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 Il est plus facile de mourir que d'aimer.

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Algue suceuse, dominatrice de plumeaux et dirigeante du mouvement d'éradication des fraises.

Féminin Nombre de messages  : 56

Localisation  : Pourquoi?
Emploi/loisirs  : Stratège de l'Ouest
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Algue suceuse, dominatrice de plumeaux et dirigeante du mouvement d'éradication des fraises.


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Age: 20 ans [prochainement]
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MessageSujet: Re: Il est plus facile de mourir que d'aimer.   Jeu 24 Déc - 1:41


Elle s’était toujours contentée de peu. Peu capricieuse étant enfant, elle n’avait pas eu grande occasion de se montrer plus demandante au court de son adolescence ; et à présent, elle était juste le fruit de tout cela. Elle n’avait pas besoin de grand chose pour vivre aisément, alors toutes les frivolités et extravagances d’autres personnes aisées lui semblait absolument inutiles - toute une éducation les sépare et ça n’est pas négligeable, elle en est consciente. Comprendre cette attitude avait été un véritable casse tête, et même à présent elle avait ses doutes. Est-ce que les nobles dépensaient parce qu’il le pouvait, pour garder une certaine prestance, pour se montrer, pour appartenir à une classe? Etait-ce nécessaire pour eux? Etait-ce juste un plaisir? Elle avait du mal avec ces notions. Dépenser le stricte minimum ne lui avait jamais semblé comme une erreur, une faute de goût, pourtant certains sourcillent à cette idée de quasi-pauvreté. On lui a bien souvent dit qu’elle vivait comme une religieuse, avec peu de plaisirs et beaucoup d’ennui, toutefois elle n’en avait jamais vu la couleur, de cette vie de religieuse. Mais peut-être bien qu’elle l’avait été, religieuse; dans ce cas, elle avait l’impression de s’en être faite tirée bien violemment, l’autre jour dans la bibliothèque, et ça n’était pas les bras d’Andreas, autour d’elle, qui lui avait indiqué le contraire.

« Vous devriez vouloir plus ! Exiger qu'elle soit merveilleuse, demander à être traitée comme une princesse, faire des caprices – » 

Exiger plus, faire des caprices, être une princesse? Elle n’avait pas la moindre idée de comment faire cela. Enfin, si, bien sûr, elle avait l’idée, l’image, mais cela lui semblait si absurde, si lointain qu’elle n’arrivait qu’à peine à considérer l’option.
Bien contre son gré, Alice poussa un petit cri de surprise lorsque le garçon la souleva, sans le moindre effort - . Perdre pied n’était pas exactement quelque chose qu’elle appréciait, et son coeur le lui faisait bien comprendre en battant plus fort, plus vite. Au moins, il battait. Surprise, elle ne saisit pas exactement sa phrase, préférant l’abandonner alors qu’elle s’accrochait pas réflexe à la veste du servant. On n’avait pas idée de soulever une demoiselle d’une telle manière, sans prévenir! Elle aurait considéré lui rendre la pareil si la situation n’avait pas été telle et si elle n’affectionnait pas un tant soit peu la surprise.

« C'est dommage, que je n'ai pas de graaand manoir quelque part. Je vous y aurais emmené prendre l'air. »


Dommage n’était pas tout à fait le mot qui lui venait à l’esprit; aussi idiot que c’était, sortir du château l’angoissait quelque peu, bien qu’elle ne l’admettrait pas, par esprit. Ici, elle se sentait en sécurité, et c’était beaucoup pour quelqu’un comme elle, beaucoup plus qu’elle ne pourrait l’espérer ailleurs. L’idée d’être seule avec Andreas ne lui déplaisait pas, toutefois elle ne lui plaisait pas plus que cela non plus. Il y avait beaucoup de choses à prendre en considération, de nombreux calculs et des nombreux algorithmes, mais elle n’avait pas besoin d’eux pour savoir que ça n’était pas la plus brillante des idées. 

Au fond, elle avait toujours peur.

« Nous pourrions aussi nous enfuir par la fenêtre et vivre d'amour et d'eau fraîche, mais je crains que ce ne soit pas très correct envers vos proches et vos devoirs de vous enlever. »


Alice aurait rouler des yeux si elle l’aurait pu - malheureusement le mouvement ne lui était pas familier. Elle se laissa déposer sagement au sol, bien trop heureuse de remettre les pieds par terre pour se plaindre. Elle se retint de lui dire qu’on ne pouvait vivre d’amour et d’eau fraîche, bien que la pensée était charmante, elle imaginait. Ses proches, eux, se passeraient bien d’elle, si rares qu’ils sont.

Elle le fixa en haussant un sourcil alors qu’il se laissait tomber dans les draps comme s’il l’avait fait des milliers de fois et son aisance la déconcerta encore un peu plus. Parfois, elle l’enviait; bien trop souvent, même. Il avait l’intelligence, la beauté, les bons concepts et l’aisance, c’était bien plus qu’elle n’en avait. Le concept même d’envier quelqu’un lui était nouveau, et pourtant il était bien là, elle savait le reconnaître. 
Elle lissa sa robe, mécaniquement, le regard toujours rivé sur le corps étendu sur son lit, calme et d’apparence peu concernée.

« Je ne vous croyais pas si attaché à ce qui est correct, cependant je dois vous avouer que passer par la fenêtre ne m’enchanterai guère. »

Rigide, droite comme un piquet, elle amorça un mouvement vers le lit avant de s’arrêter net au bord de celui-ci, hésitante. Elle aurait pu s’assoir, sans doute - il s’agissait de son lit, après tout - pourtant elle n’avait pas l’impression que ce serait approprié.

