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 Daydreaming.{Libre.XD}

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Semeuse de troubles sur la voie publique, et jouet personnel d'Aleksei Astrehn

Féminin Nombre de messages  : 51

Localisation  : Chez elle.
Emploi/loisirs  : Stalker Aleksei, stalker Aurora, stalker son cousin...
Humeur  : Heureuse.

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Semeuse de troubles sur la voie publique, et jouet personnel d'Aleksei Astrehn


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Race: Esprit.
Arme / Pouvoir  : Magie complètement inutile.

MessageSujet: Daydreaming.{Libre.XD}   Dim 25 Avr - 17:09


[Début de l'Hiver.]



Ayleen a-do-rait inconditionnellement se promener.

Ce n'était pourtant pas une activité en soit, mais elle aimait marcher sans but réel. Il fallait dire que la jeune fille aimait le grand air, elle aimait respirer l'air de l'extérieur et observer toutes ces choses qu'elle ne pouvait voir chez elle. Et ce que ce soit pour observer la ville, ses alentours ou même pour pousser un peu plus loin ses investigations silencieuses. Pour ce faire, elle n'avait pas besoin de grand chose : juste d'un peu de temps libre et de motivation. Pas nécessairement de quelqu'un pour l'accompagner, tout dépendait de l'humeur dans laquelle elle était. Or cet après-midi là elle avait faussé compagnie à sa sœur et ses parents pour aller marcher un peu en ville. Rien de bien méchant, pas longtemps non plus : peut-être une heure, maximum. Oh, tout allait dépendre de ce qu'elle croisait, de ce qu'elle décidait de faire ou de ce qu'elle verrait en chemin. Il arrivait parfois qu'elle tombe sur une connaissance en chemin, et qu'elle reste lui parler pendant un petit peu plus longtemps que prévu. Mais dans tout les cas, ce n'était pas grave : après tout elle n'avait aucune idée précise en tête quand elle sortait, et donc peu importait ce qui arrivait, ça ne pouvait pas la gêner outre mesure. A moins qu'il ne lui arrive quelque chose de désagréable en cours de route, bien sûr..., mais dans l'ensemble c'était rare, et sommes toute assez improbable. Pas impossible, mais improbable. La jeune fille avait donc décidé de sortir cet après-midi là, voulant profiter des derniers rayons de soleil encore un peu chaud avant que l'automne ne quitte définitivement Illea. Non pas qu'elle n'aimait pas l'hiver, loin de là : mais comme beaucoup de personnes, elle trouvait le froid moins agréable que le chaud-même si trop de chaleur pouvait vite devenir insupportable de même. La neige, le vent, la pluie..., les éléments ne la dérangeaient pas tant qu'ils n'étaient pas trop présents, trop forts ou trop handicapant. Une petite pluie de temps en temps, oui, pourquoi pas : ça rafraichissait l'atmosphère et était à proprement parler indispensable à la survie de l'écosystème. Seulement si ça avait été des averses sans arrêt sans arrêt, fortes et imprévisibles, ça aurait fini par l'énerver quelque peu. Parce que de toute façon elle ne pouvait rien contre les éléments, elle avait jugé bon de ne pas faire une crise de nerfs dès qu'il faisait un peu trop chaud, un peu trop froid, un peu trop humide ou un peu trop sec. Tout était une question de point de vue, et la jeune Esprit aux cheveux rouges savait adapter le sien suivant la situation qui se présentait à elle. Enfin, presque toujours. Elle regarda autour d'elle, et ne put retenir un léger sourire. Il ne faisait bien sûr pas bien chaud, mais ce n'était pas terrible pour autant ; c'était largement supportable, sinon elle ne serait tout simplement pas sortie. Histoire de ne pas avoir trop froid, la demoiselle s'était habillée en conséquence : une veste blanche et rose sur sa chemise, une jupe de couleur claire qui lui tombait juste à mi-cuisse, des bottines blanches et des bas rose pâle. Certes, elle acquiesçait qu'une jupe, ce n'était pas la meilleure des protection pour ses pauvres jambes..., mais qu'est-ce qu'il y pouvait, elle adorait aussi inconditionnellement les jupes. Et pas n'importe quelles jupes, évidemment : les jupes longues lui semblaient toujours moins jolies que celles qui tombaient au-dessus des genoux, plus mignonnes et élégantes selon elle. Si ça allait plus bas, alors c'était qu'Ayleen avait décidé de mettre une robe-ce qui arrivait plus fréquemment en été ou au printemps, pour le coup. Elle n'avait pas excessivement froid, et même si elle n'avait pu retenir un petit frisson en passant la porte d'entrée, maintenant qu'elle avait marché depuis quelques minutes dans les rues de Jiang-Zemin ça allait mieux. Ses chaussures avec quelques centimètres de talon tapaient contre le sol dans un bruit rassurant, et ses yeux vides restaient fixés devant elle alors qu'elle observait alentours. C'était joli ici, aucun doute là-dessus. Enfin, de son point de vue-et son point de vue en manière de choses mignonnes était assez large-elle n'aurait su le dire pour les autres. Ce n'était peut-être pas la plus jolie des villes, elle n'en savait rien ; et à vrai dire si son ancien lieu de résidence lui manquait encore parfois, elle s'était habituée à celui-ci. Elle s'était fait des amis, il y avait sa famille..., oui, c'était maintenant chez elle, ici. Et elle nourrissait aucune rancune envers les humains, même s'il était vrai qu'elle avait des aprioris plus forts envers eux, et qu'elle n'aurait certainement pas été leur sauter dessus pour les remercier de tout ce qu'ils avaient fait pour eux. Elle se doutait bien que de nombreuses familles humaines avait été victimes de la même choses qu'elle mais dans l'autre sens, et elle n'aurait pas aimé qu'on déteste tout les Esprits sur les bases d'une trop simple généralisation d'un cas isolé. Donc non. Mais ça lui manquait quand même, parfois.

Enfin, elle imaginait qu'il devait en être de même pour tout le monde, quelque part.

Un petit soupir s'échappa d'entre ses lèvres alors qu'elle hésitait entre deux rues, et décida finalement de prendre la plus grande. Elle n'avait pas spécialement envie de parcourir les ruelles, alors pourquoi pas aller dans le centre? Il y aurait toujours plus de choses à voir que si elle arpentait tout les trottoirs qui croiseraient son champ de vision, c'était certain. Elle haussa les épaules, et repartit en chantonnant dans ce sens. Elle n'avait encore croisé aucune de ses connaissances, mais elle ne s'en inquiétait pas : elle savait que certaines de ses amies étaient très frileuses, et elle les voyait déjà emmitouflées dans leurs couvertures, tétanisées rien qu'à l'idée de l'Hiver qui bientôt allait reprendre ses droits. Bha, pourtant ce n'était pas si grave! La demoiselle aux yeux presque rouge n'aurait pas aimé devoir hiberner le temps que le beau temps revienne, ça aurait été d'un ennui mortel. Et, sans pour autant pouvoir être qualifiée de jeune fille hyperactive, Ayleen avouait ne pas particulièrement aimer rester somnoler sans but dans son lit. A moins de n'être malade bien sûr, auquel cas elle n'avait guère le choix. Ou à moins de n'être dans une phase profonde de déprime, bien sûr. Ça arrivait, parfois, qu'elle se sente triste et vidée de toute force. Il pouvait y avoir pleins de raisons à cela, d'ailleurs : une dispute avec une de ses amies, un garçon..., et sûrement d'autres choses qui pour l'instant ne lui revenaient pas en mémoire. Qu'importe, ça n'avait pas grande importance : elle s'en était toujours remise, jusque là. Il fallait dire que la petite Esprit n'était pas facilement abattue, et qu'il en fallait beaucoup pour la faire totalement lâcher prise. Elle ne s'acharnait pas quand il n'y avait vraiment rien à faire, mais tant qu'elle voyait une petite lueur d'espoir elle continuait, coûte que coûte. Un petit effort pouvait amener à de très beaux résultat, s'économiser était une technique de lâche qui ne menait à rien de concluant. Alors quand elle faisait ou décidait quelque chose, elle ne le faisait pas à moitié. Elle s'y impliquait totalement, quitte à au contraire exagérer quelque peu. Oh, il était certain que si elle disait qu'elle allait vous aider elle y mettrait tout son cœur et toute sa volonté, mais il n'était pas dit qu'elle y arrive pour autant. Il y avait beaucoup de choses que la demoiselle aux cheveux bouclés voulait faire, mais n'arrivait pas à faire : et loin de se décourager, elle ne faisait qu'insister plus pour s'améliorer et enfin obtenir des résultats. C'était comme pour la cuisine : au début, elle n'arrivait qu'à tout griller et à faire des plats immangeable. Maintenant ce qu'elle cuisinait était tout à fait mangeable, voir bon parfois ; et s'il lui arrivait encore de rater, elle recommençait et finissait toujours par obtenir quelque chose de correct. La motivation ne venait pas à bout de tout les obstacles, mais au moins essayer lui évitait d'avoir des regrets. Ou le plus possible, en tout cas : vivre avec des regrets était la pire chose qui soit, de son avis. Parce qu'on ne pouvait pas revenir en arrière et que, tout les jours, on ne pouvait s'empêcher de se dire qu'on aurait du faire ci ou ça. On vivait avec les conséquences de nos actes, et c'était pour cela qu'il était vital de faire les bons choix, dans la mesure du possible.

Ayleen s'arrêta un moment, observant autour d'elle. Il y avait du monde tout de même, malgré les températures assez basses, et comme d'habitude le centre-ville était vivant et animé. C'était le principe même d'un centre, non? Tout se concentrait ici, tout était réuni et en plus grande quantité, ici. Ayleen se voyait mal vivre dans un petit village isolé de tout, non ; ça aurait été trop compliqué, ennuyeux et isolé. Elle aimait le calme et les choses simples, mais vivre loin de tout ne lui aurait pas plu, certainement pas. C 'était comme ça, elle était une fille de la ville, ce n'était pas prêt de changer. D'ailleurs, quand elle aurait des enfants, ils vivraient en ville eux aussi : comme ça ils auraient autour d'eux pleins de petits camarades potentiels de jeux. Elle qui voulait au moins trente enfants, elle avait tout intérêt à savoir qu'en faire, non? Oui, au moins trente! Pleins de petits enfants qui courraient partout, entre elle et son futur mari, gentiment, comme d'adorables petits anges. Oh oui, ce serait adorable, adorable, tellement mignon..., la jeune fille aux couettes se retourna, venant justement d'en voir un passer. Un petit garçon tout blond, avec de grands yeux vides et foncés, qui faisait visiblement tourner sa mère en bourrique dans l'espoir d'obtenir un jouet. Oui, c'était adorable, vraiment...

Et, se disant cela, Ayleen rencontra brusquement la personne devant elle. Elle cligna des yeux et ne put s'empêcher de prendre quelques couleurs, gênée de s'être ainsi laissée distraire au point de ne pas avoir fait attention à ce qui se trouvait là. La jeune fille recula et passa ses mains sur sa jupe, tentant plus à se donner une contenance qu'autre chose.

«Ah, désolée, je ne vous avais pas vu! Ça va?»
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MessageSujet: Re: Daydreaming.{Libre.XD}   Dim 16 Mai - 22:05

Tristan Erial ne perdait jamais son temps en de vaines choses, jamais. Le temps, comme le disait ce vieil adage, était de l'argent et, s'il s'appuyait sur une autre expression connue de tous, on ne jette pas l'argent par les fenêtres. S'il faisait le lien, cela voulait donc explicitement dire que l'on ne devait à aucune condition mal utiliser les précieuses heures qui nous étaient accordées durant une journée. C'était une chose qu'il ne se serait pas permise, qu'il n'aurait pas même envisagée et, pourtant, on aurait pu se demander alors la raison de sa présence en ville, à arpenter les rues plus ou moins bondées de Jiang Zemin, les mains protégées du froid dans les poches d'une longue veste qu'il avait enfilée juste avant de sortir de chez lui, par dessus sa chemise. Oh, songea-t-il, se promener sans but aucun pouvait parfois être très agréable mais, très peu pour lui. Ce n'était pas bien utile, pas vrai? On n'y gagnait strictement rien, si ce n'était la satisfaction profonde de ne pas s'être ennuyé quelque temps durant; or, à choisir, plutôt que de marcher avec pour seule idée celle de mettre successivement un pied devant l'autre, il préférait sortir faire n'importe quoi qui, faute d'être aussi plaisant et détendant, aie au moins le mérite de s'avérer être profitable. C'était peut-être un peu triste, de penser comme cela. Peut-être. A vrai dire, il n'en savait pas grand chose et, pour être tout à fait honnête, ne s'était jamais réellement penché sur la question non plus. Dans la vie, il fallait savoir faire des compromis et des concessions en tout genre: si je veux bien manger ce soir, je dois travailler aujourd'hui. Ou encore, si je veux que ces gens ne me détestent pas, je ne dois pas leur dire à quel point leur manière de s'habiller est atroce et ridicule. Le monde était ainsi fait, et quand bien même il eût pensé que cela n'était pas juste, cela n'aurait rien changé au final. A quoi bon se plaindre quand, que l'on vous écoute ou pas, vos mots ne seront pas pris en compte? Le jeune homme secoua vaguement la tête, pris dans ses hétéroclites pensées. Il n'était pas encore très tard, rien ne le forçait à rentrer dès maintenant, s'était-il dit, tenant fermement dans ses bras un sac rempli de divers aliments. Parti chercher de quoi manger pour le soir, ainsi que, probablement, le jour qui suivrait et encore le surlendemain, il pouvait toujours se permettre de traîner quelque peu sur le chemin du retour, personne ne lui en tiendrait rigueur. Du moment qu'il ne rentrait pas une certaine heure passée, Adrian ne lui reprocherait rien, ne lui poserait pas même la moindre question. Par conséquent, il ne se sentait aucunement pressé par quoi que ce fut. Un discret soupir passa entre ses lèvres alors qu'il évitait de peu de percuter une jeune demoiselle et, sans doute, ses parents. Il ne comprenait pas cette nécessité qu'avaient les gens de sortir en groupe: il n'avait qu'à tourner la tête à droite ou a gauche, ou tout simplement la relever du sol pavé sur lequel étaient rivés ses yeux depuis un moment déjà, pour se rendre compte de ce fait. En règle générale, autrement dit, il ne comptait pas les trois ou quatre éventuelles exceptions, c'était ainsi: minimum deux, maximum cinq ou six. Toujours, toujours. Etait-il si important d'avoir quelqu'un avec qui parler, lorsque l'on ne sortait que pour un laps de temps limité? Il regarda le ciel, dont la couleur devait se situer quelque part entre le gris et le bleu. Un ciel de fin d'automne, un ciel de début d'hiver. Une saison difficile, maintenant qu'il y repensait, par ailleurs. Il faisait froid et, bien souvent, trop souvent, une fine poudre blanche venait recouvrir les toits des maisons de la grande et belle ville, le vent glacé n'avait de cesse de souffler, et les pluies étaient plus rares. Il n'y avait rien de bon à cette saison neigeuse et désagréable. On tombait malade, on avait froid, on ne pouvait pas même ne fut-ce que sortir la nuit et les nuages cachaient les étoiles. Lorsque les feuilles roussissaient et tombaient, s'envolant gracieusement au vent, cela allait. Mais pas l'hiver et son lot de problèmes contraignants revenant immuablement d'une année à l'autre. Cette simple pensée, il se mordit la lèvre inférieure, son humeur s'étant, en l'espace de pas plus de secondes, clairement assombrie. Il y avait vraiment des fois où il aurait apprécié que les aiguilles de ces horloges cessent de tourner, et que les saisons cessent de se suivre. Ou, dans une moindre mesure, qu'elles le fassent mais sans l'hiver, que le printemps vienne immédiatement après l'automne. Ce n'était évidemment pas possible, Tristan le savait; mais cela ne l'empêchait en rien de penser sérieusement que tout aurait été bien mieux s'il en avait été ainsi. Ce n'était pas l'absence de froid qui allait empêcher ce monde de tourner, si? Il soupira derechef, songeant que ce n'était pas sa présence qui allait changer quoi que ce fut non plus. Au final, il pouvait espérer tant qu'il le désirait, rien ne changerait.

