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 Les ombres tiendront la chandelle.

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Elfe, Noble

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Elfe, Noble


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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Dim 19 Mar 2017 - 21:31

Plus d’une mèche s’étaient affranchies de toute discipline et voletaient en rubans clairs derrière la gamine qui fonçait à toute allure, le sourire aux lèvres malgré l’urgence de la situation. Ils avaient les choses en main ; ils étaient des héros -et les héros ne rataient guère leur coup, affirma-t-elle. Au pied du mur, ils trouvaient une autre solution plus brillante encore. Brillante comme les lustres qui chatoyaient au plafond. Magnifiés par une mémoire plus versée dans la grandiloquence qu’ancrée dans une réalité mille fois rebattue, ils prenaient des allures de petits soleils chatoyants. Marilee passait d’une obsession à l’autre sans jamais oublier de s’y consacrer corps et âme. Une volée d’escaliers ne l’aurait pas arrêtée. Quelle piètre défenseur aurait-elle fait, découragée par la simple perspective d’une descente sur les fesses ! Le danger de la chose lui échappait dans son entièreté : rater une marche, se briser le cou, tout ça était trop banal pour qu’elle se sentît concernée. Les évènements n’eurent pas l’occasion de lui donner tort ; Coleen ralentit avant de s’arrêter pour de bon, s’attirant au passage un regard à la fois intrigué et scandalisé de sa comparse. Eh bien quoi ? Allait-il donc se dégonfler ? Voilà qui l’aurait tout de même étonnée -à moitié seulement. Les hommes faisaient les fiers-à-bras mais passaient au final leur temps à brasser du vent.

Elle se tordit le cou pour le regarder, trépignant d’impatience. Ils n’avaient pas de temps à perdre en vaines discussions !  Il leur fallait rejoindre les lustres au plus vite, s’ils voulaient avoir la moindre chance de vaincre leurs adversaires.

« Tu sais où on va, ouuuu ? »

La bouche d’Elmir s’ouvrit un instant sur une grimace étonnée. La jeune fille n’avait pas tardé à reprendre contenance, mais c’était trop tard. Sa chance en or de prendre la tête des opérations venait tout juste de lui passer par-dessus la tête, et ça, c’était profondément injuste.

« Bien sûr, que je sais. »

Le coup d’œil qu’elle jeta aux alentours aurait pu démentir ses paroles, mais elle n’en avait cure. On parlait parfois d’instinct ; il était grand temps que le sien se réveillât. Elle était -pratiquement- certaine d’avoir pris la bonne direction sans vraiment s’en rendre compte. Pratiquement. Un mot tout bête qui fit se froncer ses sourcils et lui arracha une moue boudeuse.

« Tu pourrais te diriger à l’estomac, pour servir à quelque chose, puisque ton cerveau est en panne. Tu retrouves bien le chemin quand tu dois aller manger… »

Elle réalisait bien que cette pique avait la gratuité de l’air qu’elle respirait, mais cette vengeance mesquine pour l’avoir fait douter d’elle-même lui parut des plus appropriée. Elle lâcha la main de Coleen pour esquisser quelques pas en avant ; les couloirs enténébrés ne ressemblaient pas à ceux qu’ils traversaient de long en large dans la journée, baignés d’une lumière chaude. C’était enquiquinant -mais ils allaient se débrouiller, pour sûr.

« Je suis moins sûre parce qu’il fait noir. On n’a pas le temps de rester là, sinon… »

Un coup de tonnerre lui coupa la parole -irrespectueux au possible. Son cœur s’emballa un instant. Il fallait se ressaisir, et vite.

« Tu connais pas des passages secrets ? Ou des passages normaux, ou… »
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Lun 5 Juin 2017 - 3:53

Au "bien sûr" parfaitement crédible de sa compagne, Coleen haussa les épaules comme un enfant à qui l'on aurait reproché d'avoir posé une question stupide. Il ne demandait pas mieux que de la croire, si elle lui affirmait savoir par où aller ; remettre sa parole en question et exiger des preuves ne risquait pas de les amener où que ce soit, contrairement à la solution toute simple du "un pied devant l'autre". Après, bien sûr, il y avait le problème de la destination. Et l'urgence de la situation. Et d'autres choses sans doute qu'il avait dû oublier en cours de route, mais peu importe. Ils se devaient d'être rapides et efficaces, parfaitement coordonnés.
Coleen resta donc à fixer Marilee regarder de-ci de-là, sage comme une image, jusqu'à ce qu'elle ne reprenne la parole. Ouiii, bon. Ils étaient dans la panade, pour faire court, et ce n'était pas insulter son pauvre estomac qui risquait de faire avancer les choses. Ou les faire avancer eux, plus précisément. Et qui avait dit que son cerveau était en panne, hein ? Il fonctionnait à merveille ! La preuve, c'était qu'il se souvenait très bien ne jamais avoir utilisé son estomac pour aller où que ce soit, à part peut-être quand il était tout près des cuisines et pouvait sentir l'odeur des plats — quoi que même là, le rôle de son ventre restait très très discutable. De nuit, tant qu'à faire, il doutait très fort que les cuisines soient en pleine effervescence. Ils ne travaillaient pas sans jamais dormir, si ? L'idée lui parut bizarre, mais impossible de la chasser de son esprit. Pour faire autant de plats, remarquez, il fallait au moins autant d'heures de travail dans la journée qu'il y avait de chiffres sur les horloges.
Mince. Ce que ça devait être ennuyant, comme métier.

