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 DAMBECHR Erika {V.1}

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Fugueuse rotie

Féminin Nombre de messages  : 16

Localisation  : Comment je pourrais le savoir? Y'a pas de panneau dans cette ruelle!>_<*
Emploi/loisirs  : J'aime... Discuter de mon travail avec mes amis.8D
Humeur  : Hum, bonne, je dirais? Mais je ne suis pas sûre... Je suis un peu fâchée quand même, au fond.u___û

Inscrit depuis le   : 11/11/2011
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Fugueuse rotie


Feuille de personnage
Age: 19 ans.
Race: Humaine.
Arme / Pouvoir  : Une épée (qu'elle ne sait pas utiliser).

MessageSujet: DAMBECHR Erika {V.1}   Ven 11 Nov - 22:00


   

Dambechr
Erika


"It's a pretty big world, and I am awful small."



Nom :  Dambechr {Prononcez Dambekr}

Prénom : Erika, Alison, Abishag

Âge : 19 ans. {08/03/1542}

Race : Humaine

Camp : Le Royaume de l'Est

Arme : Erika possède une épée finement ouvragée, appartenant à son père. Elle lui a emprunté sans sa permission, bien qu'elle soit incapable de la manier, ses parents n'ayant jamais voulu qu'elle manie d'arme. A part l'agiter dans tous les sens, la jeune fille ne sait pas se défendre avec.

Fonction : Avant la Guerre Civile, la mère d'Erika vendait des paniers, et son père tenait une petite taverne dans le village qu'ils habitaient. Leur village ayant été détruit, ils n'exercent pour l'instant aucun métier. C'est pourquoi Erika a décidé de se rendre à la capitale, dans l'espoir de les aider en gagnant de l'argent.

Lieu de résidence : Erika habitait le village de Taglih, à quelques kilomètres de la ville d'Alkar. Celui-ci ayant été détruit durant la Guerre Civile, ses parents habitent provisoirement une petite maison en bordure d'Alkar. Pour sa part, Erika a quitté le foyer familiale, et voyage vers Esidir.




Aime :
Erika aime sa famille et ses amis, naturellement; Les récits fantastiques et les récits d'aventures; Les vêtements d'homme comme les longues robes brodées; Les armes; Courir; Prouver aux autres que l'impossible peut devenir possible; Crier et faire du bruit pour rien; Les gâteaux et les pâtisseries; Nager; Le blanc, le marron et le rouge foncé; Les gros animaux en général; Avoir raison; Les superbes bâtisses, comme les châteaux; Le soleil; Prendre de la hauteur; Les tempêtes, car elle adore le vent; Jouer à la chasse aux trésors.


N'aime pas :
Erika déteste qu'on lui fasse des remarques sur son langage, souvent familier voir vulgaire; La nourriture épicé ou trop salée; Les interdits; Les gens qui ne cessent de tourner autour du pot; Les prétextes; Avoir à se justifier; Qu'on remarque lorsqu'elle ment; Les canards et les cygnes; Chercher quelque chose qui en fait était sous son nez; Les moqueries; Ne pas réussir quoi que ce soit du premier coup; Le feu; Les Esprits. Depuis la Guerre Civile, elle en a une peur bleue. La magie, du même coup, lui fait tout aussi peur, car qui dit Magie dit Esprit.


Famille :
Erika possède encore ses deux parents, Bertha et Fredrich, âgés respectivement de 43 et 46 ans. Enfant adoptée, elle n'a jamais connue ses parents biologiques, morts peu après sa naissance dans des conditions qui ne lui ont jamais réellement été expliquées. Sa mère étant stérile, elle n'a ni frère ni sœur, et aucune famille proche. Oncles, tantes, cousins, cousines... Elle n'en connaît aucun, ne sait même pas si elle en a. Apparemment, Bertha et Fredrich seraient fâchés avec le reste des leurs depuis longtemps.  


►Description Physique.



Erika est une jeune femme qui gagnerait certainement à prendre plus soin d'elle et être coquette. Elle n'est pas négligente, mais est loin d'être comme toutes ces femmes qui, devant leur miroir, passent des heures à  se coiffer, se maquiller et s'habiller. A partir du moment où Erika s'estime présentable, elle ne se préoccupe pas des petits détails qui pourraient clocher, et sors sans prendre la peine de vérifier si telle ou telle chose est exactement à sa place. Belle, elle l'est indéniablement. Avec des traits fins et réguliers, Erika a un joli sourire, et un visage qui n'est pas désagréable à regarder. Ni pâle ni bronzé, il lui arrive de prendre quelques couleurs en été, mais rien de très marqué. Ses cheveux, épais, sont d'une jolie couleur auburn, et lui vont jusqu'à un plus bas que le bas du dos. Elle les laissait auparavant généralement détachés, mais elle préfère à présent les redresser en une queue de cheval haute, ou les tresser puis en faire un chignon serré. Maintenant qu'elle apprend à se battre et à courir comme un homme, elle trouve plus pratique de ne pas constamment les avoir dans la figure. Faites cependant attention, elle ne les couperait pour rien au monde! Alors gare à ceux qui voudraient y toucher. Les yeux de la demoiselle, grands, lui confèrent un air étonné et gentil, voir niais, au repos. Sa palette d'expression, très variée, permet cependant de dissiper bien vite le doute: Non, elle n'est pas niaise, loin s'en faut. A mi-chemin entre le gris et le bleu, ils sont, à l'image de son visage, très expressifs. Avec son mètre soixante-six, Erika ne pense être ni trop grande ni trop petite, et ça lui convient parfaitement. Plutôt mince, la jeune fille pèse une cinquantaine de kilos, et fait des efforts pour se maintenir à ce poids qu'elle juge idéal. Sa poitrine est dans ce qu'on pourrait considérer comme la moyenne, peut-être légèrement en dessous, et ses courbes tout à fait féminines sans êtres exagérées. Dans l'ensemble, Erika est heureuse d'avoir hérité d'un corps élégant et féminin sans être vulgaire.

Au niveau des vêtements, les goûts d'Erika se côtoient comme le jour et la nuit. Elle aime les longues robes brodées et les bijoux brillants, les pinces à cheveux dorées qu'on ne voit qu'en rêve. Elle aime beaucoup les vêtements de Princesse, et si elle pouvait se le permettre, elle en achèterait pour remplir sa garde robe. D'un autre côté, elle affectionne aussi les vêtements d'homme, comme les pantalons, les chemises, les vestes et les bottes. Actuellement, elle ne porte de toute façon presque que ça. L'humaine aux yeux bleus ne rechigne cependant pas à porter des robes toutes simples, ce qu'elle a fait pendant dix-neuf longues années. Elle rêve de bijoux et de robes superbes, certes, mais elle sait garder les pieds sur terre, à ce niveau là. Des habits communs font tout aussi bien l'affaire, pour peu qu'ils soient de couleurs qu'elle aime.

En somme, Erika est une jeune femme plutôt belle, mais qui ne cherche pas particulièrement à s'embellir. Si elle le faisait, nul doute qu'elle aurait tout de suite beaucoup de succès auprès de la gente masculine. Enfin, pour cela, il faudrait déjà qu'elle s’intéresse aux garçons, ce qui est loin d'être dans ses priorités.


►Description Mentale.



