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 Les ombres tiendront la chandelle.

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Violeur de propriétés privés, et crabe à ses heures

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MessageSujet: Les ombres tiendront la chandelle.   Jeu 27 Juin - 5:57


Fier de sa réparti et plus encore de son sens de l'humour sans pareil, le jeune homme ne laissa pas le regard glacial de sa compagne faire fondre son sourire : ça n'aurait d'ailleurs eu aucun sens. Ce n'était pas avec un peu de mauvaise humeur qu'elle allait réussir à enterrer son enthousiasme naissant ou lui donner envie de retourner au lit. A présent qu'il était mieux réveillé, de toute façon, le sommeil n'était plus dans sa mémoire qu'un lointain souvenir. Pour un peu, il se serait cru le matin ; c'était dire. Ses muscles fatigués et encore un peu raides peinaient à se faire entendre, ses neurones sommeillaient en paix et sa langue, dans la meilleure des formes qui soit, s'occupait de tout le reste. A savoir débiter des âneries. Puisqu'il excellait dans ce domaine, pourquoi s'embêter à arrêter ? Et puis quand bien même. Si encore il l'avait fait exprès, ça aurait été jouable : difficile, mais possible. Seulement au contraire de ces imbéciles heureux qui  aimaient à amuser la galerie en jouant aux grands enfants, l'elfe n'avait pas le loisir de poser un regard sérieux sur ses paroles. Son idiotie était – malheureusement – aussi sincère que ses sourires. D'où le monstre derrière la porte.
Ce n'était pas comme si Coleen croyait vraiment qu'un monstre se cachait dans le couloir, mais il ne considérait pas non plus l'idée comme totalement stupide – parce qu'après tout, si les Neko et les Esprits existaient, pourquoi pas ? De son point de vue, ces gens étaient un peu des sortes de monstres. Les dents longues comme des sabres et le corps gélatineux en moins, d'accord, mais quand même. Il préférait ne jurer de rien. Sans compter qu'ennuyer Marilee était juste trop amusant pour qu'il songe à arrêter : la pincer, la décoiffer, lui dire n'importe quoi, défaire un nœud ici ou là... Il ne lui en fallait pas plus pour rire bêtement et se sentir mille fois mieux. C'était beaucoup moins drôle quand les mauvaises idées allaient dans l'autre sens, ceci dit.
Heureusement que ce n'était jamais foncièrement méchant.
Déçu de constater que sa fiancée n'avait ni hurlé ni trembler à en faire bouger les meubles, le garçon tenta d'esquisser une moue attristée. Il abandonna en sentant les coins de ses lèvres remonter ; quand on a envie de rire, hein, on a envie de rire. Il ne pouvait rien faire contre ça.

« Les monstres, ça n’existe pas. »  Ses sourcils se froncèrent ; ah bon ? « D’ailleurs ils s’en fichent pas mal qu’on nous entende crier, on ne pourrait pas les attraper puisque justement, ce sont des monstres. »

Ces quelques paroles suffirent à faire oublier au jeune homme que, à la base, c'était lui qui avait inventé cette histoire de monstre. Il la considérait à présent tout à fait sérieusement, quoi qu'un peu trop à la légère pour quelqu'un qui restait persuadé que le Croque-Mitaine pouvait exister. Il finit donc par hausser les épaules, indécis et indifférent au discours parfaitement logique de son amie. Si les monstres pouvaient les dévorer tout crus, ils pouvaient être attrapés. Sinon ce n'était pas juste. Puisqu'il était vraiment tard et que ses neurones en étaient encore à l'état de sommeil profond, cette justification lui suffit amplement : bien sûr, que la justice était un critère déterminant. On allait quand même pas leur coller des bêtes hideuses sur le dos sans leur donner un moyen de s'en débarrasser, franchement. Il y avait des limites à la cruauté divine.

« Allez, ouvre, tu m’énerves. Il n’y a rien derrière la porte ? »

Aussitôt dit, aussitôt fait ; à peine eut-elle terminé sa phrase que son preux chevalier avait appuyé sur la poignée, ouvrant la pièce sur le large couloir qui devançait ses Appartements. Il en fut quitte pour quelques battements de cils, un pas en avant et deux regards furtifs de chaque côté du corridor. Rien du tout. C'en était presque décevant, vu l'ardeur qu'il avait mis à s'imaginer que quelque chose leur bondirait dessus.
Au moment où il se tourna vers Marilee, sa main toujours serrée sur la sienne, son visage criait à peu près « ben tu vois, à cause de toi le monstre ne viendra pas » ; il lui laissa la liberté d'interpréter, histoire de ne pas réveiller tout le monde en criant. Une fois qu'il l'eut entraînée dans le couloir, en revanche, et eut fermé délicatement la porte derrière eux, la donne changea du tout au tout. C'était fou comme, à ses yeux, une simple cloison pouvait représenter un nombre incalculable de barrières : être sorti de la zone de danger lui fit oublier que sa mère n'était toujours qu'à quelques mètres de là. Heureusement que les murs étaient épais, parce qu'il venait de perdre la notion de murmures.

« Her, tu vois, y'a rien finalement ! » Boudeur, il balança leurs mains jointes entre eux. « A croire qu'on est pas assez bon pour eux, buh. »

Comme à chaque fois qu'une mauvaise idée pointait le bout de son nez, son visage s'illumina d'un sourire espiègle. De sa main libre, il chatouilla les côtes de la demoiselle – raffermit sa prise sur l'autre, aussi, parce qu'il craignait qu'elle ne le lâche d'un moment à l'autre. Tant qu'à faire, autant en profiter encore un peu.

« Mais je les comprends, tu dois avoir mauvais goûûût ~ »

Trop de graisse, trop de méchanceté. Indigeste et pleine de cheveux.
Non, il ne pouvait vraiment que les comprendre.


Dernière édition par Coleen Tyrell le Lun 5 Juin - 4:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Mar 2 Juil - 2:05

Le souffle retenu dans une expectative d’autant plus ridicule que les deux gamins n’en étaient plus tant, Marilee plissa les yeux. Au moindre signal, elle était prête à esquisser deux bonds spectaculaires en arrière, quitte à laisser ce pauvre Coleen se faire dévorer pour mieux lui laisser le temps de fuir, précédée de ses hurlements terrifiés. Pour une malheureuse fois plus courageux qu’un bébé écureuil –et une fois n’était pas coutume, récita Elmir avec force conviction–, son comparse appuya sur la clenche. Elle entendit presque le pêne s’enclencher par-dessus le bruissement continu des feuilles martyrisées par un vent trop fort ou, en tout cas, l’imaginait trop bien. Ses belles affirmations ne faisaient  pas le poids contre des peurs aussi solidement ancrées dans son esprit. Doublées d’une implacable pertinence, leurs arrières assurées par une intelligence sans faille et des renforts de réalisme prêts à se joindre à la charge les eussent envoyées paître aussi loin que les dieux connaissaient le monde. Rien que la petite Elfe possédât.

Ce n’est pas aux filles d’être courageuses, lança-t-elle à tout hasard en son for intérieur. Il fallait bien que les hommes servissent à quelque chose. Ils étaient beaux, à agiter leurs épées en bois dans le vide, à trancher l’air et défier des moulins ! Tout de même, ce n’était pas très utile. Elle ne se détendit qu’à moitié lorsque le blond tourna vers elle un visage à la mine déconfite. Si c’était une ruse, elle tenait à ne pas se faire avoir. Plus qu’à son tour, elle s‘était retrouvée empêtrée au beau milieu de quiproquos, d’imbroglios gênants, de farces immatures qu’elle n’avait pas su démêler avant d’attirer sur elle une foule de regards tantôt conciliants, tantôt amusés, parfois rompus ou atterrés. Qu’elle jouât un rôle actif et sincèrement prépondérant dans son propre malheur, dérisoire d’ailleurs, ne la marquait guère. Elle était allée secouer son ami et il y avait fort à parier que sans cela, jamais il ne serait venu, de son propre chef, la déranger. Marilee savait ce qu’elle faisait –en théorie.

« Her, tu vois, statua-t-il avec une rare pertinence, y'a rien finalement ! A croire qu'on est pas assez bon pour eux, buh. »

Sans y prendre gare, la petite mima l’expression vexée de son compagnon. C’allait encore être de sa faute, sentit-elle, alors qu’elle n’avait strictement rien fait pour qu’aucun monstre ne vînt. Et de quoi te plains-tu, pauvre abruti, tu aurais voulu être dévoré tout cru par une bête gigantesque à la gueule bordée de dizaines de rangées de dents acérées ? Ce n’était pas une fin très enviable et Elmir s’apprêtait à faire part de ces formidables observations à Coleen lorsque le Perfide lança une attaque surprise, et particulièrement lâche, près de ses côtes. Instantanément, elle inclina le buste, tenta de protéger son flanc à l’aide de sa main libre –le gueux, le gueux, retenir l’autre ainsi prisonnière !– tout en reculant à toute vitesse. Ce qui n’eût pas grand effet, incapable de se dégager de l’emprise de Sa Perfidie Incarnée. Tout juste manqua-t-elle de heurter de plein fouet la paroi.