Sans surprise, l'expression outrée de son visage fut troquée contre une moue déçue aussitôt que la main de son amie lui glissa entre les doigts. Revenues contre son côté, ses phalanges frottèrent contre le tissu de son pantalon comme on étouffe un soupir.

« Je suis moins sûre parce qu’il fait noir. »

Ah, pour ça, elle avait raison ; les couloirs n'avaient pas du tout la même allure, de nuit. Pas effrayé pour un sou, Coleen n'appréciait pas pour autant de devoir se rendre quelque part sans voir au bout du couloir si le champ était libre ou non. Il n'avait pas vraiment l'habitude de sortir faire l'abruti une fois la nuit tombée. Sa mère aurait hurlé.

Attentif au tonnerre, il tenta de déterminer si l'orage était juste au-dessus d'eux, s'il s'approchait encore ou commençait à s'éloigner.

Le mouvement hésitant de ses épaules le laissa lui-même songeur.

« Pas de passage secret, mademoiselle, déclara-t-il tristement. Sinon je l'aurais déjà utilisé, et tu le connaitrais aussi. Sûrement. Peut-être. »

Il ne racontait pas tout à Marilee, non plus. Ils n'en étaient pas rendus à ce stade de confiance parfaite où il aurait envie de lui livrer ses plus terribles secrets — la faute à ses vilaines piques envers sa virilité, entre autres choses.

« Mais euhhh, on peut aller à l'entrée ! Ou vers l'entrée, comme ça on pourra retrouver le chemin jusqu'à la salle à manger ensuite. Il va falloir être très très discret, à cause des gardes. Et des monstres. »

Et des poules. Mais ça, ça allait de soi.
Histoire de remotiver les troupes, il força un peu de dynamisme et d'optimisme dans son sourire, un bras en l'air façon statue héroïque de preux guerrier. Il ne comptait pas laisser Marilee s'ennuyer ou ruminer en trainant des pieds. Quitte à devoir la titiller ou à se prendre un coup de chausson dans la tête pour avoir dépassé les limites, il avait l'habitude.

« Je fais confiance à votre sens de l'orientation, chef ! Ma vie et celle du Royaume sont entre vos petites mains toutes fragiles de fille. »

Il ne pouvait quand même pas être trop solennel non plus, parce que bon. Il restait un garçon, comme l'aurait si bien dit son amie.
Un jour, parole de Coleen, se faire traiter de garçon par Marilee deviendrait un compliment.
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Mar 6 Juin 2017 - 18:21

Pas de passage secret. Quelle poisse, se plaignit la gamine sans rien faire pour dissimuler la moue qui tira alors les commissures de ses lèvres vers le bas. La certitude que ce bâtiment devait fourmiller de corridors clandestins tapissés d’ombres inquiétantes, de portes dérobées celées par des codes mystérieux et des tentures à l’allure ordinaire n’arrangeait guère les choses. Eh quoi ! Se faufiler d’un endroit à l’autre sans que personne ne puisse rien en savoir, ç’aurait été quelque chose ! L’idée que Coleen ait pu détenir la moindre information à ce sujet sans vouloir lui en faire part lui effleura l’esprit -furtivement, chassée d’un simple battement de cils. C’était stupide. Quel était l’intérêt d’arpenter seul ces couloirs ? Qui aurait plus mérité qu’elle d’en avoir connaissance ? Selon sa louable coutume d’idiot, Coleen avait décidé de se montrer parfaitement inutile. Satisfaite de cette explication rassurante, Marilee retrouva un peu de l’aplomb qu’elle avait perdu lorsque son ami avait interrompu leur course folle. Ils trouveraient une solution.

L’entrée principale. Un froncement de sourcils obscurcit le visage de la gamine : si elle avait été une poule, c’était exactement le chemin qu’elle aurait emprunté. Après tout, nul n’aurait pu se douter que des envahisseurs bardés de fer jusqu’au bec empruntent la grande porte. Les évidences passaient inaperçues, présentes sans jamais vraiment l’être. Les mises en garde de son complice n’en prenaient que plus de sens, et Elmir se sentit soudain moins sûre d’elle. Les gardes ne lui faisaient pas peur, les poules ne lui inspiraient qu’un sentiment d’urgence damasquiné d’héroïsme enfantin, mais les monstres -eh bien, les monstres, c’était une autre paire de manches. Ceux qui n’avaient ni forme ni contours, ceux auxquels son imagination, aussi prolixe fut-elle, ne pouvait définir par d’autres adjectifs qu’affreux. Ceux qui n’existaient pas le jour -mais qui, par une nuit pareille, auraient pu être charriés par le vent hurlant. Peut-être même y avait-il des fantômes, des spectres vaporeux qui hantaient le hall en gémissant.

