AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 AUSTEN Enzoh {V1}

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage


Archiviste sexy, à votre service ♥

Nombre de messages  : 16

Localisation  : Je suis tombé contre une étagère qui s'est renversée...O____O'
Emploi/loisirs  : J'écris beaucoup. C'est presque devenu un loisir, avec le temps!XD
Humeur  : Bonne, bien sûr! Ma vie est chouette ces temps-ci. Trop, peut-être...

Inscrit depuis le   : 21/07/2011
avatar
Archiviste sexy, à votre service ♥


Feuille de personnage
Age: 22 ans. Ca va, je ne suis pas encore ridé.u__û
Race: Métisse Esprit/Humain. Vous savez...Ma mère était Humaine, mon père Esprit, et...^^'
Arme / Pouvoir  : Eh bien, voyez-vous...Je n'arrive pas à faire de magie, et je n'ai pas le droit d'utiliser d'armes, alors...Je me bats à mains nues.u__û

MessageSujet: AUSTEN Enzoh {V1}   Jeu 21 Juil - 21:51



Austen
Enzoh

"It's a song to say goodbye."


Nom : Austen

Prénom : Enzoh, Harry, Lyam, Lohan

Âge : 22 ans. {25/03/1539}

Race : Métisse Esprit/Humain

Camp : Le Royaume de l'Ouest

Arme : Enzoh ne peut pas utiliser la magie à des fins réellement offensives, et sa religion lui interdit le port d'une quelconque arme. Par conséquent, et parce que ses parents ne voulaient pas qu'il soit vulnérable, il se bat au corps à corps, et est plutôt doué dans ce domaine.

Fonction : Enzoh, comme l'étaient son père et son grand-père avant lui, est un archiviste au service de la famille royale. Son travail consiste, la plupart du temps, à recopier les actes de naissance, de propriété, etc. Il est également spécialisé dans la restauration et la conservation de très vieux documents.

Lieu de résidence : Jiang Zemin, rue des novelettes, manoir de la famille Austen. Sinon, il lui arrive aussi de s'endormir dans les archives, sans le faire exprès.




Aime :
Les petits animaux, comme les chats et les souris; Les fleurs; Les jolies filles-comme tous les garçons; Les sauterelles, car leur capacité à sauter si haut l'intrigue grandement; Son métier, bien que celui-ci l'épuise souvent; Faire de l'effet aux autres, que ce soient des garçons ou des filles; Qu'on le remarque et le complimente sur son apparence; Danser; Jouer de la flûte; La couleur blanche, qui est à ses yeux un symbole de pureté; La mode; Avoir mal tout en étant capable de sourire. Eh oui...


N'aime pas :
Enzoh déteste qu'on se moque de lui, que ce soit à cause de son habillement ou du fait qu'il soit un métisse; Les faibles et les lâches; Les gens qui se cherchent constamment des excuses; Les fruits en règle général; Être prit d'une quinte de toux en plein milieu d'une conversation; Qu'on ne réponde pas à ses attentions; Être sous-estimé; La poussière; La couleur noire; Avoir un rival, si ce dernier se montre plus rusé que lui. Sinon, c'est toujours drôle, de ridiculiser quelqu'un.


Famille :
Enzoh est une personne que l'on pourrait dire relativement 'seule au monde' dans sa vie de tous les jours. Sa mère, Caroline, est morte d'une maladie alors qu'il avait à peine huit ans. Son père, Landry, est à ce jour faible et alité et sort peu souvent. Il possédait auparavant une petite sœur de deux ans sa cadette, Perrine, qui s'est suicidée alors qu'elle avait seize ans. Suite à des complications à la naissance de Perrine, jamais sa mère n'a pu avoir d'autres enfants. Il possède huit cousins du côté de son père, avec lesquels il s'entend plus ou moins bien.


►Description Physique.


Enzoh n'est pas le genre de personne qui puisse vraiment passer inaperçu. Tout d'abord par son apparence en général, et également car il cherche constamment à se faite remarquer et regarder. Qu'on le regarde passer sans poser le regard sur lui est quelque chose qu'il supporte très mal, aussi met-il toutes les chances de son côté afin que cela n'arrive jamais. Plutôt grand, le jeune homme stagne à un mètre quatre-vingt huit, taille tout à fait respectable selon lui, pour 80 kilos. Plutôt bien bâti, il n'en garde pas moins une silhouette agréable à contempler et souple. Son corps, Enzoh en prend grand soin, bien que pour le travail qu'il exerce, ce ne soit pas impératif. Étant issu d'un métissage entre un Esprit et une Humaine, il lui est impossible d'user de la magie efficacement, et sa religion lui interdit le port d'une quelconque arme. La loterie génétique ne lui ayant pas conféré de pouvoirs magiques utiles, il est donc obligé, pour se défendre, de se battre au corps à corps, sans armes ni artifices pour assurer ses arrières. Il semble évident, dans ces conditions, qu'avoir un corps sain est important pour le jeune homme. Lui qui aime plaire, il n'aimerait de toute manière pas qu'on le critique sur son apparence. Sa famille étant une riche famille de bourgeois plutôt bien vue dans la société actuelle, il ne supporterait pas d'apporter la honte sur son nom.

Pour continuer sur son apparence, Enzoh possède de clairs cheveux blonds, qu'il tient de son père. Courts et sagement coiffés, ils renforcent cette impression que l'on a de lui qu'il est un garçon aisé de bonne famille, poli et bien élevé. Il est certain que malgré ses quelques défauts que j'énoncerais plus bas, on ne peut pas reprocher à Enzoh de ne pas bien présenter. Il est l'archétype même du riche villageois propre sur lui. Ses yeux, il en tient la couleur de son père, et l'apparence de sa mère. D'un joli bleu, ils sont aussi expressifs que ceux des Humains. Enzoh ne voit pas comme voient les Esprits,mais comme voient les Humains, ce qui l'a beaucoup chagriné après la mort de sa mère, ayant l'impression d'être trop différent physiquement de son père pour pouvoir être proche de lui. Malgré tout, si quelqu'un de curieux coupait Enzoh pour voir à quoi ressemblerait son sang, il ferait couler des gouttes aussi noires que l'encre. Cette couleur sombre témoigne de la présence de magie dans son sang, bien qu'en petites doses.

