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 Revenge is a dish best served cold.{Libre.-__ù}

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Tireuse de cravates professionnelle, et hôtesse dans divers bars

Féminin Nombre de messages  : 32

Localisation  : Dans son salon.
Emploi/loisirs  : Faire remercier les serviantes trop plantureuses.
Humeur  : Emue.

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MessageSujet: Revenge is a dish best served cold.{Libre.-__ù}   Dim 25 Avr - 17:11


[Début de l'Hiver.]



Mary-Morgann détestait s'ennuyer, c'était presque maladif.

Pourtant, tout-à-chacun connaissait des moments de grand blanc où il ne savait plus quoi faire, où il n'avait plus rien à faire. Personne avec qui parler, rien d'intéressant dans les environs..., eh bien la jeune femme détestait à proprement parler ce genre d'instants. Elle ne détestait pas le silence et la tranquillité, mais refusait de se tourner les pouces en regardant le vide. Ça pouvait en amuser certains, mais pas elle. Non, c'était insupportable. Il fallait qu'elle soit en train de faire quelque chose, d'occuper son cerveau ou ses mains ; peu importait, mais il fallait qu'elle fasse quelque chose. Comment pouvait-on rester les bras croisés à attendre quand le temps passait si vite? Avoir la sensation de toujours avoir quelque chose à faire était aux yeux de la la jeune femme aux yeux bleus bien plus agréable que de rester planté quelque part, sans savoir ce qu'on faisait là. Pas avoir trop à faire, là ça pouvait vite devenir agaçant ou pire, stressant : mais en tout état de cause, elle aimait trouver de quoi s'occuper. Or, là, elle s'ennuyait à proprement parler à en mourir. Elle avait épuisé toute idée intelligente d'occupation autant que toute idée profondément puérile et stupide qu'elle affectionnait parfois tout autant. Il n'y avait rien à faire, une ou deux heures après s'être levée. Mary-Morgann s'était réveillée assez tôt, et-pour une fois dans sa vie-avait décidé de ne pas être cruelle et avait évité de réveiller brutalement son fiancé. Ça aurait pu être drôle en un sens, mais elle doutait qu'ensuite il soit très disposé à quoi que ce soit, donc ça n'aurait eu aucun intérêt. Elle s'était changée, était sortie se promener un moment, et quand elle était repassée dans ses appartements il n'était plus là. Au moins il n'allait pas dormir toute la journée, c'était follement rassurant : mais elle n'avait strictement aucune idée d'où il était parti. La chercher, peut-être? Ou faire Dieu seul savait quoi, elle n'était pas bien sûre de vouloir être au courant. Seulement s'il n'était pas là, ça enlevait un bon nombre de possibilités pour occuper le temps qui la séparait encore du déjeuner, et ça c'était nettement plus problématique. Elle ne pouvait ni jouer contre lui, ni lui parler, ni le frapper, ni l'exaspérer..., hm, et autant le dire tout de suite, c'était ce qui occupait la plus grande partie de ses journées. Sinon elle pouvait toujours parler avec quelques amies, ou se reposer tout simplement, ou même partir se promener à l'extérieur du château, lire un livre..., mais pour l'instant elle n'avait rien envie de faire de toute ça. En fait elle aurait eu le plus grand mal à expliquer ce qu'elle voulait faire, si quelqu'un le lui avait demandé. Elle n'en était pas sûre, elle n'en avait même strictement aucune idée. Elle voulait faire quelque chose, voilà. Être plus précise aurait été compliqué, et pourtant si elle ne trouvait pas quelque chose d'intéressant à faire bientôt, elle commencerait réellement à s'ennuyer. Parce que si pour l'instant elle avait trouvé quelque chose à faire, faute de mieux, elle savait que ça ne mettrait pas des heures à être fait. A moins qu'elle n'y aille très lentement et avec beaucoup de précautions, pour que ce soit bien fait. Elle était tellement certaine que ça lui ferait plaisir, qu'elle ait fait ça..., très certainement qu'elle aurait le droit à un grand sourire satisfait et heureux, quand elle lui rendrait. Si elle le remarquait, bien sûr. Non pas qu'elle remettait en doute les capacités intellectuelles de sa presque-belle-sœur, bien entendu. Ça aurait été trop mesquin et méchant, et ce n'était certainement pas le genre de la jeune Noble que de dire du mal des autres dans leur dos. Non, jamais de la vie. Alors oui, si elle le remarquait elle était sûre qu'elle serait très contente et reconnaissante envers elle. Vincent aussi, d'ailleurs, serait sans doute très fier d'elle. Oui, aucun doute là-dessus. Il allait encore être très heureux quand il allait voir tout les efforts qu'elle mettait à arranger sa relation avec sa jeune sœur-qui, elle devait l'avouer, ne mettait quant-à elle aucun effort en ce sens. Alors, pour arranger ces petits malentendus qu'elles avaient de temps en temps, elle avait décidé de lui rendre un petit service, de lui faire un cadeau en quelque sorte. Oh, rien de bien impressionnant certes, elle faisait ce que ses capacités en la matière lui permettaient de faire. Et, même si elle ne se savait pas très douée, elle était entièrement persuadée que ce serait suffisant. Il fallait avouer que ça avait un avantage : au moins, en faisant cela, elle allait s'assurer d'être occupée plus tard, même si elle ne savait pas exactement quand. Bientôt, bientôt : elle ne s'en faisait pas de ce côté là.

En fait, Mary-Morgann, en désespoir de cause, avait décidé de rendre visite aux parents de Vincent-dans un pur élan de gentillesse et dans un soucis de conserver de bonnes relations avec eux, bien sûr-et avait pu discuter avec eux pendant ce qui avait du être quelques petites minutes : minutes après lesquelles ils avaient du se rendre elle n'avait trop compris où. Moralité, ils l'avaient laissé seule chez eux, le temps de finir son thé. Ce qui n'était pas une mauvaise idée en soit, elle n'avait rien de quelqu'un qui risquait de voler ou de mettre à sac leurs appartements : non, elle était très bien élevée, il ne fallait tout de même pas pousser le bouchon si loin. Et puis, c'était quelqu'un de confiance. Seulement, l'ennui aidant, elle n'avait pas pu s'empêcher d'explorer légèrement, et avait fini par tomber devant la porte de la jeune Anne-Alexia-qui à cette heure-ci devait encore dormir, au contraire de ses parents. Et, comme tout le monde le savait, ce n'était guère la joie entre les deux jeunes femmes-pour une raison qu'elle n'avait jamais vraiment cherché à comprendre, d'ailleurs. Elle ne se supportaient pas, voilà tout : pourquoi chercher compliqué quand on pouvait faire simple? Elle ne comptait pas se chercher d'inutiles excuses, c'était ainsi et ça le resterait encore très longtemps, probablement. Leur seul problème dans ce cas était le frère/fiancé, qui la plupart du temps ne prenait pas clairement de parti. Oh, elle le comprenait d'un certain côté, mais ça ne l'empêchait pas de vouloir qu'il soit du sien plutôt que de celui de sa sœur-et elle se doutait bien que la jeune fille aux cheveux roux aurait préféré le contraire. Donc peu importe, le fait était qu'elle s'était retrouvée seule là, et qu'elle n'avait pas pu s'empêcher d'emprunter un de ses chemisier. Très laid, preuve incontestable de son mauvais-goût totale en ce qui concernait à peu près tout ce sur quoi elle posait les yeux : elle avait donc décidé, dans son infinie bonté, de l'arranger. Vraiment trois fois rien, mais elle était certaine qu'après il ressemblerait enfin à quelque chose, et qu'elle pourrait le porter à loisir, il lui irait com-me-un-gant. La jeune femme aux longs cheveux blonds était donc partie avec ledit chemisier, et avait emprunté à une de ses amies-elle avait toujours su que cette femme avait un mauvais goût extrême, il était simple de deviner qu'elle en aurait-du fil vert. Et chez sa mère, de quoi broder. Elle avait beau trouver cela ennuyeux, au moins elle savait comment faire : et dans des situations comme celle-là elle trouvait mine de rien cela très utile.
La jeune femme aux yeux clairs sourit, et passa sa main sur sa jupe, assise correctement sur son fauteuil, essayant d'en chasser un pli indésirable. Il n'y avait presque personne dans le Salon du château à cette heure-ci, et elle s'en félicitait ; installée dans un coin, elle était parfaitement tranquille. Un peu de calme n'était pas de trop, tant qu'à faire. Et puis elle n'avait pas particulièrement envie de se faire interrompre par quelque personne voulant colporter un ragot quelconque, ça n'aurait eu aucun intérêt, bien au contraire. Non pas qu'elle n'aimait pas la compagnie, simplement que parfois elle n'en voulait pas. Et puis sans vouloir se montrer vexante, il y avait certaines personnes dans ce château dont le quotient intellectuel n'était pas très élevé, et c'était agaçant de devoir leur faire la conversation alors qu'elles n'avaient pas la moitié de son vocabulaire. Elle voulait bien s'adapter, mais il y avait un moment où parler à un chien aurait été plus intellectuel, réellement. Enfin, à son avis, ça n'engageait vraiment qu'elle..., elle se doutait bien que deux stupides caricatures d'être pensant pouvaient se comprendre, après tout. La jeune Noble s'appliqua à broder le P de 'Stupide' dans le dos du chemisier, tenant à ce que ce soit lisible à plusieurs mètres de là. Elle se fichait bien qu'elle le mette ou pas-et donc qu'elle le remarque ou pas-parce que même si ce n'était pas le cas elle aurait eu la satisfaction d'avoir rendu totalement immettable quelque chose lui appartenant. C'était déjà une récompense en soit, non? Et puis vu tout ce qu'elle lui avait fait endurer aussi, elle, ce ne serait que justice. Et il était laid, de toute façon.

Mary-Morgann crut entendre des bruits de pas et fit un faux mouvement, se piquant le doigt avec son aiguille. Elle fronça les sourcils, agacée, et appuya son mouchoir dessus. C'était malin..., elle n'aimait pas avoir mal, comme toute personne censée dans ce monde, et encore plus quand c'était ridicule mais douloureux, comme une piqure au doigt.

Elle laissa s'échapper une injure-tout sauf polie-et tapa légèrement du talon contre le sol. Elle ne pouvait pas recommencer avant que ça n'ait arrêté de saigner. Ça aurait fait très sacrificiel, de laisser du sang sur le chemisier, mais tout sauf élégant.

Le rouge et le vert vif..., quel mélange atroce, tout sauf esthétique. Non, sûrement pas. Elle tenait tout de même à ce que ça ressemble à quelque chose, n'est-ce pas.


Dernière édition par Mary-Morgann Aelith le Mar 22 Mai - 1:57, édité 2 fois
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Humain, Noble

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Emploi/loisirs  : Là, tout de suite, je me demande si c'est une bonne idée de dire à Mary que j'ai prévu le mariage dans deux semaines?^^
Humeur  : Bonne, comme toujours! Surtout si tu es une fille, jolie, avec un bonnet supérieur ou égal à D...XD

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MessageSujet: Re: Revenge is a dish best served cold.{Libre.-__ù}   Lun 5 Juil - 14:05

Vincent aimait le matin. Pas de manière inconditionnelle, mais il aimait le matin tout de même.; pas pour cela de raisons précises, non. Il n'en avait de toute façon guère grand besoin. Pas besoin... Le jeune homme n'avait pas réellement besoin de grand chose, en vérité et, quelquefois, il se prenait à songer qu'un noble aurait pu, techniquement parlant, vivre dans la même maison, sale et petite, qu'un vulgaire paysan, manger les choses atroces à l'aspect plus que douteux qu'il semblait se plaire à ingérer. Le genre de pensée stupide et surtout, surtout, profondément inutile. C'était un fait auquel on ne pouvait malheureusement strictement rien changer: Vincent aimait les choses stupides, futiles au possible plus encore qu'il aimait les matinées. Au fond, que faire quelque chose serve ou non n'était pas sa préoccupation première. De cela même, on aurait pu affirmer sans se tromper, dès lors qu'on le connaissait, ne fut-ce que vaguement, qu'il s'en contre fichait comme de sa toute première cravate. Quoique, se dit-il, sa toute première cravate, cela devait avoir une certaine valeur sentimentale. Donc il se corrigea aussitôt, se félicitant d'avoir trouvé une comparaison bien plus exacte, qui rendait bien mieux son sentiment à l'égard de l'utilité. Il s'en contre fichait comme de sa deuxième cravate. Il était de notoriété publique que tout ce que l'on faisait avait, au tout début, une saveur tout à fait différente de celles qui suivraient. L'habitude avait cette fichue manie de tout ternir, si vite que l'on ne se rendait pas même compte que cela avait un jour eu quelque importance. Un petit enfant était vraiment heureux de marcher, mettre un pied devant l'autre, en être capable simplement; demandiez à un adulte si cela l'émouvait que de pouvoir arpenter les longs corridors du palais d'Ankou Della'Morte, et vous ne récoltiez qu'un vague regard à mi chemin entre la perplexité et la pitié profonde. Oh, ce n'était pas si grave; le jour où il se comporterait de la manière dont on attendait de lui qu'il le fasse n'était pas près de venir, cela non. C'était mille fois plus amusant de faire juste ce dont on avait envie. Ce que l'on était obligé de faire aussi, de temps en temps, si ce n'était pas trop ennuyant. Ou que l'on avait véritablement pas le choix. Aussi invraisemblable que cela paraisse, ce genre de situation existait également. C'était donc l'esprit habité d'hétéroclites pensées que le jeune Henrin-Klemens marchait dans les couloirs du château, direction il ne savait trop où. En se levant, aux environ d'une heure, une heure et demie plus tôt, il avait eu l'agréable surprise de constater que son oiseau matinal favori avait eu, dans sa grande mansuétude, la bonté extrême de ne pas lui infliger un plus ou moins doux réveil à la seconde où elle avait ouvert les yeux. Et que de fait, elle s'était levée, et avait déserté les appartements dans lesquels il s'était lui-même prélassé de longues minutes avant de sortir. Sans doute était-elle partie raconter à ses amies le dernier potin 'oh-vraiment-trop-drôle-et-étonnant' comme la nouvelle robe de la femme habitant au fond du couloir qui était absolument 'trop-ridicule-et-avec-des-couleurs-atroces-oh-mon-Dieu-comment-on-peut-oser-porter-ça'. Lui n'y avait jamais vu de grand intérêt; les filles arboraient pourtant une mine effarée et intéressée, choquée parfois, lorsqu'elle parlaient entre elles et gloussaient, se taisant d'une manière oh combien naturelle, changeant de sujet d'un coup d'un seul avec un talent relevant quasiment de l'art et trahissant leur habitude à le faire, au passage de celle ou celui, voir ceux, qui devaient très certainement être l'objet de leur conversation. Et, sans se mentir, source apparemment inépuisable de moqueries et railleries en tout genre. Les femmes, les femmes... Une chose était sûre: il ne les comprendrait jamais vraiment. Toujours à chercher des choses mesquines et compliquées. Le noble poussa un long soupir, tournant pour la énième fois la tête à droite, à gauche. Vu ainsi on aurait été en droit de croire qu'il cherchait quelqu'un; ç'aurait été crédible. Après tout, n'arpentait-il point les grandes allées aux murs couverts de tableaux et tentures de la sorte depuis plus de vingt minutes déjà? En réalité son occupation était toute autre. Comment, d'ailleurs, avait-il fait pour survivre depuis son plus jeune âge sans cette information capitale, digne d'attention, que lui seul probablement détiendrait sous peu? S'il ne se décourageait pas avant, ce qui n'était pas à exclure. Ou s'il ne trouvait rien de plus amusant à faire entre-temps. Parce que mine de rien, il était déjà à vingt-sept. Vingt-huit, même. A moins que ce ne fut vingt-neuf? Pas trente en tout cas; il aurait retenu, s'il était passé dans les trente. Vincent opta donc pour vingt-neuf. Tant pis, le compte ne serait peut-être pas aussi exact et parfait qu'il l'avait souhaité en premier lieu. Mais, comme on disait, une ode plus ou une de moins, il n'était plus à cela près. Et dire qu'il n'était pas encore au quart de la moitié! Façon de parler, il entendait. Car en réalité, pour être honnête, il n'avait pas la moindre d'idée d'où il était rendu. Trente, maintenant, trente. Un nombre facile à retenir, trente... Un joli nombre, à n'en point douter.

Trente portes.

La réponse à la question que beaucoup se seraient posée était la suivante: non, il n'avait réellement rien de mieux à faire de sa matinée, ou en tout cas pas sur le moment, que de marcher dans es couloirs avec l'idée fixe de compter les portes sur son chemin, pour au final connaître le nombre exact de portes dans le château. Ou tout du moins, peu ou prou. Déjà il ne comptait pas les portes dans les appartements des nobles, ni celles des sous-sols, dans lesquels il aurait adoré s'aventurer mais qui n'auraient guère manquer de laisser d'énormes et indélébiles traces noires de poussière et autre composants dont il préférait ignorer la nature sur son costume. Et Dieu savait que ce costume-ci, il l'appréciait. Il avait un moment songé à y aller tout de même, la curiosité l'emportant. Le lendemain, ou plus tard. Lorsqu'il n'aurait de nouveau rien de mieux à faire. Présentement, il se contenterait de celles qu'il croisait, tentant bon gré mal gré de ne pas perdre le compte. Ce qui s'avérait être une entreprise bien plus ardue qu'il n'y paraissait, il ne fallait pas s'y laisser prendre. C'était donc ainsi que ses pas le menèrent vers le salon du château. Une belle pièce, grande et bien éclairée, agréable, tout simplement, et arrangée avec un goût indiscutable. Le Prince avait bien fait, bien que le rouquin douta fort qu'il ait décidé de l'agencement de la salle à lui seul. Avec tout le respect qu'il lui devait, néanmoins, ceci dit en passant. Combien y avait-il de portes, dans ce salon? Et de fenêtres? Il faudra, pensa-t-il, il faudrait qu'il recense les fenêtres également, un jour, pas de discrimination. Ou qu'il compte les marches de chaque escaliers du château pour élire celui qu'il devrait, définitivement, éviter parce qu'il serait le plus long. Il pariait sur celui dont lequel la rampe avait une jolie couleur dorée, sur laquelle il s'amusait à glisser quand il était petit, sous le regard profondément outré de sa chère mère.

Il releva la tête, un sourire fleurissant sur ses lèvres, lorsqu'il entendit la voix oh combien mélodieuse de sa jeune fiancée, Mary-Morgann. Prononcer de toutes aussi gracieuses paroles. Il marcha donc en silence vers elle, constatant que la blonde aux yeux bleus était plongée dans quelque ouvrage. Étrange, il n'avait jamais vu qu'elle aimait la broderie. Donc cela signifiait qu'elle ne l'aimait pas, définitivement. Il la connaissait par cœur, et ce genre de travaux minutieux et ne réclamant guère de grandes capacités intellectuelles ne la captivaient pas. Ah, si elle s'ennuyait, elle aurait dû venir le trouver! S'il avait réussi à piquer son amour propre -vu sa taille d'ailleurs, cela n'aurait pas relevé de l'exploit- et appuyer quelque peu sur son égo, il serait peut-être parvenu à la faire compter les portes avec lui. Celui qui en trouvait le plus. A défaut d'être beaucoup plus intellectuel que la couture, cela avait au moins le mérite d'être un brin sportif. Cela. Il posa ses yeux bleus sur le vêtement posé sur les genoux de la demoiselle Aelith, et fronça légèrement les sourcils, dubitatif. Il aurait juré reconnaitre un vêtement de Anne-Alexia, sa sœur cadette. Et il ne fallait pas être devin pour remarquer que l'entente entre les deux femmes de sa vie n'était pas cordiale. Alors, de là à se prêter des affaires, et les retoucher... Et en vert, rien que cela!

Cela sentait l'embrouille. De toute manière, c'était toujours le cas, avec ces deux là, à croire que le conflit était inéluctable... Les femmes.

Il éleva la voix, volontairement fort, quelques décibels de plus que le nécessaire, et dit:

« Mais ça alors, pour une surprise! Si ce n'est pas ma charmante fiancée qui fait de la couture de si bon matin! D'ailleurs, pour réussir à se piquer, ajouta-t-il en notant le mouchoir, il ne faut vraiment pas être doué. Tu veux que je t... »

Un long silence suivit sa remarque, qu'il ne prit pas la peine de terminer. Stup. Enfin, stu et un début de p bien amorcé. Stupéfiant? Stup. Stupide? Stup. Ce n'était pas son chemisier. Il poussa derechef un soupir. Ah, le jour où elles s'entendraient, il jurait de ne plus jamais regarder autre chose que le visage des jolies femmes.

Ou presque.

« Maaaary. Dis moi que c'était 'stupéfiante', que tu voulais marquer? »

Aucune chance, songea-t-il. Mais qui ne tente rien n'a rien. Il n'était pas exclu qu'elle veuille se réconcilier. C'était beau, d'espérer, pas vrai? Cela avait un petit côté amusant, jusqu'à ce qu'on nous coupe en plein élan. Pour le coup, il avait oublié ses portes. Trente, trente deux? Il était dans les trente. Adieux, les portes, se dit-il. Le compte était encore perdu.

Stupéfiante. Cela pouvait toujours être cela, si?
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MessageSujet: Re: Revenge is a dish best served cold.{Libre.-__ù}   Mar 3 Aoû - 19:16

Mary-Morgann détestait être dérangée.