Marilee releva la tête, les bras toujours croisés, des éclairs dans les yeux. Ses mains fragiles ? Ni Coleen ni le royaume n’auraient pu en rêver de plus sûres ! Cette remarque effrontée eut le mérite de la ramener à la réalité -une réalité bien à eux, peuplée de créatures qui n’existaient qu’à leurs yeux mais que la petite se plaisait à chérir. Un hochement de tête, et Marilee se remit en marche. Insulte à ses mains ou non, le temps pressait -et l’idée n’était, dans le fond, pas si mauvaise ; d’autant meilleure qu’ils n’en avaient pas d’autre.

« Elles ne sont pas fragiles, grogna-t-elle à mi-voix en descendant une volée de marches, le pas ralenti par son assurance factice. Elles sont pas obligées d’être rugueuses et laides pour être solides, d’abord. »

Cette histoire ne lui restait pas réellement en travers de la gorge, mais elle lui permettait de parler et de laisser les mots couvrir, pendant un temps, les lamentations des arbres là-dehors, tout près d’eux.

« Et puis les monstres, je t’ai déjà dit que ça n’existe pas. Tu dis ça juste pour m’embêter, conclut-elle du ton des évidences. Et ça ne marche même pas. Parce que les monstres et les fantômes, je sais que ça n’existe pas. Les poules, si. »

Certitude branlante qui ne la retenait guère de jeter, de loin en loin, quelque coup d’œil discret aux plinthes et aux recoins dont on ne discernait que les ombres.
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Dim 30 Juil 2017 - 18:30

Marilee n'avait pas l'air franchement d'accord avec sa description — pourtant on ne peut plus exacte — de ses petites mains de fille. Très étonnant, vraiment, songea-t-il sans prendre la peine de masquer le ricanement qui lui fila entre les dents. Comme si des mains de garçon étaient forcément rugueuses et laides, hein ! Il disait juste que celles de mademoiselle étaient petites et délicates, voilà tout. Les siennes n'étaient pas moins fines et jolies, d'ailleurs, mais il leur aurait quand même fait plus confiance qu'à celles de sa fiancée. Simple question de logique. Elles étaient bien plus grandes et agiles, sans compter qu'il avait pas mal de force dans les bras.
A quelques marches derrière, tout de même, il leva et plia méthodiquement chacune de ses phalanges pour vérifier qu'elles n'étaient pas disgracieuses. Il n'y avait jamais fait trop attention, jusque-là.
Satisfait de son examen, il alla pour rejoindre Marilee au front ; marcher dans son dos n'aidait pas la conversation, puis il préférait regarder son visage boudeur que les plis de sa chemise de nuit — même si, certes, ses chevilles avaient un intérêt indéniables comparées aux formes évanescentes que l'obscurité et la lumière s'amusaient à s'arracher à tour de rôle. Quoi qu'il n'en avait pas peur et pouvait se vanter d'être assez stupide pour ne pas craindre grand chose avant d'être face au danger, le paysage ne le rassurait pas pour autant. La nuit n'était belle que dehors ; et encore. Par ce temps, il n'aurait pas été prudent d'y mettre un orteil.
D'un autre côté, peut-être qu'il aurait été rassuré de se retrouver trempé et de constater que rien ne s'envolait ni ne coulait.
Difficile à dire.
Toujours est-il qu'il s'arrêta à quelques pas derrière son amie, bras le long du corps, tout sauf attentif au chemin emprunté, lorsqu'il songea aux monstres et aux fantômes. Il n'avait pas mentionné les petits spectres, mais ne comptait pas non plus faire remarquer à Marilee qu'elle était en train d'empirer leur situation imaginaire. Déjà qu'ils allaient avoir du mal à battre des poules en chair et en os, inutile d'en plus rajouter des fantômes tout vaporeux. Aucune idée de comment ils auraient réussi à détruire ces bestioles-là.

Après quelques secondes de silence, très satisfait de ses idées brillantes, Coleen fit un pas plus grand que les autres et plaqua subitement ses mains autour de la taille de mademoiselle.

« T'es sûre ? »

Rire lugubre aux lèvres, déjà éloigné par peur de se faire frapper, il ponctua sa terrible plaisanterie d'un "ouuhhh" censé imiter les plaintes déchirantes des damnés.
Ou quelque chose comme ça. Franchement, il n'était pas trop sûr du bruit qu'aurait fait un fantôme. S'il en avait été un, lui, il aurait plutôt dit des trucs débiles ; geindre, ça ne faisait même pas si peur que ça.
En théorie, en tout cas.

« Enfin, si on en croise un, du coup, on saura que ça existe. Un grand pas pour nous ! s'exclama-t-il avec tout le sérieux de ses quinze ans. On deviendra connus et tout le monde voudra entendre nos histoires d'aventuriers. »

Ou peut-être pas. Mais ça aurait été bien, pour sûr ! Il aurait adoré que tout le monde parle de lui comme d'un homme fort et courageux ayant découvert les mystères de la mort. Ou de la vie. Ou du château.
Ou de pas grand chose, vraiment. Il n'était pas difficile. Les secrets d'une fenêtre, ça aurait été très bien aussi.