Et l'hiver serait toujours aussi froid. Soit, en ce cas, il l'abhorrerait toujours autant. Il avait d'ores et déjà survécu à dix-sept d'entre eux, ce n'était pas le prochain qui allait avoir raison de lui, cela non, il aurait pu le jurer.

Enfin, l'hiver n'était pas encore là, se rassura-t-il et, tant que ce n'était pas le cas, tout allait pour le mieux. Ou presque. Après tout, ne fallait-il pas jamais être trop sûr de rien? Fixant à nouveau les pavés défilant sous ses pieds tandis qu'il marchait à une allure plus ou moins soutenue, il s'amusait à en chercher les différentes irrégularités. L'explication de ce comportement était quant à elle des plus simples qui soient: il y avait trop de monde au yeux de jeune esprit. Loin d'avoir peur de la foule- quel était le mot pour cela, déjà? A... Agoraphobie, peut-être?-, il n'en restait pas moins qu'elle l'incommodait. Du bruit, des passants, et ce malgré le fait que la température n'était pas des plus clémentes. N'auraient-ils pas tous pu sortir un peu plus tard, il se le demandait? La faute, de fait, lui incombait sans doute un peu aussi; il avait mal choisi son heure et voilà tout. Tristan s'arrêta quelques secondes devant une échoppe qui, lui semblait-il, devait vendre des bijoux, une belle orfèvrerie, sans toutefois chercher à lire son nom ou les prix, sachant au nombre de zéros avant la virgule que, de toute façon, cela ne devait pas même être abordable. C'était joli, cela brillait; mais tant qu'à faire, il préférait regarder les étoiles, qui, bien que possédant le même éclat, ne lui coutaient rien du tout. Décidément, laisser ainsi ses pensées vagabonder ne lui réussissait pas, se dit-il. Il finissait invariablement par avoir des idées noires, comme quoi, ce ne devait pas être sa journée. Non, ce ne devait pas l'être du tout... Ce qui n'était pas une raison suffisante en soit pour rester prostré chez soit à se morfondre sur notre pauvre sort, à son sens. Ce fut donc après un énième soupire, lorsqu'il s'apprêtait tout juste à repartir vers il ne savait trop où -il ne risquait pas de se perdre dans cette ville qu'il connaissait si bien, et il aurait bien terminé par trouver un chemin pour rentrer chez lui- qu'il sentit quelqu'un lui rentrer dedans, ni plus ni moins, ce qui eu au moins le mérite de le surprendre, lui arrachant un petit sursaut. Il n'avait pas croisé qui que ce soit qu'il connaisse, de près ou de loin, depuis un moment déjà et la dernière personne à qui il ai adressé la parole avait été son frère, il y avait de cela un moment déjà alors, évidemment, il ne s'était pas attendu à croiser quelqu'un de la sorte.

Baissant les yeux, il se rendit compte qu'il avait, par mégarde lorsque la jeune fille l'avait percuté, lâché le sac qu'il tenait. Et cela, en revanche, cela ne le surprenait pas, cela l'embêtait plus qu'autre chose. Avant de se baisser, il leva ses yeux vides vers la demoiselle, un air à la fois soucieux et contrarié sur la visage. Elle avait de longs cheveux bouclés et des yeux orangés, une Esprit à n'en point douter; une Esprit désolée, même, se serait-il risqué à préciser. Des vêtements dans des teintes claires, majoritairement du rose. Dieu, ce qu'il pouvait détester le rose... N'étant néanmoins pas habitué à juger quelqu'un sur son apparence extérieure et à plus forte raison sur ses vêtements, il ne fit aucun commentaire. D'autant que pour les jeunes filles, le rose était souvent de mise, n'était-il pas? En réalité, sur des garçons, il trouvait cela passablement atroce, tandis que sur les demoiselles, cela lui apparaissait comme étant normal. Pas du meilleur goût selon lui, mais normal après tout. Plus petite que lui, elle devait avoir aux environs de son âge, peut-être un peu moins. Mais sûrement pas plus, de son point du vue, à moins de ne faire véritablement plus jeune que ce qu'elle n'était en réalité.

«Ah, désolée, je ne vous avais pas vu! Ça va?»

Se baissant, il ramassa les deux ou trois choses tombées à terre, et se releva, les yeux rivés sur la jeune fille dont il ignorait le nom. D'une chose il était certain, c'était qu'il ne l'avait jamais croisée auparavant. Elle ne l'avait pas vu? Il ne se souvenait pourtant pas s'être caché de quelque manière que ce soit. En guise de réponse, il haussa vaguement les épaules, et poussa un nouveau soupire.

« Ça pourrait aller mieux, disons. Enfin, c'est pas grave, hein, ça pourrait être pire aussi...»

Il marqua une courte pause, et, après un court moment d'hésitation, sourit à nouveau, lançant tout de même au passage un regard désolé à ses quelques achats. Il ne pouvait pas en prendre beaucoup alors, raison de plus pour ne pas les gâcher... Une petite rencontre inopportune avec le sol de la ville ne les rendrait pas immangeables, de toutes façons.

«Tu ne t'es pas fait mal non plus, au moins? il s'arrêta, puis se repris. Pardon, vous.»

Il était généralement plutôt doué pour mentir mais n'en avait ici pas pris la peine; une certaine mauvaise humeur, malgré son sourire, restait présente dans sa voix. Puis, soucieux de ne pas causer d'incident une nouvelle fois, il se décala sur le côté, beaucoup plus près du mur, et attrapa doucement le bras de la jeune demoiselle de sa main libre, l'attirant vers ce même endroit.

«Vous m'excuserez, c'est juste que ce serait bête que quelqu'un nous percute.»
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MessageSujet: Re: Daydreaming.{Libre.XD}   Jeu 3 Juin - 0:14

Ayleen détestait s'attirer des ennuis.

Un peu comme tout le monde. Mais s'il y avait une chose qu'elle détestait encore plus que cela, c'était bien attirer des problèmes aux autres, et ce par sa faute : c'était selon elle bien pire que la première des options dans la mesure où en plus d'être en faute, elle entrainait quelqu'un dans ses idioties. C'était gênant, c'était ennuyeux, c'était embarrassant et puis surtout ce n'était pas la meilleur des façons d'être gentille avec quelqu'un. Or la petite Esprit était quelqu'un de foncièrement gentille, pas du genre à aller chercher querelle aux autres ou à les regarder de travers parce qu'elle n'aimait pas la couleur de leurs chaussures. Discrète et exubérante à la fois, elle savait en général où se placer et quoi faire pour être à la juste limite entre l'insuffisance et l'excès, passant entre les personnes qu'elle croisait sans se faire remarquer. Oui, la jeune fille aux grands yeux orangés passait parmi la foule sans qu'on la regarde, sans qu'on lui prête même une once d'attention. Sans doute qu'une grande partie des habitants de Jiang-Zemin avaient déjà vu passer une petite demoiselle, sûrement habillée en blanc et rose, peut-être très près d'eux. Seulement ils n'y avaient pas prêté attention, tout naturellement, et sûrement qu'elle non plus ne les avait pas vu. Pourtant, si par mégarde elle vous avait heurté, elle se serait arrêté pour s'excuser, pour vérifier que tout allait bien. Parce qu'elle était gentille, parce qu'elle était prévenante, tout simplement. Toujours de bonne humeur, elle rayonnait et souriait sans arrêt, quitte à exaspérer ceux qui voulaient déprimer tranquillement à côté d'elle et qu'elle perturbait dans leur tentative avec ses ondes positives. Bien sûr il lui arrivait d'être triste ou en colère, comme tout le monde. Mais en général elle était contente, trouvait qu'il faisait beau, avait eu de bonnes nouvelles et adorait inconditionnellement la nouvelle jupe de son amie ou les chaussures d'un autre ami qu'elle venait attirer des ennuis aux autres et il l'était encore plus qu'elle ne l'aurait jamais fait à dessein. Non, elle n'aurait pas aimé qu'on le lui fasse alors elle ne le faisait pas! Ses parents lui avaient toujours appris à être respectueuse et à ne pas commencer les conflits, à savoir s'excuser quand besoin était et à ne pas se borner quand la discussion ne menait à rien. Enfin, dans les grandes lignes elle avait compris cela, mais elle n'aurait pas juré là-dessus non plus. Qu'importe, qu'importe. L'important était de ne pas être comme toutes ces personnes qui se fichaient de tout le monde, qui renversaient les autres et ne se retournaient même pas, qui étaient trop pressés pour voir qu'il y avait une fleur là où ils venaient de poser leur pied, trop nerveux pour pouvoir discuter avec un inconnu sans s'énerver, trop méfiants pour tendre sa main à quelqu'un d'autre, trop sages pour sauter dans les flaques d'eau en été, trop ennuyeux pour vouloir courir après leurs amis à travers les rues de la capitale. Ayleen avait seize ans, rien que seize ans, et elle ne se sentait pas adulte, pas du tout. Elle ne le serait pas avant longtemps, et elle ne pouvait décemment songer aux conséquences de ses actes à son âge. C'était impossible, elle y penserait dans des dizaines d'années, peut-être plus, peut-être un peu moins : en tout cas pas maintenant, c'était le plus important. Oh, dans les limites du raisonnable, bien entendu. Dans les limites qu'on lui imposait, et même si quelque fois elle dépassait ça n'avait rien de dramatique. Il était normal de dépasser et de vouloir courir derrière les lignes rouges que traçaient les adultes quand on était jeune et qu'on pensait être invincible, qu'on pensait qu'on ne mourrait pas, jamais. Ayleen aimait la vie et détestait l'idée de la Mort, aussi tenait-elle à profiter un maximum de ce cadeau qui lui était fait. Enfin, c'était un point de vue comme un autre, c'était le sien : elle ne demandait à personne de le partager. Elle n'avait d'ailleurs rien contre ceux qui étaient renfermés, plus égoïstes et antipathique que la moyenne. Ces traits de caractères, dépeints comme des défauts aux yeux de tous et de toutes, ne signifiaient pas forcément qu'ils ne voulaient pas avoir d'amis ou qu'ils étaient profondément mauvais, de ça la demoiselle était sûre. Tout le monde avait un bon fond, c'était quelque chose en quoi elle croyait fermement.

Ayleen garda ses sourcils arqués, confuse et désolée. Oh, ce qu'elle pouvait être maladroite..., c'était incroyable ce qu'elle pouvait être distraite, parfois. Elle n'avait pas tenue à renverser cette personne, mais elle l'avait bel et bien heurté-et surtout bien, en l'occurrence. La jeune Esprit aux cheveux bouclés mit ses mains devant sa bouche en voyant qu'il avait fait tomber ce qu'il tenait, et se mordit la lèvre inférieure. Ce qu'elle était maladroite, ce qu'elle était maladroite..., elle espérait réellement qu'il ne s'était pas fait mal et que ce qu'il avait vraisemblablement acheté il y avait peu n'était pas gâché, elle se serait vraiment sentie mal si ç'avait été le cas. Elle le détailla rapidement, les yeux toujours emplis de cette gêne et de cet embarras qui l'habitait depuis quelques secondes. C'était un garçon-ou ça en avait l'air, en tout cas-qui avait les cheveux blonds et de jolis yeux vides, tout comme les siens. C'était donc un Esprit : ça, c'était indiscutable, plus indiscutable que quoi que ce soit d'autre le concernant. Et il était mignon, ça aussi c'était indiscutable. Pas mignon dans le sens-oh-mon-dieu-il-est-totalement-mon-type-qu'est-ce-que-je-fais, loin de là ; seulement il était mignon, voilà. Il avait un joli visage, de son point de vue. Même si en l'état actuel des choses c'était peut-être un peu déplacé de se faire ce genre de remarques..., sans doute? Elle baissa la tête, ayant peur que le jeune homme ne la foudroie du regard ou ne lui fasse comprendre son mécontentement d'une manière ou d'une autre. Jamais Ayleen n'avait voulu lui causer de problèmes, mais elle avait la nette impression que ce n'était pas très charitable d'avoir fait tomber son sac, que ce soit fait exprès ou pas. Dès lors et même si c'était une personne gentille, il avait tout à fait le droit d'être en colère. Peut-être n'aurait-elle pas été très heureuse elle-même qu'on la bouscule comme ça, sans raison, alors qu'elle était bien en vue? Oh, ce qu'elle était maladroite...

« Ça pourrait aller mieux, disons. Enfin, c'est pas grave, hein, ça pourrait être pire aussi...»

Ayleen releva la tête vers son interlocuteur, comme cherchant à savoir s'il disait la vérité ou mentait simplement pour ne pas lui dire ce qu'il pensait réellement. Difficile à dire, difficile à savoir et à déterminer ; il souriait mais ça ne voulait pas dire grand chose, cela non plus. Parce qu'après tout, il avait l'air relativement embêté pour ses achats-ce qu'elle comprenait parfaitement, d'autre part. Peut-être n'avait-il pas beaucoup d'argent? La jeune fille aux couettes ne vivait pas dans la misère, n'était pas riche pour autant. De fait, elle ne pouvait prétendre connaître la réalité d'une vie où chaque pièce comptait, où le moindre aliment était nécessaire, où les moindres petits extra pouvaient coûter très cher par la suite. Oh non, elle espérait réellement qu'il n'était pas ce genre de personnes, auxquelles cas ç'aurait été encore plus terrible qu'elle fasse tomber son sac comme ça, par manque d'inattention! Elle arqua encore plus les sourcils, comme si elle venait de tuer un petit animal ou qu'on venait de lui annoncer que jamais elle ne pourrait avoir d'enfants. C'était gênant, c'était embarrassant, elle n'aimait pas être la cause de problèmes pour qui que ce soit. Ayleen rebaissa la tête vers le sol, comme si elle avait été prise en faute, se balançant d'un pied à l'autre dans un lent mouvement de balancier. La demoiselle se doutait bien qu'il n'allait pas la remercier, c'était une certitude ; qui l'aurait fait dans un pareil cas? Seulement voilà, même si ce n'était pas très grave et que ça arrivait des dizaines de fois à certaines personnes qui couraient à travers rues pour arriver à l'heure ici ou là, ne pas extrapoler était hors de sa portée. Chaque fois qu'elle avait l'impression d'avoir fait quelque chose de mal ou de répréhensible, Ayleen était comme un petit chien : queue entre les jambes, oreilles baissées, à attendre que l'orage passe. Même si ce n'était qu'une petite bruine, il n'en restait pas moins qu'elle serait mouillé. Et ce contact seul la rendait triste, à vrai dire. Elle aurait aimé tout bien faire, même si c'était impossible.