Après tout, si elle était seule c'était qu'elle tenait à le rester, n'est-ce pas? Pourtant elle avait la désagréable impression qu'à chaque fois qu'elle s'isolait on venait la trouver et que, au contraire, à chaque fois qu'elle cherchait de la compagnie elle n'en trouvait pas. Plaisant, vraiment. Si le destin s'amusait à lui mettre des bâtons dans les roues, qu'à cela ne tienne, elle se montrerait simplement plus maligne que lui. Ainsi, quand elle cherchait quelqu'un, elle se contentait de s'assoir et de s'appliquer à faire quelque chose demandant une certaine concentration. A tout les coups-ou presque-quelqu'un venait troubler son apparente tranquillité. Et voilà, le tour était joué.? Le désavantage était que si elle pouvait s'isoler quand elle voulait de la compagnie, elle ne pouvait pas chercher de la compagnie quand elle tenait vraiment à ce qu'on la laisse tranquille. Fort heureusement pour elle, il n'y avait pas tant que ça de moments où elle rejetait toute visite importune à coup de pipe ou de balais, donc tout était pour le mieux. Mais tout de même, c'était agaçant. La jeune femme n'était pas si malchanceuse, pourtant. Elle avait beaucoup d'argent, était plutôt jolie, était dotée d'une intelligence supérieure à la moyenne, avait été éduquée correctement, avait un gentil fiancé, une adorable belle-famille, des parents aimants et justes..., certes, la liste devenait hypocrite sur la fin. Mais qu'importe, qui s'en souciait? Ce n'étaient que des détails mineurs, elle s'en fichait complètement, complètement. Ou presque. L'important restait que sa vie, dans l'ensemble, était enviable. La nature l'avait gâtée à sa naissance, et voilà qu'elle décidait de retourner les choses contre elle? Sûrement que, s'il y avait un Dieu là-haut, il n'avait pas été satisfait de la manière dont elle avait grandi. Ce qui, en soit, était compréhensible. La demoiselle se fichait bien que son caractère ne plaise pas, elle n'en changerait pas. Na. Aussi puéril que cela pouvait être, c'était à peu près tout ce qu'elle pensait de la situation. Parce qu'évidemment, on lui avait déjà fait des remarques sur son fort caractère, ses accès de colère ou de joie trop spontanés, ses manières et son langage. Elle avait fait de vrais efforts sur le côté relationnel et sur sa manière de marcher, de parler, de manger, de se tenir, jusqu'à en devenir une jeune femme tout à fait respectable, très élégante, avec une démarche qui pouvait être aussi rapide que gracieuse. Elle évitait de dire des choses trop crues-du moins en public-et ne trouvait plus le moins du monde dérangeant de passer des heures à se faire habiller ou coiffer par une servante qu'elle connaissait à peine. A tout cela elle s'était habituée, comme toute les petites filles nées dans l'enceinte d'un château. Pour autant, Mary-Morgann n'avait guère pu faire grand chose au sujet de la manière qu'elle avait de réagir à ceci ou cela. Ainsi il arrivait régulièrement qu'elle veuille..., comment dire, faire fusionner la peau de son adorable fiancé avec le tissu de sa cravate, par exemple. Ça aurait été tout à fait esthétique, preuve d'un très grand sens du goût. Pour autant, sans savoir pourquoi, elle s'arrêtait toujours de tirer sur ce stupide bout de tissu avant que l'amour de sa vie ne s'écroule au sol. Et, s'il était bien le seul qu'elle 'maltraitait' de la sorte, médire et se montrer pire que désagréable restait des traits inhérents à sa façon d'être. Ses amies le savaient-et, dans la mesure du possible, agissaient de la même façon-et étaient au courant que, en cas de trahison, elles auraient souffert le martyr. La jeune femme aux yeux bleus était sophistiquée, mais totalement intraitable. Une vraie statue de marbre. Si elle disait non, alors ce serait non. Et ce même si elle n'avait pas son mot à dire. Elle avait une certaine prestance et un sens certain de l'autorité qui lui permettait de faire ce genre de choses. Était-ce agréable pour les autres? Elle en doutait fort. Est-ce qu'un jour cela se retournerait contre elle? Certainement. Est-ce qu'elle ferait des efforts pour changer et être plus gentille? Jamais de la vie.

Non, qu'est-ce qu'elle se serait ennuyée dans le cas contraire..., une vraie torture!

C'est pour cela que quand elle avait entendu les bruits de pas, dans sa grande gentillesse et sa bonté sans limite, elle avait eu envie de planter son aiguille dans le bras de cette personne, quelle qu'elle soit. Parce que même si, à la base, elle brodait pour passer son ennui et mettre sa gentille belle-sœur hors d'elle, à présent elle était terriblement concentrée. Il fallait dire que si elle n'avait pas été aussi sérieuse, tout ses doigts auraient été ouverts de pansement, à l'heure qu'il était. Et quand la jeune Noble se mettait à faire quelque chose, elle tenait à le finir. Bon..., dans les faits, il se pouvait qu'elle abandonne et aille faire la tête plus loin, montrant bien qu'elle n'avait jamais vraiment atteint la barre des quinze ans. Mais elle essayait, tout du moins, avant de ne tout jeter en tapant du pied par terre. Et comme elle se sentait en passe de réussir ce tour de force, et bien elle continuait. D'autant plus que s'imaginer Anne-Alexia en train de découvrir ce magnifique chemisier tellement bien retouché lui donnait la motivation nécessaire pour finir ce maudit P avec entrain. Ensuite il ne resterait plus qu'à le remettre à sa place, à un moment ou à un autre, et attendre de voire ce que cela donnerait. En somme, attendre les cris. Elle se retint de rire à cette idée, tenant l'oreille. Est-ce que la personne qu'elle avait cru entendre dans le couloir allait rentrer, passer son chemin, était déjà rentré? Elle se serait bien retournée, ne serait-ce que pour vérifier, mais se serait donné l'impression de faire quelque chose de mal, qui ne devait surtout pas être vu par qui que ce soit. Ce qui n'était pas du tout le cas, pas du tout. Ou presque. Tant que ce n'était pas ses amies, finalement, ce n'était pas si grave. Ou d'autres Nobles du château. Un serviteur ne l'aurait pas dérangé le moins du monde. La jeune fille à qui elle voulait offrir son ouvrage non plus. Son fiancé non plus. Ses parents..., et bien, qu'auraient-ils pu y redire? Elle faisait ce qui lui chantait-ou presque-et n'était plus sous leur autorité-ou presque-donc de fait, ils n'auraient pas pu l'empêcher de continuer-ou presque. Ça faisait diablement beaucoup de presque, beaucoup trop à son goût. La jeune femme aux cheveux blonds fit une petite moue, manquant de sursauter en entendant la voix de son fiancé préféré-étant le seul, il aurait difficilement pu être autre chose.

« Mais ça alors, pour une surprise! Si ce n'est pas ma charmante fiancée qui fait de la couture de si bon matin! D'ailleurs, pour réussir à se piquer, il ne faut vraiment pas être doué. Tu veux que je t... »

Mary-Morgann leva les yeux au ciel en l'entendant, mais enfonça de nouveau son aiguille dans le tissu du chemisier. Rirait bien qui rirait le dernier, elle finirait de marquer ce qu'elle voulait marquer dans ce beau fil vert, et sa vengeance serait accomplie. Elle releva la tête, haussant un sourcil. Hm, ça sonnait vraiment comme un meurtre, dit comme cela. Elle sourit finalement, finissant la barre de la lettre qu'elle était en train de broder. Et puis comment ça, de si bon matin? Il aurait plutôt du être reconnaissant qu'elle ne l'ait pas réveillé en même temps qu'elle, cet ingrat. La prochaine fois elle l'étoufferait avec l'oreiller jusqu'à ce qu'il ouvre les yeux, pour la peine. Ou qu'il ne les ouvre plus jamais. L'un dans l'autre, elle aurait la paix, au moins. Ses yeux bleus clignèrent un instant, et elle s'arrêta brusquement de penser en remarquant qu'il avait laissé sa phrase en suspens. Ah? Avait-il remarqué son chef-d'œuvre, cherchait-il l'adjectif le plus adéquat pour décrire son travail? Magnifique, merveilleux, splendide, adorable, d'une gentillesse extrême, vraiment tout à fait à son goût? Tout cela convenait, allons allons. Il aurait même pu tous les dire, pour la féliciter d'avoir été gentille ce matin là. Il avait intérêt à se montrer tout ce qu'il y avait de plus sympathique ce jour là, d'ailleurs. Elle se sentait une terrible envie d'aller tirer sur sa cravate au moindre mot de travers, sans raison apparente, et elle aurait parié que lui ne se sentait pas 'une envie terrible de se faire étrangler sans raison apparente', pour sa part.

« Maaaary. Dis moi que c'était 'stupéfiante', que tu voulais marquer? »

Elle se retourna finalement vers Vincent, un sourire mutin accroché sur ses lèvres. Il savait très bien que ce n'était pas ça, elle le savait aussi et il savait qu'elle savait au moins aussi bien qu'elle savait qu'il savait. Ahlala. Pourtant, au lieu de dire tout simplement qu'elle comptait écrire 'stupide' en haussant les épaules, elle se contenta de l'observer un instant avant de ne reposer les yeux sur l'aiguille et le chemisier, pressant encore un instant son doigt contre le mouchoir, ne tenant pas à ruiner tout ses si beaux efforts-puisque, comme elle l'avait déjà dit, le sang sur le chemisier aurait fait trop sacrificiel. C'était amusant, de son point de vue. Oui, voilà : ça l'amusait. Tout comme cela l'amusait de faire tourner son fiancé en bourrique ou de médire sur la robe d'une telle avec ses amies. Il n'y avait rien de mieux que les bons plaisirs simples, dans la vie, elle en était certaine. Et le jeune homme aux cheveux roux était un parfait partenaire de jeux, elle ne pouvait pas dire le contraire. Parfois, elle tentait de s'imaginer un Vincent Henrin-Klemens sage et responsable, un Vincent qui ne regarderait pas les filles avec trop de formes passer dans les couloirs, un Vincent qui resterait calme et sérieux en toute situation, un Vincent qui n'aurait pas un sens de l'humour douteux, un Vincent qui ne répondrait pas à ses petites piques. Oh, oui, elle avait essayé. Sans succès. De toute façon, c'était très bien comme ça. Elle aurait eu beaucoup de mal à trouver quelqu'un qui continuait de mettre des cravates après avoir constaté mille fois qu'elle adorait tirer dessus. S'il n'en avait plus mis, pour sûr, sa vie en aurait été changée.


«Oh, Viiiiincent. Eh bien, je me suis piquée à cause de toi, répondit-elle en fronçant légèrement les sourcils. Et quoi que tu allais proposer, c'est non de toute façon.»

Une fois qu'elle eut tout à fait finit le P de Stup-éfiante, bien entendu...-ide, elle l'observa d'un air satisfait. Si elle poursuivait, le doute serait définitivement balayé, si tant est qu'il ait véritablement existé un jour. Stupéfiante, Stupide? Un sourire balaya son air courroucé d'il y avait quelques instants, et elle pencha légèrement sa tête sur le côté, l'air de réfléchir, avant de ne reposer ses yeux bleus dans ceux de son futur époux. Et pourquoi pas autre chose, tant qu'elle y était?


«Stupéfiante? Oh, répondit-elle en balayant l'idée d'un vague geste de la main, certainement pas. En fait, je pensais écrire 'Stupre'. Et puis, finalement, j'ai changé d'idée. J'ai trouvé quelque chose qui conviendrait beaucoup mieux.»

Quoi que, songea-t-elle en commençant le i, qui ne pouvait définitivement pas être le E de stupéfiante. Mais stupide conviendrait mieux à cette petite idiote, pour sûr. Oui, stupide. Stupéfiante..., quelle drôle d'idée, vraiment.

«Tu as bien dormi, j'éspère? Demanda-t-elle en haussant un sourcil, comme si le fait qu'elle soit en train de marquer 'stupide' avec un fil vert sur le chemisier de la sœur de son fiancé était plus que normal. Et qu'est-ce que tu fais ici 'de si bon matin'? Pas de la couture, j'imagine.»
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MessageSujet: Re: Revenge is a dish best served cold.{Libre.-__ù}   Lun 9 Aoû - 14:21

Cela n'avait jamais été l'entente cordiale. Du plus loin qu'il se souvienne en tout cas, il ne lui avait jamais été donné de contempler un si singulier spectacle... Le cas échéant, il s'en serait souvenu. Ce n'était pas le genre de chose que l'on oublie si facilement. Sa douce fiancée et sa merveilleuse petite sœur ne s'étaient décidément jamais entendues, et ne s'entendraient, soyons honnêtes, probablement jamais. Ce n'était la faute ni de l'une, ni de l'autre; il semblait juste qu'elles ne puissent proprement pas se supporter. Si encore elles s'étaient contentées de s'ignorer mutuellement, cela n'aurait posé de problèmes à personne. Mais même cela, elles en étaient incapables. Là où Vincent avait su passer outre les caprices et les débuts difficiles, Anna-Alexia n'avait visiblement pas agi de même. Cela n'avait pas été la joie, même pour lui, la première fois qu'il avait rencontrée le blonde jeune femme. Et s'il se rappelait bien, la haine profonde et réciproque qu'elles se vouaient était vieille comme le monde. Il n'en avait jamais vraiment compris la raison, toutefois. La guerre était ouverte, et elles se tiraient dessus. Que lui soit touché, ce n 'était qu'un léger dommage collatéral parmi tant d'autres. Comme ce joli chemisier par exemple, qui ne serait plus jamais mis après être passé entre les mains de Mary-Morgann. Il aurait pu trouver des centaines d'autres exemples tous plus criants les uns que les autres attestant de leur mésentente totale. Et encore, il pesait ses mots. Ce n'était pas simple pour lui, pour la simple mais pas moins bonne raison que c'était toujours à lui de trancher. Inutile de préciser qu'il ne le faisait jamais clairement; il aimait également les deux jeunes femmes. D'un amour très différent certes, mais il n'en restait pas moins qu'il les aimait toutes deux. Ce n'était pas comparable, et il ne souhaitait pas comparer. Mais il devait bien reconnaître que parfois, il en venait à penser qu'en réalité, elles étaient les meilleures amies du monde et s'étaient liguées pour le rendre complètement fou, lui faire perdre l'esprit, ou il ne savait encore trop quoi. Leurs chamailleries étaient monnaie courantes, et jamais il ne les jugeait trop graves. Elles étaient à peu près responsables et, pour peu qu'il ne se trompe pas entièrement, elles ne souhaitaient pas véritablement la mort de l'autre. Elles se seraient ennuyées, sans cela, c'était une évidence à ses yeux. Qu'auraient-elles fait de leurs journées si elles ne pouvaient se lancer des gentillesses à peine masquées au visage, des sarcasmes et se jouer des tours dans le but avoué d'énerver la pauvre victime? Cette fois-ci, c'était un vêtement et un peu de ridicule. La prochaine fois, ce serait autre chose. Et Anne-Alexia n'était pas hors de cause non plus! Elles se valaient bien, l'une l'autre, question 'taquinerie'. Ou 'méchanceté gratuite', au choix, bien qu'il hésitât également avec 'envie de vengeance instinctive', ou encore 'besoin de nuire compulsif'. Mais 'taquineries' sonnait moins terrible; alors, c'était pour celui-ci que le jeune homme avait opté. Le jour où elles tomberaient d'accord sur quelque chose, quoi que ce fusse, il tenait à être prévenu. Alors seulement il pourrait courir vers les sous-sols et s'abriter de... Eh bien, il ne savait pas vraiment de quoi, mais à n'en point douter, l'apocalypse, ou un autre événement atroce du même acabit. Quoique, se reprit-il, fuir ainsi l'inéluctable n'était pas la solution non plus. S'il devait mourir, il y avait de nombreuses choses qu'il tenait à faire avant. Si importantes. Qui lui tenaient à cœur, vraiment, des dernières volontés qui auraient à merveille caractérisé la face de son caractère qu'il ne montrait pas toujours. Oui, il tenait à rendre son dernier soupir le nez plongé dans le décolleté dévoilant une belle peau douce et blanche d'une splendide femmes aux formes défiant l'imagination. Enfin; comme ce n'était pas le lendemain la veille que cela risquait d'arriver, il était plus ou moins à l'abri. Ah, se dit alors Vincent, lui qui les avait, en premier lieu, prédestinées à devenir d'inséparables amies! Elles avaient un lien, après tout. Lui mis à part, il entendait. Un point commun qui aurait dû, théoriquement, les lier de telle sorte qu'elles s'adorent et se comprennent. S'entraident. Soit là l'une pour l'autre ou tout du moins, avec une visée différente que s'entre-enfoncer plus bas que terre. Quelque chose de sérieux et d'avéré, à savoir: leur prénoms. En effet, l'une comme l'autre possédaient des noms composés. Anne-Alexia. Mary-Morgann. Eh. Si leurs parents s'étaient décidés sur un même prénom à son sujet, il semblait que ce n'avait pas été le cas de sa cadette, qui avait hérité de deux noms, tout simplement. Pas la plus brillante des idées, quand on s'appelait Henrin-Klemens, mais probablement avaient-ils pensé, de manière très éclairée, qu'elle ne serait affublée de deux noms composés que durant les premières années de sa vie. Après elle se marierait. Quant à sa fiancée en revanche, c'était le fruit du hasard, purement. Il doutait que leurs parents aient complotés en cachette pour lui trouver quelqu'un ayant un nom de famille composé... D'autant que ce n'était pas si rare.

D'ailleurs elles avaient toutes deux des noms ne manquant pas d'élégance. En bref, du point de vue de Vincent elles auraient dû, de par ce simple fait, être les meilleurs amies du monde. Et malheureusement, il s'était royalement trompé. Les justifications de leurs disputes lui avaient premièrement échappées; mais maintenant, il lui semblait évident qu'elles avaient depuis longtemps cessé d'en rechercher. Pourquoi avoir un vrai mobile pour se faire les pires misères, après tout, c'était bien vrai... De désespoir, il avait fini par renoncer à l'idée de jouer les médiateurs entre les deux. C'était un métier à risques, et il était encore jeune... Ah, et quelle atroce perte pour le monde qu'aurait été sa disparition! Tous se seraient habillés en noir, jusque dans les plus petits villages, et même le ciel aurait porté le deuil, se couvrant de noir, eh bien... Douze heures par jour, voilà. Après tout, un demi Dieu comme lui ne mourait pas sans que cela se sache. Enfin, plaisanteries mises à part, il ne pensait pas pouvoir les voir se serrer la main dans une optique autre que se les broyer, se parler autrement que pour régler des comptes, encore et toujours, et s'insulter poliment. Sans doute était-ce là la raison qui avait fait qu'il aie eu comme un doute quant au fait que Mary décide de marquer 'stupéfiante'. Certes le chemisier aurait été tout aussi gâché, mais le message, telle qu'il la connaissait, devait être bien plus explicite. Délicatesse et gentillesse incarnée... Il vivait avec la délicatesse et de la gentillesse, oui... C'était sûr. Et elle en répandait tant autour d'elle qu'il ne lui en restait même plus pour sa propre personne... Comme c'était triste. Enfin, surtout pour lui, au final. Elle, elle n'avait pas l'air de s'en porter plus mal...

Il sourit lorsqu'elle allongea son nom, très clairement pour le singer, prétextant que c'était de sa faute. Il haussa vaguement les épaules, n'étant qu'à moitié convaincu de sa propre culpabilité dans la piqûre de sa douce et tendre. Oui, honnêtement, il n'arrivait à les croire qu'à moitié... Et qu'avait-il voulu lui demander, d'ailleurs? Il ne le savait même plus. Sans doute rien d'important, pour qu'il se soit interrompu, de toute façon. Mais tout de même... Elle aurait dit non dans tous les cas? Elle était bien catégorique... Et capricieuse. Comme toujours.. Pourquoi aurait-elle corrigés ces quelques petits défauts en l'espace d'une nuit, il se le demandait. Et puis, il les aimait autant que le reste de sa personne, de toute manière. Elle, et tous ses défauts qu'il trouvait drôles et mignons. Parfois pas très féminins, mais... Si elle avait été parfaites, il aurait dû lui chercher d'autres tares. Tant qu'à faire, autant qu'elle conserve celles qu'il connaissait si bien, et qu'il pouvait utiliser à son insu. Ce n'était pas comme si, au bout de dix ans, il ne s'y était pas plus ou moins habitué, en plus de cela...

«Stupéfiante? Oh, certainement pas. En fait, je pensais écrire 'Stupre'. Et puis, finalement, j'ai changé d'idée. J'ai trouvé quelque chose qui conviendrait beaucoup mieux.»

Il poussa un énième inaudible soupire. Stupre? La voilà qui le surprenait en lui proposant une option à laquelle il n'avait pas songé. Et qui n'avait strictement rien à voir avec sa petite sœur préférée, d'ailleurs, ceci dit en passant. Stupéfiante aurait été mieux, comme un gage de réconciliation maladroit, qui aurait fait qu'elles puissent enterrer la hache de guerre. Se bercer d'illusions n'était peut-être pas la meilleure des idées qu'il ai eue, mais allez savoir. Lorsqu'il la vit amorcer un 'i', il n'eut plus aucun doute quant au mot qu'elle tenait à broder. Stupide. Anne-Alexia n'était pas stupide, et son point de vue n'était pas objectif. Cela, il avait bien essayé de le lui faire comprendre, un nombre impressionnante de fois qui plus était. Mais cela n'avait jamais fonctionné et, faute de volonté, renonçant face à cet entêtement sans pareil, il avait rendu les armes. La jeune Henrin-Klemens trouverait plus tard un moyen de se venger de cela, et ainsi de suite, selon un cercle vicieux qui risquait fort de ne jamais vraiment finir. Pour être tout à fait franc, Vincent ne savait même plus s'il devait en rire ou en pleurer... Par choix, la première option lui semblait meilleure, aussi jeta-t-il son dévolu sur elle. Tenter, vaille que vaille, de raisonner Mary ne serait sans doute pas d'une grande utilité. Et Anne se rendrait bien assez tôt compte de l'état de son chemisier, d'autant que l'impression certaine que s'il intervenait, tout allait lui retomber dessus le taraudait d'une bien désagréable manière. Il se contenterait d'être loin quand sa sœur découvrirait le massacre... Histoire que sa vie ne s'achève pas sur une bien triste et stupide note, écrasé par le mobilier qu'elles auraient décidé de se lancer. Merci, mais non merci.

«Tu as bien dormi, j'espère? Demanda-elle, l'air de rien. Et qu'est-ce que tu fais ici 'de si bon matin'? Pas de la couture, j'imagine.»

Il ne perdit pas son sourire, bien au contraire. La manière qu'elle avait de dire les choses était..., il ne savait pas vraiment, mais ainsi dit, elle aurait tout aussi bien pu être en train de broder un nouveau napperon pour la table du salon, que cela n'aurait pas semblé plus normal, banal. Or, ce n'était pas quelque dentelle qu'elle était présentement en train de faire.

« Je m'occupais, figure toi, du comptage. Tu sais qu'elle va hurler quand elle verra ça, pas vrai? »

Elle le savait. C'était indubitable. Feindre l'ignorance n'aurait dupé personne, lui moins encore. Après, s'il s'agissait d'un sadisme certain à l'égard des servantes et serviteurs qui se trouveraient à proximité d'Anne-Alexia, ou juste un masochisme profond, le diagnostic ne relevait plus de son domaine... Il marqua une courte pause, avant de reprendre, du même ton léger, désinvolte qu'il utilisait sans cesse.

« Ah, mais je crois qu'inconsciemment, mes pas m'ont menés ici pour prévenir la catastrophe! Je sais que tu veux vraiment lui faire un cadeau, mais je suis sûr qu'un grand sourire sera suffisant... Oh, tu peux aussi me faire un cadeau, à moi! Je me contenterais d'un magnifique baiser. »

Qui ne tente rien n'a rien. Et s'il était en son pouvoir de sauver de nombreuses nobles oreilles dans ce château, il se devait de le faire... Bien qu'il doutât qu'elle cesse son œuvre rien que pour ses beaux yeux. Quant à sa dernière remarque, il s'apprêtait déjà à essuyer un refus clair et net. Demandé de la sorte, il y avait peu de chances que le contraire se produise. Enfin. Peut-être cela aurait-il au moins le mérite de lui faire lever la tête de son ouvrage? Ainsi, il prolongerait de quelque temps la longévité des tympan de nombre de personnes. Ah, et dire que personne n'en saurait jamais rien! Alors qu'il faisait preuve d'un tel héroïsme! La vie était parfois cruelle, à n'en point douter. Terriblement.