La riposte, immédiate, fut donc d’un tout autre acabit : violente, rapide, efficace, hautement recommandée en situation de crise et malgré cela, tellement peu usitée à une heure si avancée de la nuit. Plus d’une fois on avait reproché à la jeune fille de faire trop de bruit et plus d’une fois, sa seule répartie avait été que « sa voix portait », ni plus ni moins, ce qui sans être faux n’était pas non plus tout à fait vrai. Haut-perchée, une crécelle au timbre certes charmant mais trop aigu pour plaire. Les murs étaient épais ; elle ne pensa pas seulement à prier qu’ils le fussent suffisamment pour arrêter les décibels cahotant dans l’air. Dos à la porte, mi amusée mi furieuse, elle ne perdit pas une seconde pour répondre à ces agressions –verbales et physiques :

« Arrête, t’es… Nul ! J’ai très bon goût, de vanille ou de rose ou de lavande et tout ça, ça se mange, pas comme ta crasse ! »

Regard noir à la main de Coleen. Le temps était à la vengeance. Œil pour œil, dent pour dent, elle pinça à son tour les côtes de son adversaire. Histoire d’être quittes.
Elle en oubliait l’orage qui avait la gentillesse de ne pas se rappeler plus violemment à son bon souvenir.

« Oher, les monstres, lança-t-elle à la cantonade, vous avez oublié un des vôtres ici, venez le chercher ou moi je le mange ! »

Il semblait que le seul avantage, dans leur situation, résidait encore en ce que peu de gens eussent été capables de comprendre ce qu'ils braillaient à tue-tête.
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Dim 14 Juil - 5:35

Leçon de survie numéro un : ne jamais sous-estimer le pouvoir des chatouilles.
Entre deux rires, la captive tenta de s'échapper – mais pas question de la laisser filer, her ! C'était de sa faute s'ils étaient là, après tout, et c'était aussi à cause d'elle que les monstres avaient fui pour des horizons plus cléments. Tant de cruauté méritait vengeance. Main serrée sur celle de sa fiancée, ferme sans être brusque, Coleen laissa s'échapper un rire à son tour. Qu'elle se plie tant qu'elle le voulait, il avait l'avantage et ne comptait le laisser filer pour rien au monde. Il était plus grand, plus fort, et sûrement plus doué que la jeune fille dans à peu près tout les domaines : ce n'était donc que justice, vraiment, qu'elle se retrouve prisonnière comme ça. Il faudrait bien qu'elle se rende compte un jour de la toute puissance du Merveilleux Coleen ; ça lui éviterait de se mettre dans des situations aussi critiques et atroces, avec pour seul moyen de défense ses petites mains et sa jolie voix.
Un rire plus net – plus fort, également – se fit entendre quand il remarqua à quel point ils étaient passés près de heurter quelqu'un contre le mur ; ce n'était pas tellement le moment de faire du bruit. Plus ou moins sorti de sa folie des grandeurs passagère, le garçon écarta sa main et adressa un sourire victorieux à Marilee. Est-ce qu'on pouvait considérer qu'en la chatouillant il attendrissait sa viande, histoire de la rendre au moins à peu près comestible pour ces Messieurs les monstres ? Aussi cohérent qu'à son habitude, il décida que oui.

« Arrête, t’es… Nul ! J’ai très bon goût, de vanille ou de rose ou de lavande et tout ça, ça se mange, pas comme ta crasse ! »

Ha ! Sa crasse ? Il était parfaitement propre – par, fai, te, ment, et peut-être même encore plus que ça puisqu'il n'était pas sorti courir dans la boue depuis son dernier bain. Alors qu'elle, avec tout ses cheveux, elle devait au moins ramasser une tonne de poussière sur son passage !
Et puis de quoi elle se plaignait, d'abord ? Se faire pincer les côtes était quand même moins grave que se faire pincer... A peu près partout ailleurs, en fait – quoi que son « à peu près partout » ait tendance à viser les endroits que, justement, elle devait préférer garder loin de ses mains. Ou de ses pinces, donc. Remarque, tout compte fait...
Son sourire se brisa sur une exclamation outrée quand, pas rancunière pour un sou, pensez-vous, son amie décida de lui rendre la pareille. C'était bien les femmes, ça ; fourbes, mesquines, cruelles, petites – et quand c'était elle qui lui pinçait les côtes, bizarrement, ses petits doigts de fille semblaient d'un seul coup beaucoup plus dangereux. Une vraie arme de guerre.

« Oher, les monstres, vous avez oublié un des vôtres ici, venez le chercher ou moi je le mange ! »

Pas trop inquiet à l'idée d'être mangé par Marilee et ses dents blanches, Coleen laissa fuser un nouveau rire ; refusa toujours de lâcher sa main et, à mille lieues de la raison pour laquelle ils avaient dû sortir dans le couloir sur la pointe des pieds, décida de surenchérir. A ce genre de jeux, il n'avait jamais vraiment perdu ses réflexes d'enfant : alors plutôt que d'argumenter intelligemment, lui préféra hausser le ton et parler plus fort que sa fiancée.
A ses yeux, avoir le dernier mot était nettement plus important qu'avoir dit quelque chose de sensé pour conclure. D'où son affolante propension à crier sans arrêt.

« Ah, et après tu dis que je dois avoir mauvais goût ! s'exclama-t-il en plissant les yeux, tout sourire. S'ils viennent me chercher, tu peux être sûre que toi aussi tu vas y pass – »

Un bruit sourd le coupa dans son élan ; soudain muet, il tourna sa tête vers la droite et tenta de voir, par-delà le voile de l'obscurité, ce qui avait pu oser l'interrompre. Ça aurait aussi bien pu être le tonnerre frappant sur un toit qu'un meuble heurté ou une chute quelconque. Ça ou un monstre. Bien sûr. Ne pas oublier la possibilité la plus évidente.
Pas effrayé mais néanmoins calmé, le garçon lâcha la main de son amie. Mieux valait ne pas hurler près de là où dormait sa mère : il était à peu près certain qu'elle avait quelque chose dans sa tête qui s'allumait dès qu'elle entendait sa voix s'élever trop fort. Ça lui aurait presque fait peur.

« Hmmmm. Hm hm hm. Viens ! » Son exclamation enjouée, de plusieurs tons sous ses précédentes paroles, n'en perdit pas pour autant en détermination ; déjà, il faisait quelques pas en direction du bruit suspect. « Si ma mère se réveille ce sera encore plus douloureux que si un monstre nous attrape. »

Cent fois pire, même.

« Oh ! Tu crois que l'orage va casser des arbres ? »
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Dim 21 Juil - 4:28

Leur discrétion abandonnée au pas de la porte, les deux ombres semblaient fermement décidée à réveiller toute la maisonnée –et pas une petite : elle avait beau s’étendre sur des étages et ce qui paraissait parfois être des lieues à Marilee, rien ne serait en mesure de résister aux décibels puissants partis en vadrouille et suivis d’une bande d’échos tout aussi destructeurs. Coleen n’y accordait sans doute que peu d’importance, pour peu qu’il y accordât la moindre. Il en allait de même pour sa comparse aux yeux bleus, toujours sur la défensive. Autant à tout le moins, songea-t-elle alors, qu’une main prisonnière l’y autorisait. La petite fronça les sourcils et pinça les lèvres, non pas pour offrir son dû respect au silence, supposé maître de la nuit et des petites heures du jour jusqu’à ce que résonnent le tintamarre de ces stupides cloches, mais pour signifier qu’elle se contrefichait des contradictions de son discours. Cet abruti pouvait s’amuser à les pointer du doigt de sa sale voix moqueuse, elle n’en avait rien à faire, le jurait, le promettait, plutôt deux fois qu’une et plutôt trois que deux.

La crainte de se faire elle aussi manger, en revanche –voilà qui était plus inquiétant dans son esprit si prompt à la démesure et qui ne connaissait pas de nuances. L’idée de partir en courant, abandonnant au passage fiancé et mules, ne la choqua pas plus que celle selon laquelle le soleil se lèverait le lendemain. Eh quoi ! Il eût fait de même à sa place ; mais n’était-elle pas meilleure que lui ? C’était elle qui se retrouvait dans de beaux draps, la belle affaire ! Et tout ça n’est pas beau du tout, commenta Elmir en son for intérieur. Le bruit sourd qui retentit alors brisa la prophétie douteuse du blond comme le cours non moins fumeux des pensées de son amie. Au moins il restitua sa liberté à sa main malheureuse, effet immédiat dont l’Elfe ne put se réjouir pleinement sur l’instant, trop occupée à scruter le noir dans l’espoir, vain, d’apercevoir quelque chose –ou plutôt de ne rien apercevoir du tout. Des deux, impossible de déterminer ce qui était le pire. Elles se valaient bien, ces deux options. Nulles et effrayantes. Déterminée à ne pas passer pour la dernière des poules mouillées, la gamine plaqua un sourire un peu fané, un peu tremblant sur ses lèvres ; il était censé avoir l’air bravache, quoiqu’il s’apparentât plus à l’aveu d’une trouille monstre qu’autre chose.