Question vêtements, Enzoh est un inconditionnel de toutes les modes qui peuvent passer à Illea. Si la mode veut que tous les hommes portent un foulard sur le crâne, il le fera sans hésiter une seconde. Si la mode est au rose, il s'habillera de rose sans broncher. Enzoh fait une véritable obsession sur le fait d'être 'classe' en n'importe quel moment, et ne s'habillerait jamais d'une façon qu'il considère comme démodée ou vulgaire. Plus simplement, il aime beaucoup les vêtements en général, et en possède un nombre impressionnant dans ses placards; De quoi habiller toute l'armée de l'Ouest au grand complet! Ce qui est un comble, quand on sait que bien souvent, ces vêtements ne seront porté que deux ou trois fois, avant d'être rangés avec précautions dans de jolies armoires de bois.

Dernière petite précision, mais non des moindres: Enzoh étant atteint d'une maladie incurable, que lui a transmise sa mère, il lui arrive de se sentir fatigué et faible. Il tombe assez souvent malade, et fait parfois d'impromptus malaises. Néanmoins, il fait de son mieux pour s'en remettre vite à chaque fois. Personne n'est au courant de sa maladie -car sinon il est certain qu'on l'obligerait à arrêter son travail, et c'est hors de question-, aussi met-il ces malaises sur le compte d'une constante fatigue.


►Description Mentale.


Enzoh n'est pas une personne que l'on penserait compliquée, à première vue. Souriant et toujours de bonne humeur, le jeune homme semble ne pas connaître l'expression 'faire la tête'. Il affiche toujours un entrain particulier, qu'il met en toutes choses, et son point de vue sur le monde en général est celui d'un optimiste convaincu. Respectueux et aimable, Enzoh a été élevé dans une famille Bourgeoise, et c'est à son éducation, parfois stricte, qu'il doit ce maintient qu'il juge parfait. Jamais il ne critiquera ouvertement quelqu'un, car cela ne se fait pas. Jamais il ne donnera sa propre opinion sans qu'on lui demande, et ne cherchera pas à l'imposer aux autres. Son père lui répétait souvent que le monde tournait grâce aux différents avis d'une multitude de gens; Et en cela, Enzoh a toujours été d'accord avec lui, et laissa volontiers traîner une oreille dans chaque conversation à sa portée, même lorsque cela n'est pas vraiment nécessaire. Il aime savoir ce que les gens pensent de telle ou telle chose, c'est toujours enrichissant, mais ce serait mentir que de dire que le jeune homme n'est pas extrêmement curieux et n'a pas un côté commère relativement développé. Enzoh ne se laisserait jamais aller à répandre de fausses rumeurs, ni des rumeurs tout court, mais aime se tenir au courant. En tout cas, c'est ce qu'il se plaît à dire, bien qu'il soit plus probable qu'il tienne un cahier de références de toutes les personnes qu'il a croisé durant sa courte vie. Enfin.

Si Enzoh est aimable et respectueux en toutes conditions, il n'en reste pas moins taquin et enclin, parfois, à faire l'idiot. S'il est en présence de personnes en lesquelles il a confiance et avec lesquelles il s'entend bien, il sera immédiatement plus extraverti et expressif. Avec les femmes, c'est encore une autre histoire. Enzoh aime plaire, et fait tout pour qu'on lui lance des regards admiratifs. Si une femme lui plaît, il fera tout pour capter son attention, quitte à pousser la taquinerie un peu trop loin. Malgré ses presque vingt-trois ans, le jeune Métisse n'a guère évolué dans sa manière d'approcher les femmes, et agit comme un bête garçon de quinze ans lorsqu'il est amoureux. Là aussi, l'on pourrait dire qu'il est aussi volage qu'un adolescent, car sa perception de l'amour n'est guère adulte ou réaliste. Mais il s'en contente, se disant qu'il pourra toujours changer le moment venu. Du reste, Enzoh est en général considéré comme un ami loyal et un compagnon de discussion agréable; Poli, il ne manque jamais de complimenter ses interlocuteurs, ou d'aller dans leur sens pour saisir une quelconque opportunité. Le blond est intelligent, et met à profit cette intelligence et sa ruse pour obtenir des autres tout ce qu'il veut. Il sait manipuler les esprits avec une aisance déconcertante, et son naturel enjoué, avenant et souriant balaye presque toujours les doutes qui peuvent s'insinuer quant à sa sincérité. Enzoh est peut-être la personne qui peut feindre le plus facilement l'innocence et la sincérité, on lui donnerait le bon Dieu sans confession, pour ainsi dire.

Malgré tout, il est des choses que l'héritier des Austen ne montre jamais en public. Il est certes réellement gentil et optimiste, mais il accentue largement ce côté de sa personnalité, le mettant exagérément en avant. Il est un manipulateur, un calculateur, quelqu'un qui réfléchit à chaque chose qu'il fait et chaque pion qu'il bouge. Il peut se montrer cruel, et joue à merveille la comédie. Si un jour quelqu'un venait à voir clair dans son jeu, alors cette dite personne serait en danger, à n'en point douter. Enzoh cache de lourds et terribles secrets, qu'il ne peut laisser personne découvrir. Déterminé, il n'hésite jamais, et peut aller très loin pour réaliser ses desseins. Il peut prendre des risques quand cela s'impose, et le provoquer ou s'immiscer dans ses affaire serait tout simplement...Dangereux.


►Histoire.