«Tu ne t'es pas fait mal non plus, au moins? Pardon, vous.»

Relevant son visage, sans pour autant le regarder, elle fit non de la tête. Non non, bien sûr qu'elle ne s'était pas fait mal. Évidemment! C'était plutôt lui qui avait du avoir mal, il n'aurait pas du s'inquiéter pour elle. Non, elle elle n'avait fait que lui rentrer dedans, comme une parfaite demeurée qui ne regardait pas où elle allait, il aurait presque été normal qu'elle ait mal, et lui non. Seulement voilà, c'était rarement ainsi que les choses se passaient : l'agresseur était le moins touché, la victime qui n'avait rien fait, quant-à-elle, souffrait. Peu importait le cas, c'était toujours ainsi que ça se passait, à petite ou grande échelle. En tout cas, soit c'était son imagination, soit il était en effet légèrement irrité. Bon, rien d'étonnant, mais elle aurait préféré continuer de penser qu'il ne l'était pas, tout en se disant qu'il aurait du l'être. Ayleen ne releva pas le vous, tu, vous, ne prêtant en général que peu d'attention à cela, et finit par agiter ses mains devant elle, souriant légèrement.

«Oh non, non! Ça va très bien, rien de cassé! Assura-t-elle en continuant de sourire. Je vais bien, encore pardon. Eeeeee-..»

Le garçon saisit son bras et la tira doucement vers le mur, et elle dut avouer qu'avant qu'il ne reprenne la parole elle ne comprit pas exactement pourquoi. La jeune fille ne dit rien durant un instant, se contentant de le regarder, puis sembla avoir une illumination, et se remit à sourire. Ah oui, bien sûr : c'était logique, mieux valait ne pas provoquer un véritable tombé de domino au beau milieu de tout, ça aurait fait désordre tout de même. Elle remit en place une mèche de ses cheveux qui semblait absolument vouloir se placer devant ses yeux d'un geste très professionnel, et joignit ses mains dans son dos, histoire de les occuper sans bouger sans arrêt pour autant. Elle s'autorisa cependant, jugeant que ce n'était pas trop grave, à continuer de se balancer doucement-d'avant en arrière, cette fois-sur ses pieds.

«Et..., ah, tu, c'est bien, dit-elle en fronçant légèrement les sourcils, cherchant à se souvenir de ce qu'elle voulait dire juste avant cela. Oh! Et je suis tellement, tellement désolée pour ton sac! Si je peux faire quelque chose, peut-être..? Si quelque chose est cassé, ou âbimé, ou..., c'est ma faute, vraiment, je suis complètement désolée!»
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MessageSujet: Re: Daydreaming.{Libre.XD}   Lun 5 Juil - 17:18

Tristan était un opportuniste. Même lui ne l'aurait pas nié; oui, c'était vrai, il avait une fâcheuse tendance à faire feu de tout bois, et de ne s'occuper des principes et autres valeurs morale que de manière modérée. Ce n'était pas que ce qui arrivait aux autres ne le concernait guère, pas plus qu'il n'était heureux de causer du tort aux gens. Non, simplement que de deux maux il faut choisir le moindre. Entre la peine qu'occasionnait le vol de quelque fruit sur l'étalage d'un marchand et ne rien manger au soir, il fallait comprendre que l'une semble préférable à l'autre. On avait bien trop souvent tendance à condamner autrui sans prendre en compte les circonstances, les raisons pour lesquelles il avait agi. S'il avait pu, il; aurait été tout à fait honnête avec tout le monde, ou en tout cas il se plaisait à le croire. Mais comme parfois, faire des choix s'imposait, il préférait de confortables mensonges à une vie de misère. Certes, il avait hérité des deux, ce qui n'était pas forcément pour lui plaire; l'important était juste de se dire que tout aurait pu être bien pire. Il aurait pu naître laid, idiot, difforme, sans Adrian avec lui, ou être gravement malade, ou il ne savait quoi d'autre encore. La chance ne lui souriait peut-être pas toujours, mais au moins avait-elle eu la bonté de lui accorder quelques avantages pour sa vie future. Il posa son regard sur la demoiselle face à lui, sans se soucier de faire suivre le mouvement à ses yeux. Entre Esprit, cela n'avait pas de grande importance: ils se comprenaient, nul besoin de cette gymnastique oculaire pour le moins inutile et stupide. Le plus souvent il ne prenait pas la peine de ne fut-ce qu'y songer, ce n'était pas pour changer maintenant, se dit-il. Ce qui le frappa le plus chez elle, en premier lieu, fut son expression sincèrement contrite. Elle l'avait heurté; eh bien quoi? Il n'y avait pas mort d'homme, et il ne se souvenait pas s'être mis à lui crier des insultes au visage, l'avoir traitée de tous les noms ou, autre réaction qui aurait pu engendrer une quelconque gêne, ne s'était pas mis à pleurer sur la perte d'il ne savait trop quoi. Aucun d'eux n'était blessé, superficiellement ou non, ou en tout cas lui semblait-il. Alors, où était le problème? Le jeune homme n'avait jamais été d'une timidité maladive, sans être des p^lus extravertis non plus. De fait, il y avait de fortes chances que s'il l'avait vue passer, tranquillement, dans la rue, juste à côté de lui, mais qu'elle ne lui était pas rentrée dedans, il ne lui aurait pas accordé d'attention. Tout comme il n'en accordait pas à la myriade de visages inconnus se pressant autour d'eux, tout comme il se serait retrouvé bien incapable de dire s'il les avait déjà croisé ou non, une fois dans sa vie. Ils ne seraient jamais adressé la parole: mais le hasard faisait bien les choses, et elle n'avait pas l'air méchante. Au contraire, trop gentille. Ou de toute manière, trop désolée pour une simple collision. Il avait envie de lui dire que ce n'était pas grave, que ce n'était rien, la saluer puis rentrer chez lui, voir son frère, et passer le reste de la journée ainsi. C'aurait été loin de le déranger, dans la mesure où chaque minute passée auprès de lui n'était pas du temps de perdu. Mais l'air frais du dehors était agréable sur sa peau, sur son visage. Ce n'était pas l'air glacé de l'hiver; celui-ci était moins froid, plus tiède. Un léger vent qui charriait des odeurs vous mettant l'eau à la bouche, sûrement dues aux boulangeries, pâtisseries et autres échoppes présentes un peu partout en ville. Rentrer à cette heure ne lui paraissait donc pas être une excellente idée, quoique pas mauvaise pour autant. Errer seul dans ces rues ne l'aurait pas tant incommodé; il n'avait pas compté rester très longtemps. Mais cette demoiselle pouvait toujours s'avérer être de bonne compagnie, au fond. On n'était guère jamais à l'abri de bonnes surprises. Des mauvaises non plus, nota-t-il au passage. A en attendre trop des gens, on finissait par être déçu. Mais il avait la très nette impression que l'Esprit aux cheveux bouclés n'était pas du genre à critiquer, voler et frapper les inconnus. Ou ceux qu'elles connaissait. Il était un peu tôt pour se forger une opinion à son sujet, mais à en juger par son comportement, elle devait être plus honnête et soucieuse qu'autre chose. Un peu, se dit-il, comme l'une de ses amies d'avant. Elle était cependant partie et depuis, il n'en avait plus entendu parler. C'était fou ce que les gens, même ceux auxquels on pensait s'être réellement attachés, partaient comme ils étaient venus. Et le plus triste dans tout cela, c'était bien la vitesse à laquelle nous nous en accommodions. Enfin, triste, c'était vite dit. La capacité d'adaptation de l'homme était ce qui l'avait toujours sauvé, et il se voyait mal se morfondre des semaines durant de l'absence d'une personne dont il savait qu'elle continuait à respirer quelque part en ce monde. Tout ce qu'il savait, et accessoirement tout ce qu'il avait besoin de savoir, était que les gens comme cela étaient agréables à écouter, et qu'il pouvait être amusant de leur parler.

Mais la priorité du moment était de savoir si oui ou non il avait de véritables bonnes raisons d'être en colère contre cette jeune fille. La réponse importait pourtant au final peu; il doutait pouvoir rester longtemps fâcher contre une personne le regardant avec des yeux de chien battu de la sorte, pire que si le monde allait s'écrouler et que tout était de sa faute. Il n'était pas cruel, faire de la peine aux autres n'était pas son ultime but. Pas son but du tout, même. Et si elle continuait d'afficher un air pareil... Ce genre d'impression de culpabilité était somme toute relativement communicatif: elle se sentait coupable de l'avoir percuté et lui se sentirait coupable qu'elle se sente aussi coupable pour pas grand chose. Cette pensée lui arracha un léger sourire. Ils auraient l'air malin, si c'était ça... La jeune fille secoua la tête, lui indiquant qu'elle ne s'était pas fait mal. Très bien. Au moins, c'était déjà ça de gagné, il n'allait pas s'en plaindre. Il s'en était un peu douté, mais cela faisait toujours du bien d'avoir confirmation de ce que l'on pensait. Toute incertitude balayée, on se sentait mieux, inéluctablement. Il en profita pour jeter un rapide coup d'œil à ce qu'il avait tout juste remis dans son sac. Une malheureuse pomme avait connu les effets scotchant de la gravité, semblait-il. Il n'aurait donc qu'à la passer sous l'eau. Ou pas d'ailleurs; l'épousseter serait peut-être suffisant? Du moment qu'elle avait toujours l'aspect et le goût d'un fruit, le reste n'importait pas vraiment, si? Il se le demandait. Il songea que, par simple mesure de sureté, il la mangerait lui. Il donnerait bien entendu le reste à Adrian mais, la santé de l'un étant meilleure que celle de l'autre, mieux valait ne pas prendre de risques. Il s'appuya au mur près duquel il avait tiré son interlocutrice, cette pointe d'irritation ayant plus ou moins disparue. Pas complètement; mais comment vouliez-vous rester en colère quand la personne en face de vous faisait une véritable affaire d'état d'une petite chose? Une montagne d'une taupinière, vraiment. Elle avait semblé avoir comme un court moment de 'blanc' après qu'il l'ai amenée plus près du mur, durant lequel il se demanda s'il avait commis une quelconque bêtise. Cela ne dura pas; de toute évidence, tout allait bien.

«Et..., ah, tu, c'est bien. Oh! Et je suis tellement, tellement désolée pour ton sac! Si je peux faire quelque chose, peut-être..? Si quelque chose est cassé, ou abîmé, ou..., c'est ma faute, vraiment, je suis complètement désolée!»

Tristan haussa les épaules, ne sachant trop que répondre. Lui dire quoi? Oui, tu as tout cassé, repaye tout maintenant ou je fais un malheur? Il jeta un bref coup d'œil autour de lui, perplexe. Que dire, que dire? Il ne pouvait décemment passer à côté d'une occasion de gagner quelque chose gratuitement. Jamais. C'était comme inscrit dans son cœur, ou marqué au fer rouge dans son esprit: on te donne, tu prends. On te propose, tu acceptes. Sauf que dans la présente situation, c'était quelque peu plus délicat que ça. Point positif, elle ne se formalisait pas de son hésitation sur le tu ou le vous. Cela pouvait paraître étrange mais certes personnes ne son âge pourtant, voir plus jeune, n'aurait pas supporté ne fusse que l'idée qu'il les tutoie. Les nobles, non. Ceux là, il ne leur parlait pas, pas par manque de volonté, mais parce qu'ils faisaient partie d'un autre monde dans lequel même les bourgeois, avec leur argent qui semblait tomber du ciel à un tel point qu'ils ne devaient même plus savoir qu'en faire, ne pouvaient entrer. Les riches villageois, et ces dits bourgeois en revanche, bonjour la courtoisie... Loin de lui l'idée de faire trop de généralités, mais il fallait bien reconnaître que, tout de même, ils étaient un peu trop à cheval sur les règles. Règles que Tristan ne connaissait d'ailleurs pas. Et sous le prétexte qu'eux, si, ils se croyaient souvent supérieurs à tous et ne souffrait ni la moindre attente, ni le moindre manque de respect. Il n'avait pas pensé une seule seconde qu'elle fasse partie de ces gens là. Ce n'était une critique ni pour les uns ni pour les autres toutefois. Il y avait des riches très gentils, à n'en point douter. Seulement voilà, rien dans son comportement ou son habillement ne l'avait amené à penser qu'elle eût pu détenir les clés d'une immense fortune, dormir dans des draps de soie, entourées de murs aux tapisseries pastel filées d'or. Et si elle acceptait qu'il dise 'tu', alors cela ne faisait que renforcer sa thèse.

« Her, personne n'est mort, et encore moins à cause de toi! Pas besoin de t'affoler comme ça, je t'assure! Ce n'est rien de grave. »

Il avait sourit en disant cela, dans la visée de la rassurer au moins un peu. Mais il n'avait pas non plus répondu à sa question. Pour appuyer ses dires, il sortit à nouveau cette fichue pomme, constatant au passage une petite trace à l'endroit où elle avait heurté le sol. Oups? Enfin, ce n'était pas atroce non plus. Cela irait, à priori. Certainement, même.

« Je peux encore la manger, c'est ce qui compte, non? Le reste n'a pas dû trop souffrir, tu n'as rien à te reprocher. Il marqua une courte pause, puis repris, ironique. Ou presque. »

Il sembla à Tristan que la jeune fille ne pouvait pas tenir en place. D'abord elle s'était balancée de droite à gauche, de gauche à droite, et à présent, le balancier allait d'avant en arrière, d'arrière en avant. Le blond se demanda s'il faisait peur. Dans l'ensemble, il n'en avait pas l'impression. Un peu trop mince, peut-être? Oh, se dit-il, pas tant. Et puis, ce n'était pas de sa faute, non plus. D'autant qu'il doutait que cela ai quoi que ce soit à voir avec la supposée nervosité de la jeune fille en rose. Avec un magnifique rythme d'un ou deux repas tous les deux jours, il trouvait qu'il s'en sortait plutôt 'pas mal'. Cela aurait pu être pire, sincèrement. Il ne s'en plaignait pas, de loin s'en fallait. Sans compter qu'il y avait des fois où ses amis l'invitaient. Pas souvent, pas trop. Ça avait quelque chose de gênant, de se faire tout payer par ses amis. En plus de cela, le sentiment de leur devoir quelque chose était assez dérangeant, pour tout dire. Il ne connaissait pas cette fille néanmoins, donc ici, il devait avouer être un peu moins scrupuleux. Mais personne ne lui en aurait tenu rigueur, si?

« … Mais si tu veux vraiment faire quelque chose, alors... Tu es occupée? Ça n'a rien d'amusant, de marcher tout seul... Mais si tu as quelque chose à faire ce n'est pas grave. Ou si tu veux rester seule, ou je ne sais pas... »

Il accompagna cette phrase d'un nouveau haussement d'épaules. Il verrait bien, de toute façon. Il se voyait mal être méchant avec une personne qui semblait être tout sauf cruelle elle-même. Et sinon, il rentrerait.
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MessageSujet: Re: Daydreaming.{Libre.XD}   Jeu 5 Aoû - 19:27

Ayleen avait tendance à tout prendre trop à cœur, on le lui avait déjà dit plusieurs fois.