« Mais t'en fais pas. Je te protégerai, si on se fait attaquer. »

Dit comme ça, avec la petite tape sur l'épaule pour bien marquer sa détermination, il n'avait peut-être pas l'air très crédible. Ce ne serait pas très étonnant qu'elle ne le croit pas.
Le sentiment, pour autant, restait sincère. Il ne l'aurait quand même pas laissée se faire dévorer.
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Jeu 24 Aoû 2017 - 18:54

Un cri perçant traversa le couloir. Il rebondit contre chaque vieille pierre pour aller hanter les ténèbres droit devant -et le sommeil de dormeurs hagards, si l’on en croyait la pure panique qui en animait chaque décibel. Des contours fébriles dessinés d’un trait d’imagination suffisaient à conférer à ces ombres des courbes menaçantes ; une oreille attentive entendait, dans la plainte déchirante du vent, les doléances d’un million de morts affligés aux bouches hurlantes et cousues. Marilee se retourna, les lèvres pincées, contenant du mieux qu’elle pouvait les larmes qui lui étaient montées aux yeux.

De tous les monstres et de tous les spectres qui arpentaient les corridors du palais, Coleen Tyrell était de loin le plus cruel et le plus vil. Cette idée rassura la gamine : après tout, elle avait réussi à survivre à un nombre incalculable de jours en sa compagnie. Ce n’étaient pas quelques fables ridicules qui allaient la décourager. Elle croisa les bras, des meurtres pleins les yeux. Elle n’avait pas du tout envie de croiser de fantômes -pas la moindre. Voir la silhouette dégingandée de Coleen s’enfuir à toutes jambes face à un danger pareil aurait au moins eu le mérite de la faire rire, au contraire des plaisanteries ridicules qu’il lui servait à longueur de temps, un sale sourire empreint de fierté placardé au visage. Eut-elle dû en rire six pieds sous terre, elle l’aurait fait ; elle au moins n’aurait pas cédé un pouce de terrain à l’envahisseur.

La petite semblait déjà avoir relégué aux oubliettes son exclamation peu glorieuse. Elle pouvait bien pourrir au fin fond de son crâne et tenir compagnie à son arrivée impromptue dans la chambre de son fiancé à une heure fort peu chrétienne, le cœur gros. La mémoire d’Elmir était aussi mauvaise qu’elle était sélective -suffisamment, en tout cas, pour faire passer une hypocrisie passagère pour de la simple étourderie. Elle pourrait toujours récrire les péripéties de leur incroyable aventure, et donner à Coleen le rôle de bouffon qu’il méritait. Il venait de gagner ses lettres de noblesse en la matière, à la taquiner de la sorte. C’était bas, c’était petit, c’était mesquin, et surtout, c’était inefficace. Ses manigances n’avaient mené à rien, si ce n’était à un petit cri de surprise ; Marilee mettait un point d’honneur à le souligner. Une surprise de tous les diables.

« J’ai pas besoin qu’on me protège, rétorqua-t-elle d’un ton mordant, une moue sceptique cousue sur le visage. Et encore moins par toi. T’es… T’es horrible. »

Une conviction qui confinait à l’insulte animait ces derniers mots. Horrible, elle avait fini par mettre le doigt dessus.

« Tu mériterais de te faire manger par un monstre, tiens, parce que tu es un piètre chevalier. De pacotille. Nul », martela-t-elle, son cœur battant toujours la chamade dans sa poitrine.

Il battait si fort contre ses tempes que le tonnerre, derrière les murs épais, ne lui semblait soudain plus si bruyant.

« Quelqu’un va arriver et on va nous attraper et après ça… »

Difficile de savoir ce qui viendrait après ; rien de plaisant, coupa la voix de la Raison, décidée à ne pas perdre de temps en vaines quoique créatives conjectures.

« Les poules vont arriver, les gardes aussi, et s’il y a des fantômes, eh ben… On va se faire tuer ! Fais quelque chose ! »

Le timbre aigu de la petite s’était envolé dans l’étrange royaume des ultrasons pétris de reproches. Elle appuya l’index sur le torse de l’autre, les sourcils froncés, une tempête ravageant le ciel d’ordinaire éclatant de ses iris. Exigeante au possible. Ce crabe en carton allait répondre de ses actes.
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Mer 6 Sep 2017 - 3:33

Wow. Pour une jolie demoiselle toute fragile et adorable faite de porcelaine et de fanfreluches, songea Coleen, à deux doigts de se boucher les oreilles, sa fiancée en avait, du coffre. Un très gros coffre. Voire plusieurs.
A cette idée, le garçon grimaça intérieurement. S'ils n'avaient pas réveillé tout le château, sur ce coup-là, ils pourraient officiellement se proclamer elfes les plus chanceux du pays. Mais officiellement, vraiment. Il y tenait. Sachant qu'il considérait déjà plus ou moins occuper le poste, fort de ses innombrables accidents et aventures ratées sans séquelles aucunes, ce ne serait pas bien compliqué ; il suffirait juste de voir si Marilee méritait d'être nommée seconde en titre. Deux trois entretiens et une étude très sérieuse de son dossier feraient l'affaire.
... Sauf que la connaissant, elle répliquerait aussitôt "ah non, je suis fiancée avec toi, tu vois bien que je suis maudite". Mais peu importe ; son avis ne comptait pas trop.
Quoi qu'il en soit, s'ils se faisaient arrêter et jeter dans un cachot fétide, leur histoire ne risquait pas d'aller bien loin.

