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 Sir, I don't know why, but I know your n-ah..., uh, no. {Aleksei Astrehn} - [TERMINÉ]

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Semeuse de troubles sur la voie publique, et jouet personnel d'Aleksei Astrehn

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Semeuse de troubles sur la voie publique, et jouet personnel d'Aleksei Astrehn


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MessageSujet: Re: Sir, I don't know why, but I know your n-ah..., uh, no. {Aleksei Astrehn} - [TERMINÉ]   Mer 17 Aoû - 19:58

{Oui bah ça y est, mon rythme est retombé. En plus maintenant je trouve ce que j'ai écris trop nul.8DDD

Et oui oui, je trouve qu'on poste à un rythme hyper correct. Non mais oh hein.è___é Mon poste est trop nul aussi mais je sais pas pourquoi.

Lalalalala mouton~ D'ailleurs 'moutons', en Finnois, ça se dit 'Lammas'.8DD

EDIT : OMG TROISIÈME PAGE!}

La jeune fille passa à nouveau ses mains sur son visage, dans une vaine tentative pour rendre invisible la moindre trace de ses larmes. Ses joues avaient dû ne serait-ce que légèrement rougir, ses yeux aussi. Autant dire que, quoi qu'elle fasse, il allait lui falloir attendre un moment avant de ne pouvoir s'exclamer qu'elle n'avait pas pleuré tout en étant convaincante. Au moins, elle avait arrêté de sangloter. C'était déjà une bonne chose. Et puis elle allait rentrer chez elle en toute tranquillité. Et c'était maintenant, et seulement maintenant, qu'elle se rendait compte qu'elle avait peut-être vaguement exagéré. Mais malgré tout, elle ne décamperait pas de ses positions : elle avait dix fois moins de risques de se faire agresser avec quelqu'un que toute seule. Elle demanderait à sa mère ce qu'elle en pensait, un jour. Au moins, elle serait fixée. La demoiselle prit une longue inspiration, ce qui chassa définitivement le poids qui écrasait sa poitrine. Elle se sentait mieux, maintenant. Plus rassurée. Et quoi qu'elle ne savait pas trop s'il l'avait fait parce qu'il voulait rentrer ou parce qu'il avait bon fond, elle restait reconnaissante envers le présumé 'Henry'. Même s'il devait être en colère. Un coup d'œil dans sa direction lui confirma qu'il n'avait pas l'air très heureux, et elle reposa son regard sur la route, devant elle. Hm... D'un autre côté, elle ne l'avait pas encore vu sourire gentiment, jusque là. Donc le voir faire la tête ne voulait pas dire grand chose, en fait. Tout son contraire à elle, qui, quand elle ne savait pas quelle expression adopter, se mettait tout simplement à sourire. Lui, il avait l'air contrarié. Peut-être parce qu'il l'était? S'il l'était, en ce cas, c'était sûrement de sa faute. Et quoi qu'elle ne pensait pas avoir fait quelque chose de reprochable, elle convenait qu'elle avait pu lui taper sur les nerfs, à insister encore et encore pour savoir son nom. Mais elle n'arriverait à rien sans rien, n'est-ce pas? Il fallait prendre des risques, pour avoir ce qu'on veut. Et si elle avait du mal à évaluer les risques, au moins elle tentait d'en prendre. Songeant à cela, la petite rousse passa une main distraite sur son épaule. Elle se demanda brusquement si elle aurait encore mal le lendemain, ou si ça passerait dans la nuit. Peut-être même que ça ferait encore plus mal, après? Ça arrivait, parfois.

Elle ne put retenir une moue embarrassée à cette idée, sans quitter le sol des yeux et du regard. C'était bien fait, franchement. Elle n'avait qu'à se mêler de ses affaires. Son poignet ne lui faisait plus trop mal, lui, et elle espérait de tout cœur que la douleur était passagère et partirait aussi vite qu'elle était venue. Les bleus aux épaules, par contre, semblaient être inévitables. Tant pis?

« T’as pas besoin de me dire merci, ça a rien à voir avec toi. Je fais ce dont j’ai envie, et je me fous que ça t’arrange ou pas. Vas pas croire que t’as eu autre chose qu’un énorme coup de bol que nos intérêts, disons… Coïncident. »

Ayleen leva les yeux vers lui un instant quand il éleva la voix, puis les redirigea prudemment devant elle. D'accord, d'accord. Eh bien, au moins, elle l'aurait tout de même remercié : comme ça, elle se sentirait en paix avec elle-même. Elle médita ses paroles en silence, ses bras ballants de chaque côté de son corps, l'esprit ailleurs. Je fais ce dont j'ai envie? Dans ce cas, oui, elle avait eu de la chance que 'leurs intérêts coïncident'. La jeune fille n'avait aucun problème à admettre que certaines choses étaient le fruit du hasard ou de la chance, de toute façon. Il arrivait que ce soit purement et simplement à cause de cela, voilà tout : des concours de circonstances, en quelque sorte. Mais malgré tout, elle préférait penser qu'au moins une toute petite partie de son interlocuteur se serait sentie mal à l'idée de la laisser seule. Elle commençait à en douter sérieusement, mais peu importe. Il aurait beau dire ce qu'il voulait, dans les faits, il l'aidait. Que ce soit à cause de la chance ou de quoi que ce soit d'autre, ça n'avait pas tellement d'importance à ses yeux. Il l'aidait, et c'était ça, l'important. Qu'il ne partage pas son avis non plus, ce n'était pas très grave. Elle ne comptait pas l'exprimer à voix haute, dans tous les cas.

Elle fit encore quelques pas sans rien dire, avant que le silence ne commence à devenir pesant. Elle n'aimait pas rester sans rien dire, ça la mettait mal-à-l'aise. Un peu comme si le fait de ne pas hausser la voix pendant plus de dix secondes voulait dire, d'une manière ou d'une autre, qu'elle était en colère contre l'autre. Même si, en l'occurrence, c'était plutôt l'autre qui devait être fâché contre elle. Elle se mordilla la lèvre inférieure, bien décidée à ne rien dire cependant. Ce n'était pas le moment de l'énerver, franchement : il aurait tout aussi bien pu faire demi-tour, et l'abandonner à son triste sort. Ça devait pouvoir se faire, rester silencieuse. Regarder autour d'elle, penser à des choses agréables et rassurantes. Hmm hmm hmm.

D'accord. Elle jetait l'éponge.

«Tu veux toujours pas me dire ton nom?»

Ayleen passa maladroitement sa main dans ses boucles rousses, les yeux rivés sur le vide devant elle. C'était stupide, totalement stupide de dire ça, mais elle n'avait pas trouvé autre chose sur le moment. Et puis on ne sait jamais, hein...? Non, en fait elle était persuadée qu'il allait répondre comme avant, et encore avant, et encore avant, et comme à chaque fois qu'elle lui avait posé la question : à savoir, 'non'. Ça aurait été trop beau. L'Esprit aux grands yeux voulut ajouter quelque chose, ne serait-ce que pour lui signifier qu'elle n'avait pas envie qu'il s'énerve, mais finalement ne dit rien. Quelque chose lui disait que ça n'aurait pas servi à grand chose, de toute façon. Le jeune homme aux cheveux blonds n'avait pas l'air d'être de ceux qui se préoccupent vraiment de l'avis des autres. D'ailleurs, n'avait-il pas dit qu'il faisait ce qu'il voulait? Cette idée fit rêver la jeune fille, l'espace de quelques secondes. Faire ce que l'on veut, sans se soucier de l'avis des autres, juste parce qu'on en a envie... Ça avait l'air tentant, évidemment. Mais elle ne pensait pas que l'on puisse faire cela sans en récolter les conséquences – et elle doutait qu'elles soient très agréables. Donc elle, en gentille fille bien élevée, elle faisait ce qu'on lui disait de faire. Ce n'était pas plus mal, dans un sens. Ennuyeux, parfois, mais pas plus mal.

Cela dit, sans savoir pourquoi, rien qu'à regarder le garçon au visage brûlé, elle était persuadée qu'il devait vivre une vie passionnante. Bien plus que la sienne, en tout cas.



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Esprit, Villageois

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MessageSujet: Re: Sir, I don't know why, but I know your n-ah..., uh, no. {Aleksei Astrehn} - [TERMINÉ]   Mar 30 Aoû - 14:12

[Oui, trois pages. C'est plutôt bien.
Posté.
Lammas lammas.]
L’insistance d’Ayleen allait finir par le pousser à bout, songea Aleksei non sans une pointe d’ironie mêlée de mauvaise humeur. Plus tôt, le silence qu’ils avaient tous deux observé lui avait semblé reposant, plaisant sinon nécessaire. Et pourtant, une pensée désagréable lui avait pourri ces quelques secondes : quand cette garce de sainte nitouche allait-elle recommencer à lui rabattre les oreilles avec ses discours aussi agaçants qu’ennuyeux, ses questions dépourvues d’intérêt ? Leur inanité profonde, se dit-il, faisait presque peine à voir. Et Dieux savaient pourtant ce qu’il était difficilement impressionnable. De quelle noblesse d’âme il faisait preuve de reconnaitre à cette gamine d’être l’un des pires spécimens qui lui aient été donné de croiser ! Elle parlait non seulement pour ne rien dire, mais également beaucoup trop et avec trop d’acharnement, d’implication. Se rendait-elle seulement compte de la chance qu’elle avait d’être née Esprit dans une famille correcte ? Sans cela, elle n’aurait pas fait long feu. Astrehn réprima un rictus en notant l’analogie entre cette expression et ce qu’il aurait littéralement voulu faire subir à la jeune fille ; sûr qu’avec sa corpulence elle n’aurait en effet pas brûlé très longtemps, quoiqu’elle eût fait une torche vivante tout à fait correcte. Ces considérations le distrayaient, l’occupaient tandis qu’il marchait sans se soucier de savoir si Ayleen suivait : il s’en contrefoutait royalement, à vrai dire. S’il pouvait la semer, sans doute en aurait-il même bien ri. Après tout, elle n’aurait eu que ce qu’elle méritait : une bonne grosse frayeur pour l’avoir abordé, suivi, ignoré d’une certaine manière et à un tel point emmerdé. Si elle voulait suivre, commenta-t-il pour lui-même, qu’elle suive. Et en silence. Sinon, qu’elle aille se faire foutre, pour ce qu’il en savait. Au moment où il jetait malgré tout un rapide coup d’œil à côté de lui, la rousse reprit la parole, qu’elle ne pouvait apparemment se résoudre à abandonner bien que ce fût profitable pour tout le monde :

«Tu veux toujours pas me dire ton nom?»