Combien de fois ses amies l'avaient-elles secouées par les épaules en lui disant de se calmer, que ce n'était pas grave? Un nombre incalculable, sans nul doute. Mais elle n'y pouvait rien, c'était dans sa nature de s'impliquer dans ce qu'elle faisait. Ou avait fait, en l'occurrence. Oui, la jeune fille aux cheveux rouges était quelqu'un qui, malgré sa sensibilité à fleur de peau et sa gentillesse naturelle, prenait ses responsabilités. Si elle cassait quelque chose, elle ne dirait pas que c'était Aurora qui l'avait fait, par exemple. Non, quand elle était responsable de quelque chose, alors elle retroussait ses manches et se débrouillait pour réparer les dégâts. Pas que ça lui plaisait particulièrement, pas qu'elle était vraiment courageuse, bien au contraire : devant le premier petit pépin elle se sentait l'envie terrible de courir se cacher et d'attendre que l'orage passe. Mais elle ne le faisait pas et, de son point de vue, c'était le plus important. Soit entendu, là elle n'avait rien fait de vraiment grave. Elle avait bousculé un passant, ça pouvait arriver à tout le monde et elle ne serait pas la dernière personne à rentrer involontairement dans ce jeune homme. Mais elle l'avait fait et, pire que cela, elle avait renversé ce qu'il tenait dans ses bras. Et ça, en revanche, c'était inexcusable. Elle ne tenait pas à ce que sa bêtise entraine des complications pour ce garçon, surtout qu'il avait l'air de quelqu'un de gentil, du genre à ne pas chercher les ennuis mais plutôt à faire son bout de chemin tranquillement à travers la foule. Heureusement, se dit-elle, qu'elle n'était pas tombée sur quelqu'un d'un peu trop nerveux. Elle aurait tout à fait pu se retrouver nez à nez avec un colosse de deux mètres de haut tenant à en découdre, et ce n'était pas sa petite taille et son air innocent qui aurait changé quoi que ce soit face à ce type d'individu, elle en aurait mis sa main à couper. Si on l'avait bousculée, elle, elle n'aurait rien dit, aurait demandé à l'autre s'il allait bien. Mais il existait des Esprits nerveux et bagarreurs, elle le savait très bien et ne les blâmait pas, loin s'en faut. Chacun son caractère, n'est-ce pas? Et puis, ce n'était pas parce qu'on lançait des regards de tueur à tout ceux qui marchaient trop près de nous qu'on était quelqu'un de fondamentalement mauvais. A cette idée, Ayleen ne put retenir un léger sourire, rêveuse. Oui. Elle était complètement folle, et elle en avait parfaitement conscience-ce qui était peut-être bien pire, dans le fond. Mais ce genre de garçons, elle trouvait ça..., 'cool'. Elle n'aurait su trouver d'autres mots sur l'instant, et aurait été bien en peine d'expliquer pourquoi elle regardait avec de grands yeux chaque garçon a l'air fort peu sympathique qui passait à côté d'elle. Clairement, elle préférait les mauvais garçons aux autres, elle ne s'en cachait pas vraiment. Ce n'était peut-être qu'une période parmi tant d'autres qu'elle était en train de traverser, mais pour l'instant elle voulait que l'unique amour de sa vie soit comme ça. Non pas qu'elle n'aimait pas les personnes gentilles, comme ce jeune homme aux cheveux clairs semblait l'être ; eux, elle les considérait comme ses amis. Oui, exactement, ses amis. Et, c'était bien connu, on ne pouvait pas tomber amoureux d'un de ses amis. Enfin, elle voyait les choses sous cet angle, tout du moins. Mais en fervente adepte du coup de foudre, il aurait difficilement pu en être autrement. C'était peut-être pour ça que ses relations duraient si peu de temps? Elle balaya cette idée d'un léger signe de tête, reposant son regard foncé sur son interlocuteur. Ce n'était pas le moment de penser à ça, elle venait de totalement ruiner le contenu du sac de ce garçon! Enfin..., ruiner n'était pas le mot exact, peut-être était-ce un peu trop fort et radical. Abimer, par exemple, semblait coller bien mieux à la situation, et puis ça avait le mérite de la rendre un peu moins coupable-si c'était possible. Parce que quand bien même elle se rendait compte que s'excuser de la sorte était peut-être 'trop', elle ne pouvait pas s'en empêcher. La jeune Esprit avait peur qu'il ne la croie pas, qu'il pense qu'elle ne faisait cela que pour être polie et qu'elle se moquait bien de ce qui pouvait lui arriver à partir de là. Elle trouvait cela vraiment triste, tout ces chemins qui se croisaient sans se prêter la moindre once d'attention. Maintenant qu'elle l'avait percutée elle voulait lui montrer qu'elle s'inquiétait réellement pour ce qu'elle avait bien pu lui faire, même si c'était minime et que, sans doute, elle ne le reverrait guère plus par la suite. Sait-on jamais? Cela n'avait jamais fait de tort à personne, de se montrer gentil et avenant, prévenant et sympathique. Certains auraient dit qu'elle était stupide et trop naïve : c'était peut-être mieux que d'être un génie dépressif et reclus dans une tour.

Elle garda ses sourcils arqués, la mine désolée. Et elle l'était : réellement, complètement, totalement désolée. Elle avait l'impression d'avoir fait quelque chose de mal et, comme un petit animal, gardait la tête baissée et la queue entre les jambes en attendant la caresse qui aurait signifié qu'elle était pardonnée-même si en l'occurrence elle attendait plus une confirmation orale qu'une quelconque caresse, évidemment : elle ne se prenait pas encore pour un animal. Ayleen continua de se balancer sur ses pieds, doucement, consciente que si elle continuait ça allait peut-être devenir agaçant pour ce jeune homme. Mais elle n'y pouvait rien, elle avait la bougeotte. Il était des fois où la demoiselle aux cheveux bouclés restait sage comme une image, plus immobile qu'une statue, à tranquillement lire un livre quelconque ; mais il y avait d'autres moments, comme celui-ci, où elle ne tenait pas en place. Elle avait envie de bouger, de rire et de sauter dans tout les sens, et ne se retenait bien que parce qu'elle avait un minimum d'estime pour elle-même et de bon sens. En d'autres mots, elle se sentait bien et heureuse-ou plutôt elle se sentait bien et heureuse jusqu'à il y avait quelques minutes, mais ça n'avait rien d'irréversible. Dès qu'elle aurait l'impression que tout allait bien pour lui et qu'il ne lui en voulait pas elle pourrait pousser un long soupir soulagé, retrouver son sourire et vaquer à ses occupations. Pour l'heure, elle se mordillait la lèvre inférieure en espérant que ce que contenait ce sac n'était pas trop gâché. Surtout s'il était pauvre, ça aurait été la totale catastrophe. Il n'avait ni l'allure ni la prestance des bourgeois, des Nobles ou des riches villageois : mais sait-on jamais, sait-on jamais. Il se pouvait aussi qu'il soit un villageois moyen, avec juste ce qu'il fallait de revenu pour s'assurer une vie tranquille mais néanmoins sommaire. Venant d'une famille avec un haut revenu, même si maintenant elle devait se priver quelque peu en comparaison à il y avait quelques années, elle avait parfois du mal à se figurer ce que c'était que de manquer d'un peu tout, de vivre au jour le jour en se demandant si on pourrait manger le lendemain. Non, elle ne savait pas mais imaginait que ça ne devait pas être agréable le moins du monde. Elle espérait sincèrement qu'il ne lui en voulait pas, mais espérait tout autant que ce n'était réellement pas grave, si le contenu de son sac était immangeable.

« Her, personne n'est mort, et encore moins à cause de toi! Pas besoin de t'affoler comme ça, je t'assure! Ce n'est rien de grave. »

Ayleen tenta un léger sourire en réponse à celui de son interlocuteur, pas vraiment convaincue pour autant. Personne n'était mort, c'était un fait. Mais tout de même..., la jeune fille chercha à s'imprégner de ses paroles, cherchant à les croire et à ne plus douter un seul instant que ça l'embêtait, que ce sac soit tombé au sol. Rien à faire pourtant. Elle ne pouvait pas penser qu'il ne lui en voulait pas parce que, même elle, dans le fond, n'aurait pas été particulièrement ravie d'être à sa place, quand bien même la personne qui l'aurait bousculée ne l'aurait vraiment pas fait exprès et serait profondément désolée. Ce n'était pas les excuses qui remplaceraient les fruits, c'était certain. Et si eux pouvaient remplir son estomac, et donc lui être d'une vitale utilité, ses excuses s'envolaient au loin à chaque fois qu'elle les prononçaient, disparaissaient dans l'air et ne pouvaient être utilisées d'une quelconque façon. Elles ne servaient qu'à la faire pardonner, à ce qu'elle se sente mieux ; ça n'aidait donc en somme pas ce jeune homme aux yeux aussi vides que les siens.

« Je peux encore la manger, c'est ce qui compte, non? Le reste n'a pas dû trop souffrir, tu n'as rien à te reprocher. Ou presque. »

Elle 'suivit du regard et non des yeux' la pomme qu'il tenait entre ses mains, confuse. Oui, elle devait encore être bonne, mais elle était tombée au sol. Chez elle, ce ne serait pas passée, elle en était presque sûre. Si elle avait fait tomber de la nourriture au sol et l'avait lavée en disant que ce n'était pas grave, sa mère lui aurait sans doute défendu de manger ça. Parce que c'était sale et que donc ce n'était pas bon, ça la rendrait malade. En vérité, nul doute qu'elle s'en serait très bien porté ; mais c'était ainsi, et elle ne contredisait pas cette loi tacite. C'est sale, on ne mange pas. Qui sait ce qui avait pu trainer ici, à leur pieds? Pourtant elle ne dit rien, une fois de plus, se contentant de hocher de la tête silencieusement. Elle s'en voudrait, quoi qu'il dise, et il lui en voudrait un peu, quoi qu'elle fasse : elle en était persuadée, et que ce soit totalement faux ou pas l'idée ne lui sortirait plus de la tête.

« … Mais si tu veux vraiment faire quelque chose, alors... Tu es occupée? Ça n'a rien d'amusant, de marcher tout seul... Mais si tu as quelque chose à faire ce n'est pas grave. Ou si tu veux rester seule, ou je ne sais pas... »

Ayleen releva la tête par réflexe à cette idée, et se remit à sourire. Non, elle n'était pas occupée, pas le moins du monde. Elle n'avait, si elle se souvenait bien, rien de particulier à faire ce jour là. Non, il ne lui semblait pas. De fait elle était tout à fait libre, aucun problème. Elle tenta rapidement de se rappeler si sa mère lui avait demandé quelque chose, ou bien son père, ou même sa sœur préférée, Aurora, mais rien ne lui vint. Ce devait donc être qu'elle était juste sortie pour se promener, comme elle en était quasiment persuadée-mais quand on a une cervelle de moineau, on remet chaque certitude de ce genre en doute, pour son propre bien et celui des autres. Elle n'aurait pas voulu que quiconque s'inquiète parce qu'elle aurait du rentrer depuis longtemps, par exemple : mais à priori ce n'était pas le cas, donc pas de quoi s'en faire. Et puis dans le pire des cas sa sœur jumelle viendrait la chercher, elle n'en doutait pas un seul instant. Pas la peine de s'inquiéter pour si peu. La jeune fille se stoppa net, se tenant soudain tranquille, chose qui en soit était un petit miracle étant donné l'énergie qu'elle avait à revendre ce jour là.

«Non non, je n'ai rien à faire en particulier, répondit-elle en secouant sa tête de gauche à droite. Et je n'ai pas particulièrement envie de rester seule, en fait, donc si ça peut te faire plaisir...»

Elle s'arrêta brusquement, lissant sa jupe sous ses doigts, et sourit de nouveau, légèrement rassérénée à l'idée qu'il ne lui en voulait pas terriblement pour ce qu'elle avait fait à sa pomme-et aux autres, qui sait.

«Oh, je m'appelle Ayleen Meadlow, au fait. Je peux savoir ton prénom? Ce sera plus pratique, je pense.»
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MessageSujet: Re: Daydreaming.{Libre.XD}   Mar 10 Aoû - 16:01

Peut-être aurait-elle pu se faire avoir, se dit Tristan. Certaines personnes, particulièrement confiantes en les autres, ne remettant pas en cause une seule seconde la véracité de leurs propos, partant du principe même qu'ils étaient honnêtes, étaient des cibles propices pour les escrocs en tout genre. Il en savait quelque chose, bien que cela ne le réjouissait pas forcément. Il fallait juste savoir les repérer, savoir leur parler, afficher un sourire ou une mine désolée et, parfois, seulement parfois, cela fonctionnait à merveille. On pouvait tirer un peu ce que l'on voulait des gens pour peu que l'on sache leur dire ce qu'ils désiraient entendre, ou que l'on prétende avoir la solution à leurs problèmes. Trouver ce qui leur tenait à cœur. Ou les mettre dans une position dans laquelle il serait très clair qu'ils vous devraient quelque chose, la culpabilité étant, dans ces cas là, un allié de taille. La pitié de temps à autre, aussi, quoique dans une moindre mesure. Et la meilleure manière de ne pas se faire entourlouper était bel et bien de douter d'un peu tout le monde, et de faire preuve d'un égoïsme certain. Alors on était sûr de garder pour soit ce qui nous appartenait et de ne pas se faire 'voler', pour ainsi dire. Tout le monde n'en était pas capable, même si c'était pourtant le cas de l'écrasante majorité des personnes. Il aurait pu essayer, juste pour voir; mais il n'en avait pas envie. Pas vraiment besoin non plus. La demoiselle n'avait pas l'air méchante, certes; et peut-être que s'il lui avait annoncé, la mine dépitée, au bord des larmes, qu'elle avait ruiné tout le contenu de son sac et que 'oh-mon-dieu-il n'allait-rien-pouvoir manger-ni-lui-ni-ses-dix frères-et-sœurs mais-il-la pardonnait-tout-de-même', elle aurait insisté pour réparer les dégâts causés par sa mégarde. Ah, la belle affaire; finalement, il aurait sans doute dû dire cela... Ou quelque chose d'autre mais de tout aussi poignant. Les récits d'une vie inventée de toute pièces pour attendrir quelque personne, sans en avoir l'air, cela le connaissait assez bien. Plus le mensonge était gros, mieux il passait, telle était la règle d'or à appliquer à la lettre. Il ne fallait pas en faire des tonnes non plus, mais trouver le juste milieu qui allait droit au cœur des gens sans éveiller de doute. Difficile, compliqué, mais faisable. Et diablement utile, ceci dit en passant. Enfin, toujours était-il que pour agir lui-même de la sorte, il savait pertinemment reconnaître qui faisait partie de cette même catégorie que lui, et donc par conséquent, les ignorer proprement; distinguer leurs ingrats mensonges de la vérité. Ce n'était pas que le monde n'avait aucune raison de mentir, qu'il fallait se dire. A moins d'être complètement niais et stupide, à moins de vouloir finir sa vie entouré de rose et de pastel, certes, d'un décors magnifique, mais uniquement fait de carton pâte. On avait tous une bonne raison de prononcer des paroles sans les penser; en revanche, le contraire n'était pas valable le moins du monde. Alors, ce qu'il fallait se demander, le bon raisonnement était plutôt, du point de vue du blond, c'était plutôt si le monde avait une bonne raison de dire la vérité. Oui, parce qu'untel m'aime. Oui, parce que cela ne le dérangera pas. Oui, parce que cela lui apporte quelque chose. Oui, parce que cela ne vaut pas la peine de prendre le moindre risque. A ce moment là alors oui, on pouvait considérer l'autre comme honnête. Pas avant. Pas sans cela. Autrement dit, dans l'immédiat, il aurait tout aussi bien pu avoir été en train d'essayer bon gré mal gré d'entraîner la jeune fille aux yeux vides dans quelque ruelle sombre et la tuer à l'insu de tous sans que personne ne s'en doute, encore moins elle. Bon, d'accord, ce n'était pas le cas, et ce n'était pas même possible d'imaginer tout ce qui aurait hypothétiquement, possiblement, peut-être, si ceci et si cela, arriver. Mais à ne pas suffisamment se méfier on finissait inéluctablement par se faire avoir en beauté. Il n'avait pas envie que cela lui arrive, pour sûr. Il continua de sourire, songeant que si l'univers n'avait été entièrement constitué que de gens prudents et raisonnables, il serait mort depuis longtemps. Repose en paix, le monde était trop bien pour que tu puisses y rester. Ce n'aurait pas été drôle ou agréable du tout... Tant qu'à faire, il préférait un monde noir, gris et blanc où il puisse trouver vaille que vaille sa place, qu'un rose bonbon duquel il serait éjecté à la moindre occasion. Un mal pour un bien. On devait bien souffrir quelques menus inconvénients pour avoir le droit de rester sur terre, pas vrai? Posant son regard marron sur la jeune fille, il se demanda tout de même si c'était aussi son cas. Devoir laisser des choses pour en avoir d'autres. Devoir abandonner quelques idéaux un peu trop contraignants pour être libre de ses mouvements. Pousser un peu les autres pour avoir sa place au premier rang. Au vu de ses excuses à profusion et de son air qui allait parfaitement avec le contenu de ses phrases, il en doutait vaguement.