Erika est une jeune fille qui ne cesse d'étonner ses interlocuteurs. Lui parler, c'est s'assurer une bonne migraine, tant elle peut être volubile et enthousiaste parfois. Imprévisible, aussi, répondraient ses parents si vous le leur demandiez, car Erika ne répond pas toujours comme on peut s'y attendre. Pour commencer, il semble bon de préciser que ce n'est pas en elle que vous trouverez l'archétype de la jeune fille parfaite: Elle n'est ni très calme, ni très polie, ni excessivement aimable ou naïve. Vive et bavarde, il en faut peu pour lancer Erika dans de grands débats, que vous l'écoutiez ou non, et la jeune fille se montre particulièrement ferme dans ses idées, au point d'en être têtue et de mauvaise foi. Expressive, toutes ses émotions passent sur son visage et dans ses yeux, et son corps traduit en général lui aussi très bien l'humeur dans laquelle elle se trouve, Erika ayant l'habitude d'appuyer ses propos par d'amples gestes des bras. Rester calme et en place est difficile pour elle, qui a toujours besoin de bouger, de s'occuper les mains et l'esprit. Erika est énergique, et n'hésite jamais à rendre service. Comme n'importe qui, elle a ses moments de mauvaise humeur, durant lesquels il vaut mieux ne pas lui prêter attention. On peut difficilement ne pas remarquer qu'elle est fâchée, de toute manière, car elle grogne et jure plus que de coutume, comme pour être certaine que son entourage comprend bien que quelque chose l'agace. L'ignorer est donc le meilleur des remèdes, lui prêter attention ne ferait qu'accentuer sa colère. Néanmoins, la plupart du temps, Erika est souriante et de bonne humeur, une compagne de discussion agréable, bien que même dans ces moments là, elle ne soit jamais très calme. Enthousiaste à propos de tout ce qu'elle entreprend, Erika  peut s'accrocher à un projet de tout son être et l'abandonner sans raison, sous le coup de la tristesse; Il lui arrive en effet de se sentir mal car elle pense ne rien savoir faire de bien. Mais heureusement, elle se reprend vite en mains, et continue ce qu'elle avait commencé et abandonné. On pourrait dire Erika courageuse, ce ne serait pas faux. Téméraire, même, peut-être. Ce courage est surtout du, cependant, à une inconscience presque permanente. Erika ne voit que très rarement le danger là où il se trouve, et prend tout à la légère, même la plus sérieuse des affaires. Tout est prétexte au jeu chez elle, et elle agit comme une enfant menant une quête factice. Il lui arrive de se lancer dans des choses qui la dépassent, et ne s'en rendre qu'après être durement tombée à terre. Rêveuse, elle voit la vie comme un conte de fée, d'où sa perception enfantine et peu réaliste de ce qui l'entoure.

Même son expérience avec les Esprits durant la Guerre Civile n'a pas réussi à la faire redescendre sur Terre. Pire, ça a accentué son côté héroïque et aventureux. Si ses parents vont mal, elle trouvera une solution, persuadée de pouvoir réaliser ce à quoi elle pense. Ce trait de caractère l'entrainera sans aucun doute dans des situations impossibles, d'où elle pourrait ne pas ressortir intacte. Une dernière chose à préciser: Erika a un sens de la répartie assez développé, et ne supporte pas de se faire marcher sur les pieds. Si vous l'insultez, elle vous insultera en retour, et autant dire que son vocabulaire est loin d'être constitué de mots et de tournures magnifiques. Bien qu'intelligente et possédant un esprit vif et prompte à réagir, Erika peut paraître stupide lors d'une première rencontre ou dans certaines situations. Son tempérament de tête brulée 'fonçons dans le tas et réfléchissons après' mit de côté, elle n'a guère été instruite et sa culture général est minimale. Il lui arrive donc de répondre complètement à côté de la plaque, ou de ne pas savoir des choses qui, aux yeux des autres, paraissent évidentes.


►Histoire.



Lorsque la famille Dambechr était arrivée à Taglih, en cette matinée de mars, l'air était froid et il n'y avoir aucun signe de ce Printemps qui pourtant s'était installé quelques jours auparavant. Le mari se présenta comme un ancien aubergiste dont la fortune avait brûlée avec son auberge. Il ne possédait plus rien si ce n'était sa femme et sa fille, et comptait refaire sa vie à Taglih. La femme, petite et jolie malgré ses rondeurs, portait dans ses bras un bébé qui ne devait guère avoir plus d'un mois. Ils n'avaient presque aucune affaires avec eux, et semblaient fatigués. Les villageois les accueillirent chaleureusement, et les hébergèrent le temps qu'ils puissent stabiliser leur situation. Comme le village était petit et peu visité, ils n'avaient nulle besoin d'une auberge. Cependant, comme les hommes se plaignaient souvent de n'avoir pas endroit dans lequel ils pourraient boire et se retrouver (car les femmes discutaient entre elles à la rivière lorsqu'elles lavaient le linge), Fredrich émit la proposition de créer au rez-de-chaussée de sa maison une petite taverne. L'idée fut accueillie avec un enthousiasme débordant de la part de ces messieurs, et plus modéré de la part de ces dames, qui craignaient de voir rentrer leurs maris saouls chaque soir. Fredrich leur assura cependant, pour les rassurer, qu'ils se monteraient raisonnables. Cela restait à voir, mais l'idée fut au final unanimement acceptée. La maison fut rapidement construite, car le couple craignait que leur enfant ne tombe malade et ne voulait pas importuner ceux chez lesquels ils dormaient en attendant leur nouveau foyer. Quand ils purent s'installer dans leur maison, la vie pu reprendre son cours. Fredrich était étonnamment à l'aise dans son rôle, mais personne ne trouva cela étrange, car il avait dit avoir été aubergiste auparavant. Bertha, elle, discrète comme une épouse se doit de l'être, restait à l'étage pour confectionner des paniers d'osier, qu'elle vendait à une femme du village qui allait ensuite les vendre à Alkar lors des marchés. Prétextant une constitution plutôt fragile, Bertha ne désirait pas y aller elle-même.

C'est dans ce monde qu'Erika vécue toute sa vie. Lorsque les clients de la taverne venaient le soir, Erika devait se réfugier à l'étage, avec sa mère et les amies de cette dernière. Cependant, comme elle était une enfant curieuse de tout, il lui arrivait de braver l'interdit et descendre sans faire de bruit. Là elle écoutait ce que les hommes racontaient, jusqu'à ce que son père ne la voit et ne la chasse. Les hommes faisaient beaucoup de bruit, et étaient souvent vulgaires. Mais plus les heures passaient, plus leurs conversations devenaient extraordinaires. Ils contaient des récits de grandes batailles et prononçaient avec admiration le nom de plusieurs chevaliers des temps anciens. Ils se désolaient que maintenant ces chevaliers aient disparus et que leurs descendants, les Nobles, soient si peu valeureux. Entre deux anecdotes, ce sont ces récits qu'Erika aimait entendre. Elle s'imaginait que ces guerriers étaient des gens formidables, des hommes géants et musclés, et qu'elle aurait voulu les voir. Qu'elle aurait voulu en épouser un. Son père et sa mère se mirent à rire lorsqu'elle le leur confia, car les chevaliers n'existaient plus depuis longtemps. Ils rirent moins, en revanche, lorsqu'elle décréta qu'alors elle serait elle-même un chevalier et défendrait les gens sur un cheval ailé.

Lorsqu'elle se rendit compte, plus tard, que jamais elle ne le pourrait, elle en fut extrêmement déçue.

                                                       *********************

« Mais pourquoiiiii? Gémit la fillette, tapant du pied contre le fauteuil.