Toujours très fier de lui quoique plus attentif aux bruits alentours (juste au cas où), le délinquant en herbe haussa les épaules et les paumes des mains très haut face aux insultes dont on l'accablait. Il avait l'habitude ; qu'elle l'injurie, peu importe. Vilain crabe, garçon poilu, garçon tout court, horrible méchant, piètre chevalier, tout ça revenait un peu au même venant de Marilee : quoi qu'elle dise, il entendrait "je te déteste tu m'as fait peur et je te ferai payer pour ça". Rien de bien effrayant ni de très sérieux, en somme.

Et puis si elle se contentait de hurler quand on l'attaquait sauvagement, elle n'irait pas loin dans la vie. Il lui faisait une faveur, là ! Dans quelques années, elle aurait développé un sixième sens super aiguisé et personne ne pourrait plus la chatouiller par surprise. Elle aurait tout intérêt à le remercier pour ça.

Ça ne coûte rien d'espérer, comme on dit. A part du temps. Et de l'espoir. Heureusement, il en avait beaucoup, de l'un comme de l'autre, et en gaspiller pour Marilee ne le gênait pas le moins du monde.

« D'accooooord, d'accord, pas la peine de t'énerver comme ça ! En plus, hein, c'est toi qui a crié. S'ils veulent te manger, c'est de ta faute à toi toute seule. »

Il n'aurait tout de même pas pu prévoir que sa petite plaisanterie aurait des conséquences si graves. Si elle savait que faire du bruit risquait d'attirer les poules, alors il fallait se taire ; simple comme bonjour.
Bon, c'était sans doute un peu injuste de sa part, mais il n'avait pas envie d'y réfléchir plus que ça non plus. La fierté lui faisait gonfler les joues à peu près aussi souvent que la gentillesse le poussait à tendre les bras.
A cheval entre les deux, il décida de prendre le problème à bras-le-corps.

Littéralement.

Preste comme seuls les garçons de quinze ans avec une bêtise en tête savent l'être, Coleen fit un pas en avant et glissa un bras sous les genoux de Marilee tandis que l'autre venait soutenir ses oh combien gracieuses hanches, pour ne pas dire autre chose qui aurait risqué de la vexer ou de rendre le geste inapproprié — alors que c'était parfaitement innocent, pour une fois, il le jurait sur la tête de Marie-Sophie (à compter qu'elle en ait une ; mais oh, c'était du pareil au même, tout ça). En tout les cas, elle se retrouva vite hissée vers des cieux plus cléments.
Fiancée calée sur l'épaule, sans penser un seul instant aux cris qu'elle risquait de pousser, ni d'ailleurs au fait que la tenir ainsi allait les ralentir plus qu'autre chose, il scanna les lieux du regard et partit à grandes enjambées courues-marchées  droit devant. Vers leur but. Et la victoire. Et toutes ces choses-là.
Honnêtement, il commençait à oublier ce qu'ils essayaient de faire, à force.

« Dis moi quand tu veux descendre, surtout ! » chuchota-t-il, très professionnel en toutes circonstances à défaut d'être honnête et courtois.

La mission "occuper Marilee" se portait à merveille, et il ne s'en demandait pas plus.
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Mar 12 Sep 2017 - 3:42

La gamine serra les dents ; si un chapelet de jurons bien sentis s’en échappait malgré tout, ce ne serait pas de sa faute. Sourcils froncés, nez plissé, lèvres résolument boudeuses aux commissures, Marilee était aussi menaçante qu’un poussin bardé d’armes de papier mâché. Vexée et peu désireuse de savoir si, oui ou non, elle disposait de la moindre raison valable de l’être. Coleen était cruel, constatation suffisante pour décréter toute mauvaise farce et tout commentaire désobligeant à son encontre plus que mérités. Cruel, se répéta-t-elle pour la forme, et complètement injuste. Il la pinçait tel le dernier des crabes, et se permettait de lui rejeter la faute dessus. Son fiancé redéfinissait à la moindre occasion le terme de boulet ; et quand il n’en trouvait aucune, il en créait à l’envi. C’était son talent à lui -mais Elmir ne comptait pas se laisser faire.

Elle ouvrit la bouche, prête à répliquer d’une botte aussi spontanée qu’inspirée qui ne manquerait pas de mettre son adversaire à terre. Souffle coupé, échec et mat, caquet rabattu et chique coupée : elle ne se serait pas satisfaite de moins que ça. Il ne restait pourtant pas grand-chose de sa belle agressivité dans le cri indigné qui dévala sa gorge pour aller se perdre dans le vide. Si au moins Coleen avait tenu compte de ses protestations, ses éclats de voix n’auraient pas été complètement vains. Mais ce garçon n’en faisait qu’à sa tête, capable de faire la sourde oreille aux vociférations les plus assourdissantes puis d’en prêter une attentive à un marmonnement aussitôt ravalé. Marilee aurait pu se plaindre encore et encore, ses pieds n’en auraient pas plus touché le plancher.