Cr n'était pas que lui n'aurait pas été franchement désolé d'avoir percuté quelqu'un, non. Il en aurait moins fait. Il se serait excusé et serait reparti, à moins que l'autre n'aie fait tomber quelque chose de réellement intéressant. Auquel cas il l'aurait ramassé et se serait enfui en courant à toute vitesse. Renverses une jolie, riche et jeune demoiselle était également un coup de force du destin. Là, peut-être serait-il resté un moment, tenter sa chance. Mais il préférait rester honnête avec lui-même: s'il s'était percuté, et avait fait tomber quelque chose, il se serait rapidement enquis de sa santé, se serait excusé avant de partir sans trop demander son reste. Sans se soucier plus des choses et des gens. Un garçon somme toute tout à fait normal, que l'on trouvait en dix exemplaires dans la rue d'à côté, et que l'on ne risquait pas de recroiser. Dont on n'avait pas besoin. Il ne se serait pas attardé sur lui-même, et ce n'était pas de l'auto-dénigrement. Lui, appelait cela du réalisme. Donc elle devait être très gentille, donc il aurait possiblement pu réussir à lui faire acheter quelque chose. Enfin, il l'aimait bien; et puis il avait assez à manger pour un moment, sans compter que par respect pour sa considération, il se serait senti vaguement mal. A moins qu'elle n'aie beaucoup d'argent? Cela aurait changé la donne; mais pas moyen de demander sans avoir de suite l'air bizarre et suspect. Quand bien même ce n'était nullement son intention, elle aurait cru qu'il voulait l'enlever ou quelque chose du même acabit. Ils ne se connaissaient pas, après tout.

Raison pour laquelle il fut un rien surpris par sa réponse.

«Non non, je n'ai rien à faire en particulier, répondit-elle. Et je n'ai pas particulièrement envie de rester seule, en fait, donc si ça peut te faire plaisir...»

Il lui sourit en retour, se disant qu'en effet, c'était plus agréable de marcher avec quelqu'un. Il rentrerait, mais pas maintenant. Il ne voulait pas la retenir, bien sûr, mais tant qu'ils n'allaient pas trop loin... Et, au pire des cas, il connaissait cette ville par cœur. Dont des raccourcis très pratiques pour se rendre plus rapidement à tel ou tel endroit. Et semer un éventuel marchand en colère. Il était certes plus familier avec le quartier où était sa maison, mais cela ne l'empêchait pas de connaître les autres aussi, même si ce n'était que plus superficiellement. Il détailla un peu plus la jeune fille, tout en serrant son sac comme s'il avait la dernière chose le reliant encore à la vie. Oui, gentille et mignonne, comme une ancienne amie, se dit-il, comme il l'avait déjà remarqué. Assez jolie. Quand on connaissait un minimum Tristan, on savait, on savait à la perfection, que mieux valait de ne pas trop l'écouter lorsqu'il parlait d'amour. Il était de ceux profitant de la naïveté de certaines pour les embobiner, parce qu'il les avait trouvées jolies, ou que quelque chose, dans leur caractère, avait attiré son attention dans ce sens là. Le seul de qui il ne se fichait pas, c'était Adrian. Lui, il l'aimait vraiment, vraiment, vraiment. Vraiment. Ce qu'il ressentait pour lui, jamais il ne l'aurait ressenti pour quelqu'un d'autre; et si ce sentiment était de l'amour, alors évidemment, il ne pourrait jamais tomber amoureux de quelqu'un d'autre. Hm. Enfin, se dit-il, il était présentement avec Maya, une jeune fille très gentille qu'il aimait bien. Mais même sans cela, il n'aurait pas pensé à tenter sa chance avec cette jeune fille là. Sans trop savoir pourquoi; il ne sautait pas non plus sur tout ce qui bougeait, il ne fallait pas croire.

«Oh, je m'appelle Ayleen Meadlow, au fait. Je peux savoir ton prénom? Ce sera plus pratique, je pense.»

Ayleen? C'était un joli prénom, commenta-t-il pour lui-même. Ayleen Meadlow. Il ne pu s'empêcher de penser que cela sonnait dix fois mieux que 'Tristan Erial', mais bon, il n'y pouvait pas grand chose. Son nom, c'était bien la seule chose que lui avaient donné ses parents, alors il le gardait jalousement. Pas que ce soit moins important que ce qui venait d'Adrian; il pensait d'ailleurs bien souvent que ses parents auraient pu mieux trouver. Mais tout de même. On pouvait avoir des diamants en mille exemplaires, on les trouverait toujours aussi brillants. Mais la pierre qu'on avait qu'une fois, bien que terriblement moins belle, bien qu'elle ai beaucoup moins de valeur, on y faisait attention tout de même. Il était d'accord quant au fait que se dire 'tu', et 'mademoiselle' ne serait pas le top du top. Cela lui était simplement sorti de la tête de se présenter, et il y avait fort à parier qu'il n'y aurait pensé qu'au moment où il en aurait définitivement eu besoin, si elle n'avait pas pris l'initiative de demander. Au bout de dix minutes, par exemple. Ce qui vous donnait un air d'imbécile heureux, tête en l'air et fier de l'être. Il allait sans dire qu'il préférait éviter cela autant que possible...

« Ah, oui. Je m'appelle Tristan. Content de te connaître, alors, Ayleen Meadlow. »

Tout en prononçant ces dernières paroles, il avait rangé la pomme dans le sac, histoire qu'elle ne tombe pas une nouvelle fois. Pas qu'il n'aurait pas aimé la manger de suite, bien au contraire. Seulement là, il n'était pas mort de faim, honnêtement. Il n'avait pas mangé le midi, et pas grand chose la veille au soir, mais il pourrait très bien attendre d'être chez lui. S'il commençait à piquer au fur et à mesure dans ce qu'il avait pris, il n'était pas près d'arriver à quoi que ce soit, se dit-il? Vraiment pas. Et puis, ce n'était pas comme s'il comptait marcher en long en large et en travers de Jiang Zemin des heures durant, ou comme s'il comptait courir un marathon. Tant qu'il ne se pressait pas trop, il n'aurait pas de problèmes. Comme d'habitude, en somme. On se faisait, comme il se l'était déjà dit, très vite au changement. Et cela faisait un long moment que cela se passait ainsi alors, il s'y était plus ou moins accoutumé. Il avait fini par apprendre combien il pouvait prendre, quand, quoi, et même comment. Et pourtant, il eut malgré tout une vague moue déçue en la replaçant avec le reste. Lui, s'en fichait pas mal, qu'elle soit tombée. Ce n'était pas son genre de faire le difficile.

« Tu allais quelque part? Personnellement, moi non, mais si tu avais un endroit particulier en tête, je voudrais pas t'embêter, alors... »

Si, se dit-il. Tu allais rentrer chez toi après avoir trainé sur le chemin. Mais peut-être qu'Ayleen, puisque tel était son nom, se promenait avec une destination précise en tête, ce n'était pas à exclure. Le blond jeune homme trouvait même cela plutôt probable, et il ne tenait pas à l'emmener, sans se consulter, à l'opposé total, par exemple. Aussi préférait-il lui demander, par mesure de précautions autant que par simple politesse. C'était la moindre des choses, à son sens.
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MessageSujet: Re: Daydreaming.{Libre.XD}   Jeu 2 Sep - 18:01

{On a jamais fait de HS ou j'hallucine? BREF, J'INAUGURE! PASTAAAA~!XD

Ca me déstresse.8D}

Il fallait l'avouer, Ayleen trouvait beaucoup de personnes avenantes.

Ce garçon, par exemple, elle le trouvait très gentil. De visu, en tout cas, et pour le peu qu'elle l'avait entendu parler. Il avait l'air gentil, sympathique, pas méchant le moins du monde. C'était une erreur et elle le savait pertinemment, que de juger les autres sur leur apparence de la sorte ; mais qu'y pouvait-elle? C'était un processus naturel, presque un réflexe, que de classer les personnes à qui elle parlait dans la catégorie méchants ou gentils. C'était un premier tri, en quelque sorte. Ça ne marchait bien sûr pas à tout les coups, et il arrivait que la jeune fille se trompe radicalement sur quelqu'un, que ce soit dans un sens ou dans l'autre ; mais c'était tout de même moins fréquent que le contraire, ce qui était sommes toute quelque peu rassurant. La jeune Esprit savait fort bien qu'un visage mignon ne cachait pas toujours une personnalité ressemblante. Elle savait parfaitement que certains avaient l'air gentils simplement pour mieux tromper les autres, pour pouvoir se rapprocher d'eux et leur faire plus de mal encore. Oui, ça lui était déjà arrivé d'être déçue de la sorte, et c'était une expérience un peu traumatisante. Parce que quoi? La solution était déjà trouvée, préparée et toute bête : se méfier de tout à chacun et ne jamais accorder sa confiance à personne avant d'être parfaitement sûre que ce n'était pas dangereux. Mais sérieusement..., elle en était incapable, et elle n'y tenait pas. C'était à cause des personnes comme cela, méfiantes et inquiètes, qu'on ne pouvait plus discuter avec personne. Or la jeune fille aux cheveux bouclés n'était pas comme ça. Non, elle n'était pas comme ça et en était fière, plus que fière même. Si ça l'amenait à se faire tromper ou à se faire humilier, et bien tant pis. Le jeu en valait la chandelle selon elle, et de toute façon elle n'en mourrait pas, donc ce n'était pas si grave que cela. En tout cas, ce garçon se plaçait instinctivement dans la case des gentils. Ça ne voulait pas dire qu'il y resterait, mais pour les quelques secondes qu'ils avaient passés ensemble, il avait l'air d'un jeune homme sympathique et poli. Peut-être n'était-ce pas le cas, mais elle ne préférait pas y penser. Oui, mieux valait se concentrer sur ce qu'elle pensait de positif, ne pas laisser les pensées négatives cheminer jusqu'à son cerveau. Il avait l'air gentil, il l'était. Pourquoi ne l'aurait-il pas été? Parce qu'enfin, elle ne voyait pas ce qui aurait pu le pousser à faire semblant d'être agréable s'il ne l'était pas. La jeune fille retint un léger soupir, tentant de faire le vide et de garder son sourire impeccablement cousu sur son visage. D'un côté, c'était peut-être pour cela qu'elle avait plus tendance à s'attacher à des personnes plutôt méchantes, ces temps-ci. Il fallait bien avouer que ça avait le mérite d'être terriblement plus simple, dans un sens : ils avaient l'air méchant, donc s'ils l'étaient ça n'aurait rien d'étonnant. Et s'ils ne l'étaient pas? Et bien, ce ne serait rien de plus qu'une bonne surprise. Oui, quand on partait du fond on pouvait difficilement tomber plus bas, et c'était rassurant. Enfin..., ce n'était pas exactement comme cela qu'elle l'aurait dit, mais l'idée était là. Il était clairement moins dérangeant de se retrouver avec quelqu'un de gentil malgré son allure peu avenante qu'avec quelqu'un d'horrible malgré son visage d'ange. Ou tout du moins était-ce son point de vue, qu'elle imaginait partagé avec un certain nombre d'autres personnes. Elle, par exemple, avait l'air tout ce qu'il y avait de plus gentille, et elle l'était. Voilà tout. Au moins l'emballage ne mentait pas sur le contenu, et quand certains auraient pensés qu'être transparent était un défaut elle elle voyait cela comme une qualité et une chance. C'aurait été terrible d'avoir l'air méchante et agacée constamment alors qu'elle était adorable et aimait rire! Personne n'aurait osé venir lui parler, personne n'aurait pensé qu'elle pouvait être sympathique et être d'une très agréable compagnie. C'aurait été horrible, vraiment. Là, au moins, quand on la voyait on ne pensait pas un seul instant qu'elle pouvait être violente et grossière. Même si elle savait durcir ses traits quand elle était réellement agacée, ça lui arrivait tellement peu souvent que ce n'était presque pas notable. Elle ne se fâchait pas si facilement, et était incapable d'avoir l'air énervée quand elle ne l'était pas vraiment. La comédie, ce n'était pas spécialement son truc. Elle savait certes mentir, mais ce n'était pas bien brillant. Elle aurait aimé être plus douée de ce côté là, ça aurait fichtrement pu lui servir par le passé et dans l'avenir, mais c'était impossible de s'améliorer à moins d'y passer ses journées. Et honnêtement, elle avait bien mieux à faire que s'amuser à faire son propre théâtre toute seule. Oui, elle avait des occupations bien pus intéressantes et amusantes qui ne nécessitaient somme toute pas tant d'efforts inutiles.

Comme se promener et buter dans des inconnus afin de faire plus ample connaissance, par exemple.