Vraiment, ne pouvaient-elle pas trouver quelque compromis et s'entendre, pour une, une seule malheureuse, une fois esseulée au milieu de leurs disputes? Cela mettait du piquant dans le quotidien, d'accord. Mais il devait reconnaître qu'il n'aurait pas rechigné contre un peu de douceur de temps à autre... Peut-être qu'il en aurait, se dit-il, amusé, quand il serait six pieds sous terre. Et encore. Même là, elles n'auraient de cesse de se chamailler, c'était certain. On aurait dû leur aménager un véritable champ de bataille... Autre que le château, en d'autres termes.


Dernière édition par Vincent Henrin-Klemens le Mer 1 Sep - 12:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Revenge is a dish best served cold.{Libre.-__ù}   Mer 25 Aoû - 17:56

Mary-Morgann se sentait indubitablement de bonne humeur depuis quelques bonnes secondes.

En fait, rien que l'idée de causer du tort à sa gentille future belle-sœur la faisait sourire-que ce soit étrange ou non, elle n'en avait rien à faire. Ce n'était tout de même pas sa faute si la jeune fille et elle se détestaient, tout de même! Elle n'avait jamais rien fait pour arranger les choses, et elle était peut-être plus responsable que la demoiselle aux cheveux roux dans le sens où elle était censée être plus mature et posée, mais elle s'en moquait. Aussi intelligente et bien élevée soit la jeune femme, elle n'en restait pas moins qu'elle avait des comportements parfois digne d'une adolescente, et elle s'en rendait bien compte. Mais ça, elle s'en moquait aussi. Tant que son image n'en pâtissait pas, ça n'avait et n'aurait jamais aucune sorte d'importance. Les apparences étaient trop importantes pour être entachées, et elle aimait bien l'image qu'elle rendait au monde,donc elle ne tenait pas à ce qu'elle vienne à être abimée de manière irréversible un jour. Or il devait presque être de notoriété publique que Mary-Morgann Aelith et Anne-Alexia Henrin-Klemens, à part un prénom composé, n'avaient aucun point commun susceptible de les rapprocher. Et elles se détestaient. Pourquoi? Honnêtement, depuis le temps que ça durait, elle aurait été bien en peine de fournir une réponse satisfaisante. C'était comme une dispute qui aurait éclaté un après-midi, comme si elles ne s'étaient jamais réconciliées et n'avaient pas cessé d'empirer les choses au fur et à mesure que le temps passait. Et ce devait sûrement être quelque chose comme cela, de toute façon. Mis à part le fait avéré, bien sûr, que la petite sœur de Vincent n'avait pas l'air de penser qu'elle était convenable comme fiancée. Comme si elle avait son mot à dire..., de toute façon qu'elle l'apprécie ou pas n'avait rien à faire dans l'histoire, certainement que non. Les mariages étaient décidés par leurs parents, et si les jeunes hommes avaient leur mot à dire dans tout cela, en général, les jeunes filles, elles, n'avaient strictement rien à dire. Même si Mary avait hurlé et tempêté-hmm, elle l'avait peut-être fait, à la réflexion...-en disant qu'elle ne voulait pas de ce garçon comme fiancé, la décision de sa mère et de son père n'aurait pas changé pour autant. N'avait pas changé pour autant. Après coup, bien sûr, elle était tout à fait satisfaite de ce choix, et n'osait même pas imaginer avec qui elle se serait retrouvé si elle avait été suffisamment convaincante quand elle avait douze ans. Mais ce qu'elle voulait dire par là, c'est que les femmes, dans la Noblesse, n'avaient nullement le choix de la personne avec qui elles vivraient, même si elles étaient tristes à en mourir. Les mariages d'intérêt, c'était ainsi. Alors s'ils n'écoutaient pas leur propre enfant, ce n'était pas pour écouter le frère ou la sœur du concerné. Évidemment. Si ça ne plaisait pas à la jeune fille aux cheveux roux qu'elle soit fiancée à son frère, et bien qu'elle aille se plaindre à ses propres parents. Ce n'était certainement pas de sa faute à elle, si elle allait se marier avec Vincent. Non, elle n'avait rien demandé à personne. Et elle n'avait jamais demandé à écoper d'une petite teigne très agaçante en prime, d'ailleurs : pas de chance, elle devait faire avec. Oh, elle ne se faisait guère de soucis de ce côté là de toute façon. ; cela faisait dix ans qu'elles se côtoyaient, ce n'était pas quelques années en plus qui risquaient de changer quoi que ce soit. Elle comptait en revanche lui pourrir la vie autant qu'elle pourrissait la sienne, c'était non négociable. Que son charmant fiancé soit d'accord ou non ne changeait strictement rien. Que quiconque lui dise qu'elle exagérait et devait enterrer la hache de guerre la première et elle aurait soupir d'un air suffisant. Non, jamais elle n'enterrerait quoi que ce soit si ce n'était Anne-Alexia elle-même. Or, il lui semblait bien que la tuer n'était pas possible, alors elle devrait se contenter de coudre des gentillesses sur ses chemisiers, pour l'instant. Et puis à quoi ça aurait servi d'aller la voir en lui disant que ces gamineries avaient assez durées et qu'il fallait s'entendre, maintenant? Ah, ils ne comprenaient vraiment rien, tous! Si elle avait fait ça, l'autre aurait continué. Et sûrement que le contraire était vrai aussi. Il aurait fallu, pour qu'elles déclarent une longue et paisible trêve, qu'elles se mettent d'accord là-dessus. Donc qu'elles se parlent sans dire quoi que ce soit de blessant. Et cela, en somme, était tout à fait impossible.


Leurs proches pouvaient témoigner, elle en était certaine.

La lettre commençait à prendre forme, et la jeune femme faillit se piquer de nouveau, réprimant une injure. Ce que ça pouvait être difficile, de broder, coudre..., bref, tout ce qui comportait du fil et un objet pointu. Elle n'avait jamais aimé cela, de toute façon. La jeune fille à qui appartenait le chemisier avait intérêt à se montrer reconnaissante, aux vues des si gentils efforts qu'elle avait mis dans la confection de ce cadeau pour le moins adorable. Elle garda ses yeux fixés sur ce qu'elle faisait, craignant de ne se piquer de nouveau si elle quittait l'aiguille des yeux ne serait-ce qu'une seconde durant. Elle se doutait bien que son fiancé ne serait pas exactement d'accord avec son idée, mais elle n'avait jamais prévu qu'il verrait ce qu'elle était en train de faire, de toute façon. Elle voulait bien être douée et intelligente ; mais de là à pouvoir prédire s'il passerait par là, s'il se réveillerait comme à son habitude ou si pour une fois il resterait plus tard ou se lèverait plus tôt, non. Ce n'était pas encore dans ses cordes. Mais son avis, sur le moment, n'avait que peu d'importance et d'utilité. Qu'il le veuille ou non, elle était déjà à la bonne moitié de son mot, et il ne pourrait pas tout défaire sans tout bonnement ruiner l'habit de sa jeune sœur. Et elle ne se serait pas privée d'expliquer à l'intéressée que c'était de la faute de son grand frère adoré, aucun problème là-dessus. Donc elle était tranquille, de toute façon. Enfin, s'il la laissait le lui apporter. Hm. Elle le ferait dans tout les cas, qu'elle aille le lui donner ou qu'elle doive faire autrement n'importait que peu. La jeune femme aux cheveux blonds avait tellement envie de lui faire plaisir, après tout : pourquoi lui gâcher son bonheur? C'aurait été d'un cruel, vraiment. Et le jeune homme aux yeux bleus était un amour, il ne lui aurait jamais ôté un plaisir si inoffensif. Enfin, là, le doute persistait. Parfois, il n'avait pas l'air de comprendre que s'énerver avec sa jeune sœur faisait partie intégrante de ses activités prévues dans la journée. Ce qui était ridicule, depuis dix ans il aurait dû avoir compris que jamais elles ne réussiraient à s'entendre, et ce peu importe les efforts qu'il mettrait dans cette entreprise. Elle ne pouvait l'empêcher d'espérer, certes. Elle se prenait bien encore à espérer parfois vainement qu'il serait un jour mature et qu'il pourrait donner la couleur d'yeux des jeunes femmes qu'il croisait dans les couloirs, alors question espoirs vains et inutile, elle était bien lotie de même. Mais qu'importe, Vincent restait Vincent, et s'il s'était assagi elle ne l'aurait pas reconnu. Or ça, ça aurait été sacrément embêtant.


« Je m'occupais, figure toi, du comptage. Tu sais qu'elle va hurler quand elle verra ça, pas vrai? »

Du comptage. Bien entendu. Quelle activité normale. Elle haussa un sourcil, continuant son 'i' avec application. Le comptage..., de quoi? Toutes les idées qui lui venaient en tête ne lui plaisaient pas, mais connaissant son fiancé il avait pu décider de compter à peu près n'importe quoi. Pourquoi pas même les nuages par une fenêtre? Rien ne l'aurait plus étonné que cela, à dire vrai-et elle ne savait pas si elle devait s'en réjouir ou en pleurer. Ah, elle savait qu'elle allait hurler, bien entendu : c'était le but avoué de la manœuvre, l'énerver et la mettre hors d'elle. Si elle n'avait rien dit, ça aurait été dix fois moins drôle et intéressant. Mais ça, elle savait qu'il savait qu'elle le savait. Ce n'était sans doute pas une vraie question, et si c'en était une le sourire satisfait qu'elle arbora en l'entendant dire cela répondit de toute façon pour elle. Oui, elle le savait, et oui, elle en riait à l'avance. C'était méchant, mais c'était comme ça. Elle ne comptait pas changer de sitôt, de toute manière.

« Ah, mais je crois qu'inconsciemment, mes pas m'ont menés ici pour prévenir la catastrophe! Je sais que tu veux vraiment lui faire un cadeau, mais je suis sûr qu'un grand sourire sera suffisant... Oh, tu peux aussi me faire un cadeau, à moi! Je me contenterais d'un magnifique baiser. »

Mary-Morgann posa son ouvrage sur ses genoux, posant ses yeux bleus sur le jeune homme. Ah. Bien entendu, elle allait se lever, l'embrasser et se rassoir. A la réflexion, c'était peut-être ce genre de réaction qui l'aurait le plus étonné, étant donné que c'était exactement ce qu'il devait savoir qu'elle ne ferait jamais. Et puis quoi, encore? Elle ne comptait pas lui faire de cadeau, et elle était occupée. Et puis un grand sourire..., qu'il était radin. Elle, au moins, elle gaspillait-enfin, utilisait-du fil pour lui faire le plus somptueux des présents-ou presque. Même s'il était certain qu'elle lui ferait un grand sourire, quand la jeune fille aux cheveux roux découvrirait ce qu'elle lui avait si gentiment offert. Ce serait un grand sourire, adorable, vraiment insupportable, pour bien enfoncer le clou. Juste au cas où ça ne l'ait pas assez énervé pour qu'elle veuille lui renvoyer la gentillesse. Si elle avait été la seule à se battre, elle aurait certainement déjà arrêté depuis longtemps : mais tant que ce qu'elle faisait énervait Anne-Alexia, et tant que l'autre continuait de gâcher son existence, elle continuerait encore et encore. Ça pouvait durer très longtemps, ça, comme petit jeu. Elle s'était déjà dit qu'il était possible que ça passe quand la plus jeune des deux deviendrait une adulte, mais elle n'en était même pas sûre. Aux vues de leurs caractères respectifs, elles auraient certainement pu se haïr pour les vingt prochaines années encore sans perdre de leur détermination à se débarrasser de l'autre. Tant que ça n'allait pas trop loin, ce n'était pas si grave. Si elles dépassaient les limites, là, Vincent avait officiellement le droit d'intervenir. Mais dans le cas contraire, il aurait tout aussi bien pu parler au vent.


«Dans tes rêves, dit-elle en levant les yeux au ciel, envoyant valser sa proposition d'un nouveau geste de la main. Et ne te fais pas de soucis, je lui sourirais quand je le lui offrirais. Je suis civilisée, je te prie. Enfin. J'éspère tout de même que tu sais que quoi que tu fasse je lui donnerais ce chemisier, hm? Et pour te répondre, ses hurlements seront ma récompense, justement.»

Elle sourit de nouveau pour ponctuer ses propos, finissant son 'i' avec satisfaction. Il ne restait plus que la fin du mot, et tout serait pour le mieux. Enfin, elle aurait fini de coudre, et ce serait déjà un immense poids en moins sur ses épaules-et une crainte en moins pour ses pauvres doigts.


«Qu'entends-tu donc par comptage, au juste?»
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MessageSujet: Re: Revenge is a dish best served cold.{Libre.-__ù}   Sam 4 Sep - 13:06

Vincent n'avait jamais été quelqu'un de particulièrement responsable dans sa vie, et il n'aurait pas été exagérer que de déclarer que, entre le lui d'il y avait dix ou douze ans, et le lui d'aujourd'hui, si l'on faisait exception de son 'physique de rêve qui n'avait cessé de gagner en beauté et en perfection', comme il se plaisait à le dire, les différences étaient maigres et invisibles sinon inexistantes. Ce n'était tout de même pas de sa faute, s'il n'arrivait pas à se comporter de manière exemplaire! Les discussions sérieuses et autres n'étaient juste décidément pas drôles, et on n'avait qu'une seule vie, pas une de plus. Sachant cela, on se devait d'en profiter en faisant tout ce que l'on voulait, tout ce que l'on pouvait, et ne s'embarrasser que d'un minimum de convenances. Évidemment, étant un noble, il ne faisait pas trop dans l'excès. 'Pas trop'. Ce qui ne signifiait absolument pas qu'il ne le faisait pas du tout... D'un côté il y avait les règles et l'étiquette et, de l'autre, un tas de choses diverses et variées à ne manquer sous aucun prétexte. Alors, lui, oscillait entre les deux, ne s'écartant trop ni de l'un, ni de l'autre. On aurait pu le lui reprocher, il en était conscient, mais n'en avait rien à faire; après tout, il était le seul à décider de sa vie, ses choix étaient ses choix, et ceux de personne d'autre. Il écoutait l'avis de ses proches bien entendu, mais il n'en restait pas moins qu'au final, c'était bel et bien lui, et lui seul, qui prendrait les décisions concernant sa propre existence. Lorsqu'il était encore petit, ce n'était pas tout à fait le cas. Mais dorénavant, si. Et il avait beau chercher, il ne trouvait à cette réalité que de bons côtés. Et il lui suffisait de regarder son père pour savoir, sans l'ombre d'un doute, que ce n'était pas demain la veille que cela changerait, pour son plus grand plaisir. On aurait pu avoir l'impression qu'il n'avait jamais compris qu'il n'avait plus seize ans mais vingt-trois; il était comme resté bloqué sur un certain passage de son adolescence, qui n'avait pas été de tout repos pour ses proches, et n'était pas près d'en décoller. C'était un bon âge, de son point de vue. Se comporter en adulte? Il pouvait le faire. Il en était capable. Simplement, tout était tellement moins brillant en agissant de la sorte. On était triste comme une pierre, on ne s'amusait pas, on ne riait pas, on souriait poliment toute la sainte journée, et on ne faisait strictement rien d'autre. Lui, préférait de loin le comportement plus désinvolte que les plus jeunes adoptaient tout naturellement. Compter les portes du château n'était qu'un exemple parmi tant d'autres, noyé dans la masse de toutes ses idées stupides dont l'inanité n'avait d'égal que l'incongruité. Au moins, on ne pouvait dire qu'en sa compagnie, on s'ennuyait. Il trouvait quelque chose à faire, et n'en démordait pas. Que cela soit vraiment utile ou non, ce n'était que secondaire. Après tout, avait-on déjà exigé de lui qu'il soit utile? ...A la réflexion, peut-être. Mais pas depuis longtemps! Comparé à ceux qui se prélassaient à longueur de temps, ce n'était pas plus mal. Entre dormir, se faire belle comme le faisaient ces demoiselles, parler de tout et rien, et courir dans les couloirs, il n'y avait pas grand écart au niveau de l'intérêt, pour ainsi dire. Les villageois, d'accord, il en convenait, avaient un travail important pour la société et se devaient de s'acquitter de leur tâche sans faute. Mais eux autres sang bleu, c'était une toute autre histoire. Ce n'était pas parce qu'il ne regardait pas les yeux de jolies et gracieuses jeunes filles que le royaume allait cesser de tourner rond. Alors, pas la peine de faire une maladie du moindre de ses petits manquements aux règles. Cela n'avait jamais tué personne, et il devait bien y avoir pire que lui quelque part en ce monde. Il doutait fort être la seule personne à ne pas avoir gagné en maturité depuis l'adolescence, c'était invraisemblable. Il lui suffisait d'ailleurs de poser les yeux sur sa jeune fiancée pour comprendre qu'il avait raison. Extérieurement, la blonde Mary-Morgann Aelith était une jeune femme au comportement exemplaire, jolie, quoiqu'ayant des paroles quelque peu incisives parfois. Mais lorsque le rouquin la regardait broder le mot 'stupide' sur un des chemisiers de sa petite sœur adorée, cela lui évoquait tout sauf une parfaite lady. Plutôt... Une dispute de cour de récréation? Dans un sens, elle pouvait se plaindre de lui tant qu'elle le voulait, elle n'était guère mieux.

Bon, d'accord, il était peut-être vaguement pire... Mais cela n'enlevait rien! Il n'aurait jamais dit à Mary, les yeux dans les yeux, qu'elle était une véritable gamine quand elle s'y mettait. Premièrement, elle lui aurait retourné le compliment. Et deuxièmement, il ne tenait ni à finir une nouvelle fois à demi étouffé avec sa cravate, ni à ce que le joli minois vexé de sa douce et tendre soit la dernière chose qu'il ai jamais l'occasion de voir... Or, être aveugle aurait signifié qu'il n'aurait plus été en mesure d'apprécier les formes -umh, pardon, la magnificence des visages- des splendides créatures qui passaient près de lui. Inacceptable. Ce n'aurait plus été une vie, si? Quoi qu'après un court instant de réflexion, cela lui aurait fait une excuse toute trouvée pour malencontreusement poser sers mains au mauvais endroit sans avoir un autographe imprimé en rouge sur sa joue. A se demander d'ailleurs pourquoi; elles mettaient de plongeants décolletés, ce n'était tout de même pas dans le but de passer inaperçues! Elles n'avaient qu'à se couvrir plus si elles tenaient à tout prix à ce que son regard ne s'attarde pas sur certains détails appréciables de leur anatomie. D'autant que cela avait le don d'énerver la demoiselle Aelith. Et donc de l'amuser follement, lui. La taquiner était une de ses occupation favorites. C'aurait été une énorme méprise que de penser qu'il ne l'aimait pas; bien au contraire. Et qu'elle clame le contraire si cela lui chantait, il savait pertinemment qu'il en allait de même pour elle. Ah, son charme naturel tout à fait irrésistible, combiné à son sourire ravageur, son physique, son humour hilarant, sa plastique de rêve, la bataille avait été injuste! Elle n'avait eu aucune chance de lui résister, se dit-il, plaisantant.

«Dans tes rêves. Et ne te fais pas de soucis, je lui sourirais quand je le lui offrirais. Je suis civilisée, je te prie. Enfin. J'espère tout de même que tu sais que quoi que tu fasse je lui donnerais ce chemisier, hm? Et pour te répondre, ses hurlements seront ma récompense, justement.»

Il ne s'offusqua pas d'avoir obtenu une réponse négative; à la vérité, ç'aurait été le contraire qui l'aurait déstabilisé. Il la connaissait bien et, par conséquent, pouvait s'imaginer ce qu'elle répondrait à telle ou telle parole. Pas dans l'exactitude, et il pouvait toujours se tromper; mais ses conjectures s'avéraient souvent être les bonnes. Et là, il était certain que si, comme s'il s'agissait de la plus ordinaire des choses, elle s'était levée et l'avait embrassé avant de repartir à son ouvrage, cela aurait eu le mérite de le surprendre. Pas dans le mauvais sens du terme, bien entendu, il ne fallait pas se méprendre; mais il se serait demandé si on n'avait pas remplacé sa fiancée par un sosie, qui lui en revanche, serait d'une gentillesse exemplaire. Sauf avec Anne-Alexia. Mais cela, plus le temps passait, et plus il lui semblait que le simple fait de se haïr et de se le montrer était inscrit jusque dans leur patrimoine génétique. Elles n'y pouvaient rien, ce n'était pas par choix; oui, voilà, ce n'était pas par choix. Ce devait être physique, ce genre de réaction. Comme si se sourire gentiment l'une à l'autre allait leur donner d'immondes crises d'urticaire... Quoique, cela aurait eu quelque chose de drôle que ce soit le cas. Ce serait à tester, un jour; enfin, s'il parvenait à ce qu'elles se fassent un beau sourire qui ne soit pas tellement couvert d'arrières pensées qu'il en deviendrait proprement insupportable, ce qui aurait déjà été un excellent début. Quant à ce qu'elle lui offre, qu'il tente de l'en dissuader ou non, cela ne l'empêchait pas d'essayer. Et de se donner la vague impression d'avoir fait quelque chosez pour éviter un sort bien funeste à ce pauvre monde... Elle venait d'achever le i, et semblait relativement satisfaite de son œuvre. A moins de la lui prendre avait qu'elle ne termine, ce qui aurait été s'exposer à un tout aussi grand danger que de la laisser finir, elle respecterais sa parole et irait le rendre à sa légitime propriétaire. Peu de solutions lui venaient à l'esprit et, de toute façon, même s'il avait sérieusement cherché, il n'(azurait probablement rien trouvé. L'idée de réellement s'énerver et dire, l'air sérieux, à Mary-Morgann de ne pas faire cela si elle tenait encore à lui parler pour les deux prochains mois, ne l'effleura pas même. Parce que si elle l'avait fait malgré son avertissement, il aurait été bien incapable de tenir son engagement... Et cela ne valait pas la peine de se mettre en colère. Tenter d'éviter la catastrophe, oui. Par tous les moyens, non.

«Qu'entends-tu donc par comptage, au juste?»

