alice était-elle supposée tout simplement accepté la situation ? Bien, elle l’acceptait. Elle avait complétement perdu la face. Sa tour était en miette, le dragon vaincu et son armure se révélait avoir une faille qui lui fut fatale. Elle l’acceptait, elle n’avait d’autres choix que de la faire de  toute manière. La jeune fille était avant tout quelqu’un qui collectait les données de façon rationnelle ; ce qui était évident était noté comme tel, accepté, classé. Ce devrait être simple, c’était simple. C’était le genre de situation qui, si on le lui avait expliqué, si on lui avait demandé de trouver une solution, ne lui aurait posé aucun problème. Partir. Prendre la chance donnée et partir avant de ne souffrir plus de pertes inutiles, voilà la solution qu’elle aurait choisie.
Mais aujourd’hui elle n’était pas la stratège sûre d’elle que rien ne touchait, elle ne commandait pas. C’était elle qui risquait beaucoup, c’était son propre problème, ses propres sentiments, son propre corps. Cela n’avait rien d’habituel et au milieu des débris de sa tour, privée de tous ces moyens, elle était vulnérable, incapable de gagner, mais incapable de perdre pour autant. Les sentiments sont effrayants, incompréhensibles et imprévus. Alice les déteste, elle déteste le fait qu’elle aussi éprouve ces émotions. Détestables, ridicules, douloureux…

Les plans de batailles se font et se défont dans sa tête à toute vitesse sans qu’aucun n’attrape son attention. C’est plus un réflex, une déformation professionnelle qu’une réelle recherche. Aucun plan ne fonctionnera plus face à ce garçon, elle en est parfaitement consciente. Non, en réalité, elle n’était tout simplement pas capable de respecter un plan. L’idée même de suivre une ligne lui semblait improbable. C’était inutile, et ne détestait-elle pas le plus au monde les choses inutiles ? Elle savait pertinemment que si elle souhaitait dire une phrase parfaitement contrôlée et réfléchie, la seule chose qui sortirait en serait une toute autre sortie d’un autre coin de son cerveau influencé par elle ne savait trop quoi. C’est injuste, tellement, tellement injuste…


« Mais je suis lâche et cruel. Ça me donne le droit d'avoir encore plus envie de vous laisser, vous ne croyez pas ? »

Encore une réponse qu’elle n’aurait pu calculer. Que quelqu’un se qualifie ainsi de son plein gré n’était pas exactement ce que l’on attendait en réponse à la provocation. Bien qu’elle avait parlé sans trop y réfléchir, le but était de le faire se sentir mal, de le frapper dans sa fierté afin qu’il reste et continue à se battre. Mais s’il réagissait ainsi, alors cela ne servait à rien. Alice fronça les sourcils légèrement, tentant tant bien que de mal de garder son regard rivé sur le visage de son interlocuteur. Un sourire, encore et toujours un sourire. Pourtant celui-ci semblait quelque peu différent, il ne lui donnait pas l’envie de lui lancer un coup de poing à la figure en tout cas. Chaud, il faisait vraiment chaud dans la salle.

« Je préfère l'indifférence, vous savez. »

Un point sur lequel ils étaient d’accord, en tous les cas. L’indifférence offrait tout le confort et le luxe qu’elle souhaitait. De cela, elle pouvait être la reine.

« D'autant que si vous me détestez, je dois vous détester aussi.  Ce serait injuste, sinon. Et je ne suis pas sûr que vous soyez suffisamment douée pour ça... »

Il est clair pour la jeune fille que ce sourire est différent de ceux montés de toutes pièces et bien pratiqués de quelques minutes auparavant. C’est presque rassurant de savoir qu’au moins, elle n’est pas la seule à être tombée de son piédestal, tout comme il est rassurant de savoir que l’ennemi a connu des pertes. Elle avait réussi à arracher quelques plumes au vol, c’était un prix inestimable de son avis. Et pourtant, pourtant elle n’arrivait pas à y trouver satisfaction, pas comme avant, pas comme elle l’avait prévu.
La détester, il devait la détester si elle le détestait ? Alice n’avait jamais vu que les sentiments devaient à tout prix être réciproques, au contraire. Avoir des sentiments aussi forts réciproques semblait être plutôt rare et complexe dans ce monde. Etait-ce un défi ? En lui disant qu’elle n’était pas suffisamment douée pour se faire détester, lui lançait-il une sorte de défi ? Elle pouvait le faire, elle pouvait se faire détester si elle le voulait. Cela n’avait rien de compliqué ; si elle se concentrait, il n’y avait rien qu’elle n’avait la capacité de faire. Mais voilà, elle n’avait aucune envie qu’il la déteste. Rien l’idée que la voir pouvait lui donner des haut-le-cœur  était repoussante. C’était étrange. Jamais dans sa vie ne s’était-elle préoccuper des sentiments de quelqu’un d’autre à son égard, jamais l’avis extérieur d’un autre ne l’avait intéressée. Tout changeait, tout tourbillonnait et vraiment, elle n’aimait pas cela.


« Si je reste, qui me dit que vous ne partirez pas ? »

Donnait-elle l’impression de vouloir partir, ainsi accrochée à lui comme si sa vie en dépendait ? Le bleu posait des questions de plus en plus stupides, franchement. Ne venait-elle pas de le supplier de rester ? Elle s’abaissait à ce point et lui ne trouvait rien à faire que de questionner son honnête requête. Pour cela, il mériterait bien qu’elle le frappe.
Elle n’en fit rien, prenant simplement une longue inspiration. Maintenant, c’était son tour de jouer ses cartes. Elle jouait dans le noir complet, ne distinguait pas les cartes, ne savait même pas lesquelles elle possédait pour être tout à fait franche. Alice avait abandonné l’illusion qu’elle pouvait gagner en suivant ses propres règles de combat, alors au diable celles-ci.