La première réaction d’Aleksei fut de froncer les sourcils, excédé : elle n’en avait pas marre, à la fin ? Toujours demander la même chose, sans renoncer quand la défaite était pourtant évidente. Et pas vraiment attristante d’ailleurs. Il se demanda s’il devait ne fut-ce que se donner la peine de répondre, dans la mesure où un silence serait ici tout aussi éloquent tout en ayant le mérite de lui éviter de se répéter pour ce qui lui sembla sur le coup être la centième fois. Ce n’était pas une habitude chez lui : lorsqu’il parlait, chacun avait tout intérêt à écouter et, si imprécations il y avait, s’exécuter sur le champ. Trainer pouvait être fatal, Aleksei ne niait pas une sévérité sans doute excessive mais qu’il restait en droit d’exercer. Les serviteurs qui s’empressaient, s’écartaient, ne prononçaient pas un mot de trop et se faisaient fantôme invisible de sa demeure en étaient un parfait exemple. Ils l’agaçaient, leur simple présence lui tapait sur le système mais, ne poussant pas la mauvaise foi jusqu’à les dire incompétents pour la plupart, Astrehn se laissait à penser que leur utilité les sauvait. De toute façon, il avait des droits sur eux, de l’influence, un contrôle dont ils se rendaient compte. La situation était ici différente : avec une fillette sans histoire comme Ayleen devait l’être, impossible que les autorités compétentes concluent à un règlement de comptes s’il lui faisait un sort aux petits ognons pour l’avoir saoulé… Choquer l’opinion publique n’avait rien de mauvais en soi, certes, mais les ennuis qu’Aleksei n’aurait pas manqué d’avoir auraient été pires que la compagnie de cette mijaurée un peu limitée.

Enfin, elle n’avait qu’à parler toute seule si elle y tenait, lui n’avait aucune envie de lui répondre. Son nom, toujours et encore, ça commençait à sérieusement bien faire…. Cette fille ne pouvait-elle donc jamais la fermer, tout simplement ? Faire preuve de « sens commun », notion qui ne devait pas être prioritaire dans la moisissure qui lui tenait lieu de cerveau. Franchement pas, même, surenchérit-il. A partir du moment où il avait décidé de ne pas lui communiquer qui il était, impossible de revenir sur son choix. Pas qu’il en ai eu envie non plus ; mais il ne s’agissait pas moins de cela que d’une politique, un mode de vie auquel il adhérait. Qui stipulait de ne pas changer d’avis et de ne pas regretter. Elle n’aurait qu’à le demander, pensa-t-il, comme elle l’avait si bien prétendu un peu plus tôt. Ce ne seraient plus ses affaires, et puis puisqu’il n’habitait pas ici, il était probable qu’elle perde son temps. On le connaissait bien à Naukowe. On le connaissait moins à Jiang-Zemin, où il avait des contrats et quelques affaires pourtant. Sûr qu’Ayleen ne penserait jamais à demander aux grands industriels, nota Aleksei, vaguement amusé. La pègre, pas de souci, il avait plus ou moins la tête de l’emploi. Mais le reste, c’était bien moins certain.

Il laissa filer quelques secondes avant d’ouvrir la bouche, peu désireux de parler mais conscient que la fille-à-papa, elle, ne s’arrêterait pas de guerre lasse :

« Change de sujet », lâcha-t-il de ce même ton ô combien aimable qu’on lui connaissait si bien.

Tant qu’à faire, qu’elle déblatère sur les petits oiseaux ou le soleil, la forme des nuages, le froid, des gâteaux, bref n’importe quoi tant qu’elle ne l’impliquait pas dans la « conversation ». Qu’il aurait apprécié pouvoir qualifier de monologue, si possible, sans intervention de sa part, non merci. Il passa rapidement une main dans ses cheveux, histoire de les remettre en place –cette manie qu’il avait d’y toucher tout le temps avait dû se rappeler à son bon souvenir à cause du geste de cette fille, se dit-il, pas vraiment convaincu. Enfin. Peu après, il décida d’exprimer le fond de sa pensée, de manière aussi concise que claire :

« Ou mieux, la-ferme. Parle toute seule ou tais-toi, poursuivit le jeune homme, mais dans tous les cas me pose pas de questions ; je m’en branle, de ce que tu racontes… »

Si elle pouvait choisir cette deuxième option, constata Aleksei, elle s’assurerait au moins de ne pas finir sa petite excursion avec un tout nouveau maquillage pour ses yeux ou un doigt étrangement tordu. Ses yeux rivé dans le vide, il laissa son regard trainer à l’entour. Qu’elle cause toute seule dans le pire des cas, ce ne serait jamais qu’un agaçant bruit de fond. Comme celui d’une mouche ; tant qu’elle restait loin de lui, rien à faire.
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MessageSujet: Re: Sir, I don't know why, but I know your n-ah..., uh, no. {Aleksei Astrehn} - [TERMINÉ]   Ven 2 Sep - 18:00

{Aha! Je t'avais dit que je répondrais aujourd'hui. Voilà voilà. ♫

Et c'est ultra bien, trois pages! Ca veut dire qu'Aleksei supporte Ayleen depuis trois pages, ce qui est un miracle.>8D

Lammas lammas.°^°}


« Change de sujet »

Boooon. Ça, c'était dit. Elle accusa le coup, ses lèvres pour une fois closes, et ne put qu'esquisser une mimique boudeuse. Il était bien loin, le temps où elle avait eu peur de se perdre ou de se faire agresser ; ça ne faisait que très peu de minutes – secondes? – qu'elle avait arrêté de pleurer, mais ça aurait tout aussi bien pu faire des heures, voire des journées. Ayleen avait la faculté étonnante de pouvoir oublier quelque chose qui venait de se produire, quand elle jugeait que l'évènement était 'clos'. Donc maintenant qu'Henry la raccompagnait (enfin, marchait dans le même sens qu'elle, mais elle était entêtée dans son genre) et qu'elle n'avait plus à affronter ces rues plus ou moins rassurante toute seule, elle se souvenait à peine en avoir eu peur un jour. C'était malheureusement aussi pratique que dangereux, en l'occurrence. Pratique, parce qu'elle ne restait pas prostrée des heures durant à se lamenter sur son sort quand le problème était réglé. Dangereux, parce qu'elle ne retenait aucune leçon de ses erreurs. Il suffisait de la voir demander pour la énième fois le nom du blond pour s'en rendre compte. Elle avait beau avoir encore mal aux épaules, elle avait beau se souvenir que c'était arrivé parce qu'elle l'avait énervé, elle continuait à lui parler et à lui 'casser les oreilles', comme il l'avait si bien dit. Ayleen était entêtée, ça oui. Quand elle voulait quelque chose, elle ne parvenait pas toujours à se rendre compte que, parfois, il valait mieux abandonner la bataille. Raison pour laquelle elle n'avait pu s'empêcher de revenir à la charge, encore une fois, au sujet du nom. Mais puisqu'il voulait qu'elle change de sujet, mieux valait, au moins pour l'instant, lui obéir. Ces trois mots avaient sonnés comme un avertissement à ses oreilles, et elle ne voulait pas lui donner une raison de plus pour la frapper, l'abandonner ou la perdre. Changer de sujet, euhm...

« Ou mieux, la-ferme. Parle toute seule ou tais-toi, mais dans tous les cas me pose pas de questions ; je m’en branle, de ce que tu racontes… »

La surprise d'Ayleen dû cette fois se lire sans mal sur son visage, tandis que par réflexe elle le tournait vers son accompagnateur. Quand on a vécu de longues années durant auprès d'humains et qu'on s'appliquait à regarder dans leur direction, difficile de s'arrêter brusquement de le faire. Elle ne pensa même pas à quel point son geste était inutile, cela étant. Pour l'heure, ce qui l'importait était ce qu'il venait de lui dire, d'une voix tout sauf aimable. Changer de sujet, d'accord. Mais se taire, non. Elle avait essayé – quoi qu'il ne s'en était sûrement pas rendu compte, vu le peu de temps que cela avait représenté – et en avait conclu que le silence la gênait. Elle n'aimait pas ça, elle avait l'impression que cela insinuait un millier de choses désagréables et préférait de loin discuter. Discuter, oui, elle préférait nettement cela. Mais 'me pose pas de questions' ou 'je m'en branle, de ce que tu racontes', c'était suffisamment explicite comme ça. Elle resta quelques instants à le regarder, la bouche entrouverte, comme si elle allait dire quelque chose, puis sembla se résigner. La jeune fille reposa ses grands yeux sur la rue devant elle, et poussa un soupir à fendre l'âme.

