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 And the morning came and swept the night away

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Plumeau humain

Masculin Nombre de messages  : 51

Localisation  : Dans la chambre d'Alice fuhoho ♥
Emploi/loisirs  : Répandre des rumeurs.
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Plumeau humain


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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Sam 13 Fév - 20:01

Alors, que pouvait bien cacher la jeune fille en face de lui?

Andreas se le demandait, sans vraiment chercher de réponse précise pour autant. Qui sait, il était possible qu'elle soit claire comme de l'eau de roche, que tout se lise sur elle et qu'elle n'ait rien à cacher. Mais pour être honnête, il en doutait fortement. Qui n'avait pas quelque chose à cacher? Il y avait un monde entre ce que l'on montrait de nous, ce que l'on était et ce que l'on croyait être. Par exemple, Andreas ne montrait de lui qu'un jeune homme souriant et animé, que quelqu'un qui aimait rire et plaisanter sur un peu n'importe quoi. Un jeune homme qui se prenait peu au sérieux, finalement. Est-ce qu'il laissait entendre aux autres qu'il détestait les humains? Non, jamais. Est-ce qu'il était véritablement sociable et aimait les autre? Non, et pourtant il avait tout l'air de quelqu'un qui aimait ses congénères. Est-ce qu'il ferait jamais en sorte qu'on sache qu'il mente? Non, hors de question. Alors ce que l'on connaissait d'Andreas, ce n'était guère plus qu'une infime partie de lui, qu'il portait au quotidien pour protéger le reste. Et il y avait encore un fossé entre la façon dont il se serait sincèrement décrit, et la façon dont il agissait réellement. Alors oui, le serviteur aux cheveux bleus doutait fortement-plus que fortement, même-que cette jeune fille n'ait rien à cacher. Que ce soit un détail idiot qu'elle garderait pour elle ou un souvenir terriblement douloureux et traumatisant, il y aurait forcément quelque chose à trouver si on creusait. L'ennui, bien sûr, était qu'il ne la connaissait pas. Tout ce qu'il pouvait dire d'elle pour l'instant était ce qu'il en voyait et ce qu'elle voulait bien laisser voir d'elle. A savoir que c'était quelqu'un de peu bavarde, sans doute cérébrale ; quelqu'un qui avait l'air très terre-à-terre et renfermée. 'Pas drôle', pour beaucoup. Mais quelle erreur que de juger si vite, avait envie de dire Andreas ; il y avait tellement de choses à savoir sur une seule personne qu'une vie n'aurait jamais suffit à tout assimiler. Et c'était dans les réactions spontanées qu'on en apprenait le plus sur les autres, d'expérience. Si l'autre n'avait pas le temps de réfléchir à quelque chose, alors il agirait par instinct, sans avoir le temps de préparer une quelconque réponse. En théorie, tout du moins. C'était pour cela qu'elle était intéressante, cette jeune fille aux longs cheveux clairs : la prendre au dépourvu semblait déjà être difficile en soit, mais lui arracher une réaction autre que quelque chose de réfléchi lui semblait encore plus compliqué. Mais cela ne faisait rien ; il avait toujours aimé les défis. Alice Maurisawa avait tout l'air d'être quelqu'un d'intelligent, devait jouir d'une place intéressante au château-même s'il n'arrivait toujours pas à mettre le doigt sur laquelle exactement-et était de plus jolie, ou en tout cas de son modeste point de vue. Et pourtant, il n'avait pas l'impression qu'elle se sente débordante de joie et particulièrement heureuse. C'était un comble, non? Pour cette société qui s'imaginait que tout ne reposait que sur la situation financière, le physique et l'intelligence, ça devait l'être en tout cas.

Et il n'avait rien de mieux à faire que de lui parler, si? Ranger des livres était nettement, nettement moins intéressant.

Son sourire s'agrandissait ou devenait plus effacé suivant les instants, mais pour le moment le jeune homme aux yeux bleus ne tenait pas à arrêter de sourire. Ce n'était pas comme si c'était compliqué, de toute façon ; il avait envie de sourire, c'était tout. Inexplicable, mais pas plus étonnant que ça à ses yeux : il lui arrivait très régulièrement d'avoir envie de sourire ou de se sentir étrangement heureux sans explication valable-ou tout du moins sans explication connue de lui-même. Certes, la jeune fille aux cheveux verts en face de lui n'était guère souriante, mais ça n'entachait en rien sa bonne humeur pour autant. Tout le monde ne pouvait pas tout le temps être en train de sourire comme un imbécile heureux, ç'aurait été assez dérangeant et lassant de tout façon. Et puis, Andreas devait avouer que sans bien savoir pourquoi, voir quelqu'un sourire et plaisanter tout le temps l'énervait. Au même titre que les humains ou que les personnes aux cheveux blonds, d'ailleurs. Et même s'il voyait très bien d'où ça venait, il ne voulait pas le savoir ; est-ce qu'on demandait aux autres pourquoi ils aimaient le chocolat ou les fraises et pas les glaces ou la vanille? Non, c'était comme ça et voilà tout. Parler à un petit glaçon n'était pas forcément plus agréable, mais il avait toujours été plus simple de faire fondre la glace plutôt que de geler un feu ardent, non? Tout du moins voyait-il les choses ainsi, pour sa part. Aussi distante que soit son interlocutrice, le jeune homme aux cheveux bleus était certain qu'il y avait un moyen ne serait-ce que d'ébrécher sa carapace. Une toute petite brèche aurait déjà été bien, il ne visait pas beaucoup plus haut. Et maintenant qu'il s'était mis bille en tête, il serait difficile de le faire changer d'avis ; s'il voulait quelque chose, il essayait. Ne serait-ce qu'essayer, de manière à ne pas pouvoir dire qu'il n'y avait pas mis du sien. Il n'était pas persuadé qu'elle veuille lui parler-ou parler avec lui, plutôt-mais ne pouvant en être sûr il continuerait. Ça n'avait jamais fait de mal à personne de prendre la parole, que ce soit pour parler de la pluie et du beau temps ou d'un sujet plus sérieux. A moins bien sûr qu'on aborde des sujets désagréables, mais ce n'était pas dans les intentions d'Andreas pour l'instant. Quel intérêt? Il ne tenait pas à ce qu'elle le déteste, ça n'aurait servi qu'à..., à rien. Et aurait-elle répondu?
Non, il en doutait.

« Je pourrais remarcher. Bientôt, probablement. »

Andreas resta regarder Alice un instant, puis lui sourit de nouveau. Remarcher? Oui, il espérait bien qu'elle ne resterait pas handicapée toute sa vie, ça aurait été très embêtant. Bientôt..., le temps était tellement relatif, après tout. Bien que ça ne lui disait pas si elle avait mal ou pas, évidemment. Le serviteur était presque sûr que ses genoux étaient douloureux, mais que ce soit le cas ou pas ne changeait de toute façon guère grand chose ; il n'y pouvait rien, qu'elle ait mal ou pas. A vue de nez elle ne semblait pas s'être réellement blessée, et si elle pensait que ça irait alors c'était que ça irait, voilà tout. Néanmoins il ne pouvait s'empêcher de se dire que c'était un peu de sa faute si elle s'était faite mal, alors ça le gênait tout de même, à un certain niveau. Bon..., techniquement, il ne l'avait pas poussée ni ne l'avait frappé, c'était clair. Cela étant s'il n'avait pas prononcé le mot 'araignée', elle n'aurait jamais eu de réaction aussi forte, et n'aurait sans doute jamais touché le sol si brutalement. Heureusement pour eux qu'ils ne s'étaient pas fait plus de mal que cela, à avoir des gestes si brusques sans prévenir elle aurait réellement pu se blesser. Et le blesser lui aussi, d'ailleurs ; parce que si c'était sûrement elle qui avait eu le plus mal des deux, sa tête aurait pu mal frapper le sol. Ah! Mais qu'importe, il avait la tête solide. Et avec des si, on aurait pu changer le monde sans difficulté particulière. Si ceci, si cela..., rien que des hypothèses ou des théories, qui n'avaient d'intérêt que si elles tentaient de définir le futur. Le passé était déjà passé, il était ainsi et on ne pouvait pas le changer. Andreas aurait pu chercher pendant une heure et demi ce qui se serait passé si, mais il ne changerait pas le cours du temps pour autant. Non, c'était impossible. Il ne s'était pas blessé, et c'était l'important ; elle devrait aller mieux bientôt, et c'était aussi bien comme ça. Bien sûr il était possible qu'elle souffre le martyr sans vouloir le laisser paraître, mais si c'était le cas et qu'elle ne voulait pas qu'il le sache il ne pourrait rien pour elle. Or il ne demandait que ça, pouvoir l'aider ; et ce qu'elle le veuille ou pas. C'était un peu son travail, non?

« C’est inutile. Sourire est stupide, la beauté est stupide. Ce n’est rien qu’un jugement stupide. »

L'humain aux yeux bleus garda son regard posé sur son interlocutrice, bien qu'elle avait déporté le sien très légèrement sur le côté. Ce n'était pas simple de suivre le regard d'un Esprit, et même après en avoir côtoyé toute sa vie-et à plus forte raison récemment-il lui arrivait de se demander ce qu'ils pouvaient bien regarder. Perturbant au début, il n'en faisait guère plus cas aujourd'hui. Et après que la jeune fille aux très longs cheveux verts ait répondu, il ne put empêcher son sourire de s'élargir sensiblement. Inutile? Tiens donc. Quel triste jugement, lui en tout cas trouvait que c'était loin d'être inutile. Sourire. La beauté..., c'était encore autre chose dans la mesure où cette notion était purement subjective et indépendante de la volonté de chacun. Si l'on avait pu choisir notre apparence, tous auraient été des personnes plus belles les unes que les autres, à n'en point douter. Et cette jeune fille en face de lui avait beau dire le contraire, elle aurait été beaucoup plus désavantagé si elle avait été d'une laideur repoussante. Et ça l'aurait attristée, c'était presque certain. Se faire rejeter parce que l'on est méchant paraît presque naturel ; se faire rejeter parce qu'on est différent, on l'accepte ; mais se faire rejeter à cause de quelque chose contre lequel on ne peut rien, c'est difficile à assumer. Alors oui, c'était peut-être un jugement stupide mais il n'empêchait que c'était impossible de ne pas juger quelqu'un à l'apparence. Ou de ne pas se faire juger, dans tout les cas. Injuste, mais terriblement vrai.

«Ah, mais vous dites ça parce que vous êtes déjà très jolie! répondit-il en souriant lui-même, observant machinalement le manège de son interlocutrice avec ses cheveux. C'est vrai qu'en souriant ou pas..., mais j'imagine que si vous aviez été laide vous n'auriez pas dit pareil.»

Le jeune homme resta silencieux un court instant, la regardant tortiller une mèche de ses cheveux émeraude. Elle ne laissait guère transparaître grand chose de ce qu'elle pouvait bien penser ou ressentir, mais ça ne le gênait pas vraiment ; chacun son caractère, celui-ci n'était pas plus désagréable qu'un autre. Il posa ses mains sur la table, de chaque côté de la dénommée Alice, et pencha légèrement sa tête sur le côté, cherchant son regard. Il savait pertinemment qu'il était 'trop' près d'elle, mais dans la mesure où il n'y avait personne d'autre dans la pièce, cela ne lui sembla pas important. Il avait de toute façon toujours aimé se trouver près de ses interlocuteurs, sans pouvoir se l'expliquer lui-même. C'était comme ça ; tout ne nécessitait pas d'explication, sans doute.

«Sourire n'est pas stupide, c'est très important! Ajouta-t-il, prenant un air faussement sérieux. C'est communicatif, et c'est agréable. Et le mieux dans l'histoire c'est que si vous souriez, même sans vraiment être heureuse, vous allez finir par l'être quand même. Vous devriez essayer, je vous assure que c'est très agréable. Et je maintiens que vous seriez encore plus jolie si vous aviez l'air plus heureuse. Bien que c'est un jugement stupide et inutile qui n'a absolument aucun intérêt.»

Il laissa passer quelques secondes, et reprit l'expression amusée qu'il avait en permanence, quoi que légèrement inquiète cependant.

«Vous avez l'air un peu nerveuse, quelque chose ne va pas?»
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Algue suceuse, dominatrice de plumeaux et dirigeante du mouvement d'éradication des fraises.

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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Jeu 4 Mar - 0:25

Le mot « stupide » s’appliquait à beaucoup de choses, et de personnes.

En lui-même, ce n’était pas un mot ‘stupide’, d’ailleurs. C’était un mot très utile et que la jeune stratège appréciait particulièrement, en vu du nombre de fois qu’elle pouvait l’utiliser. Certes, ce n’était un mot savant comme elle pourrait en sortir, mais il résumait aussi bien que l’un d’eux et tout le monde le comprenait, même ceux qui sont ‘stupides’. Et puis, elle trouvait ce mot intelligent en lui-même et aimait le son que cela faisait lorsque l’on le prononçait. Malgré cela, ce n’était pas le mot qu’elle utilisait le plus et qui était son préféré. En effet, le mot qui sortait le plus souvent de sa bouche –lorsqu’un son sortait de sa bouche d’ailleurs – était le mot ‘inutile’. Il lui arrivait parfois même de l’utiliser comme seule phrase ou réponse, même souvent. Il s’agissait là de la suite d’une grande réflexion, et non d’un réflexe comme beaucoup aurait pu le comprendre. Alice ne disait jamais rien sans réfléchir et ne répondais pas non plus par reflexe, non, ce n’était pas possible. Elle n’était pas le genre de personne à hocher machinalement la tête ou dire oui dès qu’on lui demandait quelque chose, par réflexe. Bien entendu, elle n’en était pas non plus dénué, elle possédait en possédait même de très bons, c’était le minimum pour être à son rang, le minimum pour savoir se défendre aussi. Et donc, elle savait se défendre, et plutôt bien, pour sa silhouette si fine et petite taille. Car, oui, il fallait l’avouer, elle était loin d’avoir la carrure des demoiselles de son âge, même si elle s’en fichait éperdument. Cependant, c’était assez compliqué de la prendre au sérieux dans ses fonctions au premier abord, même si on s’écrase ridiculement après, bien entendu. Mais parfois, elle devait avouer qu’elle aurait été plus grande et plus épaisse, au lieu d’avoir l’air d’avoir à peine 16 ans, cela l’aurait beaucoup aidé. Et encore, 16 ans… Parfois, on arrivait à lui trouver encore moins, ce qui, malgré les apparences, l’énervait pas mal, inexplicablement. Elle n’avait absolument rien d ‘une gamine, n’est-ce pas ? Elle qui était toujours si sérieuse, qui ne s’amusait jamais de rien, qui travaillait toujours… Elle n’avait pas l’aura d’une enfant ! Et elle était plus grande, de toute manière… Oh, et puis, elle s’en fichait, elle n’avait pas besoin de réfléchir là-dessus, elle savait que les gens étaient stupides, elle savait qu’elle ne devait pas y faire attention. Elle devait rester concentrer et observer, ne pas se laisser emporter, ne pas se laisser observer, ne pas se faire avoir. Toutes ces idées se récitaient dès qu’elle pensait à autre chose. Alice détestait converger de ses propres idées, de ces propres ordres. Si elle-même le faisait, qu’en ferait les autres ? Elle devait rester fixe, quitte à être un robot, elle était comme cela. Une poupée, une marionnette, un robot… Elle entendait parfois ces mots sortir de la bouche de nobles ou de personnes du château. Elle ne pensait pas être cela. Ceux qui se font réellement manipulés ne sont pas ceux que l’on croit toujours. Elle, elle savait, et c’était le plus important. Voila, elle devait repartir là-dessus. Se calmer et repartir comme cela, elle le devait. D’ailleurs, elle ne savait même pas comment et pourquoi elle s’était emmêlée ainsi. Il n’y avait aucune raison pour qu’elle soit aussi troublée et embrouillée que cela, elle ne comprenait pas. Et cela l’énervait, elle ne pouvait pas rester calme. Il l’énervait. Ce garçon aux cheveux bleus qui souriait constamment l’énervait, l’embrouillait, la prenait au dépourvu, l’ennuyait… Et l’énervait encore. Mais qu’avait-il à sourire ainsi ? Qu’avait-il à la regarder comme cela ? Que lui voulait-il ? Elle ne savait pas. Alice n’arrivait pas à le comprendre, elle n’arrivait pas à le lire. Il aurait du être si simple, était un humain… Mentait-il en permanence ? Son sourire mentait-il ? Rien ne lui parvenait, et elle haïssait cela. Elle le détestait pour être ainsi, pour ne pas la laisser savoir. Son comportement était presque odieux et totalement décalé pour un servant. Oh, bien sûr, ils souriaient tous. Mais pour comme lui le faisait, et ils n’étaient pas aussi détendus que lui, ils ne parlaient pas aussi… Aussi familièrement et autant que lui. Sincèrement, elle ne pouvait pas le comprendre.

Mais ce n’était pas comme si elle voulait le comprendre, plutôt comme elle le devait. Elle n’avait pas la moindre envie d’en savoir plus sur lui, du moins, elle ne l’aurait pas voulu au début si il ne s’était pas révéler aussi réticent à son analyse. Il avait tout mis sans dessus-dessous, pour qu’elle ne s’y retrouve plus. Les livres, l’araignée, la chute, l’étrein-… L’oreiller… Cette suite d’actions était arrivée à cause de lui et seulement à cause de lui. Il devait en faire exprès, ce n’était pas possible ! Et d’un autre côté, c’était aussi impossible comme cela. Il ne pouvait pas avoir prévu un plan comme celui-ci, il ne la connaissait pas, elle ne l’avait jamais vu auparavant, il ne pouvait pas savoir ses réactions, et ce n’était pas son travail de prévoir ce qu’il arriverait. De toute manière, elle pensait avoir été déjà trop imprévisible comme cela. Et de toute manière, il n’y avait aucun intérêt à l’embêter, elle n’avait rien de très intéressant. A moins que ce soit un traitre et qu’il tentait de l’assassiner à des fins secrètes, mais elle en doutait très fortement. Une revanche ? Comme elle l’avait déjà dit, elle ne l’avait jamais vu avant et doutait d’avoir fait quelque chose à quelqu’un d’ailleurs, elle s’était toujours « bien » comporter avec les autres. Il n’avait aucune raison de la blesser ou quoi que ce soit. Du hasard ? Ce n’était pas qu’elle n’y croyait pas, juste qu’elle détestait le hasard. Malheureusement, il ne semblait pas avoir beaucoup plus de raison que cela. Ou alors, le garçon avait voulu commencer une conversation, ou savoir sa faiblesse, ou… il y avait bien trop de solutions possibles et tout coulait dans sa tête sans vouloir s’arrêter. Il y en avait un tel flot qu’elle commençait à en avoir mal à la tête. Ce servant était incroyable. Elle décida de chasser tout cela de sa tête. Elle ne devait pas être distraite, elle ne devait pas se faire avoir. A se rythme, quoi qu’il veule – si il voulait quelque chose – le Nerull allait la battre. Elle s’obstina à ne pas le regarder, alors que lui le faisait. Elle n’aimait pas qu’on la regarde, et elle n’aimait pas non plus regarder quelqu’un qui la regardait. Fuir ou perdre, ce n’était pas la question, elle n’était pas le genre de personne à qui il importait de ne pas sembler lâche, ce n’était pas comme si elle avait besoin d’un courage sans limite pour faire son travail. Elle ne supportait juste pas son regard, elle ne voulait pas le regarder, il n’y avait rien de plus à dire, elle l’avait déjà assez vu pour arriver à le décrire.


«Ah, mais vous dites ça parce que vous êtes déjà très jolie! C'est vrai qu'en souriant ou pas..., mais j'imagine que si vous aviez été laide vous n'auriez pas dit pareil.»

Décidément, elle allait de surprise en surprise aujourd’hui. « Jolie » ? Elle se fichait de son opinion de toute manière, la beauté n’avait rien à faire ici. La jeune stratège ne savait même pas pourquoi il lui en parlait en réalité. La conversation lui échappait très légèrement, sans qu’elle n’arrive à savoir pourquoi. Elle entortilla plus fortement l’une de ses mèches de cheveux, cherchant un point de repère de ses perles vides. Alice devait trouver autre chose que le passionnant vide à regarder. Pas pour une raison précise, mais c’était toujours mieux. Fixer le vide était assez stupide, même si son regard était difficile à suivre, elle le savait. Mais pour elle-même, elle ne voulait pas se trouver à faire une action stupide, c’était tout. Soudainement, son doigts dérapa et lissa une mèche plus vite que prévu, à cause d’une nouvelle surprise provoquée par le garçon, encore une fois. Elle n’était pas encore au bout de ses peines, visiblement. Elle avait d’abord senti la table bouger légèrement, elle s’était ensuite sentie plus serrée, mais elle n’avait pas daigné jeter un coup d’œil au Nerull. Et voici qu’à présent, elle le sentait près, bien trop près. Pour aucune raison apparente –la suprise, probablement, en réfléchissant – son cœur rata un battement et elle se risqua à détourner un instant son regard de l’étagère, qui lui avait été caché, de toute manière. Pour la deuxième fois, il était proche d’elle. Beaucoup trop proche qu’elle ne l’aurait souhaité. Pourquoi avait-il le besoin de s’approcher de si près alors qu’il y avait autant de place autour ? Elle ne comprenait pas.

«Sourire n'est pas stupide, c'est très important! C'est communicatif, et c'est agréable. Et le mieux dans l'histoire c'est que si vous souriez, même sans vraiment être heureuse, vous allez finir par l'être quand même. Vous devriez essayer, je vous assure que c'est très agréable. Et je maintiens que vous seriez encore plus jolie si vous aviez l'air plus heureuse. Bien que c'est un jugement stupide et inutile qui n'a absolument aucun intérêt.»