« Je préfère également de loin l’indifférence, cependant vous ne m’avez pas laissé le choix que de l’abandonner, dit-elle sur un ton de discussion – du moins elle espérait réellement que c’était ainsi que sa voix sortait. C’est étrange, j’avais l’impression que ce que vous visiez était de me faire perdre cette indifférence. Vous devriez en être satisfait, c’est un beau travail que vous avez fait là. »

Un bien trop beau travail si on lui demandait son avis, et on le lui demandait souvent. Bam bam bam. Bon dieu, son cœur n’allait-il pas arrêter de cogner aussi désagréablement dans sa poitrine ? Comme c’était déplaisant. Peut-être qu’elle n’avait plus autant envie de frapper le servant pour la simple et bonne raison qu’elle souhaiterait se frapper elle-même, ce serait une explication valable.
Ses doigts se serrèrent de nouveau un peu plus sur le tissus, comme un signe qu’elle n’avait ni l’intention de le laisser s’enfuir, ni l’intention de partir de son côté. Elle laissa son regard glisser sur la chemise également, incapable de continuer à soutenir le regard de l’humain. C’était le plus déstabilisant chez lui, quelque chose à laquelle elle n’était pas habituée, encore une, une de trop.


« C’était une question stupide, Nerull. Vous ne pensez tout de même pas que je gâcherais autant de paroles pour vous faire rester afin de prendre la fuite ? » Un mince sourire hésitant étire ses lèvres, Alice reprend son souffle qui se coupe trop souvent à son goût. «Actuellement, j’aurais aimé prendre la fuite. Ce serait le meilleur plan, rationnellement parlant. Partir ou vous laisser partir, ce serait l’idéal. On retournerait à nos occupations, essaieraient d’oublier ce matin, faire comme si cela n’était jamais arrivé. »

Oui, ce serait parfait, c’était un bon plan. Du moins, s’en serait un si elle avait été capable d’oublier ce genre d’incidents, si elle avait pu aussi facilement effacer le visage, nom et incident de sa mémoire. Malheureusement, s’il y avait bien une chose dont elle était incapable même si elle se donnait toute la peine du monde, ce serait d’oublier, surtout quelqu’un qui avait réussi à se faufiler sous sa peau avec tant d’agilité.


« Mais nous savons tous le deux que ce n’est pas près d’arriver. »

Sa voix est forte, assurée. Alice est certaine que ce genre de rencontre n’arrive pas tous les jours pour le Nerull non plus, elle est certaine d’avoir laissé un souvenir cuisant de son côté également, faute de l’avoir brûlé tout entier. Elle a confiance en cela.
Cette confiance s’envole lorsqu’elle ouvre sa bouche de nouveau. Plus faible, hésitant, sans aucun rythme. Des paroles désorganisées comme ses pensées.


« Je… Je ne veux pas que vous me détestiez et… Je ne veux pas non plus vous détestez. Je ne veux pas partir, mais je ne veux pas que vous partiez. Aucune façon de vous ignorer non plus. C’est risible, c’est stupide, c’est frustrant. La situation est bloquée. Est-ce que vous pouvez partir aussi simplement que cela ? Et même si vous partiez, après, qu’arrivera-t-il après ? »

C’est désagréable, vraiment très désagréable de perdre tout contrôle de la situation. C’est pour cela qu’Alice avait toujours chérie l’indifférence ; au moins, du haut de sa tour, elle avait une vue sur tout et tout le monde, le contrôle absolu. Maintenant qu’elle ne pouvait rien voir à part ce qu’il y avait droit devant elle, la difficulté la frappait. Elle l’aveuglait même, puisque sa vue à présent n’était rien qu’un humain compliqué qui lui faisait perdre tous ses moyens.
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Lun 11 Nov - 16:37

Peut-être que, d'une façon si subtile qu'elle persistait à lui filer entre les doigts, Alice lui était plus familière qu'il ne l'aurait voulu. Ces personnes qui riaient, là, et celles qui couraient ici – ceux qui vivaient et l'entouraient, ceux qu'il trompait sans même prendre la peine d'encore s'en rendre compte, ils étaient si loin de lui que c'en était risible : ils n'étaient personne. Des inconnus, des noms peut-être, mais rien d'autre. Il ne ressentait aucune empathie pour eux. Ils n'étaient pas ses sœurs, pas ses parents ; quant-à des amis, lui qui n'en avait pour ainsi dire jamais eu aurait été bien incapable de qualifier ainsi des silhouettes sans importance. Certains lui avaient paru intelligents, amusants, intéressants à des degrés variés – mais aucun ne lui avait donné envie de rester. Entre les personnes qu'il côtoyait chaque jour et les ustensiles rangés en cuisine, il peinait parfois à voir la différence. Son esprit négatif et calculateur lui faisait mal à la tête et n'aimait personne, personne, personne. C'avait toujours été comme ça, de toute manière – alors qu'importe, hein ? Cette façon d'être, il s'y était habitué. C'était elle qui l'avait toujours tenu à l'écart des autres. Trop différent, trop marginal, trop intelligent, trop solitaire... Là où certains auraient fait avec, lui y avait remédié par le mensonge. Lorsqu'il se regardait dans le miroir, il voulait voir un masque et un joli sourire, un garçon à critiquer si l'envie lui en prenait. Un inconnu. Un dessin à effacer d'un geste de la main si sa vue lui devenait insupportable. Le jeune homme qu'il entendait parler, ce n'était pas lui. Seules ses pensées le reflétaient vraiment. Personne ne le voyait. Personne ne le connaissait. Personne ne le comprenait. Et c'était la meilleure des solutions, parce que...
Chaque fois qu'il voyait son image se refléter dans les yeux de quelqu'un, comme il se voyait dans ceux d'Alice en ce moment, tout son être lui criait des choses qu'il n'avait pas envie d'entendre.
Tu as perdu, Andreas.

« C’était une question stupide, Nerull. Vous ne pensez tout de même pas que je gâcherais autant de paroles pour vous faire rester afin de prendre la fuite ? »

Et pourquoi pas ? Ses lèvres se serrèrent sur un sourire mécanique, sans chaleur ni substance. Elle pouvait mentir, n'est-ce pas ? « Laissez moi », ça n'engageait à rien. C'était si simple de blesser les autres, une fois leur confiance acquise : si facile de briser des cœurs et de faire trébucher les plus forts des hommes, lorsque l'on croisait les doigts en donnant sa parole. Il ne voulait pas risquer de tomber. S'il restait, elle devait rester  – alors bien sûr, qu'elle avait voulu fuir, bien sûr que lui aussi, parce qu'il ne savait plus comment s'y prendre pour sortir de là indemne.
Mais...