A ces mots, Vincent releva la tête. Ah, oui, les portes! Ces fameuses portes. A combien s'était-il arrêté...? Trente-deux? Dans ces eaux là, sans doute, mais il ne savait plus exactement. Plus qu'un seul choix: tout reprendre de zéro. Et peut-être... Peut-être que la jeune fille accepterait de momentanément -histoire de retarder l'échéance, 'fin du monde moins vingt minutes', s'il la laissait travailler en paix- laisser sa broderie et de l'aider? Bon, ce genre de jeux idiots, à première vue, n'était pas du goût de la demoiselle aux jolis yeux bleus. Mais c'était un tout autre son de cloche qui retentissait lorsqu'on la mettait au défi de quelque chose. Cela se tentait, non...? Une approche délicate, de petites insinuations sur sa capacité à compter... Une ou deux remarques sur l'état dans lequel seraient ses doigts si elle continuait alors qu'ils parlaient, cela pouvait fonctionner. Il n'était pas sûr, mais alors pas certain du tout, du succès de son ingénieuse idée. Il y avait de forts risques, que disait-il, d'énormes risques, qu'elle se contente de lui jeter un regard empli de pitié, tout en se demandant pourquoi diable lui avait-on donné une tête si ce n'était pas pour mettre un cerveau dedans. A cela lui-même aurait répondu qu'il illuminait les journées du monde entier, et qu'en plus de cela il était mortellement intelligent. Un grand sourire peint sur le visage, il lui répondit:

« Par 'comptage', j'entends compter, bien entendu! C'est l'évidence même. Mais comme je suis d'une magnanimité sans pareil, je vais te dire quoi. C'est un travail long et fastidieux, plus dur qu'une simple broderie, c'est moi qui te le dis. »

Bon, d'accord, il n'avait jamais brodé. Mais ils e souvenait que quand il voyait, petit, sa mère le faire, cela ne semblait pas si difficile que cela. Elle ne se piquait pas, pouvait le faire tout en parlant, et cela lui avait toujours parut d'une simplicité telle que cela impliquait obligatoirement que les problèmes de Mary à exécuter une telle tâche... Devaient venir du fait qu'elle était juste nulle pour cela. Du reste, ce n'était qu'une petite provocation de rien du tout, comme il en avait pris le plis depuis des années.

« ..Les portes. »

Puis pour terminer, ces deux mots, prononcés avec une solennité de loin exagérée, et une telle gravité conférée à des mots si triviaux et anodins donnait à la phrase un certain air comique. Il ne doutait pas du sentiment que cela risquait à coup sûr d'inspirer, mais venant de lui, plus rien n'était étonnant. Il aurait tout aussi bien pu répondre 'la moyenne de pétale sur chaque sorte de fleur du parc du château' que cela aurait été tout aussi plausible. Tout simplement parce que c'était lui. Et qu'il n'avait jamais été quelqu'un de particulièrement responsable dans sa vie. Douze ans, seize ans, vingt-trois ans; aucune différence.

[HS: Je hais mon post, pire que tout, mais bon, on peut pas toujours bien faire... Et puis, bon, ce sera mieux la prochaine fois...Mettons ça sur le compte de la fatigue.-___-']
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MessageSujet: Re: Revenge is a dish best served cold.{Libre.-__ù}   Sam 11 Sep - 20:06

{Moi j'aime pas mes postes sur le coup, mais quand je les relis pour répondre la fois d'après, je les adore. Va savoir.8D

C'est comme l'alcool, faut leur laisser prendre de l'âge!X'DDD}

Mary-Morgann aimait son fiancé, mais ça, c'était trop dur de l'admettre au principal intéresse. Il le savait, de toute façon-c'était plus qu'évident. La jeune femme était quelqu'un de terriblement fière, de butée, n'acceptant pas de se tromper sur un sujet quel qu'il soit. Si elle disait que ceci était comme cela, alors c'était la vérité et il n'y avait rien à redire là-dessus. C'était pour cela que dans un sens, elle préférait se consacrer à lire des livres, à apprendre des notions simples ou compliquées et jouer à des jeux de logique pure, comme les échecs par exemple. Tout cela, elle savait que si elle disait 'c'est ainsi et pas autrement', elle avait obligatoirement raison. Seulement voilà, il y avait dans la vie des choses subjectives. Voilà déjà un premier point qu'elle trouvait particulièrement embêtant, parce que cela impliquait que son avis n'était pas loi. Or qu'on puisse la contredire l'énervait réellement, elle détestait qu'on lui dise qu'elle avait tort. Si elle s'était écoutée, dans ce genre de cas, elle aurait tapé du pied par terre et aurait dit qu'elle avait raison, qu'elle avait toujours raison et que c'était l'autre qui avait tort. Alors oui, comme premier point à aborder dans la liste des choses qui l'énervaient, les choses subjectives. Si elle disait que cette robe était d'une laideur sans nom, elle s'attendait bien entendu à ce que ses amies disent de même, pas à ce qu'elles tentent de sauver l'honneur de la pauvre femme qui l'avait enfilée. Si malgré tout elles le faisaient, la jeune femme aux cheveux blonds les aurait regardé, aurait rit et leur aurait dit que décidément, elles avaient bien besoin de lunettes de vue. Très sérieusement, pour elle, ne pas être d'accord avec elle était un crime. Elle était très intelligente, et avait tendance à penser que les autres, à côté d'elle, avaient tous l'air un peu stupide. Beaucoup, même, à vrai dire. Mais s'il y avait une chose qui l'énervait encore plus que les choses subjectives, c'était les avis qui changeait. Dire d'abord oui, puis ensuite non. Dire jaune puis, quelques années plus tard, ne plus jurer que par le bleu. C'était déstabilisant et, la plupart du temps, on ne se rendait pas même compte que l'on changeait. Et bien, c'était exactement la raison pour laquelle Mary-Morgann ne pouvait se résoudre à enlacer Vincent en lui disant à quel point elle tenait à lui. Parce que durant un long moment, elle aurait pu répéter le contraire à longueur de journée, et en penser la moindre virgule. Je ne l'aime pas, je le déteste, je ne veux pas me marier avec lui, je veux qu'il disparaisse, il est stupide, je ne l'aime pas, je ne l'aime pas du tout. Combien de fois sa mère avait entendu cette litanie, répétée inlassablement, comme si elle avait espéré que ça changerait quoi que ce soit? Un nombre incalculable, très certainement. Et à présent, dix ans plus tard, elle pouvait dire sans se tromper qu'il était la personne à laquelle elle tenait le plus dans ce bas monde. Comment était-il passé du statut d'ennemi juré à celui-ci? Honnêtement, elle n'en avait pas la moindre idée. Leur relation avait dû évoluer avec le temps, et au fur et à mesure qu'elle avait appris à le connaître et qu'elle avait passé du temps avec lui elle avait inévitablement dû finir par s'attacher à lui, jusqu'à ce qu'elle se rende compte qu'elle était amoureuse de lui. Mon Dieu..., elle qui avant aurait voulu l'assommer avec une pelle et l'enterrer sous un massif de fleur n'aurait à présent plus pu envisager la vie sans lui. C'était ce qui s'appelait un changement radical, dans son vocabulaire. Seulement voilà. Pour dire au monde entier qu'elle aimait réellement le jeune homme aux cheveux roux, elle devait avouer s'être trompée sur lui et avoir changé d'avis. Or la jeune femme aux yeux bleus n'avait jamais tort, jamais, et elle ne changeait de fait pas d'avis. Ça ne pouvait pas lui arriver. Moralité, jamais elle ne pourrait se montrer gentille et attentionnée envers lui. De toute façon, est-ce que c'était seulement dans son caractère? Elle savait se montrer gentille quand elle le voulait, mais avait un mal fou à l'être pour autant. C'était une sorte de timidité étrange, certainement, contre laquelle elle ne pouvait rien faire. Elle ne tenait pas à se montrer gentille envers son fiancé ou qui que ce fut d'autre, c'était..., gênant. Voilà, certainement. Et de toute façon, toutes les personnes avec qui elle se montrait blessante, à défaut de savoir leur montrer correctement qu'elle les adorait, avaient depuis longtemps compris sa manière de fonctionner. Ils savaient tous pertinemment que les compliments qu'elle faisait étaient masqués mais bien présent, et que si parfois elle parlait avec une ironie claire transparaissant dans sa voix c'était simplement qu'elle ne savait pas comment le dire autrement. La jeune femme aux longs cheveux clairs avait besoin d'une porte de sortie constamment à portée de main, de peur de ne se retrouver dans une situation qu'elle n'aurait pas su gérer. Il fallait toujours qu'elle sache quoi faire, qu'elle ait une idée précise de là où elle se trouvait, qu'elle connaisse toutes les données pour se sentir parfaitement en sécurité. Et si parfois elle se montrait un tant soit peu douce ou sentimentale, elle s'en défendrait aussitôt. Il fallait s'habituer, certainement. Il y avait de quoi plaindre ses proches.

Mais d'un autre côté, se dit-elle en plantant l'aiguille dans le tissu avec maladresse, ses proches n'étaient pas mieux qu'elle. Ses amies, pour la plupart, avaient un caractère aussi facile que le sien, et son fiancé était un imbécile toujours en train de faire son intéressant ou d'essayer d'amuser la galerie..., même s'il n'était parfois pas drôle le moins du monde. Ah, elle était vraiment à plaindre. Quelle vie atroce elle menait, honnêtement! Cela étant, pour rien au monde elle n'aurait tenu à sortir de cette jolie cage dorée. Elle avait assez d'espace pour voler comme bon lui semblait, selon elle, et n'avait pas al moindre envie de sortir un jour ou l'autre. S'enfuir, aller vivre comme elle l'entendait, envoyer valser ses parents, ses amis, tout ce qui la retenait ici..., non. Ça lui avait effleuré l'esprit bien entendu, quand elle avait peut-être quinze ou seize ans. A l'époque elle savait qu'elle aurait été capable, après une énième dispute avec ses parents, d'aller prendre quelques affaires et d'aller réveiller Vincent en lui demandant s'il voulait partir avec elle. Oui, parce que quand même, elle n'allait pas partir sans lui proposer d'en faire autant-même si elle le détestait et ne pouvait pas le supporter. Et à vrai dire, même s'il avait dit non, elle aurait pu sortir et chercher quoi faire, à présent. Certainement que ses parents l'auraient faite rechercher-discrètement, il n'aurait pas fallu être l'objet d'un scandale, tout de même...-et qu'elle aurait fini par revenir, de toute façon. Elle s'était trop habituée à l'argent qui semblait inépuisable, à ces robes travaillées et toutes plus belles les unes que les autres, à ces servantes qui la coiffaient avec une habileté déconcertante chaque matin, à ce luxe omniprésent autour d'elle, à ce salon, à la salle à manger, à ces jeunes femmes avec qui elle médisait sur le dos des autres, à tout ce qui faisait, finalement, que sa vie était ce qu'elle était présentement. D'ailleurs, pourrir la vie de la cadette de son adorable fiancé en faisait parti, se dit-elle en manquant à nouveau de se piquer le doigt en brodant le d. C'était plus dure à faire, un d, elle sentait qu'elle allait s'énerver sous peu. Enfin, bref. Tout cela pour dire que quoi qu'il arrive, elle aimait sa vie. Enfin ça, il était certain qu'elle ne l'aurait pas dit non plus. Elle n'avait aucune raison d'être heureuse et comblée, ça allait de soi, et elle trouverait toujours des détails sur lesquels se plaindre, ou des choses sur lequel faire preuve d'une mauvaise foi totale. Par exemple, elle pouvait se plaindre du comportement complètement immature de son fiancé, tout en passant sous silence le fait qu'il arrivait qu'elle soit aussi idiote que lui sur certains points. Au moins, elle, elle faisait ses gamineries avec un peu plus de discrétion et de..., comment dire, de tenue. Voilà, de tenue. Si le jeune homme aux yeux bleus se taisait et souriait avec moins de conviction cela étant, il aurait presque pu passer pour quelqu'un de convenable.

Presque.

« Par 'comptage', j'entends compter, bien entendu! C'est l'évidence même. Mais comme je suis d'une magnanimité sans pareil, je vais te dire quoi. C'est un travail long et fastidieux, plus dur qu'une simple broderie, c'est moi qui te le dis. »

Oh, bien entendu, c'était l'évidence même. Il devait bien se douter qu'elle ne parlait pas du mot en lui-même mais plutôt de ce l'objet de son 'comptage', comme il le disait si bien, mais qu'importe. Il parlait de travail long et fastidieux, elle s'imaginait donc quelque chose de simple et de puéril. Il devait encore exagérer et se donner des airs de personne sage et extrêmement intelligente en usant et abusant d'hyperboles, muais ça ne marchait pas avec elle, non non. Elle savait bien qu'il était incapable de compter quelque chose d'utile-et dans la mesure où compter en soi-même n'avait vraiment rien d'utile, elle ne pensait pas pouvoir se tromper. Quand il dit 'plus dur qu'une simple broderie', la seule chose que la jeune femme trouva à faire fut de se piquer le doigt. Elle grimaça et saisit son mouchoir, maudissant mentalement son fiancé, Anne-Alexia, sa mère, son père, les aiguilles, le château, le Prince et toutes les personnes qui portaient un nom de ce côté du pays, de l'autre et même par delà les frontières. Ça faisait mal. C'était désagréable, et elle risquait de se salir. Et bien, qu'importe. Pour cacher les piqures, elle porterait des gants les prochains jours, voilà tout. Elle avait justement de tout petits gants très charmants qui iraient parfaitement avec la tenue qu'elle envisageait de porter le lendemain. Elle lança un regard exaspéré à son fiancé, s'apprêtant à lui dire qu'elle s'était piquée à cause de lui, qu'il n'avait qu'à essayer de broder si ça l'amusait, quand il finit sa phrase. Et là, silence oblige.

« ..Les portes. »

…, silence oblige, oui. Il aurait pu lui dire qu'il était enceinte avec le même ton, ce serait passé tout seul. Elle posa ses yeux sur son visage, le chemisier posé sur ses genoux, et lui lança un regard qui, à lui tout seul, résumait mieux sa pensée que n'importe quel mot qui pourrait sortir de sa bouche par la suite. Les portes. Il comptait les portes. Ahun. Il était vrai que dit sur ce ton, terriblement solennel, on aurait presque pu croire qu'il plaisantait vraiment. Malheureusement, le tempos qui lui avait appris que c'était exactement le genre de choses qu'il avait réellement pu être en train de faire avant de ne poser les pieds dans ce salon. Elle l'imaginait même avec une clarté déconcertante en train de poser ses yeux bleus sur une porte, puis sur une autre, puis sur une autre, tout en tentant de garder le fil des chiffres. Elle n'était pas sûre d'avoir envie de savoir pourquoi diable en se levant, ce matin là, il avait eu la brillante idée d'aller..., et bien, compter les portes. Il y en avait tellement, de plus, que l'entreprise était complètement inutile et puérile. Vincent, Vincent..., il ne changerait décidément jamais. Elle devait être la seule femme de ce château à pouvoir dire fièrement que son fiancé avait décidé de recenser la moindre porte de la gigantesque bâtisse. Qu'est-ce qu'elle était contente...


«Les portes, répéta-t-elle en posant son index et son majeur sur sa tempe, son coude appuyé sur l'accoudoir. Tu comptais les portes? Donc tu t'es levé ce matin, tu t'es préparé, et tu t'es dit que ce serait une grande idée que de compter le nombre de portes qu'il y avait dans ce château?»

Elle poussa un léger soupir, se demandant-une fois de plus-comment de telles idées pouvaient faire leur chemin jusqu'au cerveau-atrophié-de son futur époux. Comme quoi, même après dix ans, elle n'avait pas tout entendu.

La jeune femme retira le mouchoir de sa main, se redressant correctement sur son fauteuil. Une goutte écarlate perla de nouveau sur sa peau claire, et elle reposa son index blessé contre le tissu, qu'elle tint dans son autre main. Est-ce qu'elle était autorisée à le piquer avec son aiguille pour lui montrer à quel point c'était douloureux ou non? Hm...

«Et bien figure toi, très cher, que broder est bien plus compliqué. Toi, tu ne risques pas de te piquer, que je sache. D'ailleurs, je suis à peu près certaine que tu n'as pas dû aller bien loin. C'est encore trop intellectuel pour toi, ça, compter.»
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MessageSujet: Re: Revenge is a dish best served cold.{Libre.-__ù}   Mer 22 Sep - 17:21

[HS: Ca dépend lesquels, moi. Mais bon. Ah, n'empêche, s'il y a bien une chose que j'aime en ce bas monde, c'est bien le MaryXVincent...XD]

Décidément, Vincent se disait bien souvent qu'il devait être une personne particulièrement magnanime. Qu'il était absolument génial, que rien ni personne n'était en mesure de le battre, que la plus belle création de ce Dieu qu'était le sien n'était autre que lui et que, vraiment, le monde n'aurait définitivement pas été ce qu'il était présentement s'il n'avait pas compter sur son inestimable présence. Il allait de soit que certains soutiennent le contraire; enfin, ce n'était pas non plus lui le fautif si ces gens n'avaient de toute évidence pas été munis d'yeux pour voir à la naissance. Mais tout cela, il le disait avec un sourire qui aurait démentit toute rémanence de sérieux dans ces paroles. Il plaisantait et ne le cachait pas. C'était une petite comédie, un discours digne d'une pièce de théâtre, argumentée de gestes exagérés et d'intonations relevant presque du spectacle comique. Le jeune homme ne se qualifiait donc pas exactement comme étant quelqu'un d'extrêmement prétentieux et imbu de sa propre personne, de loin s'en fallait. Ceux proférant de tels mots et en pensant jusqu'à la dernière virgule, persuadés de leur suffisance et passant leur temps à rabaisser les autres, en le leur disant ou pas d'ailleurs, l'étaient indubitablement. Mais pas lui, n'était-il pas? Certes, il ne se trouvait ni véritablement stupide, pas plus que laid ou méchant. Mais ce n'était pas pour autant qu'il se pensait être l'allégorie de ce concept d'un flou étonnant et difficilement égalable qu'était la perfection. Il lui était arrivé de croiser des gens se pensant mieux que le reste de leur entourage, ne prenant pas même ne fut-ce que la peine de se remettre en question et de s'intéresser à l'autre, un tant soit peu, avant de ne porter sur lui le jugement le plus négatif du monde, en ne se basant que sur sa propre arrogance. Et honnêtement, il trouvait cela tout bonnement insupportable. On ne pouvait décemment être présomptueux au point de ne pas regarder ce que les autres avaient à offrir, et les déclarer 'impropre à sa consommation' pour ainsi dire, ou encore 'profondément inférieur à ce que moi je pourrais faire', voir tout simplement inutile. Il ne niait pas qu'un serviteur avait mille fois moins de choses intéressantes à narrer, mais ce n'était absolument pas une raison suffisante pour regarder son monde de haut. Il fallait avouer que dans certains cas, c'était une entreprise plus difficile qu'il aurait pu sembler; lorsque l'on était effectivement supérieur à son interlocuteur, on avait du mal à ne pas avoir l'ait arrogant. D'accord, il n'en disconvenait guère. S'abaisser aurait pu être pris comme une insulte, aussi n'était-ce pas la solution idéale. Pas plus que de proférer de pieux mensonges. D'ailleurs, comment une fable inventée de toute part pouvait-elle considérée comme pieuse? Enfin, les oxymores de leur langue montrait bien l'incohérence et les contradictions dont étaient pétris leurs esprits. Et le pire, dans toute cette histoire, c'était bien que ces personnes ne se rendaient la plupart du temps pas même compte de ce que leur morgue toute acquise leur faisait manquer. Des gens incroyables sillonnaient les routes du royaumes; et des personnes tout aussi exceptionnelles arpentaient les corridors du château. Quel malheur ç'aurait été que de ne pas leur adresser la parole! Vraiment, quelle perte! Il y avait fort à parier que si tel n'avait pas été son mode de penser, lui et sa jolie fiancée ne s'entendraient pas si bien à cet instant précis. Il ne signifiait pas par là que tout leur amour ne reposait que sur son ô si belle et importante ouverture d'esprit, mais il avouait en revanche prétendre tenter de pallier au manque cruel de tolérance de Mary-Morgann. Là encore, il ne s'agissait pas d'une quelque critique... Ou si, bien entendu, mais il aimait autant ses qualités que ses défauts... Avec peut-être une vague préférence pour les qualités, d'accord. Mais tout de même. Quoique, songea-t-il, trouver la blonde aux longs cheveux en pleine conversation, très impliquée, avec quelque servante tout juste rencontrée ou, pire, une personne vaguement croisée en ville à peine une poignée de minutes plus tôt, aurait eu son côté amusant. Étonnant, certes, mais amusant, dans la mesure où cela ne collait pas avec son caractère. A moins qu'elle lui aie farouchement masqué des traits de sa personnalité dix ans durant, et qu'elle ne se décide à tomber le masque, mais c'était trop invraisemblable pour être réellement envisageable. Même si une fois de plus, l'incongruité de la situation aurait porté à sourire. Ou rire à gorge déployée, plus exactement, mais ce n'était qu'un léger détail dépourvu de la moindre espèce d'importance.

Le jeune Henrin-Klemens ne disait pas que Mary faisait partie intégrante de ces pestes s'imaginant mieux que tous. Pas jusqu'à un certain point du moins. Là où lui aurait adressé la parole à un serviteur ou un soldat et engager une conversation animée et bon enfant, il doutait qu'elle aurait adressé plus que quelques ordres. Il était conciliant et désinvolte. Ce n'était pas le cas de tout le monde, simplement, ni plus ni moins. On en était capable, ou pas, et en avoir envie ou non, là était toute la question, là siégeait le problème. Chacun n'adoptait pas cet état d'esprit; on ne changeait pas les arrogants de ce bas monde. Il avait tout d'abord pensé que la demoiselle Aelith était ce type de personne, la toute première fois. Et un petit moment après également. Et il était pour une malheureuse fois heureux de s'être trompé dans les grandes lignes, d'avoir eu faux autant sur le fond que la forme. Elle était fière, du genre à se mettre au dessus de vous, certes oui. Mais c'était... Différent? De la même manière qu'on aurait pu le qualifier d'idiot alors qu'il ne l'était pas tant. Ce n'était pas une histoire de masque et de façade non plus. C'était juste différent. Et il aurait pu en remercier Dieu chaque jour, si ce dernier lui avait confié des journées moins chargées. Parce que, mine de rien, compter les portes, c'était quelque chose. Peut-être que l'idée lui était inconsciemment venue en rêve? Son inspiration devait être divine, oui. Une mission divine. Divin, comme le reste de sa personne, tient... Il faillit rire, mais se retint à temps. N'aurait-il pas semblé étrange, à ainsi rire tout seul, sans raison connue? Hm, ceci dit en passant, il n'y aurait que sa charmante fiancée pour le voir. Et ce ne devait pas être cela qui risquait de l'étonner, au bout de tout ce temps... La pauvre, elle devait être complètement désabusée à son sujet. Her. Si elle était au courant qu'il possédait, contre toute attente, bel et bien un cerveau, elle devait tout aussi bien savoir qu'il ne s'en servait quasiment jamais correctement, pour des causes sérieuses. Et que les conclusions sur lesquelles il débouchait étaient, eh bien... Tout aussi intelligentes que les réflexions qui les précédaient. Et à l'image des réactions qui, obligatoirement, suivaient. Un long rire solitaire n'aurait pas été si terrible, sachant cela.