Heureuse ? Pourquoi aurait-elle voulu être heureuse ? Ce garçon était stupide, définitivement, ou il jouait sacrément bien la comédie, même aussi proche d’elle. Sa main glissa de nouveau sur sa mèche de cheveux, sans qu’elle n’y fasse attention. Elle n’eue pas plus le temps de réfléchir que le bleu ajoutait encore quelque chose, ayant visiblement pas mal de salive à user, avec un air… Un air étrangement amusé, comme si il se moquait d’elle. Cela l’énerva, décidant d’ignorer le fait qu’il avait un autre côté étrange dans son expression.

«Vous avez l'air un peu nerveuse, quelque chose ne va pas?»

Nerveuse ? Etait-elle nerveuse à présent ? Elle serait passée pas toutes les émotions dans ces yeux au final. Mais elle n’était définitivement pas nerveuse, elle n’avait aucune raison d’être nerveuse. Tout allait parfaitement bien. Tout à part cette distance trop courte qui les séparait. Elle l’aurait poussé en arrière volontiers, mais elle n’arriva pas à enlever sa main de ses cheveux. Quelque chose clochait et elle n’arrivait pas à savoir quoi. Ce n’était pas comme si elle était nerveuse ou quoi que ce soit, non, elle ne le devait pas. Pourquoi continuait-il de la regarder et de lui sourire ? Savait-il combien il l’ennuyait ainsi ? Cela l’amusait-il de la troubler, de l’embrouiller ? Elle aurait tout donné pour le savoir sur l’instant. Elle aurait voulu le gifler et lui faire perdre son sourire, elle aurait voulu qu’il s’éloigne, elle aurait voulu qu’il s’en aille. Alice ne le supportait pas. Elle ne le supportait plus. Il devait cacher quelque chose qu’elle n’arrivait pas à trouver et c’était peut-être bien la seule chose qui l’empêchait de faire une autre action. Elle devait résoudre son mystère ou elle se sentirait mal, très mal. C’était la seule chose qu’elle ne voulait pas perdre. Et elle ne voulait pas non plus voir cet arrogant servant gagner sur elle. Jamais, jamais…
Elle avala une bonne fois pour toute sa salive et retourna entièrement son visage vers le garçon, un air hautain et quelconque peint sur le visage, ayant finit pas calmer son cœur –non sans mal. Elle planta ses yeux bleutés dans ceux tout aussi bleus du servant. Andreas Nerull, hum… Elle n’était pas prête d’oublier son nom, il avait tout gagné… La verte prit brusquement la parole, elle qui restait toujours si silencieuse parlait bien trop aujourd’hui, finalement.


« Sourire pour être heureux ? C’est aussi stupide. Je n’en ai pas besoin, c’est inutile. »


Ses idées semblaient reprendre place, mais elle continuait malgré tout d’enrouler ses longs cheveux autour de son doigt, comme si elle ne pouvait pas s’arrêter. Elle n’y faisait même plus attention, elle avait juste l’impression que si elle arrêtait, tout allait de nouveau s’embrouiller et elle allait être perdue. Et elle refusait de se perdre de nouveau, de ne plus savoir quoi faire, d’être surprise. Alice ne devait plus perdre son calme, c’était la seule chose dont elle pouvait être certaine. Malgré le fait qu’elle se le répétait, pour une fois, elle avait du mal à exécuter ce qu’elle se disait elle-même. Il était réellement trop proche… Mais si elle l’éloignait, pourrait-elle encore trouver quelque chose sur son secret ? C’était énervant, encore et toujours énervant. Elle allait finir par le gifler, l’envoyer loin d’ici, perde son calme, comme elle l’avait déjà dit… Mais elle devait y arriver, pour ne pas rester sur un échec. Elle était trop curieuse, trop vive certainement était-ce ses plus grands défauts…

« Je vais bien. »


Elle faillit rajouter quelque chose, mais se tu au final, fermant sa bouche, un air contrarié sur le visage, qui ne dura qu’un temps. Bien évidemment, elle évitait irrémédiablement la question de la nervosité, écartant d'une parole ce qui la dérangeait. Et encore mieux, elle avait même évincé de la conversation le thème de la beauté... Mais, cette fois ci, elle ne détourna pas les yeux, préférant essayer d’analyser le regard bleu du garçon. Mais elle ne voyait rien de plus que son sourire, elle ne savait pas ce qu’elle pouvait bien rater. Alice finit encore une fois par conclure sa recherche.

Andreas Nerull l’agaçait, la tourmentait, l’horripilait, l’égarait, l’ennuyait, l’énervait…L’attirait.


  • [Je dois le dire, je ne sais pas pourquoi, j'ai écrit ce poste avec la peur de l'OOC... xD]
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Mar 20 Avr - 1:58

Andreas n'avait rien contre personne.

Non, il était assez rare qu'il en veuille personnellement à quelqu'un, en fait, et ce pour la simple et bonne raison que peu de personnes le connaissaient assez pour cela. Pourtant, il n'aimait pas grand monde. Il l'expliquait simplement, et sans faire preuve de la moindre méchanceté ou moquerie : ce n'était pas leur faute. Enfin, ce n'était pas de la sienne non plus : ce n'était de la faute à personne, en somme. Le jeune homme était tout-à-fait certain que s'ils avaient pu ils n'auraient pas été ainsi, si stupides et superficiels. Quelqu'un de laid rêvera toujours de devenir beau, même s'il se blesse un peu plus à chaque fois qu'il s'en fait la remarque. Quelqu'un de stupide fera son possible pour devenir plus intelligent, tout en se répétant qu'il ne l'est pas. A choisir, tout homme rêverait d'être intelligent, beau et gentil. Quelle plaie. En plus d'être inutiles et agaçants, ils ne pouvaient s'empêcher de rêver à des choses qu'ils n'auraient jamais. Et quand bien même un génie serait apparu et leur aurait accordé un vœu, ils n'auraient pas été mieux qu'avant aux yeux du serviteur. Ils n'étaient rien de plus que des êtres courant après la perfection, et ce quoi qu'ils pouvaient en dire. Qui n'aimerait pas être apprécié de tous et de soi-même? Il n'avait jusqu'alors rencontré que bien peu de gens qui pensaient ainsi, s'acceptaient réellement et admettaient leurs torts dans leur intégralité. C'était rare, vraiment. Lui-même avait un bon milliers de défaut, dont il n'aurait pu lister la moitié. Seulement lui, il ne vivait pas dans le regard des autres : il était le seul juge de lui-même, et de fait se préservait de tout ces rituels destinés à être apprécié de la société. Il était qui il décidait d'être, et ne se limitait pas à ce qu'il aimait ou ce qu'il n'aimait pas. Pourquoi dire qu'on aimait le rouge quand il était évident que l'autre aimait le bleu? Être honnête n'amenait à rien, et Andreas se créait une image suivant la personne avec qui il parlait. Lire les autres était facile, au bout de tant de temps passé à observer et étudier-même involontairement-les gestes et réactions de personnes se voulant honnêtes et agréables. On faisait tout pour être apprécié, vraiment tout. Être laissé à l'écart était insupportable, insoutenable. Oh, le jeune homme aux cheveux bleus était persuadé qu'il était possible de vivre seul, enfermé dans une pièce sombre, et de n'avoir absolument aucun contact avec la réalité : ça, il le jugeait possible, à défaut d'être censé. En revanche, il ne pensait pas qu'il soit possible de vivre avec d'autres personnes, de marcher dans les même couloirs ou rues que des centaines d'autres, de les voir parler et rire ensemble, sans avoir un seul contact avec eux. C'était comme mourir de faim, attaché à la chaise d'un fastueux banquet. Tellement difficile. Il fallait vraiment se haïr pour s'empêcher de goûter aux joies de la vie sociale, entouré d'hypocrites et d'idiots finis. Andreas, lui, aimait assez parler avec des hypocrites et des idiots finis, à la recherche des personnes qui n'en étaient pas ; c'était un peu comme une chasse au trésor géante, et il ne s'en lassait pas. S'il arrivait à passer pour ce qu'il voulait aux yeux de l'autre, alors il ne l'intéressait plus. Aussi gros que soit le mensonge qu'il disait, l'autre finissait toujours par le croire. Mais qu'importe? Il créait sa vie sur le discours de l'autre, et c'était tellement, tellement amusant. L'autre demandait s'il avait de la famille? Eh bien, il n'avait qu'à prendre un air triste pendant quelques secondes, se remettre à sourire, quelque peu crispé, et dire que ses parents étaient tout deux morts lors d'un attentat, à Jiang-Zemin, il y avait quelques mois de cela. Ensuite? Simple, vraiment simple : il se contredisait. Quelques temps plus tard il disait qu'ils étaient morts-une fois encore-mais dans un accident, il y a un an, toujours à Jiang-Zemin. Et dès lors, il pouvait dire ce qu'il voulait. Qu'importait qui il était, il se dirait qu'il mentait. Et alors, venait le temps des explications. Quoi de mieux qu'une tentative pour dire qu'il s'était trompé suivi d'un air triste pour lui faire croire ce qu'il voulait? Il n'avait plus qu'à lui dire la formule magique, 'Je ne veux pas en parler', être réticent, puis finir par 'N'en parles à personne' pour capter toute l'attention de son auditeur. Qu'il ait été battu, violé, qu'il les ai perdu tragiquement à cause d'une erreur qu'il ai commise..., il croirait tout s'il jouait assez bien la comédie. Parce qu'ils étaient stupides. Et qu'aussi gros que ça puisse paraître, ils le prendraient pour acquis.

Vraiment, il détestait les personnes stupides. Être intelligent était une plaie, ils ne se rendaient pas compte à quel point...

Suivant ce raisonnement, Andreas souriait mais n'était pas toujours nécessairement heureux pour autant. Difficile de parler avec quelqu'un en le regardant de haut, l'air de penser qu'il n'était bon qu'à faire serpillère, c'était un fait. Qu'en souriant et en ayant volontairement l'air plus idiot que la moyenne il se faisait des tas d'amis, c'était impressionnant. Tout ça parce qu'ils aimaient être mieux que quelqu'un..., voilà pourquoi il trouvait les relations humaines malsaines. Même s'il avait apprécié quelqu'un, réellement apprécié quelqu'un-et c'était le cas, il y avait certaines personnes pour lesquelles il éprouvait une réelle affection-il n'aurait jamais pu être sûr du contraire. Si lui pouvait mentir, les autres le pouvaient aussi. Alors il se contentait de jouer, de s'imaginer un monde qui lui aurait mieux convenu. Il le faisait inconsciemment, principalement avec les personnes qu'il appréciait beaucoup. Il avait peur de décevoir, de ne pas être assez bien, de perdre l'autre..., ou que savait-il encore. Ses yeux restaient posés sur la jeune fille en face de lui, son sourire collé sur ses lèvres, tandis que son esprit divaguait gentiment. A chaque instant de silence, il ne cessait de réfléchir. Il se demandait si elle, c'était la même chose. Si elle ne parlait pas elle devait bien faire quelque chose, ça, c'était évident. Her...Andreas se demandait à quoi elle pouvait bien penser, tiens. Curieusement, il aurait bien aimé qu'elle pense à lui. D'un autre côté, il était trop près d'elle pour qu'elle se mette à penser à ce quelle allait manger ce midi..., à moins qu'elle soit très douée pour compartimenter, ce dont il ne doutait pas. Elle n'avait pas l'air du genre de filles facilement impressionnable, et il voyait rien qu'à son air qu'elle était plus forte et fragile à la fois qu'elle ne voulait bien le laisser paraître. Ce que son physique montrait était démenti par son comportement, et Andreas avait envie de croire qu'elle était loin d'être aussi distante et froide qu'elle ne voulait bien le laisser paraître. D'ailleurs, on protégeait bien ce qu'on jugeait important et fragile, non? Si elle ne montrait d'elle que son côté froid et distant, c'était qu'elle refusait qu'on la voit dans l'état inverse.

Et pourtant, il l'avait trouvée assez démunie quand elle avait voulu échapper à la petite bête. Il imaginait que ce n'était pas le genre de comportement qu'on lui connaissait, et était assez heureux finalement d'avoir pu observer la jeune fille aux yeux bleus dans une situation sortant de l'ordinaire. Il n'aurait su dire pourquoi, là encore ; il ne cherchait que rarement des raisons à ce qu'il pensait ou ressentait de toute façon, contrairement à ce qu'il faisait.

« Sourire pour être heureux ? C’est aussi stupide. Je n’en ai pas besoin, c’est inutile. »

Stupide, inutile..., ah. Il commençait à comprendre, remarque. La moitié des choses qu'il disait depuis quelques minutes étaient stupides ou inutiles, de toute façon, une ineptie de plus ou de moins ne ferait pas grande différence à présent. Enfin. Il n'était pas tout à fait d'accord, mais se contenta de pousser un petit soupir, l'air désolé. Sourire n'était pas stupide, et il disait ça sans mentir-ce qui en soit n'était pas rien, il fallait le préciser. Sourire était agréable, il avait toujours trouvé ça agréable. Être heureux..., il ne savait pas si c'était son cas, il n'aurait su dire s'il était heureux, mais il jugeait cela assez important tout de même, dans une certaine mesure. Les personnes heureuses avaient beau être plus stupides en général, faire moins attention à ce qu'ils faisaient et être agaçantes à regarder, il les enviait, quelques part. Et il refusait de croire que la jolie Alice trouvait inutile ou stupide d'être heureuse ou même de sourire. Il l'aimait bien, pour l'instant : et en vertu de cela, il tenait à approfondir un peu la conversation. Ne serait-ce qu'un peu, jusqu'à ce qu'elle ne le pousse sèchement et ne mette un terme à leur échange. Il ne craignait pas particulièrement que ça arrive en général, il savait où mettre les pieds..., mais dans la mesure où il cherchait à voir jusqu'où il pouvait aller-ou plutôt jusqu'où elle le laisserait aller, dans ce cas-difficile de ne pas dépasser la ligne à un moment ou à un autre. Enfin, le jeune serviteur ne s'inquiétait pas trop de ce côté là, ça n'avait pas grande importance. Ce n'était qu'une jeune fille rencontrée un matin dans la bibliothèque : en sachant qu'il pouvait rencontrer un certain nombre de personnes par jour, elle ne représentait qu'un chiffre dans des statistiques. Il l'aurait probablement oubliée quand elle aurait cessé de l'intriguer, de l'amuser. Elle était sûrement aussi inutile que ce quelle jugeait l'être, sans intérêt.

Andreas fronça légèrement les sourcils, se répétant ce qu'il venait de dire. Rien à faire, ça sonnait...

Comment dire...

« Je vais bien. »

Andreas releva les yeux-qu'il avait baissé un instant-vers elle, soutenant son regard. Elle avait de jolis yeux, certes. Vides, mais qu'importe? Il s'y était habitué à la longue, et les préférait même de très loin aux siens, dont les pupilles le narguaient chaque jour que Dieu faisait. Il ne pouvait pas savoir comment elle voyait, mais ça lui importait peu ; il aurait largement préféré savoir comment elle le voyait, dans ce cas. Miss Inutile..., il se remit à sourire, abandonnant son air neutre d'il y avait un instant. Décidément, il se sentait de bonne humeur ce matin là, et ce malgré le fait qu'il ait très mal dormi. Un mal pour un bien : s'il ne s'était pas levé si tôt il ne serait pas venu ici, et n'aurait pas pu avoir cette passionnante discussion. L'humain déchu garda ses yeux plantés juste dans les siens, souriant un peu plus. Il n'avait jamais trouvé ça gênant de regarder les personnes à qui il parlait dans les yeux dans la mesure où tout ce qu'ils pouvaient y voir l'intéressait, justement. S'ils arrivaient à y lire quoi que ce soit, c'était qu'ils méritaient un minimum d'attention.

«Est-ce que vous me trouvez stupide? Demanda-t-il avec un sourire mutin, sans bouger de là où il était pour autant. Juste pour savoir, étant donné que tout ce que je dis l'est, à vos yeux..., c'est assez blessant, d'ailleurs..., j'essaie simplement d'entamer la conversation. Vous avez un passe-temps? A part dire que tout est inutile, j'entend. Une couleur fétiche? Un plat...?»

Disant cela, le jeune homme aux cheveux bleus sourit de plus bel. Il n'avait plus réellement besoin de réfléchir à ce qu'il disait, tout se faisait de manière très naturelle,. L'habitude, sans doute, il n'en serait jamais vraiment sûr. Parler en vrac de la sorte, ça lui connaissait : il excellait dans l'art d'aligner des propos sans aucun rapport les uns avec les autres. Il bougea sensiblement, cherchant la position la plus confortable sans augmenter la distance qui les séparait pour autant-et ce n'était pas si simple, il ne fallait pas croire.

«Et si vous allez bien, tant mieux. Même si vous me détestez, je n'ai pas envie que vous alliez mal, personnellement, répondit-il en hochant de la tête, l'air convaincu. Oh, et dites le, si vous voulez que je m'en aille. Je ne dis pas que je partirais, mais au moins ça aurait le mérite d'être clair. Ou si vous voulez que je m'éloigne. Vous pensez que je suis trop près?»

Il resta la regarder un instant, souriant plus légèrement. Hm...

Faux! Voilà, faux.

Ça sonnait terriblement
faux.
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Ven 28 Mai - 17:25

Alice n’était pas quelqu’un de violent et n’avait pas souvent de pensées violentes.

C’était ainsi, elle avait beau être froide et tout ce qu’on voulait qui faisait qu’elle n’avait pas l’air –et n’était pas- très sociable ou sympathique, elle n’était pourtant pas une personne violente, et il fallait bien le préciser tout de même. Elle était passive et s’arrangeait toujours avec des mots, comme une personne bien civilisée et éduquée devait le faire. Elle ne le disait pas ironiquement –quoi qu’avec une pointe d’amertume tout de même-, elle était totalement sincère sur ce point. Elle ne disait pas que parfois, elle avait eu recours à cette violence, elle ne disait pas qu’elle était contre, juste qu’elle était civilisée et évitait les affrontements. Elle aurait pu, elle était la stratège de l’Ouest, et ce n’était pas pour rien, elle était intelligente, mais ne manquait pas de force tout de même, ce serait bien trop difficile. Imaginez qu’elle doive mettre au point une stratégie de guerre alors qu’elle ne sait même pas la difficulté que ce peut-être de se battre ou quelque chose comme cela… ce serait n’importe quoi, réellement, et la Princesse courait à sa perte dans ce cas. Alice ne pensait pas sa dirigeante assez stupide pour cela d’ailleurs : si elle l’avait choisi c’était pour ses compétences, que ce soit celles militaires ou celles mentales. Enfin, pour en revenir à la violence, elle n’était donc pas une non-violente tout de même. Et sincèrement, il lui arrivait aussi de penser qu’elle adorerait frapper quelqu’un, ou même l’assassiner. Et c’était actuellement ce qu’elle pensait, en toute honnêteté, toujours. Il faut dire que le jeune servant ne la ménageait pas et portait à bout ses nerfs, bien qu’il ne doive pas réellement s’en rendre compte. Il l’énervait de toutes les façons possible, il avait brisé une bonne dizaine des règles qu’elle imposait par sa présence, limite si il s’était mit à la tutoyer. D’ailleurs, sa façon de parler lui faisait penser qu’il parlait sans aucune pression, comme si tout était naturel, comme si il parlait à une autre servante… Et sa façon d’agir était la même, exactement la même. Elle voulait avoir le dessus, elle voulait gagner en quelque sorte, elle voulait savoir d’où sortait ce comportement, réellement ! Il devait être le cobaye pas elle ! Pourtant, c’était exactement l’impression que cela lui donnait pour l’instant. Il la testait et elle répondait d’une façon particulièrement intéressante, ce devait être ainsi. Mais elle ne voulait pas lui donner satisfaction, elle voulait qu’il lui donne satisfaction, elle devait échanger les rôles, encore une fois, pour récupérer le dessus. La jeune fille devait trouver la meilleure façon de retrouver sa position, c’était obligatoire, parce qu’elle était la chef ici, et pas cet odieux personnage… Elle aurait adoré le frapper et le rabaisser, lui faire passer cette envie de sourire aussi, aussi… Aussi inutilement ! Elle haïssait ce sourire qui lui semblait étrangement satisfait, étrangement dérangeant, et qui la mettait dans tous ses états. C’était un gros morceau, une proie de choix, un être qui sortait du basique, et c’était exceptionnel, pour un humain, et de surcroit, un simple servant… Il était étrange qu’une telle personne puisse intéresser Alice, en temps normal. Si elle l’avait croisé dans un couloir, elle ne se serait probablement même pas retourner, et si elle l’avait heurté, elle serait repartie comme une voleuse, sans dire mot. Il n’avait absolument rien d’intéressant, au premier coup d’œil, à part le fait qu’il lui semblait particulièrement faible et terriblement humain… Elle ne se serait même pas intéresser à un instant à son visage, elle n’aurait pas décrypté ses yeux, elle n’aurait pas observé ses traits aussi particulier qu’ils puissent être… Elle n’aurait pas fait tout cela si la coïncidence de leur rencontre n’était pas arrivé, elle ne se serait pas poser autant de question, elle n’aurait pas été ennuyé par lui, elle ne l’aurait pas détesté, elle n’aurait pas eu envie de le frapper, il ne l’aurait pas énervé comme il le faisait. Alice se demandait ce qui aurait été le mieux entre découvrir une nouvelle face des humains ou passait à côté mais être tranquille… C’était une excellente question qu’elle n’avait pas réellement le loisir de se poser actuellement. Elle réfléchissait à tout autre chose en même qu’une autre, et encore une autre... C’était à en rendre fou ! Ah, oui, le Nerull la rendait folle, c’était bien ça, le problème. Ce qu’elle aurait aimé pouvoir lire dans les pensés, cela l’aurait aidé à comprendre plus facilement qui il était, et son comportement aussi. Elle doutait franchement qu’il fasse cela pour une raison précise, mais on pouvait toujours essayer de comprendre. Contrairement à elle, il n’avait absolument aucune raison de faire cela, aucune. Que cherchait-il à prouver, que voulait-il savoir ? Cela l’amusait-il ? Parce que cela ne l’amusait plus, plus vraiment. C’était devenu une question d’honneur, une question de travail. Et s’il était un traitre ? Ou encore un voleur ? Toutes les solutions étaient envisageable, même si elle voyait très mal pourquoi un voleur ferait cela, ou pourquoi un traitre ou espion s’en prendrait à la stratège d’ailleurs, parce qu’il n’y avait aucune stratégie de prévu, parce qu’il n’y avait pas non plus de guerre à venir, c’était… Etrange. Alors il jouait ? Oui, s’en était certainement ainsi, plutôt tristement. Pas que ce soit décevant, mais qu’il fasse cela pour jouer, ce n’était pas… Elle ne voulait pas être son jouet ! La vie n’était pas un jeu, il ne devrait pas penser ainsi, ce n’était pas sérieux, et cela l’énervait de plus bel ! Il était vrai qu’elle n’était pas forcément la meilleur personne qu’il puisse exister pour parler de la vie et du jeu en même temps, parce qu’elle n’accordait pas réellement d’importance à sa vie, et ne s’y accrochait que par pur esprit de revanche, à cause d’une vieille rancune qui la ferait survivre tout le long de cette vie, justement. Cependant, elle ne pensait pas à la vie comme un jeu, parce qu’on n’avait qu’une seule vie, et que n’importe lequel de nos choix pouvait tout faire basculer, et ça, elle le savait parfaitement, puisque c’était l’exact description de son travail, les choix. Si elle se trompait, ce n’était pas seulement sa vie qui pouvait être fichue, mais celle de plein d’autres aussi, et même si elle n’avait pas d’affection pour eux, elle éprouvait des sentiments aussi, et se sentirait coupable. Peut-être était-ce pas égoïsme, mais elle ne voulait pas se sentir coupable de quoi que ce soit. Pourquoi choisir un travail comme celui-ci dans ce cas ?! Honnêtement, elle ne savait pas. Elle n’avait rien à se prouver, aucun compte à rendre au monde, juste de la rancune. Voila pourquoi elle détestait les sentiments, cela faisait faire des choses folles que l’on n’aurait jamais fait sans cela. Et même le fait de détester les sentiments était en éprouver ! Le monde est fou…