-Parce que les armes ne vont pas aux jeunes filles, répondit  sa mère avec colère devant l'insistance de sa fille de huit ans. Tu peux apprendre à lire et écrire, mais pas à manier une arme. Concentre toi plutôt sur tes paniers, ils ne ressemblent à rien, ils vont être inutiles, et Afflamez ne pourra pas les vendre. »

Avec une dernière protestation, Erika baissa ses yeux clairs vers son panier qui, en effet, ne ressemblait en rien à un panier. Elle tenta de le récupérer, mais ne parvint qu'à empirer l'ouvrage, qu'elle jeta avec humeur sur le fauteuil à côté d'elle. Bertha lui lança un regard sévère, mais ne rétorqua rien. Erika avait toujours été relativement expressive, et ses accès de colère passaient rarement inaperçus. Elle faisait de toute façon tout pour que ses parents remarquent qu'elle était fâchée. L'ignorer et ne pas répondre à ses provocations était le meilleur moyen de la faire cesser.

« Le père d'Ange,  lui, il la laisse toucher à ses armes.

-Le père d'Ange a l'impression d'avoir eut trois fils. Et puis c'est son problème...Il peut faire ce qu'il veut. En attendant, Ange ne sait pas lire, elle.

-C'est vrai. »
admit Erika à contrecœur, s'enfonçant dans son fauteuil avec une mine renfrognée.

Ange était une amie d'Erika. Elle avait seulement un an de plus qu'elle, et était aussi énergique et impulsive, voir plus. Gustave et Mahé, ses deux frères, ne cessaient de la taquiner, et Erika pensait que c'était à cause d'eux qu'elle avait un tel sens de la répartie. A force d'être constamment embêtée, elle avait bien du trouver un moyen de leur tenir tête. Elle, elle n'avait jamais eu de frères, et pourtant, elle répondait bien aussi, ce que ses parents considéraient plutôt d'ailleurs comme un défaut. Relevant un regard curieux vers sa mère, qui finissait son panier (qui était parfait, évidemment), elle se posa cette question qu'elle ne s'était jamais vraiment posée auparavant. Elle n'avait pas de frère, et elle n'avait pas de sœur non plus. Tout le monde en avait ici, pourtant. Pourquoi pas elle?

« Maman, pourquoi j'ai pas de petit frère ou de petite sœur? »

Bertha s'immobilisa soudain, comme si Erika venait de sortir quelque chose de vraiment horrible. La fillette eut un instant peur de l'avoir fâchée, mais c'est un regard soucieux et non coléreux que la mère porta sur sa fille unique.

« Pourquoi tu demandes ça, tout à coup?

-Parce que tout le monde en a sauf moi, et que...Si je ne peux pas toucher aux armes, alors je veux un petit frère ou une petite sœur. »


Bertha soutint le regard  déterminé d'Erika, puis baissa les yeux avec un soupir. La fille aux cheveux auburns suivit les mouvements des bras de sa mère alors que cette dernière reposait son ouvrage presque achevé sur la table basse devant elle. Bien que petite, Erika sentait que quelque chose troublait profondément sa mère, car quand elle s'adressa à elle, sa voix tremblait un peu. Juste un peu. Et ça, ça ne lui ressemblait pas.

« Parce que je ne peux pas avoir d'enfants, ma chérie.

-Mais tu m'as eut moi, alors pourquoi pas un autre?

-Erika... »


Le silence fut soudain atrocement pesant. La fillette s'agitait nerveusement sur son fauteuil, attendant avec appréhension les prochaines paroles de sa mère. Elle n'avait rien fait de mal, si? Elle n'allait pas la punir, quand même? Elle avait simplement posé une question...Et c'était loin d'être la première fois qu'elle en posait une.

« Tu comprendras quand tu seras un peu plus grande, finit-elle par répondre avec un sourire forcé.

-Mais je suis déjà grande! S'offusqua Erika en écarquillant les yeux.

-Un peu plus, Erika. Juste un peu plus. Si je te le disais maintenant, tu ne comprendrais pas. Attends encore un peu, d'accord, ma chérie? »

La 'chérie' s'apprêtait à rétorquer quelque chose, mais son père entra dans la pièce, leur annonçant qu'Ange et son père étaient venus leur rendre visite. Bertha, saisissant cette occasion, se leva et sorti de la pièce. Erika resta là quelques secondes de plus, perturbée par ce que sa mère avait dit. Ne comprendrait pas quoi? Qu'est-ce qu'elle ne comprendrait pas? Finalement, la voix de son père la sortie de ses pensées, et elle sauta vivement de son fauteuil, descendant les escaliers pour aller retrouver Ange. Les deux petites filles joueraient à un jeu de société alors que leurs parents discuteraient de la pluie et du beau temps; Et tout rentrerait dans l'ordre. Le soir-même, Erika avait oublié cette drôle de conversation qu'elle avait eut avec sa mère dans la journée.

Pour l'instant, elle ne s'en souciait plus.

                                                        *********************

La vie poursuivit son cours à Taglih pendant quatre ans encore. Erika grandissait, comme toute petite fille normale. Elle en faisait voir de toutes les couleurs à ses parents, tout en étant adorable quand l'envie lui en prenait. Serviable, elle ne manquait jamais une occasion d'aider sa mère à aller laver le linge à la rivière. Elle retrouvait Ange là-bas, et toutes les deux bavardaient de choses sans importance, et se faisaient copieusement disputer quand elles laissaient par mégarde tout le bac de vêtements tomber dans l'eau. Un quotidien qu'Erika, bien qu'elle avait envie de changements et d'aventures, acceptait  sans -trop- protester. Puis, peu après qu'elle eut fêté ses douze ans, sa mère décida qu'elle était à  présent assez grande pour comprendre ce qu'elle n'avait pas voulu lui dire quatre ans plus tôt. Assise dans un fauteuil, face à ses parents, Erika apprit ce secret qu'ils avaient si farouchement gardés jusque là. Ce n'est pas tant le fait d'avoir été adoptée qui la choqua, mais plutôt le fait qu'ils ne lui aient pas dit avant. Bien entendu, dire qu'elle prit la nouvelle sans aucune difficulté serait totalement faux. Elle posa mille questions sur ses vrais parents, qui ils étaient, où ils étaient, pourquoi ils l'avaient abandonnée, à quoi ils ressemblaient. Erika se senti triste à l'idée qu'ils aient pu l'abandonner: Ne l'aimaient-ils pas pour ne pas avoir voulu la garder  près d'eux? Bertha et Fredrich firent de leur mieux pour tout lui expliquer. Ils lui dirent que ses parents étaient morts peu après sa naissance, et qu'ils avaient pris soin d'elle après leur mort. Que comme ils ne pouvaient pas avoir d'enfants, elle avait été comme un cadeau du ciel. Erika  leur demanda comment ils étaient morts, mais ses parents se bornèrent à évoquer un accident sans jamais entrer dans les détails. Ils n'entraient jamais dans les détails. Ils lui dirent simplement qu'ils auraient voulu qu'elle soit heureuse, même sans eux.

Erika aimait toujours ses parents, bien évidemment. Il l'avaient élevée, et même s'ils n'avaient pas toujours cédé à ses caprices, ils avaient toujours été là pour elle. Même si  maintenant elle remarquait combien elle ne leur ressemblait pas, même si maintenant elle savait qu'ils n'avaient aucun lien de sang, elle les considérait toujours comme ses parents. Mais cette révélation lui laissa comme un gros vide dans le cœur, qu'elle ne parvint jamais à combler. Elle ne niait pas qu'elle aurait  voulu connaître ceux qui l'avaient mise au monde. C'était impossible, cependant; Comment questionner les morts? Si elle avait pu les voir ne serait-ce qu'une seule fois, voir à quoi ils ressemblaient et qui ils étaient, alors sûrement aurait-elle pu les laisser partir et les enterrer pour de bon.

Mais ça, elle n'y arriva jamais.