Une Humaine avec un Esprit? Quelle drôle d'idée! C'est pourtant l'union que tant de gens fêtèrent en cette belle journée d'Été, à Jiang Zemin. Caroline Zoel et Landry Austen, deux enfants issus de la Bourgeoisie de l'époque, avaient récemment fêtés leurs dix-neuf ans lorsqu'ils se passèrent la bague au doigt. Personne n'ignorait la raison pour laquelle la famille de la jeune fille avait dit oui: Avec une seule fille pour enfant et en froid avec le reste des leurs, il leur fallait un bon parti qui leur permettrait de sauver leur entreprise. En cela, Landry Austen avait été le candidat idéal. Un jeune homme qui prétendait se mourir d'amour pour leur fille unique, n'était-ce pas adorable? Qu'importe le fait que ce soit un Esprit, les Zoel n'en étaient plus à ce genre de considérations depuis bien longtemps. Car la mariée qui embrassait l'homme de sa vie n'en avait plus pour longtemps. On lui avait, il y avait presque dix ans de cela, diagnostiqué une maladie incurable qui la tuerait à long terme. Alors pour ne pas que leur entreprise disparaisse, et pour le bonheur de Caroline, Monsieur et Madame Zoel avaient consentis à l'offrir en mariage à Landry Austen. Cela en valait sans doute la peine, se dirent-ils lors de la cérémonie, voyant leur fille sourire comme elle n'avait jamais sourit. Face à une décision qu'on a hésité à prendre, on tente toujours de se rassurer, de se dire qu'on a fait le bon choix.

Aujourd'hui, Caroline Zoel était devenue Caroline Austen.

********************

La grossesse de Caroline s'était déroulée sans gros problèmes, bien qu'on eu craint pour sa vie tout du long. Affaiblie par sa maladie, elle n'en resta pas moins forte et fit preuve d'un courage exemplaire. L'accouchement fut fastidieux et il dura pratiquement toute la nuit, mais au petit matin, les parents purent enfin tenir l'enfant dans leurs bras, comblés. Un petit garçon, beau et bien portant, que l'on nomma par la suite Enzoh. Ce prénom, bien qu'un peu trop significatif, fut celui qu'ils choisirent pour leur fils aîné, et toutes les recommandations de leurs proches ne purent rien y changer. Caroline et Landry étaient heureux, et Enzoh eut dès son premier cri un entourage aimant et toujours présent. Sa mère venait le border le soir, il écoutait son père lui lire des récits héroïques, et sa nourrice le consolait gentiment lorsqu'il n'était pas assez sage et que son père, aimable mais sachant être sévère quand il le fallait, le punissait. Un an et demi environ après sa naissance, le ventre de sa mère commença à s'arrondir de nouveau et on lui annonça qu'il allait avoir un petit frère, ou une petite soeur. Enzoh, bien que très jeune encore, prit étonnamment bien cette nouvelle, allant même jusqu'à vouloir décorer la future chambre du bébé lui-même. Il observa avec un intérêt non dissimulé la grossesse de sa mère, qui se déroula aussi bien que la précédente, pour le plus grand soulagement de la petite famille.

Perrine naquit un après-midi de Juin, et sa venue ne fut pas aussi tranquille que celle d'Enzoh. Caroline eut de nombreuses complications durant l'accouchement, et faillit bien ne pas y survivre. La chance semblait heureusement s'être attachée à cette femme de toute manière condamnée, car elle, ainsi que le bébé, s'en sortirent. Enzoh put tenir sa sœur dans ses bras, et Landry put serrer la main de sa femme dans la sienne. La sage femme, elle, se contentait de s'étonner que la Dame Austen ait autant de chance. Sûrement qu'un ange gardien devait veiller sur la famille, leur dit-elle, l'air convaincu.

Plusieurs années passèrent dans le calme, sans que rien ne vienne perturber le quotidien des Austen. Enzoh et Perrine grandissaient à vu d'œil, se ressemblant un peu plus chaque année, sous les yeux attendris et attentifs de leurs parents. Le frère et la sœur, qui n'avaient que deux ans d'écart, s'entendaient aussi bien que se seraient entendus deux jumeaux. Et s'ils n'avaient pas toujours les mêmes centres d'intérêts ni les mêmes jeux, ils trouvaient toujours des compromis; Si Perrine aidait Enzoh à se faire s'entretuer ses deux armées de soldats, alors il voulait bien faire participer les survivants à son salon de thé, avec les peluches et les poupées. Le frère et la sœur étaient tous particulièrement proches de leur mère, qui leur dispensait son affection de manière égale, et sans retenue. Leur père aussi les aimait, mais il avait beaucoup de travail depuis qu'il avait reprit celui de son père, et n'était pas en mesure de les voir tous les jours. Enzoh et Perrine n'étaient pas des enfants timides, mais il leur était souvent interdit de sortir. Leurs parents avaient en effet peur que la maladie de Caroline leur ait été transmise, et ils évitaient au maximum que les deux petits soient confrontés au froid ou au vent. Plus souvent à la maison que dehors, avec des cours donnés à domicile par un précepteur qu'il était amusant de taquiner, ce ne fut guère étonnant que la meilleure amie d'Enzoh devint Perrine, et inversement. Les enfants grandissaient dans une petite bulle, sans trop se préoccuper du malheur et de ce qui pouvait les blesser.

Un jour cependant, alors qu'elle jouait à un jeu de société avec son fils, Caroline fut prise d'un malaise, et s'écroula. Aussitôt, la nourrice s'en alla quérir Landry, qui revint à son domicile en courant, l'air très inquiet. Lorsque le docteur arriva en catastrophe, la jeune femme était bien pâle et mal en point. Le diagnostique, tant redouté, ébranla tout de même largement Landry, qui du pourtant se montrer courageux devant son fils et sa fille; La maladie qui rongeait Caroline depuis des années avait atteint son paroxysme. Au mieux, il lui restait quelques mois à vivre, et le médecin n'était pas si optimiste. Enzoh ne se rappela des jours qui suivirent le malaise de sa mère que comme un défilé de docteurs, qui s'en allaient et repartaient sans arrêt. Son père était souvent au chevet de sa mère, et s'il ne pleurait pas, il n'arrivait pas non plus à sourire. La maison, auparavant, si joyeuse et chaleureuse, semblait soudainement s'être transformée en tombeau. Puis un matin, Enzoh, en se réveillant, trouva son père assis sur son lit. Il n'avait pas les yeux tournés vers lui, mais le petit garçon savait qu'il le regardait malgré tout. Il prit ses petites mains dans les siennes, et lui dit qu'il allait falloir être courageux.