En reposant ses yeux vides sur le visage du garçon, l’envie de le frapper ne fit que revenir au grand galop, alors qu’elle s’était calmée. Elle voulait le secouer et le ramener à la réalité, parce qu’il semblait s’en être beaucoup éloigné mine de rien. Et en plus, ce sourire, encore et toujours… Il n’avait pas autre chose à faire au lieu de sourire ? Il allait avoir des crampes à force… en plus, il paraissait que lorsque l’on vieilli, on garde des séquelles des têtes que l’on faisait le plus souvent… Alors il aurait toujours un sourire aux lèvres, même vieux et tout ridé ? Oh, pitié, elle ne voulait pas le connaître jusqu’à cet âge là… et elle n’allait pas d’ailleurs, puisque dès qu’elle aurait percé son mystère, elle l’enterrerait tout au fond de ses souvenirs, en le classant dans le tiroir « mauvais souvenirs », comme tant d’autres. Mais pourquoi le poussait-elle jusqu’au bout ? Il devait bien s’en apercevoir non, qu’elle s’énervait ? La tension pourrait presque en être palpable… Et en même temps, il ne devait absolument pas arrêter, parce que sinon, elle ne pourrait jamais savoir pourquoi il avait ce comportement et cela voudrait dire échouer aussi. Elle devait faire avec et se calmer, pour reprendre le dessus. C’était cela, se calmer et retrouver son caractère habituel. D’habitude, elle était passive, calme et réfléchie… Mais au même instant, elle avait l’envie de lui demander si il savait que c’était une tête à claque. Oui, ce n’était pas le meilleur aspect de sa personnalité, l’ironie… Et elle en débordait pourtant, dommage. Alice enroula de nouveau une de ses mèches de cheveux autour de son doigt et la déroula lentement. Cela la calmait, parfois, et fonctionnait même à présent. Heureusement d’ailleurs, parce que le serviteur reprit la parole tout de suite après, un grand sourire de nouveau sur son visage d’humain.


«Est-ce que vous me trouvez stupide? Juste pour savoir, étant donné que tout ce que je dis l'est, à vos yeux..., c'est assez blessant, d'ailleurs..., j'essaie simplement d'entamer la conversation. Vous avez un passe-temps? A part dire que tout est inutile, j'entend. Une couleur fétiche? Un plat...?»


Maintenant, elle en était persuadée, il en faisait exprès, réellement, et ce fut ce sourire mutin qu’il aborda qui lui donna raison. A quoi bon poser la question ? Il était intelligent, il le savait, elle le savait, et il s’en jouait bien. Il jouait bien, très bien, mais elle aussi était loin d’être bête. Ses paroles étaient stupides, certes, elle n’avait aucun doute là-dessus, mais pourtant pas dénuées de sens et plutôt bien trouvées. Mais tout cela, il le savait aussi, elle n’avait rien à lui apprendre. Oh, et qu’il essaie d’entamer une conversation, elle n’avait aucun doute là-dessus, sauf qu’elle voulait la refuser en bloc, ce qui ne lui avait pas non plus échappé, puisqu’il essayait, justement. Mais parler d’elle n’était certainement pas le meilleur début pour une conversation, parce qu’elle n’en avait aucune envie. Il n’avait aucune raison d’en savoir plus sur elle, et elle n’avait aucune raison de lui en dire plus. Tout cela était parfaitement carré dans sa tête, bien rangé, bien en exposition. Il bougea légèrement, ce qui lui donna espoir qu’il s’éloigne, mais il ne le fit pas. Elle aurait dû s’en douter d’ailleurs, elle devenait stupide à force d’être avec lui. Combien de temps cela faisait-il ? Pas une éternité, mais pas mal de temps. Et ce qu’elle avait pu tirer de ses observations, c’était qu’il était intelligent, savait probablement très bien mentir et aussi bien la mener en bateau… Elle allait devoir réagir, parce qu’elle continuait de s’enfoncer, et ce n’était pas ce qu’elle voulait. Ses yeux ne bougèrent pas de là où ils étaient, c'est-à-dire sur le visage du garçon, le suivant lorsqu’il bougea. Elle n’avait aucune raison d’être mal à l’aise, aucune…

«Et si vous allez bien, tant mieux. Même si vous me détestez, je n'ai pas envie que vous alliez mal, personnellement. Oh, et dites le, si vous voulez que je m'en aille. Je ne dis pas que je partirais, mais au moins ça aurait le mérite d'être clair. Ou si vous voulez que je m'éloigne. Vous pensez que je suis trop près?»


Le détester ? Elle n’avait rien dit à ce sujet, mais il avait deviné sa pensée. Au moins, il pouvait s’estimer heureux d’être assez intéressant pour qu’elle lui accorde cette place de choix. Enfin, ce n’était pas comme si elle le détestait vraiment, plus qu’il l’énervait et qu’elle n’aimait pas cela, et qu’elle n’aimait pas perdre non plus. Elle n’insinuait pas qu’il gagnait actuellement, juste qu’il prenait lentement le dessus… mais elle était très mauvaise joueuse, et l’échec était inacceptable. Alice n’était pas quelqu’un d’orgueilleux ou d’imbus de lui-même, mais elle avait de la fierté, beaucoup de fierté, parce que c’était la seule chose en quoi elle pouvait croire. Elle n’avait pas confiance en elle, mais plutôt en ses capacités, et cela ne voulait définitivement pas dire la même chose, elle le défendait et resterait sur sa position. Elle était fière d’être ce qu’elle était alors elle ne pouvait pas lâcher le morceau aussi facilement. Voila la raison pour laquelle elle ne dirait jamais que le garçon était trop près, autant qu’elle ne pouvait pas lui dire de partir parce qu’elle avait besoin de savoir le pourquoi du comment. Et puis, enfin… ce n’était qu’un humain, un objet, un oreiller ! Elle n’avait pas de quoi être gênée de cela, elle dormait bien la tête posée sur un oreiller, alors elle pouvait faire face à l’un d’eux. Si non, elle ne pourrait plus jamais dormir qu’à même le matelas de son lit, et ce ne serait pas très confortable. Et à l’instant même, elle était dans ce genre de situation inconfortable, et même au milieu d’un dilemme. Parce que justement, ce n’était qu’un objet, ce n’était pas faire appel à sa fierté que de repousser un objet… Mais ce n’était pas n’importe quel objet, puisque celui-ci était particulièrement parlant, qu’il était intelligent, qu’il se mouvait, et tant d’autres choses comme cela. Et sérieusement, c’était difficile de se concentrer et de se persuader que l’on parlait à un objet lorsque cet objet respirait et expirait sur son visage, agitant sa frange et lui donnant presque des frissons, encore pire lorsque cet objet sentait particulièrement bon, et tôt le matin… Même la plus insensible des personnes ne pourrait pas rester de marbre. Oh, et il la fixait dans les yeux aussi, c’était certainement le plus désagréable, mais comme elle regardait plus précisément le bas de son visage, elle ne voyait pas le regard qu’il pouvait lui lancer. Elle se trouva une passion subite pour son cou et ses lèvres, parce qu’un nez était beaucoup moins intéressant. Et en faite, ce fut aussi une erreur, parce son sourire qui s’étirait ne fit qu’empirer les choses : il avait toutes les cartes en main, ce, ce… Elle n’avait même plus les mots. Alice se contenta de ne rien laisser filtrer et respira un bon coup, reprenant la parole le plus sobrement possible, d’une voix cependant plus fluette qu’auparavant.


« Vous n’êtes pas stupide, et vous le savez aussi bien que je le sais. Je n’ai aucune raison d’entamer une conversation avec vous, et encore moins sur moi. »

Elle se fichait de ce qui pouvait-être blessant, parce qu’elle savait que cela ne le blessait pas non plus, d’une certaine manière, c’était un bon comédien. Et même si cela l’avait blessé, qu’est-ce que cela aurait bien pu lui faire ? Rien, strictement rien, elle ne se serait même pas senti coupable, parce que ce n’était pas de sa faute, mais celle de la vérité. Ne dit-on pas qu’il n’y a que la vérité qui blesse ? Et c’était juste, tout juste. Alice ne quitta pas les lèvres du garçon du regard, l’air totalement passif, comme dans une forteresse impénétrable. Elle était bien cachée, elle pourrait gagner ce cache-cache sans problème, si elle ne faisait aucun bruit qui la trahirait, et c’était bien.


« Il n’y a pas de problème, faites ce qu’il vous plaira. »

Après avoir dit ces paroles, elle pensa d’un coup, d’un seul qu’elle n’aurait peut-être pas du le dire ainsi. Qui sait ce que ce garçon pourrait pêcher dans ces paroles… Mais elle ne regretta pas, parce qu’il n’y avait rien à regretter. Elle s’était reprise, elle pouvait gagner cette partie et avoir ce qu’elle voulait, elle le savait. Alice ne se laisserait plus déstabilisé aussi facilement, même si il l’énervait, même si il sentait bon, et même s’il était près. C’était un objet, un oreiller parfumer par une agréable odeur, rien de plus. Et pourtant, elle eu un léger mouvement de recul, ce qui fit qu’elle s’agita légèrement en oscillant de droite à gauche pour que la table lui arrive juste derrière les genoux.

Elle ne fuyait pas, elle s’installait confortablement, nuance… Il ne devrait pas le prendre autrement.
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Mar 22 Juin - 1:21

Andreas aimait être 'le plus des deux'.

Le plus quoi? Oh, ça importait peu. L'important n'était pas qu'est-ce qu'il était le plus, c'était simplement qu'il le soit. Le plus souriant, le plus drôle, le plus beau, le plus gentil, le plus insupportable, le plus incompréhensible, le plus original, le plus bizarre, le plus blasé des deux..., non, le sujet de la comparaison ne lui importait réellement que peu, ça ne lui faisait ni chaud ni froid dans la mesure où il était qui il voulait, de toute façon. Le jeune homme aux cheveux bleus n'avait peut-être pas eu de chance dans le déroulement de sa vie, mais il en avait eu à la naissance : il était beau-et le savait, était intelligent-et le savait, et était aussi malléable que le plus flexible des plastique-et il le savait aussi. C'était une chance, parce que s'il était né laid et stupide il n'aurait jamais pu se faire passer pour quelqu'un de séduisant et de plutôt futé. Or, en étant séduisant et plutôt futé, il pouvait totalement se faire passer pour le pire des imbéciles, pouvait très bien se négliger et s'habiller avec le pire des mauvais goût : il était en haut de l'échelle, en descendre était très simple. Et donc, il aimait être le meilleur. C'était sans doute un peu le cas de tout le monde, après tout : mais c'était particulièrement marqué chez lui. Pas dans le sens qu'il n'aimait pas qu'on le surpasse, c'était plus à prendre dans le sens d'une sorte de jeu auquel il jouait avec le reste du monde à leur corps défendant. Étaient-ils intéressants, ou pouvait-il faire mieux? C'était par là que le serviteur aux yeux bleus commençait toute étude d'une quelconque personne, ayant un jour décidé que c'était d'une importance capitale. Il n'avait aucun mal à décrypter les autres, à les observer, à leur parler et à réussir à dessiner grossièrement la trame de leur caractère et de leurs capacités. En général, ils ne faisaient pas mieux que lui. Donc il ne s'y intéressait pas. A quoi bon, de toute façon? C'était comme jouer aux échecs contre quelqu'un qui ne connaissait pas les règles, c'était déloyal. Enfin, surtout inintéressant, tout sauf excitant, pas amusant le moins du monde. Or le jeune homme
détestait s'ennuyer plus que tout au monde, c'était selon lui la pire chose qui pouvait lui arriver-après mourir, mais c'était évident. Jouer avec ces personnes dont l'intelligence frôlaient la moyenne lui semblait totalement inutile, et il se contentait de se prouver à lui-même qu'il valait mieux qu'eux rapidement avant de ne passer à autre chose. Parce que pour Andreas, pas besoin de public ni de témoin de sa supériorité quelconque : il se suffisait largement à lui-même, merci bien. La vérité universelle, il ne la reconnaissait pas. Il ne reconnaissait que la sienne, que ses règles soigneusement établies, rien que ce qui venait de sa propre personne. Compter sur les autres, non. Et..., parfois, il arrivait qu'il tombe sur quelqu'un qui en valait ne serait-ce qu'un minimum la peine, qui opposait tout du moins une légère résistance, de quoi attirer son attention. Une remous dans l'eau suffisait à le réveiller, pas besoin de grandes vagues : il était rare que les personnes plus intelligentes ou valables que la moyenne ne le fassent savoir à tout bout de champ-elles perdraient tout leur intérêt, dans le cas contraire. Et, là, à présent, dans ce cas précis, il n'était pas vraiment sûr d'être 'le plus des deux'. Le plus intelligent, le plus résistant, le plus borné, le plus malin, le plus secret? Alors, qui d'eux deux? Ça l'aurait intéressé de savoir jusqu'où cette frêle jeune fille pouvait être intéressante, et si elle le serait encore après quelques minutes passées en sa compagnie. Si elle persistait à se taire, elle le serait sûrement, puisqu'il n'aurait pas réussi à tirer quoi que ce soit d'elle. Et si elle parlait? Il tenait à entendre ce qu'elle avait à dire, plus encore si elle n'avait rien à dire. La demoiselle ne disait mot? Oh, ça ne lui donnait que plus envie de savoir ce qu'elle n'avait pas à dire. Ce que les autres avaient à dire ne l'intéressait pas. Quand on parlait trop facilement de soi, c'était qu'on était lisse, plat. Or le jeune serviteur aux cheveux courts aimait les personnes granuleuses, faites de milliers de petites épines qu'on sentait parfois à peine sous leur peau. Alice Maurisawa ne disait mot, donc elle avait sans doute beaucoup à dire. Et ce qu'elle voulait bien lui dire l'intéressait trois fois moins que ce qu'elle cacherait le plus longtemps possible. Ce qu'on essayait de cacher, c'était ça qu'on était réellement. Andreas avait toujours aimé vider les placards et les poubelles. C'était là qu'on rangeait ce qu'on voulait oublier, et qu'on jetait ce qu'on ne tenait plus à voir dans notre champ de vision, ce qui avait déjà été utilisé. Des sources d'informations beaucoup plus fiable que ce qu'il aurait pu trouver dans leurs poches ou sur leur bureau, de très loin.

Et puis la jeune fille aux longs cheveux verts -ou d'un étrange bleu? Il n'aurait su le dire-avait ce petit quelque chose qui la rendait intéressante. Il arrivait, de temps en temps, que certaines personnes retiennent l'attention d'Andreas sans qu'il sache bien pourquoi. A force de mentir et de changer de caractère selon les situations, à tel point qu'il ne savait différencier imaginaire de réalité parfois, il avait appris à voir les Autres. Les Autres, ils n'étaient bien souvent que des copies à la chaîne, stupides et superficiels. Mais parfois, la jolie chaîne de la société se brisait et il naissait des personnes qui se ressemblaient, à défaut de ressembler aux Autres. La jeune Alice se ressemblait assez, de son point de vue. Elle n'avait pas l'air tellement en phase avec le reste du monde, ce qui suffisait en son sens à prouver qu'elle avait un minimum de réflexion. Et puis il devait bien l'avouer, à cette heure-ci il n'avait rien de mieux à faire que de l'embêter jusqu'à avoir des problèmes, c'était clair. Enfin, il ne pensait pas qu'il aurait de réel problème. Il ne l'espérait pas. Le jeu auquel il jouait avec la jeune fille pouvait ressembler à du poker, sur bien des points : et bien ce point-ci, c'était de la pure chance. Il ne pouvait savoir jusqu'où allait sa patience et son calme, et ne pouvait pas plus savoir si elle aurait réellement pu lui créer de graves problèmes s'il avait poussé trop loin. S'il dépassait trop clairement les limites il savait qu'il en aurait, mais dans la mesure où il ne faisait que marcher dessus? Difficile à dire. Soit elle était réellement très calme et il ne la verrait jamais s'énerver, soit elle ne faisait que se contenir. Auquel cas, s'il dépassait la limite de la jeune fille, il le sentirait sûrement passer. C'était ce qu'il cherchait, après tout : ses limites. Andreas voulait voir où se trouvaient ses limites, c'était son but avoué-autant que celui qui visait à la connaître un minimum. Il savait déjà qu'elle détestait les araignées, ce qui était vraiment un point non négligeable puisqu'à l'évidence, elle n'allait pas le répéter au monde entier. Donc, il connaissait quelque chose d'elle qu'elle ne tenait pas à montrer à tout le monde. Un bon point pour commencer. C'était curieux, d'avoir peur à ce point de si petites bêtes. Enfin, le serviteur ne condamnait pas : il connaissait beaucoup d'amies servantes qui ne supportaient pas la vue de ces petits êtres poilus, et avait déjà du en déranger plus d'une sur leur demande, parce qu'elles étaient incapables de s'en approcher sans porter leurs mains à leur bouche en hurlant que c'était horrible et dégoutant. Bon..., c'était petit, ça n'allait pas les manger, mais c'était une peur irrationnelle, et donc il cautionnait. Ça ne se contrôlait pas, et c'était particulier à chacun ; il ne pouvait qu'être pour les petites choses qui rendaient chaque être différent, et appréciait donc énormément les petites phobie amusantes de chacun et chacune. Maintenant, il pensait bien que parler de quoi que ce soit avec la jolie Alice risquait d'être compliqué étant donné qu'elle semblait tellement peu portée à la discussion. Mais qu'importe, il ne comptait pas se décourager, loin de là. Il en faudrait b.e.a.u.c.o.u.p plus pour l'empêcher de faire ce que on lui semblait.


« Vous n’êtes pas stupide, et vous le savez aussi bien que je le sais. Je n’ai aucune raison d’entamer une conversation avec vous, et encore moins sur moi. »

Andreas regarda la jeune fille dans les yeux, les trouvant décidément très intéressants, avant de ne remplacer son sourire par une légère moue. Elle était intéressante, terriblement. Il n'était pas stupide, hein? Exact. Loin de là. Elle non plus, il en était sûr. Donc entre personnes intelligentes, la conversation, quelle qu'elle soit, ne pouvait qu'être franchement intéressante, non? Tout du moins était-ce son point de vue. Il avait envie de sourire, mais garda cette fichue moue collée sur son visage. Parce qu'il avait envie de discuter, lui. Et il en avait d'autant plus envie à chaque fois qu'elle disait qu'elle ne voulait pas parler, elle. Elle aurait pu lui donner mille raisons plus que recevables expliquant qu'ils ne devaient pas se parler, il s'en serait moqué éperdument. Quand Andreas avait une idée en tête, l'en défaire était de toute façon extrêmement compliqué. Non pas qu'il n'aimait pas perdre, tout était question de point de vue. Si perdre lui octroyait des droits intéressants ou que cela lui apportait des bénéfices quelconques, même si seul lui les voyait, alors il perdrait avec joie. C'était tout un mode de pensée, trop compliqué à suivre pour beaucoup ; de toute façon il ne comptait pas l'expliquer, ce qui tombait plutôt bien. Et pourquoi ne voulait-elle pas parler d'elle? Il était sûr que sa vie devait être très intéressante. Peut-être pas à ses yeux? Ou peut-être ne voulait-elle pas s'en souvenir? Tout simplement ne pas en parler à un inconnu? Qui sait, il voyait plein de possibilité de réponses et n'arrivait pas encore à en sélectionner une.