Le regard qu'elle lui jeta après sa si sérieuse déclaration valait autant que mille mots, avait le mérite d'être tout aussi clair et explicite quand au sentiment profond que lui inspirait la chose. Compter les portes, il entendait. Vincent ne s'était pas attendu à autre chose de sa part toutefois, et ne fut en rien surpris. Si elle s'était exclamée et enthousiasmée sur un sujet qu'elle aurait du trouver au summum du pathétique, point culminant de l'inutilité, futile par delà l'imaginable, et lui aurait valu la couronne du roi des occupations présentant le moins d'intérêt pour le reste de l'humanité, ç'aurait été un brin inquiétant, il le reconnaissait sans peine. De même si elle s'était emportée et lui avait lancé des injures au visage, lui hurlant de se tenir tranquille, qu'il fallait que l'adulte de vingt-trois ans qu'il était cesse de se comporter en enfant de six ans et demi maximum. Elle avait de temps à autres des réactions qu'il jugeait disproportionnées, mais pas à ce point. Et heureusement. Sinon, comment lui aurait-il annoncé qu'il comptait recenser tous les porcs de la régions, ou établir un registre au magnifique intitulé, comme pourquoi pas
'les plus belles filles de ce château et attention-ma-fiancée-ne-sera-pas-dedans-parce-que-je-veux-l'embêter'? Tiens, ce n'était pas idiot, comme projet. Il devrait y songer plus avant, un de ces jours, s'il s'ennuyait outre mesure...

«Les portes. Tu comptais les portes? Donc tu t'es levé ce matin, tu t'es préparé, et tu t'es dit que ce serait une grande idée que de compter le nombre de portes qu'il y avait dans ce château?»

Il lui adressa pour toute réponse un grand sourire d'imbécile heureux, confirmant son hypothèse. Qui ne dit mot consent, n'était-il pas? Elle avait raison sur toute la ligne... Sûrement. Il devait reconnaître que le pourquoi du comment de son comptage lui avait quelque peu échappé, comme à chaque fois que son esprit et son intelligence partaient, loin de lui, chercher de quoi s'alimenter et revenaient avec une idée étrange. Il aurait tout aussi bien pu s'être mis en tête de compter les horloges, les tableaux, les fenêtres, les représentations en tout genre où pouvait figurer un petit personnage à bonnet bleu ou vert, le nombre moyen de dentelle sur le décolleté d'une jeune fille, ou même le nombre de dalle moyen par couloir. Ou les lampes, les lustres, les cristaux sur les lustres et plus encore. Rien n'était trop colossal pour lui lorsque l'ennui et la morosité menaçaient de placer la journée sous leur joug dès le petit matin. Le hobby de sa future épouse était de faire des misères à sa future belle-sœur. Ses occupations à lui étaient juste quelque peu plus innocentes. Y avait-il un mal à cela? Il était sans doute le premier à y avoir songé. Il était par conséquent un génie. Mary-Morgann pourrait se vanter d'être bientôt la femme du seul homme à détenir des informations secrètes sur le palais du Prince Della'Morte. Pas mal, non?
Il posa son regard bleu sur les mains de la jeune demoiselle en question, et fit une légère grimace en constatant qu'elle s'était encore piquée. La femme parfaite devait être capable de broder sans se vider de son sang sur ledit atelier. Mais ce genre d'occupation n'étaient pas de celles que la blonde aux yeux bleus affectionnait le plus; qu'elle n'aie pas d'incomparable talent dans ce domaine ne constituait pas un défaut majeur. Juste un petit. D'autant qu'une personne parfaite tapait vite sur le système et devenait ennuyeuse aussitôt que l'on avait terminé de constater et faire l'inventaire de toutes ses qualités. C'était mignon de ne pas savoir faire quelque chose que certaines disaient si simples et que l'on enseignait depuis la petite enfance. Était-ce étrange de sa part de penser cela? Qu'importait, se dit-il. Ce n'était pas ce qui comptait. En tout cas, si elle avait pu faire des choses mignonnes sans se faire mal, ç'aurait tout de même été mieux. Beaucoup mieux. Enfin, ce n'était pas comme si elle risquait de mourir d'une hémorragie à cause d'une ou deux misérable piqûres... Ou trois, ou quatre... Et ce n'était pas fini. Il la plaignait, quelque part; ou plutôt, il l'aurait sans l'ombre d'un doute plainte si elle n'avait pas été en train de broder le mot 'stupide' sur un chemisier de sa douce petite sœur adorée... Et de signer l'arrêt de mort de leur audition à tous. Rien ne l'y obligeait; elle pouvait toujours arrêter, si elle mettait sa fierté de côté l'espace d'une brève petite seconde. Mais, de son avis, il pouvait toujours rêver. Et encore, pour cela, il aurait dû commencer par dormir... Et sacrément. Cela relevait de l'utopie pure et simple. Pour peu que le sort du monde eût été en jeu, qu'il n'aurait pas été certain qu'elle en fut capable...


«Et bien figure toi, très cher, que broder est bien plus compliqué. Toi, tu ne risques pas de te piquer, que je sache. D'ailleurs, je suis à peu près certaine que tu n'as pas dû aller bien loin. C'est encore trop intellectuel pour toi, ça, compter.»

Il fit une moue dubitative. Ne s'était jamais essayé à la broderie, il aurait eu quelques peine à juger. Mais il en était de même pour Mary, quoiqu'en sens inverse. Quant au fait qu'il ne soit pas allé loin..., c'était plus compliqué que cela. Il avait perdu le compte, de toute façon, et était bon pour tout reprendre depuis le début. Ce genre d'inconvénient était malheureusement une conséquence inévitable découlant de son incapacité totale à faire deux choses en même temps... Et à s'évertuer à essayer tout de même. Les conclusions étant pourtant chaque fois un peu plus désastreuses. Sa politique était de ne pas baisser les bras à la première difficulté, et ne pas rencontrer de probant succès du premier, deuxième ou centième coup n'était pas si grave. Le jour viendrait où il saurait lire trois livres en même temps sans en arriver à la conclusion étrange et farfelue que 'le soldat avait arrêté/le jeune cerf/ en regardant les étoiles'. Penser à tout à la fois était compliqué, mais retenir ses pensées et les empêcher de s'égarer relevait de l'impossible... Alors il s'adaptait. Tout bêtement.

« Tu dis que c'est simple, commença-t-il, provocateur, uniquement parce que tu n'as jamais essayé. Au final, tu as tellement peur de devoir t'incliner face à mon génie que tu ne veux pas admettre... Que tu n'en serais pas capable, toi. »

Il aurait volontiers retiré l'aiguille de la main de sa dame, histoire qu'elle ne se fasse pas plus mal qu'elle ne l'avait d'ores et déjà fait, s'il n'avait pas redouté qu'elle ne décidée de reprendre son ouvrage avec plus d'intérêt encore, ne fut-ce que pour lui prouver qu'elle pouvait le faire. C'aurait été son genre, tiens...

« Mais ne t'en fais donc pas, ce n'est pas parce que tu es incapable de compter des portes que je ne t'aime plus. »
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MessageSujet: Re: Revenge is a dish best served cold.{Libre.-__ù}   Mar 19 Oct - 18:55

{Moi j'aime aussi le Pépicanier...!X3

Et le Mary X Vincent. HER HER.XD}

A bien y réfléchir, Mary-Morgann aurait dû le savoir en se levant. Elle aurait dû deviner qu'en ne la trouvant pas près de lui, son fiancé se trouverait si perdu qu'il en ferait tout et n'importe quoi pour essayer d'occuper son cerveau malade. Voilà, elle s'était montrée gentille de ne pas le réveiller et au lieu de la remercier en lui prouvant, pour une malheureuse fois dans sa vie, qu'il savait se comporter en adulte, il n'avait rien trouvé de mieux à faire que de..., compter les portes. A vrai dire, cela avait de quoi la laisser perplexe. Il fallait croire que leurs modes de pensée étaient à des années lumières l'un de l'autre, car en vérité il ne lui serait jamais même venu à l'idée d'aller compter quoi que ce soit de ce genre. Elle n'y aurait tout simplement pas pensé. Elle se serait demandé quoi faire, comme il l'avait sans doute fait, mais n'aurait jamais pu parvenir à une telle conclusion. Alors de là à mettre en pratique, bien sûr, ce n'était même pas envisageable. Une telle imagination devait avoir de quoi forcer l'admiration, sans doute, mais cela lui donnait plutôt envie de pousser un long soupir. Il n'avait pas changé, vraiment, depuis qu'elle l'avait rencontré pour la première fois. C'était peut-être adorable en un sens, mais ça l'était bien moins quand venait dans la conversation la fatale précision. Ça faisait dix ans qu'il n'avait pas changé, tout de même. N'aurait-il pas dû devenir sage et raisonnable, avec le temps? Apparemment, non. Et ça n'avait pas l'air d'être dans ses projets pour les dix prochaines années non plus, de ce qu'elle avait pu en voir. Ce devait être dans ses gênes, elle ne savait pas trop. Toujours était-il qu'il lui était difficile de comprendre comment il pouvait parfois en arriver à penser des choses pareilles et à vouloir faire des choses aussi puériles et sans intérêt. Cela ne lui servait à rien, ça ne lui apporterait strictement rien si ce n'était de répéter fièrement à qui voudrait l'entendre qu'il y avait tant de portes dans ce beau et grand château, et qu'il était le seul homme assez stupide ici pour avoir songé à les compter. Bravo, elle était extrêmement fière de lui, pour sûr. Bon. Ce n'était pas plus sage et posé de broder des insultes sur les vêtements de la sœur de ce dernier, mais ça n'avait absolument rien à voir. Elle, c'était simplement pour faire une mauvaise action et être méchante envers elle, parce qu'elle la détestait. C'était une raison des plus rationnelle, il n'y avait rien d'étrange ou d'incompréhensible à cela. D'un autre côté, ce n'était pas comme si la jeune femme s'attendait à ce que son fiancé change du tout au tout en quelques jours, ça aurait été pour le moins effrayant, à vrai dire. Elle l'aimait tel qu'il était, et acceptait tout à fait ses excès d'idiotie ; cela ne voulait pas dire qu'elle les cautionnait et l'encourageait dans ce sens. Grand Dieu, il n'aurait plus manqué que cela! Qu'elle fasse comme lui et lui dise que c'était bien, qu'il devait continuer à faire l'imbécile jusqu'à ce qu'il ne puisse plus bouger et soit cloué dans son lit, vieux et ridé. Merci bien, ce n'était pas une option qui l'enchantait. Tant qu'il n'allait pas trop loin dans le ridicule et l'improbable, ce n'était guère plus que des lubies étranges qui le faisaient passer pour un jeune homme amusant et plein de vie aux yeux des autres, n'est-ce pas. Il n'aurait plus manqué qu'il ternisse sa réputation et ne l'entache en passant pour un original et un demeuré complet, et là elle aurait mis une barrière si immense à ses idioties qu'il aurait passé sa vie et essayer de la grimper sans jamais y arriver ou même en deviner le bout. Tout de même, il y avait des limites à tout dans la vie. Elle n'acceptait que difficilement qu'on lui en impose à elle, mais après y avoir réfléchi calmement elle pouvait, en général, admettre que c'était utile et que sans elles elle ne verrait pas que le moment de s'arrêter, de s'excuser ou de se taire était venu depuis un certain temps déjà. Sur le moment évidemment, elles l'énervaient plus que de mesure et elle ne supportait que mal de se faire réprimander, par qui que ce soit. La jeune femme fronça les sourcils, de nouveau concentrée sur son chef d'œuvre. Il n'était pas aisé de coudre, elle détestait cela ; et à vrai dire elle était tout simplement incapable de broder quoi que ce soit sans se piquer une quinzaine de fois au moins. Eh bien, ce n'était pas si grave que cela. La plupart des jeunes femmes savaient broder, elle pas ; mais la plupart des jeunes hommes savaient se tenir tranquille, Vincent pas. Les voici plus ou moins sur un pied d'égalité, une fois de plus. Parfois..., oui, honnêtement, parfois elle se demandait ce qu'ils faisaient ensemble. Ils n'avaient guère quoi que ce soit d'évident en commun, avaient des caractères qui pouvaient sembler tout à fait opposés et qui, par nature, s'affrontaient. Alors oui, comment pouvaient-ils s'entendre? C'était une question fort pertinente, en vérité. Mary-Morgann elle même n'en avait pas la moindre idée. Preuve en était que durant un long moment elle l'avait détesté et n'avait pas supporté de même le voir de loin : et ce n'était pas de la comédie, elle tenait à le préciser. Elle l'avait détesté, voilà tout. Et bien, elle aurait peut-être dû rester sur ses positions, maintenant qu'elle y réfléchissait. Ça lui aurait évité de devoir lui demander pourquoi diable avait-il décidé d'aller..., compter les portes.

La jeune femme leva les yeux au ciel devant le sourire béat de son conjoint, se demandant pourquoi il en avait l'air si fier. Compter les portes, comme elle l'avait dit, tenait plus du déficit mental que d'un coup de génie. Mais qu'importe, ce n'était pas ça qui le ferait changer d'avis. Quand il voulait faire quelque chose, en général, il le faisait, et ce qu'importe qu'elle trouve l'activité stupide ou pas. Et puis lui-même avait bien l'air d'être contre le fait qu'elle agrémente le chemisier de sa sœur de vert, et pourtant elle ne l'écoutait pas le moins du monde et attendait sagement que le sang cesse de couler pour pouvoir poursuivre son œuvre. Ce qui était agaçant avec les extrémités, c'était que ça saignait à outrance. Pour une si petite piqûre, une goutte de sang aurait suffit! Mais une perle écarlate pointait le bout de son nez à chaque fois qu'elle avait le malheur de cesser de presser le mouchoir contre son index. Quel malheur, franchement. Elle ne voyait pas ce que ces femmes pouvaient trouver de passionnant à cette activité, stupide et ennuyeuse au possible. Elle ne comprenait pas plus comment elles pouvaient bien tenir une aiguille sans martyriser ses doigts sans arrêt non plus, mais cela n'importait que peu-ou tout du moins n'avait-elle aucune envie d'aller le leur demander, disons. Heureusement pour elle, compter les portes, les fenêtres ou peu importe ce qu'il aurait bien pu imaginer d'autre, n'avait rien de dangereux. Malheureusement pour lui, broder une insulte en vert pomme sur un des merveilleux habits de sa merveilleuse petite sœur, ça l'était. Ils ne jouaient pas dans la même coure, il fallait croire : de son côté elle jouait avec le feu, et lui il s'amusait à faire des remous dans l'eau. Pas comme si elle risquait autre chose que de se faire rendre sourde par un hurlement disgracieux, mais tout de même. Sait-on jamais, peut-être déciderait-elle pour se venger de faire quelque chose qui ne lui plairait pas le moins du monde ; le contraire aurait même été assez étonnant, dans les faits. Et pourtant? Elle continuait. Mary sourit, satisfaite, en constatant que son doigt avait cessé de saigner et que le léger picotement qu'elle ressentait n'avait rien de terriblement désagréable. La jeune femme aux longs cheveux blonds décida donc de reprendre sa broderie, prenant bien garde à ne pas enfoncer l'aiguille dans son doigt, cette fois. Ce serait bien la mort, qu'elle ne parvienne pas à tenir plus de quelques secondes avec cette fichue..., chose dans les mains sans se piquer. Allons, tout de même.

« Tu dis que c'est simple, uniquement parce que tu n'as jamais essayé. Au final, tu as tellement peur de devoir t'incliner face à mon génie que tu ne veux pas admettre... Que tu n'en serais pas capable, toi. »

Mary ne put s'empêcher de faire un mouvement légèrement trop brusque en entendant cela, piquée, comme qui dirait, dans son amour propre. Et se planta l'aiguille dans le doigt. Bien, c'était officiel, elle était maudite, détestait la couture, allait tout simplement se lever, aller chercher cette peste et lui planter l'aiguille dans le bras. Voilà qui serait bien plus simple et plus sage, franchement. Elle se retourna vers le jeune homme aux cheveux roux qui se tenait près d'elle, le foudroyant littéralement du regard. Franchement, il y avait des fois où elle aurait aimé qu'un regard puisse tuer. Si ç'avait été le cas, son fiancé serait mort depuis très longtemps, et ce genre de déconvenues ne serait jamais arrivées, ce qui aurait été des plus appréciables. Qu'entendait-il par là, d'ailleurs? se demanda la jeune Noble en enroulant le mouchoir autour de son doigt, excédée. Qu'elle n'était pas capable de compter des portes? Ah! Elle était bonne, celle là, vraiment. Très drôle. Il savait très bien qu'elle ne comptait pas les portes parce qu'elle n'était pas stupide et infantile, et il devait bien savoir que n'importe quel imbécile était capable de compter. Donc compter des portes, ça n'avait rien de plus compliqué que cela. Elle en était bien entendu capable, puisqu'elle était plus intelligente que la moyenne. Cela allait de soit. C'était lui qui en était incapable, étant le parfait idiot qu'il était la plupart du temps! Il n'avait certainement pas été au bout de son 'comptage' lui-même, alors de quel droit venait-il lui dire qu'elle était trop stupide et incompétente pour faire ce genre de futilités profondément inutiles et simples? Quel..., ah! Elle n'était pas stupide, voilà tout.

« Mais ne t'en fais donc pas, ce n'est pas parce que tu es incapable de compter des portes que je ne t'aime plus. »

Bien. Mary esquissa un grand sourire à Vincent, bien décidée la prochaine fois qu'elle reprendrait cette aiguille entre ses doigts qu'elle ne se laisserait plus distraire par quoi que ce soit et qu'elle finirait d'écrire ce qu'elle voulait écrire sur ce chemisier. Elle n'allait tout de même pas laisser le travail à moitié fait, ce n'était pas son genre. Elle finirait. Quand elle le pourrait, bien entendu. Quand elle aurait poussé son fiancé par la fenêtre, peut-être? Quelle brillante idée.

«Vincent, répondit-elle calmement, bien que l'on pouvait sentir une 'pointe' d'agacement dans sa voix. Je n'ai jamais peur, sache le. Alors avoir peur de m'incliner face à ton génie, vraiment pas. Je sais déjà par expérience qu'il n'existe pas, malheureusement.»

Ou presque jamais peur. Presque, voilà. Mais ce n'était nullement utile de le préciser, après tout. Et dire que quand elle était entrée dans ce joli Salon pour une fois extrêmement calme-c'était sûrement dû à l'heure, tiens-elle avait pensé avoir un peu de tranquillité..., il fallait croire que c'était impossible. Comme s'il n'existait pas un seul lieu dans ce pourtant immense château où elle pourrait ésperer ne pas être dérangée par qui que ce soit. Elle aurait bien été dans ses appartements mais, hélas, c'était loin d'être un lieu où personne ne rentrerait sans son accord. Elle ferait avec ; pas qu'elle ait réellement le choix, après tout.

«Quant-à tes maudites portes, ajouta-t-elle en faisant un vague geste de sa main libre, je suis parfaitement capable de les compter, comme n'importe quel imbécile qui songerait à faire une telle chose. N'importe qui peut compter. Mais je ne suis pas assez..., idiote pour aller faire une telle chose de mon propre chef, contrairement à toi. Hm.»
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MessageSujet: Re: Revenge is a dish best served cold.{Libre.-__ù}   Dim 7 Nov - 13:24

[HS: Ouais, je suis d'accord, c'est cute.XD
J'ai faillit perdre mon post quand word à buggé, je te dis pas la trouille...XD]


Il ne cesserait pas de l'importuner de si tôt, s'était un jour dit Vincent en pensant à sa chère et tendre. Et personne n'aurait pu l'en blâmer; premièrement, et assez simplement, parce que personne ne pouvait lire les songes des autres, ou tout du moins, pas de ce côté de la frontière. Les capacités des Esprits, du reste, avaient toujours constitué pour lui l'un des plus obscurs mystères qui fut, alors de là à dire si ce faire figurait ou non dans leurs attributions, et n'ayant malheureusement pas de spécimen à questionner sous la main, il n'en savait rien du tout. Mais enfin, bref, aucun Humain, pas plus qu'un elfe, n'en était capable, cela lui faisait au moins une certitude. Ses envies et autres choses du même acabit resteraient donc enfermées dans le secret de son cerveau jusqu'à ce qu'il décide d'en faire part au reste du monde. Et deuxièmement, parce que ce n'était pas une mauvaise idée en soit; et puis, il fallait bien reconnaître qu'il n'était pas le principal fautif de l'histoire. Si Mary-Morgann s'était contentée de continuer à l'ignorer, comme elle avait prouvé si bien savoir le faire dès le premier regard, alors il se serait rapidement tu. Si elle lui avait jeté un regard apitoyé et était repartie à diverses occupations sans plus s'occuper de lui,; il aurait quelque peu insisté, mais terminé par en arriver à la conclusion que le mieux pour lui serait de se chercher une nouvelle victime à harceler avec de blagues qui n'en étaient que pour lui, et la poignée de rares élus capables de le comprendre. Elle aurait acheté sa tranquillité; mais voilà, il savait qu'en continuant à faire du bruit à côté d'elle, elle tournerait la tête. Il savait qu'à trop la taquiner elle faisait mine d'être mortellement vexée, et lui renvoyait ses sarcasmes comme un miroir vous renvoyait votre propre image. Connaissait par cœur l'expression que son visage prenait dans ces moments là et, force était pour lui de l'avouer, il appréciait assez qu'elle l'arbore. Il s'en amusait, point final, et il n'y avait guère une once de mesquinerie dans son comportement, évoquant plus celui d'un enfant turbulent que d'une peste cherchant à faire mal à tous ses interlocuteurs, connus ou pas. Dans la vie, ne fallait-il pas savoir se distraire? Eh bien, c'était exactement ce qu'il faisait. Ces dames prenaient le thé entre elles en grandes pompes, avec de petits rires de gorge méprisants, quand lui courait partout en quête d'une toute nouvelle plaisanterie à raconter à ses amis ou sa famille. Et surtout à sa blonde fiancée. Car en effet, il trouvait qu'elle manquait cruellement de sens de l'humour. C'était terrible, de ne pas rire à ses blagues pourtant désopilantes à un point inimaginable! Lui en tout cas s'en serait trouvé fort attristé, pour sûr. Une personne aussi drôle que lui se devait d'arracher au moins un sourire à ses auditeurs! Il savait, en outre, parfaitement que ce n'était pas au goût de tout le monde, et s'en accommodait relativement bien. Sachant qu'il était presque impossible de faire l'unanimité tout en restant fidèle à soi-même, il avait renoncé à cette alléchante perspective il y avait bien longtemps de cela, refusant catégoriquement de vendre son âme au Diable et de tremper son esprit dans le plus épais des mensonges dans le but avoué de se faire adorer des demoiselles de la cour. Qu'il leur plaise ou non, il était Vincent Henrin-Klemens, et comptait le rester pour encore des dizaines et des dizaines d'années! Mais tout de même, il ne disconvenait pas du fait qu'il aurait beaucoup aimé que son humour décapant amuse sa compagne. Il ne comprenait pas, par ailleurs, pourquoi elle tirait invariablement une mine atterrée à la suite de ces dernières... Ou pas. D'accord, il pouvait entrevoir un petit possible début d'une hypothétique réponse, mais il ne voulait pas le savoir. D'autant que, ce qui aurait été encore plus amusant, ce qui aurait été une meilleure récompense encore que la fierté de l'avoir faite rire, ç'aurait été de l'écouter. On aurait pu croire qu'il faisait, pour une fois dans sa misérable vie, preuve d'un magnifique romantisme, qu'entendre son rire suffisait à égayer sa journée et qu'il ne vivait que pour lui. Mais on se serait lourdement fourvoyé, pour sûr. Non, à vrai dire, il le trouvait juste vraiment spécial et, autant le préciser de suite, ce n'était une nouvelle fois pas le côté romantique de la phrase qui était à comprendre. Le sens propre se suffisait à lui-même, ici. La manière qu'elle avait de rire l'avait toujours follement amusé; cela ne collait pas du tout avec l'image élégante, fière, hautaine, et particulièrement méprisante qu'elle se donnait. Et pour être tout à fait honnête, cela plaisait beaucoup au rouquin. Se cacher derrière des artifices pouvait être bien pour un temps, mais il fallait bien laisser sa véritable personnalité ressortir de temps à autre pour ne pas l'étouffer. Même si, franchement, il n'aurait pas été totalement contre le principe d'être 'étouffé' par la splendide 'personnalité' de certaines demoiselles aux gracieuses courbes. Oh, et au joli minois, bien entendu; mais il fallait croire que ce n'était pas le détail qui l'avait le plus frappé. Il souriait toujours comme un imbécile heureux en y pensant, c'était plus fort que lui.