Ce qui ne voulait pas dire qu'elle comptait se taire pour autant, bien sûr. Elle pouvait toujours essayer de faire le reste du trajet la bouche fermée, mais elle savait très bien qu'elle n'y arriverait pas. C'était presque impossible. Ayleen savait rester sage et silencieuse ; la majeure partie du temps, cependant, elle préférait parler. De tout et de rien, surtout de rien. Quand elle était totalement seule, qu'elle était très fatiguée ou qu'elle ne trouvait plus rien à dire, elle se taisait. Mais en ce moment elle avait beaucoup de choses à dire, un interlocuteur, et elle ne se sentait pas du tout fatiguée. Encore un peu assommée par ses pleurs, oui, mais pas fatiguée. Il y avait tellement de choses qu'elle aurait aimé lui demander, pourtant! Il fallait éviter le sujet de son identité, d'accord. Mais il y avait un milliers d'autres questions qui lui venaient en tête dès qu'elle posait les yeux sur lui, et elle aurait vraiment voulu pouvoir les lui poser. Où il habitait? Quel âge avait-il, précisément? Comment s'était-il fait cette marque sur son visage? Peut-être même son Dieu protecteur? Est-ce qu'il avait des frères et sœurs? Est-ce qu'il avait un métier, est-ce qu'il ne faisait rien, est-ce qu'il vivait encore chez ses parents? Qu'est-ce qu'il pensait de la guerre civile? Et est-ce qu'il avait dû déménager, quand le pays avait été coupé en deux? Sa couleur préférée? Est-ce qu'il se considérait comme une sorte de 'personne non fréquentable', ou c'était juste un genre qu'il se donnait? Est-ce qu'il avait une petite-amie? Est-ce qu'il était très pauvre, ou plutôt aisé? Qu'est-ce qu'il pensait de la Princesse? Est-ce qu'il aimait les gâteaux? Est-ce qu'il fumait beaucoup, ou juste de temps en temps?

Et encore, elle en passait.

Au bout de deux, peut-être trois minutes de silence, elle éleva à nouveau la voix.

« J'aurais dû mal à parler toute seule, constata-t-elle avec sérieux. Enfin, je peux, mais c'est moins..., intéressant. »

Pour sûr, oui. Mais si elle lui parlait et que lui ne lui répondait pas, alors ça reviendrait en effet à parler toute seule. Cependant, entre se taire et parler dans le vide, elle choisissait la deuxième option sans hésiter. S'il en avait vraiment marre de l'entendre, peut-être se sentirait-il obligé de lui dire de se taire. Elle ne savait pas si elle serait capable de s'y tenir, mais tant qu'on lui en laissait les choix, alors elle parlerait. A moins qu'elle ne soit à court d'idée. Ou que, pour une raison ou pour une autre, elle ne change d'avis.

« Je poserais pas de questions, alors, fit-elle remarquer, plus pour elle même qu'autre chose. Hm... »

Trois secondes de répit, puis elle reprit :

« Je me demande pourquoi je t'ai confondu avec un de mes amis, tiens. (Parce qu'elle venait subitement de se rappeler que c'était là la cause de leur discussion, et que ça méritait donc de revenir sur le tapis.) Parce que maintenant que je vous compare, vous ne vous ressemblez pas du tout. Il a les cheveux plus court, ajouta-t-elle en observant le jeune homme à ses côtés. Et il est plus grand, je crois. »

Simple constatation. Carl était le plus grand de ses amis, aucun doute là-dessus. Elle s'en étonnait à chaque fois qu'elle le voyait, raison pour laquelle ça l'avait marquée.

« Enfin, il est vraiment très grand, précisa-t-elle. Peut-être que c'était une rencontre prédestinée, alors. »

Aucun doute là-dessus. Et elle n'en démordrait pas : ce n'était pas comme si elle l'avait simplement vu, salué et oublié ensuite. Elle avait eu l'occasion de lui parler et, quoi que le temps qu'ils avaient passé ensemble n'aurait pas pu être qualifié de 'bon' souvenir sans omettre de lourds détails, Henry lui avait fait forte impression. Assez pour qu'elle veuille connaître son nom et le revoir, en tout cas.


Dernière édition par Ayleen Meadlow le Ven 9 Sep - 17:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sir, I don't know why, but I know your n-ah..., uh, no. {Aleksei Astrehn} - [TERMINÉ]   Dim 4 Sep - 12:47

[Moui, c'est pas mal en effet. Trois pages c'est pas rien.
Les miracles arrivent, parfois. ;D
Posté, lammas. Ou ovce, vive le tchèque ! Ovce lammas.~♪♫]
Aleksei avait, l’espace d’un instant, espéré qu’en effet cette fille se taise pour de bon et ce jusqu’à ce qu’ils rejoignent la route précédemment quittée où il pourrait enfin être définitivement débarrassé d’elle. Peine perdue, toutefois : dès qu’elle eut répondu qu’il lui serait difficile de parler seule, il comprit qu’elle n’en ferait rien. Evidemment. Elle était acharnée, dans son genre… Astrehn détestait ça. Certes, il n’était pas obligé de répondre ni même contraint d’écouter ; en revanche, il ne pouvait faire autrement qu’entendre son babil incessant et ce simple fait était suffisant pour lui bousiller le moral. Pas qu’il ait jamais été particulièrement bien portant, il le concédait, mais s’il n’était pas au plus mal il lui était néanmoins arrivé d’être en meilleure forme. D’un naturel peu volubile, le blond pouvait observer le silence plusieurs heures durant, ne serait-ce que pour travailler. Pourtant lorsqu’il s’agissait de négocier, la conversation pouvait s’étendre sur une durée similaire, durant laquelle il ne se lassait pas de renvoyer la balle, de justifier, d’assurer, de mentir et de broder avec maestria les termes du marché. Somme toute, si certaines circonstances pouvaient le rendre plus bavard, celle-ci lui donnait plutôt envie de se murer dans un silence de mort…, et pour cause. C’était toujours supportable, se dit-il comme pour se persuader de la véracité de ces propos, d’entendre une gamine parler du temps qu’il faisait, aborder d’autres sujets tout aussi philosophiques. Aleksei se prit à écouter ces propos, mu par une certaine curiosité peinte sur un fond de fatalisme : elle ne se tairait pas, de toute façon, qu’il écoute ou pas. Et puis rien n’indiquait, dans son expression, que ce fût le cas.

Alors comme ça, elle le harcelait sans raison ? Cette gamine était encore plus stupide qu’elle n’en avait l’air et pourtant, avec ce sourire imbécile, ce n’était pas peu dire… Confondre deux personnes qui ne se ressemblaient donc ni dans leur apparences et, il l’aurait parié, dans leur posture ou leur manière d’être ? Et tant qu’à faire, ne pas prendre n’importe qui pour son ami, mais lui. Il se jugeait assez différent pour ne pas se tromper : rien que cette cicatrice le rendait identifiable au premier coup d’œil. Il fallait être sérieusement dérangé, plus encore pour avouer cette méprise comme ça, sans en éprouver de gêne particulière. Le blond tiqua néanmoins lorsqu’elle aborda la taille : ça non plus, clairement, n’était pas un sujet idéal. Il ne se pensait pas petit à proprement parler, mais ne se savait pas grand pour autant. Certaines femmes, à plus fortes raison avec des talons, le dépassaient de quelques bons centimètres. Pas franchement gênant pour lui ; là où d’autres auraient paru chétifs, lui en imposait assez pour que personne ne se permette de remarque désobligeante. Il n’était pas fluet, loin de ces gringalets incapables –en combat, il fallait à son sens savoir user de ses capacités physiques, sans quoi la victoire était perdue d’avance. Cette impression qu’il dégageait et mettait généralement ses interlocuteurs mal à l’aise s’était encore trouvée renforcée depuis que son visage, ses épaules étaient devenus si asymétriques. Aussi Astrehn n’appréciait guère les commentaires sur sa taille, qu’ils soient ou non prononcés avec quelque sous-entendu ; pour ce qu’il en savait, l’ami d’Ayleen aurait aussi pu être très grand. Ceci dit, il s’en contrefoutait et manqua d’envoyer ab irato la jeune fille valser contre le mur une seconde fois. Il suspendit son geste alors qu’il n’était qu’à peine ébauché : il venait de préciser qu’il se fichait de ce qu’elle dirait, et comptait s’y tenir. Tant qu’elle ne se permettait pas d’insultes directes, il ne lui ferait rien de mal. Aleksei allongea tout de même le pas, peu soucieux de savoir si son rythme serait ou non du goût de la rouquine. Après tout, elle le suivait, mais lui se contentait d’avancer dans une certaine direction : qu’elle puisse ou non le suivre était le cadet de ses soucis. C’était l’affaire de cette pie pleurnicheuse, point barre, elle l’avait déjà assez saoulé comme ça avec ses problèmes à la con. Merci et au revoir.