« Il n’y a pas de problème, faites ce qu’il vous plaira. »

Oh? En entendant cela, Andreas ne put s'empêcher de se remettre à sourire. Mais pas le même sourire qu'auparavant, moins large, plus discret. Une sorte de demi-sourire, en coin, qui pouvait vouloir dire à peu près tout ce qu'on voulait qu'il signifie. Ce qui lui plairait? Si ce n'était que ça, il y avait des tas de choses qu'il aurait adoré faire, sur le moment, mais qu'il ne faisait pas. Il se doutait bien qu'elle n'avait pas dit ça dans ce sens, mais il s'en fichait complètement. Il lui avait demandé s'il était trop près, elle lui avait dit qu'il n'y avait pas de problème. Mieux : il pouvait faire ce qu'il lui plaisait de faire. Ça pouvait vouloir dire beaucoup de choses, il pouvait prendre cette phrase dans le sens qui lui plaisait. Et quand on connaissait un minimum Andreas, on se doutait que ce n'était jamais dans le sens qu'on aurait attendu de lui qu'il comprenait les choses. Ou qu'il voulait comprendre, plus exactement. Comme le fait qu'elle bouge, à présent, se reculant légèrement sur la table. Jusqu'à ce qu'elle arrive au niveau de ses genoux. Oh, elle était beaucoup, beaucoup trop loin de lui, maintenant! Il avait l'impression qu'elle était intouchable, protégée par il ne savait quels murs invisibles les séparant. Mais qu'importe, après tout. Il ne les voyait pas, donc ils n'existaient pas. Ce n'était pas plus compliqué que cela.


«Je n'ai jamais dit que je pensais être stupide, répondit-il en continuant de la détailler du regard, ce demi-sourire toujours accroché à son visage. Je vous demandais si vous me trouviez stupide, vous. C'est toujours utile, d'avoir un avis extérieur, vous ne croyez pas?»

Pour juger les autres c'était, en effet, très pratique. Ce qu'ils pouvaient dire de lui en disait plus long sur leurs capacités de déduction et d'analyse que des questions directes, bien souvent. Si elle le trouvait intelligent, il partirait du principe qu'elle l'était elle-même. Le jeune homme sourit un peu plus et fit glisser ses mains sur la table, se rapprochant ostensiblement de la demoiselle aux yeux clairs. C'était terrible, d'être loin d'elle. Il n'avait pas envie de s'éloigner, encore moins s'il était possible que ça la gêne. Le but était de l'embêter, non? Pas de la laisser faire ce qu'elle voulait faire, que ce fut poser ses yeux ici ou là ou se reculer pour être mieux assise, ou pour s'éloigner de lui.

«Tant mieux! Je fais ce que je veux, d'accord. Et vous devez engager une conversation avec moi parce que vous n'avez aucune raison de ne pas le faire. A moins que vous ne vouliez pas? Moi je veux, en tout cas. Mais votre avis vous importe sûrement plus que le mien? Oh, je comprend. Moi, je préfère le mien. Donc si vous voulez, je peux engager une conversation avec vous, et vous vous n'en engagez pas. Je me demande si ça peut marcher, comme ça? Si vous ne répondez pas, je ferais les réponses tout seul, vous savez.»

Il pencha légèrement sa tête sur le côté, se rapprochant encore un peu plus de la jeune fille. Il ne pouvait pas vraiment se pencher plus sans espérer tomber sur elle-ce qui aurait été gênant, vraiment...-ou devoir décoller ses paumes de la table, mais ça lui convenait très bien comme ça. Il n'avait pas vraiment besoin d'être plus près que cela, il l'était déjà trop. Sa main se décolla du bois un instant, effleurant les cheveux de la jeune fille, puis sembla se raviser et retrouva sa place. Andreas, lui, continuait de sourire. Est-ce qu'il avait le droit de faire ça? Il en doutait. Est-ce que si quelqu'un était arrivé il se serait fait la mauvaise idée? Sans doute. Est-ce que c'était correct et approprié? Hmm..., ça, ce n'était pas à lui de le dire.
Et il s'en fichait, de toute façon. Il voulait une réaction, n'importe laquelle : n'importe quoi lui aurait convenu, il n'attendait rien de précis. En cela, il ne pouvait pas être perdant.

«Puisque je fais ce que je veux. Ça ne vous dérange pas, non, si?»
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Algue suceuse, dominatrice de plumeaux et dirigeante du mouvement d'éradication des fraises.

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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Sam 2 Oct - 3:06

Ce n’était pas qu’Alice n’aimait pas les autres personne, cela n’avait pas réellement de rapport avec son comportement en réalité.

Le problème était juste qu’elle ne veuille pas réellement, et qu’elle n’en ait absolument rien à faire. En toute sincérité, elle trouvait ça inutile et débile. Certes, il était toujours important d’avoir des relations et des avis, mais au niveau de l’amour, de l’amitié et de ce genre de choses… Pfff. Alice avait bien d’autres choses à faire que de se construire une vie sociale aussi débridée que la plupart des autres personnes. Voila d’où venait son talent et son intelligence, elle ne s’attardait jamais sur de si petites choses, et ainsi, elle était parfaitement heureuse ! En même temps, sa conception du bonheur était un peu moins poussée que cette même plupart des gens. Pour elle, du moment qu’elle était a peu-près libre et capable de vivre et d’apprendre encore tranquillement, tout était cool et bien, elle n’avait pas vraiment besoin de plus. Et tout cela remontait à l’enfance, quoi qu’on en dise ! D’une manière ou d’une autre, on ne devient pas une personne différente du jour au lendemain, c’était un mensonge, et tout le monde avait son caractère, et ce caractère s’était forgé les années durant, pendant l’enfance. Et tout le monde le savait, il était très dur d’en changer, c’était comme une longue série d’habitudes presque impossibles à brisées et à corrigées. Les gens aillant vu une enfance heureuse mais avec quelques complications étaient sans doute les plus chanceux. Il y avait aussi les pourris-gâtés qui héritait d’un caractère assez peu consommable, ceux dont la vie n’a jamais été très rose… Alice avait eu plutôt une enfance très bleue, si l’on voulait. Noire même. Oh, elle ne s’en plaindrait pas réellement, et ne dirait pas non plus qu’elle avait eu la pire des enfances, se pensant même parfois privilégiée… Mais c’était Alice, et ce n’était donc pas aussi réel qu’on pourrait le dire. Son histoire avait pourtant pas mal commencée, et avait durée ainsi pendant 5 ans, ou seulement 3 ans peut-être. La petite verte était née dans une jolie petite famille heureuse avec de jeunes parents aimants… Trop jeunes, trop faibles, trop sous pressions, c’était la seule explication que la stratège pouvait donner actuellement, et probablement pour le restant de ses jours. Quoi qu’il en soit, ce fut la mort de sa faible mère qui renversa totalement sa vie. Ce fut tellement brusque qu’elle n’y cru pas. Qui y aurait cru, honnêtement, à 5 ans ? La petite fille innocente qu’elle était n’avait pu que secouer sa mère doucement et tirer la manche de son père en demandant naïvement pourquoi sa maman ne voulait pas lui parler, pourquoi elle ne bougeait pas, pourquoi elle était si froide ?... Dieu qu’on était bête, si jeune… Elle se sentait plutôt mal rien que d’y penser. Elle n’osait toujours pas imaginer non plus ce qui était passé dans la tête de son père à ce moment là, et le visage doux et joyeux qu’il avait toujours affiché était passé subitement à ce visage dur et déterminé. Elle n’arrivait pas à ce souvenir du visage de son père lors de cette transition, elle ne se souvenait plus de larmes, de cris, de désespoir… Etait-ce seulement arriver ? C’était douloureux, ces souvenirs de très bas-âge n’était pas encore totalement envolés et beaucoup de ses interrogations étaient toujours présentes. Elle n’aimait pas cette sensation de souffrance, elle n’était pas masochiste, la douleur ne la réussissait pas ! En séquelle de cette douleur, elle était devenue ainsi, aussi fuyante des contacts humains, ou peut-être était-ce autre chose, comme ce mépris qu’elle s’était trouvée envers la faiblesse des autres, ces personnes si émotives… Elle avait bien réussi à s’échapper de cette spirale infernale, alors elle était heureuse. Elle n’avait besoin de personne, elle n’était pas l’une de ces faibles jeunes filles qui fondaient en larme a la moindre pichenette, elle était bien plus forte que cela, et si elle avait pu tout surmonter seule jusqu’ici et réussir aussi bien, il n’y avait aucune doute que cela signifiait qu’elle était sur la bonne voie, celle de la solitude. Oh, elle ne disait pas qu’elle n’aurait jamais ‘besoin’ des autres dans le sens ou son travail se basait uniquement sur eux, mais à ses côtés, elle n’avait besoin que du néant. Le néant, c’était même beaucoup en réalité. Du plus loin où l’on peut remonter, elle était pourtant une petite fille très sociable et lumineuse. Comme beaucoup d’enfants, certes, mais elle dépendait beaucoup des autres à son jeune âge, et elle détestait être ignorée. Oh, du côté de l’ignorance, cela n’avait pas beaucoup changé, elle n’aimait pas du tout être ignorée, bien que parfois, ce soit plutôt préférable. Par exemple, dans le genre de situation dans laquelle elle se trouvait, elle préfèrerait que ce jeune servant passe son chemin, bien qu’elle ne formulera jamais son souhait à voix haute, à cause de sa fierté. Cette fierté que son père avait tant piétinée et essayé d’effacer, ironiquement, c’était l’une des choses qui ressortait le plus chez elle, signe de rébellion. Elle ne s’était pas apitoyé sur son sort, ou n’y avait pas passé plus de 2 ou 3 années, parce que cela ne l’aurait pas aidée. Elle avait fait appel à toute la fierté qu’elle pouvait encore rassemblée et avait gardé la tête haute même dans le silence, même dans l’obéissance, comme elle le faisait toujours d’ailleurs. C’était aussi une part de son caractère, son existence était faite de silence et de fierté. Alice avait survécu à ces années plus horribles les unes que les autres, et bien que profondément entaillée mentalement et physiquement, elle s’en sortait bien, à sa plus grande fierté. Ce qui ressortait le plus visiblement de ses années, c’était sans doute son physique justement. Alice avait grandit de façon plutôt étrange, et bien qu’elle allait mieux depuis le temps, on remarquait toujours qu’elle était particulièrement maigre, et son visage semblait aussi s’être figé sur la même expression passive. Oh, ce n’était pas comme si elle ressemblait à un squelette non plus, plus maintenant du moins. La jeune fille avait eu le temps de reprendre un peu du poil de la bête, mais il n’empêchait pas qu’en plus de sa petite constitution, elle était très fine. Elle ne sera jamais très grosse de toute manière, ou il faudrait qu’elle passe sa journée à manger des sucreries, et encore, c’était exactement ce qu’elle faisait.

Quoi qu’il en soit, l’origine du caractère d’Alice ne faisait aucun doute : c’était inévitable face à son passé. Ah, il y avait tout de même des personnes avec des passés atroces qui choisissaient une autre voix, mais ils n’étaient pas aussi intelligents qu’elle, et il ne le serait jamais. Sans être pour autant vaniteuse, la jeune femme pouvait aisément dire qu’elle possédait un intellect supérieur à une bonne partie de la population du pays, sans rire, et c’était d’ailleurs bien pour cela qu’elle était ici. Annahita et Ankou Della’Morte étaient aussi très intelligents, ou en tout cas, Annahita l’était, de ce qu’elle avait pu voir. Alice avait rencontré deux ou trois personnes très intéressantes au passage, mais honnêtement, il était compliqué de trouver des personnes assez intelligentes pour ne pas s’ennuyer lorsque l’on restait à leurs côtés. Dans le cas du servant –Andreas Nerull, elle n’oublierait pas-, c’était une forme encore plus différente de ce qu’elle avait pu vivre avant. Il était totalement décalé et elle avait l’impression qu’il ne faisait que tester. D’un certain côté, elle ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il lui ressemblait dans le sens où elle testait elle-même les autres pour obtenir leurs réactions, et d’un autre côté, elle se trouvait bien différente de lui, et heureusement, elle n’aurait pas aimer ressembler en tout point à ce servant. Son caractère et ses manies étaient prodigieusement énervants, et Alice se demandait réellement combien de claques ou de blâmes il avait bien pu se recevoir d’autres personnes. Enfin, elle doutait qu’il aille réellement énervé autant de personnes qu’il le faisait actuellement parce que les gens ne remarquaient généralement que le caractère jovial d’une personne en premier, et peu de personnes passaient plus de 2 heures avec quelqu’un que l’on rencontrait au hasard –le fruit de ses observations. Du coup, peut-être seulement son meilleur-ami –ou une personne avec qui il passait beaucoup de temps- avait remarqué ce qui se cachait derrière ce visage angélique. Et Alice, mais c’était autre chose, c’était son travail de faire cela, alors elle s’apercevait forcément des choses plus rapidement, surtout qu’elle l’avait certainement posté devant une situation inhabituelle en restant de marbre à tout ce qui arrivait à présent –elle ne parlerait plus de l’incident nommé « araignée ». Du coup, elle connaissait un peu plus aisément le fond de sa personnalité, et pour l’instant, ses observations le concernant n’étaient pas des plus élogieuses, à part peut-être le fait qu’il était passé « d’imbécile heureux sans cervelle » à « être machiavélique dénué de raison, mais néanmoins loin d’être dénué de cerveau ». En gros, il était au moins devenu intelligent dans la transition, et c’était vraiment flatteur d’être considéré comme tel venant d’Alice, parce qu’elle ne pensait pas très hautement des autres êtres vivants à l’origine. Alors Andreas était un bâtard intelligent. Très intéressant. Et c’était d’ailleurs la seule raison pour laquelle elle restait avec lui au lieu de l’envoyer balader –avec sa fierté- en contenant sa fière envie de le gifler, parce qu’il était intéressant à observer…


«Je n'ai jamais dit que je pensais être stupide. Je vous demandais si vous me trouviez stupide, vous. C'est toujours utile, d'avoir un avis extérieur, vous ne croyez pas?»

… Il n’empêchait nullement que la phrase « on peut toujours faire l’imbécile lorsqu’on est intelligent, mais l’inverse est toujours plus compliqué » s’appliquait parfaitement à ce servant. Et c’était peut-être un peu ce qui l’énervait le plus chez lui, le fait qu’il ne semblait pas prendre son intelligence au sérieux, qu’il s’en servait quelque part où il n’aurait pas du. Alice n’aimait pas cela du tout, et pensait sincèrement qu’elle allait finir par lui coller sa fine main sur le visage, surtout si il ne quittait pas ce petit sourire en coin dès à présent. Ça aussi, c’était l’une des choses les plus dérangeantes qu’elle n’aille jamais vu. Son sourire n’était pas faux, mais juste dérangeant et tordu. Elle ne savait même pas où placer ce sourire d’ailleurs. Et le pire, c’était qu’il rendait le servant encore plus attirant, d’une certaine manière. Il était vrai que le jugement de la beauté était un jugement totalement subjectif et inutile, et c’était la raison pour laquelle elle parlait d’attirance d’ailleurs. Tout ce qu’elle pouvait dire était que le Nerull était loin d’être ‘laid’. Alice pensait rarement ce genre de choses, mais en étant aussi près de lui, elle ne pouvait que le décrire, bien qu’elle s’en fût éloignée légèrement. Ses traits n’avaient rien de vulgaires et bien que ses cheveux fussent un peu trop criants et agressants, ils s’accordaient presque magnifiquement bien avec ses yeux. Ses yeux, d’ailleurs, était ce qui la captivait le plus, et elle devait l’avouer à présent, elle trouvait les yeux du jeune humain terriblement attirants et intéressants. Ah, la stratège n’aurait jamais imaginé qu’elle aurait pu un jour faire une fixation sur les yeux d’un humain totalement banal- ou presque. De leur forme à leur couleur, de leur éclat à leur façon de laisser passer quelques types d’informations sur leur propriétaire, le tout l’intéressait. Du coup, elle en perdit le fil du temps et ce fût encore sa voix qui la fit revenir sur terre, bien heureusement pour elle. Elle constata avec stupéfaction que pendant qu’elle avait un peu quitté le monde réel, il s’était de nouveau approcher d’elle, prenant certainement ses propres paroles au mot. Il ne manquait plus que cela, vraiment…

«Tant mieux! Je fais ce que je veux, d'accord. Et vous devez engager une conversation avec moi parce que vous n'avez aucune raison de ne pas le faire. A moins que vous ne vouliez pas? Moi je veux, en tout cas. Mais votre avis vous importe sûrement plus que le mien? Oh, je comprend. Moi, je préfère le mien. Donc si vous voulez, je peux engager une conversation avec vous, et vous vous n'en engagez pas. Je me demande si ça peut marcher, comme ça? Si vous ne répondez pas, je ferais les réponses tout seul, vous savez.»


Non, définitivement, cela ne fonctionnerait jamais, ils ne pourraient jamais tenir une conversation. Alice ne fit que hausser un sourcil à la longue tirade du servant bleu, faisant part d’une infime partie de son incrédulité et de sa surprise. Honnêtement, plus la ‘conversation’ avancée, plus elle était surprise par ce personnages qu’il avait. Andreas Nerull n’avait rien de particulier à première vu, et elle ne se serait jamais arrêtée pour lui parler en temps normal. Et même à présent, elle voudrait bien que cela se finisse. Il l’ennuyait profondément. Mais le plus étrange était que ce n’était pas dans le sens qu’elle s’ennuyait, mais que son personnage qui semblait si facile à saisir l’ennuyait, ou plutôt l’énervait, c’était le mot le plus juste. Ce garçon était un casse-tête vivant, un problème particulièrement dur, voir impossible à résoudre à cause du manque de données. Elle n’arrivait pas à le cerner comme elle l’avait toujours fait avant, et c’était presque inhumain. Ironique, parce qu’il était plus humain qu’humain… Alice se demanda même ce qu’elle avait pu faire aux 7 Dieux pour que cela lui arrive –bien qu’elle devait l’avouer, elle ne croyait pas tant que ça en la religion. Et puis, finalement, elle pensa que ce casse-tête pourrait la dérouillée, et que c’était peut-être une bonne chose… Peut-être, si elle ne décidait pas de répondre à ses violentes pulsions. Et c’est au moment ou elle décidait de se calmer et de simplement rester de marbre jusqu’à ce que son bourreau s’ennuie d’elle, celui-ci trouva bon l’idée de se rapprocher une nouvelle fois d’elle, si c’était même possible. Son visage était tellement près du sien qu’elle pouvait l’entendre respirer et son souffle se retrouvait sur son fin visage. Et puis, elle senti quelque chose effleurer ses longs cheveux verts. Elle retint de justesse un frisson comme elle le put mais ne put s’empêcher de se braquer légèrement. Maintenant, il était vraiment trop proche…

«Puisque je fais ce que je veux. Ça ne vous dérange pas, non, si?»

Cela n’aurait pas du la dérangée, mais cela le faisait. Elle faillit souffler un « si » douteux, mais rien ne franchit la limite de ses lèvres closes. Elle fronça légèrement les sourcils mais n’eu aucun geste de recul, restant comme figée dans la position imposée par le jeune servant. En réalité, Alice craignait légèrement que si elle bougeait ne serait ce qu’un peu elle effleurerait le Nerull, alors elle ne pouvait plus rien faire. L’envie de le gifler fit son apparition furtive de nouveau mais le souffle du garçon et ses yeux l’empêchaient de penser normalement et la perturbait bien plus que cela n’aurait du. Elle avait passé trop de temps reclus et elle payait le prix fort pour cela, elle s’en rendait compte à présent. Son estomac se tortillait dans tout les sens et son cœur n’avait plus le même rythme cardiaque paisible et elle avait l’étrange et désagréable impression qu’il tentait de sortir de sa poitrine. Elle lutta, gardant le même visage impassible le plus qu’elle le pouvait et finalement, la proximité finit par ne plus lui paraitre si désagréable. Elle calma du mieux qu’elle le put son cœur et tenta de rester stable. Finalement, elle trouva que regarder l’étagère de droite était une bonne idée, bien qu’un bout de bleu obstruait sa vision. Alice prit une grande respiration discrètement et réussit à articuler presque péniblement, bien que cela semble aussi naturel qu’avant de l’extérieur :

« Les avis extérieurs ne sont pas utiles, ils sont faussés. »

Suite à ces paroles, elle prit une nouvelle respiration, calculant tout ses mouvements du visage au millimètre près, reprenant son expression neutre. Son cœur ne semblait vouloir se calmer que légèrement et elle devait faire avec le son des battements qui tonnaient dans sa tête. Tout allait bien, tout allait bien aller. Peu à peu, sa nature calme et posée reprit le dessus, et bien qu’elle était encore toute chamboulée, elle avait réussi à reprendre un minimum le dessus sur ses émotions du moment. Et finalement, toujours sans bouger d’un millimètre, elle prononça d’une voix toujours plus calme et neutre :


« Faites, cela ne me dérange nullement. »

Oui, il pouvait dire tout ce qu’il voulait, ce ne serait jamais vrai, et si cela créé des rumeurs, il aurait des problèmes, il le savait pertinemment, puisqu’il n’était pas stupide. Ses paroles ne l’atteindraient pas, plus maintenant qu’elle était calme. Le combat fut rude et son cœur criait toujours son mécontentement à propos de la proximité de leurs visages et même de leurs corps, mais la vu de l’étagère l’aidait beaucoup, elle devait l’avouer. Quand à sa dernière question, elle ne prit même pas la peine d’y répondre, puisqu’il avait déjà la réponse de par son comportement, par le fait qu’elle n’avait pas bougé. De l’extérieur, cela criait un grand ‘non’, mais de l’intérieur, c’était le ‘si’ qui résonnait, et qui ne sortirait jamais.