Réticente à suivre son ami en dépit de ses injonctions, elle resta d’abord un pas derrière sans bouger d’un iota. Plus réticente encore à demeurer seule au milieu d’un orage dans un couloir potentiellement habité de monstres-qui-n’existaient-même-pas, elle finit par le suivre malgré elle. La grimace qui rehaussait ses traits faisait office de compromis tandis que le garçon répondait, toujours aussi enthousiaste :

« Si ma mère se réveille ce sera encore plus douloureux que si un monstre nous attrape. »

Plus douloureux mais à quel point plus agréable ! A trop invoquer l’image de la mère de Coleen en chemise et en cheveux, une chandelle à la main pour mieux faire danser sur son visage légèrement courroucé et très endormi, encore hanté des rêves magnifiques dont ils n’auraient pas manqué de l’extraire une légère lueur orangée, Marilee allait finir par se sentir le devoir de concrétiser la chose. Peu importaient les risques lorsque la récompense était si élégante ! Ah, un monstre aussi joli, ce n’était plus un monstre du tout. Son raisonnement bancal n’en avait que le nom, mais avait le mérite de la satisfaire plus que largement.

« Oh ! Tu crois que l'orage va casser des arbres ? »

La mention de cette bête au souffle trop puissant secoua Elmir et sa rêverie s’acheva sur une bien triste note dont elle se fût aisément passée. Non sans avoir au préalable gratifié son vis-à-vis d’un regard noir, elle haussa les épaules. Comme si ! Ne lui avait-on pas répété que les orages ne cassaient rien ici ? Elle restait intimement persuadée du contraire et les paroles du blond ne firent que confirmer des doutes à peine présents. Bien sûr, qu’il allait en casser ; et s’il ne cassait que des arbres ce serait vraiment très bien –mais franchement, ce n’était pas très crédible de son point de vue, qui était évidemment tout à fait vrai et indubitable et quiconque eût argué le contraire était un abruti ou mal renseigné, ce qu’elle de son côté n’était pas et –zut à la fin.

« Ben oui, qu’est-ce que tu crois… Et ils vont tomber sur une chambre et écraser quelqu’un. Ils ne sont pas assez grands pour casser un mur, hein ? Ou une fenêtre. Ça se trouve c’était ça, le bruit. »

Elle croisa les bras, soudain parcourue d’un frisson.

« Et si c’est pas ça, c’était quoi ? Un animal ? Pourvu que non, j’ai pas enfermé Marie-Sophie, et…, tu crois vraiment qu’on a réveillé ta mère ? »

Difficile de dire s’il s’agissait à ses yeux d’une consolation ou d’une menace ; elle-même n’en était pas très sûre.
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Jeu 25 Juil - 6:42

Le haussement d'épaule de Marilee parut bien trop mitigé et boudeur au goût de son compagnon. C'était quand même elle qui était venu le réveiller en pleine nuit, her ! Elle aurait au moins pu faire semblant de l'avoir ennuyé pour une bonne raison, histoire d'être polie – profiter de sa présence en étant une tout-à-fait recevable, soit dit en passant. Si c'était pour la voir faire la tête et traîner des pieds en geignant, il préférait encore retourner se rouler de bonheur sous ses jolies couettes. Personne ne le traitait d'idiot ni ne le tabassait sans raison, dans ses rêves : c'était tout compte fait presque une raison suffisante pour faire demi-tour sur le champ. Seule une nette préférence pour le tangible, ainsi qu'une gentillesse toute naturelle, parvinrent à faire pencher la balance pour de bon. Il n'avait pas envie de la laisser déambuler seule. Ni de s'attirer ses foudres. Alors maintenant qu'il était réveillé, tant pis ; contente ou pas, ils devraient tout deux supporter la présence de l'autre et s'occuper tant bien que mal.
A en juger par leurs humeurs respectives, il aurait pu parier tout l'argent de sa famille qu'il ne serait pas le plus lésé des deux.

« Ben oui, qu’est-ce que tu crois… Et ils vont tomber sur une chambre et écraser quelqu’un. Ils ne sont pas assez grands pour casser un mur, hein ? Ou une fenêtre. Ça se trouve c’était ça, le bruit. »

Songeur, Coleen ralentit le rythme de ses pas jusqu'à presque s'en arrêter. Il avait beau être franchement crédule sur bien des points, il ne croyait pas tout ce qu'on lui racontait non plus : en général, les paroles de sa mère primaient sur celles de parfaits inconnus ou d'amis, aussi savants soient-ils. Or, pour le coup, tant sa mère que son frère aîné avaient répété encore et encore et encore aux plus jeunes qu'aucun orage ne viendrait détruire leur maison. Donc à priori, personne ne serait écrasé. Les murs étaient solides. Cela étant, ça ne voulait pas dire qu'une fenêtre ne pouvait pas y passer. Ça paraissait même crédible, en fait... Allez savoir ! Les arbres étaient parfois monstrueusement gros, et aussi épaisse soit-elle une fenêtre restait une fenêtre – donc fragile par définition, il pouvait en témoigner.
Plus sérieux mais toujours franchement peu inquiet, le jeune homme tenta de s'imaginer un arbre à demi entré dans le château. Un rire en resta étranglé dans sa gorge. Si c'était bien ça, aucun doute là-dessus, des tonnes de serviteurs courraient bientôt en tout sens pour voir ce qui pouvait être fait. Eux ou des soldats, il ne savait pas très bien. Ça ferait du remue-ménage quoi qu'il en soit. A côté, eux passeraient pour de petits anges auréolés d'innocence. Sages comme des images.

En réponse à la dernière question de Marilee, sa main gauche traça des arabesques abstraites dans l'air.

« Peut-être... C'est difficile à dire, expliqua-t-il avec un sérieux rare. Parfois elle me rattrape juste avant que je sorte, et d'autre fois elle me laisse sortir et me punit quand je reviens. C'est vraiment cruel, tu sais ! »

Et ce qu'il l'ait mérité ou pas. Ça restait de la pure cruauté cruelle. Là où les adultes convenaient sans mal que cet enfant vraiment trop bruyant et désobéissant méritait mille punitions par heure, ses amis parvenaient généralement à s'accorder sur le fait que sa mère était un peu trop sévère : raconté de son point de vue, en même temps, le parti pris était évident. Coleen ne cherchait des excuses à la jeune femme qu'auprès de lui-même quand, réellement vexé d'avoir reçu une punition trop froide, il tentait de s'expliquer ce manque fréquent d'affection comme il le pouvait.
Après tout, quelque part, il n'était encore qu'un enfant. Ses écarts et ses cris n'existaient pas pour blesser qui que ce soit. Le mot « conséquence » percutait difficilement.

Amusé, l'elfe tourna la tête vers sa fiancée.

« Tu sais, tu... »

Ses mots se suicidèrent d'eux-même dans sa gorge. En fait, peut-être pas. Il préféra changea de sujet :

« J'ai cru marcher sur un truc tout à l'heure, enchaîna-t-il comme si de rien n'était. C'était peut-être ta bêbête. »

Son rire censément sadique résonna fort entre les murs, supplanté seulement par le tonnerre qui grondait au-dehors. Il aimait la taquiner ; c'était plus fort que lui. Même si, à dire ce genre de choses, il ne pouvait que s'attendre à se faire frapper.

« De toute façon aucun animal mange les Marie-Sophie, ajouta-t-il avec un sourire entendu. Enfin je crois... Comment un animal aurait pu rentrer ici ? »

Plus il parlait de choses improbables, plus les arguments idiots s'accumulaient, plus il finissait par trouver la théorie plausible. C'était pour cela, entre autre, qu'il lui était arrivé d'être terrorisé par des choses bénignes ou d'affirmer des choses ridicules avec un sérieux hors de propos. On ne change pas une équipe qui gagne, comme on dit.
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Mar 30 Juil - 5:20

Marilee faisait la moue : la joue droite coincée entre ses dents, les sourcils froncés et le regard fixé dans l’air sur un point qui n’existait que pour elle, expression de ses réflexions les plus sérieuses fautes d’être cruciales. Réveillée ou non, madame n’avait pas mis le nez dehors, ce que la petite ne pouvait s’empêcher de considérer comme un signe franchement encourageant –il taillait la part belle au doute et, dans un optimisme qui pouvait au fond avoir lieu d’être, Marilee faisait revêtir au doute l’habit qui les arrangeait au mieux. Pourtant Coleen était perplexe. Coleen n’était pas sûr. Comment eût-elle pu l’être si lui ne l’était pas ? C’était tout de même sa mère ! Nul ne connaissait mieux ses parents que le rejeton en personne. Le dilemme lui faisait grincer des dents. Que leurs voix, charmantes au demeurant, eussent porté un peu trop loin jusqu’à des oreilles un peu trop sensibles, rien qu’il l’inquiétât. C’était une autre paire de manches en ce qui concernait la perspective de se retrouver punie. Quelle que fût la beauté inatteignable de cette femme, elle ne valait dans son esprit enfantin aucune journée passée à ne rien faire, cloîtrée dans une chambre dont les murs semblaient se rapprocher à chaque nouvelle seconde, elle qui pourtant lui paraissait si spacieuse d’ordinaire.