« Enfin, il est vraiment très grand. Peut-être que c'était une rencontre prédestinée, alors. »

Il retirait toutes ces paroles, toutes ces résolutions qu’il avait prises : il allait la buter. Sincèrement, sérieusement, il allait lui écraser la tête sur le pavé jusqu’à le repeindre en rouge et faire disparaitre cette expression arriérée du visage de cette fille. Elle avait quel âge, douze ans, pour penser un truc pareil ? La destinée, ben voyons… Elle avait bon dos ! Surtout pour un concept aussi fallacieux, douteux que celui d’un avenir écrit à l’avance. Il n’y croyait pas deux petites secondes, lui qui croyait dur comme fer à la logique, au principe de causalité. Pas de…, d’évènements inévitables puisque décidés depuis des temps immémoriaux. Il valait mieux ça, lui. Il était au-dessus de la masse grouillante qui se reposait sur des préceptes pareils. Plus intelligent que ça. Finalement, la réflexion d’Ayleen ne faisait que le conforter dans sa supériorité présumée : elle ne méritait même pas de respirer le même air que lui, de fouler le même sol. Ils étaient de deux mondes distincts, sur tous les points possibles et imaginables. Elle n’existait pas pour lui et lui n’aurait théoriquement pas dû exister pour elle, banni de ce monde rempli de peluches, de ciel et de fleurettes. Elle s’amusait à marcher sur la ligne de démarcation ? Qu’à cela ne tienne : on n’irait pas lui reprocher par la suite de ne pas l’avoir –un peu brutalement, il n’en disconvenait pas– repoussée de son côté si elle tombait. Rencontre prédestinée ? Caprice de gamine stupide en mal de sensations, curiosité mal placée, il ne savait encore combien de causes auraient pu engendrer leur « rencontre ». Beaucoup, sans nul doute, et parmi elles pas de destin aux yeux aveugles d’Aleksei. C’était de toute façon la première et surtout la dernière fois qu’il la voyait. Sans chercher à se l’expliquer, il le désirait au moins autant qu’il le croyait, le sentait. Il aurait pu l’envoyer une énième fois paître, mais l’inanité de ce geste l’en retint. Au lieu de quoi il lâcha, sur le ton de la constatation :

« T’es aussi irrécupérable que douée pour choisir des sujets pourris. »



Allez, courage. C'était plus très loin, si ?
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MessageSujet: Re: Sir, I don't know why, but I know your n-ah..., uh, no. {Aleksei Astrehn} - [TERMINÉ]   Ven 9 Sep - 17:46

{Lololol~ Je suis utile, n'est-il pas?8D

Oh oui, les miracles! J'en vois tous les jours. Aleksei est merveilleux.♥__♥

Lammas lammas lammas ovceeeee. Ou la ligne de HS qui ne sert strictement à rien.*D}


A peine eut-elle prononcées ces paroles qu'Ayleen se plongea dans ses habituelles rêveries – rêveries qui, bien souvent, l'amenaient à tomber ou à rencontrer de manière plus ou moins douloureuses les personnes qui marchaient devant elle. Prédestiné..., oui, elle aimait bien ce mot! Il sonnait extrêmement bien à ses oreilles, et quoi que c'était un peu futile, l'idée lui plaisait. La jeune fille, quoi qu'elle aurait prétendu le contraire, restait tout de même assez superstitieuse. Alors si elle avait rencontré ce garçon parce qu'elle l'avait pris pour son ami parce qu'elle avait rendu visite à Madelyn parce qu'elle voulait lui dire que Yanis passait parce que sa mère lui avait annoncé la nouvelle un peu plus tôt pour lui remonter le moral parce qu'elle était persuadée d'être maudite parce qu'elle avait causé mille accidents dans la matinée, eh bien oui, ça ne pouvait qu'être le destin. Et si ce n'était pas le cas, ça l'était quand même. Et à partir du moment où Ayleen avait décidé que c'était 'prédestiné', donc, eh bien il n'y avait aucune façon, pacifique ou non, de lui enlever cette idée de la tête. Elle ne savait pas très bien dans quelle mesure cette rencontre était importante, mais... Elle l'était, ça, c'était certain! Et ce quoi qu'en dise le concerné. Il ne le savait peut-être pas encore, mais elle ne comptait pas lâcher l'affaire comme ça. Être entêtée et déterminée avait ses avantages et ses inconvénients, et ici tout dépendait du point de vie. Elle saurait son prénom, elle le saurait, et elle le reverrait, quoi qu'il arrive. Toute autre possibilité était inenvisageable. L'Esprit aux boucles rousses acquiesçait que, oui, retomber sur une personne en particulier dans une ville si grande aurait été un bien heureux hasard. Et ce même s'il habitait dans les parages. Mais dans la mesure où elle ne comptait pas 'marcher de temps en temps en ville en espérant un jour le revoir', mais plutôt 'marcher en ville dans l'optique évidente de le retrouver et demander à des personnes susceptibles de le connaître s'ils le connaissent et savent ou il habite', ça changeait complètement la donne. Quand on cherche quelque chose, on a forcément plus de chances de le retrouver que si on ne fait qu'attendre. Hm hm. Elle finirait bien par le retrouver, ou apprendre son nom. Le fait même qu'il garde jalousement son identité secrète lui donnait encore plus envie de la connaître, comme si une fois qu'elle aurait son nom devant les yeux elle aurait une sorte de révélation. Ce qui était profondément ridicule, parce que ce ne serait jamais qu'un nom comme les autres. Quoi qu'il en soit...

… Puisqu'elle disait qu'elle saurait son prénom, elle l'aurait. Il fallait rester positive et motivée, voilà tout. Obligée d'allonger le pas pour suivre le rythme du blond, elle crut bien un instant qu'elle allait se tordre la cheville. Elle n'aurait pas l'air maligne, si ça arrivait, n'est-ce pas? Parce qu'aussi motivée et positive était-elle, elle doutait qu'il aurait accepté de la porter jusqu'à chez elle. Donc mieux valait rester en un seul morceau, définitivement.

« T’es aussi irrécupérable que douée pour choisir des sujets pourris. »

Aussi curieux que cela puisse paraître, un sourire éclaira le visage de la fille 'aussi irrécupérable que douée pour choisir des sujets pourris'. Ce n'était pas qu'elle était sourde, ni qu'elle n'avait pas compris, mais simplement que la remarque ne lui sembla pas vraiment méchante – alors qu'il était évident que c'était le cas, pourtant. Mais Ayleen avait la faculté déroutante de ne comprendre que ce qu'elle voulait dans ce que disaient les autres, et d'en prendre là encore uniquement une partie, de telle sorte qu'entre ce qu'elle comprenait et ce que l'autre disait, il y avait parfois un monde. Un gouffre. Parfois même plus. Raison pour laquelle, tout en tentant de garder le rythme pour ne pas terminer dix mètres derrière lui, elle souriait. Ses talons tapaient sur le sol dans un bruit régulier et mat, et elle songea, un bref instant, que si ce n'était pas ses chevilles ce pouvait tout aussi bien être ses talons, qui allaient casser. Là, au moins, elle aurait pu rentrer sans chaussures. Ses chaussettes n'y auraient probablement pas survécu, mais ce n'était pas la question.

Elle acquiesça en direction d'Henry, et ses couettes s'agitèrent par la même occasion.

« J'ai jamais dit que j'étais douée pour trouver des sujets de conversation, répondit-elle tout simplement. Enfin, c'est plus dur de trouver un sujet pour parler..., euh, toute seule. »

Puisque, comme il l'avait dit, il ne prendrait pas part à la conversation.. C'est à ce moment qu'elle remarqua que, contrairement à ce qu'il avait dit, il y avait au moins un tout petit peu pris part. Il avait bien parlé, non? Que ce soit pour insulter son sujet de discussion ou non, il n'en restait pas moins qu'il avait donné son avis, donc il avait parlé, donc il avait discuté, et c'était sans doute une plutôt bonne nouvelle. Son sourire s'élargit sensiblement. Toute 'bonne nouvelle' était bonne à prendre, vu la situation.

« Enfin, que ce soit le destin ou pas, c'est pareil, ajouta-t-elle d'une voix pensive, comme si elle réfléchissait à voix haute – ce qui était plus ou moins le cas. Dans tous les cas, je t'ai rencontré. J'ai pleins d'idée de sujet de conversation, en fait, mais ils te concernent tous, et tu as dit que je ne devais pas te poser de questions. Donc... »

Si elle enlevait ces sujets là et qu'elle prenait en compte le fait que parler d'elle ne serait pas vraiment intéressant, il ne restait plus grand chose à dire. D'habitude, quand elle parlait avec quelqu'un d'autre, la conversation tournait autour de l'une ou de l'autre. Ou bien d'un sujet intéressant, d'un truc qui venait de se produire et qu'elle devait absolument raconter. Mais là, est-ce qu'il y avait quelque chose de ce genre dont elle aurait pu parler, le temps de revenir au point de départ? Elle ne savait pas s'ils en étaient encore loin, pour la simple et bonne raison qu'elle n'avait pas pris le temps de regarder autour d'elle à l'aller – ou pas suffisamment pour pouvoir reconnaître, en tout cas. Elle était plongée dans une profonde réflexion depuis quelques secondes, quand elle poussa une exclamation urgente. Comme si elle venait de se souvenir de quelque chose d'important – ou, dans le cas qui nous occupe, qu'elle venait de trouver un 'sujet intéressant, un truc qui venait de se produire et qu'elle devait absolument raconter'.

« Heeer, t'as entendu parler des meurtres? Elle tapa dans ses mains, devant elle, concentrée. J'ai entendu dire que c'était horrible! Enfin je ne sais plus trop... J'ai entendu des rumeurs, en tout cas. Tu vois, si tu ne me raccompagnais pas et que j'étais rentrée toute seule, j'aurais pu me faire torturer. Peut-être.»