« ... nous savons tous les deux que ce n’est pas près d’arriver. »

Bien sûr que non. Son regard fuyant parla de lui-même.

« Je… Je ne veux pas que vous me détestiez et… Je ne veux pas non plus vous détester. Je ne veux pas partir, mais je ne veux pas que vous partiez. Aucune façon de vous ignorer non plus. C’est risible, c’est stupide, c’est frustrant. La situation est bloquée. Est-ce que vous pouvez partir aussi simplement que cela ? Et même si vous partiez, après, qu’arrivera-t-il après ? »

Après... Ses lèvres s'entrouvrirent sur un silence qui lui brûla la gorge. Il voulut rire, plaisanter, détourner la conversation – sans même se rendre compte que, à trop réfléchir, il en oubliait de jouer la comédie. Pourquoi se prenaient-ils la tête, her ? S'il voulait partir, rien ne le retenait ici ; il avait toujours vécu seul, sans se préoccuper des autres, ou tout juste assez pour ne pas être un monstre. Ce qu'elle voulait ou ne voulait pas n'avait pas à entrer en ligne de compte. Parce qu'il était égocentrique et cruel. Parce qu'il pouvait l'oublier s'il en avait envie. Parce qu'il était parfaitement heureux comme ça, de toute façon, et n'avait aucune envie de changer quoi que ce soit à sa vie. Parce qu'Alice pouvait très bien ne pas compter.
Doucement, il vint appuyer son front contre l'épaule de la jeune fille.
Bien entendu, qu'il pouvait s'en aller. Ce ne serait pas la première fois qu'il fermerait la porte sur des personne qui avaient besoin de lui, sur des « ne pars pas » et des « ne nous laisse pas ». Ça ne l'avait jamais arrêté. Seulement, après...
Après...

« … Je le regretterais, je suppose. »

Il était toujours parti par lâcheté ; peut-être que, pour une fois, il avait envie d'essayer de rester pour les même raisons. Lui aussi aurait aimé pouvoir dire « ne me laisse pas » à quelqu'un. Dépendre de l'autre plutôt que le contraire. Se reposer.
Mais même là, il continuait de se mentir.

A force, il était devenu incapable de démêler ce qu'il pensait vraiment de ce qu'il voulait penser. C'était compliqué.

« Mais je pourrais partir quand même, vous savez ? Et peut-être que je recroiserais votre chemin au détour d'un couloir, mais... »

Ses yeux se fermèrent brièvement. Qu'est-ce qu'il était en train de dire, au juste ? Où voulait-il aller, et comment... Tout lui échappait. Bientôt ça ne voudrait plus dire grand chose. Les mots ne s'agençaient correctement que quand il jouait : s'il était Andreas et juste Andreas, il ne savait plus quoi dire puisqu'il ne savait plus quoi penser.

« … Hhh. »

Ennuyé, il se mordit la lèvre. Bon, tant pis. Il n'arrivait visiblement pas à s'expliquer correctement, alors il ne le ferait pas. Simple. S'il fallait changer les rôles, eh bien soit : il jouerait le mutique et elle la bavarde, et tant pis pour la logique ou la bienséance. La première s'était quoi qu'il en soit sûrement défenestrée depuis bien longtemps déjà. Trop de quiproquos et de réflexions perdues venaient à bout des cheminements les plus linéaires et, dans leur cas, il était à peu près certain qu'ils avaient dû finir par tourner en rond tant ils avaient tourné à droite puis à gauche pour tenter de coincer l'autre.
Dans un soupir résolu, il redressa le dos et reposa ses yeux sur ceux trop vides de la demoiselle.

« D'accord – admettons. Je ne vous déteste pas, vous ne me détestez pas, je reste et vous restez, mais ça ne change rien au problème. Qu'arrivera-t-il après ? »

Jusque là, les seules relations qu'il ait eu avec d'autres personnes se résumaient à la mort des uns ou le départ de l'autre. Ce n'était pas exactement ce qu'on pouvait appeler réussi.

« Vous savez, je risque d'avoir du mal à vous retomber dessus une deuxième fois par hasard. »

Pensif, déjà plus maître de lui-même, le jeune homme adressa un sourire à peu près convainquant à Alice.

« Et je suis humain, en plus d'être simple serviteur. Ce ne serait pas forcément une bonne chose qu'on vous voit en ma compagnie, vous ne croyez pas ? »
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Sam 30 Nov - 20:11

Au début, peut-être, au tout début de ce jeu, plus que de la fierté, plus que de la compétitivité, c’était le mystère qui l’avait attirée. Peut-être, juste peut-être, car pour une fois elle n’était pas sûre d’elle, elle ne faisait plus confiance à son cerveau qui semblait se détraquer un peu plus à chaque battement de son cœur. Alice qui ne faisait confiance à personne d’autre qu’elle-même, Alice qui était dure comme un roc, Alice qui ne laissait rien s’échapper de sa prison corporelle… Cette Alice même se sentait bien démunie sous le regard perçant de l’humain aux yeux bleus. Elle avait vu d’autres humains, même des neko et des elfes, tous avec des yeux expressifs, tous différents, plus ou moins intéressants, mais jamais quelqu’un comme lui ne s’était présenté face à elle.
Il exultait l’intelligence, la malice, le contrôle parfait, le masque complet. Le masque à présent brisé, Alice ne voyait plus qu’un fragment du garçon assuré et taquin, et d’un côté, c’était rassurant, parce qu’au moins, elle ne se sentait pas seule dans la chute, elle avait quelqu’un à qui se rattraper, et dans un coin de sa tête, elle se persuadait que cela pouvait amortir le choc. Pour la première fois, elle se disait qu’à deux, c’était mieux que tout seul.
Le sentiment de sécurité vacillait néanmoins, aussi facilement qu’une feuille au vent, lui faisant ressentir encore plus le besoin de se raccrocher à une branche, aussi fine soit-elle ; c’était mieux que la chute libre jusqu’aux abysses.