Elmir hocha donc la tête, et pria les dieux et aussi un peu les murs, si ceux-ci étaient réellement pourvus d’oreilles pour entendre, que leur escapade nocturne passe plus inaperçue qu’un fugace courant d’air. Marilee eût aimé en avoir le cœur net, mais revenir sur leurs pas pour vérifier était absolument hors de question. Alors ils se tenaient plantés là à ne pas savoir quoi faire ni ce qui les attendait –au détour d’un couloir enténébré à cette fichue seconde ou le lendemain matin, lorsque tout le monde se réveillait aux petites heures du jour. Nettement suffisant pour abattre au vol le moral de la petite ; loin d’être assez pour causer le moindre tort à celui de son compagnon. Le sourire qu’il arborait le maintenait au beau fixe en dépit des éclairs dehors. Il en avait, de la chance.

Intriguée, sa comparse manqua d’exiger de lui qu’il terminât sa phrase, histoire de savoir ce qu’elle était, faisait, avait fait ou avait dit ou avait pensé ou ce dont elle avait l’air exactement, mais rien du tout. Au lieu de cela, ses lèvres se serrèrent en une ligne droite qui tendait à s’incliner légèrement vers le bas lorsque cet idiot évoqua la simple éventualité que la belle Marie-Sophie eût été écrabouillée sous son pied énorme et dégoûtant. Sa passion pour des créatures aussi répugnantes ne lassait pas d’étonner. Il arrivait à Marilee de penser qu’au moins elle n’avait pas à s’en faire tout le temps pour ses toutes petites amies : en plus de ne pas être si minuscules qu’elle voulait bien le croire, quand elles mordaient, elles n’y allaient pas de main morte –et sa propre main pouvait en témoigner, la pitié, ce n’était pas leur fort.
Alors, se consola la gamine à présent rassurée, s’il avait été sérieux, elle l’aurait su. Plutôt deux fois qu’une, surtout avec Marie-Sophie, qui n’était ni la moins grosse ni la moins poilue de ses « bêbêtes », comme il les nommait à si juste titre. Rien qui la gardât de jeter à son fiancé un nouveau regard noir néanmoins. Jouer avec les sentiments des gentilles filles dans son genre, ce n’était pas galant du tout. Si elle s’était écoutée, ah ! les choses ne se seraient pas passées ainsi et il eût vite de fait de ravaler son rire mégalomane. Elle regretta même de ne porter que de vulgaires mules inoffensives.

« De toute façon aucun animal mange les Marie-Sophie. Enfin je crois... Comment un animal aurait pu rentrer ici ? »

C’était très probable. Du moins pas sans une bonne mauvaise indigestion. C’était même très certain et carrément indubitable, se répéta-t-elle encore et encore et une dernière fois pour être vraiment sûre. C’était une battante un peu apathique, pas de celles à se laisser dévorer toute crue.

« Par la porte, tiens, statua-t-elle, faussement excédée. Ou par une des fenêtres qui sont peut-être cassées, ou par…, je sais pas, un passage secret qui déboucherait dans une forêt. J’ai vu un truc comme ça dans un livre. »

Vu et non lu, certes ; parler cette langue était déjà une corvée suffisamment difficile pour en plus mettre de la bonne volonté et de son précieux temps libre à déchiffrer leurs hiéroglyphes.

« Ou on leur a ouvert. Tu vois ce que je veux dire. Il pourrait très bien y avoir des poules ici. Avec leurs... Leurs dents, tout ça. »

Ainsi entendu, l’on eût pu croire à une sombre plaisanterie dont la chute restait un mystère. Mais Marilee, qui s’emportait si vite et si bien, y croyait dur comme fer. Au moins un peu.
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Ven 16 Aoû - 18:15

A présent pleinement préoccupé par cette histoires d'animaux et de fenêtres brisées, Coleen avait relégué les craintes concernant sa mère au second plan : si punition il y avait, il aurait tout le temps de s'en plaindre à leur retour. Ce qui est fait est fait, comme on dit – et le bruit, aucun doute là-dessus, ils l'avaient bel et bien fait. Pour ne pas changer. De toute façon, ce n'était pas une punition de plus ou de moins qui risquait de le tuer ; il aurait beaucoup plus de mal à relativiser une fois debout face à un mur, mais le fait était là. Les araignées de sa fiancée était déjà plus inquiétantes, à ce niveau. Elles avaient des crocs. Ou quoi que ces bestioles aient sous leurs yeux, en fait. Le jeune homme n'avait pas spécialement peur des insectes et autres bêbêtes poilues ou non, mais mince, il y avait des limites ! De... Taille, pour commencer. Même correctement chaussé, il aurait hésité à écraser Marie-Sophie. Surtout parce qu'elle s’appelait Marie-Sophie, en fait. Connaître son nom aurait rendu le crime plus difficile. Fichues bestioles.

De la réponse de Marilee, l'elfe ne retint que deux choses : un, l'image de milliers d'araignées grimpant les unes sur les autres pour ouvrir une porte ; deux, celle d'araignées se glissant dans un passage secret pour ensuite grimper les unes sur les autres et ouvrir une porte. Et pourquoi des araignées, d'abord ? Une moue se dessina sur son visage au moment où il songea que, peut-être, sa fiancée avait pu le contaminer avec son obsession pour les petites bêtes dégoûtantes. Mieux valait s'imaginer des animaux sauvages, ou même des poissons ; pourquoi pas des oiseaux. Oui, voilà : il pouvait très bien s'imaginer des oiseaux utiliser leurs serres pour ouvrir une porte et leurs ailes pour filer à travers une fenêtre au verre brisé. C'était au moins aussi crédible qu'une invasion d'insectes tueurs, non ?
Ça l'était plus qu'une attaque de poissons, en tout cas.

« Ou on leur a ouvert. Tu vois ce que je veux dire. Il pourrait très bien y avoir des poules ici. Avec leurs... Leurs dents, tout ça. »

Heh ? Coleen, l'air soudain plus grave, jeta un regard perplexe à sa compagne. Non pas qu'il doute de sa santé mentale, loin de là : son expression tenait plus du « ne parle pas de malheurs » qu'autre chose. Les poules, ce n'était pas... Comment dire. Son sujet préféré. Il aurait été bien incapable de dire d'où venait cette histoire de poules aux dents pointues et aux griffes acérées, mais maintenant il n'arrivait plus à s'en détacher ; que ce soit un vrai complot ou juste le fruit de leur imagination débordante lui importait peu. Non, l'important était que c'était possible, palpitant et qu'il avait envie d'y croire. Aussi effrayant cela puisse-t-il paraître à ses yeux.
Ce fut donc avec le plus grand sérieux qu'il répondit à Marilee, sur le ton de la conspiration :

« Noooooon. Les poules ça vole pas jusqu'aux fen... »

Sa phrase resta en suspend tandis qu'il se rappelait, étourdi, de ce qu'avait sous-entendu son amie juste avant. On avait pu leur ouvrir. Et si on leur ouvrait, plus besoin d'entrer par les fenêtres ; sacrément malin, de contourner le problème comme ça. Le jeune homme ne prit même pas la peine de se rendre compte que les faire entrer par la porte n'avait à peu près rien à voir avec d'éventuelles carreaux brisés. Pour lui, ça en avait : ça en aurait donc jusqu'à preuve violente du contraire. Preuve qu'il n'aurait sans doute jamais, étant donné qu'il ne parlait de ces histoires de poules qu'avec sa fiancée. Un adulte n'y aurait rien compris. Comme toutes les histoires abracadabrantes que se racontaient les enfants en agitant des sabres en bois, en fin de compte. Ça n'avait de sens que pour eux.

« Oh oh. Les portes, oui, se reprit-il avec une élégante grimace. Peut-être que c'était ça, le bruit. Des poules qui renversaient des meubles pour faire des trucs sombres. Si ça se trouve, ton livre avait raison. Y'a peut-être un passage secret. »

Aussi sérieuse soit la situation, Coleen ne parvint pas à garder tout à fait son sérieux. Lèvres de nouveau étirées sur un sourire, il hocha solennellement la tête.

« Il est de notre devoir de le trouver pour sauver le monde ! s'exclama-t-il un rien trop fort. Et puis les poules ça doit bien manger les araignées, en fait, tu crois pas ? Des poules, quoi. C'est vicieux. Mince, on a pas d'armes. »
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Sam 24 Aoû - 17:40

Un pli entendu au coin des lèvres, Marilee darda sur son ami un regard plein de connivence. La révélation, quoique tardive, avait fini par couper court aux inepties que ses lèvres formaient comme d’ordinaire avec un entrain désarmant. Que les poules atteignissent ou non les fenêtres, le sujet portait à caution ; n’avaient-elles pas des becs capables de se planter dans le grès dur, des serres au tranchant qui aurait eu vite fait de le lacérer pour parvenir au niveau supérieur ? Quant au verre, ah ! C’était une bien maigre barrière. Et puis, ces bêtes avaient des ailes –pas n’importe lesquelles, des ailes couvertes de plumes. Qu’on leur ouvrît ou non la porte, s’introduire dans l’enceinte du palais devait être pour elles un jeu d’enfant. L’idée que c’était ce pour quoi elles avaient été conçues frappa la petite elfe de plein fouet et la laissa un peu pantoise. Elle ne tarda pas à troquer cette expression interdite contre un courage bon-enfant qui se lisait sur chacun de ses traits.