CQFD. Et cela en dépit du fait qu'elle ne devait pas lui poser de questions et qu'il ne la raccompagnait pas, mais marchait dans le même sens qu'elle. Mais tout cela était très secondaire, après tout.
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MessageSujet: Re: Sir, I don't know why, but I know your n-ah..., uh, no. {Aleksei Astrehn} - [TERMINÉ]   Mer 14 Sep - 17:56

[Ayleen aussi, alors au final ils forment un couple très très merveilleux.~
D'ailleurs, c'est comme si elle avait gagné à la loterie, parce que je lui réponds alors que j'ai quasi pas de temps. MOUAHAHA, vive le... Alekseen...? Ayleksei ferait plus joli, mais non, pas de chance.XD
Oh oui, lammas lammas ovce, lololol.]

Aleksei se demanda si elle l’avait seulement compris ou, le cas échéant, ne fut-ce qu’écouté. Le sourire imbécile qu’elle avait gardé plaqué sur son visage lui criait que non, témoin silencieux mais non moins parlant ; pourtant, la gamine n’avait pas l’air du genre à parler sans espérer de réponse –quoique ça n’aurait pas été si mal, dans le fond : lui détestait tout bonnement en donner. Aussi en conclut-il qu’elle était juste encore plus bête que ce qu’il s’était laissé aller à penser quelques secondes plus tôt, il n’y avait pas d’autre explication tenant peu ou prou la route qui lui vînt à l’esprit. Il ne l’avait pas complimentée, il n’avait pas même insinué quoi que ce fut de sympathique, ni glissé le plus vague sous-entendu. Alors la question demeurait : pourquoi cette sotte souriait-elle ? L’envie de lui faire ravaler cette expression stupide coula dans ses veines, depuis son cœur jusqu’à ses poings qu’il maintint serrés à s’en faire blanchir les jointures. Il haïssait cet endroit pour les gens qui l’habitaient, le polluaient de leur infâme présence. Ces inconscients, ces gêneurs en pagaille, ces pauvres hères qui arpentaient les rues sans se rendre compte de leur propre inanité devaient disparaitre. Dans les plus brefs délais. Le monde ne pourrait toutefois rester indéfiniment vide, songeait parfois Astrehn avec mauvaise humeur, aussi devraient-ils se contenter de déguerpir à son passage. Tous autant qu’ils étaient. Qu’ils cessent de fouler de leurs pieds le même sol que lui quand cette simple perspective le rendait malade… Cette masse grouillante le dégoûtait, Ayleen le dégoûtait, le monde entier le dégoûtait. Ce manque de logique dans le comportement de cette fille, il l’abhorrait. Impossible d’allonger plus le pas sans se mettre à courir, ce à quoi il se refusait clairement. Le blond dût alors se contenter de serrer les mâchoires et d’attendre, espérant qu’enfin elle la fermerait et que lui ne serait plus obligé de la trainer encore longtemps. Il obliqua à un croisement, reconnaissant l’endroit ; parfait, commenta-t-il. Elle pourrait bientôt se démerder toute seule, et lui pourrait enfin être débarrassé de cette pauvre idiote.

Peut-être qu’elle aurait moins parlé, avec trois ou quatre dents en moins ; sans doute aurait-elle gardé ses lèvres serrées, après ça. Quel service grandiose il aurait rendu à la société et plus particulièrement au silence, dans sa grande mansuétude ! Il n’en fit rien, mais caressa l’idée malgré tout.

« Enfin, que ce soit le destin ou pas, c'est pareil. Dans tous les cas, je t'ai rencontré. J'ai pleins d'idée de sujet de conversation, en fait, mais ils te concernent tous, et tu as dit que je ne devais pas te poser de questions. Donc... »

Bingo, elle avait au moins compris ça. C’était déjà un point positif, ou à tout le moins le serait si elle décidait de ne pas passer outre ses imprécations. Elle l’avait déjà fait en le suivant, l’avait déjà fait en insistant pour connaitre son nom, déjà fait jusque dans le dernier de ses mouvements, jusque dans la moindre de ses paroles. Etait-elle seulement consciente de sa chance ? Dans les milieux où il évoluait, on pouvait avoir de sérieux ennuis pour ça, parfois même les derniers qu’on puisse avoir de toute une vie. Cette facette de la réalité devait lui échapper, lui paraître bien intangible : il aurait fallu pour lui donner de la substance qu’elle l’ait sous les yeux et ça, ce n’était pas possible.

« Heeer, t'as entendu parler des meurtres? J'ai entendu dire que c'était horrible! Enfin je ne sais plus trop... J'ai entendu des rumeurs, en tout cas. Tu vois, si tu ne me raccompagnais pas et que j'étais rentrée toute seule, j'aurais pu me faire torturer. Peut-être.»

Premièrement, il ne la raccompagnait absolument pas : comme il se l’était répété, encore et encore –et le lui avait répété, à cette fille aussi– elle ne faisait que le suivre. L’hypocrisie n’était pas son fort, la gentillesse était de l’hypocrisie : ni plus ni moins. Il en arrivait donc à la conclusion qu’elle n’avait rien compris à ce qu’il lui avait précédemment déclaré. Ayleen refusait d’écouter, de comprendre, et si elle tenait à tout prix à le voir différemment de ce qu’il était rien ne pourrait changer ça. On trouvait toujours des excuses, autant à soi qu’aux autres quand on le désirait vraiment. Si c’était le cas ici, mieux valait laisser tomber, quelque acharnement aurait été non moins disgracieux qu’il aurait témoigné d’une importance de cette fillette à ses yeux ; or elle n’en avait aucune. Ce qu’elle représentait, peut-être. Personnellement, elle aurait aussi bien pu crever dans un caniveau qu’il ne se serait même pas baissé pour l’achever.

Secondement, quel que soit l’angle de vue sous lequel il regardât la scène, elle lui avait posé une question. Malgré le veto qu’il avait posé à l’encontre d’un tel comportement. Son regard resta braqué devant lui sans qu’Astrehn ne prononce un seul mot. Qu’elle se fasse torturer, pour ce qu’il en avait à foutre… C’était pas un coupe-gorge non plus, ici ; plus loin, il n’en disconvenait pas, il ne faisait pas bon s’aventurer dans certaines ruelles à la nuit tombante. S’il avait continué son chemin, par exemple, ils auraient sans doute fini par y atterrir. Mais ici ? Elle exagérait, extrapolait tout. Une sorte de rictus étira ses lèvres, masqué néanmoins par son écharpe : il se tenait informé, aussi devinait-il ce qu’elle entendait par « les meurtres ». Peu crédule, Aleksei n’était pas enclin à gober tous les racontars à dormir debout qui bruissaient dans les rues de Jiang-Zemin, passant d’une oreille à l’autre sur un ton de conspiration. Mais cette histoire-ci semblait avérée. Pas qu’il s’en souciât vraiment, du reste ; quelle importance ? Des gens mouraient tous les jours, il en allait ainsi depuis la nuit des temps. Il en avait vu crever, lui aussi. D’autres descendre dans des cercueils, d’autres encore avaient rendu l’âme par sa faute sinon de sa main. Rien de ça ne l’avait ému. Pas même lorsque ses parents avaient été mis en terre, victimes de la guerre civile : n’avait-il pas eu l’argent et la mainmise sur toute l’entreprise ? Astrehn ne se sentait ni Dieu, ni tout-puissant, ni invincible. Simplement, en l’état actuel des choses, il ne se sentait pas en danger.

S’il avait tort, songea-t-il sans y croire, l’avenir le lui dirait.

« On y est presque », lâcha-t-il d’un ton qui aurait tout aussi bien pu vouloir dire « va crever », tandis que la rumeur de la rue lui parvenait plus forte et qu’il tournait une nouvelle fois.
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MessageSujet: Re: Sir, I don't know why, but I know your n-ah..., uh, no. {Aleksei Astrehn} - [TERMINÉ]   Jeu 6 Oct - 16:40

{Très très très très merveilleux. Ils vont aller faire des enfants et vivre heureux maintenant, wuh~ Bon faut déjà qu'ils se mettent ensemble mais bon...|D

Alekseen ça fait joli, je trouve! Ouais. è__é

Et je te le fais en plusieurs langues : Sheep, Schaf, Oveja
, Lammas, Juh, Caorach, Pecora, Ovis, Avis, Schapen, Sauer, Owca, Ovelha, Oaie, Ovce, Får, Koyun..8DDD}