                                                        *********************

En Décembre 1556, deux ans plus tard, un événement déterminant vint bouleverser la vie d'Erika et celle de tout le peuple d'Illea. La matinée était déjà bien avancée, et tout le monde préparait les réjouissances pour la nouvelle année à venir. Erika, qui avait eut quatorze ans cette année, aidait son père à sortir les tables de l'auberge jusqu'à la petite place du village, au dessus de laquelle l'on avait érigé un toit de tissu coupé en son milieu. Il faisait doux, comme souvent en hiver à Illea, mais un feux trônerait tout de même au milieu de la place pour leur tenir chaud. Alors qu'Erika et Ange plaisantaient sur le fait que le toit de tissu allait prendre feu et tous les tuer, un homme essoufflé et en sueur les interrompit. Il leur dit venir d'Alkar et avoir une nouvelle de la plus haute importance à annoncer. Aussitôt, tous les villageois se rassemblèrent autour de cet homme que l'on avait fait asseoir. Le souffle court, il leur expliqua l'atroce nouvelle qui se répandait en ce moment-même à travers tout Illea; Le Roi et la Reine, paix à leur âme, étaient morts quelques jours plus tôt. Leurs enfants, le Prince Ankou et la Princesse Annahita, seraient officiellement couronnés dans deux semaines. Sur la petite place joyeuse, tous les rires et les murmures se turent immédiatement, remplacés par un silence glaciale. Erika, incrédule, tira la manche d'Ange, qui lui renvoya un regard tout aussi interloqué. Passée la surprise, plusieurs voix s'élevèrent, chargées de colère. Les hommes voulaient savoir qui avait osé prendre la vie de leurs souverains, les femmes s'inquiétaient que les nouveaux dirigeants soient si jeunes. Les plus jeunes enfants, accrochés aux jupes de leur mère, ouvraient de grands yeux curieux devant cette agitation qui leur était incompréhensible. L'homme, finalement, fut conduit dans une maison afin de pouvoir s'y reposer et s'y restaurer avant de pouvoir repartir à Alkar. Erika et Ange se séparèrent, troublées comme le reste des villageois.

La jeune fille aux cheveux auburns s'imagina gouverner un pays, mais cette image lui paraissait grotesque. Comment des enfants plus jeunes qu'elle pourraient y arriver? Pleine de questions et de doutes, elle se faufila à travers la porte d'entrée ouverte, et la taverne désormais libérée de toutes ses tables. Elle gravit les marches deux par deux, espérant trouver ses parents à l'étage. Ils se tenaient là, assis l'un en face de l'autre. Erika, qui pensait trouver gravée sur leurs traits toute l'horreur du drame qui s'était déroulé, les vit étonnamment détendus et même de meilleure humeur que de coutume.

                                                 *********************

Erika, après le repas, monta directement à l'étage, dans sa chambre. Elle avait bien essayé de parler à ses parents de ce qui était arrivé aux Souverains d'Illea, mais elle n'avait obtenu de leur part comme réponse que de faibles haussements d'épaules et quelques commentaires évasifs. Elle avait finit par abandonner, et avait vite terminé son assiette, pour pouvoir aller s'allonger sur son lit et retourner dans sa tête tous ces petits problèmes qui la tracassaient. Jamais il ne lui avait paru que la vie puisse être compliquée, car elle avait vécue jusque là un quotidien simple. La mort des Souverains d'Illea était comme une pierre lancée dans un lac: Les ondulations qui déformaient l'eau avaient beau paraître inoffensives, personne ne pouvait savoir quel serait leur impact sur le monde  des eaux. Dans les livres d'Erika, les Princes et les Princesses vivaient des vies merveilleuses, et s'ils rencontraient un problème, qui le plus souvent prenait la forme d'une horrible sorcière ou d'une malédiction, ils parvenaient toujours à le contrer. A coup d'épées et avec une bravoure sans égale. Mais le Prince et la Princesses pouvaient bien partir à la recherche d'un oracle merveilleux, ça ne ramènerait pas leurs parents à la vie. Ils étaient morts. Erika se redressa, et saisit son livre préféré, toujours posé sur sa table de chevet. Elle l'ouvrit, passant sa main sur les pages rêches et jaunies par le temps. Dans cette histoire, l'héroïne n'avait d'autre choix que de parcourir le monde sur un cheval ailé afin de sauver son père et son frère de la  mort. Erika aurait beaucoup aimé faire comme elle, même si elle n'avait pas de frère à sauver et que son père se portait bien. Si les chevaux ailés existaient,  elle se serait débrouillée pour en avoir un depuis longtemps!

La jeune fille posa son regard sur le ciel qui s'obscurcissait petit à petite à travers sa fenêtre. Avec cette affreuse nouvelle, les fêtes de fin d'année seraient sûrement moins belles que les années précédentes. A moins que, en l'honneur des nouveaux seigneurs, la capitale se surpasse. Enfin, à Taglih, ce serait  toujours la même chose, elle imaginait. Des tables entières de nourriture et de boissons, des rires joyeux et des chansons à n'en plus finir. Cette pensée rassura Erika, qui laissa son esprit dériver vers de lointaines terres, plus agréables. Parfois, elle s'imaginait ce qu'elle ferait, si elle vivait dans un château. Elle porterait de belles robes, on nouerait  ses cheveux d'une manière très compliquée mais somptueuse, et elle pourrait assister à des bals masqués, ses préférés, où pour le temps d'une soirée on pouvait prétendre être qui l'on voulait. Peut-être même aurait-elle des prétendants, prêts à tout pour gagner les faveurs de son cœur? Cette dernière pensée la fit rire. Ce qu'elle pouvait être ridicule, parfois!

Cette vie-là était à des lieues de son existence. Pourtant, il lui semblait qu'elle aurait pu la toucher rien qu'en tendant le bras tant les décors d'une merveilleuse salle lumineuse lui paraissaient réels.

                                                  *********************

Les fêtes se déroulèrent sans accroc, et Taglih oublia ses peines et ses frayeurs le temps d'une soirée et d'une nuit. Erika et Ange s'amusèrent beaucoup, enchainant les pitreries comme elles savaient si bien le faire. Puis vint le temps des danses, et Erika fut invitée par un beau jeune homme tout juste rentré d'Alkar quelques heures auparavant. Ce n'était pas un inconnu, mais un garçon auquel elle avait souvent vu Ange s'agripper ou donner de petits coups de poings. Un garçon auquel elle n'avait jamais vraiment parlé jusque là, car elle lui avait toujours préféré sa soeur. Dansant avec Gustave, elle sembla le découvrir pour la première fois, et en tomba éperdument amoureuse. Du moins, autant que pouvait être amoureuse une fille des quatorze ans d'un jeune homme de dix-huit ans. Impétueuse comme elle l'était, elle le lui avoua de but en blanc après la fête, et Gustave accepta de lui donner sa chance. Ange ne le prit pas mal, trouvant cela plus amusant que désolant. Leur histoire, qui fut à l'image de celles d'enfants plutôt que celle d'adultes, dura en tout et pour tout un an. Ils se séparèrent d'un commun accord, Erika consciente que Gustave désirait quelque chose qu'une gamine de quinze ans ne pouvait  lui offrir. Il voulait fonder une famille, et elle ne se sentait pas prête à assumer une aussi lourde charge. Quelques temps plus tard, il épousa une certaine Eileen, de la ville de Litinna. Une jeune femme ravissante et timide, que même Erika trouva sympathique. Ils s'installèrent dans la maison que ses parents avaient fait construire pour eux, et Ange et sa meilleure amie leur rendaient souvent visite. Erika n'était plus amoureuse de Gustave, mais entretenait à son égard une forte amitié. Les voir heureux  lui faisait sincèrement plaisir, car elle n'était pas fille à tirer plaisir de la souffrance des autres.