Enzoh apprit ce matin-là, alors qu'il n'avait que huit ans, que sa mère ne viendrait plus jamais le border dans son lit.

********************

L'enterrement paru excessivement long à Enzoh. Ses jambes lui faisaient mal d'être tant resté debout, et si son père lui avait dit qu'il pouvait rentrer, que la nourrice les raccompagneraient lui et Perrine à la maison, il persista à vouloir rester. Le petit garçon voulait être avec sa mère jusqu'au dernier moment, afin de pouvoir lui dire au revoir. La main de son père dans la sienne, celle de Perrine dans l'autre, il regarda des gens tout de noir vêtus descendre le cercueil de sa mère dans la terre creusée. Il se dit qu'il devait être un grand garçon et ne pas pleurer, mais il n'y parvint pas. Il serra très fort sa sœur contre lui quand on jeta de nouveau la terre sur le cercueil pour le recouvrir, et se dit, pour la première fois depuis la mort de sa mère, qu'il ne la reverrait vraiment plus, et que c'étaient là des Adieux, et pas des au revoir.

Jusque là, la mort ne lui avait semblé n'être qu'une maladie très grave, mais dont on pouvait guérir. A présent, Enzoh se rendait compte à quel point il s'était trompé.

********************

« Oh, un papillon!

-Fais attention à où tu mets tes pieds, Perrine. Ce serait bête que tu trébuches. »


La fillette se contenta de vigoureusement hocher la tête, faisant s'agiter ses longs cheveux blonds. Enzoh sauta par dessus un tronc d'arbre, vite suivit de sa sœur, qui prit bien garde à ne pas se prendre les pieds dedans, comme le lui avait recommandé son frère. Landry Austen et ses deux enfants étaient partis pour quelques jours à la campagne, loin de l'agitation de la ville et des calèches qui passaient sans cesse à travers les rues bondées. Enzoh, qui avait maintenant dix ans et Perrine, qui en avait récemment eut huit, parcouraient avec un plaisir évident les vertes étendues qui entouraient leur manoir. L'air frais, si différent de celui de Jiang Zemin, dans lequel planait milles odeurs inconnues, leur faisait sans cesse tourner la tête. Finalement, ils s'arrêtèrent sous un arbre, et s'assirent dans l'herbe protégée par l'ombre, regardant les environs baignés de soleil de cette fin de moi d'Aout.

« C'est beau, fit soudain Perrine en cueillant une fleur aux pétales blancs, j'aimerais bien que Maman soit là pour jouer avec nous. »

Enzoh sourit à sa sœur. Évoquer leur mère ne faisait aucun mal aux deux enfants, qui y prenaient au contraire un certain plaisir. C'était un moyen, pour eux, de la maintenir en vie, de continuer à la faire exister à travers eux.

« Oui, moi aussi. Mais elle nous aurait sûrement empêché de jouer quand même, elle aurait eut trop peur qu'on se salisse ou qu'on tombe.

-Oui, elle était comme ça, hein?

-Elle était comme ça. »
Fit fermement Enzoh, comme pour se convaincre lui-même de ses paroles. Cela ne faisait que deux ans que leur mère avait trouvé la mort, mais Enzoh avait parfois du mal à se souvenir d'elle, de ses habitudes, et il en allait de même pour Perrine. Comme si le souvenir de cette femme qui les avait tant aimés s'échappait en même temps que le temps qui passait, ils se raccrochaient à ce qu'ils savaient d'elle, ou pensaient savoir. Le frère et la sœur restèrent un moment assis dans l'herbe, à parler de tout et de rien avec une insouciance que seuls les enfants connaissent. Alors qu'Enzoh se faisait la remarque qu'ils allaient bientôt devoir rentrer au manoir, pour ne pas inquiéter leur père par une trop longue absence, une quinte de toux le prit par surprise. Perrine, habituée à la mauvaise toux de son frère depuis quelques semaines, lui tapota le dos en lui demandant s'il allait mieux. Toutefois, quand il eut arrêté de tousser, Enzoh resta pétrifié. Perrine pencha sa tête sur le côté et se mit face à son frère, le prenant par les épaules avec une mine soucieuse.

« Ça va, Enzoh? »

Le petit garçon resta immobile quelques secondes de plus, avant de lentement secouer la tête. Aussitôt le visage de Perrine devint un masque de terreur, et elle se redressa tel un ressort sur ses petites jambes, se souciant peu de froisser sa jolie robe bleue.

« Je vais aller chercher Papa! Il...Tu restes là et je reviens vite, alors...

-Non, n'y vas pas! Surtout pas! »


La voix d'Enzoh avait un accent désespéré, aussi Perrine se rassit-elle sans poser de questions, bien qu'elle avait toujours l'air terrifiée. Le petit garçon inspira profondément, éloignant avec précaution ses mains de sa bouche. Les yeux de Perrine s'ouvrirent en grand, suivant une goutte noire d'encre qui alla s'écraser sur l'herbe verte. Le contraste de ce vert et de ce noir profond fit monter les larmes aux yeux de Perrine.

« Grand frère...Tu saignes... »

********************

Caroline toussa une fois, puis une deuxième fois. La jeune femme, qui n'avait que vingt-trois ans, sortit d'un geste habitué un mouchoir de la poche de sa robe, qu'elle plaqua contre ses lèvres. Une fois sa quinte de toux terminée, elle le retira, observant avec une certaine peur la tache rouge qui souillait maintenant le tissu blanc. Néanmoins, l'on pouvait voir dans ses grands yeux bruns une résignation étonnamment forte mêlée à cette peur de la mort. Sentant deux petites mains s'accrocher à sa large robe beige, elle baissa les yeux vers son fils, qui l'observait de ses immenses yeux bleus si expressifs.