Aucune véritable inquiétude ne serrait son cœur. Son parent pauvre, tout juste motivé et plus diffus qu’une brise printanière. Elmir prenait l’affaire très au sérieux, suffisamment pour perdre de vue l’orge qui tempêtait là-dehors. Les poules, c’était un vrai danger, se répétait-elle à l’envi. L’emphase qu’y mettait Coleen l’aida à y focaliser son attention volage. Elle Buvait ses paroles, complice attentive de ce grand conspirateur :

« Peut-être que c'était ça, le bruit. Des poules qui renversaient des meubles pour faire des trucs sombres. Si ça se trouve, ton livre avait raison. Y'a peut-être un passage secret. »

A nouveau, Marilee opina vigoureusement du chef. Ses livres ressemblaient beaucoup à son fiancé : ils ne babillaient pas de longs paragraphes édifiants et passaient leur temps à se tromper sur toutes sortes d’approximations dont ils étaient friands mais, dès qu’il s’agissait de théories bizarres, ils avaient souvent raison. Avait-on besoin d’une précision mathématique lorsque le sujet était aussi grave ? Des trucs sombres, soit, cette explication lui allait comme un gant. Des « trucs sombres », c’était à la fois inquiétant, concret et mystérieux. Elle n’aurait pu rêver mieux. Ajoutez à cela quelque chose hautement secrète, et la recette ne pouvait mener qu’à un regard complice et une idée brillante que partagèrent les deux gamins :

« Il est de notre devoir de le trouver pour sauver le monde ! », déclara-t-il. Marilee, qui partageait cette opinion, fut d’emblée séduite par le ton hyperbolique et chevaleresque de son phrasé. Sauver le monde ? Y avait-il plus noble motivation ? Elmir se redressa, carra les épaules et tâcha de ravaler son sourire.

« Et puis les poules ça doit bien manger les araignées, en fait, tu crois pas ? Des poules, quoi. C'est vicieux. Mince, on a pas d'armes. »

Il ne tarda pas à redescendre, amer, le long de sa gorge et forma un nœud prégnant à son estomac. Sauver le monde, c’était gratifiant ; sauver ses araignées, c’était une affaire personnelle qui lui tenait à cœur. Ces infâmes bestioles, vicieuses il était vrai, n’allaient pas picorer sous son nez d’adorables arachnides aimantes !

« Moi vivante, aucune araignée ne périra en ces lieux, argua-t-elle avec assurance. Des armes, des armes… »

Les yeux plissés, elle parcourut du regard le long corridor enténébré : de bout en bout, rien ne lui paraissait suffisant. Ce constat affligeant n’entama pas sa détermination farouche. Ne leur restait qu’à improviser des défenses de fortune, voilà tout.

« On a tes poings d’homme, répliqua-t-elle en plaçant les siens sur ses hanches. Et ils doivent bien… »

Brusquement, le visage de la jeune fille s’illumina et, désireuse de faire partager au reste du monde son coup de génie, elle s’exclama :

« Des pièces d’armure ! Il y en a, des fois, dans les salles. Ou les couloirs ! On te met un casque, On prend un vase et un truc pas trop lourd, et là, on sera parés, si elles nous trouvent. Si on les trouve. Dans le passage secret. »
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Ven 13 Sep - 23:05

Marilee avait l'air à peu près aussi motivée que lui ; alors là où une soudaine mauvaise humeur aurait douché toute ses envies d'expédition guerrière, cette énergie positive les fit au contraire monter en flèche. Se faire réveiller en pleine nuit par une fiancée ennuyée n'était pas forcément très agréable, non – mais se faire sortir du lit pour débusquer des passages secrets et sauver le château ? Ça, c'était une raison plus que suffisante pour oublier la bonne nuit de sommeil qu'il était en train de rater (et qui lui ferait sûrement défaut le lendemain, mais tant pis). En tant que seules personnes au courant de cet infâme complot, ils se devaient d'être ceux qui y mettraient un terme ! Ensuite, bien sûr, le monde entier les remercierait et les méchants seraient mis derrière des barreaux très solides.  Coleen se voyait assez bien en héros humble et aimé de tous, quoi que ce n'était pas son rêve le plus récurent. C'était le genre de rôle qui lui serait allé comme un gant, selon lui, et il n'y avait pas à douter du fait que tous ici auraient été d'accord sur ce point.
Suivant l'exemple de la fière défenderesse des arachnides, le jeune homme fit un bref tour d'horizon.  Juste histoire de vérifier qu'aucune arme n'avait pu tomber du ciel et atterrir comme par magie dans ce couloir ; la routine. Enfin... Tout bien réfléchi, quitte à leur faire un cadeau, leur Dieu l'aurait peut-être plutôt fait passer à travers une fenêtre, dans un éclair ou une bourrasque : ça aurait été drôlement plus logique et discret. D'ailleurs, présentée comme ça, l'idée ne semblait plus tout à fait ridicule. Ça se tenait presque. D'une certaine façon. Malheureusement, aussi parfait soit ce plan, aucune lance dorée ne vint se poser gentiment entre ses doigts pour l'aider à vaincre l'ennemi. Ça leur aurait été bien utile, pourtant ! Parce que pour l'instant, aussi motivés soient-ils, ils restaient pire que désarmés. Et quand il disait pire que désarmé, Marilee n'avait même pas ses talons vengeurs. C'était dire s'ils étaient dans une sacré mélasse. Ce n'était pas en essayant de les étouffer avec des mules qu'ils iraient loin, et hors de question de sacrifier sa jolie chemise toute douce pour ça. La pauvre n'aurait pas tenu dix secondes face à ces becs remplis de crocs acérés.

« On a tes poings d’homme. Et ils doivent bien… »

Il aurait bien rit, mais il n'en eut heureusement pas le temps. S'ils avaient dû compter sur ses poings d'hommes, he, comment dire... Il y aurait eu matière à rire, oui. Il n'avait rien d'une montagne de muscles et aucune envie d’abîmer ses jolies phalanges sur des créatures à priori invincibles ou presque : toute alternative était donc la bienvenue. Surtout si elle n'impliquait pas ses bras d'homme, ses épaules d'homme ou ses jambes d'homme. Ou n'importe quelle autre partie de son anatomie dont il n'ait pas encore envie de se séparer.

« Des pièces d’armure ! » Ha ; rassuré, il s'empressa d'acquiescer. « Il y en a, des fois, dans les salles. Ou les couloirs ! On te met un casque, on prend un vase et un truc pas trop lourd, et là, on sera parés, si elles nous trouvent. Si on les trouve. Dans le passage secret. »

Ça devenait compliqué, tout ça. Est-ce que c'étaient eux qui les cherchaient, ou elles qui risquaient de leur tomber dessus à tout instant ? Confus, Coleen décida rapidement que ça n'avait aucune sorte d'importance puisque le résultat serait le même. A savoir, eux et les poules face à face.
Pas le temps de trouver un meilleur plan : et puisque celui-là lui semblait parfait, raison de plus pour ne pas contredire son amie. Il s'imaginait déjà coiffé d'un casque sans nul doute très classe, un « truc pas trop lourd » en main, prêt à défendre le monde et tout ses habitants ; les mauvais côtés évidents à ce plan censément sans faille lui passèrent loin, très loin au-dessus de la tête. C'était à s'en demander s'il n'avait pas laissé une moitié de cerveau dans son lit en se réveillant.

« Je suis pour ! s'exclama-t-il sans trop hausser la voix, oubliant visiblement qu'il n'y avait personne d'autre que lui à convaincre. Avec un casque, en plus, elles pourront pas nous picorer les yeux et les oreilles. »

Il s'arrêta un bref instant, incertain. Elles ne pourraient pas, hein ? Bizarrement, maintenant qu'il l'avait affirmé à voix haute, il commençait à en douter. Il faudrait voir à quoi ces casques ressemblaient exactement.

« Enfin, en tout cas, il doit y avoir des trucs pas trop lourds un peu partout. Alors en avant, allons nous armer pour repousser l'envahisseur !»

De nouveau déterminé et sûr de leur future victoire, l'elfe mit un point d'honneur à avancer en longues foulées décidées. Mais pas trop non plus, parce qu'ils devaient regarder autour d'eux et qu'il faisait plutôt sombre – sans compter que les petites jambes de Marilee n'allaient pas pouvoir suivre, sinon. Ses 'longues foulées décidées' ressemblaient donc plutôt à de la marche classique, mais qu'importe. Au moins, il pouvait observer alentours avec un sérieux à en faire pâlir les plus intellectuels.
Ou presque.

« Her, tu aurais dû garder un bougeoir ! Ça aurait fait une arme parfaite pour tes petites mains de filles. »
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Mar 14 Jan - 0:00

Fixant le vide avec une attention grandissante, Marilee hocha vigoureusement la tête ; de toute évidence, donner son aval à l’aval de son plan ne lui posait pas le moindre problème. Il fallait reconnaître qu’à sa décharge, elle avait bien d’autres préoccupations à garder à l’esprit, substantiellement plus importantes, et qu’elles accaparaient à elles seules toute son attention. Se défendre de l’envahisseur, c’était une chose : la gamine était sincèrement convaincue que ses amies à huit pattes leur auraient fait un sort à leur sauce, à ces stupides gallinacées. Et en moins de deux, encore ! Deux pattes et des crocs, ce n’était pas grand-chose face à seize bras puissants et d’impressionnantes mandibules. Mais empêcher une invasion, alors même que celle-ci avait déjà commencé, c’était une affaire bien différente et pour cela, pas de doute, il leur fallait être dûment préparés. Ainsi écouta-t-elle son ami énoncer les avantages évidents d’un attirail guerrier complet, sans songer à relever les incohérences qui parsemaient leurs discours enthousiastes comme autant de pâquerettes enfantines et de boutons d’or. Quand elle pensait à la défense de leur attaque, ou à l’attaque de leur défense pour ce qu’elle en savait, elle ne pensait pas au vent qui s’écrasait en hurlant sur les vitres dehors, ni aux éclairs qui frappaient au hasard qui un arbre, qui un champ, qui un toit.