Une paix relative s'installa à Illea durant le règne des jumeaux. Vers la fin de l'année 1558, les choses se compliquèrent; On racontait que d'étranges êtres venus des plaines gelées au Nord avaient foulés les terres du royaume, et chacun ajoutait son grain de sel à cette rumeur incroyable, si bien que personne ne savait plus quoi croire. Erika écoutait ces histoires avec intérêt, fascinée par ce nouveau peuple supposément belliqueux et cruel. Elle ne pouvait se résoudre à penser qu'ils existaient vraiment. Mais elle n'eut pas trop le temps de plus se questionner sur eux, car en ce début d'année 1559, des tensions palpables entre Humains et Esprits se firent sentir. Taglih, exclusivement habité par des Humains, recevait ces nouvelles d'Alkar, horrifié. Le sceptre du pouvoir, qui aurait du revenir à Ankou Della'Morte, restait entre lui et sa soeur. Jamais, de mémoire d'ancêtre, le Royaume d'Illea n'avait  connu de situation aussi tendue. Pas depuis la fin du règne des Rois Tyrans, les premiers rois de la dynastie des Della'Morte. Erika, depuis la fenêtre de sa chambre, regardait le temps changer, et le ciel se couvrir de nuages noirs, présage sinistre. S'ils avaient été dans un livre merveilleux, un héros serait apparu  pour tous les sauver, un miracle aurait opéré, rendant à Illea sa joie de vivre passée.

Mais ils n'étaient pas dans un conte de fées, et le pire arriva en Janvier de la même année.

                                                      *********************

Il était arrivé, soufflant et en sueur, comme en 1556 à l'annonce de la mort du Roi et de la Reine. Il empestait  le malheur, et  tous les habitants de Taglih sortirent en trombe de leurs habitations pour l'entourer. Il y avait beaucoup de monde sur la place, mais personne ne faisait de bruit, personne ne soufflait ne serait-ce qu'un seul mot, comme si parler ferait tomber le ciel sur leurs têtes. Erika s'avança près du cercle qui s'était formé autour de l'homme venu d'Alkar, les jambes en coton. La jeune fille, qui n'était plus une enfant,  aurait dix-sept ans dans deux mois. Elle ne pouvait ignorer la détresse qu'exprimaient les traits de cet homme fatigué. Malgré tout, elle resta bien droite dans sa robe saumon, les lèvres pincées. Si quelque chose d'atroce s'était passé, elle voulait le savoir. Être gardée dans l'ignorance était bon pour les enfants; Et elle n'en était plus une depuis longtemps.

« Mes amis, c'est terrible... » Commença l'homme, peinant à retrouver son souffle.

Erika, ainsi que tous les autres habitants présents sur la place, tendirent l'oreille, pour ne pas manquer la suite des paroles de l'homme. Il parlait aussi fort qu'il le pouvait, signe que la nouvelle les concernaient tous sans exceptions. Femmes, hommes, enfants... Tout le monde devait savoir.

« Il y a eu un conflit armé à Jiang Zemin hier. Les Humains et les Esprits ont déclaré les hostilités... »

Le cœur d'Erika se brisa un peu plus au fur et à mesure que les mots sortaient de la bouche de l'inconnu. Un conflit armé, un conflit violent. Si les Humains et les Esprits avaient décidés de déclarer ainsi les  hostilités au grand jour, ça ne pouvait vouloir dire qu'une seule chose.

« C'est la Guerre. »

                                                       *********************

« Erika, ne t'éloigne pas trop!

-Oui, maman! »

La fillette, avec toute la vigueur de ses cinq ans récemment atteints, couru le long du sentier de terre, ses épais cheveux auburns dansant  autour de son visage rond et ravi. Ses parents interdisaient à Erika de quitter le village, sous prétexte que les alentours étaient dangereux, alors ce pique-nique dans la campagne était une occasion inespérée pour la petite  fille de découvrir plus  en profondeur le monde qui l'entourait. Elle s'arrêta pour souffler, et avisa une branche de bois sur le sol. Elle la saisit entre ses petits doigts, raffermissant sa prise pour être certaine de ne pas laisser tomber sa trouvaille. Le bois était chaud dans sa main, et elle secoua la branche, l'agitant autour d'elle, comme pour en espérer une quelconque réaction. Mais le bois n'était pas un animal, et il ne bougea pas, ne protesta pas. Erika laissa s'échapper un petit soupir ennuyé. Puis elle se souvint de ce passage de son livre, dans lequel le Prince, libéré de son maléfice, combattait les armées de la vilaine sorcière, à l'aide d'une épée magnifique et dorée. Ce bout de bois n'était pas une épée et n'était pas dorée, mais en avait la forme, et c'était suffisant à la fillette pour le brandir telle une arme, tailladant des ennemis invisibles.

« T'es mort! » Lâcha-t-elle avec un sérieux presque comique, donnant le coup de grâce à un tronc d'arbre, son visage emprunt d'une immense satisfaction. Puis elle se retourna, prête à recevoir la Princesses sa soeur dans ses bras, mais il n'y avait personne pour jouer avec elle. Elle resta là un moment, debout, se demandant quoi faire. Sans personne à protéger, et sans personne pour la féliciter de ses exploits, tuer l'ennemi ne servait à rien!

« Erika, ma chérie, qu'est-ce que tu fais? »

La fillette pivota prudemment sur ses pieds pour ne pas trébucher, et se retrouva face à sa mère, qui la couvait d'un regard interrogateur. Sous une impulsion soudaine, Erika lui désigna l'arbre qu'elle avait copieusement rué de coups un peu plus tôt, rayonnante, et lui adressa ces quelques mots:

« Je l'ai tué. »

Voyant que sa mère ne comprenait pas qu'elle avait exterminé une menace imminente, elle se mit à lui expliquer plus lentement et en détails son aventure extraordinaire.

« J'ai tué le méchant avec mon épée. (Elle agita la branche pour appuyer ses propos) Il voulait tous nous tuer mais je l'ai tué avant. Tu me fais un bisou pour me remercier? »

Bertha resta un moment interdite, puis offrit à sa fille unique un immense sourire, teinté de soulagement. Elle prit l'enfant bavarde dans ses bras, et plaça un baiser sur son front.

« C'est très bien, ma chérie. Grâce à toi, on pourra manger en paix.

-C'était dur, hein! Mais je l'ai eu. Je peux garder l'épée?

-Oh, cette branche? Si tu veux. Mais tu n'auras pas le droit de la monter dans ta chambre, d'accord?

-D'accord... »

Erika dans les bras, Bertha s'éloigna de l'arbre transformé pour les besoins du jeu de l'enfant en ennemi mortel, vers la petite clairière choisit par la famille pour pique-niquer. Par dessus l'épaule de sa mère, la petite fille aux grands yeux observait les arbres et les buissons qui défilaient, attentive au moindre mouvement, comme seul un enfant fasciné sait l'être. Puis, bercée par le mouvement de la marche, elle se mit à fredonner une petite chanson. Bertha sursauta, et éleva une voix dans laquelle se lisait une légère anxiété:

« Où est-ce que tu as appris cette chanson?

-Quelle chanson? Demanda Erika en fronçant les sourcils.

-Celle que tu chantais, à l'instant.