« Maman, tu vas bien? »

Caroline sourit, puis rangea son mouchoir, avant de se pencher pour prendre le petit enfant blond dans ses bras. Celui-ci l'observait d'un œil inquiet.

« Je vais bien, ne t'en fais pas.

-Tu toussais, fit-il remarquer en faisant la moue, ce qui fit rire sa mère.

-Maman est forte, Enzoh, tu le sais bien.(Marquant une petite pause, elle reprit, sur un ton enjoué) Tu veux aider Maman à finir son puzzle? Elle n'est pas très forte à ça, par contre. »

Le visage rond d'Enzoh quitta cette expression inquiète qu'il avait arboré en entendant sa mère tousser, pour un sourire irradiant de joie. Caroline le posa à terre, et il leva la tête vers l'escalier menant à l'étage.

« On va chercher Perrine?

-Non, il faut la laisser dormir. Un bébé a besoin de beaucoup de repos. »

Enzoh hocha la tête, et trottina aussi vite qu'il le pouvait vers le salon où les attendaient le puzzle commencé par sa mère la veille. Caroline regarda son fils partir avec un petit sourire, consciente de la menace qui planait sur sa progéniture. La maladie qui la rongeait petit à petit se transmettait de manière héréditaire, comme les médecins le lui avaient dit il y avait si longtemps de ça. Ses parents n'étaient pas malades, mais ses enfants courraient le risque de l'être. Landry l'avait rassurée, lui disant que rien n'était sûr, mais elle se sentait encore le besoin de prier les sept Dieux pour la bonne santé de son fils et sa fille.

Caroline n'avait pas peur de la mort. A l'âge de neuf ans, elle lui faisait déjà face avec un courage impressionnant pour une enfant. Laisser ceux qu'elle aimait derrière elle la chagrinait, bien évidemment, mais elle savait que Landry prendrait soin d'Enzoh et Perrine. Elle voulait simplement que la maladie ne les tuent pas. Elle voulait qu'ils vivent longtemps, et en bonne santé, c'était tout ce qu'elle demandait.

« Maman, tu viens? »


********************

Tout le monde s'affairait dans la maison de campagne, même Landry Austen, qui aidait les domestiques, les exhortant à accélérer la cadence. Enzoh se tenait sur le pas de la porte, debout à côté de Perrine, qui malgré la chaleur était emmitouflée dans un épais manteau. Il fixait sans ciller la pierre nue et grise sous ses pieds, regardant de temps en temps Perrine, qui lui renvoyait un petit sourire pour le rassurer. Hier, Enzoh avait toussé, comme il le faisait parfois sans que cela soit inquiétant car il sortait d'une petite maladie, mais la toux avait apporté avec elle un problème bien plus grave. Il avait senti le liquide chaud sur ses mains, et en était resté paralysé d'horreur. Il lui avait fallut faire tous les efforts du monde pour que Perrine ne se mette pas à hurler qu'il était en train de mourir, et encore plus pour faire sécher ses larmes. Enzoh avait dix ans, et était un enfant intelligent et perspicace pour son âge. Il se rendait compte que cracher du sang signifiait sans aucun doute qu'il avait la maladie de sa mère, maladie grave et mortelle, qui le tuerait à plus ou moins long terme. Il savait aussi qu'il devait le dire à son père, qu'il l'emmène voir un médecin afin qu'il puisse obtenir des médicaments, sans quoi la maladie s'aggraverait encore plus. Oui, Enzoh était un petit garçon intelligent qui savait tout cela. Alors pourquoi cette mise en scène? Pourquoi avoir essuyé ses mains sur la robe de sa sœur, l'avoir persuadée qu'il fallait que leur père croit que c'était elle qui était malade, et non lui? La raison était simple, et même Perrine l'avait compris, raison pour laquelle elle s'était prêtée à cette mascarade de bonne grâce.

Son père, qui était archiviste au service de la famille royale, comptait sur lui pour reprendre son travail lorsqu'il ne pourrait ou ne voudrait plus l'exercer. Et pour Enzoh, c'était là un immense honneur, une marque de confiance toute particulière de la part de ce père aimant mais souvent absent. Travailler au château à un tel poste, ce n'était pas donné à tout le monde. Si son père apprenait qu'il était malade, il refuserait catégoriquement qu'il sorte, ou se prête à la moindre activité exténuante. Il ne pourrait pas reprendre le travail de son père, et quelqu'un d'autre le ferait. Et ça, c'était quelque chose qu'Enzoh ne pouvait pas supporter. Il était l'aîné de la famille Austen, celui qui représentait le mieux sa famille, devant ses trois cousines et son cousin. Avouer qu'il était malade, c'était dire Adieu à cet honneur. Il fallait donc que leur père pense que Perrine était malade; De cette façon, elle pourrait lui donner les médicaments, et la maladie ne s'aggraverait pas; Et il resterait l'aîné, celui dont son père était fier et qui reprendrait un jour le travail de ce dernier. Enzoh se rendait compte qu'en agissant ainsi, il fermait de nombreuses portes à Perrine, et se mettait lui-même en danger. Mais la fillette comprenait, et aurait fait n'importe quoi pour son grand-frère. Landry passa le pas de la porte avec les dernières valises, sortant Enzoh de ses pensées.

« Allez, montez dans la calèche, fit-il à ses deux enfants, avant de tendre une main vers sa fille, tu veux que je t'aide, peut-être, Perrine? »

La petite fille jeta un coup d'œil incertain en direction de son frère, qui secoua la tête.

« Non, non, ça va aller, je me sens bien, répondit la blondinette, Je peux monter toute seule. »

Landry couva sa fille d'un regard inquiet, mais finit tout de même par acquiescer. Enzoh se dépêcha de monter, vite suivit par sa sœur, puis par son père. Il s'assit à côté de Perrine, ses yeux tournés vers la fenêtre ouverte alors que le carrosse s'ébranlait doucement. Une légère brise vint lui caresser le visage, et il se permit un sourire tendu.