Ayleen se doutait bien qu'il n'allait pas subitement lui sourire et se mettre à discuter avec elle, mais. Mais. Elle avait une sorte d'inénarrable optimisme qui brûlait en elle, le genre de feu qu'on ne peut pas éteindre parce que, sans qu'on se l'explique, il se remet toujours à brûler. Même s'il n'y avait plus de bois, même s'il pleuvait, il continuait de brûler et de réchauffer quiconque s'en approchait suffisamment et y prêtait attention. Parfois elle se sentait abattue, et parfois, oui, elle avait envie de s'allonger sur son lit et de ne plus bouger jusqu'à ce qu'elle meure de faim. Mais ça ne durait jamais longtemps, et elle finissait toujours par se remettre à sourire et à rire. Alors même s'il avait répété plusieurs fois qu'elle l'énervait, même si elle pensait avoir eu de la chance qu'il accepte de l'aider – quoi qu'il dise le contraire, pour elle il l'aidait – et même si elle savait qu'il valait mieux ne pas l'énerver, elle ne pouvait pas perdre espoir comme ça. Elle oubliait ses déboires et se concentrait sur ses réussites, aussi stupide et dangereux cela puisse être. Peut-être n'avait-il pas voulu lui dire son prénom, peut-être refusait-il de lui parler, mais ce n'était pas une raison pour se décourager. Il ne fallait pas croire : Ayleen ne pensait pas que tout le monde était gentil, pas plus qu'elle était incapable de voir la méchanceté – voire la violence – dans les paroles ou dans les actes d'Henry. Mais elle n'avait pas envie de le détester, et n'avait selon elle aucune raison de le faire. Il ne l'avait pas agressée gratuitement, non? Elle l'avait énervée, et alors seulement il avait été un peu..., comment dire, brusque. Ça ne signifiait pas qu'il était détestable, après tout. Elle savait qu'il existait des dizaines et des dizaines de caractères différents, et savait aussi que tous ne ressemblaient pas au sien. Le blond n'avait pas l'air d'être du genre gentil et avenant, mais ça ne voulait rien dire. Il pouvait juste être..., froid? Distant. Et puis certaines personnes se montraient sous ce jour alors qu'en réalité elles n'étaient pas à ce point détestables ; ça pouvait tout aussi bien être ça. En d'autres termes, tant que la jeune fille aux boucles rousses ne seraient pas sûre et certaine qu'il ne voudrait jamais lui adresser la parole et s'entendre avec elle, elle continuerait d'essayer. Elle était comme un chat voulant voler du lait, que les petits coups de bâtons n'empêchaient pas de recommencer. Il fallait lui administrer une grande claque, pour espérer enfin la voir se tenir tranquille. Elle devait avoir, en fait, le plus grand mal à associer les actions aux réactions. Sinon, sans doute aurait-elle arrêté d'importuner le présumé Henry, puisque la première fois elle y avait gagné des bleus.

Il fallait croire que ce n'était pas suffisant pour lui faire comprendre de se tenir à carreau. Ses yeux vides plantés devant elle, elle tourna dans le même sens que son 'guide'. Ça aurait été plutôt bête, de ne pas faire suffisamment attention et de continuer tout droit, tout en parlant, alors que lui aurait tourné à gauche ou à droite. Ça pouvait paraître difficile d'être aussi tête en l'air, mais elle jurait que ce genre de choses arrivaient plus facilement qu'on pouvait le croire. Quand la jeune fille était concentrée sur ce qu'elle disait, elle prêtait rarement d'attention à ce qui l'entourait. Alors si en plus son ami – ou en l'occurrence son interlocuteur – était muet comme une tombe, elle pouvait vite le perdre de vue s'il bifurquait en silence. Heureusement pour elle (et malheureusement pour le bond) elle le suivait à la trace, donc aucun risque qu'il ne disparaisse de son champ de vision. A moins qu'il ne se mette à courir pour la semer, mais..., mais il ne le ferait pas, c'était évident. Il n'avait pas l'air d'être du genre à s'embêter à la perdre, à priori. S'il avait voulu le faire il l'aurait simplement plantée là quelques secondes plus tôt. Ou alors il lui aurait dit de rester là et d'attendre qu'il soit parti sous peine d'avoir des ennuis, peut-être? Dans tous les cas, il ne se serait pas mis à courir bêtement. Elle l'espérait, en tout cas.

« On y est presque. »

Ah? La jeune fille releva le nez vers lui, plus par habitude que par nécessité, et acquiesça distraitement. Ça voulait dire qu'il ne l'avait pas volontairement perdu, au moins. Ça voulait aussi dire qu'elle devrait bientôt le laisser partir et qu'elle n'aurait jamais le temps de lui faire dire son nom ; et ça, c'était plus ennuyeux. Il n'avait pas répondu à ce qu'elle avait dit, mais ça n'avait rien d'étonnant. Il avait bien précisé ne pas vouloir lui parler, et elle avait elle-même décidé qu'elle préférait parler seule que pas du tout. Ils avaient à nouveau tourné, et elle se sentit rassurée à l'idée d'être sortie de ces rues plus étroites que celles dont elle avait l'habitude. Mais maintenant, elle se sentait le besoin pressant de dire quelque chose, n'importe quoi, de dire quelque chose d'intelligent ou n'importe quoi qui ne l'énerverait pas. Elle aurait aimé lui redemander son nom, mais c'était peine perdue ; il ne le lui donnerait pas. Elle aurait pu le remercier de l'avoir aidé, mais il risquait de s'énerver et dirait qu'ils allaient juste dans le même sens. Tout ça, elle l'avait déjà essayé et ça n'avait pas marché. Autant dire qu'elle était à court d'idée pour se faire apprécier du jeune homme dont elle enviait toujours autant l'écharpe. Elle pourrait peut-être..., hum... Ou bien..., non, non. Alors sûrement que..., ah, pas la peine. Dans ce cas il était possible que si..., ou... non, c'était stupide. Aaaaah...

Ses sourcils s'arquaient et se fronçaient au rythme de sa réflexion, ses bras ballants de chaque côté de son corps. Elle devait dire quelque chose. Le laisser partir sans être sûre de le revoir était tout bonnement horrible, presque une aberration. De son côté, en tout cas. Parce que curieusement, elle doutait que son cher Henry soit du même avis qu'elle. Depuis le début il n'avait manifesté aucune sympathie envers elle, et si ce n'était en aucun cas répréhensible, ça l’ennuyait tout de même. Il fallait dire qu'Ayleen était peu habituée à ce qu'on la déteste, ou à ce qu'on lui dise qu'elle dérangeait. Pas étonnant que ça lui pose question.

Elle poussa un profond soupir, et reposa ses yeux devant elle.

« Je te dérange tant que ça? »
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MessageSujet: Re: Sir, I don't know why, but I know your n-ah..., uh, no. {Aleksei Astrehn} - [TERMINÉ]   Sam 8 Oct - 15:07

[Oh oui, des moutons, j'adore ça !XD
Et puis c'est pas faut que question abréviation pour des coiuples, on a connu des trucs bien pires, hein... Hm, bref.XD
Posté.]



Par pitié, songea Aleksei en se mordant l’intérieur des joues, achevez-la. C’en serait bénéfique, et pour tout le monde. Déjà qu’il ne la supportait pas quand elle parlait toute seule, il fallait qu’elle passe son temps à faire tout le contraire de ce qu’il lui ordonnait ! Ne se rendait-elle vraiment compte de rien, cette sale petite idiote ? Ce qu’il pensait de ceci, merci pour cela, et blablabla… Ce bourdonnement était vite devenu agaçant, et Astrehn avait tout naturellement cru craquer lorsque la rouquine avait enchaîné sur une nouvelle question, non sans un soupir à fendre le cœur. Si elle le dérangeait ? Il n’avait pas arrêté de le lui répéter, et les Dieux savaient à quel point il détestait ça ! Sa parole faisait force de loi, et son magnifique sens de la vulgarisation était censé vous permettre de comprendre dans la seconde ce qu’il racontait. Si ce n’était pas le cas, la règle tacite était de faire semblant, donner le change puis demander des explications à quelque âme charitable plus réveillée. Oui, elle l’agaçait, un peu plus à chaque seconde qui passait, aurait-il été jusqu’à ajouter. Qu’elle aille trainer sa curiosité mal placée ailleurs et regarder pourrir son cerveau plus loin, lui se passait aisément de ce spectacle plus désolant qu’autre chose. Sauf que lui, désolé, il ne l’était jamais. Pas plus qu’apitoyé : résultat, faute de l’amuser ce genre de situation lui laissait les nerfs à vif. Il n’avait à la vérité pas à chercher très loin pour trouver de parfaites réponses à la question de cette peste. Eh bien évidemment, c’était connu, on frappait, insultait, critiquait et ignorait les gens qu’on appréciait, quoi de plus notoire ! Un dialogue de sourds comme ça, c’était juste pas possible. Il la voua une énième fois aux gémonies, se raccrochant à l’idée que la distance entre lui et la tranquillité s’amincissait au moindre de ses pas. Génial. Avec un peu de chance, beaucoup de volonté et pas mal de maîtrise, Ayleen ne ressemblerait pas à un morceau de viande trop cuit d’ici à ce qu’ils rejoignent l’artère principale. Quoiqu’il préférait ne jurer de rien ; si elle continuait à faire offense au silence avec ses élucubrations stupides, se retenir de faire carboniser cette langue trop bien pendue ne s’avérerait pas aussi simple qu’il aurait pu sembler de prime abord. Franchement pas, même.

Astrehn n’esquissa pas un mouvement vers elle, fort de sa résolution à éviter, pour une fois, les problèmes. S’armer d’une patience d’ange n’était pas son truc mais il n’avait pas non plus un large éventail de choix. C’était ça ou rien. Il ne tourna pas la tête, fixant obstinément un point dans le vague face à lui. Focaliser son attention sur quelque chose, n’importe quoi, et penser à un truc joyeux. Une fraction de seconde lui fut toutefois suffisante pour se rendre compte qu’agir de pareille manière ne le mènerait nulle part : des idées joyeuses, il n’en avait pas à foison. En lieu et place de cela, il tenta d’éclipser la présence de la gamine par quelque chose de pire encore. Un connard qui ne lui aurait pas rendu son argent, par exemple ? Ceux-là ne feraient pas long feu, il le jurait sur sa propre vie –celle des autres important de toute façon moins que sa petite fortune personnelle, sauf exceptions qu’il ne tenait ni à énumérer, ni à se remémorer. Il décida de prendre la parole, bien qu’il ne crut pas une seconde que cette fille la ferme avant d’être arrivée à bon port. Quelle galère.