Andreas Nerull la mettait réellement hors d’elle, et c’était dérangeant, tout comme son sourire…


  • [DONE! XD. Bon, c'est nul, ça fait ultra-longtemps -et j'en suis vraiment navrée-, mais c'est fait...
    Et on se contentera de cela! 8D]
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Plumeau humain

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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Sam 27 Nov - 18:45

{Ça fait depuis Juin que j'ai pas RP avec Andy! Je suis toute rouillée! Mon poste est tout bizarre.X'D

Rha. Bref. Désolée mais je devais répondre, ça faisait trop longtemps.X__x


Et je suis un boulet. En plus.u___u}

Alice, Alice, Alice...~♪

Joli prénom, d'ailleurs. Il commençait par la même lettre que le sien ; bien que ça n'avait absolument aucun intérêt à être précisé, cela restait vrai néanmoins. Andreas ne pensait pas que le prénom pouvait avoir une quelconque influence sur la personne qui le portait ; ou plutôt, pour être plus exact, se fichait que ce soit le cas. Cela faisait parti des choses dont il ne pourrait jamais se servir et qui, donc, étaient inutiles dans tout les sens du terme. Pour l'heure, le jeune homme ne pouvait pas dire si le prénom de la demoiselle en face de lui avait influencé ou non sur ce qu'elle était devenue, mais il pouvait dire qu'il était joli et lui allait bien. Ce qui était suffisant, n'importe qui l'aurait sans doute dit. Le visage du jeune homme aux cheveux bleus était toujours éclairé de ce même sourire en coin, à la fois amusé et curieux, tandis qu'il observait sans gêne particulière les traits de la jeune fille en face de lui, bien trop près encore. Une telle proximité en aurait gêné plus d'un, il le savait et en était certain à un plus que fort degré. Rien de plus normal : ce rapprochement n'était pas naturel. On avait le droit de se sentir gêné-et on l'était-quand quelqu'un que l'on connaissait bien, ou avec qui on avait une relation privilégiée, se permettait de s'approcher autant. C'était la seule configuration naturelle, finalement, où deux personnes pouvaient se retrouver aussi proches, aussi longtemps. Allons, honnêtement : il mettait quiconque au défi de raconter la fois où ils s'étaient retrouvés plusieurs minutes durant, sans raison apparente, à quelques centimètres du visage d'un étranger, assez proche pour pouvoir sentir son souffle contre leur visage, assez proche pour que cela puisse être interprété au moins d'une manière des plus gênante. Il ne niait pas que c'était possible, de toute façon peu de choses ne l'étaient pas ; c'était juste hautement improbable. Rare, donc. Et c'était en cela que leur situation était des plus intéressante. Parler avec quelqu'un, assis l'un en face de l'autre, avait beaucoup moins d'intérêt que cela. Et le serviteur cherchait le renouveau, cherchait l'illogique, tenait à mettre son interlocutrice dans la plus étrange des situations, tenait à la déstabiliser. Voilà, il voulait la déstabiliser. Obtenir d'elle plus qu'un léger mouvement des lèvres ou des sourcils. Et cela semblait si difficile, elle semblait tellement hors d'atteinte...,presque comme si tout cela l'indifférait et qu'elle n'avait cure de ce qui se passait autour d'elle. Ça, il savait que c'était faux : mais, tout du moins, c'était l'impression qu'elle tenait à dégager. A son attitude, aux expressions neutres de son visage et à sa manière de refuser de capituler, il devinait une certaine fierté. Ce qui n'était pas pour lui déplaire, dans un sens. Il détestait que quelqu'un abandonne trop facilement, il détestait que l'on se soumette dès que la difficulté paraissait trop grande, dès que la personne en face de nous nous le demandait. Les bons petites chiens n'avaient que rarement d'intérêt, il fallait l'avouer. De quoi vouliez vous parler avec quelqu'un qui ne faisait qu'acquiescer ce que vous dites et, surtout, veillait à ne pas vous contrarier? Aucun, absolument aucun intérêt. Le serviteur aimait au contraire qu'on lui tienne tête, ça lui plaisait infiniment mieux! Et qu'on lui tienne tête par les actes était bien plus éloquent encore, bien plus intéressant. C'était en quelque sorte une bataille d'influence qui avait démarré entre les deux adolescents, dans cette grande Bibliothèque. Qui abandonnerait le premier? Qui ferait un faux mouvement? Qui tiendrait le plus longtemps tête à l'autre? Et qui craquerait en premier, finalement, semblait être l'interrogation principale. De son côté, Andreas s'amusait beaucoup ; son sourire en disait suffisamment long, sur l'instant. Il ne tenait pas à le cacher, bien au contraire. Il voulait que la jeune fille sache qu'il s'amusait et que cette situation ne le dérangeait pas le moins du monde. Dissimuler ses faiblesses était un exercice auquel l'humain aux cheveux bleus était rompu, et auquel il excellait. Il ne montrait que ce qu'il avait envie de montrer, et savait, devinait que l'autre verrait exactement ce qu'il voulait qu'il voit. Pourtant, ici, c'était légèrement différent. Il la devinait intelligente et perspicace, et s'il y ajoutait sa probable fierté.., cette 'conversation' ne pouvait qu'être intéressante. Alors, que pouvait-elle deviner de lui sans qu'il n'ait à le montrer? Elle savait qu'il était intelligent? Bien. Cela pouvait parfois sembler évident, mais pas du tout. Pas le moins du monde. Peu de personnes dans ce château considéraient Andreas Nerull comme une personne intelligente. Qu'elle ne s'arrête pas aux simples apparences était franchement prometteur, de son point de vue. C'aurait été trop simple, sinon. Et le jeune homme n'avait jamais aimé la facilité, quoi qu'on en dise.

Son sourire s'élargit sensiblement en constatant que, mis à part un léger froncement de sourcil qui n'en disait pas bien long, elle n'avait pas bougé d'un cil. Parfait, parfait. Honnêtement, il n'avait pas espéré s'amuser autant en entrant dans la grande salle remplie de livres plus ou moins vieux et intéressants. Au contraire, il avait envisagé une nouvelle journée des plus classiques, morne et sans le moindre intérêt, à parler avec des imbéciles complets qui ne lui fournirait comme unique satisfaction que de nouvelles rumeurs à propager. Rien de bien joyeux, en somme. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle, s'étant levé si tôt, plutôt que d'attendre le réveil de ses..., 'amis', il s'était isolé ici. A cette heure-ci, personne ne restait dans la Bibliothèque. Personne n'y venait tout court, d'ailleurs. Et finalement il se retrouvait à parler avec Alice Maurisawa, à une distance des plus agréables, à chercher ses limites sans vraiment s'en imposer, à lui. Ça faisait un moment qu'il ne s'était pas autant amusé, à vrai dire. Peut-être était-ce parce que sa notion de l'amusement était assez particulière, mais..., cela n'y changeait rien, il s'amusait. Et, ne serait-ce que pour ces quelques minutes, son sourire avait le mérite de n'être nullement feint. Il avait envie de sourire, et pour un peu il aurait remercié la jeune fille d'avoir illuminé sa journée par son entêtement et sa manière de rester droite et imperturbable quand il ne cherchait qu'à la faire plier jusqu'à risquer la cassure. Ah, ce qu'il pouvait adorer les personnes intelligentes! Pas ceux qui apprenaient et apprenaient jusqu'à tout avoir emmagasiné, ceux-là n'avaient aucun intérêt. Mais ceux qui savaient réfléchir avec pertinence, qui ne s'arrêtaient pas aux apparences, ceux qui étaient capables de construire des raisonnements incompréhensible pour tout les autres : eux, ils l'intéressaient. Et il pouvait dire sans le moindre doute que Miss Maurisawa en faisait parti. Rien que ce qu'elle faisait sur l'instant démontrait d'une grande maitrise d'elle-même, après tout. Cela pouvait sembler simple, bien entendu, de se tenir si près de quelqu'un sans bouger. Mais il pouvait en témoigner lui-même, c'était extrêmement compliqué. C'était à la fois perturbant et gênant et, en général, on avait un mal fou à se concentrer sur autre chose que cette proximité. A tenir une conversation normale. Et plus on se concentrait sur l'autre, plus ou voulait s'éloigner, plus ça devenait compliqué. Alors qu'elle reste aussi calme, cela forçait un certain respect. En tout cas, ça forçait le sien. D'ailleurs lui-même, malgré le fait qu'il s'était rapproché sciemment, ne restait pas totalement indifférent à cette proximité. Il savait juste extrêmement bien le cacher, faire la part des choses, compartimenter ; cela lui permettait de ne rien en laisser paraître et de ne pas parasiter ses pensées et réflexions. Malgré tout, la gêne ou les diverses émotions engendrées restaient là, dans un coin de sa tête. Finalement, à une distance aussi minime, soit on devait avoir envie de l'agrandir, soit de la réduire définitivement. Comme deux mains qui s'effleurent : soit elles veulent se tenir, soit elles veulent s'écarter, mais une telle ambiguïté était difficile à gérer. Andreas sourit de plus bel, amusé. Tiens, il ne savait pas ce qu'il aurait choisi, si on lui avait laissé le choix. N'importe qui, à priori, aurait choisi de s'éloigner. Donc par pur esprit de contradiction, peut-être se serait-il rapproché encore.

« Les avis extérieurs ne sont pas utiles, ils sont faussés. »

Les yeux bleus d'Andreas parcouraient toujours le visage de la jeune fille, et ils s'arrêtèrent sur les siens quand elle parla. Ils étaient totalement inexpressifs, mais d'une très jolie couleur. Elle ne bougeait toujours pas. Sa voix était toujours aussi calme. Que n'aurait-il pas donné pour pouvoir lire dans son esprit! Il était tellement persuadé qu'elle devait penser des choses extrêmement intéressantes..., quel gâchis, vraiment. Il allait devoir deviner lui-même, si elle ne tenait pas à lui en faire part. Qu'importe, il le ferait. Ce n'était pas une petite barrière qui allait l'empêcher d'aller où il voulait aller ; il allait les passer une par une, et verrait bien au bout de laquelle elle perdrait sa totale indifférence, hm. De toute façon, il était déjà pleinement satisfait qu'elle n'ait pas encore réagit. Cela ne rendrait sa réaction que plus inattendue et intéressante, pour sûr. Donnerait-elle un avertissement, ou réagirait-elle d'un coup, sans le moindre signe avant-coureur? Difficile à dire. Raison pour laquelle il s'attendait à à peu près tout et n'importe quoi depuis plusieurs minutes, et avait échafaudé une bonne dizaines de scénarios. Ce qui n'était pas rien, mais elle était difficile à cerner ; donc difficile de savoir quelle réaction était la plus probable venant d'elle.

« Faites, cela ne me dérange nullement. »

Ah? Cette scène ressemblait drôlement à celle qui avait précédée, et cela ne fit que l'amuser un peu plus-ce qui était visible à son expression, clairement. Il s'amusait et avait l'air de s'amuser. Ce qu'il constatait était simple : elle se braquait et restait calme et indifférente à tout ce qu'il faisait. Pour sa part, il ne cessait de parler et de lui demander des permissions. S'il jouait bien, il pouvait gagner. Il avait l'avantage de mener le jeu, et savait plus ou moins où il tenait à aller. Finalement, elle n'avait pas tant le choix de ses réponses, si elle tenait à se braquer dans son idée d'être indifférente et calme. Admettre qu'il était trop près? Oh, il ne pensait pas qu'elle le ferait. Et ça, ça l'arrangeait, en l'occurrence. Le serviteur aux cheveux bleus resterait donc à cette distance précise. Il ne pouvait pas plus se rapprocher, à moins de l'enlacer, ou quoi que ce soit de cet ordre ; or c'était hors de question. Il allait rester là, à presque la toucher sans la toucher pour autant. Il avait le droit de faire ce qu'il voulait? Ça ne la dérangeait pas? Très bien. Oh, il l'obtiendrait, sa réaction. Aucun doute là-dessus. Et pour ce faire, il n'y avait qu'une solution logique : ne pas l'être.

«J'aime bien vos yeux, répondit-il soudainement, souriant de plus bel-et se moquant totalement d'être hors-sujet. Ils ont une jolie couleur. Pas tout à fait bleu, non? De près, ils ont l'air vaguement verts, aussi. C'est très joli, en tout cas, je trouve. Enfin, je ne me plains pas, j'aime bien le bleu.»

Vrai. Il adorait le bleu, pour des raisons pour les moins obscures. Le jeune homme étudia ses iris quelques secondes encore, puis écarquilla légèrement ses yeux, comme s'il venait de réaliser quelque chose.

«En fait, vous êtes belle ET intelligente. Vous en avez, de la chance!»

Ceci étant dit, il repassa sa main droite dans les cheveux de la jeune fille, un grand sourire amusé éclairant son visage.

«J'aime bien vos cheveux aussi, tiens. Vous voulez que je cite tout ce que j'aime bien, chez vous?»

Suite à cette remarque d'une haute intelligence et d'un intérêt démontré, une fois n'est pas coutume, son sourire se résorba doucement, jusqu'à redevenir ce petit sourire en coin qu'il affectionnait tant.

«Vous savez quoi? reprit-il sans lui laisser le temps de répondre, comme s'il s'était agit là d'une conversation normale, et non d'un pseudo monologue entre deux personnes extrêmement proches l'une de l'autre. Je suis per-su-a-dé que vous êtes gênée. Personellement, ça ne me dérange pas de rester là. Au contraire, c'est assez agréable. Je vous explique pourquoi?»
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Ven 13 Mai - 23:38

Peut-être que c'était cette peur de se retrouver de nouveau face à ce qu'elle avait toujours détesté qui la poussait à fuir le reste du monde. Oh, l'utilisation du verbe 'fuir' était peut-être un peu excessive dans ce cas-ci, non? Ce n'est pas comme si toutes ces personnes qu'elle croisait dans les couloirs chaque jour cherchaient à devenir amies avec elle par tous les moyens, l'abordaient sans cesse et la harcelaient jusque dans ses appartements afin de lui arracher ne serait-ce qu'un petit mot. En dehors de son travail, si quelqu'un venait lui parler, c'est qu'il avait reconnue en elle la stratège des armées de l'Ouest d'Illea, et espérait vainement obtenir quelque chose d'elle. Une position intéressante, à n'en point douter, et Alice ne parlait pas de celle dans laquelle elle et le serviteur aux cheveux bleus se trouvaient. Les autres étaient inintéressants car ils ressemblaient à des automates réglés à l'avance; Si on connaissait bien le modèle, on pouvait prévoir leurs gestes et leurs paroles à l'avance. Rien de plus que du par cœur, comme si leur vie entière n'était qu'une simple récitation. Et quand la dite récitation était faite sur un ton monocorde, c'était encore pire. Pour avoir vu du gris presque toute sa vie, la jeune fille aux longs cheveux verts attendait, inconsciemment, de la couleur chez les autres. Le regard s'attardera plus facilement sur la jeune femme qui porte une robe outrageusement colorée que sur celle qui porte un ensemble terne des plus simples et des plus discrets. Cette comparaison, toutefois, n'était pas exactement représentative de ce que pensait Alice, ce n'était qu'une banale image. Un exemple logique. Les méandres de son cerveau, personne ne pourrait jamais les représenter sur une toile, c'était bien trop complexe. La couleur, elle ne la voulait pas physiquement; Elle ne servait à rien, si elle n'existait qu'en surface, il fallait qu'elle soit intérieure aussi. Gris...C'était tellement terne. Ennuyant. Inutile. Elle en avait trop vue. Tout ce gris, durant son enfance, c'est ce dont elle se rappelait le mieux. Toutes ces personnes qui se plaignaient de leur vie, qui pleuraient pour un rien et menaçaient de s'ôter la vie, Alice trouvait cela pitoyable. Elle connaissait ce schéma par cœur, tant de personnes étaient ainsi. A s'imaginer qu'elles connaissaient la véritable douleur, à pleurnicher pour attirer l'attention. Elle, quand elle pleurait, on l'avait frappée. Alice pensait que toutes ces personnes méritaient une claque ou deux, histoire de les mettre face à la réalité. Si ennuyantes, si pitoyables...Enfermées dans leur bulle, dans leur petit monde, souhaitant être le centre d'attention de tous. Trop ternes ou trop colorées, mais juste en surface. Alice savait comment marchaient ces personnes, elle connaissait par cœur leur fonctionnement, et elle pouvait assurer qu'elles ne les intéressaient pas. Trop prévisibles. Ennuyeuses. Leur parler ne l'intéressait aucunement.

Peut-être qu'elle se rendait malade à force de trop réfléchir. Mais c'était essentiel, si elle ne voulait pas se retrouver à devoir parler avec des abrutis-elle triait d'avance son entourage, dans un sens. Quel dommage qu'elle n'ai pas pu voir à l'avance ce que ce serviteur était, certainement qu'elle s'en serait allée sans lui adresser la parole, dans ce cas là! Son livre, il l'aurait reprit seul, ça n'avait rien de sorcier. Quel intérêt pouvait trouver Andreas Nerull à parler à une personne comme elle? Alice n'avait pas une basse opinion d'elle-même, attention. Simplement, le genre de personne que cet humain semblait être en apparence, à sa voir volage, stupide, futile et avec une sale tendance à faire des blagues douteuses dès que l'occasion se présentait, charmeur et sûr de lui, ne s'intéressait en général pas aux personnes renfermées et peu bavardes comme elle. C'était un mythe, de son avis. Au mieux, il la considérait comme une sorte de jeu, car ça devait vraiment s'amuser de la voir ainsi, n'est-ce pas? Peut-être aimait-il qu'on lui résiste? Si seulement il pouvait arrêter de sourire, pensa la jeune femme aux longs cheveux verts pour la énième fois, serrant les dents. Si elle ne le giflait pas, c'est qu'il était intéressant et se trouvait encore dans la limite du raisonnable, voilà tout. Sitôt cette limite dépassée, elle lui en assénerait une, elle se le promettait. Une gifle bien forte, aussi forte que pouvait l'être celle d'une jeune fille avec des bras aussi minces, bien évidemment. Et qu'il n'aille pas geindre en l'accusant d'être violente ou injuste; Il devait s'y attendre. Peut-être même se demandait-il pourquoi elle ne l'avait pas encore frappé, qui sait? Ce qui sait fit immédiatement redescendre la stratège sur terre, qui fit de gros efforts pour pouvoir maintenir sur son visage cette expression stoïque. Ses yeux étaient en apparence perdus dans le vide, bien qu'elle regardait en réalité l'étagère et Andreas, alternativement. Conclusion de cette observation pour la moins inutile sur le coup, elle devait l'avouer: L'étagère n'avait pas d'aussi beaux yeux qu'Andreas Voir même, l'étagère n'avait pas d'yeux tout court, alors Alice ne se sentait pas coupable de penser ceci; La comparaison était impossible, la conclusion forcée.

Comme elle pensait, des choses stupides et inutiles, depuis quelques minutes! Et le pire dans tout ça, c'était que ces pensées ne l'amenaient à rien. Encore, elle sauraient été utiles, mais non. Pas même. Oh, ce qu'elle pouvait détester ce crétin d'humain aux yeux bleus! Elle lui ferait payer, elle se le jurait. Comment, elle ne le savait pas encore, mais elle jurait qu'elle lui ferait payer, par un moyen ou un autre.

«J'aime bien vos yeux. Ils ont une jolie couleur. Pas tout à fait bleu, non? De près, ils ont l'air vaguement verts, aussi. C'est très joli, en tout cas, je trouve. Enfin, je ne me plains pas, j'aime bien le bleu.»

Alice ne quitta pas son expression indifférente, même si, intérieurement, son cœur lui chantait une toute autre ritournelle. Quel rapport? Pourquoi se sentait-il obligé de dire une telle chose? Ça n'avait aucune importance, la couleur de ses yeux. Par ailleurs, il n'aurait pas même du voir cette légère nuance dans ses pupilles, car il n'aurait jamais du être aussi près. Mais hors de question de lui en faire la remarque, cependant; Elle avait sa fierté, et jamais ne s'abaisserait à dire que la présence d'un simple humain, qui n'avait pas plus d'importance qu'un balais ou un chiffon au final, la dérangeait. Se serait-elle sentie gênée de se trouver ainsi face à un balais ou un chiffon? Nullement. Alice Maurisawa était détachée de tout, rien, ne la gênait. Absolument rien. Plutôt mourir que de l'avouer. Ce garçon aux cheveux bleus ne la dérangeait pas, en réalité, c'était comme s'il n'existait pas. Il était transparent, voilà. Il l'indifférait au plus haut point.

Maintenant, il allait falloir qu'elle tente de le faire comprendre à son cœur, qui s'était remit à battre la chamade. Incapable de se tenir tranquille, lui, comme Andreas, qui venait à nouveau de s'exclamer quelque chose aussi stupide qu'inutile. Belle? Peut-être. Honnêtement, elle s'en fichait; Ce n'était pas sa prétendue beauté qui allait changer sa vie. Intelligente, elle l'était, en effet. Mais quel besoin de l'exprimer à voix haute ainsi, puisqu'il le savait déjà pertinemment? Qu'il était agaçant. Lorsque sa main effleura de nouveau ses cheveux, Alice fut prise de l'irrépressible envie de le gifler, mais ne le fit pas. Non, elle allait attendre encore un peu. Plus il s'enfoncerait, plus elle frapperait fort. Il le méritait.

«J'aime bien vos cheveux aussi, tiens. Vous voulez que je cite tout ce que j'aime bien, chez vous?»

Non merci, pensa-t-elle, sans pour autant formuler ses pensées. C'était inutile, ce ne serait peut-être pas même honnête, et à vrai dire, elle se moquait de ce qu'il pouvait aimer chez elle. Elle aurait préféré qu'il la déteste, il ne serait pas resté à lui parler de la sorte, comme ça. La détester, bien l'aimer...Tout bien réfléchie, Alice ne pensait pas possible qu'il l'aime bien ou la déteste. Ils ne se connaissaient pas assez bien. Cet homme devait être un sacré bon comédien, et une vraie plaie. Ça au moins, elle en était certaine, que c'était une vraie plaie. Mais une plaie intéressante. Comme quoi, parfois...

«Vous savez quoi? Je suis per-su-a-dé que vous êtes gênée. Personnellement, ça ne me dérange pas de rester là. Au contraire, c'est assez agréable. Je vous explique pourquoi?»