Il savait que c'était une mauvaise idée que de faire semblant: Mais dire la vérité l'aurait tué, littéralement.

********************

Les jours passèrent, se suivant mais ne se ressemblant pas. La famille Austen s'était de nouveau plongée dans un quotidien rythmé par le travail du père et les leçons des enfants, ne se brisant qu'en d'exceptionnelles occasions. Enzoh et Perrine grandissaient, découvrant chacun de leur côté une facette différente de la vie. Enzoh, maintenant devenu un adolescent, avait le droit de sortir bien plus que lorsqu'il était enfant, quoi que son père le surveillait encore beaucoup. Perrine, elle, avait surtout les murs de sa chambre comme décor; Le médecin, bien que la jeune fille lui paraissait en pleine santé, ne pouvait pas ignorer les taches de sang qui souillaient quelques fois ses vêtements ou ses mouchoirs. Ainsi il fut diagnostiqué à la jeune fille la même maladie que sa défunte mère, et le médecin, en plus des médicaments, lui prescrivit le repos ainsi que le calme. Pour autant, le frère et la sœur ne perdirent pas leur grande complicité avec l'adolescence, et Perrine restait la personne avec laquelle Enzoh passait le plus clair de son temps, lui tenant compagnie dans son perpétuel enfermement. Au fond de lui, le jeune homme se sentait coupable d'imposer à sa sœur une existence aussi recluse, mais cette dernière le rassurait chaque fois qu'il montrait cette culpabilité devant elle.

'Ça ne me dérange pas de rester tout le temps à la maison, tu sais. De toute façon, ça aurait été pareil, maladie ou pas. Notre père m'aurait mariée et je n'aurais pas eu un grand avenir. Toi, c'est différent, alors tu mérites que je fasse ça pour toi.'

Ces paroles réconfortaient Enzoh, sans pour autant entièrement pouvoir le soulager. Alors ils changeait de sujet, reprenant leurs badinages sans importance. Et leur vie leur allait bien comme ça, oui. A tous les deux.

********************

Perrine glissa avec une discrétion habituée la petite bouteille dans la poche de la veste de son frère aîné, lui offrant une mine soucieuse.

« Fais attention, murmura-t-elle, Si tu fais trop d'efforts, tu sais bien que...

-Je sais, Perrine. Je fais toujours attention, d'accord? »


Enzoh tapota la tête de sa sœur cadette, avec un petit rire. Cette dernière ouvrit la bouche, comme pour répliquer quelque chose, mais les pas de son père dans le couloir menant à la porte d'entrée fit mourir sa plainte dans sa gorge. Elle s'écarta d'Enzoh et son père, exécutant une petite révérence.

« C'est comme ceci qu'ils font à la Cour du Roi, n'est-ce pas? Demanda-t-elle en se redressant, l'air curieuse.

-Arrête, tu me fais stresser encore plus! S'exclama bruyamment Enzoh, qui se fit toutefois réprimander par son père d'un regard. Il arbora par conséquent de nouveau une mine mortellement sérieuse.

-Oui, c'est exactement cela. Tu es sûre que tu ne veux pas que Claire reste avec toi, aujourd'hui? »

Perrine savait combien son père détestait la laisser seule, mais secoua néanmoins la tête. Elle pouvait se débrouiller seule, elle le savait. De plus, elle n'avait plus eu l'occasion de se retrouver seule depuis des mois et des mois! Parfois, le silence et la solitude avaient du bon, et sans domestiques pour constamment pousser la chansonnette ou lui dire ce qu'elle devait faire et surtout ne devait pas faire, la solitude devenait encore plus agréable.

« Ça ira. Pour une fois que Claire peut passer une journée entière en compagnie de ses enfants, tu ne vas pas lui enlever cette joie. »

Landry hésita à insister, mais le sourire immense de sa fille le convainquit de ne rien dire de plus et hocher la tête en signe d'assentiment. Il se tourna vers la porte, qu'il ouvrit d'un geste vif.

« Alors ne perdons pas plus de temps. Il est hors de question d'arriver en retard à cette réception. »

Enzoh adressa à Perrine un petit signe de la main, puis disparu au dehors. Son père lui emboîta le pas peu après, et la blonde aux grands yeux se retrouva bientôt complètement seule dans le grand manoir de sa famille. Elle s'autorisa à pousser un long soupir de soulagement, alors qu'un petit chat noir comme le charbon venait se frotter à ses jambes.

« Oh, Maïlys.(Elle prit la bête dans ses bras, déposant un petit baiser sur le bout de son nez) Toi aussi, tu avais hâte d'être seule pour pouvoir jouer un peu? »

Avec un rire qui se répercuta dans le hall d'entrée, Perrine partir en courant en direction de l'étage, ses chaussures claquant à chacun de ses pas contre le carrelage froid des couloirs. La jeune fille entra précipitamment dans sa chambre, et regarda par la fenêtre, juste à temps pour voir le carrosse qui emmenait son père et son frère au château s'ébranler et partir le long de la rue pavée. Au fond, songea-t-elle, elle était plutôt contente de ne pas avoir à se rendre à cette réception. Elle la devinait ennuyeuse, et elle n'aurait certainement pas eut le droit de bouger beaucoup, là-bas. Perrine songea à son frère, et à la joie qu'il avait de pouvoir rendre leur père fier de lui. Elle était inquiète, bien entendu, de la santé d'Enzoh, car elle avait constamment peur que la maladie s'aggrave et qu'ils ne puissent plus continuer à mentir. Mais le jeu en valait la chandelle, car Enzoh était intelligent, et remplirait à merveille son rôle. Perrine était fière de son frère, oui. Elle l'aimait plus que quiconque, et préférait briller à travers lui.

S'il était heureux, elle était heureuse. La jeune fille avait toujours été quelqu'un qui se contentait de peu, et sa vie lui suffisait. Encore plus lorsqu'elle pouvait courir sans retenue!