-Oh, celle là? (Elle fredonna quelques notes, hésitante) Je ne sais pas. Elle est venue, comme ça, toute seule. »

Bertha se tendit sensiblement, mais Erika, trop occupée à examiner sa branche, ne remarqua pas le soudain changement d'attitude de sa mère. Dans cet univers restreint dans lequel elle vivait, il n'y avait pas de place pour les ennuis. Tout était rose, coloré, emplit de personnes et d'animaux fantastiques. Erika était une enfant qui rêvait trop: Ses parents auraient mieux fait de lui dire, de la forcer à redescendre sur terre. La vie n'est pas un conte de fée, mais parfois, cette évidence nous échappe.

Et ne nous revient qu'une fois le mal fait.


                                                          *********************

La Guerre.

Depuis l'annonce du  conflit entre Esprits et Humains, Taglih s'était muré dans un silence profond, comme si le moindre mot  attirerait le mauvais œil sur eux. Erika se souvient de ces jours  comme de longs après-midi solitaires passés à réfléchir au malheur, et à toutes les solutions possibles pour s'en sortir. La jeune fille avait de l'imagination et du courage, mais ne pouvait rien faire seule. Cette situation la désolait, autant que son impuissance. Puis un jour, après un an de conflit, le petit village s'était agité, en proie à une panique soudaine: Des Esprits avaient été aperçus non loin de là, et semblaient se diriger droit vers Taglih. Il n'y avait aucun Esprit, à Taglih: Cette visite indésirable signifiait, pour tous, une attaque imminente. Même si personne ne  comprenait pourquoi leur village serait la cible d'une attaque ennemie, tous les habitants commencèrent à faire leurs bagages, pressés, terrorisés. Erika profita  de ce tumulte pour se rendre utile, aidant chaque villageois à porter ses affaires, à fuir au plus vite ce qui avait été leur maison durant tant  d'années. Certains, majoritairement de vieux hommes et de vieilles femmes, refusèrent de bouger, préférant mourir ici avec leurs souvenirs. On chercha à les en dissuader mais, enracinés dans leurs habitudes et leur quotidien, ils n'écoutèrent personne. Bientôt, la moitié des villageois avaient fuis Taglih, laissant le village à  demi désert. Erika avait insisté pour rester aider les derniers, forçant ses parents réticents à la devancer. Ils le firent, à contrecœur, et Erika leur promit qu'elle reviendrait très vite. Une promesse qu'en son for intérieur, elle était  persuadée de tenir.

Gustave, de son côté, aidait son père à sortir quelques affaires de leur maison. Sa femme et leur enfant étaient partis avec le gros de la population, mais lui avait catégoriquement refuser de laisser se débrouiller seul son père. Sa mère était morte lorsqu'il petit, et il avait toujours été très proche de son père, tout comme son frère et sa soeur. Regardant le jeune homme repousser ses cheveux blonds en arrière, Erika se dit qu'il avait du faire preuve de beaucoup de courage, en tant qu'ainé. Elle s'apprêtait à leur proposer son aide, lorsqu'un enfant passa à côté d'elle en criant un nom qu'elle ne comprit pas. Elle se retourna, juste à temps pour voir le petit disparaître derrière une maison. Une jeune femme arriva quelques secondes après, essoufflée et enceinte.

« Erika, tu as vu Denovan passer? Lui demanda-t-elle en posant sa main sur son épaule,  il est parti chercher le chat, mais nous devons partir maintenant.

-Si, il est parti par là. Tu veux que j'aille le récupérer?

-Si ça ne te gène pas... J'ai du mal à bouger, avec mon ventre. »


Erika adressa un sourire à Moélie, qui avait par réflexe posé une main sur son ventre rond. Il était vrai que depuis quelques mois, se mouvoir devenait difficile pour la jeune mère. Elle devait se hâter de rejoindre les autres avec son fils. Erika lui fit un dernier petit signe, avant de se lancer à la poursuite du jeune Denovan, quatre ans et demi, et diablement rapide pour un bambin de son âge. La jeune femme maudit sa longue robe qui l'empêchait de correctement avancer, et ses cheveux qu'elle n'avait pas pensé à attacher, et s'agitaient dans son dos et sur ses épaules. Elle regarda derrière de nombreuses maisons, à travers plusieurs petits chemins, mais aucune trace de l'enfant. Peut-être avait-il retrouvé le chat et était rentré voir sa mère? Alors qu'Erika allait rebrousser chemin, un petit cri attira son attention. Elle marcha jusqu'à la limite du village, celle qui bordait un petit bois dans lequel elle avait souvent joué et pique niqué étant enfant. Denovan se tenait là, les bras ballants. Il se tourna vers elle alors qu'elle arrivait, et Erika pu voir que de grosses larmes roulaient sur ses joues rebondies.

« Qu'est-ce qu'il y a?

-C'est Ninette. Elle est partie dans le bois. Je peux pas la rattraper.

-Ta maman a besoin de toi, Denovan. Tu dois retourner la voir.

-Je veux Ninette, je partirais pas sans elle. Je veux Ninette! »


Erika poussa un bref soupir. Elle connaissait Denovan pour l'avoir gardé quelques fois, et savait qu'il ne partirait pas sans son chat, qui était plus un ami qu'un animal à ses yeux. Elle prit la main de l'enfant dans la sienne, et enjamba quelques herbes hautes, commençant à avancer entre les arbres. Le petit la suivit sans protester, appelant Ninette à tort à travers. Néanmoins, leur temps était compté, et s'ils ne retrouvaient pas Ninette d'ici quelques minutes, aussi douloureux que ça le serait pour Denovan, ils seraient obligés de l'abandonner là. Denovan et elle marchaient depuis trois ou quatre minutes quand une explosion retenti, illuminant le ciel à demi visible d'une lueur orangée. L'enfant, paniqué, s'accrocha à la robe d'Erika. Erika, pour sa part, fixa l'endroit par lequel ils étaient venus, ses grands yeux bleus écartés par la peur et l'appréhension. Fermement, elle saisit le bras de Denovan.

« On doit s'en aller, tout de suite. Tu m'entends?

-Mais Ninette...?

-C'est ce chat que vous cherchez? »


D'un bond souple, une forme noire sauta d'un arbre tout proche. Erika sursauta, et recula par réflexe, alors que la silhouette s'avançait vers eux, gagnant à chaque pas des contours un peu plus précis. L'aînée des deux étouffa un hoquet de surprise en remarquant les deux oreilles félines qui trônaient au sommet de son crâne. Une énorme cicatrice barrait une de ses joues, et ses cheveux blonds encadrait un visage extrêmement pâle, dans lequel brillaient deux yeux d'un bleu saisissant aux pupilles fendues. Négligemment, l'inconnu jeta vers eux un animal, qui cracha avant de se réfugier dans un buisson. Le visage de Denovan se fendit d'un immense sourire.

« Ninette! Merci monsieur! »

Erika resta sans voix, incapable d'esquisser le moindre geste. Denovan voulu aller chercher son chat dans le buisson, mais elle ne le lâcha pas, gagnant de la part du garçonnet une véhémente protestation. L'homme qui leur faisait face était plus petit qu'elle de quelques centimètres; Pourtant, elle ne parvint pas à se défaire de son étreinte lorsqu'il lui saisit le bras, et lui parla dans cette langue dure aux consonances désagréables.

« Suivez moi. »

Un homme aux longs cheveux noirs fixait le vide sans ciller, indifférent au chaos qui régnait autour  de lui. De la fumée s'échappait de plusieurs maisons en flammes, alors que d'autres habitations gisaient en morceaux, comme si un immense ouragan les avaient balayées. Cet homme n'avait pas l'air d'avoir plus de vingt ans, mais son visage était marqué par de dures  épreuves, par la colère et la haine. Des cris indignés et coléreux, ainsi que des pleurs, attirèrent son attention. Un jeune homme, plutôt petit, arrivait en chantonnant quelque chose, l'air visiblement ravi.