Les poules, c’était tout de même plus concret –une réalité qui s’imposait, dans toute sa tangibilité, avait tôt fait d’écarter quelques pans de cauchemars si un sourire volontaire voulait bien l’épauler. D’autant qu’affronter de véritables Arlésiennes n’avait pas que de mauvais côtés : ils ne risquaient certes pas de gagner leur combat imaginaire, mais les risques de le perdre étaient tout aussi minces. Leur optimiste tapageur finissait même de les écraser, tant et si bien qu’ils avançaient tremblants mais quelque part assurés de leur victoire. L’armée adverse n’avait qu’à bien se tenir. Marilee emboîta le pas à Coleen pour ce qui lui sembla être la centième fois ce soir-là, ou en tout cas la fois de trop, et entreprit de reprendre la direction des opérations. Pour cela, nul besoin de hurler le plus fort, il lui suffisait de passer devant. Avec ses mules confortables mais glissantes, la seule réflexion qui lui vint fut que, décidément, voilà qui était plus facile à dire qu’à faire. La tête blonde de son fiancé n’était pourtant pas bien loin. Qu’importait, au fond ; ils pouvaient très bien marcher deux de front.

C’était du moins ce à quoi la petite s’était résignée lorsque cet abruti fini n’en put plus d’être sérieux et presque utile et décida de décocher un énième trait :

« Her, tu aurais dû garder un bougeoir ! Ça aurait fait une arme parfaite pour tes petites mains de filles. »

Le nez froncé, ses grands yeux plissés, Marilee croisa les bras sous sa poitrine et n’eut pas seulement besoin de chercher une répartie mordante : les mots se pressèrent d’eux-mêmes à ses lèvres boudeuses et, elle l’eût avoué, elle ne fit pas grand-chose pour les retenir. Le bougre de singe, il l’avait bien cherché ! Les capacités d’Elmir à briller lors de grandes joutes verbales étaient plus que douteuses –pas pour elle enfin, et c’était bien ce qui comptait :

« Et toi, cracha-t-elle plus qu’elle ne déclara, tu ne devrais même pas prendre d’armes du tout. Elles vont s’emmêler dans tes grosses mains poilues. »

Hésitant à se murer dans le silence pour mieux montrer à quel point elle était en colère, elle ouvrit la bouche comme pour ajouter un petit mot bien senti, puis se ravisa. Au lieu de cela, elle accéléra le pas, tant pis pour ses mules, et on y va, allez allez, on se presse un petit peu, pas le temps de traîner. Il verrait ce qu’il verrait, avec ses petites jambes de fille !

Enfin, ce fut surtout elle qui en pâtit, lorsqu’elle dut se tordre le cou pour parler à son ami derrière elle –zut, elle n’allait tout de même pas lui parler sans le regarder. Distinguer une ombre en camaïeu de gris et de noirs derrière elle était déjà mieux que rien, que cette ombre fût celle d’un garçon méchant et dégoûtant ou non.

« Ce serait bête de te mettre un casque alors qu’avec ta tête, tu peux leur faire peur ! Enfin, si elles voient dans le noir. »

Bref moment d’arrêt ; la pluie tambourinait toujours sur les vieilles pierres et Marilee se posait de sérieuses questions.

« Tu crois vraiment qu’elles voient dans le noir, alors ? »

Tout de même. On ne se méfiait jamais assez.
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Jeu 20 Fév - 5:35

Eh, quoi ? Ce n'était même pas une insulte, des petites mains, elle n'avait aucune raison de faire une tête pareille ! Depuis quand les filles s'insurgeaient d'avoir des doigts délicats et discrets, il se le demandait. A moins qu'elles ne préféraient les avoir longs, tout compte fait... Et puis quelle importance, de toute façon – elles en accordaient vraiment trop à tout, Marilee la première. En plus, elle était bêtement susceptible et ses cheveux étaient trop longs et elle avait vraiment des petits doigts de fille inutiles et trop boudinés pour porter quoi que ce soit. Voilà.
Lèvres serrées, étirées sur une grimace perplexe et accusatrice, Coleen souffla bruyamment par le nez. Contrairement à elle, qui avait vraiment des mains minuscules, lui ne les avait pas poilues – et c'était facile à prouver, tiens, étant donné qu'il les avait juste au bout des bras. Pas du tout poilus, eux non plus. Et puis, même, il aurait fallu qu'il soit un... un animal, pour avoir de quoi emmêler quoi que ce soit dedans. Ou bien ils parlaient de ses cheveux, parce que là d'accord, peut-être, mais il était à peu près sûr qu'ils étaient en train de se moquer de leurs mains respectives – et voilà que Marilee était partie devant, maintenant ; embêté malgré tout, il haussa les épaules et la laissa faire. Sa fiancée lui donnait parfois l'impression d'être une petite bête capricieuse, à l'image de ces jolies bestioles au pelage soyeux qui, un gros nœud autour du cou, s'empressaient de se frotter à vous dès qu'ils avaient un petit creux. Ou que, admettons, ils n'avaient personne d'autre avec qui jouer sur le moment.
Ça filait des coups de griffe pour rien et sans raison, ces machins-là. Yeux plissés, regard fixé sur le dos de son amie, il se demanda trop longtemps s'il devait répliquer ou au contraire s'excuser et, au final, resta silencieux. Ce qui ne leur fit certainement aucun mal.
Puisqu'elle avançait vite, il garda la même allure ; voire, par réflexe, ralentit un peu. Le garçon détestait autant le silence que devoir perdre lorsqu'il était persuadé d'avoir raison – et ce même s'il avait déjà partiellement oublié le motif exact des sourcils froncés de Marilee : il fut donc ravi quand, bien embêtée par ses petites épaules de demoiselle, la jeune elfe dut pivoter laborieusement pour lui adresser la parole. Elle aurait pu lui parler sans se retourner, sûrement. Il préférait cela dit nettement la voir s'embêter à faire ça.

« Ce serait bête de te mettre un casque alors qu’avec ta tête, tu peux leur faire peur ! Enfin, si elles voient dans le noir. »

Mais ouiii quelle brillante idéééée, chanta la langue tirée du jeune homme. Comme il n'était pas sûr qu'elle puisse distinguer exactement ses gestes dans la pénombre (ni qu'elle y fasse suffisamment attention), il faillit lui expliquer à voix haute qu'il était en train de lui tirer la langue pour rejeter  son idée et ses commentaires avec délicatesse. Heureusement, l'idée lui parut stupide juste avant qu'il ne la mette à exécution. Ce qui, tenant presque du miracle, eut de quoi faire soupirer d'aise sa conscience et ce qui lui restait de sérieux.
Bras croisés derrière la tête, regard subrepticement posé sur une ombre parmi tant d'autres, il se contenta de se rassurer en songeant qu'il y aurait milles occasions de rendre la monnaie de sa pièce à mademoiselle-je-dis-rien-que-des-bêtises. Après tout, tenter de se souvenir qui avait eu le dernier mot était une de ses activités favorites. C'était exactement la même chose que courir après sa queue. Aucun risque d'un jour s'ennuyer.

« Tu crois vraiment qu’elles voient dans le noir, alors ? »

Revenu au niveau de sa compagne de route et de bataille, Coleen  esquissa un grand sourire avant même que ses yeux n'aient eu le temps de se plisser pour en faire autant. Sa joie était parfois si automatique que même lui ne réussissait pas à se suivre – quelque chose comme ça. Toujours est-il que, les deux mains sur les hanches pour donner de l'emphase à ses paroles, il avait déjà tout oublié de ses mains velues et de sa tête à faire peur.

« Évidemment ! Elles feraient pas peur sinon, tssss. » Visiblement fatigué par ce manque de logique chez la demoiselle, il leva les yeux au ciel. « Les choses effrayantes voient toujours dans le noir. Et puis  tiens, eh, si elles voyaient pas dans le noir, elles attaqueraient de jour. Ben oui. »

Fier de ses déductions digne du plus grand stratège – il n'avait qu'à bien se tenir, avec un garçon aussi futé prêt à prendre place – le jeune homme s'autorisa à hocher la tête comme ces personnes sûres d'elles à au moins trois cent pour cent.
Histoire de bien montrer qu'il était maître de la situation, et ne risquait donc pas de crier au prochain bruit non identifié, il passa son bras gauche autour des épaules de Marilee. Enfin, comme il put. Elle était trop petite pour que ça ait vraiment l'air d'une accolade virile entre conspirateurs. Ou plutôt héros, dans leur cas.