« Allez, viens, on va faire un gâteau! Lança-t-elle à la petite chatte confortablement nichée au creux de ses bras. Mais Maïlys, trop occupée à manger un des rubans qui pendaient de son col, ne lui prêta pas la plus petite once de son attention. Perrine la caressa en riant, débordante de bonne humeur.

-Tu n'es pas vraiment coopérative! Bon, d'abord, il faut aller chercher les clés de la cuisine dans le bureau de Père. »

La jeune fille posa le chaton par terre et se dirigea en trottinant vers le bureau de son père. Il était ouvert, comme toujours, car son père faisaient de nombreuses allées et venues, et détestait se trouver face à une porte fermée quand il voulait aller vite. Elle l'ouvrit sans se préoccuper de faire du bruit, pour une fois, car il n'y avait personne dans la maison aujourd'hui pour lui interdire de faire ce qu'elle voulait. Aujourd'hui, elle était la reine de son domaine! La petite chatte entra à la suite de sa maitresse, et entreprit immédiatement de grimper le long de la chaise de velours qui faisait face au bureau à l'apparence désordonnée de Landry Austen. Perrine, trop occupée à chercher laquelle des clés accrochées sur le panneau de bois était la bonne, ne se retourna que lorsque Maïlys, qui s'était aventurée sur le bureau, fit bruyamment choir à terre une pile de documents. Perrine lança un regard sévère à son animal de compagnie, le regardant avec colère disparaître sous un fauteuil. Il ne manquait plus que ça! Si son père pensait qu'elle avait fouillé dans ses documents, elle allait être punie à coup sûr! S'empressant de rassembler les feuilles éparses, un document froissé et de plus petite taille que les autres attira son attention. Elle le prit avec précaution, hésitant à le lire. Ça ne la regardait certainement pas, mais l'écriture ne ressemblait à aucune écriture qu'elle avait vue jusque là. Ce n'était en tout cas ni celle de son père, ni celle d'Enzoh. Priant Orion, son Dieu protecteur, de lui accorder son pardon pour son indiscrétion, elle se décida à parcourir les quelques lignes soigneusement tracées sur le papier.

Son visage se figea soudain, alors qu'elle relisait la lettre pour être certaine d'avoir bien compris ce qui y était écrit. Ses yeux bleus, d'ordinaire si pétillants, semblèrent perdre tout à coup leur éclat. Que...? Consciente maintenant d'avoir lu quelque chose qu'elle n'aurait jamais du, elle le replaça précipitamment entre les deux feuilles, là où elle l'avait trouvé, et replaça la pile de document sur le bureau comme s'ils avaient été brûlants et que les toucher lui en coûtait. Elle resta là un instant à fixer le bureau de son père, ne se réveillant que lorsque Maïlys vint jouer avec les dentelles de sa robe. Elle prit la petite chatte dans ses bras, et sortit en prenant bien soin de refermer la porte derrière elle. Avec précipitation, elle monta les escaliers jusqu'à sa chambre. Là, elle s'autorisa à se laisser tomber à terre. En temps normal, elle se serait amusée que ce simple geste aurait fait gronder Claire, car ce n'était pas ainsi qu'une jeune femme bien élevée se comportait, mais tout ce à quoi elle pouvait penser, c'était ce morceau de papier, et ce qu'elle avait lu dessus. Les mots vinrent danser dans sa tête, refusant de la laisser en paix. Perrine ne voulait décidément plus cuisiner. S'approchant prudemment de la fenêtre, elle contempla la rue pavée comme si c'était la première fois qu'elle la voyait de sa vie.

Maintenant, elle avait besoin qu'Enzoh rentre. Et vite.


********************

« Mais Perrine, lâche moi! Explique moi au moins ce qui se passe! »

Perrine, sans écouter son frère, le poussa sans ménagement dans sa chambre, refermant la porte derrière elle. Le jeune homme, qui venait juste de rentrer de la réception organisée par le Roi où il s'était rendu avec son père quelques heures plus tôt, la regardait sans comprendre, clairement interloqué. Une fois que Perrine eut reprit son souffle, elle tourna vers lui deux yeux emplis d'une grande détresse.

« Enzoh, c'est terrible, si tu savais...

-Si je savais...Si je savais quoi, Perrine? »


La jeune femme secoua la tête et s'arrêta, comme pensive. Puis elle fit de grandes gestes, affolée.

« Toi qui était à la réception, dis moi...Il ne s'est rien passé d'étrange?

-D'étrange? Pas que je sache, non...

-Tous les Nobles étaient là-bas? La famille royale aussi?

-Il me semble, mais je ne connais pas toute la Cour du Roi, alors tu vois...
(Il fronça les sourcils, agavé) Dis moi où tu veux en venir, bon sang! »

Le silence se fit dans la pièce, alors que Perrine cherchait désespérément les bons mots. Elle savait que ce qu'elle s'apprêtait à dire était grave, et que si elle ne parvenait pas à persuader Enzoh de la véracité de ses propos, elle serait bien plus que punie.

« Je...Enzoh, c'est très important. Par mégarde, durant votre absence, j'ai lu un document adressé à notre père. Et ce document, il... »

Enzoh la fixa sans ciller, appréhendant ce que sa sœur allait lui dire. Pour qu'elle soit si bouleversée, ce devait être extrêmement grave.

« Notre père... »

La suite de ses mots fut couvert par un carrosse passant en trombe dans la rue et les cris de plusieurs passants ayant sans aucun doute manqués de se faire renverser, mais Enzoh, lui, l'entendit très bien. Ses yeux s'ouvrirent en grand, alors que ses traits prenaient une expression horrifiée. Il lâcha, presque dans un souffle:

« Quoi? »

********************

Régulièrement, les voisins des Austen entendaient des cris résonner depuis la somptueuse demeure de la famille. Le quotidien, pourtant si calme de la maisonnée, s'était tout à coup métamorphosé en perpétuels affrontements. Si personne ne savait de quoi il était question dans ces disputes, on pouvait en revanche aisément deviner par l'inflexion dure et froide des voix que c'était là une affaire sérieuse. Si le père partait travailler comme si de rien n'était, on voyait de moins en moins les enfants, allant même jusqu'à se demander s'ils étaient toujours dans la maison. Un rideau tiré furtivement ou des claquements de portes rappelaient cependant à ceux qui passaient non loin du manoir que ce bâtiment n'était pas à l'abandon.