« Sans blague. Peut-être que si tu causais un peu moins et qu’y te poussait un cerveau j’aurais pas autant envie de te buter. T’as pas intérêt à me recroiser, je risque de pas être aussi sympa. »

Dans les faits, il se serait senti déçu d’avoir fait tant d’effort ce jour-là pour devoir les réduire à néant plus tard, mais le monde était ainsi fait et il faudrait bien qu’elle le comprenne un jour ou l’autre. Ce qu’il pouvait être un amour, montrer la voix à son prochain, comme ça, pour rien… Et dire qu’on le traitait de monstre plus qu’à son tour ! C’était à n’y plus rien capter, songea-t-il avec ironie. Enfin, il n’aurait au final rien fait de très constructif de sa journée, et ça, ça l’énervait. Du temps de perdu, quand on avait tellement de choses à faire, c’était une parfaite ineptie. Autant que possible, il aurait désiré l’éviter. Ceci dit, voilà où il en était ; ce n’était pas la peine de se plaindre. Parler n’avait jamais rien résolu, contrairement aux actions. On ne renversait rien du tout en criant, tout au plus pouvait-on briser quelques verres, deux trois vitres et quatre fenêtres. Ce qu’on ferait tout aussi bien et plus facilement en les jetant sur le sol et en tapant dedans. Infliger le même genre de traitement à Ayleen n’aurait pas été sans le distraire, tiens. On ne devait plus beaucoup parler avec du verre pilé dans la bouche, quoique lui n’ai jamais rien essayé de tel. Ça n’aurait pas été très pertinent, et des méthodes pareilles étaient dignes de ces humaines dégoûtants plus que d’eux. Aleksei retint de justesse un soupir de soulagement en débouchant sur l’artère qu’ils avaient quittée plus tôt. Enfin ! Débarrassé. Il se tourna vers la fillette, le visage toujours à demi-masqué par son écharpe :

« Maintenant, je pense pas que ce soit dans ton intérêt de faire un pas de plus dans le même sens que moi. T’as pigé ? Dégage. Et que je te revois plus. »

Aleksei croisa les bras, l’air dur et contrarié. Il ne parlait jamais dans le vide, Ayleen devait l’avoir compris ; et lui comptait bien s’exécuter le cas échéant. Ce serait tant pis pour elle. A force de tenter le Diable, il fallait qu’il finisse par l’emmener. Elle s’en sortait cette fois avec deux bleus, et ce qu’il aurait aimé être une grosse frayeur –mais son attitude laissait à penser le contraire. Ça sera pas toujours le cas, se dit-il. Y faut savoir mesurer sa chance.
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MessageSujet: Re: Sir, I don't know why, but I know your n-ah..., uh, no. {Aleksei Astrehn} - [TERMINÉ]   Mar 1 Nov - 18:32

{ELLE L'A VIOLÉ. PWND. Oui, on aura tout entendu.

Moutoooons, moutoooons... Je sais pas pourquoi mais j'ai envie de revoir l'âge de glace, là.8D

Oooh que oui. Le Jenita!XDDDD}


Les actes sont plus parlants que les mots, parfois. Les lèvres serrées en une moue ennuyée, Ayleen tenta de positiver une énième fois. Que ce soit le cas ou non, de toute façon, la différence était mince ; par les gestes ou par la parole, son interlocuteur s'était dans tous les cas montré clair et cohérent. Il voulait qu'elle se taise et qu'elle lui fiche la paix. Point. Pourquoi, ça, c'était une autre histoire, une autre question à laquelle elle n'aurait probablement pas de réponse. Si celle qu'elle venait de poser en obtenait une, déjà, ce serait une bonne chose. Enfin, à priori. Parce que la réponse ne serait sans doute pas aimable, s'il y en avait une tout court, et qu'ensuite elle allait regretter d'avoir ne serait-ce qu'ouvert la bouche. Bien entendu, qu'elle l'ennuyait! C'était tellement évident, ça sautait aux yeux. Croire le contraire, même pour elle, aurait été difficile. Il lui avait fait mal physiquement et lui avait dit à plusieurs reprises de se taire et de le laisser tranquille. Si ce n'était pas clair, ça... Elle passa distraitement sa main droite sur son épaule, songeuse. Cette histoire de bleus allait recommencer à la tracasser si elle y pensait trop, et elle ne voulait pas se prendre la tête avec ça. Chaque chose en son temps. Obtenir une réponse, retrouver son chemin, trouver quelque chose à dire, puis enfin s'inquiéter pour ses épaules. Cet ordre-là lui plaisait, restait à le respecter. Un petit vent frais fouetta son visage, et un long frisson désagréable descendit le long de sa nuque. Avec sa chance, elle allait réussir à attraper un rhume ou n'importe quoi qui y ressemble. Ça lui apprendrait à partir sans manteau! L'Esprit serra machinalement son gilet contre elle, sans grand succès. Elle n'aurait théoriquement pas dû sortir longtemps, mais toute cette histoire de visages connus ou inconnus, de noms et de ruelles l'avaient pire que mise en retard. Voilà ce qui arrive quand on est étourdie et que par-dessus le marché on est une vraie tête de mule. On a froid, et on est retard. Si encore elle avait eu le nom d'Henry ou une quelconque indication sur lui ; mais non, elle ne savait rien. En somme, elle avait perdu du temps et s'était fait mal pour..., rien. Ha. Ha. Ha.

« Sans blague. Peut-être que si tu causais un peu moins et qu’y te poussait un cerveau j’aurais pas autant envie de te buter. T’as pas intérêt à me recroiser, je risque de pas être aussi sympa. »

De mieux en mieux. Cette fois, elle ne fit pas le moindre effort pour retenir son soupir de dépit. Ne plus le croiser? Mais c'était le but, justement, le recroiser! Alors bien sûr que si, il allait la revoir. Elle était bien déterminée à ce que ça arrive, et ce qu'il soit d'accord ou non – donc 'ou non', vu ce qu'il venait de lui dire. Ayleen passa avec brio sur les menaces et autres remarques peu aimables, toute concentrée qu'elle était sur la tactique qu'elle allait devoir employer pour le revoir sans se faire tuer ou insulter. Elle allait trouver quelque chose, c'était certain. Se rendre compte qu'elle avait fait tout ça pour rien l'avait quelque peu attristée, alors elle comptait bien rattraper le coup! Jiang Zemin était une grande ville, elle ne savait même pas s'il habitait ici ou non, il n'avait pas les cheveux d'une couleur particulière ou une taille très imposante, et d'ailleurs elle ne connaissait ni son nom ni son adresse, mais elle le retrouverait et..., et ensuite elle verrait, ce n'était pas important. Quand la rouquine avait bille en tête, impossible de lui faire entendre raison. S'il n'avait pas réussi à se débarrasser d'elle depuis qu'elle l'avait abordée, ce n'était pas pour rien. Elle était motivée et déterminée à le revoir. Parce qu'elle le trouvait beau, intéressant, intriguant, et ça suffisait amplement comme raisons. Non? Aussi vrai que l'insistance de la jeune fille avait poussé le blond à ne pas donner une information dérisoire, la froideur et l'insistance du blond à ne pas la revoir poussait la jeune fille à vouloir le contraire.
Des amis et des connaissances, elle en avait un sacré nombre. Parce qu'elle était plutôt mignonne, gentille, positive et de bonne humeur. Un caractère plutôt facile, finalement. Se faire apprécier des autres n'avait jamais été une épreuve pour elle, très loin de là. C'était quelque chose qui lui semblait simple et aisé, et c'était sûrement pour cela qu'elle n'hésitait pas à parler à de parfaits inconnus. Parce qu'on ne la détestait que très, très, très rarement après deux minutes de conversation. Alors que Henry (quel que sont son vrai nom, d'ailleurs), lui, était totalement différent. Il ne ressemblait pas aux personnes qu'elle côtoyait d'ordinaire. Alors il lui semblait dix fois plus intéressant que les autres, mystérieux et inaccessible. S'il avait été gentil et l'avait raccompagné avec un sourire et quelques paroles polies, elle l'aurait sans doute oublié dans le courant de la soirée. Là, il lui avait fait suffisamment forte impression pour qu'elle se souvienne de lui un long moment durant. Le temps que les bleus se forment et s'en aillent, déjà.

Ayleen cligna des yeux en constatant qu'ils étaient revenus à leur point de départ. Ah, déjà? Elle n'avait pas eu le temps de trouver quoi faire avant de partir, et, euhm... En fait ça n'aurait rien changé, autant être honnête envers soi-même. Elle n'aurait rien trouvé avec quelques minutes de plus, parce qu'elle avait tout essayé et que tout avait raté. Triste vérité.

« Maintenant, je pense pas que ce soit dans ton intérêt de faire un pas de plus dans le même sens que moi. T’as pigé ? Dégage. Et que je te revois plus. »

Les sourcils arqués et la bouche serrée, elle avait tout de la petite fille a qui on vient de dire 'non tu n'auras pas ce gâteau, pas la peine d'espérer'. Bras croisés, air sévère. D'accord, elle avait compris : de toute façon, elle ne pouvait décemment pas le suivre jusqu'à chez lui, surtout s'il habitait loin ou, pire, qu'il ne se rendait pas chez lui mais chez des amis ou de la famille, par exemple. Elle devait rentrer chez elle avant que quelqu'un s'inquiète de son absence prolongée, et hors de question de trainer plus qu'elle ne l'avait déjà fait. Mais partir là, comme ça, sans rien dire? Sans connaître son nom ni quoi que ce soit qui pourrait l'aider à le retrouver? C'était tellement injuste...!