« Je vous trouve bien habitué à mon lit; dois-je m’inquiéter? »

Alice s’assit sur le bord du lit; elle n’avait pas l’impression qu’ils étaient appropriés de toute manière.
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Plumeau humain

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Plumeau humain


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MessageSujet: Re: Il est plus facile de mourir que d'aimer.   Mer 6 Avr - 19:39

Le lit était très, très confortable. Et s'y allonger complètement aurait sans doute été plus agréable encore, surtout à l'égard de ses pauvres jambes sans cesse sollicitées, mais une once de logique perdue lui soufflait que mieux valait éviter. Il n'était pas là pour faire la sieste – à priori – et aussi tentante soit la possibilité de s'asseoir dans tous les fauteuils et de rouler sur toutes les couvertures, ç'aurait été horriblement immature de sa part. Terrible. Pas du tout à son image, lui, l'homme de la situation oh combien intelligent et maître de lui-même. N'est-ce pas. Il était au-dessus de ça.
L'excitation le faisait se sentir comme un enfant et, parallèlement, très adulte à la fois. Un peu stupide aussi. Pas que cette partie-là soit nouvelle, ha.
La confiance et le naturel, c'était autre chose. Il risquait de se figer s'il avait le malheur de trop y penser.

Arrête de penser.

Ses yeux bleus passèrent du plafond au mur à ce qu'il voyait d'Alice, le tout sans daigner bouger le reste de sa personne du moindre centimètre. Ce matelas lui plaisait. Il y était bien et puis elle n'avait pas l'air décidée à l'en expulser, pour peu que son masque d'indifférence soit un indice fiable ; les limites de la jeune femme concernant l'espace privé et le respect de ses affaires étaient encore assez floues, mais il se sentait suffisamment à son aise pour pousser un peu sans trop craindre qu'un geste irréfléchi ne vienne briser quelque chose entre eux. Sûrement, elle aurait eu l'air plus fâchée en ouvrant la porte si le fait de le trouver dans sa chambre l'avait ennuyée à ce point.
Sa colère aurait été injustifié, bien sûr. En bon gentleman, il pouvait lui assurer que lui accorder sa pleine et entière confiance était la meilleure chose à faire. Il ne fouillait jamais dans les affaires des autres, ne froissait rien, se contentait de balayer et de dépoussiérer et de changer les draps – apporter quelque chose ici ou là, pourquoi pas. Sa chambre était en totale sécurité entre ses mains. Sa personne aussi.

A priori.

Aux paroles d'Alice, un « hmm » chantant s'échappa d'entre ses lèvres. Il ne voulait pas passer par la fenêtre non plus, qu'elle se rassure. Trop dangereux à son goût.
Cela dit, songea-t-il en redressant le dos pour imiter la position de l'Esprit, elle n'avait pas tort de remettre ses raisons en question. Il ne se préoccupait d'être correct que quand ça l'arrangeait. La politesse et les règles, il ne s'y pliait que par obligation ; par facilité. Inutile de lui parler de respect. Tout ça ne l'intéressait pas. La société en elle-même le dégoûtait plus qu'autre chose et devoir courber l'échine face à qui que ce soit ne lui plaisait pas, non, vraiment pas, mais il n'avait pas le choix.
Alors chaque fois qu'il pouvait envoyer valser les convenances, bien sûr, il ne demandait pas mieux. Mais ça, elle avait dû s'en rendre compte.
Malgré tout, il voulait croire que les intérêts d'Alice lui tenaient à cœur. Qu'il ne l'aurait pas enlevée à des choses qu'elle aimait juste parce que lui en avait envie. Que son avis comptait, avant tout le reste. Qu'il ne lui en aurait pas voulu de considérer d'autres choses plus importantes que lui. Son travail. Ses amis.
Les mensonges qu'il se récitait en silence avaient bon fond, parfois.

« Noooon, répondit-il avec un sourire amusé, on commence à peine à faire connaissance. Vous pourriez vous inquiéter si je dormais dessus. Ou pire, dedans. »

Ce qui n'aurait pas été acceptable du tout. Il n'aurait jamais osé. Le lit d'une demoiselle était sacré, tout autant que la demoiselle à laquelle il appartenait.
Pas que ça l'ait beaucoup gêné jusque là, mais ce n'était clairement pas le moment de s'en vanter.

« Mais je pourrais vous dire la même chose. Vous n'avez pas l'air très habituée à votre lit, vous, ajouta-t-il d'un air faussement dramatique. Si vous passez tout votre temps dans la bibliothèque, j'imagine qu'il doit être jaloux. »

Il ne déporta pas son regard vers le livre posé sur le bureau, il l'avait déjà aperçu et ça lui suffisait largement. Elle ne l'avait sans doute pas emprunté dans les cuisines.

« Je le serais, à sa place. » Il se tut un bref instant. « Est-ce que nous sommes ensemble ? »

D'une façon ou d'une autre, parce qu'il ne pensait pas pouvoir parler d'amour – quoi qu'ils n'aient rien fait comme il faut, c'était un peu tôt. Elle n'était pas son amante ; ce n'était probablement pas son genre, et il lui semblait clair que l'affectif était impliqué. Ils ne pourraient jamais se marier et il l'intéressait, d'accord, il la perturbait, mais il était très bien placé pour savoir à quel point ces choses-là pouvaient vite passer.
Il savait aussi que ça ne passerait pas, chez lui. Elle lui avait demandé de prendre ses responsabilités.

Il avait raison d'être terrifié, honnêtement. Il n'en avait jamais été capable jusque là.
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