Un poids sur sa frêle épaule, sa vision perturbée par une vague de bleu et un parfum fort et enivrant, suivit d’une accélération cardiaque faible, mais belle est bien présente ; ce sont là les symptômes qu’Alice traduit par le fait que le bleu pose sa tête sur son épaule, réduisant de nouveau la proximité entre eux à quasi-nulle. C’était une mauvais habitude de sa part d’aimer le contact physique à ce point, autant que c’en était une mauvaise pour elle de le rejeter et le redouter avec vigueur. Tous les deux étaient en tort, au fond ils l’avaient toujours étés. Mais peut-être qu’elle pouvait s’y faire, peut-être qu’elle pouvait l’apprécier, si c’était lui. Sans doute. Si c’était lui, elle pouvait essayer, tout comme elle pouvait rester. Non, elle le souhaitait.


« … Je le regretterais, je suppose. »

Malgré la proximité déroutante, la voix est agréable à ses oreilles, les paroles tout autant. Au moins, là, ils étaient sur la même longueur d’onde. Pétrifiée par la proximité à laquelle elle n’était toujours pas habituée, Alice se contente de l’écouter, respirant le plus doucement possible, se retenant comme si elle craignait que quelque chose n’arriver si elle était trop bruyante. De ne pas l’entendre, par exemple.

« Mais je pourrais partir quand même, vous savez ? Et peut-être que je recroiserais votre chemin au détour d'un couloir, mais... »

Le danger n’était pas écarté, mais il ne le serait jamais, elle en avait conscience. Il pouvait choisir d’être lâche et cruel comme elle pouvait choisir d’en avoir vu assez et s’éloigner pour ne pas se brûler plus. Ses mains se crispent sur le tissu qu’elle tient toujours comme si sa vie en dépendait. Le sujet la rend mal à l’aise, envisager qu’il joue la carte de la lâcheté lui donnait envie de ne jamais le lâche. Peut-être que si elle s’agrippait assez, il n’en aurait pas le choix.
La phrase n’est jamais achevée, si ce n’est pas une sorte de grognement. Il ne sait plus quoi dire, elle non plus. Elle ne le sait plus depuis un moment.
Il se redresse et ses petites mains à la grappe ferment suive le mouvement, ses yeux vides retombant sur le visage du Nerull, la crainte de se plonger dans ses yeux brillants s’incrustant de nouveau dans ses pensées. Qu’allait-elle pouvoir y trouver cette fois encore ?


« D'accord – admettons. Je ne vous déteste pas, vous ne me détestez pas, je reste et vous restez, mais ça ne change rien au problème. Qu'arrivera-t-il après ?  Vous savez, je risque d'avoir du mal à vous retomber dessus une deuxième fois par hasard. »

Evidemment, ce n’est pas chose aisée de se croiser au hasard dans un si grand château, mais qui parlait de hasard ici ?
Il lui sourit, Alice voit l’espace d’un instant le masque se reconstituer et elle décide qu’elle n’aime pas cela. De quel droit le pourrait-il ? Elle avait décidé de laisser tomber les masques, c’était injuste qu’il ne la suive pas, mais il l’avait bien prévenu.


« Et je suis humain, en plus d'être simple serviteur. Ce ne serait pas forcément une bonne chose qu'on vous voit en ma compagnie, vous ne croyez pas ? »

La verte se contente d’hausser un sourcil, presque amusé. Certes, ce n’est pas une inquiétude futile aux yeux de beaucoup, mais pour elle ce n’est rien, vraiment rien. Elle n’avait rien d’une noble et refusait que quelqu’un décide pour elle de ce qui est bien ou mauvais. Que ce soit humain, esprit ou même neko, à part des différences physiques ou magiques ainsi que des prédispositions, Alice n’y voyait pas tant de différence. Elle avait rencontré des humains remarquables –dans le peu qu’elle avait vu, mais elle avait aussi entendu parler de beaucoup d’entre-eux-  comme elle avait rencontré des esprits pitoyables.
Elle prit une grande inspiration, lissa son expression. Etrangement, elle se sentait nettement plus calme. C’était effrayant de sauter dans le grand vide ainsi, mais elle avait bien appris que si l’on ne se lance pas, on ne peut rien découvrir de nouveau, et ce serait bien dommage. Maintenant, elle savait qu’elle ne devait pas reculer, sa nouvelle lubie serait donc de précipiter Andreas dans sa chute à ses côtés.


« Vous pensez trop, c’est bien là votre problème, mon cher. Où est donc votre spontanéité ? Faisait-elle également partie de votre masque, n’avez-vous jamais cessé de penser tout ce temps ? C’est bien triste. Penser est mon travail en général, et autant que j’apprécie de rencontrer quelqu’un d’aussi intelligent que vous, je m’aperçois que c’est aussi une erreur. »

Doucement, elle laisse le tissus s’échapper de ses poings, elle le lisse avant de retourner ses mains sur ses cuisses, la droite fouillant maladroitement dans un pan de sa jupe. Alice tremblait comme une feuille, c’était désagréable, c’était rabaissant, mais rien ne pourrait l’arrêter. La confidence était bien jolie, mais le changement n’avait rien de confortable. Elle baisse les yeux légèrement au moment où ses fin doigts touchent quelque chose de dur dans sa poche improvisé. Ah, voilà.

« Parler est votre fort, je ne sais si cela vous rassure d’entendre votre propre voix ou quelque chose, mais parfois, il faut juste se taire et laisser faire les choses. »

Triomphalement, elle sort la friandise convoitée de sa poche et la glisse hors de son emballage d’une main experte. Elle redresse la tête, croise le regard bleuté du garçon, elle hésite puis tend le bras avant de fourré sans compassion la tête de la sucette dans sa bouche. Le sentiment d’embarras se fait ressentir rapidement à travers tout son être lorsqu’elle se rend compte du caractère enfantin et immature de son geste, mais c’est trop tard pour regretter. La spontanéité est sa nouvelle arme, peu importe son image ruinée. Avoir quelque chose a caché est une faiblesse, elle n’en veut plus.

« Le hasard n’est rien si ce n’est une série de probabilité. Du moment que l’on y met du sien, d’infimes probabilités peuvent se transformer en rencontre certaine, vous savez ? »

Alice inspire profondément, se donne une nouvelle bouffée d’air pour une nouvelle bouffée de pensées. Elle doit s’aérer si elle ne veut pas s’étouffer dans ce nouveau monde, dans lui.