Alice ne fit aucun mouvement, son visage toujours pareil à celui d'une statue de marbre. Son grand sourire idiot s'était mué en un sourire en coin. Une petite évolution, qui ne lui disait cependant rien de bon. Ce garçon n'était pas seulement intelligent et borné, il était également sournois et savait où il allait, de toute évidence. En, somme: Un vrai cauchemar, bon à éviter. Alice se détestait de ne pas avoir été assez rapide et s'être fait prendre de cours. A présent, elle devait endurer tout cela, et son cœur se plaignait douloureusement, ainsi que son estomac. C'était dans ces moments-là que la demoiselle aux grands inexpressifs aurait bien voulu mettre dans sa bouche une sucette, mais ça lui paraissait, dans ces conditions, difficilement envisageable. Leur proximité rendait le simple fait de fouiller dans sa poche difficile, et avec le bâton, elle aurait certainement éborgné Andreas au passage. Et ça, elle ne le voulait pas. Cet humain avait beau être insupportable, ses yeux la fascinaient. Ça aurait vraiment été bête...Qu'il s'en crève ne serait-ce qu'un seul. N'est-ce pas? Prenant une discrète inspiration, Alice prit la parole, de cette voix monocorde et plate qu'on lui connaissait si bien, bien que cette fois-ci légèrement aiguë et rapide. Foutue gêne. Elle lui avait pourtant dit qu'elle n'était pas gênée, mince!

« Votre avis sur ma personne m'importe peu. Il est inutile. Et vous le savez. »

Elle marque une légère pause, inspira de nouveau. SI seulement son cœur pouvait arrêter de battre aussi vite, elle lui en aurait été infiniment reconnaissante.

« Je ne suis pas gênée. Vous vous faites des idées. »

Aussi simple que cela. Alice n'allait pas le laisser gagner, elle ne s'en serait pas remise! Cet humain était inférieur à elle, et elle allait lui prouver. Pour qui se prenait-il? Ah. S'il ne l'avait pas autant intriguée, sans qu'elle sache pourquoi, il y a longtemps qu'elle l'aurait chassé, et sèchement encore. Mais seulement voilà...Rien aujourd'hui n'allait comme le voulait Alice, et ça la perturbait et l'énervait plus que tout. Demain, songea-t-elle comme pour se réconforter, elle suivrait son emploi du temps à la lettre, à la minute près. Et cette fois, il n'y aurait pas de serviteur aux cheveux bleus pour venir la déranger.

Elle espérait?


[Je m'excuse auprès d'Ayu si j'ai fais du OOC. Mais bon...Voilà. C'est hyper compliqué, de RP avec un personnage qui n'est pas le vôtre!XD]
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Lun 4 Juil - 17:29

{Et moi je suis super en retaaaard mais on me pardonne. J'ai pas exploré les profondeurs abyssales de l'esprit torturé et malade de ce pauvre Andy chéri d'amour depuis Novembre, je suis un peu rouillée.Ouhou Ayu est encore plus en retard, en plus.8DD

Sinon, euh... Vous allez bien? Ici, il fait chaud. Mon chat dort la patte et la tête sur la livebox, et elle regarde le vide comme si un fantôme nous observait. J'ai mon chapeau sur ma tête et j'écoute n'importe quoi. Voilà.ù____û}

Qu'Andreas mente ou pas n'avait, au final, que très peu d'importance. Tout du moins le pensait-il ; et à ses yeux, sa parole avait valeur de vérité unique. Beaucoup de personnes sur cette Terre diabolisaient le mensonge, peut-être était-ce aussi le cas de la jeune fille aux longs cheveux clairs : pourtant, c'était une grave erreur. Lui mentait sans arrêt, sans vraiment pouvoir s'en empêcher, parce que ça l'amusait, parce qu'il s'ennuyait, parce qu'il ne s'en rendait même plus compte. Une phrase sortie de sa bouche avait presque un risque sur deux d'être entièrement calculée et réfléchie, tant et si bien qu'il aurait lui-même eu un mal fou à dire ce qui était vrai ou pas. Mais peu importe, il s'en moquait. Il était bien plus intelligent que cette bande d'imbéciles, et c'était bien là le malheur. Voyait-on un homme discourir avec un chien? Non. Pourtant, il restait persuadé que la différence intellectuelle entre lui et la majorité des personnes habitant ce château était à peu près semblable. Ils ne voyaient rien, croyaient tout, gobait ce qu'on leur disait sans même chercher à savoir si oui ou non c'était la vérité. Il lui suffisait de sourire et de faire l'imbécile, et ils pensaient invariablement que c'était un idiot facile à berner. Et s'ils voulaient le manipuler, ils ne se rendaient même pas compte que lui s'en rendait compte. Ils ne parvenaient pas à voir que c'était lui qui les manipulait, au final ; ironique, n'est-ce pas? Ces personnes l'ennuyaient. Il en était malade. Il avait besoin de défis, de personnes sortant de l'ordinaire pour s'amuser et sortir de cette léthargie constante dans laquelle l'ennui le plongeait. En ce sens, il adorait Alice Maurisawa : elle était comme un tout nouveau jeu qu'il venait de découvrir et qui, pour l'instant, lui plaisait au plus haut point. Restait à voir s'il allait s'en lasser ou si au contraire elle allait encore piquer sa curiosité. Il espérait vraiment qu'elle était aussi intelligente qu'elle le laissait paraître, et que ce n'était pas simplement l'emballage qui était joli. Ses yeux continuèrent de tranquillement détailler son visage durant les quelques secondes qui séparèrent sa question de sa réponse, sans la moindre gêne. Au moins il n'avait pas menti sur ce point, elle était belle. La beauté était subjective, et c'était en cela qu'il trouvait que c'était un critère intéressant. Tout ce qui était subjectif l'intéressait : on était obligé de donner son avis, quelque chose de personnel, et c'était toujours instructif. Alice avait de jolis cheveux, de beaux yeux, un visage loin d'être disgracieux. Une jolie silhouette, de ce qu'il avait pu en voir. De loin, tout paraissait beau. Il fallait se rapprocher pour voir les petits craquelures dans les carrelages, les fissures dans les tapisseries, les défauts dans les porcelaines. D'aussi près, il pouvait vraiment dire si quelqu'un était beau ou non. A ses yeux, la jeune fille l'était. Il ne savait pas si c'était une bonne chose ou non, mais c'était un fait.

« Votre avis sur ma personne m'importe peu. Il est inutile. Et vous le savez. »

Le sourire du serviteur s'élargit de nouveau, comme si elle avait dit quelque chose qui, d'une manière ou d'une autre, lui faisait extrêmement plaisir. Ce n'était pas le cas, mais il jubilait tout de même. Alors comme ça, son avis était inutile? Il s'en serait douté, mais tout de même. D'ailleurs, ça ne l'avait pas empêché de le donner depuis le début. Son silence ne l'obligeait nullement à se taire, au contraire : plus elle se tairait, plus il parlerait. Moins elle parlerait, moins il se tairait. Il ne comptait pas équilibrer la balance, il voulait la faire pencher. Il lui arracherait une réaction, peu importe laquelle. Cela dit, elle avait conscience qu'il avait conscience de l'inutilité de son avis à ses yeux. Une suite de mots bien complexe pour expliquer qu'ils savaient tout deux que l'autre était intelligent, finalement. Qu'elle se soit rendue compte si vite qu'il était loin d'être bête lui faisait autant plaisir que ça aurait dû l'inquiéter, et ce n'était pas bien difficile à comprendre. Il n'avait pas envie qu'elle puisse lire clair dans son jeu pas plus qu'en lui, mais elle aurait perdu des points dans son estime si elle l'avait pris pour le dernier des imbéciles. Étant donné qu'elle le savait, il n'avait pas particulièrement besoin de le cacher. Et c'était tellement plus intéressant! Si elle savait qu'il était loin d'être idiot, peut-être chercherait-elle une logique dans ses actions. Oh, de ce côté-là, il ne s'en faisait pas trop : lui-même n'était pas exactement sûr qu'il y en avait une. Il tenait simplement à s'amuser. C'était comme essayer de résoudre une énigme à laquelle il réfléchissait constamment, sans réponse constante. Il tenait à voir comment elle allait se débrouiller, vraiment.

« Je ne suis pas gênée. Vous vous faites des idées. »

Cette fois-ci son sourire franc se résorba nettement en un sourire mutin, amusé. Aaaah oui? Il se doutait qu'elle n'allait pas rougir et admettre, mais il restait persuadé qu'il avait raison. Il se laissait une marge d'erreur, mais il était sûr de lui. Peut-être que ça lui jouerait un tour, un jour : en attendant, il faisait confiance à sa capacité de réflexion. Andreas était extrêmement pessimiste et avait une très basse opinion de lui-même, mais celle qu'il avait des autres n'était pas plus haute. Son intelligence, au moins, il savait qu'il pouvait compter sur elle. C'était une valeur sûre.

«Ah oui? Vous êtes sûre? Vous n'êtes pas gênée du tout? Même pas un petit peu? Vous êtes peut-être habituée à être si proche d'étrangers, ajouta-t-il en cherchant son regard, mais j'en doute franchement. Moi je pense que vous avez surtout beaucoup de contrôle sur vous-même! Ou alooooors...~»

Le jeune homme chantonna presque ce dernier mot, jouant distraitement avec une mèche des cheveux de son interlocutrice près de son visage.

«..., vous croyez peut-être que je vais rester là un moment et m'ennuyer? Je vous comprend! Si ce n'est qu'un moment dérangeant qui va vite passer, autant attendre que ça passe tranquillement. Sauf que je ne compte pas partir, vous savez? Je suis bien, là. Donc en définitive... Vous croyez qu'on peut rester combien de temps comme ça avant que quelqu'un arrive et que je doive trouver rapidement quelque chose à dire?»

Un moment, à priori. Enfin, lui, ça ne le dérangeait vraiment pas. Il aurait pu rester dix minutes à la fixer sans un mot tout comme il aurait pu passer une demi-heure à lui faire la conversation, même si elle n'avait prononcé que quelques mots. Pour qu'il s'éloigne il allait falloir qu'elle le lui demande et admette sa gêne, prétende avoir quelque chose à faire ou ne le pousse elle-même. Et autant dire qu'il savait quoi faire dans tous ces scénarios et plus encore. Ça promettait d'être amusant! De toute façon, rien ne pouvait être pire que passer la journée à faire les même choses insipides qu'à l'accoutumée. Non, rien, vraiment. Pour Andreas, une conversation avec une fille jolie et intelligente était au moins aussi amusant qu'un tour de tourniquet pour un gamin de huit ans.

«Et admettons que mon avis ne vous intéresse pas, le votre m'intéresse, moi. Dites, vous me trouvez beau? demanda-t-il brusquement, comme s'il venait de se souvenir de quelque chose d'important. Parce que je sais que vous me trouvez intelligent, mais ça vous n'en avez pas parlé. Pourtant aussi près, ça aurait au moins pu vous effleurer l'esprit, non?»
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Lun 31 Oct - 6:32

[*]Alice n’était pas une personne qui s’emportait facilement, et surtout pas dans un jeu, peu importe la forme du jeu en question.

Elle ne le faisait pas parce qu’un jeu était une chose futile destiné à distraire et qu’elle n’avait aucune besoin d’une quelconque distraction. Il fallait l’avouer, elle avait un mauvais caractère et il était aussi vrai qu’elle s’énervait assez rapidement, mais elle ne se laissait que rarement prendre aux jeux. Cependant, aujourd’hui, le jeu l’avait prise au dépourvu, et elle devait avouer qu’elle ne détestait pas ce jeux aussi ennuyant que troublant. Effectivement, cela faisait un moment qu’un problème ne lui avait pas causé autant de réflexion et d’énervement. Alice était une personne intelligente, et même extrêmement intelligente, alors les petites problèmes de tous les jours n’étaient pas bien intéressants car ils se résolvaient tous aisément, et il fallait avouer que ces jours-ci, elle était totalement à cours de problèmes fondamentaux et le royaume n’avait aucunement besoin d’une quelconque stratégie pour le moment – ce qui l’ennuyait au plus haut point, sans qu’elle ne veuille provoquer une seconde guerre civile- ci ce n’était deux ou trois brindilles de soucis par ci et par là. Du coup, aujourd’hui, lorsqu’on lui avait proposé un jeu, elle avait beau avoir ronchonné et grincer des dents- car ce ne serait pas Alice si elle acceptait trop tôt-, elle se retrouvait maintenant prise au jeu jusqu’aux épaules, et elle trouvait cela intéressant. Attraper ainsi l’attention de la jeune stratège n’était pas chose facile, et c’est un ridicule servant aux cheveux bleus qui avait réussi cette tâche difficile, alors il pouvait s’estimer grandement heureux, Alice ne l’en blâmerait pas – à part s’il le lui hurlait dans les oreilles, ou juste qu’il l’ennuyait un peu trop comme il le faisait à présent, à être aussi près d’elle de sorte à ce que son corps ne réagisse plus rationnellement.

C’était ridicule. Le jeu était ridicule, la situation était ridicule, le lieu était ridicule, son corps était ridicule. Tout était ridicule, et pourtant, cela l’intéressait au plus haut point, peu importe le fait qu’elle grognait et jouait la dure. Alice était passionnée par ce nouveau jeu et trop pris dedans pour se rendre compte de ce qu’elle faisait réellement alors qu’elle aurait tout simplement pu le pousser et s’en aller parce que c’était justement ridicule. Elle aurait pu le remettre à sa place sans pour autant que cela ne touche à sa fierté et partir tranquillement, vagué de nouveau à ses occupations peu passionnantes… Mais non, elle jouait, et c’était étrange pour quiconque connaissait Alice. Jouer n’était pas vraiment dans le vocabulaire de la demoiselle, et ce, depuis aussi longtemps qu’elle pouvait s’en souvenir. Alice était une machine à travailler, à réfléchir, pas à jouer. Cependant, ce jeu-là incluait beaucoup de réflexion et d’intelligence, et c’était pour cela qu’il était aussi excellent. Et il n’y avait pas que le jeu qui était excellent, son camarade de jeu l’était tout autant, intelligent, espiègle et même sournois, mais fascinant. Après tout, le deuxième joueur était le plus important, car jouer ce genre de jeu psychologique tout seul relèverait de la folie, et le jouer avec un personne stupide et inintéressante serait aussi ennuyeux et inutile que de fixer un aquarium de poisson morts, et c’était peu dire.

De ce fait, Alice s’amusait, enfin, d’une certaine manière. D’une autre, elle était hautement énervée contre cet importunant personnage qui dérangeait le cours parfait de sa journée, et ceci était plutôt impardonnable. Et puis, elle était aussi hautement désemparée, bien qu’elle arrivait à le cacher derrière son visage impassible. Elle était désemparée par cette position bien particulière. La lutte mentale en elle-même ne l’ennuyait pas, mais la proximité –elle ne le répéterait jamais assez- était totalement désobligeante, et si elle n’avait justement pas été si désemparée justement, la distance entre eux ne seraient pas si petite.
Elle essaya tant bien que de mal d’éviter de regarder le visage du jeune homme, mais c’était peine perdue, puisqu’à chaque fois qu’elle percevait un mouvement de son visage, elle tournait son regard vers lui, rendant la chose impossible. De ce fait, elle nota que son grand sourire s’était résorbé en un plus petit qui lui inspirait autant confiance qu’un chat laisser seul avec un plat de poisson- cette comparaison n’a aucun sens, mais la narratrice est juste stupide.


«Ah oui? Vous êtes sûre? Vous n'êtes pas gênée du tout? Même pas un petit peu? Vous êtes peut-être habituée à être si proche d'étrangers, mais j'en doute franchement. Moi je pense que vous avez surtout beaucoup de contrôle sur vous-même! Ou alooooors...~»

Ou alors elle lui envoyait son poing dans la figure. Non, sérieusement, elle y pensait. Surtout qu’il jouait avec ses cheveux, et bien que ce n’était pas la première fois, cela commençait tout doucement à lui monter à la tête. Et elle détestait aussi le fait qu’il chantonne ainsi, c’était insupportable. Le poing dans le visage l’arrêterait de chanter, pour sûr.

«..., vous croyez peut-être que je vais rester là un moment et m'ennuyer? Je vous comprend! Si ce n'est qu'un moment dérangeant qui va vite passer, autant attendre que ça passe tranquillement. Sauf que je ne compte pas partir, vous savez? Je suis bien, là. Donc en définitive... Vous croyez qu'on peut rester combien de temps comme ça avant que quelqu'un arrive et que je doive trouver rapidement quelque chose à dire?»

Alice croyait surtout qu’il allait partir à un moment ou à un autre, parce qu’il n’allait pas la coller toute la journée, ce ne serait pas humain de faire cela. Non, il ne pouvait décemment pas rester là à l’admirer et à lui parler pour qu’elle ne lui réponde qu’à moitié toute la journée, il s’en fatiguerait forcément, et elle le giflerait avant que cela n’arrive. Il était ennuyant, très ennuyant, et elle se demandait comment elle avait pu le considéré comme intéressant alors qu’il atteignait les limites du supportable rien qu’en souriant. Et son cœur qui continuait de frapper contre sa poitrine alors qu’il n’avait apparemment pas décidé d’arrêté de jouer avec ses cheveux. Et lui, cette proximité l’amusait, énormément. Quelque chose clochait avec lui, il était trop étrange pour son propre bien. Elle devait trouver quelque chose pour surenchérir sur cet étrange personnage…

«Et admettons que mon avis ne vous intéresse pas, le votre m'intéresse, moi. Dites, vous me trouvez beau? Parce que je sais que vous me trouvez intelligent, mais ça vous n'en avez pas parlé. Pourtant aussi près, ça aurait au moins pu vous effleurer l'esprit, non?»

Elle pensait avoir assez parlé de la beauté, elle en avait son quota pour le mois, si ce n’était même l’année. Qu’est-ce que cela pouvait bien lui faire qu’elle le trouve laid ou beau ? Cela n’allait surement pas révolutionner sa vie, si ? C’était à s’en poser des questions, et justement, elle s’en posait. Son regard était à présent revenu fermement sur le visage du garçon et elle avait fini par dessiner chacun de ces traits dans sa tête. Il était évident que le servant n’était pas laid, loin de là, et cela n’avait même pas besoin d’être un jugement subjectif. Cependant, elle ne pouvait pas honnêtement lui dire ceci, le lui jeter ainsi à la figure après avoir rejeté tant de fois de le faire. Alors elle ne le ferait pas.
En revanche, elle avait à présent trouvé un moyen de surprendre de nouveau et de relancer en quelque sorte le jeu qui semblait être à un seul sens. Autant le dire tout de suite, c’était un exercice très compliqué pour elle, et elle adorait ce genre de challenge au final.
Alice prit la parole, d’une voix légèrement plus haute, demandante, mais toujours aussi monotone qu’avant, son visage ne changeant pas d’expression.


« Bien, vous voulez que je m’exprime, soit, je vais le faire. Il est inutile de préciser que je trouve votre discussion peu… Et bien, utile. Je pense effectivement que vous seriez capable de rester là, toute la journée à ne rien faire puisque vous êtes vous-même une personne plutôt ennuyante qui est pris d’une passion pour ennuyer tout autant les autres. Je pense donc que nous pourrions rester ainsi toute la journée jusqu’à ce que l’un de nous n’en ai assez et décide qu’il est inutile de continuer, et que tout ceci est totalement déraisonnable. »

Elle marqua une pause pour reprendre son souffle. Elle parlait rarement autant, et surtout d’un coup. Elle n’avait d’ailleurs pas termine, ce serait stupide de s’arrêter en si bon chemin.

« Vous voulez honnêtement mon avis ? Pourquoi le voulez-vous si intensément ? Pour animer votre vie ou simplement car importuner quelqu’un vous amuse grandement ? Quoi qu’il en soit, à moins que vous n’ayez une raison valable pour que mon avis vous intéresse, dites-la moi surtout, en vous en privez point. Parlez, puisque cela vous amuse. Je ne doute pas que vous soyez intelligent, c’est un fait, cependant, votre manière d’utiliser cette intelligence me sidère quelque peu. Vous avez dû entendre assez d’avis quand à votre beauté sans avoir besoin du mien, je n’en doute pas un seul instant, alors non, cela ne m’a pas effleuré l’esprit et ne me parait pas vital de vous donner une réponse claire. En revanche, je serais curieuse de savoir si cela vous avez effleurez l’esprit que toucher les cheveux ou tout autre parti corporelle d’une autre personne que vous connaissez à peine est plutôt impolie et pourrait être considéré comme du harcèlement ? »

Malgré ses paroles, elle ne bougea pas. Le duel était verbal, non pas physique, et elle pensait en avoir fait assez pour l’instant. Maintenant, il allait bien lui falloir cinq minutes afin qu’elle récupère pleinement de sa longue tirade.

Une chose était certaine ; Le jeu ne faisait que de commencer.


[HS: CHOC MENTAL.
Je suis inutile et je l'assume. M'enfin, ça, c'est fait. Ne t'en fais pas Never, moi aussi, j'ai l'impression de OOC... XD
Et pour une fois que mon poste est consisté essentiellement de paroles... XD]
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Ven 11 Nov - 20:35

Spoiler:
 

{C'était trop tentaaaaaaaaaant! PARDON.XDDD

Et voilà. J'ai Rplayé. Je suis génial. Voilà tout, il n'y a rien à y redire. Enfin si : je crois que j'ai plus trop l'habitude de RP avec Andreas. Ça me fait tout bizarre.8D}


Andreas n'avait aucune idée de ce qu'il cherchait à obtenir en tapant sur les nerfs d'Alice Maurisawa. Une réaction? Une distraction? Difficile à dire ; il le saurait quand il l'aurait trouvé. Et il le trouverait, ça ne faisait aucun doute. Pour l'instant il s'amusait, et c'était bien tout ce qui importait à ses yeux. Franchement, qui aurait aimé vivre une vie plate et insipide,ennuyeuse au possible? Pas lui, en tout cas. Alors tant que la jeune fille l'intéresserait, il continuait de lui parler et de l'ennuyer. Qu'elle ait envie de le voir partir lui était égal : lui voulait être riche et devenir un Esprit et pourtant, personne n'accédait à ses requêtes. Tant qu'il en aurait décidé ainsi – et il n'en démordrait pas – il resterait là, dans cette pièce, avec cette personne. Tant qu'il en aurait décidé ainsi, son départ serait aussi improbable que les souhaits qu'il avait cité précédemment. Et inutile de préciser que le serviteur n'était pas du genre à se laisser démonter facilement. Pour une fois qu'il rencontrait quelqu'un qui n'avait pas la capacité de réflexion d'un mur, ça aurait été trop bête de la laisser filer comme ça. Quitte à se faire battre à son propre jeu à la fin, il n'abandonnerait pas la partie si facilement. Non non non. Pour l'instant il pensait mener, et chacune des répliques de son interlocutrice l'avait amusé, intéressé. Combien de temps avant qu'il se lasse? Très bonne question. Il craignait malheureusement que, à force de se heurter à un mur presque total de silence, il ne finisse par s'ennuyer. Andreas avait beau être patient et perspicace, il ne pouvait pas faire grand chose contre quelqu'un qui se contentait de le regarder sans rien dire. Qu'elle ait réagit si violemment en présence d'une araignée – enfin, de la possible présence d'une araignée – avait été un sacré coup de chance. Il avait eu l'occasion de la mettre dans une situation inhabituelle et de la gêner ; ce qui, de son point de vue, était deux facteurs très utiles. Mais à présent il ne savait pas quoi dire pour obtenir une réaction, quelle qu'elle soit, de la part d'Alice. Quel dilemme.