« Mais pose-moi, persiffla-t-elle, incapable d’aligner deux pensées cohérentes ainsi ballotée. Tu pues ! »

La petite avait connu des moments plus glorieux, mais elle ne perdit pas de temps à élaborer une argumentation plus convaincante. Mieux s’accrocher pour un confort un peu moins relatif ? Tenter le tout pour le tout et jeter ses dernières forces dans la bataille en le martelant de coups ?

Et les poules, alors, s’empressa-t-elle de préciser à ses poings déjà serrés. Mieux valait baisser le ton et faire preuve de dignité. Marilee ferma les yeux aussi fort qu’elle le put ; exhortations au calme. Un jour, elle le ferait payer. Elle guetterait dans l’ombre que la chance se présente et lui ferait regretter… Eh bien, tous les crimes de lèse-fiancée dont il s’était rendu coupable. Le visage impérieux de Lady Tyrell s’imposa à son esprit dans toute sa colère glacée. Peut-être pouvait-elle y puiser un brin d’autorité. Ou quelque chose qui y aurait ressemblé.

« Si tes mains se baladent, je te mords et je te jette aux poules pour qu’elles te dépiautent ! »

Au temps pour la patience et le calme. Se faire porter comme une princesse n’aurait rien eu d’offensant : une altesse-guerrière qui s’octroyait une pause, quelle honte y aurait-il eu à cela ? Un chevalier de confiance l’aurait hissée dans ses bras rassurants et protégée de toutes les périls de ce bas-monde. Mais c’était Coleen ; Coleen qui se prendrait un pied dans l’autre et s’étalerait par terre, s’il ne trouvait pas un moyen de trébucher sur ses cheveux à elle rien que pour les ruiner. Son cœur se serra à l’idée de finir défigurée par un coin de mur ou une plinthe malvenue. Elle tenta vaille que vaille de se redresser. Peine perdue.

Avec un peu de chance, son piteux chevalier amortirait le choc s’ils devaient sauter par la fenêtre, des poules au bec de fer aux trousses.

« Ou peut-être pas aux poules, quand même, tempéra-t-elle, décidant in petto qu’elle n’aurait pas souhaité un sort pareil à son pire ennemi. Mais si tu tombes, je te tue ! Mène-nous à la victoire ! En avant toutes ! »
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Mer 13 Sep 2017 - 16:48

Voilà ; une fois de plus, elle venait de prouver par A plus B que ses insultes étaient profondément injustes et injustifiées, parfait, merci — il ne puait pas, et elle ne sentait pas meilleur que lui. Ou juste un peu, peut-être, mais alors uniquement parce qu'elle se badigeonnait de parfum et autres trucs secrets réservés aux demoiselles. Ce n'était pas comme si elle produisait naturellement ce genre d'odeurs, non plus ; il voulait bien croire les femmes capables de beaucoup de choses, mais quand même. Il y avait des limites à tout. Puis il aimait sentir bon, lui aussi, maugréa-t-il en silence, lèvres pincées et d'autant plus décidé à ignorer les gesticulations de sa compagne. Déjà qu'elle n'arrêtait pas de critiquer sa pilosité, il n'avait aucune envie d'entendre l'argument "tu sens mauvais" plus qu'elle n'aimait déjà l'invoquer.
Ce qui, en fait, voulait probablement dire qu'il était bien trop tard pour tenter de l'en empêcher.
Tellement. Injuste.
Elle aurait mérité qu'il oublie les crocs d'aciers de ces mesdames les poules et balade ses pinces de crabe poilues où bon lui semblait, tiens. Marilee avait vraiment beaucoup de chance que son adorable fiancé, en plus d'être beau, intelligent, charmant, grand, fort, imberbe et galant, ait suffisamment d'honneur pour ne pas trouver amusant de l'embêter quand elle ne pouvait pas se défendre.
Coleen n'aurait pas été jusqu'à dire qu'il aimait se prendre des coups de pieds, mais c'était tout de même plus drôle comme ça. Le but de la manœuvre avait toujours été de l'embêter, pas de vraiment la mettre mal à l'aise. Ç'aurait été indigne de lui.

Il l'aimait trop pour lui faire du mal, de toute façon.

« C'est par où, la victoire ? » demanda-t-il, confus, tandis que ses yeux cherchaient à discerner des détails familiers dans les tapisseries ou les portes.

Il était à peu près sûr qu'ils cherchaient l'entrée du château, à partir de laquelle ils pourraient ensuite retrouver la salle à manger, pour... Voler des lampes ? Il ne se souvenait plus de ce que les lampes les aideraient à faire au juste, mais ils en avaient besoin en tout cas. Des chandeliers, des bougies, ou peut-être juste des bougeoirs, mais quelque chose comme ça.
Marilee avait intérêt à se souvenir de son plan merveilleux mieux que lui, parce que là, à part se souvenir qu'il était merveilleux et infaillible, il n'allait pas pouvoir beaucoup l'aider.

Tant qu'à faire, elle commençait à peser son poids.