« Quant au statut ou à la race… Je n’ai rien de noble, aucun parent qui ne pourrait me reprocher quoi que ce soit, et quand bien même la rumeur circulerait, personnellement je prête bien peu d’attention à celle-ci. L’opinion des autres est inutile, ne l’ai-je pas déjà sous-entendu ? »Elle lisse sa jupe, baisse les yeux, avale sa salive avec difficulté. « Je pense que vous avez peur et votre cerveau trouve des excuses afin de vous couvrir. Et c’était un succès jusqu’à là, mais vous ne réussirez pas toujours, vous savez ? Un jour, les mensonges vous rattraperez, vous étoufferez. Le temps n’efface rien et les fantômes du passé ne partent jamais totalement. »

Il la rattrapait déjà, elle, la harcelait. Peut-être que lui aussi, dès que tout tomberait. Peut-être ont-ils déjà commencé, alors inutile de s’en rajouter.

« Vous êtes libre de partir, je ne vous retiendrais plus. »

Mais ne le fait pas. Reste. J’ai peur.
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Sam 21 Déc - 6:26

Les paroles d'Alice l'atteignirent en plein cœur. Ce fut un miracle qu'il n'en sorte pas blessé ; la jeune femme avait su viser avec une justesse des plus violentes là où lui s'était montré bien trop imprudent. Presque à découvert. Alors oui : touché. Peut-être aurait-il dû l'applaudir, l'étrangler – quelque chose, en tout cas, qui lui fasse comprendre mieux que ce silence obstiné à quel point il admirait sa vivacité d'esprit. Aucune spontanéité, disait-elle. Non ; si. Peut-être. Il n'en savait rien. En revanche il savait que, factice ou non, le simple fait de remettre ce trait de sa personnalité en question aurait dû l'agacer. L'irriter. Si, c'était moi. Non, elle n'était pas feinte. Oui, je vous ai menti. Est-ce que vous m'en voudriez de le faire encore ? Parce que je le ferai encore.
Et encore et encore et encore et encore.

Pourtant, pas la moindre trace d'indignation ou de douleur ne vint craqueler son sourire. Rien. Pas même un tressaillement. Cette indifférence qu'il aimait tant, il l'avait payée bien cher ; avec des morceaux de lui-même et quelques entailles trop profondes, des portes calcinées impossibles à ouvrir. Il y avait trop, beaucoup trop de murs entre lui-même et le monde extérieur – et combien encore entre son masque et son reflet ? Les remarques des autres ne le touchaient plus depuis bien longtemps. Ça ne le rendait plus triste, ni même en colère : parce que qu'ils aient raison ou qu'ils aient tort, ça n'avait pas la plus petite forme d'importance. Non, il n'avait jamais cessé de penser. Non, il n'arrêterait jamais. Est-ce qu'il y pouvait quelque chose ? Pas qu'il sache. Est-ce qu'elle pouvait changer ça ? Probablement pas. Alors pourquoi s'en attrister, hein. Autant oublier. Peindre par-dessus. Mentir.

Lorsqu'Alice lâcha enfin sa veste, une partie de lui voulut tendre la main pour rattraper les siennes ; l'autre, derrière son sourire absolument parfait, en rit sans même savoir pourquoi.

Tu trembles, mademoiselle.

« Parler est votre fort, je ne sais si cela vous rassure d’entendre votre propre voix ou quelque chose, mais parfois, il faut juste se taire et laisser faire les choses. »

Il suivit machinalement les gestes de la jeune femme des yeux, sans chercher à se justifier ou à se défendre. Encore une fois, s'expliquer sur son comportement ne l'intéressait pas. Parler de lui n'aurait eu aucun intérêt, pas plus que confirmer ou infirmer les doutes de la belle à son égard. Mieux valait la laisser imaginer ce que bon lui semblait. Il l'appréciait suffisamment pour lui souhaiter cette liberté ; se détestait assez pour s'empêcher de lui donner des raisons de l'aimer. Et c'était très bien comme ça.

La friandise sucrée laissa un arrière-goût amer de forcé sur son palais, que ses yeux pour une fois dociles rendirent à la perfection. Trop perdu entre ses masques pour savoir quelle réaction était la plus appropriée, il se sentit étouffer un rire derrière ses dents dorénavant closes ; qu'est-ce que c'était, ça, comme façon de le faire taire ? Elle n'avait qu'à le lui demander gentiment, si elle voulait qu'il garde les lèvres closes. Calant sans plus de cérémonies l'objet du crime dans sa joue gauche, démuni pour un instant de son fichu sourire, Andreas chassa toute envie d'élever la voix en jouant aux funambules sur le fil de la conversation. Esprit de contradiction, non – mais forte envie de causer du tort aux autres et à lui-même, oui. S'il n'avait pas été si intelligent et méticuleux, il serait probablement mort des années auparavant.
Plus une décision pouvait affecter son entourage, plus elle devenait tentante. Faire du mal était d'une simplicité presque insultante, parfois. Alors il se tairait ; pour une fois, juste pour voir. Laisser faire les choses et ces belles suites de probabilités.

« L’opinion des autres est inutile, ne l’ai-je pas déjà sous-entendu ? »

Muselé par la sucette dont il mordillait consciencieusement le bâton, le garçon esquissa un sourire amusé. Intérieurement, ce n'était pas encore ça. Trop de choses à prendre en compte, trop de pierres trop lourdes accroché aux coins de ses lèvres – trop, trop, trop. C'était elle, la menteuse. Les autres finissaient toujours par tout détruire, utiles ou pas. Lui le premier.

« Je pense que vous avez peur et votre cerveau trouve des excuses afin de vous couvrir. »

Non. Sa mâchoire et son sourire se crispèrent sur la sucette. Non, non. Non.
Ses yeux ne lâchèrent pas ceux d'Alice. Taisez-vous. Tais-toi.

« Le temps n’efface rien et les fantômes du passé ne partent jamais totalement. »

Dans un « crac » à peine audible, la sucrerie éclata entre ses dents.