Bon, à part que ce n'était pas comme ça qu'elle avait tenu à passer sa journée et qu'elle était franchement désolée de l'avoir bousculé. Mais il était vrai que si elle ne s'était pas égarée dans ses pensées et ne l'avait pas heurté, ils ne se seraient sûrement jamais parlé de la vie. Elle serait passée à côté de lui sans même le voir, sans même se rendre compte qu'il existait. C'était triste, ça. Vraiment. Elle aurait aimé connaître tout le monde dans sa nouvelle ville, en apprendre chaque recoin, chaque petit chemin, se faire plus d'amis encore et pouvoir prendre les raccourcis les plus secrets. En somme, elle voulait recréer dans cette ville-ci le climat de confiance et le sentiment d'appartenance qu'elle avait dans sa ville natale. On avait beau dire, on ne s'habituait jamais vraiment. La veille encore elle avait failli aller frapper à la porte de la voisine, croyant que c'était son amie qui habitait là. Mais non, qu'elle était idiote : elle n'habitait pas là, puisqu'elle était restée à Esidir. Ça faisait un petit moment qu'elle et sa famille étaient ici, pourtant. C'était embarrassant, d'avoir gardé quelques repères de son ancien lieu de vie tout en les associant au nouveau. Sa maison lui manquait, le paysage aussi, mais plus que tout le reste c'était la situation en elle-même et ses amis, qui lui manquaient. Allons, ils avaient beaucoup moins d'argent qu'auparavant, elle s'en rendait bien compte. Et puis si certains de ses amis proches avaient aussi déménagés pas trop loin de chez elle et qu'elle pouvait leur rendre visite quand bon lui semblait, ils ne représentaient qu'une moitié des personnes qu'elle appréciait tant avant. Les Esprits. Parce que ses amis aux grands yeux si expressifs, et bien ils n'étaient pas là, ils étaient restés là-bas. La jeune fille ne détestait pas les humains, même après ce que certains d'entre eux avaient fait à sa propre race durant la guerre civile. Elle ne les aimait pas vraiment, mais elle n'avait rien de précis contre chacun d'entre eux. Une de ses meilleure amie était humaine, son meilleur ami était humain. Et ils lui manquaient aujourd'hui encore terriblement. Elle espérait sincèrement qu'un jour la situation changerait de nouveau, que le pays serait réuni et qu'elle pourrait aller les voir. Mais même si cela arrivait, elle doutait qu'elle puisse le faire. Les humains sont mauvais, les humains sont mieux là où ils sont, les humains devraient tous mourir, les humains ne sont bons à rien. Elle l'entendait souvent, quand elle parlait avec ses nouveaux amis. Et si elle entendait et apprenait cela de son côté, ils devaient apprendre l'inverse de l'autre côté de la frontière. Les Esprits sont monstrueux, Ce sont eux qui ont tué ta mère, les Esprits sont mauvais, on aurait jamais dû leur faire confiance. Peut-être pensaient-ils cela d'elle, maintenant, eux aussi? La jeune fille aux grands yeux vides retint un soupir, sentant son cœur se contracter dans sa poitrine. Elle n'aimait pas la guerre, elle détestait cette stupide frontière. Et elle ne voulait pas détester les humains. Malheureusement, ce n'était pas le genre d'opinions qu'elle pouvait partager avec qui que ce soit. Certains étaient très..., en colère contre la race incapable de magie, et elle ne pouvait que les comprendre. Elle-même n'avait perdu personne de cher durant cette guerre civile horrible, mais il y avait eu de nombreuses pertes. Peut-être ce garçon avait-il perdu quelqu'un qui lui était cher, lui? Elle ne lui aurait jamais demandé cela, ç'aurait été trop cruel et indiscret, mais elle se posait néanmoins la question. Même quelqu'un d'allure aussi sympathique et normale que lui pouvait nourrir une haine féroce envers ceci ou cela, et se montrer cruel. Elle le savait.


«Ah, oui. Je m'appelle Tristan. Content de te connaître, alors, Ayleen Meadlow. »

Tristan? Hm. Tristan, Tristan. Elle mémorisa le nom-ou essaya, tout au moins-en y associant son visage. Parce qu'elle se connaissait, et si elle l'avait recroisé elle aurait été capable de le saluer en donnant un autre nom. Ce qui aurait été fortement embarrassant, en vérité. Elle fit un léger signe de tête, sourire aux lèvres, se sentant brusquement beaucoup mieux. Oui, positiver. Elle devait penser à des choses positives et ne pas se laisser aller, c'était ce qu'il y avait de mieux à faire! Elle ne deviendrait peut-être pas très proche de ce garçon aux cheveux blonds, mais elle pouvait au moins devenir amie avec lui. S'entendre avec lui. N'importe quoi tant qu'il ne la détestait pas, en tout cas. La demoiselle aux yeux orangés détestait qu'on la déteste-c'était le cas de le dire. Lui était un Esprit, c'en était une aussi, il ne la détesterait donc pas pour cela. Elle pouvait l'ennuyer, ça, elle savait qu'elle pouvait le faire ; à trop parler ou à raconter sa vie pour un rien, elle ennuyait souvent les autres. Mais au moins était-elle joviale et pleine de vie. Non?

« Tu allais quelque part? Personnellement, moi non, mais si tu avais un endroit particulier en tête, je voudrais pas t'embêter, alors... »

Ayleen fit mine de réfléchir, sondant son esprit à la recherche d'une réponse à la question que Tristan venait de lui poser. Hmm..., quelque part? Allait-elle quelque part au juste? Il ne lui semblait pas, non. Elle était sortie de bonne humeur, correctement chaussée et habillée, pour aller faire un tour dans le centre. Elle le 'regarda' mettre sa pomme dans son sac, puis secoua sa tête de gauche à droite. Et bien, non. Elle n'avait aucune idée particulière. Marcher était la seule chose qu'elle avait prévue en sortant. Elle se mordit doucement la lèvre inférieure en tentant de se rappeler si elle avait prévenu sa sœur ou ses parents qu'elle sortait, mais abandonné bien vite : pas moyen, ça ne lui revenait pas. Bon, elle était grande, ce n'était pas si grave que cela, qu'elle l'ait fait ou non.


«Non, j'allais nul part en particulier, répondit-elle en joignant ses mains dans son dos, haussant les épaules. J'étais sortie pour me promener, mais je n'avais pas d'idée précise en tête. Tant que je ne rentre pas trop tard, moi, je m'en fiche. J'aime bien marcher.»

Curieux, non? Enfin, on lui disait parfois que c'était étrange, d'aimer se promener. Ayleen aimait aussi courir et s'amuser, mais elle devait faire attention, à cause de son alimentation. Pas de viande c'était bien beau, mais elle devait porter une attention extrême à ce qu'elle mangeait, histoire de ne pas être malade. Or ni elle ni ses parents n'étant des experts, elle avait souvent de petits soucis de santé de ce côté là. Enfin, ça faisait quatre ans maintenant et elle trouvait qu'elle se débrouillait plutôt bien comme ça, tout en ne se sentant pas responsable de la mort des animaux. Ça pouvait paraître ridicule, mais elle était catégorique. Pas de gentils animaux tués cruellement pour assouvir les besoins d'autres animaux dans son assiette, merci. Elle préférait être un gentil animal herbivore, de son côté. Bien qu'elle n'en veuille pas au reste du monde, ça aurait été un peu compliqué tout de même.


Quoi que ça aurait pu l'aider à ne plus faire confiance à tout le monde et n'importe qui, remarque.
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MessageSujet: Re: Daydreaming.{Libre.XD}   Dim 12 Sep - 13:36

Tristan n'était pas une personne se sentant particulièrement concerné par quoi que ce fut. Quel que ce fut le sujet, vous auriez eu de grandes chances qu'il vous réponde que oui, c'était génial, ou qu'au contraire, c'était une véritable misère et qu'il fallait que cela change, sans qu'il n'esquisse le moindre mouvement dans cette visée. Ce n'était pas de sa faute; simplement, l'impression certaine que ce qu'il pensait ne comptait pas, et que ce n'était pas sa voix qui pèserait quoi que ce fut dans la balance l'amenait à tenir ce genre de raisonnements. Défendre une cause et s'indigner de quelque situation ne figurait décidément pas dans ses attributions. A la vérité, il avait même une fâcheuse tendance à attendre que les choses se passent, et à ne les suivre que d'un œil distrait, se répétant que du moment que cela ne l'affectait pas directement, ce n'était absolument pas grave, que cela n'avait pas la moindre espèce d'importance. Il avait déjà bien assez à faire pour en plus s'intéresser à divers sujets faisant polémique, ou quelque événement important du royaume. Ce n'étaient juste pas ses affaires et, de fait, il les laissait de côté, se disant qu'il s'en occuperait en temps voulu. Autrement dit, probablement jamais. La guerre civile ayant ravagé Illea elle-même lui était plus ou moins... Passée au dessus de la tête, ce qui n'était pas peu dire. Bien entendu, il savait à cette époque parfaitement quels troubles agitaient le royaume. Comme tout le monde. Il s'était contenté d'éviter les Humains, envers lesquels il n'avait aucune hostilité véritable, mais qui devaient bien avoir fait quelque chose; pour que l'affrontement commence. Parce qu'évidemment, cela ne pouvait pas être venu des Esprits. Eux, n'avaient strictement rien fait, c'était là l'évidence même. Ils avaient dû riposter, et voilà tout. Cette dernière réflexion lui permettait, accessoirement, de se dédier de toute responsabilité, ce qui était un avantage non négligeable. Enfin, c'était il y avait un moment déjà que tout cela s'était produit, et il n'avait perdu personne dans l'horreur de ces affrontements. Adrian, qui était malade déjà, ne sortait plus beaucoup. Un peu, vaguement, au début, mais vraiment peu. Et plus du tout vers la fin, voir même ce qu'il s'était convenu d'appeler le milieu. Il avait ses propres ennuis, et avait mis un certain temps à se rendre compte de la réalité de la chose. Les délires complets des hautes sphères du royaumes n'arrivaient pas jusqu'à ses oreilles, et il s'en portait tout aussi bien. En réalité, il n'avait compris la gravité de la situation que lorsqu'il avait vu les dégâts immenses causés, ainsi que lorsqu'un de ses amis perdit ses deux parents dans le même mois. Et finalement, quand le pays avait été coupé en deux. Indéniablement, les deux jumeaux Della'Morte s'en étaient donné à cœur joie et avaient terminé pare déboucher sur une solution quelque peu extrême, mais qui devait être la bonne, s'ils l'avaient prise. A savoir, séparer tout ce beau monde des deux côté d'une frontière jusqu'ici inexistante, histoire d'éviter tout conflit. Ou plus exactement, de le stopper, dans la mesure où ils devaient apparemment s'être rendus compte que si tout le monde mourait, ils n'auraient plus personne à gouverner. Ç'avait dû être un vrai dilemme pour beaucoup de ces gens; déménager d'un endroit à un autre, quitter toutes marques et tous repères sans autre forme de procès, sans plus de cérémonie, cela n'avait pas dû être un choix facile. Mais une fois de plus, le jeune homme ne s'était sentit que très superficiellement concerné. Voir tous les humains partir pour Esidir? Très bien, d'accord. Il n'en connaissait pas des masses de toute manière, surtout depuis le début de cette guerre; il les avait évités, pour plus de sécurité, et sur les conseils avisés de son grand frère. Si cela ne lui fit donc pas ni chaud ni froid, on n'aurait pas pu dire non plus qu'au contraire, il en avait été plus ébranlé que cela. Il avait eu l'immense chance d'être déjà du bon côté, celui que l'on avait attribué aux Esprit, et s'en était félicité. Sans quoi, partir, avec l'état dans lequel était déjà Adrian... Mauvaise idée, n'était-il pas? Enfin. Beaucoup de monde était arrivé; des Esprits, majoritairement, puis les Neko, si bien qu'au final, plus de la moitié de la population de la capitale avait changé. Lui, qui habitait ici depuis ce qui lui semblait être toujours, ou presque s'il faisait abstraction des quelques premières années de sa vie, comme si souvent, n'avait rien eu à faire, pour son plus grand plaisir. Il s'était contenté de vivre sa vie et de régler ses propres ennuis, comme tout un chacun en ce vaste monde. Et les problèmes des autres n'avaient jamais été les siens. La guerre, la frontière, c'était bien joli, mais il s'agissait là surtout d'une réalité qui le dépassait complètement. Et de laquelle, par conséquent, il éprouvait toutes les peines du monde à se soucier. Enfin. Il regarda la jeune fille face à lui. Elle non plus, n'avait pas l'air particulièrement traumatisée.

Un instant, il se demanda si elle faisait partie de ces pauvres gens ayant eu à déménager de l'est pour l'ouest. Oui, non? Si tel était le cas, elle devait tout de même être ici depuis un moment, aussi le fait qu'elle se promène seule dans les rues n'était-il pas un indicateur fiable. Pas du tout, même, s'il pouvait se le permettre. Il ne la connaissait pas, mais de même, cela ne voulait rien dire: il ne connaissait pas le quart des personnes de Jiang-Zemin. Tristan avait une certaine propension, parfois, à faire une véritable fixation sur des question tout à fait inutiles, sans rien y pouvoir changer. Et celle du jour était définitivement celle-ci: Ayleen Meadlow avait-elle toujours habité ici? Il songea qu'il faudrait qu'il lui pose la question; de tout façon, il fallait bien commencer par quelque chose. Tristan souriait, tenant toujours son sac, cette fois-ci fermement décidé à ce qu'il ne fasse plus la moindre rencontre expresse et inopinée avec le sol dur et froid de la rue. Si elle avait une idée en tête, lui non. Mas il avouait ne pas vouloir trop s'écarter du chemin de chez lui; il ne devait pas être en retard, et s'il pouvait se permettre de longs détours, le temps passait parfois très vite. Enfin, disons plutôt, se dit-il, qu'on e le voyait pas toujours passer et que, de fait, si Adrian devait l'attendre, cela lui aurait posé problème. Tant qu'il ne se sentait pas obligé d'aller le chercher, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ou presque, mais ce n'était pas la question. Tout ce qu'il savait, et tout ce qu'il avait, en outre, besoin de savoir, était qu'il pouvait trainer, mais pas partir à l'autre bout de la grande capitale, pour rentrer... Eh bien, tard. Il fallait savoir être raisonnable, aussi espéra-t-il qu'elle n'avait pas d'idée en tête. Ou que, le cas échéant, cela n'entre pas en contradiction avec là où lui ne voulait pas, ou ne pouvait pas, faute de temps, aller. C'aurait été dommage; elle n'avait pas l'air méchant, cette jeune fille. Devoir la laisser en plan, rétorquant que finalement, il ne pouvait pas venir, aurait été du plus mauvais effet. C'aurait été juste méchant de sa part. Et, voyons, Tristan Erial n'était pas quelqu'un de foncièrement méchant et égoïste. Pas avec ceux qui ne lui avaient rien dit, rien fait, et qu'il appréciait, tout du moins, du peu qu'il les connaissait. En gros, il n'avait pas forcément envie qu'Ayleen le déteste. Même si elle avait fait tomber son sac. Il ne jugeait pas cela comme étant une raison suffisante.

«Non, j'allais nul part en particulier. J'étais sortie pour me promener, mais je n'avais pas d'idée précise en tête. Tant que je ne rentre pas trop tard, moi, je m'en fiche. J'aime bien marcher.»

Le jeune garçon hocha la tête, satisfait de la réponse. Alors comme cela, elle n'allait nulle part? Tant mieux. Qui plus était, elle non plus ne devait pas rentrer trop tard et aimait bien marcher. Comme quoi, ils étaient bien tombés, c'était le cas de le dire. On devait donc l'attendre chez elle, pensa-t-il. Il se demanda également si elle travaillait; comme cela, à brule pourpoint, il aurait répondu que non, mais n'en était pas certain. Quel âge avait-elle, seize, dix-sept? Quinze? Dans ces eaux là. Lui, à ce moment là, se débrouillait déjà bon gré mal gré pour avoir ramené quelque chose chez lui le soir tombé. Ce n'était pas travailler à proprement parler, mais cela l'occupait durant une bonne partie de la journée. Dès que les gens commençaient à sortir de chez eux, en réalité. Et il arrêtait lorsqu'il jugeait en avoir suffisamment fait. Ce qui lui laissait toutefois pas mal de temps pour croiser de nouvelles têtes, comme Ayleen. Il se demanda s'ils se reverraient par la suite, mais ne sut que dire. Peut-être que oui, peut-être que non. Il aurait plutôt misé sur la deuxième option, dans la mesure où tout dépendrait sûrement, premièrement, de ma manière dont se déroulerait les choses, et plus simplement, si leurs chemins se croisaient encore, par un grand hasard de la vie, comme il en arrivait si souvent. S'il l'avait vue dans la rue et qu'il avait eu du temps libre, peut-être serait-il allé la voir. Peut-être. Il ne la connaissait pas vraiment, et l'exact même raisonnement pouvait s'appliquer pour elle envers lui.