En Décembre de la même année, le Roi et la Reine furent assassinés. On chercha à étouffer l'affaire autant que possible, mais en vain. Le Royaume était en émoi, bien que personne n'osait trop en parler, de peur d'attirer l'attention sur soi. Le Prince et la Princesse reprirent le pouvoir, bien qu'ils n'étaient alors âgés que de douze ans. Après l'assassinat des années plus tôt de la Princesse Miako et de ses trois enfants, il ne restait plus aucun membre de la famille royale en vie à part les jeunes Ankou et Annahita.

Le peuple était inquiet. Mais pour le bien du Royaume, il fallait faire comme si de rien n'était. Les Austen, comme insensibles à toutes ces horreurs, restèrent cloitrés chez eux. Puis vint l'année 1557. C'est cette année là que la jeune Perrine, qui avait alors eut récemment seize ans, mourut.

********************

C'est Landry qui avait découvert le corps de sa fille, froid et sans vie, au petit matin. Assise dans un fauteuil du salon, le visage pâle dans la mort, ont eut dit qu'elle dormait. La rigidité et la froideur de son corps ne laissaient toutefois pas de place au doute. Maïlys, qui avait grandit et traînait un ventre enflé par la grossesse, miaulait sur les genoux de sa maîtresse, comme pour la réveiller. Elle lui lécha la main, joua avec les rubans de son col comme elle le faisait étant petite, mais Perrine n'ouvrit plus jamais les yeux.

A côté d'elle, sur une table basse, était posé un verre à demi vide. Le médecin en identifia immédiatement le contenu comme étant du poison, et même sans lettre pour expliquer son geste, il était évident que Perrine avait bu le poison, et qu'il s'agissait d'un suicide. Enzoh, malgré tout, ne pu croire que sa sœur s'était suicidée, elle qui était si pleine de vie et si joyeuse. Il chercha une solution possible à ce geste, mais son père l'interrompit sèchement. Perrine avait préféré s'ôter la vie plutôt que souffrir comme avait souffert sa mère. Et loin d'être lâche, Landry trouvait cela admirable. Bien que son fils continuait de penser que quelqu'un l'avait forcé à boire le verre, c'est la version qui fut donnée aux autorités. On enterra la cadette des Austen auprès de sa mère, et Enzoh ne pu retenir des larmes de douleur, comme il l'avait fait il y avait des années pour sa mère. Son père, lui, ne versa aucune larme. Il se mura dans un silence froid, et les relations qu'il entretenait avec son fils se détériorèrent considérablement après cet évènement tragique.

On murmura même, dans leur entourage, qu'Enzoh pensait son père en partie responsable de la mort de sa soeur. Cette rumeur ne fut rien d'autre cependant qu'une rumeur, et personne ne put jamais en vérifier la véracité. Les disputes s'arrêtèrent avec la mort de Perrine. A présent, il régnait un silence pesant sur la maison des Austen.


********************

La suite, tout le monde pourrait la narrer sans difficulté. Avec les changements de règne, une Guerre Civile opposant Humains et Esprits se déclara. Sans pour autant participer aux violentes manifestations de la Guerre, Enzoh ne cacha pas qu'il soutenait avec conviction les idées de la Princesse, allant même jusqu'à dire qu'aucun Seigneur n'avait eut de meilleures idées qu'elle. Son père continua son travail jusqu'à un certain point. Il était tombé malade vers la fin du conflit, et n'avait plus la force de se lever et encore moins de continuer son travail. Enzoh, une fois que la décision de couper le Royaume en deux fut prise, alla se présenter à la Princesse qui gouvernait la moitié de Royaume dans laquelle il habitait. Il se présenta comme étant le fils de Landry Austen, ajoutant que son père étant malade, il ne pouvait plus travailler. Il voulait reprendre la place qu'il avait laissée vacante. L'entourage de la nouvelle Reine n'y trouva trop rien à redire, car son père et son grand-père avant lui avaient travaillés à ce même poste. Annahita fut plus difficile à convaincre, en revanche, car elle semblait décidée à ne pas laisser un travail aussi important à un incapable. Enzoh, quoi qu'on en dise, du prouver ses capacités maintes fois avant d'être accepté. Et une fois qu'il fut accepté, il du rattraper tout le retard de son père, ce qui faisait une somme considérable de travail, avec tous les avis de décès qui étaient survenus durant la guerre.

On pourrait dire qu'aujourd'hui, Enzoh mène une vie relativement paisible, rythmée par son travail. Une vie qui lui plaît, malgré sa grande fatigue et la perte de sa sœur. Continuer à cacher sa maladie lui demande aussi plus d'efforts que par le passé, mais il se débrouille bien, et à ce jour, personne encore n'a découvert qu'il mentait depuis tout ce temps. Le jeune homme compte bien que tout cela continue.

Car servir son pays dans la paix compte plus pour lui que n'importe quoi d'autre.


►Quelques formalités :


    ♦~Code du règlement?
    {Validé!}

    ♦~Autre chose à ajouter?
    Non. En tout cas, pas pour l'instant.~


Dernière édition par Enzoh Austen le Mar 25 Oct - 19:28, édité 7 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

AUSTEN Enzoh {V1}

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» ♣ Josh Austen et l'art du combat ! ♣ [terminée]
» Winnipeg Jets
» Sixtine J. Austen
» TOMMI J. AUSTEN ► joe collier
» Honte de nuit [Pv Claire Austen]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Illea's world :: Règlement: Avant le RPG. :: État civil :: Archives-