« Vous êtes libre de partir, je ne vous retiendrais plus. »

Sans un geste en trop, une expression presque absente au visage, il redressa le dos. Le bâton, devenu inutile, fut saisi entre deux doigts et posé sur la table. Sa main ne s'en détacha pas. Ce qui restait de la sucette, il l'avala sans réfléchir ; grimaça, main gauche contre sa gorge, en se rendant compte que ça passait mal.
Et il n'y avait pas que ça, qui passait mal. Rien n'allait, rien, rien, rien. Peut-être aurait-il mieux valu jeter quelqu'un par la fenêtre, finalement. Pour de bon. Elle ou lui, peu importe – il s'en moquait pourvu que la distance de sécurité soit rétablie. Cette fille était trop proche et trop réelle. Bien plus que ces fantômes figés au fond de ses yeux bleus, dont il ne se souciait que trop rarement.
Les mensonges tenaient le passé aussi loin qu'il le fallait. Il n'avait pas besoin de ses conseils.

« Je m'en vais, dans ce cas. »

Son regard se déroba sur la gauche.
Il ne partait pas.

« … Ensuite je vais vous ignorer, et vous éviter, et vous ne me reverrez... Eh bien, jamais. »

De son ton de voix jusqu'à l'expression indécise de son visage, Andreas ne chercha pas même à avoir l'air vaguement convainquant. Il parlait pour parler, comme souvent. Comme elle le lui avait d'ailleurs reproché. Il s'en moquait.

« Vous pourrez me détester, comme ça. Moi je trouverai ça infiniment drôle de vous voir souffrir, et... »

Sa deuxième main vint rencontrer de nouveau la table vernie ; encore une fois, juste un peu trop près, juste un peu trop loin, son visage retrouva cette proximité inconfortable qui ne laissait que quelques infimes centimètres entre leurs deux visages.

« … J'espère que vous connaissez mille façons de faire taire les autres, parce que vous allez en avoir besoin. »

On va souffrir, tu sais.
Tant pis pour elle.
Sans plus demander la permission qu'auparavant, il effaça l'espace séparant encore leurs lèvres un bref instant ; ne s'éloigna qu'à peine, puis, l'air aussi parfaitement sérieux que possible sans chasser le sourire qui éclairait son visage, vint appuyer son index sous les clavicules de la jeune fille.

« Et je ne suis pas un menteur, mademoiselle. »
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Lun 30 Déc - 7:30

« Je m'en vais, dans ce cas. »

Bam. Alice déglutit difficilement, continua de fixer son visage, incapable de suivre son regard. Incapable de faire quoi que ce soit. Il allait partir, elle lui avait tendue la perche, elle pourra se frapper avec une fois seule, à nouveau.

Il ne partit pas.

« … Ensuite je vais vous ignorer, et vous éviter, et vous ne me reverrez... Eh bien, jamais. »

Que cherchait-il à faire au juste ? Elle récupéra ses esprits, rassembla sa contenance, recolla les pièces, connecta les liens.
Il mentait. Il n’y avait pas une once de conviction dans ses paroles, ni sur son visage, pas même dans ses yeux ; Alice sait reconnaître la détermination, elle sait prêcher le vrai du faux, et tout ce qu’elle entendait, là, ça n’était rien que des paroles lancées dans le vide. Andreas n’essayait même pas, pourtant la stratège ne pouvait s’ôter de l’esprit qu’il considérait vraiment, l’espace d’une seconde, ce qu’il racontait.

Elle prit une grande inspiration, s’attendit à l’impact.

« Vous pourrez me détester, comme ça. Moi je trouverai ça infiniment drôle de vous voir souffrir, et... »

Menteur.

Il était à nouveau nez-à-nez avec elle, mais cette fois elle ne paniqua pas, ne ressentit pas le besoin d’aller se coller contre la fenêtre à l’autre extrémité de la table. L’idée hantait toujours ses pensées, tournait inlassablement, toutefois elle n’aurait pour rien au monde repousser le garçon. Il pourrait partir au moindre faux pas, elle pourrait le perdre. La proximité n’en restait pas le moins intimidante et désagréable pour elle, quoi qu’Alice ne la trouvait plus aussi menaçante ; elle était presque rassurante.

Il ne partait pas.

« … J'espère que vous connaissez mille façons de faire taire les autres, parce que vous allez en avoir besoin. »

Son cœur s’emballa à nouveau, Alice se prit à l’insulter, ce stupide muscle défaillant.
Leurs lèvres se complétaient à nouveau, cependant aucune envie de meurtre ne refit surface. Ses  yeux s’étaient fermés d’eux-mêmes, comme s’ils avaient été programmés pour le faire dans ce genre de situations. Dans un sens, elle préférait cela –pas qu’elle soit offensée par le visage du garçon. Elle ne pourrait l’expliquer, comme elle ne pouvait expliquer beaucoup de choses ce matin-là ; cela donnait juste une toute autre dimension à la chose, peut-être.
La jeune fille rouvrit les yeux sur le visage du servant, croisa son regard bleu l’espace d’un instant avant d’être à nouveau distraite par une pression juste en dessous de la clavicule. Instantanément son regard tomba sur le bras du garçon, incapable de baisser la tête d’avantage si elle ne voulait pas lui donner un coup. La déduction se fit d’elle-même, elle n’y prêta que peu d’attention.

Il souriait, c’était tout ce qu’elle était capable de retenir.

« Et je ne suis pas un menteur, mademoiselle. »

A son tour, Alice sourit, doucement; c'était à peine visible. Le fait même de dire cela était un mensonge, c’était ridicule, mais si ça lui faisait plaisir. La conviction que le Nerull mentait comme il respirait ne la quittait pas, malgré le fait qu'elle aurait rêvé qu'elle aille faire un tour chez la voisine.
Elle prit une grande inspiration, remonta son regard sur le visage d’Andreas, affronta son regard.

Il restait, elle n’allait pas être seule dans sa chute ; c’était si égoïste de sa part, terriblement cruel, malheureusement, de toute évidence, il n’y avait aucune échappatoire à la cruauté de la situation, aucune échappatoire de la situation en elle-même. Etrangement, la demoiselle ne ressentait même pas la moindre envie d’échapper à la situation. Elle l’acceptait, elle l’embrassait, elle l’appréciait presque.

Ah, quelque chose devait clocher chez elle. Rien de nouveau en somme. Chez lui aussi, quelque chose clochait, c’était certain. Tous les deux pouvaient peut-être se comprendre. Cohabiter. Parler. S’aimer.

« Trouver des solutions est mon travail, avez-vous donc si peu confiance en moi ? »

Le ton était calme, presque plaisant ; c’était tout comme si elle prenait le thé avec lui, chacun assis sur une chaise à une distance raisonnable l’un de l’autre, comme de sages enfants.