« Ah, tant mieux. Je ne dois pas rentrer tard non plus, ou mon frère va m'attendre. Mais j'en encore le temps, largement. »

Et c'était bien vrai. Si, pendant un temps, Adrian avait été inflexible sur les horaires, lui avait donné des instructions précises, ce n'était plus le cas à présent. Il lui fraisait confiance à nouveau, ce qui réjouissait le jeune Erial. Il n'aurait pu rêver mieux. Alors, il savait bien qu'il ne devait pas abuser de cette liberté encore fraiche, récemment acquise, s'il ne tenait pas à la perdre tout aussi brusquement qu'elle était venue. C'était ainsi, décevoir son aîné était juste l'un de ses pires cauchemars, songea-t-il. Le dégout que lui inspirait ce simple sentiment suffisait à ce que ses traits s'étirent en une légère grimace. La seule personne apte à le comprendre, la seule personne de laquelle il acceptait des ordres, la seule personne à laquelle il tenait plus que tout, la seule personne pour qui son cœur batte plus fort, la seule personne ayant le droit de l'embrasser, la seule personne ayant le droit de le juger. Ce n'était pas qu'il n'avait que lui; il avait des amis auxquels il tenait vraiment. Mais ce n'était pas la même chose. Personne n'était lui. Le blond partait du principe que pas une seule âme peuplant ce bas monde était remplaçable. Pas une place ne pouvait être prise par quelqu'un d'autre, et pas un vide pouvait être comblé par une tierce présence. Il poussa un léger soupire. Il ne devait pas s'attarder sur le sujet de son frère. Premièrement, il n'en voyait nullement l'intérêt. Une inconnue se fichait bien de cela. Et secondement, cela limitait les risques qu'il parle de leur secret. Après tout, un secret n'était-il guère fait pour qu'on l'emporte dans sa tombe?

« Tu t'en fiches d'où on va, alors? Je connais toute la ville, dit-il avec un vague haussement d'épaule. Alors si tu sais pas où aller, je peux trouver. Mais si tu as une idée qui te vient, là tout de suite, c'est le moment où jamais. »

Il marqua une courte pause, puis reprit.

« Je ne pense pas qu'il y ai des problèmes pour l'heure, je connais des raccourcis. Enfin, sauf si tu habites vraiment loin et que tu ne t'y retrouves pas en ville. Tu es vers quel quartier? Ce sera plus simple... »

S'il connaissait bien l'endroit, il lui fallait tout de même savoir vers où la jeune fille aux cheveux bouclés habitait. Il ne lui demanda pas d'adresse précise, bien évidemment, mais n'aurait pu aller nulle part sans savoir cela. Qui plus était, il ne savait absolument pas si elle avait tendance ou non à se perdre. Ce qui le ramenait à se précédente question: avait-elle toujours vécu ici? Un questionnement répondant de toute façon à l'autre, nul besoin de lui demander les deux. Si elle connaissait les moindres coins et recoins de Jiang-Zemin, même s'ils venaient à devoir rentrer alors qu'ils étaient plutôt loin de leur point de départ, et qu'ils prenaient des routes différentes, il n'y aurait pas de problèmes. Mais dans le cas contraire... Enfin, il verrait bien. De toute façon, ce n'était pas inquiétant le moins du monde.
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MessageSujet: Re: Daydreaming.{Libre.XD}   Sam 9 Oct - 18:10

Ayleen aimait vraiment faire de nouvelles rencontres. Enfin, tant que c'étaient de bonnes rencontres, en tout cas, elle n'était jamais contre. Un nouvel ami, une simple connaissance qu'elle recroiserait peut-être par la suite, ou même simplement un gentil passant acceptant de lui indiquer son chemin si elle s'était trop éloignée de la route..., ces petites rencontres, aussi futiles et dérisoires soient-elles pour la plupart, lui rendaient toujours le sourire. Ça lui faisait plaisir, quelque part, de voir que tout le monde n'était pas méfiant et désagréable et qu'une discussion était en générale possible. C'était pour cela que pour elle, sortir était toujours bénéfique, et cela lui remontait presque à chaque fois le moral. La demoiselle voyait des enfants courir dans tout les sens, des couples se tenir la main, des amis rire..., autant de choses banales qui, elle, la faisaient invariablement sourire. Elle avait de toute façon toujours été quelqu'un de très sensible, et la simple vue de quelqu'un de déprimé pouvait la rendre triste pour la journée, même si elle ne connaissait ni le nom ni la raison des pleurs de cette personne. Et si c'était sa sœur, ses parents ou une de ses amies, c'était la catastrophe : elle ne se serait accordé aucune seconde de répit avant de ne leur avoir rendu le sourire. Rien que de penser à ces personnes qu'elle aimait tant en train de pleurer, à vrai dire, cela lui minait le moral. Oh non, d'aussi gentilles personnes n'auraient jamais dû se sentir tristes, de son point de vue. Bon, dans les faits c'était impossible de ne jamais être face à une situation désagréable, et elle ne connaissait pas une seule personne dans ce monde qui n'ait jamais ne serait-ce qu'eut envie de pleurer. Franchement : il aurait fallu être un véritable monstre, ou ne ressentir absolument rien. Et ça, de ce qu'elle en savait, c'était impossible aussi. La jeune fille 'regarda' son interlocuteur aux cheveux blonds, son sourire toujours rayonnant sur son visage. Aurora n'avait aucune raison d'être triste, pour ce qu'elle en savait, et ses parents avaient l'air de se sentir pleinement heureux pour l'instant. Et puis ses amies..., ah, il y en avait bien une, qui n'allait pas très bien en ce moment. De ce qu'elle avait pu en comprendre entre ses sanglots, son petit-ami avait dû la quitter-et honnêtement, c'était un drame terrible. Alors maintenant, à défaut d'aller frapper la cause de ce chagrin-parce qu'elle l'aimait bien, ce garçon, alors...-il ne restait plus qu'à lui trouver un autre garçon avec qui elle pourrait passer le restant de ses jours, avec qui elle se marierait et aurait beaucoup d'enfants. Tout un programme, en somme. Ayleen aurait bien demandé à Tristan s'il avait une petite amie, mais elle doutait qu'il lui réponde et, surtout, il aurait certainement pensé que c'était elle qui était intéressée. Et ça, ça aurait été très embêtant, surtout que ce n'était pas le cas. La jeune Esprit aux cheveux bouclés ne savait pas bien pourquoi mais elle était persuadée que ça lui aurait fait peur, ou que ça l'aurait gêné, et dès lors il n'aurait plus voulu faire un bout de chemin avec elle. Hors de question, elle bien envie de marcher un peu avec lui, même si au final elle ne le revoyait pas par la suite. Il avait l'air gentil, ce Tristan, et elle aurait bien aimé en faire une connaissance, au minimum. Pour un peu, la jeune fille aurait aimé parler à chaque personne de son âge habitant dans cette ville et en faire ses amis, ou ses connaissances, ou même des personnes qu'elle pourrait aider et qui pourraient l'aider en retour. C'était un rêve comme un autre, après tout, que d'être ami avec tout le monde autour de soi. Enfin, pas tout le monde, parce qu'elle était aussi persuadée que dans cette grande ville qu'elle avait déjà explorée de long en large depuis qu'elle y habitait se trouvait son Prince Charmant. Or elle ne pouvait décemment pas devenir amie avec son futur mari, puisque justement, c'était son futur mari. C'était d'une logique implacable, après tout. Mais tout les autres, elle voulait les connaître et pouvoir les saluer quand elle les verrait. Même si ça ferait vraiment beaucoup de personnes à saluer quand elle sortirait, ça ne la dérangeait pas plus que ça. Oh, maintenant qu'elle y pensait, Aurora non plus n'avait pas trouvé son Prince Charmant. Hmm..., ou alors elle ne lui en avait pas parlé. Non, elle n'aurait pas pu lui cacher quelque chose comme ça, c'était impensable :c'était sa sœur, elle se devait de tout lui dire, surtout quand il s'agissait de choses aussi importantes que celle-ci. Rassérénée par ce bref état des lieux, la petite demoiselle aux yeux bruns décida qu'il allait falloir qu'elle se trouve quelqu'un, de façon à ce qu'elle soit la plus heureuse possible. Quelqu'un avec qui elle resterait, bien sûr. Et à qui elle ne ferait aucun mal s'il la quittait, hm. Bon, elle n'était pas sûre d'être d'une grande utilité pour sa sœur adorée, mais elle était certaine qu'il y avait quelqu'un fait pour elle dans cette grande ville, au même titre qu'elle. Le tout était de le trouver, maintenant. Ce qui, elle s'en rendait bien compte, ne serait pas une entreprise facile. Elle avait toujours eu du mal à cerner le genre de garçons qui plaisaient à Aurora, mais ça n'avait rien d'étonnant. Ayleen n'arrivait pas à cerner son propre type de garçons, alors celui des autres, il ne fallait pas trop en demander.

« Ah, tant mieux. Je ne dois pas rentrer tard non plus, ou mon frère va m'attendre. Mais j'en encore le temps, largement. »

Oh? Ayleen sortit de ses rêveries et son sourire s'élargit sensiblement. Ah, il avait un frère? Et elle avait une sœur, voilà qui leur faisait un bon point commun. Quoi qu'elle n'était pas sûre que ça les rapproche d'une quelconque manière..., enfin, au moins avaient-ils tout les deux un frère ou une sœur qu'ils appréciaient, et c'était selon elle une bonne base. Si son frère l'attendait, c'était que ce devait être quelqu'un de bien, forcément. La jeune fille aux cheveux rouges avait beau savoir pertinemment que certaines fratries ne se supportaient pas, elle ne parvenait pas à comprendre comment c'était possible. Sa nouvelle meilleure amie, qui n'habitait pas loin de chez elle, détestait à proprement parler sa sœur cadette-et il lui semblait malheureusement que c'était tout à fait réciproque. Ça lui semblait tellement étrange..., elle s'entendait tellement bien avec Aurora et aimait tellement ses parents qu'imaginer les détester et ne leur parler que quand elle avait besoin de quelque chose la rebutait totalement. Même ses deux cousins les plus proches, elle les adorait. Elle les trouvait gentils et drôles et les adorait, impossible de s'imaginer la vie sans toutes ces personnes qui faisaient partie de sa famille. En était-il de même pour ce jeune homme? Il avait parlé de son frère, mais pas de ses parents. Pourtant, spontanément, elle aurait dit que c'était ses parents qui allaient s'inquiéter, pas sa sœur. Peut-être n'avait-il plus de parents, ou peut-être n'habitaient-ils pas avec leurs enfants? A cette seule idée, Ayleen se sentit presque coupable de l'avoir amené à y penser, parce que c'était certainement un sujet sensible et dont il ne voulait pas parler. Elle ne perdit pourtant pas son sourire, ne tenant pas à l'embarrasser plus qu'elle n'avait déjà pu le faire, et se contenta de serrer plus fort ses mains dans son dos. En tout cas, il avait le temps. Et c'était plutôt bien, ça, qu'il ait le temps ; ça voulait dire qu'ils allaient pouvoir marcher un peu ensemble. Où, ça n'avait pas grande importance, de toute façon elle pensait pouvoir s'y retrouver dans tout les cas. Enfin, sauf s'il l'emmenait dans des endroits où elle n'avait jamais été, mais ç'aurait été un peu étrange, tout de même...

« Tu t'en fiches d'où on va, alors? Je connais toute la ville. Alors si tu sais pas où aller, je peux trouver. Mais si tu as une idée qui te vient, là tout de suite, c'est le moment où jamais. »

Ayleen fit mine de réfléchir, tentant de se remémorer mentalement le plan de la ville. Elle habitait là depuis un petit moment, mais la gentille tête de linotte qu'elle était avait tendance à remplacer les rues de Jiang-Zemin par celles d'Esidir, et elle allait à la Fora en croyant aller au lavoir nord, par exemple. Ce qui était assez embarrassant, parfois. Pourtant, comme elle se le répétait souvent, elle habitait ici depuis un certain temps et il n'était plus question de se perdre quand elle allait se promener! Cette décision, elle l'avait prise quelques mois après son arrivée. Et n'arrivait toujours pas à s'y tenir. Ce n'était pas si grave, mais..., enfin, ce n'était pas grave pour lui, en tout cas. S'il connaissait toute la ville, il s'y retrouverait forcément. Et puis elle était certaine qu'elle réussirait à s'y retrouver, peu importe où ils iraient, quelle direction elle prendrait. Elle trouverait forcément un endroit connu à partir duquel elle pourrait rentrer chez elle sans trop de problèmes. La jeune Esprit avait de la volonté à revendre, pour sûr, et n'était jamais à cours d'idée ; c'était une de ses principales qualités.

« Je ne pense pas qu'il y ai des problèmes pour l'heure, je connais des raccourcis. Enfin, sauf si tu habites vraiment loin et que tu ne t'y retrouves pas en ville. Tu es vers quel quartier? Ce sera plus simple... »

La jeune fille haussa les épaules, et tendit vaguement son bras derrière elle, de là où elle venait initialement.

«J'habite par là-bas, répondit-elle avec la plus haute précision possible, comme à son habitude, à une dizaine de minutes d'ici. Et j'arrive à peu près à m'y retrouver maintenant, donc je pense que ça ira. Aucun souci.»

Ou presque. Ayleen croisa de nouveau ses mains dans son dos et hocha la tête, l'air somme toute satisfaite. Bon, son sens de l'orientation était assez moyen, mais elle était fière d'annoncer qu'à présent elle ne se perdait plus quand elle allait à l'autre bout de la rue. Parce qu'elle se souvenait encore, les premiers jours, être passée devant sa maison en cherchant..., hm, et bien, sa maison, toute persuadée qu'elle était que jamais de la vie ce n'était celle-là-jusqu'à ce que sa mère ne sorte et ne lui demande ce qu'elle fichait, bien entendu. Mais c'était du passé, tout ça, et c'était bien la raison qui faisait qu'elle était si heureuse de pouvoir marcher seule en ville sans paniquer et chercher désespérément un point quelconque de repère. Ça prouvait qu'elle vivait ici depuis assez longtemps pour pouvoir déclarer que cette grande et belle ville était sa nouvelle maison, et qu'elle en connaitrait bientôt, comme Tristan, les moindres coins et recoins, les moindres ruelles, les plus petits et improbables raccourcis qui existaient.

«Et je n'ai pas d'idée en particulier, non. C'est toi qui vois, je te suis!», répondit Ayleen en souriant de plus bel, persuadée qu'elle était que rien ni personne ne saurait entacher sa bonne humeur, maintenant.