« Mathieu, regarde! » S'exclama-t-il avec un horrible accent, jetant à ses pieds une jeune femme aux longs cheveux auburns, rouge de colère, et un petit garçon qui ne cessait de pleurer.

« Qu'est-ce que c'est que ça, Alan?

-Des pers... Euh... Gens? Je les ai trouvés... Là
. Termina-t-il en désignant un petit bois, en bordure du village.

-Tiens, il en restait? »

Le dénommé Mathieu se pencha vers les deux retardataires, un sourire cruel étirant ses lèvres. Conscient que l'on s'adressait à elle, Erika, releva la tête, et croisa un regard vide de toute expression. Elle recula en reconnaissant un Esprit, et chercha à se relever. Alan l'en empêcha, et la repoussa à terre sans ménagement. La jeune femme ainsi traitée senti la honte l'envahir.

« Laissez moi partir!

-Toi? Sûrement pas. Alan, laisse partir le petit. »


Le Neko haussa un sourcil surpris, mais finit par hausser les épaules. Il saisit le petit garçon sous les bras pour le redresser, et lui donna une petite tape dans le dos. Denovan le regarda sans comprendre un instant. Alan soupira, le poussa en avant, et cette fois-ci, il partit en courant, ses sanglots s'effaçant peu à peu. Bientôt, seul le son du  bois en train de se consumer régna en maître. Alan brisa néanmoins le silence, parlant de nouveau dans cette langue étrange.

« Il ressemble un peu à mon petit frère, tiens.

-Si tu veux correctement apprendre notre langue, arrête de parler dans la tienne.
Le sermonna Mathieu.

-Désolé. (Il hésita un moment, avant de désigner Erika du menton) On fait quoi? On la met avec les... Autres? »

L'Esprit aux cheveux noirs se redressa, clairement pensif. Erika profita de ce moment de 'répit' pour regarder autour d'elle. Elle aurait du s'en abstenir. Le village de son enfance n'était plus qu'un amas de briques et de bois calciné, complètement méconnaissable et détruit. Elle senti des larmes lui monter aux yeux, mais les repoussa courageusement. Elle ne s'abaisserait pas à pleurer devant ces meurtriers, jamais. Maintenant qu'elle y pensait, où étaient les corps des habitants qui n'avaient pas eut le temps de partir? Elle n'en voyait aucun. Elle espéra qu'ils avaient tous pu s'enfuir, au final, mais elle ne parvint pas à s'en convaincre. Mathieu ne lui laissa pas cette occasion, de toute façon. Il fit un geste vers deux hommes restés jusque là en retrait, et ceux-ci encadrèrent Erika pour l'empêcher de s'enfuir. Elle leva la tête vers eux, et s'aperçut que comme celui aux cheveux noirs, ils étaient des Esprits.

« Non, j'ai une meilleure idée. Tu as bien dit que c'était un humain qui avait tué ta mère, n'est-ce pas? »

Alan acquiesça, soudain sombre. Mathieu s'éloigna de quelques pas, et saisit un morceau de poutre, qu'il enflamma d'un simple geste de la main. Puis, souriant, il s'approcha d'Erika. Il lui tendit la torche.

« Tu vois ce garçon? Eh bien, un des tiens a tué sa mère alors qu'elle cherchait seulement à protéger ses enfants. Ces deux-là ont tentés de protéger leur petite sœur, mais c'est morte qu'ils ont du la ramener à leurs parents. »

Erika frissonna devant ces révélations. Elle chercha à détourner le regard, mais une main puissante lui prit le menton, l'obligeant à regarder droit devant elle. Surprise, elle reconnu la petite taverne de ses parents, encore intacte.

« Quand nous sommes arrivés, des imbéciles de ta race s'apprêtaient à partir. On les a enfermés là-dedans avant qu'ils le puissent. »

On la remit violemment debout, si violemment qu'elle en tituba. La torche apparue dans son champ de vision, brûlante. Elle du fermer à demi les yeux tant elle était proche d'elle.

« Le bois brûlera bien, on a fait le nécessaire. Mets y le feu. »

Le cœur d'Erika rata un battement. La jeune fille regarda la torche, incrédule, puis l'Esprit qui la lui tendait. Il avait l'air mortellement sérieux, et elle su qu'il ne plaisantait pas. Soudain tremblante, elle secoua vivement la tête.

« Non!

-Laisse moi  mieux t'expliquer. Si tu acceptes, on te laisse partir. Si tu refuses, en revanche, on te tues. Et on prendra soin de te faire regretter d'être née avant de te tuer, sois en sûre. »


Les deux hommes qui l'avaient relevée et se tenaient toujours près d'elle laissèrent s'échapper un petit rire qui se voulait vulgaire, et Erika senti son cœur s'enfoncer un peu plus.

« Qui me dit que vous ne mentez pas?

-Moi. Tu doutes? Tu veux tenter de vérifier, peut-être? »


La jeune fille aux yeux bleus ne répondit pas, et le silence se fit de nouveau, plus pesant cette fois-ci. Secouée de tremblements, Erika était perdue. Elle ne savait pas quoi faire. Ils lui demandaient de mettre le feu à son foyer et de tuer certains de ses amis,  mais  elle ne le pouvait pas! D'un autre côté, elle ne voulait pas mourir. Rien ne lui disait qu'ils ne mentaient pas, et ne la tueraient pas une fois qu'elle aurait jeté cette torche. Le doute, cependant, était assez fort pour la faire hésiter. Si tel était le cas, elle mourrait de toute façon, alors autant refuser de se soumettre à leur volonté. Mais s'ils ne mentaient pas? Si elle avait une chance de rester en vie? Si  elle la gâchait en disant non? Erika ne voulait pas mourir. Elle ne voulait vraiment pas mourir. Elle avait peur. Elle se détesta de toute son âme lorsque sa main rencontra le bois qui se consumait et le soutint. Elle ne voulait pas mourir...

« Avance. »

Elle fit ce qu'on lui ordonnait, ses jambes menaçant de se dérober sous elle. On la fit s'arrêter à quelques pas de l'entrée de la taverne, qu'elle avait si souvent emprunté jusqu'à aujourd'hui. Tout ceci lui semblait tellement ridicule, tellement irréel.

« Lance là. »

Ultime moment d'hésitation, dernière  seconde pour se décider. Allait-elle refuser et mourir, ou accepter et peut-être rester en vie? Elle perçut des bruits de discussion à l'intérieur, quelques cris. Une larme roula sur sa joue, alors que ses doigts serraient la torche à s'en faire mal. Elle prononça intérieurement une prière, un adieu et un pardon pour tous ses compagnons qu'elle trahissait lâchement. Je n'ai pas envie de mourir.

Elle lança la torche, comme dans un rêve, et les flammes montèrent presque immédiatement, comme animées par une volonté propre. On tira Erika en arrière, et ce subit mouvement lui fit recouvrer ses esprits. Elle tourna la tête, pour ne pas assister au massacre, mais Mathieu la força à fixer la bâtisse qui se consumait à une vitesse  affolante, et à écouter les cris d'horreur de ceux qui étaient piégés à l'intérieur.

« Tu  vois ça? Tu entends ça? C'est comme ça que vous autres Humains avez tué ma femme et  mes deux enfants. Vous m'avez obligés à les regarder mourir sans que je puisse rien y faire. »

L'homme aux yeux vides jeta Erika à terre. Cette dernière releva vers lui un visage terrorisé, et il lui fit un signe de la tête, une douleur et une haine à peine contenues  imprimées sur ses traits pourtant délicats.