Tout va bien Alice, personne ne sait que tu as peur, que tu trembles. Personne n’a à savoir que tu es désarmée, à court d’idées, à court de tout.

L’esprit vide de tout, plongée dans une partie inconnue de ses pensées, elle posa son regard sur le cou de son interlocuteur, inconsciemment portant une main à celui-ci afin de glisser un doigt sur le côté. Sa peau était chaude, douce. En déviant légèrement sa route, Alice pouvait sentir son pou battre incessamment contre la paroi qu’était son corps.

Il ne partait pas, il ne la laisserait pas seule dans le noir. Il était peut-être un lâche, un menteur, un faible humain, un simple servant sans importance, mais lui ne la laissait pas tomber. Lui.
Peut-être qu’il allait le faire, il en avait encore l’opportunité, l’éviter serait tellement, tellement simple, l’ignorer, pour un acteur comme lui, un jeu d’enfant.

Elle fronça les sourcils légèrement, la pensée la rendait soudainement consciente de la fragilité de son abri. Il allait la laisser, n’est-ce pas ? Le doute l’envahit, le sentiment de sécurité s’enterrait tout seul. Non, non, non, il ne pouvait pas. Il n’allait pas le faire.
Sa main glissa derrière le cou du garçon aux cheveux bleus, elle l’attira un peu plus près, supprima toute forme de distance encore quelques secondes. C’était sa manière de se rassurer ; il était là, il le resterait.

Cesse de réfléchir, applique tes propres conseils. Tu te gâches la vie.

Alice s’éloigna légèrement, avala sa salive. Sa poitrine était lourde, son cœur serré. Elle tremblait toujours, elle en avait conscience.

« Vous n’allez pas partir, n’est-ce pas ? »

Il va partir, c’est un menteur.
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Sam 25 Jan - 3:40

Yeux dans les yeux, Andreas accrocha ses craintes au sourire de la jeune fille. Il aurait pu appeler ça une erreur, un accident – le destin, le hasard, ou même une intervention divine quelconque ; la plus belle ou la pire chose qui lui soit arrivée, pour peu qu'il se décide à vivre sans points de suspension. Mais ses mains à lui ne tremblaient pas. Il aurait presque préféré que ce soit le cas. S'avouer vaincu, c'était être moitié moins vulnérable déjà. Accepter de vivre différemment. Sauter dans l'eau au lieu de chercher ce qu'il pouvait bien y avoir au fond de l'océan. Ouvrir la porte sans demander qui se trouvait de l'autre côté avant. Lâcher le couteau le premier et dire « alors, tu me tues ou pas ? » sans la moindre certitude de rien, et sans en avoir peur pour autant. Ses mains ne tremblaient pas. Il n'y arrivait pas. Les yeux d'Alice auraient dû lui dire quelque chose, n'importe quoi – et s'ils ne lui disaient rien, que le reste de son corps le lui explique au moins ; parce qu'au fond, peut-être avait-il juste besoin qu'on lui rappelle comment faire.
Pour trembler. Tout lâcher.
Qu'elle lui serve à quelque chose, au lieu de lui attacher des cordes aux poignets. Qu’elle l'aime ou le fasse taire ; ça faisait trop longtemps, il n'y arrivait plus de lui-même.

« Trouver des solutions est mon travail, avez-vous donc si peu confiance en moi ? »

Son sourire s'étira sur la gauche ; amusé, il baissa le regard un instant. Combien d'étoiles dans le ciel, et combien de syllabes dans une réponse qu'on n'entend pas ? Difficile de faire confiance à quelqu'un que l'on connaît à peine pour défaire des nœuds aussi serrés. Mais, soit. Il voulait bien lui accorder le bénéfice du doute. De serviteur à stratège. D'humain à esprit. Elle n'avait sûrement pas été engagée pour ses jolis yeux : si elle trouvait plus de solutions que lui ne chassait de poussière – si elle réglait les problèmes, là où lui était payé pour les cacher, alors d'accord. Il voulait bien la croire. Lui faire confiance, même, s'il fallait en arriver là.
Ce n'était pas comme s'il avait vraiment le choix. Si elle ne réussissait pas à le faire taire, il finirait forcément par dire n'importe quoi. Toujours, toujours. C'était là, ça lui brûlait la langue et la gorge, glissait entre ses dents, et Alice était trop près, trop – beaucoup trop. Tout ce qu'il touchait devait faner aussitôt. Il le savait ; ne cherchait pas à vivre autrement, pour la simple et bonne raison qu'il n'en voyait pas l'intérêt. Il n'avait jamais su faire que ça. Blesser les autres, se blesser soi-même, détester les autres, se détester soi-même – sans jamais descendre du manège parce que, her, c'était presque drôle de vivre comme ça. La vitre avait dû s'épaissir en cours de route. Ça ne casserait pas.
Seulement si elle l'empêchait de lui faire du mal, ça pouvait marcher. Si elle lui attrapait les mains avant qu'il ne finisse sans même s'en rendre compte par vouloir l'étrangler, ça pouvait marcher. Concentré sur la sensation de ses doigts contre sa peau, lèvres serrées pour mieux se taire, Andreas voulut la croire. Peu importe que ce soit juste de l’égoïsme. Une bête envie de complémentarité. De la solitude à combler. Un besoin de chaleur, de se sentir compter. Le jeune homme était très loin d'être stupide ; même à demi perdu dans ses songes, il se rendait compte des sourcils froncés, des doigts fébriles. Tu ne peux faire confiance à personne. C'est ça, le fardeau des menteurs. Tu mens, elle peut le faire aussi. Incapable de ne pas imposer ses propres travers aux autres. Incapable de ne pas voir le mal partout, en être dégoûté et s'en dégoûter de soi.

Mais là, juste là, pour quelques secondes ou à peine plus –

Il s'en fichait complètement, complètement, complètement.
S'il ne pensait pas, elle non plus. Ça n'avait pas à être plus compliqué que ça ; yeux clos, il ne voulait pas que ça le soit.
...Mais si elle ment ?
Comme à regret, le serviteur laissa la demoiselle s'éloigner de nouveau. Son sourire peina à revenir courber ses lèvres.