« Ça leur fait un avantage ! On doit cooooontre-attaquer. »

En apprenant à voir dans le noir, par exemple. Ça aurait été sacrément génial.
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Sam 24 Mai - 23:36

La question lui trottait dans la tête et dessinait sur le visage de Marilee de profonds sillons inquiets : comment lutter contre des bêtes capables de voir parfaitement dans le noir, quand eux peinaient à discerner deux ombres immobiles ? Leurs moindres mouvements étaient maladroits, empâtés ; ceux de leurs adversaires en revanches auraient sans doute la rapidité et la précision que ne manquaient jamais d’avoir les choses les plus effrayantes de ce monde –à tout le moins était-ce vrai si elle suivait la logique de Coleen, ce qui, sans lui sembler être une excellente idée, avait le mérite d’être assez facile. D’autant que le bougre avait l’air sûr de lui, confiance qui déteignait sur sa jeune compagne dont l’influençabilité n’était un secret pour personne. Particulièrement d’ailleurs si l’influence était plus stupide que stupide. De son côté néanmoins, elle trouvait que les poules étaient déjà des monstres assez convaincants sans avoir besoin d’être des animaux nocturnes : leurs serres étaient dissuasives, leur bec tranchant lui collait une peur bleue et sûrement que les dents qui le garnissaient n’étaient pas là pour faire joli. La théorie de cet idiot tenait debout malgré tout.
La gamine fronça les sourcils, lèvres serrées. Ils ne pouvaient pas être tout à fait certains. Peut-être qu’elles avaient voulu profiter de l’effet de surprise occasionné par un raid au beau milieu de la nuit –et pas n’importe laquelle, mais une suffisamment bruyante pour que le bruit de leurs griffes martelant le sol ne réveillât pas une bonne âme entre ces murs. Ou peut-être qu’elles étaient trop occupées, en journée, à donner le change en couvant des œufs. Ou peut-être qu’elles n’avaient pas réfléchi et venaient d’avoir cette affreuse idée, qu’en savait-elle, après tout.

Mais dès lors qu’elle y avait pensé, ç’avait été trop tard. Le blond à ses côtés ne faisait, comme d’ordinaire, qu’aggraver sensiblement la situation. Ses mains minuscules lui restaient toujours en travers de la gorge, avec toutes les insultes à la gent féminine qu’elles impliquaient, mais Elmir s’abstint de tout grognement quand Coleen passa son bras autour de ses épaules –tant qu’il ne les laissait pas descendre plus bas, elle, cela ne la dérangeait pas. La société guindée dans laquelle elle évoluait depuis son arrivée dans ce pays avait tendance à lui taper sur le système, quand elle ne lui passait pas tout bonnement par-dessus la tête. Tu ne donneras la main à personne, tu ne pinceras personne, tu ne sauteras sur personne au détour d’un couloir, tu ne feras ni ceci, ni cela et encore moins ci ou ça. Elle, pour ce qu’elle en savait, pensait qu’un câlin de loin en loin ne faisait pas de mal. Même avec un nigaud parfait. La contre-attaque lui fit tout de même tirer une tête de six pieds de long. Et comment faire, hein ? Elle avait beau chercher encore et encore retourner le problème dans sa tête, rien ne lui venait. Ces trucs-là étaient du genre invincible, alors qu’eux eh bien, ils étaient…, ils étaient vraiment vincibles, conclut-elle avec fatalisme. Et puis ils ne voyaient pas dans la pénombre ambiante d’une nuit sans lune ni étoiles.

Ce fut cette fois vers le haut qu’elle dû contorsionner sa nuque pour s’adresser à Coleen, visiblement peu décidé à lui faciliter la tâche :

« Elles ont quand même des plumes, des griffes, un bec, des crocs, tout ça. Alors la contre-attaque, ça va être dur, statua-t-elle d’un ton mi geignard, mi décidé avec force grands gestes. Même avec des armes, on perd. »

Leur désavantage criant établi, le temps était venu de trouver une stratégie géniale à employer.

« Mais si elles voient la nuit, elles voient mal le jour, hein ? Alors que nous c’est le contraire. »

Cette idée de génie l’avait frappée tout d’un coup, comme ces éclairs qui zébraient le ciel et lui apportaient de brefs moments de clarté. C’était évident. Pour la discrétion, ç’allait être un brin difficile, mais ils se débrouilleraient. Ne le faisaient-ils pas toujours ?

« Donc on devrait tout allumer et paf, elles seront aveuglées, et là, on repousse leur attaque, et on est des héros secrets ! »

Elle riva son regard sur le visage de son ami, guettant la moindre réaction.
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Mar 27 Mai - 18:09

Heureux de voir que Marilee ne rejetait pas sa marque d'affection – enfin pardon, de conspiration – Coleen baissa un instant le regard vers sa petite tête de linotte. Il avait beau être encore un peu fatigué et craindre sérieusement le retour de bâton si sa mère se rendait compte qu'il était sorti en pleine nuit pour combattre des poules avec sa fiancée, il n'était pas mécontent de cette sortie. Ça changeait de d'habitude ; la routine l'ennuyait autant qu'elle l'asphyxiait. Il n'aimait pas rester à ne rien faire, même si ne rien faire équivalait pour l'heure à dormir dans un lit aussi moelleux que confortable. Son sens des priorités avait toujours été un peu bizarre. Son corps le lui rappellerait probablement le lendemain mais, au fond, quelle importance ? Sa mère et ses professeurs ne seraient que trop contents de le voir somnoler plutôt que de faire n'importe quoi. Enfin sa mère, au moins. Les autres, il n'en était pas si sûr et certain.

« Elles ont quand même des plumes, des griffes, un bec, des crocs, tout ça. Alors la contre-attaque, ça va être dur. Même avec des armes, on perd. »

Ah ben. Embêté, son bras toujours autour des épaules de la demoiselle – ou du moins son poignet appuyé sur son épaule ; question de tailles – le jeune homme ferma sa bouche en ligne droite, signe d'une concentration intense de sa part. Il était vrai qu'avec tout cet attirail, leurs ennemis prenaient des airs de monstres sans foi ni loi, et surtout sans failles ni points faibles. Des plumes, des griffes, un bec, des crocs, et en plus de ça des yeux capables de voir parfaitement dans le noir ? En effet, même armés de pièces d'armures et de leurs plus belles grimaces, ils perdraient de très loin contre ces êtres diaboliques et cruels. Or finir en gâteau pour poules n'étant pas dans les plans de Coleen... Il allait falloir trouver autre chose.
Autre chose que sa fiancée, toujours prête à faire des remarques intelligentes quand elles lui faisaient défaut à lui, ne se priva pas de trouver. Les yeux du jeune elfe s'ouvrirent en grand quand elle fit mention d'une potentielle mauvaise vision diurne, tout content qu'il était d'être en campagne militaire avec une fille par moments si vive et intelligente ; ça n'arrivait pas souvent, hein, alors il fallait bien que ses coups de génies soient vraiment géniaux. Il n'y aurait pas pensé tout seul. Mais en effet, si eux voyaient bien le jour et mal la nuit, il était logique que ces êtres du démon voient mal le jour puisque bien la nuit. Tout leur inverse ! Donc ils n'avaient qu'à...

« … tout allumer et paf, elles seront aveuglées, et là, on repousse leur attaque, et on est des héros secrets ! »

Un grand sourire victorieux se dessina sur ses lèvres quand il baissa le regard vers Marilee, qu'il ne se priva pas de serrer plus convenablement contre lui en poussant une petite exclamation de joie. Il n'était jamais le moins tactile, et encore moins le plus discret ; lorsque le garçon était content, il aimait le faire savoir. Or là, il était particulièrement fière de sa petite demoiselle toute poilue de la tête, avec ses petites mains de filles et son cerveau super chouette. Ils pouvaient gagner, avec ça !
Inutile de dire que la simple idée qu'ils soient en train de se monter le bourrichon pour une attaque qui n'avait probablement pas plus lieu que le ciel était rouge avait disparu de ses pensées. Il était persuadé, à présent, qu'il devait y avoir eu à un moment donné quelque chose qui leur avait prouvé que des poules attaquaient le château. Il admettait avoir oublié comment ils en étaient arrivé là ; pour autant, ça n'avait que peu d'importance. Tout ce qui comptait, c'était d'être des héros et de sauver le monde. Cette belle perspective le faisait rêver éveillé.
Peut-être qu'il aurait vraiment mieux fait de ne pas se lever.

« T'es trop douééééée ! » Sans lâcher ses épaules, il la repoussa pour pouvoir la regarder dans les yeux. « On a qu'à allumer des bougies un peu partout et en garder plein sur nous et tadam bam bam, on sauve le monde ! Enfin le château. Mais c'est un peu pareil, vu que le Prince est là. »

L'air pensif, il fit glisser ses mains des épaules de Marilee. Le Prince, hmmm.

« D'ailleurs c'est sûrement lui qu'elles vont vouloir attaquer ! On devrait commencer par allumer des bougies vers la salle du Trône. Mais pas trop près, hein, songea-t-il bon de clarifier, parce que je crois que c'est super gardé. »

Une moue étira son visage.