Considérant que ses bras risquaient de s'engourdir et qu'il avait assez profité de la situation (pour l'instant), il marqua une pause le temps de laisser glisser les petits pieds de sa fiancée jusqu'au plancher.
Oh, oups. Plus de mules.
Avec un peu de chance, elle les avait perdues avant ; il n'avait pas trop regardé ses chevilles, pour le coup.
En tout cas, ça risquait d'alimenter les terribles rumeurs de meurtres et de fantômes, des chaussons abandonnés dans le couloir. Quelle horreur. Comme il regrettait. La culpabilité le rongeait, c'était insupportable.

... Peut-être qu'il pourrait les alimenter, tiens. Les rumeurs.

« Tu es louuuurde, lâcha-t-il tout de même, se rappelant soudain de l'horrible pique sur son odeur pourtant très agréable. Mais heureusement pour toi, grâce à mon incroyable sens de l'orientation, je crois qu'on est pas loin de l'entrée. Et on a encore croisé personne ! »

Et pourtant, ils en avaient fait, du bruit.
Quoi que la nouvelle lui fit plaisir sur le coup, très vite, il se mit à froncer les sourcils.

« Tu crois qu'on aurait dû croiser quelqu'un ? »
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Sam 16 Déc 2017 - 16:51

Un sourire victorieux vint éclairer le visage de la gamine avant de se muer en grimace peu convaincante. Son maléfique fiancé avait capitulé face à ses cris d’orfraie, et Marilee n’était pas peu fière de ce brusque retournement de fortune. La chance, récita-t-elle en son for intérieur, ça se provoque. Ou peut-être bien que ça s’appelait ; elle ne savait plus trop, au juste. Et puis le résultat était le même : à savoir ses pieds bien ancrés sur le sol, et ces mains baladeuses loin de sa personne. La moue qui flottait sur ses lèvres se para de tout l’éclat des mauvaises surprises lorsque le froid des pierres remonta le long de ses chevilles pour se hisser le long de sa colonne vertébrale. Où étaient donc passées ses mules ? Elmir jeta un regard contrarié par-dessus son épaule. Les ténèbres le lui rendirent, dépouillées des fantômes qu’ils avaient semés dans leur course folle. Les poules allaient-elles se montrer plus coriaces ?

Marilee reporta son attention sur Coleen, des meurtres sanglants imprimés sur ses pupilles -un sang qui ressemblait étrangement à de la confiture, à un coulis de tomate ou à de fraises en gelée, mais l’intention était là. C’était de sa faute, si elle avait froid ; c’était aussi de sa faute s’ils en étaient rendus à crapahuter pour défendre le château de maléfiques becs d’acier, et si des esprits tourmentés les avaient sûrement pris en chasse ; elle les entendait racler contre les carreaux, l’écho de leurs suppliques porté dans les corridors sans s’étioler et -oh, elle n’avait pas envie de penser à ce genre de choses. Il lui fallait un responsable, et son fiancé était la seule âme qui vécût dans son champ de vision.

Pour être tout à fait honnête, il y aurait pu en avoir trente autres entassées ici qu’elle aurait malgré tout jeté son dévolu sur la tête blonde qui souriait bêtement à ses côtés.

« Je suis pas lourde, contra-t-elle dans sa barbe avec la plus grande simplicité. C’est toi qui as pas de muscles. »

La petite couronna sa repartie d’un sourire mesquin qui ne lui donnèrent pas plus de force. Eh quoi ! On lui avait un jour dit que la vérité blessait plus que des mots perfides -et si elle n’était pas grosse, alors Coleen manquait de force. C’était de deux choses l’une, et Marilee ne s’inquiétait pas de son poids. Rapport à sa taille, peut-être. Ce devait être le seul avantage à ne pas excéder le mètre soixante -le deuxième, la réconforta une voix rendue doucereuse d’autosatisfaction à l’arrière de son crâne. Si une demoiselle était vraiment grande, alors elle était à la taille parfaite pour laisser traîner son regard juste là où elle voulait sans que rien n’en semblât. Et ça, Coleen ne risquait pas de pouvoir le faire. Cette asperge poilue et faiblarde. Butée et prête à monter aux créneaux, Marilee n’était pas prête à lui reconnaître un quelconque sens de l’orientation non plus ; et si rien ne lui permettait d’affirmer qu’il les avait perdus au beau milieu de ce tas de pierres géant, rien ne la forçait à avouer le contraire non plus. Qu’il chante ses louanges tout seul, grogna-t-elle. Avec les chevilles qu’il avait, lui, il n’aurait pas perdu ses chaussons.

« Tu crois qu’on aurait dû croiser quelqu’un ? »

Le sang de la gamine ne fit qu’un tour et elle leva de grands yeux ronds vers son comparse. Oh, la tuile ! Evidemment qu’ils auraient dû ! Il n’était pas dans ses habitudes de passer ses nuits à rôder dans les couloirs, à l’affût d’un tour de garde ou d’un insomniaque aux traits tirés, d’un somnambule au pas lent, d’un amoureux au regard absent ou d’une poule aux noirs desseins. Mais tout de même, il lui semblait peu probable qu’aucun de ces spécimens n’aient hanté le palais cette nuit-là. Elle ne voyait qu’une explication, et ça ne lui plaisait pas.