Ses lèvres s'étirèrent en un sourire timide, et elle acquiesça tristement.

« Je compte pas te suivre toute la journée, répondit-elle avec un bref rire. Je devrais rentrer, je crois. Alors, hm... Désolée de t'avoir causé du soucis. »

Ayleen fit un ou deux pas en avant, comme pour s'en aller. A bien y réfléchir, elle parlait beaucoup mais ne faisait pas grand chose. Quand elle passa près du blond, sans prévenir, elle se dressa sur la pointe des pieds et déposa un bref baiser sur sa joue, juste au-dessus de son écharpe. Avant de ne s'éloigner de lui aussi rapidement qu'elle avait commis son crime, à l'aide de quelques rapides pas en arrière. Deux bleus, c'était largement suffisant.

Elle lui adressa un signe de la main quand elle se jugea suffisamment loin, un grand sourire aux lèvres.

« Mais je compte bien te revoir! Même si tu risques de pas être aussi sympa. Alors ne m'oublie pas, hein! »

Sur quoi elle laissa retomber son bras le long de son corps et pivota pour faire demi-tour. Et manqua de se tordre la cheville par la même occasion, ce qui l'obligea à sautiller comme une imbécile pour reprendre son équilibre. Génial, vraiment. Voilà que sa malchance la reprenait. Partie comme ça, est-ce qu'elle arriverait seulement à rentrer chez elle en un seul morceau? Elle pouvait se faire renverser, ou... , ou plein d'autre choses auxquelles elle ne pensait pas. Et auxquelles elle ne comptait pas penser, de peur de ne s'attirer encore plus le mauvais œil. Elle voulait au moins rester en vie assez longtemps pour voir ses cousins et revoir ce garçon.
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MessageSujet: Re: Sir, I don't know why, but I know your n-ah..., uh, no. {Aleksei Astrehn} - [TERMINÉ]   Mer 2 Nov - 16:35

[Oh mon Dieu, c't'était un vrai viol, oui. Il l'a pris comme ça lui, limite hein.XD
AHA. On aurait pas fini un post, là ? C'est pas génial, mes amis ? Y a de quoi faire la fête. Enfin, y aurait de quoi la faire si j'avais pas école demain mais, que veux-tu, on peut pas tout avoir, dans la vie...-__-
Et Jenita, on dirait le nom d'une vieille danseuse de cabaret défraichie. Mais ce couple reste très mignon.XD
Posté.]



Ce n’était pas pour les quelques dernières secondes qu’il avait à la supporter qu’il fallait craquer, tenta vainement de se convaincre Astrehn. Dans le genre stupide, on faisait pas beaucoup mieux et il se plaisait à penser avoir plus de maîtrise de lui-même que ça. Oh, pas des masses, mais juste assez pour ne pas lui faire ravaler à coups de poing ce petit air mi surpris, mi attristé qui n’avait rien à faire là. Depuis combien de temps lui répétait-il qu’il ne voulait pas la revoir, ne fut-ce qu’une seule fois au détour d’une rue ? Ne fut-ce que par un malheureux hasard, un de ceux que nous réserve parfois la vie et qui nous l’arrache, justement ? Quelque chose lui disait qu’il le faisait depuis le début. Depuis qu’elle n’était pas partie en se confondant en excuses et autres mièvreries de petite-fille à papa. Rien dans l’attitude d’Aleksei n’aurait pu laisser la moindre place à quelque éventuel doute sur ce point et, par conséquent, cette gamine aurait dû lâcher l’affaire. Partir, parce qu’elle le pouvait alors que chaque instant avait remis ce fait un peu plus en question. Chaque putain de seconde. Et elle, elle restait une nouvelle fois plantée devant lui, l’air de ne pas comprendre ce qu’il venait de lui dire ou, si elle avait bel et bien intégré ses paroles, de ne pas les accepter. Pauvre conne. Parce qu’elle avait sérieusement pensé qu’il changerait d’avis ? Il ne fréquentait pas, ou peu de filles. Et celles avec lesquelles il lui arrivait de parler étaient d’un tout autre genre que cette « Ayleen » : elles n’avaient pas peur de mal parler, ne s’excusaient pas à tout bout de champ, bref, ne jouaient pas les parfaites petites demoiselles. Elles ne se mettaient pas à pleurnicher pour un oui ou un non et écoutaient ce qu’on leur disait aussi, s’en fit-il la remarque. Tout le contraire de ce qu’il avait sous les yeux à l’instant.

Le blond n’esquissa pas un mouvement, plus immobile qu’une statue. Qu’est-ce qu’elle voulait, encore ? Il lui avait dit de se barrer et de disparaitre de sa vie ou, à tout le moins, c’était le message qui était clairement passé. Alors pourquoi restait-elle là, abrutie, à le fixer –ses yeux avaient beau être de parfaits miroirs, il devinait son regard posé sur lui– ? Elle devait vraiment y tenir, à sa pommette en miettes, vraiment. Ou à son œil cerclé de noir, parce qu’en l’occurrence c’était tout ce qu’un tel comportement risquait de lui apporter. Elle aurait qu’à s’en prendre à elle-même, tant pis. Là, il atteignait l’extrême limite des trésors de patience dont il avait su faire étalage. Derrière elle, une envie brusque de sentir quelque chose s’écraser sous ses phalanges et un besoin pressant de silence. Elle la fermait et dégageait ou il la frappait, au beau milieu d’une rue passante s’il le fallait. A trop exagérer, on finissait inéluctablement par récolter ce qu’on avait semé. Rien de bon en somme mais ça, même une demeurée comme Ayleen l’aurait prédit.


« Je compte pas te suivre toute la journée. Je devrais rentrer, je crois. Alors, hm... Désolée de t'avoir causé du souci. »

Aleksei ne prit ces mots au sérieux que lorsqu’elle eut fait quelques pas en avant. Elle dégageait enfin ? Parfait. Il releva à peine l’excuse, habitué à les entendre proférées pour rien désormais : il n’y avait lieu de demander pardon que si on regrettait ce qu’on avait fait et dans cette situation, des propos pareils paraissaient déplacés. C’était trop tard pour soudainement s’en rendre compte, après qu’il lui ai répété un bon millier de fois de lui ficher la paix ou, dans une moindre mesure, de la fermer. L’Esprit aurait parié que de toute façon, elle se fichait pas mal de l’avoir profondément emmerdé en le suivant comme le petit chien stupide qu’elle était. Elle devait même être fière d’elle alors que, dans les faits, c’était plutôt à lui de le faire. Après tout, il avait résisté tout du long à l’envie lancinante de lui coller son poing dans la figure, le connaissant, c’était quand même pas rien ! Pas un miracle non plus, rit-il, mais pas loin.

C’est sur ces joyeuses pensées qu’il se figea littéralement.

Cette pauvre petite peste avait fait quoi ? Mais pour qui se prenait-elle, exactement ? Personne, personne n’avait le droit de faire ça. Pas même de le toucher en règle générale, pas plus qu’une brève et sèche poignée de main, qu’un coup dans le dos. Ni ses connaissances, ni ses amis, ni les femmes qu’il lui arrivait de voir, pas même Audrey. Des familiarités pareilles, savait-elle seulement ce qu’elle encourait ? Personne ne se l’était jamais permis, à l’exception de ses parents –mais puisqu’il n’était alors qu’un gamin, ça ne comptait pas vraiment comme tel ; il n’aurait pas pu les frapper de toute manière, pas ses parents, aussi fort qu’il l’eût souhaité. Blondie s’était peut-être parfois arrogé ce droit, mais seulement durant la période pendant laquelle ils avaient été ensemble ; aussi n’avait-il pas pensé avoir de quoi trop s’offusquer. Mais une inconnue presque, une idiote pareille ? Là, il reconnaissait que c’était du « jamais vu ».

Et comme tout un chacun dans une situation sans précédent, Aleksei ne sut pas comment réagir ou, en tout cas, pas suffisamment vite pour attraper l’impertinente et lui donner ce coup qu’elle n’avait que par trop cherché et amplement mérité. L’expression qu’il arbora alors fut tout aussi éloquente. Il la croisait, il la cognait. C’était dit, décidé, carré.
Dieux savaient qu’il ne revenait pas sur ses décisions.


« Mais je compte bien te revoir! Même si tu risques de pas être aussi sympa. Alors ne m'oublie pas, hein! »

Elle partit à ce moment-là et le blond se prit à souhaiter, lorsqu’elle manqua de peu de se tordre la cheville, qu’elle se la casse vraiment. Histoire de. Le hasard aurait pour une fois bien fait les choses mais, à son plus grand dam, ce ne fut pas le cas. L’oublier, la revoir ? Mieux valait pour elle que ses prières ne soient pas exaucées. Parce que s’il croisait son regard, elle ne s’en sortirait pas aussi bien. Oui, la vie serait plus belle et les rues plus sûres pour elle s’il l’oubliait.

Cela dit, sa mémoire n’était pas du genre à lui faire défaut. Aleksei se retourna, avant de partir dans la direction opposée à celle d’Ayleen. Il avait du temps à brûler, au point où il en était.
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MessageSujet: Re: Sir, I don't know why, but I know your n-ah..., uh, no. {Aleksei Astrehn} - [TERMINÉ]   

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Sir, I don't know why, but I know your n-ah..., uh, no. {Aleksei Astrehn} - [TERMINÉ]

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