Et il tenait en outre à souligner que ce n'était pas de l'infidélité, mais une simple propension à apprécier les belles choses que ses yeux avaient l'immense chance de rencontrer. Et ça avait le mérite non négligeable d'énerver sa conjointe et, rien que pour cela, il n'aurait pas arrêté. Derechef, pour le plaisir de la taquiner et de la voir s'énerver, ni plus ni moins. Il savait où étaient situées les limites, les voyait en général plus que correctement et s'appliquait à ne pas les outrepasser. La visée qu'il avait n'était pas d'engendrer une véritable dispute, c'était évident. Celles-ci, entre eux deux, étaient rares mais explosives. La faute leur incombait alors à l'un comme à l'autre, et durait jusqu'à ce que l'un d'entre eux, plus responsable ou se sentant trop seul, aille présenter de plates excuses à l'autre. Jusqu'ici, en dix ans de vie commune, pour ainsi dire, elles s'étaient toujours soldées par une réconciliation. Sans quoi il n'aurait pas été ici, à lui parler du nombre de portes qu'il avait compté, et la harcelant pour qu'elle vienne avec lui, tentative désespérée de sauver les oreilles des habitants du château faute de sauver le chemisier de sa sœur. En d'autres termes, ils avaient passé le plus dur. Ils se connaissaient assez pour savoir ce qu'ils pouvaient et ne pouvaient pas faire.

Et taquiner Mary, cela n'outrepassait pas ses prérogatives le moins du monde. Raison de plus pour continuer, jusqu'à ce qu'elle n'en puisse vraiment plus et qu'elle s'énerve. Peut-être, songea-t-il un peu naïvement, qu'ainsi elle oublierait son ouvrage. Au pire, s'il échouait, il s'absenterait pour un moment... Il n'avait nul besoin ni d'ailleurs l'envie d'assister à l'une des sempiternelles disputes de Anne-Alexia et Mary-Morgann. Sans quoi il aurait été condamné à trancher en faveur de l'une ou de l'autre, et étrangement, cela ne le tentait pas plus que ça. Comme quoi, la fuite restait parfois notre meilleure option; il y avait, pour Vincent, une très nette différence entre pure lâcheté et instinct de survie.

«Vincent, lui dit-elle avec un grand sourire et un ton de voix plus qu'éloquent quant à ce qu'elle pensait de la situation. Je n'ai jamais peur, sache le. Alors avoir peur de m'incliner face à ton génie, vraiment pas. Je sais déjà par expérience qu'il n'existe pas, malheureusement.»

Jamais peur? S'il avait eu de quoi lui jouer un tour à base de petites bêtes à six ou huit pattes dans la minute, il l'aurait fait. Ou même à quatre pattes, du moment qu'elles avaient une apparence assez bizarre pour effrayer sa fiancée. C'aurait été très probant, comme 'peur de rien', une démonstration hilarante. Quel dommage qu'il n'aie pas d'insecte sous la main! Il rangea tout de même l'idée dans un coin de sa tête, pour le jour où il en trouverait un. Il lui rappellerait alors ses paroles en lui offrant ce petit cadeau, et nul doute qu'elle serait bien obligée de les retirer! A moins qu'il ne fasse semblant d'en voir un sur son épaule, sur son bras? Juste pour voir si elle marchait. Un hurlement strident de bon matin n'était toutefois pas indispensable à ses oreilles et, il en était certain, à celles des lève-tard du palais, aussi pensa-t-il que s'abstenir, pour l'instant, de le faire serait probablement préférable.

Contrairement à ce qu'elle croyait, son génie existait, et était bien présent. Il lui inspirait chacun de ses mouvements, si si. Il le retenait juste pour ne pas faire trop de jaloux et ne pas tous les rendre aveugles tant il brillerait par sa beauté et son intelligence. Ah, quelle magnanimité était la sienne! Vraiment, le monde aurait dû le remercier. Il était génial, oui. Une vie sans lui n'aurait pas dû être envisageable. Il haussa les épaules avec un grand sourire, lui aussi. Pour être exact, il ne s'en était pas départit depuis qu'il avait passé le seuil de cette pièce. Ce n'était pas un événement en soit, mais plutôt habituel. Et plus spécialement lorsqu'il était occupé à faire absolument tout et n'importe quoi. Comme compter les portes, tiens, par exemple. Voilà qui illustrait à merveille ces propos.

«Quant-à tes maudites portes, je suis parfaitement capable de les compter, comme n'importe quel imbécile qui songerait à faire une telle chose. N'importe qui peut compter. Mais je ne suis pas assez..., idiote pour aller faire une telle chose de mon propre chef, contrairement à toi. Hm.»

Son sourire s'agrandit quelque peu. Il savait qu'elle en était capable, mais la conforter dans sa suffisance n'était pas le but de la manœuvre. Lui, désirait juste l'importuner et la provoquer. Trouver les mots justes. Quant au fait qu'elle n'aurait pas eu cette fantastique idée seule, il n'en doutait pas un instant. C'était lui qui l'avait eue, après tout, et il fallait reconnaître que lui et sa future femme n'étaient pas si similaires que ça. A l'inverse, ils étaient très différents. Mais il continuait à penser que, s'il ne s'acharnait pas et ne faisait pas tout son possible pour aider le chemisier à l'agonie, il allait avoir mauvaise conscience. Pas qu'il pense pouvoir le sauver, mais faire en sorte qu'il disparaisse sans que personne ne retrouve jamais son corps mutilé, si. Voilà qui devait être dans ses cordes. Enfin, si la blonde face à lui acceptait de bien vouloir le lâcher le temps qu'il s'en débarrasse. Pas de corps, pas de meurtre, commenta-t-il mentalement. Ni vu ni connu, pas de preuve ni d'enquête. Et par conséquent, si l'on suivait ce raisonnement, pas de crise de nerfs du côté de sa charmante petite sœur, et pas de combat dans les couloirs. Il doutait fortement de ses chances de réussite, qui devait être très proches du zéro absolu, mais ça ne coûtait rien d'essayer. Du temps, il en avait à revendre. Et une fois sa mission menée à bien, le comptage reprendrait son cours normal. Si en plus de cela, il pouvait conduire Mary-Morgann à l'y aider, ce serait d'une pierre deux coups.

Très invraisemblable, très compliqué, mais ça se tentait. Il allait éviter une nouvelle guerre à ce château, quel héros il faisait... A la différence près que lui n'allait pas sacrifier sa vie; au pire, il filait en douce dans les jardins. Là où la dispute n'atteindrait théoriquement pas ses délicats tympans... Même si sa principale préoccupation était en vérité de ne pas être pris à témoin. Bref, rester à l'abri.

« Tu n'en es pas ca-pable, commença-t-il à chantonner. Et puis au moins moi, quand je compte les portes, je ne me détruis pas les doigts. Rends-toi à l'évidence... Enfin, c'est vrai que broder doit être un peu plus à ta portée que le comptage. Il faut réfléchir pour garder les nombre en tête. »

Et au pire, la ralentir au maximum ne serait pas plus mal non plus. Il jeta un nouveau coup d'œil au pauvre chemisier. Elles ne s'entendraient vraiment jamais, hein...? Quelle misère. A se demander comment il pouvait encore avoir de l'espoir, après tout ce temps sans le moindre changement notable. Peut-être qu'après le mariage, tout irai mieux. Ou quand Anne serait fiancée?

Hm, il était bien naïf, parfois.
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MessageSujet: Re: Revenge is a dish best served cold.{Libre.-__ù}   Jeu 9 Déc - 22:36

{Au lieu de 'J'ai été distraite' j'avais marqué 'J'ai été séduite'...XDDDD

Malheureusement pour toi, je l'ai remarqué avant.|D}


Ce que le sang pouvait être agaçant, uh...

Si sa mère l'avait vue, certainement qu'elle aurait rit. Ce qui lui aurait valu un long regard noir et meurtrier de la part de la jeune femme, pour sûr. Elle détestait qu'on se moque d'elle, détestait sa mère et détestait donc, par conséquent, que sa mère se moque d'elle. Elle ne lui en donnait tout simplement pas le droit. Être jugée par cette femme, non ; jamais. Ou jamais plus, en tout cas. Cette résolution ne l'empêcherait en rien de le faire cependant, Mary-Morgann en était consciente ; raison pour laquelle elle faisait en sorte de ne jamais lui en laisser l'occasion. Être la plus parfaite possible était ce à quoi aspirait la majorité des jeunes filles de Noble naissance, et bien évidemment elle en faisait parti. C'était autant une question de physique que de comportement, et cela demandait en général de grands efforts, apprendre que faire et que dire en toutes circonstances. Pour sa part, la jeune femme aux cheveux blonds avait eu de la chance à la naissance, mais seulement à moitié. Physiquement parlant, certes, elle n'avait pas de quoi se plaindre : elle était jolie, et savait choisir tenues et coiffures qui la mettrait à coup sûr en valeur. En revanche, pour ce qui était du caractère, c'était tout autre chose. Elle se souvenait qu'une fois, quand elle devait avoir aux alentours de quatorze ans, sa mère lui avait conseillé de se travestir : selon elle, sa manière d'agir et de se tenir l'auraient fait passer tout à fait inaperçue. Cette remarque l'avait franchement vexée, elle devait bien l'avouer-c'était peut-être ce jour là qu'elle avait cassé le vase posé sur la table basse, tiens...-et l'avait poussée à faire quelques efforts en ce sens. Il ne fallait pas croire : quand elle était plus jeune, Mary n'avait rien d'une hypocrite, bien au contraire. Elle aurait dit tout ce qu'elle pensait à qui aurait voulu l'entendre, aurait critiqué sans s'embarrasser d'être discrète, aurait giflé sans plus y réfléchir quiconque l'aurait blessée, si on ne lui avait pas apprit à agir autrement. Elle avait toujours été comme ça : franche, directe. Pas du genre à mâcher ses mots et à ménager son interlocuteur en passant par des formules détournées. Mais ce n'était pas ainsi qu'elle devait se comporter, alors elle avait changé. Elle avait appris au fil du temps, sans que cela se remarque vraiment, à se taire. A répondre ce qu'on voulait entendre d'elle. A sourire aux personnes qu'elle détestait. Et honnêtement? Toute cette comédie, sans arrêt, était réellement agaçante. Il fallait faire preuve d'une grande maitrise de soi pour réussir à dire le contraire de ce que l'on pensait tout en ayant l'air de le penser ; et sans vouloir se vanter, la jeune femme aux longs cheveux blonds pensait se débrouiller à la perfection dans ce domaine, à présent. Mentir était un exercice courant, et elle n'avait aucun mal à le faire quand cela s'avérait nécessaire. Malgré tout, ce n'était pas vraiment elle. Et ça ne le serait jamais vraiment. C'était pour cela, sans nul doute, que la présence de proches était salutaire : avec eux, elle ne se sentait pas encombrée de tout les codes de la Noblesse-ou tout du moins, pas autant. Elle restait élégante et distinguée par habitude, mais elle était intimement persuadée que ses parents se souvenaient de l'époque où elle était incapable-ou refusait?-de s'assoir correctement. Elle qui maintenant riait de celles qui ne s'habillaient pas avec suffisamment d'élégance, qui parlait dans le dos des autres et regardait le monde de haut, elle était pourtant partie sur des bases plus que précaires. Pour ce qui était de se moquer des autres, ça l'amusait, voilà tout. C'était dans la nature de chacun de rire d'autrui et de leur malheur, et elle ne faisait pas exception à la règle, loin de là ; seulement son fort caractère faisait que c'était bien plus marqué chez elle. Parce que pour sûr, elle avait de la personnalité, et pas qu'un peu. N'importe qui la connaissant suffisamment aurait pu en témoigner. Se laisser marcher sur les pieds, ce n'était pas son genre. Si vous le faisiez et qu'elle ne disait rien, c'était simplement parce qu'elle comptait vous le faire payer au centuple dans peu de temps. Jamais elle ne laisserait quoi que ce soit lui arriver sans se défendre et sans, si possible, faire payer l'affront à la personne qui en était responsable. Vous vous moquiez d'elle? Elle trouverait une rumeur sordide à discrètement répandre sur vous. Vous lui teniez tête? Elle vous humilierait. Vous critiquiez sa manière de s'habiller? Elle trouverait quelque chose à critiquer dans la votre. Oh, elle était persévérante et bornée. Si elle voulait quelque chose, elle finissait toujours par l'avoir.

Et elle adorait se venger. Ça aussi, c'était important à savoir quand on décidait, pour une raison ou une autre, de faire de la jeune femme son ennemie. Il suffisait de la voir massacrer ce pauvre chemisier avec du fil vert pour s'en rendre compte ; Anne-Alexia ne lui avait rien fait, ces derniers jours. C'était une vengeance pour quelque chose qui datait d'un peu plus longtemps, qu'elle s'était promis ce jour-là de lui faire payer. Que lui avait-elle fait? Aucune importance. En tout cas, elle avait décidé de ne pas laisser passer ça, et avait noté dans un coin de sa tête qu'elle devrait trouver quelque chose de convenable pour lui faire regretter son geste et tout les précédents sous peu. Et elle l'avait fait. C'était amusant, de se venger. Quelle horreur que de dire une chose pareille, n'est-il pas? Mais cela important peu à Mary-Morgann, dont les yeux bleus restaient posés avec détermination sur le mouchoir, toujours enroulé autour de son doigt meurtri. Il était incompréhensible, selon elle, que l'on puisse se laisser insulter, marcher sur les pieds ou rabaisser sans chercher à le faire payer à la personne qui en était à l'origine. Impensable. Honteux, presque. C'était signe d'une grande faiblesse et d'une soumission excessive ; or s'il y avait bien deux adjectifs qui eurent été de très mauvais goût pour décrire la demoiselle, c'eut été ces deux là. Soumise et faible. Jamais elle ne laisserait qui que ce soit s'en prendre à elle et s'en sortir impunément, assurément. Elle ferait regretter à tout ceux qui osaient s'en prendre à elle de même être venu au monde, elle le jurait. Elle n'était pas une cible facile, et ne le serait jamais : elle tenait à ce qu'on le sache. Ne tenait pas non plus à ce qu'on la prenne pour une jeune femme sans manière ni savoir-vivre, bien entendu. Il s'agissait donc de récupérer son honneur sans se faire voir, sans être violente, sans laisser de trace de son passage. Ce qui avait comme résultat des vengeances parfois particulièrement mesquines et cruelles, souvent excessive. Est-ce qu'elle regrettait, ressentait du remord? Rarement. Elle s'en moquait, ils n'avaient que ce qu'ils méritaient. Pour ce qui était d'Anne-Alexia, en revanche..., là, être délicate et discrète, aucune importance. Au diable ce genre de principes! La sœur de son fiancée savait pertinemment que si un quelconque délit, une offense était commise à son égard, cela venait d'elle. Elle aurait tout aussi bien pu signer, à ce stade. Quand elle cherchait quoi faire pour embêter la jeune fille aux cheveux roux, en général, elle régressait jusqu'au stade de petite fille. Ce n'était pas visible jusqu'à ce qu'elle applique ce qu'elle avait trouvé, fort heureusement, mais c'était bel et bien le cas : raison pour laquelle les 'punitions' qu'elle infligeait à sa très chère belle-sœur étaient toutes plus infantiles et cruelles les unes que les autres.


Broder une insulte sur un chemisier, c'était presque trop élaboré, en l'occurrence. Vincent n'avait vraiment pas de quoi se plaindre. Elle eut envie de lui faire ravaler ce sourire béat qu'il affichait depuis qu'il était arrivé, mais ne trouvant aucun moyen concret de parvenir à ses fins elle se contenta d'appuyer plus fort sur le tissu enroulé autour de son doigt, le fusillant du regard. Sans doute que si elle n'avait pas été aussi préoccupée par l'assassinat silencieux du jeune homme, elle aurait remarqué que son doigt ne saignait plus, et aurait reprit son aiguille.

« Tu n'en es pas ca-pable. Et puis au moins moi, quand je compte les portes, je ne me détruis pas les doigts. Rends-toi à l'évidence... Enfin, c'est vrai que broder doit être un peu plus à ta portée que le comptage. Il faut réfléchir pour garder les nombre en tête. »

Et heureusement qu'elle ne l'avait pas fait, car elle se serait sans doute piquée de nouveau. Ses sourcils se froncèrent et elle pinça ses lèvres, vexée. Pas capable? Comment ça, pas capable? Et puis était-il obligé de le dire sur ce ton si puéril et fier de lui? Pour un peu la jeune femme aurait croisé les bras et se serait exclamée que 'ce n'était pas juste' de la titiller quand il savait pertinemment qu'elle ne pouvait que réagir. C'était bien cela, le pire : elle était persuadée qu'il la cherchait de manière totalement volontaire. Il voulait l'énerver, l'agacer, la pousser à elle ne savait trop quoi. L'empêcher de terminer son chef-d'œuvre, en tout cas. Et puis non, ce n'était pas ça, le pire. Le pire, c'était de savoir avant même de n'avoir prononcé un mot qu'elle allait entrer dans son jeu, et ce quoi qu'elle dise. Parce que, tout simplement, elle ne pouvait pas s'empêcher de se sentir vexée. Ça aurait été bien pratique, tiens, se dit-elle en détournant le regard, l'air aussi hautaine qu'à l'accoutumée. Il y avait des moments, comme cela, où elle aurait aimé ne pas avoir elle-même des réactions si puériles quand elle était énervée. Mais rien à faire : on la provoquait, elle répondait. Et avait l'envie irrépressible de taper du pied sur le sol en s'exclamant toute sorte de choses plus ou moins inutiles et intelligibles. Et polies, bien entendu.

«Bien sûr que si, j'en suis capable! Répondit-elle brusquement, l'air toujours aussi pincé. Broder est plus difficile que compter, voilà tout. Je sais parfaitement réfléchir, alors garder des nombres en tête, tsk!»

Suite à ces paroles-pleines de sens, s'il en est-dites avec le plus grand calme qui soit, bien entendu, la jeune femme aux longs cheveux blonds reposa ses fins yeux clairs sur l'aiguille et le chemisier, posés sur ses genoux. Puis, comme venant de saisir le sens de ses paroles, elle se retourna vers lui.