« Et ils sont bêtes, les gardes, je suis sûr qu'ils penseraient qu'on veut terroriser le Prince. Alors qu'on veut sauver le monde ! s'exclama-t-il en levant le poing en l'air. Bon, où on peut trouver des bougies ou des lampes ? »

Mieux aurait valu commencer par là, en effet. C'aurait été un bon début.
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Mar 3 Jan - 23:46

Les lèvres de la gamine s’étirèrent en un sourire qu’elle ne tenta pas seulement de ravaler. A quoi bon ? La lumière tamisée aurait souligné le moindre frémissement sur son visage -et ce n’était que Coleen. Il ne l’aurait pas tancée pour un vague manque de retenue, chapitrée pour quelque absence vraiment terrible de modestie. Son génie méritait bien de vives félicitations ; d’autant plus que personne n’irait chanter leurs louanges quand, le lendemain matin, tous se réveilleraient pour une nouvelle journée d’indolence. Inconscients qu’ils seraient du carnage dont dame Elmir et le chevalier Tyrell les aurait sauvés. A bien y réfléchir, ça ne lui plaisait pas tant que ça, d’être un héros secret. Mais puisqu’ils étaient les seuls à connaître l’imminence de l’attaque, ils n’avaient pas tellement le choix. C’était ça ou mourir aux griffes acérées de leurs adversaires au bec de fer.

Ou au bec de ce qu’elles voulaient, d’ailleurs. Peut-être avaient-elles des armures. Marilee ne se souvenait pas avoir un jour vu une chose pareille -cela dit, elle ne se souvenait pas non plus avoir vu de poules au détour d’un couloir, et ça n’empêchait pas ces bêtes perfides de ruiner leur nuit. Oubliés, les coups de tonnerre dont une couverture épaisse ne la protégeait pas. Remisés à l’arrière-plan, utiles à esquisser un décor digne de ce nom pour leur mission divine. Les silhouettes effrayantes des meubles et les gouttes de pluie qui giflaient les vitres se changeaient en tambours battants. L’exclamation de son crétin de promis finit de la consoler : c’était une bonne idée. Si même un abruti comme lui le soulignait, alors il n’y avait plus matière à douter. C’était si évident ! Ils auraient dû y penser plus tôt, au lieu de perdre un temps si précieux à délibérer de choses stupides. Elle lui rendit son sourire et hocha énergiquement la tête, une cascade de mèches rebelles glissant par la même occasion sur ses épaules. Sauver le monde ! Si elle avait un jour rêvé de si grands accomplissements en mettant les pieds sur cette terre ! Même chez elle, il y avait une éternité de cela, cette perspective aurait allumé des étoiles dans ses yeux. Des feux-follets qui les éclairaient avec la constance des étoiles en hiver ; mais tout de même. Ce n’était pas rien.

« Evidemment, qu’ils sont bêtes, opina-t-elle. Ce n’est pas vraiment leur faute, mais vu qu’on ne peut pas les mettre au courant… On aura qu’à leur dire qu’on cherchait Marie-Sophie. »

La couverture était parfaite. Marilee se doutait qu’elle l’élaborait en vain. Les deux elfes ne doutaient pas de leur discrétion, ni de la surdité précoce des gardes. On lui en avait racontées, des histoires ; et jamais il n’était question de se faire attraper au beau milieu d’une quête de première importance par un militaire sans nom, et probablement aussi bourru qu’antipathique. Au pire, jura-t-elle, ils croiseraient une gradée compatissante, vive d’esprit et belle comme le jour qui leur prêterait main-forte et défendrait leur cause, prenant les armes à leurs côtés pour une bataille épique contre les démons cauchemardesques tapis dans les recoins enténébrés du château.
Elle fronça les sourcils, joignant son cerveau à celui de son acolyte. Des bougies, des lampes. Il leur en fallait -mince, il leur en fallait au moins une tonne ! Le souvenir d’un amas de lumière hantait son esprit -mais où, où les avait-elle vues ?

« Il y a, euh… »

Hors de question de gâcher son bel éclair de génie avec une pénurie de lumière.

« Oh, je sais ! »

Lumière qui se fit brusquement dans son cerveau -à croire que Marie-Sophie avait vraiment tissé une ou deux toiles à l’arrière de son crâne. Ni une ni deux, elle se ressaisit de la main de Coleen avant de s’élancer à toute allure à l’assaut des couloirs, toute discrétion oubliée.

« Les lustres, jugea-t-elle bon d’expliquer en tournant la tête derrière elle, au risque d’une rencontre fracassante avec un mur ou la poignée d’une porte. Il y en a plein là où on mange, on arrivera largement à tout éclairer avec tout ça ! »

Puis, dans un dernier souci de justifier le train d’enfer qu’elle leur imposait :

« Mais si les poules y ont pensé, le Prince va avoir des ennuis ! »

C’était eux que les ennuis allaient poursuivre ; mais ça, Marilee ne s’en souciait plus guère.
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Les ombres tiendront la chandelle.   Mer 8 Mar - 20:35

L'évocation de Marie-Sophie tira un rire silencieux à Coleen, dont seules les épaules un peu tremblantes trahissaient l'hilarité. Pour sûr, la fugue imaginaire de cette vilaine bête ferait un alibi parfait ; ce dont il n'était pas persuadé, en revanche, c'était que les gardes comprennent qu'ils ne parlaient pas d'une petite sœur perdue. "Araignée" n'était pas la première chose qui venait à l'esprit face à un prénom tout ce qu'il y a de plus joli. Il pouvait en témoigner. Ces pauvres messieurs risquaient de paniquer avant qu'ils aient eu le temps d'expliquer combien de pattes et d'yeux avait la malheureuse — et ç'aurait été un peu gênant, quand même, comme quiproquo. Un peu.
Il avait dû faire bien pire, dans le genre honteux, mais ce n'était pas une raison : il avait le droit d'essayer de réfléchir de temps en temps.
Pas trop non plus, hein. Il tenait à préserver ses petites cellules grises. On lui avait bien appris que pour ne pas casser quoi que ce soit, il devait surtout, surtout ne jamais y toucher ; du coup, logiquement, s'il ne réfléchissait pas à tort et à travers, il pourrait continuer à le faire longtemps.
Un raisonnement digne des plus grands scientifiques. Il n'en doutait pas un seul instant.

« Oh, je sais ! »

Ah ; ça n'avait pas mis longtemps.
Regard posé sur Marilee, attentif et parfaitement sérieux, Coleen voulut lui sourire pour l'encourager à continuer — tout ça pour être pris de court quand, intellectuelle et sportive tout à la fois, sa fiancée préféra le traîner droit devant.
La surprise le fit patiner sur quelques pas avant que ses pieds ne se décident à réapprendre comment se dépasser sans se marcher dessus ; un peu hébété, il leur jeta un regard noir de reproches. Ce n'était pas le moment de le faire trébucher. Si Marilee réussissait à allonger les foulées sans envoyer ses mules contre un mur, alors lui aurait dû être le plus grand coureur de tout les temps. Il n'avait rien aux pieds pour le faire glisser.
Sa mère l'aurait tué d'être sorti sans enfiler quelque chose avant, ne serait-ce que des chaussons, et tant pis si ce n'étaient même pas les siens ; à en croire son grand savoir de maman, il reviendrait grippé.

Doigts serrés sur ceux de Marilee, nez machinalement levé vers là où les lustres n'étaient pas, il relégua sa santé au millième plan.

« Aaaah oui ! D'accord, s'exclama-t-il en tentant de récupérer le souffle que Marilee s'était amusée à lui voler. Je te suis, chef ! »

Parce qu'il aurait pu la dépasser sans le moindre problème, et gagner dans la foulée la terrible course-poursuite qui s'en serait suivie. Aucun doute là-dessus. Il restait un pas en arrière malgré ses grandes jambes de sauterelle uniquement pour lui faire plaisir ; il n'avait rien à envier aux plus parfaits des gentlemen.
Malheureusement, comme elle ne se rendrait jamais compte de sa gentillesse et de la bonté de son silence, Marilee ne risquait pas de l'en féliciter. Pas plus attristé que ça, il se retrouva à penser que ça n'avait pas grande importance. Il se fichait pas mal de l'entendre chanter ses louanges ; il savait prendre l'affection là où il en trouvait, dans les petites piques sans méchanceté et les mines boudeuses, sans avoir besoin de l'entendre dire les choses clairement. Qu'elle soit venue l'embêter lui plutôt qu'une autre suffisait à donner de l'entrain à ses pas, et une mission top secrète toute autre à sa nuit. Il ne devait pas la laisser s'ennuyer — promesse de crabe.
Sa mère trouvait qu'ils faisaient la paire et allaient bien ensemble. Lui, il savait, alors il acquiesçait en riant.
Son cœur lui chantait que ce n'était pas très drôle, mais il s'était promis de faire avec.

D'un coup d'un seul, sans prévenir, Coleen ralentit brutalement la cadence.

« Attends attends attends ! »

Peut-être aurait-il dû le dire avant, songea-t-il en pensant à leurs mains toujours jointes qui risquaient plus de les emmêler qu'autre chose ; s'ils ne finissaient pas par terre ou à alerter toute la garde, ça tiendrait presque du miracle.

« Je vais pas souvent de ma chambre à la salle à manger, fit-il remarquer fort à propos. Tu sais où on va, ouuuu ? »

Passer la nuit à se perdre ne l'inquiétait pas trop (ça aurait pu être très drôle), mais ils avaient un château à sauver. De lourdes responsabilités impliquaient d'être un minimum sérieux, alors il comptait bien l'être.
Quand ça l'arrangeait, du moins.

Wow :
 
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