Son sourire en coin ne le quitta pas malgré tout, pas plus que sa bonne humeur. Et même si ç'avait été le cas, il se serait arrangé pour que ça ne se voit pas. S'il cherchait les failles dans la coquille de la demoiselle, il ne doutait pas qu'elle en profiterait de même si elle en voyait une chez lui. Or c'était le genre de choses qu'il préférait éviter, merci. Parler des autres ne lui posait aucun problème, pas plus que parler de lui en surface. Le reste, non. Ce n'était pas pour rien que, dès qu'il s'agissait de raconter des choses plus personnelles, il débitait instantanément des mensonges à la chaîne. Le seul soucis qu'il y avait pour lui, à mentir sans arrêt de la sorte, était de tomber dans une désagréable paranoïa. Heureusement, il considérait la plupart des Autres comme trop stupides pour inventer des mensonges aussi élaborés sans prendre le temps de réfléchir. Lui-même peinait à trouver quelque chose de cohérent et convaincant, parfois, quand on le forçait à tout inventer en quelques secondes. Et ça se comprenait. Tout prévoir était complexe. Extrêmement complexe. Il essayait de parer à toute éventualité, mais c'était loin d'être simple.

Il en eut d'ailleurs la preuve en direct et en image quand la jeune fille reprit la parole.

« Bien, vous voulez que je m’exprime, soit, je vais le faire. Il est inutile de préciser que je trouve votre discussion peu… Et bien, utile. Je pense effectivement que vous seriez capable de rester là, toute la journée à ne rien faire puisque vous êtes vous-même une personne plutôt ennuyante qui est pris d’une passion pour ennuyer tout autant les autres. Je pense donc que nous pourrions rester ainsi toute la journée jusqu’à ce que l’un de nous n’en ai assez et décide qu’il est inutile de continuer, et que tout ceci est totalement déraisonnable. »

La surprise se lut sur le visage d'Andreas tandis qu'il écoutait la tirade de sa vis-à-vis, trop désarçonné pour penser à la masquer par un sourire. Ohw. Ce n'était pas tant ses paroles qui le surprirent – parce qu'elle n'avait rien dit qui sorte de l'ordinaire – mais le nombre de mots qu'elle aligna à la suite, sans s'arrêter pour le laisser répondre, sans attendre pour enchainer sur la phrase suivante. Elle qui quelques secondes encore avant marchait presque par monosyllabe, le changement avait de quoi perturber. Il en avait arrêté de jouer avec ses cheveux, tiens – sans lâcher la mèche pour autant. Le serviteur ne pensait pas avoir dit ou fait quoi que ce soit qui puisse l'avoir poussé à changer brusquement de tactique. Et ça n'en rendait la chose que plus intéressante encore.

« Vous voulez honnêtement mon avis ? Pourquoi le voulez-vous si intensément ? Pour animer votre vie ou simplement car importuner quelqu’un vous amuse grandement ? Quoi qu’il en soit, à moins que vous n’ayez une raison valable pour que mon avis vous intéresse, dites-la moi surtout, ne vous en privez point. Parlez, puisque cela vous amuse. Je ne doute pas que vous soyez intelligent, c’est un fait, cependant, votre manière d’utiliser cette intelligence me sidère quelque peu. »

Et elle continuait à parler, sans interruption, sans vraiment buter sur ses mots non plus. Elle parlait, tout simplement. Andreas resta la regarder, les yeux ronds, sans savoir s'il avait envie qu'elle continue de parler jusqu'à ce qu'elle n'ait plus rien à dire ou s'il craignait plutôt qu'en s'arrêtant elle ne brise quelque chose. Ce qui était stupide parce que, évidemment, elle allait devoir se taire à un moment ou à un autre. Le contraire était physiquement impossible, ce qui réglait plus ou moins le problème. Focalisé sur les paroles qu'elle prononçait, il tenta tant bien que mal de retenir chaque chose jugée digne d'intérêt qui apparut dans son presque monologue. C'était dans des moments comme celui-ci qu'il se félicitait d'avoir bonne mémoire – il aurait été dans un sacré embarras, sinon. Aaah. N'aurait-elle pas pu parler un peu tout du long, au lieu de parler pour dix en une seule fois? Sûrement que non. Et d'ailleurs, tant mieux : c'était bien plus amusant comme ça.
Une fois la surprise passée et la voix d'Alice éteinte, son sourire réapparut au coin de ses lèvres. Bien. Si elle voulait jouer à ça, aucun problème ; il adorait les difficultés. Elle le forçait à réfléchir et, rien que pour ça, elle méritait son attention et son estime. Ce qui, connaissant Andreas, était suffisamment rare pour être noté. Le prendre de court aussi, était rare. Il s'arrangeait toujours pour avoir plusieurs longueurs d'avances sur les autres, plusieurs portes de sortie et plusieurs scénarios sur lesquels se baser. Elle l'avait surpris, d'accord. Il l'admettait. Maintenant, à lui d'en jouer.

« Hmmm. Je le veux parce que je vous trouve..., intéressante, répondit-il en lâchant doucement la mèche de cheveux avec laquelle il jouait. Mais oui, vous ennuyer m'amuse beaucoup. Vous avez une jolie voix, vous devriez parler plus souvent. »

Il laissa s'écouler une seconde, comme pour chercher ses mots, puis chercha le regard de la jeune fille. Ce qui était plus ou moins difficile quand il n'arrivait absolument pas à savoir dans quelle direction elle regardait.

« Et puis... » Son sourire s'effaça pour laisser place à une expression ennuyée. « J'ai vu pire, comme façon de harceler quelqu'un. Vous iriez jusqu'à me mettre à la porte juste parce que j'ai touché à vos cheveux? C'est duuur. Surtout que, vous imaginez? On ne pourra plus jamais se voir, si je ne travaille plus ici. Ce serait invivable, franchement. Je vous manquerais beaucoup trop. »

Bien sûr, ça ne faisait aucun doute. Ce qui ne faisait réellement aucun doute, en revanche, était le poids que pesait sa parole contre celle de Miss Maurisawa. Si elle se plaignait de lui ou demandait à ce qu'il s'en aille, il se ferait renvoyer. Au revoir et merci. Ni sa race, ni son métier ne joueraient en sa faveur. Tiens, oui. Jouer avec les nerfs d'Alice revenait à jouer avec sa source de revenus. Donc un peu avec sa vie. Merveilleux ; au moins, il se sentait bien impliqué dans leur petit jeu.
Parce que s'il s'était trompé sur son compte, elle pouvait très bien se plaindre de harcèlement. D'autres auraient dit qu'il ne lui restait plus qu'à espérer ou prier, mais pas lui. Il s'en remettait à son jugement - qu'il pensait fiable - et ne serait après tout pas allé aussi loin s'il avait pensé qu'une fois 'libérée' elle irait directement parler de lui à sa si compréhensive supérieure. Ce n'était pas de la chance, c'était calculé.Restait à ne faire ni faux-pas, ni erreur bête.Seuls les imbéciles s'en remettaient à la chance et au hasard.
Et vu la valeur qu'accordait Andreas à sa propre existence, penser que mettre son emploi ou sa vie en péril l'aurait rendu plus apte à prendre les bonnes décisions était, justement, un mauvais calcul.
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Sam 12 Nov - 2:00

[Duh, une bonne chose de faites! J'ai tenu ma promesse! Et il n'est pas encore minuit au moment ou j'écris. XD
Umh... C'est dur. Mais ça va s'arranger. Bientôt, on rira aux larmes. 8D
Go Alice! GOOO!]


Personne n’avait jamais osé entamer ce genre de discussions avec Alice.

D’ailleurs, il était rare que quelqu’un ose lui parler tout court plus de cinq minutes. Le métier de stratège d’Alice demandait plus de réflexion, de concentration et d’écrit qu’il ne demandait la parole et des choses futiles. Si les gens ne lui parlait pas tant que cela, ce n’était pas parce qu’Alice faisait réellement peur- honnêtement, de loin, elle donnait plutôt l’impression d’une fragile et gentille jeune fille- , mais il était vrai que parler avec elle n’était pas la chose la plus passionnante, et qu’Alice n’aimait pas du tout avoir des conversations banales, faisant ainsi en sorte d’écourter les conversations au maximum. Il était vrai que la demoiselle parlait peu, mais toujours efficacement. A quoi bon s’épuiser à quelque chose et lui en faire perdre son efficacité lorsque l’on peut faire court et transporter un message beaucoup plus aisément ? Oui, cela n’avait absolument aucun sens, et donc Alice enlevait avec génie tout le superflu pour n’en garder que l’important. Et puis, ce n’était pas comme si elle avait besoin de parler et de parler : sa spécialité était d’analyser, elle pouvait très bien le faire sans parler, et cela fonctionnait même mieux. Son habitude était d’observer de loin, hors le garçon avec qui elle parlait était tout sauf loin, et la conversation courte de la stratège ne l’avait pas du tout déboussolé, au contraire, il semblait prendre ce malin plaisir à la tourmenter. Elle n’était pas insensible à son approche, ce serait impossible, peu importe comment elle le voyait. Elle-même avait la réputation d’être une personne aux réactions rares, et pourtant elle ne pouvait pas ne pas ressentir quoi que ce soit alors qu’elle avait un homme aussi près d’elle. Ce n’était définitivement pas convenable. Elle était tout de même une femme !

Cependant, elle ressentait plus de l’ennuie qu’un autre sentiment agréable. Elle était énervée et elle avait plutôt chaud aussi. Et bien qu’elle n’en avait rien dit parce qu’elle était têtue, Alice était aussi gênée. Lui ne le semblait pas, et cela l’énervait encore plus qu’autre chose. C’était une personne très ennuyante, et elle avait un peu l’impression qu’il passait sa vie à être aussi proche d’autres femmes, et s’en était presque dégradant, et dégoutant. Elle ne savait pas si cela était vrai, mais il était certain que c’était quelque chose de tout à fait normal – ce n’était peut-être pas le mot, pas à ce point- pour lui d’avoir ce genre de contacts avec n’importe quelle inconnue. Alice n’était pas une inconnue, mais elle appréciait peu ce genre de traitement, peu importe qu’elle connaisse la personne, de nom ou de vue, ou même qu’elle connaisse très bien cette personne. Elle n’avait jamais été habituée à ce genre de contacts, et toucher quelqu’un, même un cheveu d’une personne, était quelque chose qu’elle ne faisait pas à la légère. Pour elle, c’était quelque chose d’unique, et ce ne devait pas être banal. Ainsi, elle fuyait les contacts physiques comme la peste et être aussi proche d’une chaleur humaine ne l’enchantait pas du tout. Et le fait qu’il touchât ses cheveux était certainement la pire chose qu’il aurait pu faire, sachant qu’Alice chérissait beaucoup ses longs cheveux – c’était même évident. Il n’avait pas le droit de les toucher, ni d’être aussi près d’elle. Mais elle ne le lui dirait pas, car c’était une faiblesse. Elle se savait bien plus forte que lui, que ce soit au niveau du statut, et même surement au niveau de la force – elle n’était pas stratège pour ses beaux yeux et son intelligence seulement-, mais elle ne pouvait pas s’empêcher de craindre ce qu’un homme bien plus imposant qu’elle, et ce depuis son enfance. Ce n’était que naturelle, mais cette faiblesse l’ennuyait profondément et elle préfèrerait la garder bien cachée, pas comme elle avait ouvertement et stupidement révélée l’une d’entre-elles, soit sa phobie des araignées.

Elle n’avait pas eu beaucoup de chance d’être satisfaite depuis le début du petit jeu, et sa satisfaction fut donc encore plus grande lorsqu’elle fit les grands yeux ronds et expressif du garçon. Elle savoura sa petite victoire. La surprise se lisait sur le visage ouvert du Nerull et il lui fallut quelques temps pour récupérer de celle-ci. Alice avait fait forte et bien, elle le savait, mais elle savait aussi qu’elle ne devait pas se laisser déconcentrée par cette très petite victoire. Elle avait la très étrange impression que ce petit jeu allait durer un bon moment, et qu’elle allait peut-être rater le déjeuner si elle ne se décidait pas à le rejeter ou si lui pensait qu’il en avait assez. Au mieux, quelqu’un rentrerait et il serait bien forcé de s’éloigner d’elle. Quoi qu’il en soit, Alice ne perdrait pas, ce serait bafoué sa condition que de perdre. Ne pas gagner… C’était autre chose. Quoi qu’il en soit, elle était aussi très ennuyée par le fait qu’il montrait si facilement ses émotions sur son visage. Il n’essayait même pas de garder pour lui sa surprise. Elle l’avait pris au dépourvu, pour sûr, mais au point de lui couper la voix…

Mais son silence et son expression ne durèrent pas, puisqu’il se reprit plutôt rapidement, affichant alors un sourire de nouveau, ne manquant pas d’irriter un peu plus la jeune femme.


« Hmmm. Je le veux parce que je vous trouve..., intéressante. Mais oui, vous ennuyer m'amuse beaucoup. Vous avez une jolie voix, vous devriez parler plus souvent. »

Oh, il avait finalement lâché sa mèche de cheveux ! Elle sentit comme une vague de soulagement et elle faillit se relâcher d’un coup. Elle défaillit seulement une seconde et se ressaisit aussi vite. La verte absorba doucement les paroles du garçon alors qu’il reprenait lui aussi un souffle. Elle réprima une grimace lorsqu’elle s’aperçu qu’il parlait de nouveau avec un jugement qui lui était propre. Ce garçon portait un tel intérêt sur l’objectif que c’en était aussi irritant.

« Et puis... J'ai vu pire, comme façon de harceler quelqu'un. Vous iriez jusqu'à me mettre à la porte juste parce que j'ai touché à vos cheveux? C'est duuur. Surtout que, vous imaginez? On ne pourra plus jamais se voir, si je ne travaille plus ici. Ce serait invivable, franchement. Je vous manquerais beaucoup trop. »

Alice faillit afficher un sourire plein d’ironie et de moquerie. En échange, une étrange moue fit son apparition sur son visage pour disparaitre et laisser sa place à son impassible visage juste un instant après. Au pire, il pourra se dire qu’il rêvait. Le sourire du garçon avait disparu alors qu’il parlait et donnait à sa phrase une tout autre dimension. C’était astucieux, elle ne le niait pas. Si elle n’avait pas beaucoup parlé depuis le début, il n’avait pas cessé de sourire. Ses réactions et ses pensées ressemblaient à celles d’un enfant, et il était normal qu’elle le trouva enfantin. Cependant, Alice savait très clairement qu’il était loin d’en être un, un enfant. Il ne possédait pas du tout l’intelligence d’un enfant et le corps non plus, il le lui avait très bien démontré.
Il l’avait déstabilisé avec l’arrêt de ses gestes caractéristiques qui la dérangeait depuis le début et elle avait failli se laisser aller au jeu de l’ironie. Ses paroles en elles-mêmes étaient aussi importantes, mais la stratège, en poussant son analyse, ne trouva pas vraiment l’once d’inquiétude qu’elle cherchait avec ces paroles. Le garçon n’avait pas vraiment peur qu’elle le rapporte et le fasse renvoyer. Il était vrai qu’elle avait pensé utiliser ce genre de recours, le menacer avec cela. Son statut était nettement supérieur, et personne n’oserait répliquer pour un humain. Cependant, ce n’était pas le genre d’Alice de faire ce genre de chose. De plus, ce serait avouer qu’elle perdait son calme et ce n’était pas bon. Et pour être tout à fait honnête avec elle-même, elle ne le trouvait pas si désagréable. Même plutôt intéressant, comme il le disait d’elle. Plus tôt, elle pensait de lui en objet, et cette pensée ne semblait pas changer, à part que l’objet était humain et beaucoup plus complexe que tout objet qu’elle avait pu rencontrer. Il l’irritait toujours, mais il l’occupait, et elle avouait encore une fois qu’elle manquait cruellement d’occupations vraiment intéressantes ces derniers temps. Il était ennuyant, mais elle ne le rêverait probablement pas plus tard. S’il l’importunait de nouveau par la suite, elle n’était plus sûre de cela cependant. Aujourd’hui, malgré son énervement, elle était relativement de bonne humeur. De toute manière, elle pensait à peine à le renvoyer, trop concentrée sur ce qu’elle allait faire après.
Et puis, elle voulait que tout soit partial. Le pauvre garçon possédait déjà le handicap d’être humain, elle n’allait pas trop l’accabler. Ou si. Pour l’instant, il n’avait rien fait de trop grave, et elle pouvait lui passer deux ou trois de ces actes. En revanche, il ne devait pas trop pousser le bouchon.

Alice plongea son regard dans les yeux bleus de son camarade humain. Ses yeux étaient vraiment quelque chose, tellement lisibles… Pauvre de lui. Elle ne le regarda pas longtemps, détournant son regard vers l’étagère de nouveau. Il n’y verrait que du feu. Sa voix s’éleva de nouveau, claire et monotone, cela ne changeait pas.


« Intéressante ? Votre choix de mot est intéressant. Je ne pense pas que j’apprécie le fait de vous amuser, je suis plutôt le genre de personne que vous devriez craindre, effectivement. Je serais plus que ravie de ne pas vous revoir en revanche, je n’ai pas pour habitude d’amuser mes interlocuteurs, vous en êtes certainement conscient. »

Elle marqua une pause. Alice avait bien entendu ignoré plusieurs points de conversation que le garçon avait engagée, et elle ne comptait pas s’y attarder. Elle avait beau parler plus, cela l’ennuyait toujours de parler de choses inutiles et objectives comme celles-ci. Elle reprit en prenant soin de laisser sa voix inaffectée par l’amusement qu’elle ressentait, fluctuant tranquillement.

« Vous ne me manqueriez absolument pas, pour votre gouverne. A moins que cela ne soit le contraire ? »

Elle se tut et tenta un nouveau regard sur le visage du Nerull. Echec critique. Et bien, aujourd’hui était plein d’obstacles…


Il ne lui manquerait pas, n’est-ce pas ? C’était une stupide idée.
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Lun 5 Mar - 18:31

{J'ai fait absolument n'importe quoi mais, aha, je l'ai fait. J'avais oublié que je devais finir ce poste en me levant, j'ai Alzheimer...XDDD

On rira aux larmes?! Peut-être pas quand même!X'DDD

GOOOOO!8D}


Il lui manquerait même terriblement. Après quelques minutes en sa compagnie elle devait déjà être quasi-dépendante de sa personne, non ? Bien sûr que si. L'air aussi ennuyé, préoccupé que quand il avait élevé la voix, il tenta de capter le regard de son interlocutrice. Est-ce qu'elle regardait à droite, est-ce qu'elle regardait à gauche ? Peut-être qu'elle le détaillait lui ou même qu'elle fixait le plafond. Impossible de le savoir. Il avait beau côtoyer des Esprits à longueur de temps, il n'avait pas encore trouvé d'astuce pour connaître la direction réelle de leur regard. Pas que ça le gêne vraiment, d'ordinaire. Mais pour le coup, il devait admettre que ça aurait été pratique. Il avait beau fixer ses yeux, tout ce qu'il y voyait était du vide, rien que du vide : et aussi joli soit le vide en question, il ne lui en apprenait pas beaucoup sur la jeune fille. Quel dommage... Les yeux en disaient tellement long, pour peu qu'on prenne le temps de les observer. Ceux des Esprits étaient un puits sans fond, il n'y voyait que son reflet. Aucun intérêt. Il continua malgré tout d'observer ceux d'Alice, attentif au moindre mouvement de cil, au moindre tressaillement de ses lèvres ou de ses sourcils. Il finirait bien par la déstabiliser de nouveau, il ne s'en faisait pas trop de ce côté-là. Ce n'était qu'une question de temps.

De toute façon, il ne comptait pas la laisser tranquille avant d'en avoir décidé ainsi – changer d'avis était hors de question. Alors, que dire, que faire ? Ou plutôt qu'allait-dire et qu'allait-elle faire, puisque c'était ses réactions à elle qui l'intéressaient. A priori elle ne ferait rien qui sortait de l'ordinaire ; mais, her, on ne sait jamais ! Si elle avait pu passer de trois syllabes par heure à vingt mots à la seconde, elle pouvait très bien se mettre à rire ou à chanter. Ça revenait plus ou moins au même – excepté que ça n'avait pas l'air dans son caractère, de sourire ou de plaisanter. Elle restait là, immobile et tranquille, aussi sage qu'une statue de marbre. Ce qui, vu la distance qui les séparait, n'était pas anodin en soi. Il connaissait plus d'une fille qui, aussi près, n'auraient pu s'empêcher de se tortiller ou de rougir sans raison. C'était soit ça, soit le repousser : dans tous les cas, ça gênait. Mais si elle voulait jouer les sculptures de glace, lui, ça lui allait. Il avait tout son temps pour la faire fondre, et plus d'une carte dans sa manche pour y parvenir.