«Et je ne me détruis pas les doigts. J'ai été distraite, voilà tout.»
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MessageSujet: Re: Revenge is a dish best served cold.{Libre.-__ù}   Ven 24 Déc - 17:42

[HS: t'aurais dû laisser, ça aurait été fun!XD
Hop, répondu. What a Face ]

Il aurait dû essayer de broder, un jour, se dit Vincent avec un certain amusement. Il en convenait, ce n'était pas une occupation qui semblait particulièrement intelligente ou ne fut-ce que distrayante, mais à voir l'acharnement avec lequel sa chère et tendre plantait l'aiguille dans le tissus -ou dans ses doigts, qui devaient être au moins aussi percés que le chemisier de sa petite sœur préférée- selon les contours des lettres qu'elle comptait imprimer de manière indélébile dans le dos d'Anne-Alexia, cette activité paraissait être l'accomplissement de toute une vie d'efforts et d'apprentissage... Il avait beau jeu de se moquer, évidemment, mais lui n'aurait pas mieux fait. D'ailleurs, comment faisait-on pour que le fil forme les motifs convenus, hm? Il se voyait mal lui dire 'fil, fais un E!' ou autres directives de cet acabit... Lui était avis que l'objet n'aurait pas obéi, une intuition, sans doute... Quoiqu'il aurait trouvé hilarant de voir ces jeunes filles ou ces grandes dames toutes de robes, de perles, de rubans et de dentelles, assises, plus raides que des balais, dans leur fauteuil, invectiver de la sorte le fil récalcitrant. Un sourire lui échappa à cette pensée profondément stupide et, il fallait le reconnaître, somme toute assez insolite. Pas plus qu'une autre, certes, mais suffisamment pour en étonner plus d'un, et en outrer plus d'une. Heureusement, les pensées de chacun restaient généralement enfouies dans le secret de leur esprit, ce qui valait mieux pour tout le monde. La blonde au caractère explosif qui lui faisait office de fiancée aurait eu quelques soucis, et de taille, si tel n'avait pas été le cas! Peut-être serait-elle passée inaperçue, au milieu de toutes ces langues de vipère d'amies? Et d'ennemies. Le trois quarts de la gente féminine, en réalité, avait tout l'air d'être très portée sur les commérages en tout genre. Il disait 'en tout genre', mais signifiait 'plus souvent mauvais, tout de même, parce que faire des compliments aux autres, c'est toujours moins drôle que des les accabler de tous les maux du monde, hein'. C'était peut-être dans les gênes, après tout. Enfin, toujours était-il, pour en revenir à son histoire de fil vivant brodant à la demande, elles auraient toutes eu l'air bien moins strictes, ce qui ne leur aurait pas fait de mal. Leurs cheveux parfaitement ramenés en arrière, en une coiffure parfaitement parfaite, sans une mèche dépassant ici ou là, ficelées dans leurs corsets parfaitement trop serrés, un maquillage parfois parfaitement trop présent cachant les défauts de leurs parfaits visages, et un sourire parfait, parfaitement faux de temps à autre, mais parfait tout de même, lançant un voile pudique sur leurs pensées prétendument parfaites, voilà qui faisait froid dans le dos. Oh, avait-il omis la parfaite éducation étouffant leurs personnalité parfaite? C'était vraiment effrayant. A côté, son histoire de fil n'était rien du tout! Même si, pour être tout à fait honnête, s'ils leur avaient poussés des yeux et un atroce petit visage, et qu'il avait fallu les couper et..., uh. Peut-être avait-il poussé la métaphore un peu trop loin pour qu'elle reste acceptable, tout compte fait. C'était même une certitude. Ceci dit, venant du jeune Henrin-Klemens, cela n'avait rien de très surprenant. Et de là à dire que c'était habituel, il n'y avait qu'un pas. Et pas un de géant, cela allait sans dire... Avec les années, il avait appris à se modérer un minimum, et à s'arrêter lorsque la situation l'imposait. Au moins en règle générale, mais chacun ses exceptions, pas vrai? Mary-Morgann, elle, ne savait clairement pas le faire par exemple, lorsqu'elle avait décidé de se venger. Ses tentatives désespérées ne mèneraient pas bien loin, et il acceptait de s'incliner, pour une fois, devant l'écrasante volonté de sa future femme. Mais on ne lui reprocherait pas de ne rien tenter, cela, jamais! Lorsqu'il s'ennuyait, il lui arrivait fréquemment de penser à tout et n'importe quoi. Parfois même quand il ne s'ennuyait pas, c'était dire. Une fois, il s'était demandé ce que cela lui aurait fait d'avoir pour promise une de ces femmes 'adorablement' squelettiques et ne sachant tenir une conversation qu'avec des répliques préparées à l'avance, se taisant ou affichant un sourire convenu dès que la réponse exigeait une petite touche de réflexion personnelle. Quelqu'un pour qui les usages feraient force de lois et de qui les convenances régiraient jusqu'aux pensées et opinions. Tiens, exactement le genre de filles desquelles il s'approchait, avec un grand sourire charmeur, avant de ne se faire brusquement rattraper par la jeune femme qui lui faisait présentement face. Il en arrivait immanquablement à la conclusion qu'il se serait ennuyé ferme. Un peu de rebondissements dans une existence ne faisait pas de mal, voyons! On avait qu'une seule vie, que diable, pourquoi la gaspiller en ne sachant que faire, ou en faisant quelque chose qui ne nous plaisait pas? Ce n'était pas pour rien qu'il comptait les portes au lieu de s'entrainer, par exemple, à l'épée. L'un comme l'autre ne lui aurait nullement servi plus tard, quoi qu'on en dise, il en restait intimement persuadé. La demoiselle Aelith n'aimait pas broder. Pourquoi? Parce qu'il fallait être sérieusement dérangé pour aimer se faire mal en se piquant.

Quel don de sa personne, c'était magnifique..., si seulement elle avait été en train de faire un joli napperon, tiens! C'aurait été plus correct sur tous les points. Il y aurait eu la motivation en moins cependant. De plus, Vincent était conscient que Mary-Morgann n'était justement pas de celles qui faisaient les choses juste parce que 'cela se faisait'. Ce n'était pas plus mal, même si sur le coup, il aurait préféré qu'elle soit prise d'un brusque sursaut de conscience, et se souvienne que faire ce que tout le monde faisait n'était pas obligatoirement une mauvaise idée. Il darda son regard bleu sur l'ouvrage de sa fiancée, déjà trop avancé pour que l'on puisse encore se demander ce qu'elle comptait écrire. C'était une misère, pas vrai? Il se demanda, un instant, ce que sa sœur lui avait encore fait pour mériter un tel sort, et si le verbe 'exister' fut celui qui lui vint en premier lieu, il se ravisa, quoique sachant que ce dernier propos n'était pas fondamentalement faux. C'était juste que cela faisait longtemps qu'elles n'avaient plus besoin d'excuses concrètes pour se mener la vie dure. Un haussement d'épaules, un regard noir, quelque geste évasif de la main, suffisaient à la compréhension. Mais quelque part, il étai sûr que, de la même manière que lui se demandait ce qu'aurait été sa vie avec une femme calme et fade, elles se demandaient ce qu'elles auraient fait si elles n'avaient pas été là pour se pourrir mutuellement leurs journées. Bon, elles ne l'auraient pas reconnu; peut-être même démenti à grand renforts d'exclamations offusquées, mais qu'importait. Il était sûr de lui.

Hm, ou presque.

«Bien sûr que si, j'en suis capable! Broder est plus difficile que compter, voilà tout. Je sais parfaitement réfléchir, alors garder des nombres en tête, tsk!»

Un sourire d'imbécile heureux éclaira le visage du rouquin. S'il n'avais pas été un jeune homme de vint-trois ans tout à fait responsable, il se serait mis à chantonner qu'il 'l'avait énervée, qu'il avait gagné', et autres rythmes stupides et redondants, qui avaient le don de taper sur le système de ceux à qui ils étaient destinés. L'expression de ses traits toutefois en disait au moins aussi long, et devait être tout aussi agaçante, de ce qu'on lui en avait dit tout du moins. Du reste, il savait pertinemment que la demoiselle était intelligente. Elle avait de la répartie, de la conversation, et de la logique. Il prenait pour preuve qu'elle était une sérieuse adversaire aux échecs, quand lui-même n'était pourtant pas dépourvu de talent à ce jeu. Mais la provoquer était tellement, tellement drôle qu'il ne pouvait se retenir de le faire! Vincent, quant à lui, répondait également aux provocations, à la différence près que lui n'était pas aussi fier que sa charmante conjointe. Son égo n'était pas si..., démesuré. Il s'en jouait, et réagissait en prenant lesdits piques à la légère, sans s'en formaliser plus que nécessaire. Ce qui avait généralement le mérite de les faire cesser en peu de temps, là où les réactions de Mary-Morgann n'invitaient qu'à continuer plus encore. Vincent haussa les épaules, sans se départir de son sourire pour autant. Elle pouvait bien dire ce qu'elle voulait, lui, ne croyait qu'en de solides preuves! Ou elle comptait avec lui, auquel cas il reconnaitrait s'être fourvoyé quant à ses capacités au 'comptage', soit elle refusait et il prenait cela pour une défaite totale. Hm, bon, ce n'était pas génial, mais mieux que rien. Dans un cas, il accomplissait sa bonne action de la journée, dans l'autre il aurait non seulement fait perdre son temps à sa bien-aimée, mais aussi énervé passablement cette dernière et ça, ça n'avait pas de prix. Pas pour lui, tout du moins, et il était bien heureux d'être le seul à le penser. Her, quelle chance il avait, au final! Il était certain d'être le seul et l'unique à pouvoir supporter le caractère bien affirmé de la jeune Aelith, personne ne risquait de la lui voler, eût-il supplié un tierce à genoux! Il sourit de sa propre bêtise, satisfait au possible de lui-même. Il faudrait qu'il le lui dise, un jour. Histoire de voir ce qu'elle en dirait, et si elle prenait cet air pincé qui lui seyait si bien! Celui qu'elle arborait présentement, pour être exact. Et qu'elle ne quittait pas si souvent... Sans doute disait-on pareil de lui et de sa bonne humeur constante. Quasiment constante, en fait. Le jeune homme aux yeux bleus s'appliquait à sourire tant qu'il le pouvait, premièrement parce que c'était dans sa nature, et deuxièmement parce que se lamenter et pleurer sur son sort n'allait pas le changer pour autant. Tant qu'il y était, autant voir le côté positif qu'il y avait en toute chose, ça aidait à avancer et à relever la tête. Accessoirement, à ne pas déprimer tout son entourage, aussi, ce qui était un avantage non négligeable.

«Et je ne me détruis pas les doigts. J'ai été distraite, voilà tout.»

Nouveau haussement d'épaules dubitatif. Oui oui, bien entendu, bien sûr. Eh bien, séduite XD distraite ou pas, il était convaincu qu'elle aurait enfoncé l'aiguille dans ses doigts plutôt que dans le tissus. Était-ce seulement la première qu'elle se faisait, ou faisait-elle, au contraire, partie d'une longue liste, possédant une montagne de devancières? Il n'aurait su le dire avec certitude, mais tant qu'à parier, aurait opté pour la seconde. Par choix, simplement. C'était plus amusant ainsi et, de toute façon, probable.

« Distraite, peut-être, lui concéda-t-il avant de reprendre. Je conçois bien qu'on ne puisse pas s'empêcher d'être distrait par ma perfection quand je passe. Mais crois moi quand je te dis que là, tu as juste prouvé que tu ne savais pas broder sans te faire mal. Et si tu savais compter, tu n'aurais pas peur de le prouver. »

Puis, il marqua une pause, avant de se pencher vers la demoiselle. Son visage avait toujours cet air franchement pincé. Ses tentatives pour la dérider se soldaient le plus souvent par un grand élan de pitié ou de perplexité de sa part, la faire sourire avec l'une de ses blagues était une épreuve en soit. Pourtant, Dieu savait qu'elles étaient drôles! Ou peut-être pas toujours, d'accord. Peut-être pas pour tout le monde non plus... Mais tout de même!

« Ben alors, tu fais la moue? Tu es vexée? Oh, pauvre petite Mary-Morgann! Ce n'est pas grave si tu ne sais pas broder comme une lady ou compter! On ne t'en veut pas pour ça. »

Oui, il se fichait d'elle. Oui, il la taquinait. Et non, il ne s'en lassait décidément jamais. C'était plus fort que lui, c'était... C'était comme ça, point final. Ça l'était depuis dix ans alors, y avait-il encore besoin que cela change? Il ne pensait pas. Et puis, qu'aurait-il fait de ses journées, s'il n'avait plus eu le droit de l'embêter? Comme Vincent se l'était déjà dit, il se serait ennuyé ferme. Ou peut-être aurait-il terminé de compter ces portes? Peut-être.
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MessageSujet: Re: Revenge is a dish best served cold.{Libre.-__ù}   Mer 26 Jan - 21:11

{...,non. Pas pour elle, en tout cas. Ca aurait été 'ooops lapsus révélateur'.XDDD

'Hop, répondu'? Je suis en retard, je sais. Je suis nulle. Mais pour ma défense, j'aime toujours le Mary-Vincent.y__y~♥}

Certaines personnes voulaient être les meilleurs en tout les domaines. D'autres voulaient être les meilleurs dans tout ce qu'ils entreprenaient ; d'autres encore tenaient à réussir parfaitement ce qu'ils aimaient, ou bien ce qu'on leur demandait. Mary-Morgann, malheureusement, faisait parti de la deuxième catégorie. Si elle commençait quelque chose, elle le réussissait, et faisait de son mieux pour cela. Enfin, non. Elle ne faisait pas de son mieux, elle faisait mieux que tout le monde, et c'était bien cela qui posait problème. La jeune femme refusait la défaite, et était une pire que mauvaise perdante-Vincent, par exemple, aurait pu en témoigner. Même si c'était à peu de choses, même si l'autre ne se vantait pas d'avoir fait ceci ou cela mieux qu'elle, cela la mettait hors d'elle, sans qu'elle sache vraiment pourquoi. Par fierté? Sans doute. Parce que, de ce qu'elle en savait, personne en particulier n'attendait quoi que ce soit d'elle. Quand elle était plus jeune ses parents avaient des attentes la concernant, un but qu'elle devait atteindre ; seulement maintenant qu'elle avait vingt-deux ans, qu'elle était une femme supposément mature et responsable, presque mariée, ils n'avaient plus à la guider ou à lui donner des objectifs à atteindre. Beaucoup de personnes, à sa place, auraient profité de ce moment de liberté pour se reposer, laisser s'échapper un peu de cette pression si handicapante et invivable. Plus vraiment sous la responsabilité de ses parents, pas encore sous celle de son mari..., oui, elle aurait pu s'en demander un peu moins. Mais c'était à croire que la demoiselle aux cheveux parfaitement coiffés n'aimait rien faire comme tout le monde, encore une fois. Elle s'en demandait plus à elle-même que quiconque n'aurait été en droit de lui exiger, et se mettait de son propre chef une pression parfois extrême pour des choses totalement ridicules. Oui, sans doute cela venait-il de sa fierté. Son incapacité à admettre ses torts, sa colère lorsqu'elle perdait, sa manie de faire comme si tout lui était égal, de persévérer lorsqu'elle savait pertinemment qu'elle n'avait pas raison... Mais malheureusement, ce n'était pas prêt de changer. Ah, ça non! On aurait beau lui dire qu'elle était invivable ou avait trop de caractère, qu'elle était agaçante et méchante, moqueuse et hautaine, ça ne la ferait jamais changer. Et même si ça la blessait, jamais elle ne le laisserait paraître. Plutôt mourir que d'avouer ses faiblesses. Certes, il lui arrivait parfois d'admettre qu'elle avait un problème, qu'elle avait besoin d'aide ou qu'elle n'arrivait pas à faire ceci ou cela, mais c'était suffisamment rare pour être noté. Ses yeux bleus restaient posés sur le visage de son fiancé, étudiant son sourire d'imbécile heureux, l'air aussi pincée qu'à son habitude. Elle était vexée, donc elle était pincée, elle n'y pouvait rien. Mary-Morgann savait jouer la comédie et, par conséquent, savait faire prendre à son visage les expressions qu'elle voulait. Si, par exemple, elle avait voulu faire croire à son fiancé qu'elle était triste, elle aurait pu avoir l'air triste. Ou lui sourire. Ou même sembler indifférente. C'était dans ses cordes, aussi énervée soit-elle, de faire 'comme si'. D'ailleurs, ne le faisait-elle pas à longueur de temps? Si une quelconque femme de la coure l'insupportant était venue critiquer sa manière de broder, elle lui aurait offert un large sourire hypocrite. Oh non, jamais la jeune femme n'aurait laissé savoir à une idiote qu'elle l'avait touchée d'une quelconque manière! Il fallait savoir masquer ses points faibles, et bien souvent elle le faisait avec un sourire hypocrite et une politesse feinte. Mais devant Vincent, à quoi cela aurait-il servi? Il la connaissait trop bien pour ne pas savoir ce qu'elle ressentait, elle en était persuadée. Avec lui, au moins, elle pouvait dire ce qu'elle pensait. Si elle s'était mise à lui cacher ce qu'elle ressentait vraiment au profit de son hypocrisie habituelle, leur relation en aurait certainement été changée. Si elle s'était mise à lui mentir, à simplement aller dans son sens pour éviter les conflits ou la conversation, oui, cela aurait tout changé. Et, honnêtement, elle n'y tenait pas. Elle ne comptait pas l'admettre, mais, dans le fond, elle était parfaitement satisfaite d'être fiancée à lui. Et il le savait, de toute façon. Il devait bien le savoir.

Sa bouche se tordit légèrement, dans une mimique sa mère aurait qualifié de 'tout sauf gracieuse', certainement. Mais peu importait, elle n'était pas là pour lui faire la remarque, et l'envie de faire ravaler son sourire à cet idiot se faisait de plus en plus pressante. D'un autre côté, le chemisier et l'aiguille sur ses genoux semblaient l'appeler, et l'inviter à reprendre son œuvre sans plus prêter d'attention au jeune homme. Plus facile à dire qu'à faire, tiens. Ignorer Vincent, c'était une capacité qu'elle n'avait pas encore, et n'aurait certainement jamais. D'ailleurs, elle doutait que quiconque y arrive ; et si c'était le cas, elle tenait à rencontrer cette personne. 'Arrête de lui prêter de l'attention et il arrêtera de faire l'idiot' : c'était ce qu'elle avait souvent entendu concernant les personnes dans le genre de Vincent-à savoir les jeunes enfants, en général. Eh bien, ça ne marchait pas, elle pouvait en témoigner. Ou peut-être était-ce elle qui n'était pas suffisamment patiente? Sans doute que cela y faisait, mais il lui semblait que même si elle l'avait royalement ignoré, il aurait trouvé un moyen de la faire réagir deux secondes plus tard. Ce que ça pouvait être agaçant! Elle aurait déjà fini de broder les dernières lettre sur ce maudit chemisier, s'il n'était pas venu la déranger. Et elle ne se serait pas fait aussi mal. Parce que, bien entendu, c'était de sa faute à lui, et rien qu'à lui, si elle s'était piquée plusieurs fois avec cette stupide aiguille. Trois fois, précisément, depuis qu'il était arrivé. Une fois quand il avait ouvert la porte, une fois peu avant qu'il ne lui explique qu'il comptait les portes, et une fois quand il avait proclamé qu'elle était incapable de compter, justement, lesdites portes. Ah, sans compter une fois qui avait précédé, alors qu'elle était seule. Ou peut-être deux. Elle reposa distraitement son regard sur le doigt de sa main gauche, qui jusque là tenait l'aiguille, pensive, et déroula le mouchoir qui l'entourait. Tiens, il ne saignait plus. Mary aurait bien repris l'aiguille en main, histoire de se remettre au travail, mais une curieuse intuition l'en empêcha. D'accord, peut-être qu'elle n'était pas douée pour broder. Et peut-être que ce n'était pas tout à fait la faute de son futur époux si elle s'était, par plusieurs fois, blessée. En tout cas, ça faisait mal, c'était certain. Son doigt allait rester sensible un petit moment encore, à priori..., quelle galère. Tout cela pour rien, finalement, si ce n'était énerver la douce Anne-Alexia. On aurait pu penser qu'elle regretterait, mais pas du tout. Loin de là. Cela lui semblait presque justifié, et si elle était agacée de s'être fait mal, elle n'était guère énervée que contre elle-même. Tout de même, ce n'était pas si difficile de broder, coudre ou que savait-elle encore! Pourtant, rien à faire. Et tant qu'à faire, être gauchère ne l'avait pas aidée. Sa mère avait essayé de la forcer à utiliser la main droite, mais le résultat était catastrophique. Et même en se mettant face à elle, pour qu'elle reproduise les gestes à l'envers, le résultat était triste à voir. Ahlalala..., heureusement que ce n'était pas quelque chose de vital, sinon elle serait morte depuis longtemps.

«Distraite, peut-être. Je conçois bien qu'on ne puisse pas s'empêcher d'être distrait par ma perfection quand je passe. Mais crois moi quand je te dis que là, tu as juste prouvé que tu ne savais pas broder sans te faire mal. Et si tu savais compter, tu n'aurais pas peur de le prouver.»

Mary-Morgann, qui avait détourné son visage dans la direction de son cher et tendre, haussa un sourcil perplexe. Et ne put retenir un léger ricanement quand il parla de sa supposée perfection, qui perturbait bien entendu quiconque l'approchait de trop près. Oh, pour sûr. Elle était tellement occupée à le regarder qu'elle s'était piquée le doigt, toute aspirée par sa beauté qu'elle avait été. Il ne fallait rien exagérer, tout de même. Pour ce qui était du reste..., la jeune femme ne bougea pas quand il se pencha légèrement vers elle, plantant ses yeux bleus dans ceux d'une teinte légèrement différente de Vincent. Elle savait compter, elle n'avait pas besoin de le lui prouver. Ses lèvres se pincèrent de nouveau alors qu'il parlait, vexée. Elle ne savait peut-être pas broder sans se faire mal, mais elle savait compter. Ça, il ne pouvait pas prétendre le contraire. Elle ne le laisserait pas prétendre le contraire, même s'il faisait cela uniquement pour l'agacer. C'était incroyable, tout de même..., elle se vantait d'être très intelligente, mais ne parvenait pas à rester en dehors de son jeu stupide. Pourtant, elle comprenait parfaitement qu'il ne cherchait qu'à l'énerver, de façon à la mener où bon lui semblait! La provoquer, simplement pour qu'elle parte, agacée, prouver ceci ou cela. Et abandonner ce qu'elle faisait, donc. Il l'avait déjà fait par le passé, et recommencerait sans l'ombre d'un doute dans le futur. Elle le savait, elle pouvait le jurer. Mais même en voulant l'ignorer et rester au-dessus de ses paroles, elle finissait par perdre. A ce jeu là, oui, elle ne pouvait que perdre.

« Ben alors, tu fais la moue? Tu es vexée? Oh, pauvre petite Mary-Morgann! Ce n'est pas grave si tu ne sais pas broder comme une lady ou compter! On ne t'en veut pas pour ça. »

Ça finissait toujours comme ça, de toute façon. Elle perdait le jeu en même temps que son sang-froid, et adieu belles résolutions, au-revoir détermination sans faille! Quand Vincent la taquinait, elle ne pouvait que réagir. C'était plus fort qu'elle. Comme un réflexe contre lequel il était inutile de lutter, tant la bataille était perdue d'avance. Et Dieu savait à quel point elle détestait perdre. Mary-Morgann tendit son bras, attrapa la cravate du jeune homme entre ses doigts, et le tira vers elle, le forçant à se pencher plus encore. Ce qu'elle pouvait adorer les cravates ; c'était une des plus belle invention vestimentaire, certainement. Elles étaient toutes désignées pour étrangler les impertinents, et avaient l'avantage non négligeable de servir de laisse sur laquelle on pouvait tirer. Et c'était quelque chose dont elle ne se lasserait jamais, vraiment. S'il avait arrêté d'en porter, pour une raison ou pour une autre, cela l'aurait grandement déstabilisé, d'ailleurs. Oh, il restait son col. Il ne fallait rien dramatiser.


«Je ne suis pas vexée, lança-t-elle sur un ton et avec une expression qui criaient presque le contraire, tant ils étaient explicites. Et je ne sais peut-être pas broder comme une Lady, comme tu le dis si bien, mais je sais compter. Et tu le sais pertinemment!»

Elle fronça les sourcils, agacée, puis consentit à le lâcher. Maintenant qu'elle avait accepté d'admettre que, d'accord, la broderie ce n'était pas son point fort, elle ne le laisserait pas dire qu'elle ne savait pas compter. Et puis quoi, encore! Il n'aurait plus manqué que ça.

«Et je n'ai pas peur de le prouver. Seulement, de toute façon, te prouver que je sais compter, ce serait comme..., prouver à un analphabète que je sais lire! Et puis, j'ai autre chose à faire.»