« Vas-t'en, avant que je ne change d'avis et te tue. Vas-t'en. »

La jeune fille ne mit que quelques secondes à se relever et courir aussi vite que le lui permettaient ses jambes. Elle couru à travers le village dévasté, emprunta la route de terre qui y menait, sans se soucier de son souffle court et de son point de côté. Elle voulait  s'éloigner de cet endroit  le plus vite possible, s'éloigner du danger, retrouver ses parents. Elle avait besoin d'eux. Elle couru encore, même après plusieurs chutes, même après qu'il fut évident que ses jambes ne la porteraient pas plus loin. La peur lui donnait la force de se relever, encore et encore. Finalement, elle arriva en vue d'un campement provisoire, à l'abri de grands arbres. Plusieurs chariots étaient disposés de façon à prévenir une attaque, et un homme lui barra le chemin lorsqu'elle arriva à leur hauteur. Trop essoufflée, elle ne pu rien dire. Mais il la reconnue, et la laissa passer, criant quelque choses à ceux qui attendaient, fébriles, des nouvelles de leurs proches restés au village et censés les rejoindre. Ils se levèrent tous lorsqu'Erika arriva, et c'est Bertha qui accueillit sa fille, la serrant si fort dans ses bras qu'elle faillit étouffer.

« Erika, Dieu merci, tu es en vie! »

Elle se mit à pleurer, et Erika l'imita, soulagée de retrouver les siens. Un murmure parcouru les survivants. Fredrich posa sa main sur l'épaule de sa fille, une main qui tremblait légèrement. Erika se tourna vers lui, et vit dans ses yeux la question que personne n'osait lui poser. Une vague de culpabilité la secoua, et elle ferma les yeux pour s'empêcher de pleurer.

« Ils sont  morts. »

Le temps sembla s'arrêter. Une seconde, deux  secondes. Trois. Un cri  de douleur résonna entre les arbres, et Erika reconnu la voix d'Eileen. Elle su  alors que Gustave et son père faisaient partis de ceux qui avaient été enfermés dans l'auberge. Ceux qu'elle avait... La jeune fille se cacha de nouveau dans les bras de sa mère, comme lorsqu'elle n'était qu'une enfant effrayée par un cauchemar. Elle ne voulait pas voir les visages d'Ange, Mahé, Eileen, et tous ceux qui avaient perdus quelqu'un dans l'attaque de leur village. Elle entendit, entre deux sanglots, Denovan appeler Ninette. Il s'en était sorti et avait retrouvé ses parents. Ce qui aurait du lui faire plaisir la fit se sentir encore plus mal.

Je voulais juste être un héros.

                                                    *********************

Taglih détruit, Erika et sa famille furent obligés de se diriger vers Alkar, la plus grande ville des environs. Beaucoup de leurs amis s'y rendirent, pour tenter de retrouver un travail et un logement, mais Bertha et Fredrich furent catégoriques: Il était hors de question de s'y installer. Erika ne comprit pas, mais fut forcée de se plier à l'avis de ses parents, qui posèrent les quelques affaires qui leur restaient dans une maison en bordure d'Alkar. La Guerre Civile se termina dans cette ambiance angoissante et sombre, par une décision spectaculaire qui choqua le pays entier. Illea, coupé en deux, serait gouverné par la Princesse Annahita à l'Ouest, et par le Prince Ankou à l'Est. Erika et sa famille, humains et d'ores et déjà à l'Est, furent soulagés de ne pas avoir à bouger. De la fenêtre de sa petite chambre, Erika observa les déplacements de population, impressionnée. Quand en Aout, tout fut finit et les frontières fermées, la jeune femme eut à se préoccuper d'autre chose que tous ses nouveaux voisins. Ses parents, loin de la ville, n'avaient pas retrouvés de travail, et leurs économies commençaient à sérieusement diminuer. Ils refusaient  toujours de se rendre à Alkar, bien qu'il n'y avait plus d'Esprits, et Erika se demandait comment tout ceci allait se finir; Elle se sentait toujours coupable, et en plus à présent incroyablement inutile. Quand un jour, elle trouva dans les affaires de son père une épée magnifique qu'elle n'avait jamais vu auparavant, elle prit se décision. Elle allait se rendre à Esidir, la capitale de l'Est, deuxième plus grande ville de tout Illea. Là-bas, elle était certaine de pouvoir gagner de l'argent  et aider ses parents.

Erika, qui agissait toujours trop spontanément, trouva cette idée merveilleuse. Une nuit d'Octobre, elle décida donc de s'habiller comme un homme, et d'attacher ses cheveux. Elle prit sans faire de bruit l'épée, et parti dans la nuit, avec seulement quelques affaires et un peu d'argent. Avec du recul, certainement se serait-elle dit qu'elle aurait du mieux se préparer, car le voyage serait long et difficile. Mais décidée, elle n'avait pas prit la peine de se poser  toutes ces questions. Ça marcherait forcément, c'était ce qu'elle se disait, avançant le plus vite possible dans la campagne, pour gagner Alkar avant le lever du jour.

« En route! »

                                                        *********************

« Bertha! »

Des pas précipités résonnèrent dans le couloir, et avant même que la femme aux cheveux blonds qui dormait encore puisse se redresser dans le lit, un homme ouvrit la porte, la faisant claquer contre le mur de bois.

« Qu'est-ce qui se passe?

-Erika est  partie sans nous prévenir! Sa chambre est vide. Et elle a emportée mon épée avec elle. »


Les yeux bruns de Bertha s'ouvrirent en grand, et elle se mit  immédiatement debout, prenant à peine le temps d'enfiler un gilet. Elle suivit son mari jusqu'à la chambre de leur fille, seulement pour constater l'absence de cette dernière. Un mot trônait sur le lit, et quelques affaires avaient disparues de son armoire. Bertha saisit le mot, qu'elle lu avec appréhension. Elle poussa un long soupir, et ferma les yeux.

« Tu as dit qu'elle avait prit ton épée?

-Oui. J'ai vérifié, mais elle n'est plus à sa place.

-On va avoir de graves ennuis. »


Fredrich acquiesça lentement, serrant de toutes ses forces la poignée de la porte. Eux qui avaient fait tant d'efforts pour disparaitre et vivre une vie anonyme, voilà qu'ils risquaient de se faire retrouver. Il ne se faisait aucune illusion quant à leur sort si une telle chose arrivait: Ils seraient tués. Et Erika le serait aussi, à moins qu'ils ne décident de s'en servir comme otage, ou que savait-il encore. Avec eux, il fallait s'attendre à tout.

« Il faut la retrouver, ils pourraient la tuer.

-Tu sais bien que nous ne pouvons rien faire, dans l'immédiat. Il faut qu'on réfléchisse à tout ça avant de faire quoi que ce soit.

-S'ils la tuent, je ne m'en remettrais pas!

-S'ils te tuent, tu ne risque pas de t'en remettre non plus. »


Les épaules de Bertha s'affaissèrent sous le poids de cette évidence. Elle regarda une nouvelle fois le mot, infiniment triste. Penser qu'en voulant les aider, Erika pouvait les faire tuer lui faisait plus de peine que n'importe quoi d'autre. Elle hocha la tête, rangeant le mot d'Erika dans une des poches de son gilet.

« On dirait bien qu'Abby et Dani ne sont pas prêts de vivre tranquillement. »


►Quelques formalités :



    ♦~C


Dernière édition par Erika Dambechr le Sam 3 Déc - 19:15, édité 3 fois
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DAMBECHR Erika {V.1}

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