C'était bien trop amusant pour qu'il s'arrête maintenant ! Quel gâchis ça aurait été. Il avait envie de l'ennuyer, c'était plus fort que lui. Garder un air sérieux et ennuyé commençait d'ailleurs à devenir difficile, et il dût faire un effort conséquent pour empêcher la commissure de ses lèvres de se rehausser. Il pourrait se remettre à sourire plus tard, quand elle aurait pris la parole. Pour l'instant il devait coller à son rôle – à savoir une inquiétude justifiée face à un potentiel renvoi. Même si, honnêtement, il ne devait pas avoir l'air suffisamment inquiet pour son propre bien. Quelle importance ? Il ne faisait que jouer, et sa priorité n'était pas de feindre la peur. Parce que s'il avait réellement eu des doutes, s'il avait à tout prix tenu à garder son emploi, il se serait éloigné d'elle. Se serait excusé. Tout bêtement. Et ça, elle devait le savoir.

« Intéressante ? Votre choix de mot est intéressant. Je ne pense pas que j’apprécie le fait de vous amuser, je suis plutôt le genre de personne que vous devriez craindre, effectivement. Je serais plus que ravie de ne pas vous revoir en revanche, je n’ai pas pour habitude d’amuser mes interlocuteurs, vous en êtes certainement conscient. »

Non, vraiment ? Il aurait juré qu'elle appréciait, pourtant. Son sourire revint à mesure qu'elle parlait, amusé et serein. Il aurait pu la craindre, oui ; ce n'était pas le cas. La hiérarchie n'avait jamais eu valeur d'autorité, chez lui, et le manque d'importance qu'il accordait à à peu près tout n'aidait pas quand il s'agissait de menacer. En tout cas, qu'elle le veuille ou non, elle venait de lui donner une énième raison de trouver le reste du monde stupide. Il aurait parié qu'on ne l'embêtait pas souvent, pour qu'elle dise ça – voire qu'on ne lui parlait pas tout court. Évidemment ; après tout, pourquoi insister quand la personne en face de vous était si froide, si silencieuse ? Ça ne l'étonnait pas vraiment, qu'on la laisse tranquille. Ils étaient tous de parfaits idiots.
Lui, il trouvait Alice Maurisawa très intéressante : sachant cela, ne pas la revoir était hors de question. Bien sûr qu'elle le reverrait.

« Vous ne me manqueriez absolument pas, pour votre gouverne. A moins que cela ne soit le contraire ? »

Le sourire d'Andreas s'élargit, lèvres serrées. Pas besoin d'être un génie pour voir que cette conversation – ou la situation en elle-même – l'amusait beaucoup. Sa main droite, trop tranquille depuis qu'il avait lâché ses cheveux, se souleva à nouveau du bois de la table. Il posa son index et son majeur sur son avant-bras et, par-dessus le tissu de son gilet, les fit tranquillement remonter jusqu'à son bras, son épaule. Alice ne semblait pas aimer les contacts physiques ; dommage, parce que lui, c'était tout le contraire. Il aimait parler aux autres un peu plus près que ce qu'il aurait dû, même si parfois c'était à peine visible. Ne serait-ce que poser un pied dans leur espace privé donnait une toute autre dimension à la discussion, qu'ils s'en rendent compte ou non. Il était rare qu'il aille jusqu'à toucher l'autre mais, dans le cas de la jeune fille, son insistance à rester calme et impassible forçait trop son respect. La gêner était vraiment, vraiment trop tentant.

« Hmmmm. Vous me manqueriez beaucoup, oui, répondit-il tranquillement. Mais je suis sûr que je vous manquerais quand même. Un peu, beaucoup, passionnément ? »

Il pianota un instant sur son épaule, songeur.

« Et puis vous avez dit que vous n'oublieriez pas mon nom, je suis sûr que ça veut dire que vous voulez me revoir, ajouta-t-il d'une voix presque chantante. Dites, vous croyez que je pourrais trouver un moyen de vous faire réagir ? Je cherche mais, rien à faire. Alors si vous pouviez m'aider... Je garantis pas que mes idées vous plairont, sinon. »

Il ponctua cette phrase d'un sourire on ne peut plus innocent, sans bouger ses doigts de son épaule. Ça ne le dérangeait absolument pas, de parler à une presque-inconnue comme à une amie ; et puis au final, il se trouvait presque plus d'affinité avec elle sans la connaître qu'avec la plupart de ses soit-disant amis en sachant tout d'eux. Ce qui aurait été une raison suffisante pour continuer de l'ennuyer, s'il avait eu besoin d'en avoir d'une.
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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Mar 6 Mar - 16:49

[UGH. MY GOT. C'était trop atroce. J'avais envie de me frapper la tête sur mon ordinateur. J'ai aussi mis n'importe quoi, mais c'est là~.
Et dans les temps! u___u
Je te jure qu'on va rire, tu vas voir, tu vas voir, bientôt... Sale vieille, va. XD]



Alice était perplexe.

Pourquoi diable quelqu’un voudrait-il se frotter à elle – au sens propre comme au sens figuré ici- d’une telle manière, comme le faisait le servant aux cheveux bleus ? Cela n’avait pas de sens, voilà ce qu’elle pensait. Et en même temps, quand est-ce que le monde avait eu du sens ? Alice était bien placée pour savoir que celui-ci n’avait jamais tourné rond, puisqu’elle devait elle-même se creuser la tête afin d’essayer de le comprendre au mieux possible. C’était son métier, et aussi tout simplement ce qu’elle aimait faire, en quelque sorte, alors elle savait, elle savait que tout, et le comportement humain a plus forte raison, n’était pas explicable. Ou du moins, si, tout l’était, mais difficilement, et parfois, le comportement humain ne l’était pas. L’humain – ou toute autre race comme la sienne ou les Nekos, elle parlait d’une espèce dotée d’une intelligence propre et d’un système à base d’un cœur, même un animal, selon elle- était la chose la plus imprévisible et mystérieuse qu’Alice avait jamais eu l’occasion d’étudier. Les étoiles, les sciences, l’argent… Tout cela était intéressant, mais jamais rien ne la fascinerait plus que le comportement humain, et elle était toujours plus ou moins satisfaite d’avoir une sorte d’analyse à faire à base de l’observation d’un nouveau comportement humain. Aujourd’hui était, certes, une occasion en or, mais elle appréciait très moyennement qu’elle soit elle-même directement liée à cette analyse, et qu’on l’analyse elle aussi. Sa position n’était définitivement pas une position plaisante, et elle ne parlait pas du fait que la table n’était pas l’endroit le plus confortable où elle s’était assise. C’est là qu’elle se rendit compte comme son aisance était précaire, ainsi que son petit confort personnel. Alice ressentait rarement une telle irritation, et elle se sentait rarement faible également, mais à ce moment-là, parce qu’elle était une jeune fille honnête avec ses sentiments – si elle ne comprenait pas ce qu’elle ressentait et faisait comme si elle était une pierre en permanence, elle ne pourrait comprendre les sentiments des autres-, elle se sentait faible, minuscule, comme au creux de la main du servant. Il n’avait rien gagné, et elle savait parfaitement qu’elle pouvait gagner cette sorte de petit jeu de fierté, mais il était certain qu’il n’en démordait pas. Il avait énormément de mérite pour réussir à la déstabiliser comme cela, parce qu’il était bien l’une des seules personnes à avoir réussi à faire cela. Ce n’était pas non plus un compliment pour lui, parce que les personnes qui avaient réussis à faire cela, Alice ne les appréciait pas vraiment, et en avait même un très, très mauvais souvenir, mais elle doutait également honnêtement que le but du garçon était de lui laisser un quelconque bon souvenir.

En réalité, elle ne comprenait pas grand-chose au comportement du garçon. Que gagnait-il à l’importuner de la sorte ? A moins qu’il soit un peu du genre masochiste, personne ne voulait se retrouver face à elle et les problèmes qu’elle pourrait lui poser. Peut-être est-ce qu’il voulait simplement s’amuser, mais il y avait alors d’autres options beaucoup plus amusantes que de rester à 10 cm de son visage, et s’il voulait des contacts physiques, en vue de l’aspect général du garçon, Alice ne doutait pas un seul instant qu’il aurait pu trouver facilement chaussure à son pied dans le château, avec les rumeurs qu’elle entendait un peu partout…Non, il devait y avoir quelque chose qui le poussait à avoir un intérêt aussi irritant pour elle.
C’était vraiment une personne insupportable, très compliqué à suivre et au-dessus de tout, qui savait ce qui pourrait possiblement la déstabilisée. Il était trop proche, vraiment trop proche pour la bienséance, et c’était le plus irritant pour elle, parce qu’elle ne pouvait plus penser à lui comme à un objet alors que son souffle frais lui chatouillait le visage. Dans sa position actuelle, il était impossible qu’elle regarde nulle part sans avoir au moins un bout de ses cheveux dans son champ de vision, lui rappelant constamment qu’il était à portée de coup de boule également, et, bien que l’idée était dangereusement tentante, Alice se retint de mettre cette idée à exécution.

Bien qu’une seconde après, elle se sentait beaucoup plus volontaire de le faire, alors qu’il faisait glisser doucement ses doigts de son avant-bras jusqu’à son épaule. Par pur réflexe, dès qu’elle sentit une légère touche près de son poignée, ses yeux s’agrandirent sensiblement et son regard vide se posa sur l’objet de ce trépassement sur son territoire, sur son corps. Elle se contracta nerveusement, sans pour autant bouger. Elle s’était étrangement faites à l’idée qu’il la touche, plus particulièrement dans l’optique de ne pas montrer une image, une faiblesse qui lui plairait et lui donnerait une plus forte raison d’afficher un sourire d’idiot- bien qu’il n’avait pas besoin de quoi que ce soit pour cela. Le fait qu’il s’y était presque habitué ne voulait pas dire que cela ne faisait pas se dresser les cheveux derrière la tête et que cela lui plaisait, encore moins. Elle suivit du regard la progression de son index et de son majeur jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus voir sans avoir à incliner la tête, mais resta parfaitement conscience de ses doigts sur son gilet. Elle essaya de se faire à la douce pression de ses doigts à peine posés et de se la rappeler afin de ne plus être surprise par celle-ci, afin de détendre son corps à nouveau.


« Hmmmm. Vous me manqueriez beaucoup, oui. Mais je suis sûr que je vous manquerais quand même. Un peu, beaucoup, passionnément ? »

Sa voix était douce, tranquille, mais ses mots la faisait grincer intérieurement. Comment pouvait-il être aussi irritant avec une voix comme la sienne ? Il bougea ses doigts, et elle se crispa légèrement de nouveau. Il pianotait, là, tranquillement, sur son épaule, comme s’il était la chose la plus normal du monde de pianoter sur son épaule en étant aussi proche d’elle alors qu’il la connaissait depuis peut-être une demi-heure ? Une heure ? Combien de temps avaient passé ? Elle ne saurait le dire, trop irritée de nouveau par son mouvement.

« Et puis vous avez dit que vous n'oublieriez pas mon nom, je suis sûr que ça veut dire que vous voulez me revoir. Dites, vous croyez que je pourrais trouver un moyen de vous faire réagir ? Je cherche mais, rien à faire. Alors si vous pouviez m'aider... Je garantis pas que mes idées vous plairont, sinon. »

Il jouait avec elle, il se moquait d’elle ouvertement. Elle était devenue son jouet, comme l’on joue avec une poupée, et le fait qu’il semblait avoir un contrôle pareil de la situation qui lui permettait de la toucher et de chantonner en parlant lui retournait l’estomac. Elle eut soudainement l’envie de vraiment le frapper, de lui faire mal, de lui faire ravaler se sourire, encore une fois. Elle le détestait, c’était officiel, mais sa fierté la poussait à continuer, à voir jusqu’où lui pourrait aller, et jusqu’où elle-même pourrait le suivre – bien que suivre n’était pas vraiment le mot- sans perdre son sang-froid. C’était un test aussi bien pour lui que pour elle.

« J’oublierais votre nom si avoir une bonne mémoire signifie vouloir vous revoir, ou que vous me manquiez d’une quelconque manière. »

Elle se savait plus rude, moins correcte, même moins contrôler, malgré le fait que sa voix semble inchangée. Elle savait qu’elle commençait à s’énerver, qu’elle se prenait trop au jeu et qu’elle devrait y mettre un terme avant que quelque chose de regrettable n’arrive – bien qu’elle ne pense pas regretter de le frapper ou de le jeter par la fenêtre. Que ce soit physiquement ou mentalement, elle ne pouvait pas lui être inférieure, alors pourquoi continuerait-elle ce jeu ? Sa fierté n’en serait même pas blessée… Elle prit une inspiration plus profonde et osa reposer son regard sur le visage souriant du garçon aux yeux bleus. Ses yeux pétillaient, ils pétillaient de malice et d’amusement. Ah, si elle pouvait les lui crever, ces yeux…

« Aucune de vos idées ne m’ont plus jusqu’ici, et celle de vouloir me faire réagir ne me plait pas également. Vous ne le pourrez pas, ou le résultat ne vous plaira certainement pas. »

Bien entendu qu’il pouvait la faire réagir, et il le savait pertinemment, il l’avait senti, sous ses doigts, il l’avait vu avec la soi-disant araignée, et il devait le voir par son faible changement dans sa voix et dans sa façon de parler également. Il n’avait même pas besoin de demander. Alice le trouvait détestable, de plus en plus, mais incroyablement intelligent par la même occasion. Il… Il était énervant, et elle voulait partir, mais en même temps, parler avec lui était fascinant, plus que de parler avec n’importe quel autre noble ou servant, ou soldat, même. Dans d’autres circonstances, elle aurait certainement apprécié cette intelligence.

Mais pas alors qu’il avait tous les moyens de la faire sauter au plafond ou de la mettre hors d’elle, tout simplement, et qu'il était à quelques centimètres d’elle.

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MessageSujet: Re: And the morning came and swept the night away   Dim 8 Avr - 17:54

{Si tu pouvais éviter de te taper la tête contre le clavier, ça éviterait des malheurs à tes neurones et à tes touches. Et c'est toi, la vieille. 8D

Bon, je suis en retard mais lalalala personne n'a rien vu. Et j'étais vraiment trop crevée pour finir mon poste hier soir, mais. Le voilà. Cool }


Si Andreas en avait encore douté, la réaction d'Alice l'aurait définitivement conforté dans son idée. Elle n'aimait pas qu'on la touche. Les contacts physiques ne lui plaisaient pas et, quelle qu'en soit la raison, cette affirmation se suffisait à elle-même. Peu importe la cause ; ce qui l'intéressait était l'effet, les conséquences. Ce qu'il pouvait voir et dont il était sûr. Parce que s'il ne pouvait connaître ni son passé ni son vécu rien qu'à la regarder, il pouvait définitivement constater qu'elle était tendue, là, juste devant lui – il pouvait le sentir sous ses doigts. Est-ce qu'elle détestait réellement être effleurée, ou bien était-ce une simple gêne difficile à admettre ? Il aurait aimé le savoir. Il avait besoin de savoir. C'était presque maladif, cette nécessité de tout connaître des autres. Leurs points forts, leurs faiblesses, leurs habitudes, leurs peurs, leurs convictions, leurs buts, leurs ambitions, leur raisonnement, leur maîtrise d'eux-même, la moindre de leurs réactions. Il avait besoin de cette longueur d'avance. S'il ne savait pas tout d'Alice Maurisawa, il n'avait aucune emprise sur elle ; s'il n'avait aucune emprise sur elle, elle était potentiellement dangereuse. Or Andreas n'aimait pas le danger. C'était ennuyeux pour rien. C'était agaçant. Il ne voulait être l'égal de personne, il n'aimait personne. Il aimait être seul. Être seul et rire à en pleurer. Quitte à être sincère, c'était le mieux qu'il puisse faire.

Pourtant le jeune homme continuait de rechercher le contact, sans arrêt. Il haïssait les autres mais, comble de l'ironie, il ne pouvait pas se passer d'eux. C'était peut-être sa façon de se punir. Il devait aimer souffrir, quelque part. Mais n'était-ce pas le propre de l'Homme ? Quand bien même être raisonnable aurait pu sauver tout un chacun, personne n'aurait choisi la bonne option. Les contradictions étaient monnaies courantes dans ce bas-monde ; la logique, elle, n'était rien de plus qu'une jolie chimère.

Qu'aurait répondu sa jolie captive à cela ? Elle avait l'air d'être quelqu'un de très attachée à la logique, au rationnel, au tangible. Elle réfléchissait, était loin d'être stupide. C'était un fait. Et pourtant, quand bien même leur proximité ne lui plaisait pas, elle ne faisait rien pour le repousser. Question de fierté, sûrement. De cohérence, peut-être. Quoi qu'il en soit, elle avait décrété que garder son sang-froid et une certaine image d'elle-même était plus important que son propre confort. C'était aussi stupide que courageux ; mais, vu la situation, il ne pouvait que la comprendre. Il s'agissait de sauver les apparences. Il savait qu'elle était ennuyée, quoi qu'elle en dise. Elle savait qu'il jouait la comédie, quoi qu'il en dise. Le jeu n'était plus vraiment de deviner mais plutôt de faire craquer. Il voulait qu'elle admette. Par un geste ou une parole, peu importe : il voulait que son bouclier casse, qu'il se fissure.
C'était ça, qu'il cherchait. Une brèche.

« J’oublierais votre nom si avoir une bonne mémoire signifie vouloir vous revoir, ou que vous me manquiez d’une quelconque manière. »

Bam. Aussi violent qu'une porte qui claque. Bien sûr Andreas avait appris, à force d'efforts et de temps, à ne jamais se les prendre en pleine figure ; mais, malgré tout, le bruit continuait de le faire sursauter. Il n'en voulait pas à la jeune fille pour son manque de tact et de gentillesse, cela dit. Elle n'avait pas été spécialement conciliante depuis le début de leur conversation et lui, en parfait gentleman, n'avait cessé de taper un peu au hasard à la recherche de points sensibles. Qu'elle l'oublie aurait été une juste punition. Qu'elle veuille l'oublier en était déjà une, en soi.
Pourtant, son sourire ne fana pas. Elle n'oublierait pas son nom, quoi qu'elle en dise. Qu'elle s'en souvienne pour de bonnes ou de mauvaises raisons, elle s'en souviendrait. A moins que sa mémoire ne marche sur commande, ce dont il doutait fortement, elle ne pourrait pas jeter son souvenir à la poubelle uniquement parce qu'elle en avait envie. Donc elle se souviendrait de lui. Il ne lui manquerait sûrement pas, et il ne doutait pas de sa sincérité quand elle disait ne pas vouloir le revoir – mais elle se souviendrait de lui. Pour l'instant c'était tout ce qui comptait.

« Aucune de vos idées ne m’ont plus jusqu’ici, et celle de vouloir me faire réagir ne me plaît pas également. Vous ne le pourrez pas, ou le résultat ne vous plaira certainement pas. »

Oh, vraiment ? Son sourire innocent se fit amusé, presque sarcastique. Ce relâchement, trop spontané, le fit grincer des dents intérieurement. Tant pis. La situation n'était pas habituelle et, s'il s'adaptait sans problème à ses interlocuteurs et à la conversation qu'il voulait avoir avec eux, il était rare qu'ils sachent d'une manière ou d'une autre qu'il jouait la comédie. Alice Maurisawa était donc un cas particulier, qu'il se devait de traiter particulièrement. Et qu'elle s'en rende compte ou non, c'était déjà ce qu'il faisait. Mais, vraiment... Quelle idée de dire ça ! Ses idées auraient dû l'enchanter, au contraire. Il y avait tellement de possibilités à appliquer, tellement de choses qui lui passaient par la tête. Honnêtement, il aurait pu faire pire. Jouer un rôle différent. Pour une fois il ne pensait pas être si loin de la réalité, que ce soit une bonne chose ou non. Elle aurait dû être flattée, non ? Bien sûr, qu'elle aurait dû l'être.

Il fit glisser ses doigts de son épaule à sa clavicule et, cette fois, quitta le visage de la jeune fille pour suivre ce qu'il faisait des yeux. Elle devait être assez seule, comme fille. Par choix ou par obligation ? Aurait-elle préféré être autrement ?

« Alors disons que ça ne veut dire ni l'un, ni l'autre, répondit-il tranquillement. Vous vous souviendrez de mon nom et vous voudrez me revoir, mais ce seront deux choses tout à fait différentes. Apparemment vous avez une bonne mémoire, de toute façon ! Oublier quelque chose, ça ne doit pas vous arriver souvent. »

La question était donc : est-ce qu'il n'arriverait pas à la faire réagir, ou est-ce que le résultat ne lui plairait pas? Il tablait sur l'option deux. Parce que la une ne serait ni satisfaisante ni digne de lui, vraiment. Il n'en voulait pas. Ce qui lui laissait la deuxième solution, donc. Et en toute franchise...

« Et je n'ai que des bonnes idées, ajouta-t-il en cessant d'importuner sa clavicule pour gentiment reposer sa main sur la table. Pour ce qui est du résultat, hm... Bon, d'accord, il y a des risques pour que ça ne me plaise pas. Seulement... »

Il se pencha un peu plus en avant, légèrement décalé par rapport à la jeune fille de sorte que leurs visages se retrouvent côte à côte, et non face à face. Comme s'il avait voulu regarder quelque chose par-dessus son épaule gauche, ou lui chuchoter un quelconque secret à l'oreille. Dans un cas comme dans l'autre, il ne pouvait pas faire beaucoup plus près.
De fait, sa voix baissa d'un ton.


« … Moi, c'est juste le résultat qui m'intéresse. Qu'il me plaise ou pas, on s'en fiche ! En fait je sais que je peux vous faire réagir, c'est une certitude. Je cherche juste comment, précisa-t-il sans perdre son ton enjoué. Vous n'avez toujours pas d'idée ? Vraiment ? »
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