A savoir, lui prouver qu'elle ne savait pas broder sans se faire mal. Enfin, si, elle le pouvait, bien entendu ; seulement pour l'instant, elle ne devait pas être assez concentrée pour y parvenir. La fin du 'd' et le 'e'. La fin du 'd' et le 'e'. Hm. Étrangement, quelque chose lui disait qu'elle aurait bien du mal à finir son cadeau.
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MessageSujet: Re: Revenge is a dish best served cold.{Libre.-__ù}   Mer 2 Mar - 18:53

[HS: J'étais en retard aussi, et j'aime aussi toujours le Mary Vincent!XD
Postééé... What a Face ]


Elle ne savait pas compter; eh bien se dit Vincent, même s'il s'agissait d'un mensonge, cette critique n'avait rien de véritablement méchant, loin s'en fallait. Il n'était pas une langue de vipère, et ne se vantait pas d'une méchanceté particulière et crasse, mais savait malgré tout que, si sa visée avait été de blesser la jeune femme devant lui, ses mots auraient été tout autres, très clairement. Certes oui, il était plus ou moins gentil, avait de l'humour et savait faire des concessions, quand elles s'imposaient vraiment. Tout autant d'ailleurs qu'il savait s'excuser et regretter, quoique ce ne fut pas si fréquent dans la mesure où il ne passait pas sa vie à regarder en arrière avec désespoir en cherchant à changer des choses somme toute bien insignifiantes, et qui ne pouvaient pas l'être. De ce fait, il parvenait, en règle générale, à esquiver avec beaucoup de grâce, d'inégalable maestria et une surprenante dextérité les embryons de disputes en tout genre dont une journée était jonchée, et sur lesquels il était si aisé de trébucher. Les quelques boutades qu'il lançait à tout va ne comptaient pas comme telles, c'était pour lui une évidence qui n'avait guère plus besoin d'être prouvée. Ça l'était aussi pour la blonde aux longs cheveux, il n'en doutait pas un seul bref petit instant. Car, même si leur entente n'était plus aussi désastreuse qu'auparavant, il leur arrivait, en dépit de l'attachement sincère qu'ils ressentaient l'un pour l'autre, de réellement se fâcher. 'Pour de vrai', comme auraient dit de jeunes enfants ne cessant de 'faire semblant que'. La plupart du temps, le rouquin ne réfléchissait même pas à ce qu'il disait, se contentant de lâcher, et de clamer comme l'ultime vérité, tout ce qui aurait le mérite d'agacer sa chère et tendre fiancée. Les conséquences n'avaient rien de grave, rien de notable: elle lui répondait, vexée, aucun d'eux n'avaient besoin de s'excuser car aucun d'eux n'avait été blessé par les paroles un peu dures, mais empreintes d'ironie, de l'autre. Le reste du temps en revanche, c'était une autre histoire. Dieu merci, ce n'était pas souvent; mais les quelques rares fois où le ton montait sans artifice et sans sourire en coin entre eux, c'était l'apocalypse. Totale. Mais enfin, ils étaient des êtres humains, avec leur conscience, leur humeur du moment et un caractère qui leur était propre; gérer tout à la fois sans se disputer de temps en temps était impossible, quoi qu'on eût su en dire, de l'avis de Vincent. Au fil du temps, il avait fini par comprendre quelque chose -pas qu'il se fut pour autant penché avec sérieux sur la question, cette déduction s'était faite presque à son insu. A savoir que, justement, c'était bien parce que ses paroles manquaient de véracité qu'elles ne faisaient pas mouche, et ne faisaient que chatouiller l'égo aussi grand que sensible de Mary-Morgann. Il pouvait crier à tort et à travers qu'elle avait un cerveau aussi rand que celui d'une mouche, ce ne serait jamais important. Après tout, elle devait être consciente que ce n'était pas le cas... C'était même certain, pas qu'elle fut la personne la plus imbue d'elle-même qui lui ai été donné de rencontrer, juste que la modestie, surjouée ou non, n'était pas non plus son principal point fort, pour ainsi dire. A d'autres moment, les piques qu'il lançait reflétaient bel et bien la réalité, mais remaniée tant et si bien qu'au final, elle n'avait plus rien de si dramatique. Par exemple, non, sa future femme ne savait pas broder. Ou tout du moins, elle ne savait pas broder sans confondre tissus et doigt, ce qui équivalait, au moins à peu près, à sa précédente affirmation. Pourtant, quand il le lui avait dit, il n'avait pas eu l'impression qu'elle aie véritablement pris ça mal... Encore, s'il l'avait harcelée, s'il avait cherché à lui faire comprendre que c'était un défaut qu'elle ne pourrait jamais pallier -ce qui était probablement le cas, ceci dit en passant- et qui ruinerait toute sa vie, qu'à cause de ça, elle était aussi ridicule que peu féminine, et il en passait, elle aurait eu toutes les raisons du monde de s'énerver. Mais pas pour une remarque dite de façon si innocente, ç'aurait été de la sottise à l'état pur. Or, elle n'était pas une imbécile finie, même lui n'en était pas un. C'était dire. Ah... Le plus simple restait tout de même de raconter le plus strict n'importe quoi. Tu ne sais pas parler, tu ne sais pas compter, tu ne sais pas courir avec tes talons, tu ne sais pas épeler ton nom, tu ne pourrais même pas choisir une robe toute seule, tu es incapable de ceci, tu ne saurais pas faire cela... Ou alors de plaisanter sur les choses les plus évidentes ou insignifiantes qui puissent lui passer par la tête. Parce que, vraiment, même si on aurait pu être tenté de penser le contraire, à voir l'agilité et le sourire qu'il arborait en dansant et marchant juste sur la ligne, faisant parfois semblant de tomber pour mieux se rattraper, les disputes n'étaient pas le fort de Vincent. Il les détestait, ne les aimait pas, pas même un petit peu, et était prodigieusement agacé par elles. En revanche, s'en approcher, oui, à croire que c'était terriblement drôle, et qu'aucune autre occupation ne valait celle-ci.

Quoique les paris et estimations eurent beaucoup de succès auprès du jeune Henrin-Klemens, eux aussi. Allez, combien de temps, approximativement, avant qu'il ne fasse gracieusement envoyer paître? Ou qu'elle ne décide de reprendre son ouvrage à demi terminé? Ou qu'elle préfère, au contraire, le laisser en plan un instant? Il pourrait toujours le lui voler, au pire des cas. A se demander pourquoi cette idée ne lui était pas venue plus tôt! D'abord, il utiliserait la diplomatie, ou pseudo-diplomatie, il le concédait, en la provoquant un peu. Mais s'il ne parvenait pas à la distraire de son but, il ne lui resterait plus qu'à retourner cette épineuse situation à son avantage; s'il attrapait le chemiser lors d'un bref moment d'inattention de Mary, et qu'il courait dans les couloirs avant d'aller le cacher, nul doute qu'elle aurait des peines à le terminer... Hm, comme c'était son jour de bonté, il accepterait de lui rendre en échange d'une information top-secrète. Et si, sur l'instant, le nombre de portes du château lui semblait être une idée fort acceptable, la taille de bonnet des plus jolies femmes de ce même palais aurait tout aussi bien fait l'affaire. A cette pensée, il se remit à sourire stupidement; ce n'était pas sa faute, vraiment! Il fallait le pardonner, ou blâmer ses parents. C'étaient eux qui l'avaient créé, si plainte à déposer il y avait, prière de s'adresser à ses géniteurs. Lui, il se contentait d'être ce qu'il était, point final. Donc, ce que ses parents avaient fait. Il se dédiait de toute responsabilité... Tiens, la demoiselle Aelith pourrait toujours aller se plaindre à eux, elle aussi! Ce n'était pas de sa faute, en tout cas!

Vincent ne put retenir une petite exclamation surprise quand sa chère et tendre attrapa sa cravate et tira dessus. Depuis le temps, il aurait dû prendre l'habitude, et cesser d'en mettre, il l'avouait presque avec honte, l'avait un jour frôlé. D'ailleurs, il avait bien essayé; mais impossible, c'était juste tout à fait hors de propos. Il s'était senti comme nu toute une heure, avant de craquer et d'aller en mettre une. Her, voyait-on une jeune lady se promener les cheveux mal coiffés ou pieds nus? Non. Un principe similaire s'appliquait pour lui: on ne le verrait jamais, grand Dieu jamais, sans cravate. Dut-ce être la cause de sa mort par strangulation, peu lui importait. Tout, mais pas sa cravate!

«Je ne suis pas vexée, dit-elle, toujours aussi convaincante qu'à l'accoutumée lorsqu'il la taquinait de la sorte. Et je ne sais peut-être pas broder comme une Lady, comme tu le dis si bien, mais je sais compter. Et tu le sais pertinemment!»

S'il le savait? Évidemment. S'il comptait lui donner raison? C'était évident que non. Et elle, c'était bien ça, qu'elle devait pertinemment savoir... Au moins reconnaissait-elle que la broderie ne serait jamais une occupation lui seyant à merveille! Ce qui était déjà un grand pas en avant; elle ne l'accablait plus de son échec, et de tous les maux du monde, alors il ne s'en plaignait pas. Honnêtement, de toute façon, était-ce si important de savoir imprimer des lettres avec du fil sur un vêtement? Ce n'était pas son travail et, à moins que cela ne lui aie vraiment tenu à cœur, ce n'était pas non plus un passe temps fort... Divertissant, disons? On ne pouvait décemment réussir partout, être le meilleur quelle que fut la discipline en cause. Vincent le savait; Mary-Morgann probablement aussi. Ce qui ne l'empêchait pas s'acharner pour parvenir à ce résultat utopique. Le jeune homme aux yeux bleu reléguait ce trait de caractère au rang des fantaisies féminines; tout ce que les femmes désiraient, faisaient, pensaient, et que définitivement, les hommes ne comprendraient jamais. Comme cette volonté de savoir broder à la perfection, tiens. Lui, n'avait même jamais tenu une aiguille... Hm, ou en tout cas, pas dans le but de coudre, ça, c'était certain. Pour piquer de magnifique dessins au mur, quand il était petit, peut-être? Ça, ou d'autres fonctions à donner ce petit objets piquant, tout aussi intelligentes au possible.

Il s'écarta à peine quand la jeune femme le lâcha. La proximité, de toute manière, ne le dérangeait nullement; surtout avec une jolie jeune fille.

«Et je n'ai pas peur de le prouver. Seulement, de toute façon, te prouver que je sais compter, ce serait comme..., prouver à un analphabète que je sais lire! Et puis, j'ai autre chose à faire.»

Autre chose? Comme organiser avec minutie le génocide des tympans de tous les résidents du palais d'Ankou Della'Morte, par hasard? Quelle cruauté, vraiment! Et dire qu'elle ne s'en cachait même pas... Le rouquin prit une mine faussement outrée. Devait-il comprendre par là qu'elle insinuait que lui-même ne savait pas compter? Ah, grande erreur, grande erreur! Il était le roi des nombres, le gourou des numéros, le Prince des chiffres! Il pouvait même, du premier coup d'œil, déterminer si un tour de poitrine était un quatre-vingt ou un quatre-vingt-cinq. Tout le monde ne pouvait pas en dire autant, il en était certain et très fier, ironisa-t-il intérieurement. Puis, il reprit la parole:

« Ne t'en fais surtout pas, ça restera notre petit secret! Je serais muet comme une tombe! C'est vrai que ça doit être vexant de ne pas savoir faire ce que tout le monde sait faire, comme compter. »

Il eut un sourire en coin, avant de reprendre:

« Mais tu sais, ma chère, moi, je peux te prouver pas plus loin qu'ici, et pas plus tard que maintenant, que je sais très bien compter! Avoue, tu es jalouse, hein? Comme je ne compte pas de portes, je vais m'arrêter au tour de poitrine de cette jolie servante que je connais! Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit... »

Et il continua à égrainer les nombres, un par un. Ou elle l'interrompait, ou il continuait jusqu'à ce que... Eh bien, jusqu'à atteindre un nombre qui lui semble suffisant?
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MessageSujet: Re: Revenge is a dish best served cold.{Libre.-__ù}   Sam 2 Avr - 21:04

{En retard aussi, désolée. Et puis voilà. Je t'aime, okay? ♥

Postéééé? What a Face

Ah, et j'avais pas mon autre poste, alors si elle le regardait et puis non etc, fais pas gaffe. Pwease.X__x}

Si quelqu'un était arrivé et avait demandé à Mary-Morgann de choisir entre s'entendre parfaitement avec Vincent ou ne plus s'entendre du tout avec lui, elle n'aurait su que dire. Au premier abord, bien sûr, elle aurait eu envie de choisir la première option, de peur qu'attendre ne valide la seconde ; quoi qu'elle en dise elle l'aimait, et ne tenait pas à le perdre d'une manière ou d'une autre, au propre comme au figuré, dans le premier sens comme dans le second. Seulement à bien y réfléchir, ce n'était pas une décision qui pouvait se prendre comme cela : un peu de réflexion était nécessaire. De toute façon, toute situation un peu compliquée nécessitait réflexion, la jeune femme en était intimement persuadée. Est-ce que leur relation aurait été la même, s'ils avaient été, comment dire, toujours en parfait accord? S'ils s'étaient aimés inconditionnellement et se l'étaient dit, si pas le moindre nuage n'avait couvert leur ciel? Elle en doutait fortement, et pas besoin de se casser la tête durant des heures pour le savoir. Leurs disputes faisaient parties du quotidien, et sans doute qu'elle l'aimait comme ça. Stupide et immature, à toujours regarder avec trop d'insistance les jolies femmes et à faire des commentaires idiots à longueur de temps. Vincent était comme ça, et elle n'arrivait pas à s'imaginer qu'il puisse être autrement : elle aimait ce juste milieu entre je t'aime à la folie et je te déteste. Elle n'arrivait pas non plus à s'imaginer avec quelqu'un d'autre ; étrange, dans un sens. Peut-être qu'étant toute petite elle s'était faite une image idyllique du Prince Charmant, mais en ce cas il n'en restait rien, pas même des petits bribes de souvenirs. Dès ses douze ans elle avait été fiancée, elle n'avait guère eu l'occasion de se faire de quelconque fantaisies sur ce sujet. Elle avait eu l'impression qu'on l'avait casée quelque part comme on convaincrait quelqu'un de prendre un de nos vase dont on ne veut plus, voilà tout. Elle aurait pu, certes, continuer de chercher le grand amour et ignorer royalement ce jeune homme là, faisant comme s'il n'existait pas : peut-être aurait-elle trouvé l'homme de sa vie, qui sait? Il aurait fallu essayer pour le savoir. Mais aussi énervée avait-elle été, malgré les envies de révoltes qui maintes fois lui avaient étreint le cœur, elle n'avait rien dit. Rien fait, rien essayé. Pas de petit-ami, pas d'amant secret en parallèle de celui à qui on l'avait promise. Elle ne savait même pas pourquoi elle avait été si sage concernant ce sujet, ça ne lui ressemblait absolument pas. Sans doute que l'idée d'être fiancée l'avait tout à fait dégoutée des garçons en général, et qu'elle avait décidé qu'elle serait indépendante et n'irait avec personne. Eh bien, elle était allée loin, avec ça. Elle se retrouvait coincée avec un imbécile ayant dix ans de moins que ce qu'il prétendait, la belle affaire! Et en plus de cela, de manière très concrète cette fois, il l'empêchait de se venger convenablement. Quelle cruauté, n'est-ce pas? Elle était tellement à plaindre, tout le monde aurait dû être désolé pour elle, se dit-elle avec un sourire sarcastique. Ses yeux bleus s'étaient de nouveaux posés sur le chemisier défiguré, les lèvres pincées. Se débarrasser de Vincent aurait été une grande idée, en effet, si elle avait pu le quitter. Mais non, elle ne pouvait pas : alors tant qu'à devoir vivre avec lui, autant s'entendre un minimum. C'était ce qu'elle avait dû se dire un jour, en se rendant compte que l'insulter et l'envoyer paître à tout bout de champ ne servait à rien, puisqu'il revenait sans cesse, plus efficace qu'un de ces boomerang. Alors..., entre s'entendre à merveille avec lui ou ne plus pouvoir se supporter l'un l'autre, vraiment, elle ne savait pas. Le juste milieu. Un milieu qui lui laissait le loisir de dire ce qu'elle voulait et qui avait le mérite de ne pas être ennuyeux ou déplaisant. Une vie insipide et ennuyeuse? Mon Dieu! Elle ne l'aurait pas supporté! Elle en voulait pour preuve que quand elle et Vincent ne s'embêtaient pas l'un l'autre, elle allait chercher les ennuis auprès de sa jeune sœur, ou allait pester contre une telle ou untel avec ses amies. Ne rien faire ou rester tranquillement boire un thé en faisant des compliments au monde entier, non. Ce n'était pas fait pour elle. Remarque, broder non plus.

Vincent ne bougea pas réellement quand elle le lâcha, et elle ne fit pas le moindre mouvement pour s'éloigner non plus. Ce n'était pas comme si elle avait peur de lui, ou craignait quoi que ce soit. Ce n'était pas non plus comme si des dizaines de personnes étaient assises dans ce salon, auquel cas elle se serait montrée beaucoup plus courtoise et agréable envers lui et le reste du monde. Les apparences, encore une fois. Tellement importantes, incontournables. A entretenir soigneusement, presque avec autant de précaution qu'un serviteur lambda aurait déplacé un bibelot coutant plus que son salaire dans son intégralité. Mais, par bonheur, ils étaient en privé ; pas de quoi s'en faire de ce côté là. Et puis elle n'aurait pas pris le risque de dégrader le chemisier de qui que ce soit en public, elle n'était pas stupide à ce point, tout de même. La jeune femme ne tenait pas à ce qu'on la prenne pour quelqu'un de gentil à outrance, pour une femme adorable et naïve ; mais elle ne tenait pas plus à ce qu'on la prenne pour une sans-gêne et une fauteuse de trouble. Critiquer oui, mais être la cible des critiques, jamais de la vie. Elle faisait bien attention à ce que cela n'arrive jamais, ou tout du moins le moins souvent possible. Et puis elle savait se venger ; médire d'elle, c'était prendre le risque que l'on médise deux fois plus de soi le lendemain si elle l'apprenait-et tout finissait toujours par se savoir, dans l'enceinte bien close du château. Ses yeux toujours posés sur son fiancé, elle tenta de ne pas laisser son visage se tordre dans une grimace disgracieuse-et Dieu sait que c'était difficile. Mary-Morgann avait des réactions fort puériles dès qu'elle se sentait piquée au vif, et partait au quart de tour sur des sujets des plus ridicules parfois. Avec elle, tout prenait des dimensions disproportionnées, difficile de le cacher. Quant-à sa manière de régler ses problèmes, eh bien..., elle avait dû faire de gros efforts de ce côté là, pour en arriver à simplement médire ou broder des insultes sur des vêtements. Si elle avait pu tirer la langue, tirer les cheveux de l'importune ou taper du pied par terre quand elle était énervée, elle l'aurait fait avec plaisir : on n'aurait pas vu femme plus heureuse dans cette grande bâtisse. C'était malheureusement impossible, aussi prenait-elle son mal en patience. Enfin. Il lui restait toujours la cravate de Vincent à tirer, quand elle avait envie d'agripper quelque chose ; c'était déjà ça de gagné.


« Ne t'en fais surtout pas, ça restera notre petit secret! Je serais muet comme une tombe! C'est vrai que ça doit être vexant de ne pas savoir faire ce que tout le monde sait faire, comme compter. »

La jeune femme répliqua à son sourire en coin un sourire hypocrite dans lequel transparaissait clairement son agacement, sans chercher à rétorquer quoi que ce soit pour l'instant. Il cherchait à l'énerver, il voulait la taquiner et savait pertinemment que ça marcherait : elle faisait donc son possible pour maitriser son calme et son sang-froid, histoire de ne pas lui donner raison. Même quand on sait qu'on est incapable de faire quelque chose, cela n'empêche pas d'essayer et de conserver sa dignité dans la chute, n'est-ce pas. C'était exactement ce qu'elle comptait faire : essayer, et conserver sa dignité quand viendrait le moment fatidique où elle lui lancerait un regard noir et ne pourrait s'empêcher de lui répondre quelque chose.


« Mais tu sais, ma chère, moi, je peux te prouver pas plus loin qu'ici, et pas plus tard que maintenant, que je sais très bien compter! Avoue, tu es jalouse, hein? Comme je ne compte pas de portes, je vais m'arrêter au tour de poitrine de cette jolie servante que je connais! Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit...»

Rester calme, rester calme, ne rien dire, ne pas se laisser faire..., voilà tout ce qu'elle avait à faire. Il finirait bien par arrêter en constatant qu'elle ne lui accordait plus la moindre once d'attention, non? Elle tiqua visiblement quand il parla d'une 'jolie servante' de sa connaissance, et détourna son regard vers son ouvrage, espérant de la sorte réussir à l'ignorer de manière plus convaincante.


Elle se crispa sur le chemisier quand les chiffres commencèrent à défiler dans ses oreilles, plus irritant à mesure qu'ils augmentaient. Rester calme. Rester calme. Rester...


«Je ne tiens pas à connaître le tour de poitrine de cette, je n'en doute pas, charmante personne que tu connais, répondit-elle d'un ton cassant, lançant un bref regard dans sa direction, reprenant son aiguille dans sa main gauche. Et je sais parfaitement compter, c'est...»

Elle reposa le petit objet en argent sur ses genoux, ne sachant visiblement pas quoi faire, et reposa ses yeux bleus sur le visage de son fiancé.

«..., il n'y a aucun secret à garder! Et pour ce qui est de ne pas savoir faire ce que tout le monde fait, tu dois t'y connaître. Après tout, tout le monde est censé pouvoir réfléchir, non? Compter est déjà un exploit pour toi, mes félicitations!»

Une seconde s'écoula, puis elle poursuivit, plus rapidement :


«Et si tu continues, je vais aller me plaindre de toutes les servantes sur lesquelles tu auras eu le malheur de poser tes yeux plus de trois secondes pleines et entières, qu'elles soient remerciées en temps et en heure. Quand il n'y aura plus que des hommes et quelques femmes disgracieuses dans ces couloirs, tu cesseras peut-être de vouloir compter, hm?»

Ah, non. Il resterait les portes. Enfin, elles, au moins, elle ne risquait pas d'en être jalouse. Non pas qu'elle était jalouse de qui que ce soit, ou qu'elle n'aimait pas que Vincent aille porter de l'attention à une autre femme qu'elle, bien entendu : c'était simplement une question de principe. On ne reluque pas les femmes de la sorte, point. Rien à voir avec une quelconque jalousie, ou..., ou n'importe quoi d'autre.
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Revenge is a dish best served cold.{Libre.-__ù}

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