« Vous n’allez pas partir, n’est-ce pas ? »

Le plus doucement possible, occupé à faire taire ses propres inquiétudes, il saisit ses mains entre les siennes : les tint entre eux, serrant juste assez pour montrer qu'il ne comptait pas la laisser sans lui faire mal pour autant. Si c'était un mensonge, celui-là au moins se voulait pieux. Il voulait vraiment essayer. Faire de son mieux. Un pas en arrière déplia quelque peu leurs bras ; sans la lâcher, il lui adressa un sourire indécis.

« Eh bien. Ça, vous ne le saurez que si vous me lâchez. »

Parce qu'il n'en était plus à une contradiction près, il se sentit serrer plus fort.

« Mais si ça peut vous rassurer, ajouta-t-il sur un sourire plus convainquant, je suis sûr que vous en aurez bientôt assez de me voir. Je viendrai verser de la poussière dans votre bureau pour pouvoir le nettoyer. »

Il consolidait ses défenses à sa façon. Au cas où elle décide de se moquer de lui, il devait avoir un coup d'avance. Il ne pouvait pas encore vivre sans.
Son sourire se fit amusé.

« Je mettrai même des araignées dans votre lit, pour pouvoir les enlever. Ça vous va ? »
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Dim 26 Jan - 5:27

    Elle veut le croire.

    Elle va le croire, tirer le rideau sur ses doutes et inquiétudes, ouvrir un nouveau livre vierge et y écrire une nouvelle histoire – une qui se finit bien cette fois. Les premières lignes sont les plus durs, il faut situer, placer l’histoire, le contexte, trouver son style. Alice espère juste que le reste de l’histoire sera fluide – le doute pointe son nez derrière le rideau.
    La plume s’arrête à mi-chemin tout comme tout s’arrête alors qu’elle attend une réponse qui pourrait tout aussi bien être un mensonge inventé dans le seul but de la rassurée ; et elle le goberait, parce que c’est comme ça, elle a décidé de le croire et – bon dieu que c’était dur. Ça va être dur, elle va souffrir, ils vont souffrir. Elle n’a jamais appris à faire confiance aux autres, ni à communiquer convenablement, ni à entretenir ne serait-ce qu’un semblant de relation. Certes, Alice apprend vite, c’est un génie, mais il y a certaines choses que même les plus grands ne peuvent contrôler, et ça la terrifie de savoir qu’elle ne peut pas être certaine à cent pour cent de quelque chose. La peur, comme tous les autres sentiments, elle ne la contrôle pas, tout ce qu’elle peut essayer de faire, c’est de l’affronter. Ce sont des ennemis fatals et la stratège a pour crédo de ne pas reculer face à un ennemi tant que c’est possible, tant qu’on a la force.

    Elle pense avoir la force, et avec un peu de chance, le garçon aux cheveux bleus l’a aussi.

    Il prit ses mains délicatement, comme s’il avait peur de la briser – elle devait se faire des idées – puis il s’éloigna d’elle, juste assez pour que leurs bras se déplient. Alice se trouva à penser qu’il était trop loin, elle se dit que c’est vraiment un comble, elle qui le trouvait trop proche peu auparavant, et sans doute qu’elle allait le trouver trop proche souvent, on ne change pas toute une vie d’habitudes en un claquement de doigt. Mais là, il était trop loin, plus près de la sortie. Elle l’observait, l’expression neutre mais les joues rougies, prudente.

    « Eh bien. Ça, vous ne le saurez que si vous me lâchez. »

    Mais il serra plus fort et ce minuscule mouvement fut assez pour la rassurer ; elle respirait à nouveau tranquillement, serra légèrement en retour les mains d’Andreas. Il ne voulait pas partir, pas dans l’immédiat en tous les cas. Elle l’aurait lâché si ses doigts lui avaient obéit comme pour se démontrer qu’il ne s’enfuyait pas, se conforter dans l’idée qu’elle ne s’enfonçait pas d’elle-même.

    « Mais si ça peut vous rassurer, je suis sûr que vous en aurez bientôt assez de me voir. Je viendrai verser de la poussière dans votre bureau pour pouvoir le nettoyer. »

    Son sourire se fit plus solide, elle bien moins convaincue que lui qu’elle en ait marre de le voir bientôt – quoi qu’au fond d’elle, elle trouvait que la possibilité n’était pas à exclure. Pourtant ses mots firent leur effet, Alice est réellement rassurée. La jeune fille s’autorisa même un sourire à la pensée, bien qu’elle détesterait probablement qu’il vienne littéralement verser de la poussière sur son bureau. Elle trouverait un moyen de la lui faire lécher, sérieusement.

    « Je mettrai même des araignées dans votre lit, pour pouvoir les enlever. Ça vous va ? »

    La simple mention de ces horribles bestioles fut assez pour lui donner la chair de poule. Elle se crispa brusquement, ses yeux doublant de volume l’espace de quelques secondes avant qu’elle ne réalise qu’elle n’était en aucun danger immédiat. Elle les plissa, lançant son regard le plus noir au garçon, sourcils légèrement froncés. Alice comprenait que ça n’était qu’une boutade, toutefois cela la mettait quelque peu mal à l’aise. Elle n’était pas furieuse, mais le simple fait de savoir que quelqu’un connaissait sa plus grande phobie l’angoissait.

    Elle se détendit néanmoins progressivement face au sourire du Nerull. Elle allait devoir apprendre à lui faire confiance un tant soit peu si elle voulait que ça fonctionne, arrêter de tout prendre sérieusement. La stratège continuait cependant de plisser les yeux, comme méfiante.

    « Je n’aurais d’autres choix que de vous passer par la fenêtre si de telles choses arrivaient, ce serait malheureux, alors il serait – je pense – judicieux que vous vous en teniez à la poussière naturelle ; il y en a bien assez dans ce château, je le crains. »

    Alice esquissa un sourire, se sentant enfin en paix avec elle-même, ce qui était agréable, même s’il advenait que ça ne dure que quelques instants. C’était léger, fragile, maladroit, mais toute cette relation l’était. Avec le temps – si on le leur donnait-, cela se consoliderait, et peut-être qu’un jour ce serait avec assurance qu’elle lui adresserait un grand sourire.

    Péniblement, la plume trace les premiers mots.
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