« On arrive peut-être trop tard, geint-elle dans une rare envolée de pessimisme. Ou alors… Ou alors, le conseiller a empoisonné tout le monde au repas. Pour les endormir, et que les poules aient le champ libre. »

Des créatures aussi cauchemardesques n’avaient sans doute pas besoin d’un coup de main humaine, mais allez savoir ; quand la réussite de tout un plan du tranchant de vos serres et pourrait vous coûter une décollation en bonne et due forme, eh bien, mieux valait ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Marilee sourit en dépit du tragique de la situation, fière de sa trouvaille linguistique. Les œufs, les poules, voilà qui était tout à fait digne d’un poète, et mériterait de figurer dans la saga qui conterait leurs aventures.

S’ils parvenaient à stopper l’invasion. Rien n’était moins sûr.

« Peut-être que le poison ne marche pas sur les elfes. Ça expliquerait tout. »

Ou alors elle n’avait pas beaucoup mangé et avait ainsi échappé aux venins étranges mélangés dans les soupières. L’idée ne la convainquait pas franchement : elle s’imaginait trop bien Coleen bafrer, tandis que sa jolie mère, si délicate, n’aurait pas dormi à poings fermés.
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Dim 2 Sep 2018 - 16:47

Moue aux lèvres, Coleen plissa les yeux pour tenter de discerner les choses terribles qui pouvaient se cacher dans l'obscurité, au détour d'un couloir ou d'une porte entrouverte. Il n'était pas très sûr de ce qu'il cherchait au juste ; des militaires armés jusqu'aux dents, des poules assoiffées de sang, des traîtres prêts à leur couper la route, des monstres aux griffes acérées cachés dans un placard... les rouages de son imagination tournaient à plein régime, et ceux de la logique manquaient cruellement à l'appel. Même lorsqu'il inventait des histoires avec Celian ou ses amis, il lui arrivait souvent d'oublier à mi-chemin que les dangers étaient factices, les ennemis et les problèmes inventés de toutes pièces. Pas le temps pour les détails quand le sort du monde reposait sur vos épaules musclées.
A défaut d'être brillant, on ne pouvait pas lui reprocher d'être passionné.
Parce que passionné, ça, il l'était ; joue mordue par une vague d'anxiété à peine exagérée, attentif aux moindres paroles de sa jolie fiancée. Le conseiller était un ennemi redoutable. Il n'avait aucune envie de lui tomber dessus à une heure pareille — surtout s'il avait endormi tout le monde pour mieux faire rentrer des bêtes cruelles. Le Prince était en danger de mort et il n'y avait que deux elfes pas bien dégourdis pour le sauver. C'était plutôt mal parti, cette histoire, même avec tout l'optimisme du monde.

Il détestait se sentir impuissant ; pour de vrai ou pour de faux. Les nœuds dans ses artères étaient les mêmes.

« Peut-être que le poison ne marche pas sur les elfes. Ça expliquerait tout. »

Tout, tout, c'était vite dit ; toute sa famille était endormie, comme d'habitude, et lui aussi l'avait été avant que Marilee ne vienne le sortir des bras de Morphée. Il n'avait pas eu le temps de vérifier qu'elle n'avait pas réveillé son frère, mais il supposait qu'il le saurait bien assez tôt. Il le lui ferait savoir pas du tout subtilement le lendemain, à grand renforts de "alors tu es parti avec ta fiancée et pas revenu une bonne partie de la nuit, on peut savoir ce que vous avez fait" — et il devrait le torturer pour qu'il ne dise rien à leur mère, et ce serait tragique. Il espérait vraiment que le somnifère marchait sur les elfes. Ça aurait été plus simple de se glisser dans sa chambre sur la pointe de pieds si un peu de magie avait cloué tout le monde au lit.

D'inquiet pour sa vie, il passa à inquiet pour les punitions du lendemain. Le résultat fut le même ; l'air concentré, sourcils froncés, il laissa filer un gémissement entre ses dents serrées.

« Ou alors c'est un piège et il a fait exprès de ne pas nous empoisonner nous, enchaîna-t-il, convaincu et déterminé. Peut-être qu'il sait qu'on sait et qu'il veut nous faire taire. On devrait faire attention. »

Sur quoi il lui tendit la main pour qu'elle la prenne. Parce que c'était comme ça qu'on faisait attention, chez lui. En ne se lâchant pas d'une semelle pour vérifier que personne ne se perdait.
Être séparé de Marilee dans des couloirs sombres par une nuit d'orage l'aurait terrifié plus qu'il n'aurait aimé l'admettre.

« Tu crois qu'Anne-Alexia va bien ? »

Il ne pensait pas que les poules auraient été tuer qui que ce soit ; elles en voulaient au trône, c'était sûr, et tuer les habitants du château ne leur aurait pas servi à grand chose. Une petite Anne-Alexia en chemise de nuit, ça ne pouvait pas faire de mal à grand monde. A part à leurs cœurs respectifs, à la rigueur, songea-t-il en réprimant une moue. Il n'était jamais contre voir une jolie fille en tenue légère, mais il n'aimait pas trop que Marilee câline tout le monde en riant tout en le maintenant à une distance respectable dès que l'occasion se présentait.
C'est comme ça, soupira son cœur, et il décida de laisser ses sentiments là. Il préférait penser aux cheveux décoiffés d'Anne-Alexia.
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