Elle était sortie de chez elle de bonne humeur, elle rentrerait de meilleure humeur encore. Voilà une résolution qui lui plaisait.
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Le type qui cache des choses bizarres chez lui

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MessageSujet: Re: Daydreaming.{Libre.XD}   Mar 12 Oct - 12:38

S'il y avait bien une chose en ce monde que Tristan Erial ne savait absolument pas faire, c'était biens se battre. Partir en courant vers d'autres horizons plus clémentes, oui, ce n'était pas là le problème. Il se jugeait même assez expérimenté en la matière pour prétendre être devenu une sorte d'expert de le course poursuite. Et qu'évidemment dans ces cas là, ce n'était pas lui qui tentait de rattraper quelque fuyard. Que cela puisse un jour lui valoir des ennuis, il en était conscient. Mais la seule chose qu'il parvenait à se dire était 'tant pis'. Entre ça et rien, il préférait ça, d'autant qu'il s'agissait d'un des rares domaines dans lesquels il excelle. Parce que, comme il se l'était si souvent dit, le combat, ce n'était pas une discipline faite pour lui, vraiment. Il connaissait des gens passant plusieurs heures à s'entrainer durement, et à contempler avec une fierté certaine le fruit de leurs efforts après un tel travail, aussi minimes fussent-ils. Il lui arrivait, de temps à autre, de les envier. Mais heureusement, cela ne durait jamais longtemps. Apprendre à se défendre durant la guerre civile, il aurait compris. Cette idée lui avait même traversé la tête pendant un temps, avant d'être rattrapé par l'évidence de sa nullité profonde pour tout ce qui touchait, de près ou de loin, à la magie. Mais maintenant que la menace était écartée, à quoi bon? Le calme n'était-il pas revenu sur ces terres? Il n'ignorait pas l'existence de bandits et autres malfrats, mais la plupart du temps, ils n'étaient pas vraiment dangereux. Et puis, il devait avouer penser ne courir aucun risque, dans la mesure où il ne possédait rien qui puisse mérité d'être volé. Pourquoi irait-on l'agresser au beau milieu de telle ou telle rue, alors qu'il n'avait rien fait de mal? Enfin, d'accord. Peut-être pas rien fait de mal, mais rien fait de mal aux personnes à l'apparence louche qui auraient risqué de le frapper jusqu'à ce que mort s'ensuive. Sans compter qu'il n'avait pas de temps à perdre avec de telles futilités dont il pouvait aisément se passer. Il était déjà suffisamment compliqué de gagner sa vie pour en plus s'épuiser à une tâche qui, en plus de ne jamais y rencontrer le moindre succès réellement probant, ne l'intéresserait pas. C'était en tout cas ce qu'il se disait parfois pour se consoler. Ces propos n'en étaient pas moins vrais et justes; mais la raison qu'il dissimulait derrière toutes ces grandes excuses et beaux prétextes était qu'il était tout simplement nul pour cela. Il voulait faire de l'eau? Il ferait des bulles, mais guère plus. Et encore, s'il réussissait à faire quoi que ce fut d'autre qu'une vague gerbe d'eau. Son esprit semblait rétif à tout apprentissage quel qu'il fut, que ce soit les nombres et la géographie ou encore la magie. Un de ses amis avait un jour pris une très importante décision, comme il disait, pour le bien commun. Lui apprendre à se défendre un minimum. Oh, il avait réellement essayé, fait de son mieux! Ce qui ne l'avait pas empêché de le nommer un 'cas désespéré', ce qui n'était somme toute pas très flatteur. Cette incapacité totale à pratiquer, quoique quelque peu consternante à un tel niveau, ne lui était pas propre à lui seul. D'autres personnes, dans cette rue sûrement même, à son instar, n'étaient vraiment pas douées pour cela. Il se demanda si Ayleen l'était. Pas méchante pour un sou, lui semblait-il, elle ne payait pas de mine mais, savait-on jamais. Après tout, ne répétait-on pas sans cesse qu'il ne fallait pas juger autrui sur sa seule apparence? Il refoula un soupir, se disant que, de toute manière, il était presque habitué à présent à ne jamais rien réussir comme tout le monde. Si seulement ce manque total de talent n'avait touché qu'un seul domaine, il ne se serait pas plaint. Mais honnêtement..., ce n'était pas pour rien qu'il se trouvait bien incapable d'exercer quelque profession. Que savait-il faire, à part dire de jolies choses et s'enfuir à toutes jambes? Rien du tout. Or, Adrian lui avait très clairement fait comprendre que 'les endroits où certaines personnes venaient pour entendre dire de jolies choses à leur sujet', pour ainsi dire, n'étaient pas des plus recommandables. Ah, ce que la vie était dure quand on était un bon à rien... Ou presque, se dit-il. Il ne fallait pas trop extrapoler, tout de même, d'autant qu'il devait y avoir pire que lui. Bien souvent il se demandait si son propre mode de vie n'était pas de toute façon meilleur que celui de l'écrasante majorité des gens. Attachés à la monotonie par leurs obligations aussi sûrement que si elles avaient été des chaînes, marqué au fer blanc par un nom et des principes auxquels ne jamais manquer, forcés à sourire à ces fantômes de belles personnes noyées sous leur hypocrisie et leur maquillage outrancier, tous morts à l'intérieur, ce ne devait pas être un quotidien si réjouissant, si? De ce qu'il savait, ces dites personnes devaient chercher tous les défauts -pas bien difficiles à trouver, s'il pouvait se le permettre- des gens de sa caste sociale. Pour se rassurer. Décidément, les plus heureux étaient bien ceux qui ne disposaient ni de trop, ni de pas assez.

Un peu comme son interlocutrice du moment, sans doute. Il se demanda ce qu'elle aimait et pouvait faire, si ce n'était se promener dans les rues de la grande ville. Comme elle devait avoir de la chance... La jalousie ne faisait toutefois heureusement pas partie de ses défauts personnels, et il se contentait généralement d'admirer sans plus envier que cela les biens d'autrui. Her, chacun avait le droit d'être heureux, non? Ce n'était pas sous prétexte que l'on avait pas quelque objet ou que l'on n'adhérait pas à tel ou tel concept que l'on devait exiger des autres qu'ils soient et fassent de même. C'aurait été mentir de manière éhontée que de clamer qu'il souhaitait le meilleur à tout le monde quand lui se sentait mal mais, là, présentement, il allait plutôt bien. Sa rencontrée inopinée avec la jeune fille et son sourire contagieux avaient égayé sa journée. Pas qu'elle eût été si terrible à la base, ceci dit en passant. Normale, tout juste. Ce qui n'était pas si mal; un peu plus moyen que la moyenne mais guère plus. Le jeune homme se laissa aller à sourire; après tout, tant qu'à faire, autant voir le bon côté de ce qu'on nous offrait.

Et il ne pu s'empêcher de penser que, pour la demoiselle aux cheveux bouclés, ce ne devait pas être bien difficile. Il ne devait pas y avoir de mal du tout, pour elle...

«J'habite par là-bas, dit-elle en désignant du doit l'une des rues, à une dizaine de minutes d'ici. Et j'arrive à peu près à m'y retrouver maintenant, donc je pense que ça ira. Aucun souci.»

Aucun souci? Parfait; ainsi, cela ferait une source d'inquiétude en moins. Il s'en serait voulu de l'avoir abandonnée au beau milieu d'un enchevêtrement de ruelles ressemblant en tous points à son précédent et à ce qui serait le suivant, quelle que soit la direction empruntée. Vraiment. Mais si elle disait s'y retrouver, cela changeait toute la donne. Enfin, peut-être pas entièrement, certes, mais majoritairement, si. Son 'maintenant' en fin de phrase lui indiqua ce qu'il avait voulu savoir plus tôt; elle n'était pas du coin. Enfin si, se reprit-il, elle l'était, mais pas depuis aussi longtemps que lui. Ce devait être difficile, une nouvelle ville, non? Adrian avait dit que cela l'était, alors ce devait être vrai. D'un autre côté, si son aîné avait décrété que les écureuils tombaient du ciel et que les enfants naissaient dans des choux arrosés par des coccinelles, il l'aurait cru. Ou pas. Mais Adrian n'aurait jamais dit une chose pareille, non? Il secoua vaguement la tête, perturbé par les horizons insolites que pouvait atteindre son esprit en moins de deux secondes un quart. La concentration n'était pas son fort, elle non plus. Pas qu'il soit beaucoup trop distrait; légèrement, guère plus. Cela ne faisait pas de différence pour un œil extérieur. Un instant, il s'imagina qu'Ayleen puisse décrypter les pensées; stupide, oui. Ce n'était pas possible. Sans quoi elle se serait enfuie en courant un peu plus tôt, le traitant de tous les noms. Ou bien autre chose mais, bref, elle ne serait pas restée en sa pourtant si charmante compagnie. Comme ce devait être horrible... Non point de ne plus pouvoir rester avec lui, cela allait sans dire. Mais de savoir ce que les autres cachaient derrière leurs mensonges. S'ils ne désiraient pas que le monde le voit, il devait y avoir une raison. On cherchait à tendre vers ce qu'il y avait de mieux et, de la sorte, une 'norme' s'était établie d'elle-même. On sauvait les apparences. Sauf que, ce qu'on refusait de savoir, quitte à être sourd et aveugle, c'était que ce n'était que du vent. Avec tout ce que les gens feignaient de ne pas avoir et penser, tout était faussé. La 'norme' en question devait être bien plus basse, en réalité... Tellement qu'à la vérité, la voir aurait été atroce. Quoique s'il avait pu le faire, le chantage aurait été une arme de choix. Mais l'histoire de l'arroseur arrosé n'était pas à oublier et suffisait à lui en couper l'envie. Enfin, tant que la jeune fille ne les lisait pas, cela lui allait.

Il tenta par la suite de s'imaginer le quartier où elle pouvait bien résider, et finit par conclure que, d'après les quelques in formations somme toute relativement abstraites qu'il possédait, ce faire aurait présenté quelques menues difficultés. Pas un quartier pauvre. Pas un quartier bourgeois non plus, par opposition. Et la seule location tout à fait cohérente qu'il parvient à déduire fut un magnifique, mais non moins abscons,
'quelque part par là'.

«Et je n'ai pas d'idée en particulier, non. C'est toi qui vois, je te suis!»

Il eut alors une mine pensive réfléchissant à un endroit qui pourrait faire l'affaire. Un café ou quelque chose de cet acabit était à proscrire. C'aurait pu être une excellente idée mais, dans l'état des choses, ce n'était malheureusement pas possible. Confiant, on n'aurait pu le dire stressé de quelque manière que ce fut; bien au contraire. C'était toujours lorsque l'on donnait trop de choix à une tierce personne qu'elle ne savait plus que faire. Mais alors, il n'y avait nullement de problème. Juste beaucoup trop de solutions.

« D'accord, alors... Hm... »

Après une brève réflexion, un nouveau sourire illumina son visage. La destination qu'il avait en tête n'était pas la porte à côté, mais si elle aimait marcher, cela ne devrait pas déranger la jeune Meadlow, pas vrai? Qui plus était, il doutait qu'elle ai déjà vu l'endroit, et c'était de loin celui que préférait Tristan. Il y allait souvent et n'y croisait jamais grand monde mais, étant donné qu'il y allait bien plus souvent lorsque le soleil avait déjà bien entamé sa longue descente aux enfers, cela n'avait rien d'étonnant en soit. Il faisait d'ordinaire le trajet seul, mais cela ne risquait pas de le tuer d'y aller avec Ayleen.

« Tu aimes les surprises, ou je suis obligé de te dire où c'est? »

Il concevait bien qu'elle puisse ne pas vouloir accompagner un presque inconnu vers une destination, elle, tout à fait inconnue, aussi inoffensif semblait-il. Lui-même aurait en tout cas refusé, savait-on jamais sur qui on pouvait tomber. Les grandes villes regorgeaient de monde et, parmi toutes ces personnes, il devait forcément y avoir une poignée de véritables détraqués. C'était la loi des très grands nombres. Si on manquait de chance, on risquait de croiser l'un d'entre eux et très mal finir, ce qui, de manière assez étonnante, n'était son but ultime dans la vie. Ni, supposait-il, celui d'Ayleen, à moins qu'elle fut elle-même une détraquée à qui il manquerait une case. Ce dont, une fois de plus, il se permettait de douter. La prudence n'était toutefois pas un caractère inhérent à chacun et, dans l'immédiat, il aurait pu jurer que ce n'aurait pas été une dangereuse lacune d'en manquer. Il jeta un nouveau coup d'œil à son sac. Pour une fois qu'une pomme lui avait servi à quelque chose...
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MessageSujet: Re: Daydreaming.{Libre.XD}   Dim 24 Oct - 18:51

Naïve? Non, Ayleen n'était pas naïve. Pas trop. Ou tout du moins aimait-elle à le penser. Pas de là à suivre n'importe qui dans la rue, pas de là à croire tout ce qu'on lui disait, pas de là à ne pas réfléchir par soi-même et à accepter comme vérité complète tout ce qu'on pouvait lui dire. Véritablement, même si cela ne se voyait parfois pas, Ayleen n'était pas si naïve que cela. Elle en avait l'air, pour sûr, et agissait bien souvent comme telle. Mais elle avait conscience parfois de sa stupidité, savait qu'elle en devrait pas aller ici ou là, se doutait bien qu'on était en train de lui mentir. Seulement elle ne voulait pas penser que tout le monde était mauvais et cruel, que dès qu'on lui disait quelque chose il y avait un risque que ce soit. Quand on se présentait à elle, elle ne se demandait pas si on était en train de lui mentir. Quand on lui souriait en lui disant qu'on l'aimait bien, elle ne tenait pas à penser que peut-être l'autre était hypocrite. Et quand elle rencontrait de nouveaux visages, elle ne passait pas un long moment à se demander si c'était un dangereux criminel. Elle aurait dû, peut-être? Elle ne savait pas trop. Parfois on lui disait d'être plus prudente, d'être moins crédule et de ne pas voir seulement ce qu'on lui faisait voir, on lui disait d'aller plus loin que l'apparence, on lui disait que parfois des visages accueillants cachaient des monstres avec qui il ne fallait pas parler, jamais de la vie, ne pas suivre ni dévisager trop longtemps. Mais elle ne changerait plus, c'était fini : elle était ainsi, elle était comme ça, elle se sentait très bien comme cela et ne comptait pas changer de sitôt. Voilà. Elle ne savait, il était vrai, pas très bien se défendre : et si quelqu'un de plus grand et de plus fort qu'elle avait tenu à l'amener ici ou là ou à lui faire ceci ou cela, elle n'aurait pas pu faire grand chose pour l'en empêcher. Côté magie, elle était loin d'être douée : petite, elle s'était toujours concentrée pour pouvoir apprendre à faire de jolies choses, esthétiques mais franchement pas pratique. Ainsi, elle pouvait faire éclore des fleurs si elle y tenait, mais aurait été totalement incapable de trouver un seul sort utile pour repousser un agresseur éventuel. Elle était pour ainsi dire complètement inutile de ce côté là, et ce n'était pas sa petite carrure et sa constitution relativement fragile qui allait lui offrir une porte de sortie convenable et convaincante, pour sûr. Peut-être était-ce pour cela, finalement, que ses proches avaient peur de sa facilité à faire confiance aux autres et de son refus catégorique de se méfier de tout et tout le monde. Elle partait souvent seule, dans des rues très fréquentées ou presque désertes, sans aucun moyen de défense en cas de danger si ce n'était la fuite. Et avec des talons hauts, la fuite trouvait vite ses limites. La jeune Esprit aux cheveux rouges aurait été heureuse dans un monde sans conflit ni personnes mal intentionnées, mais elle savait que de un, c'était impossible, et de deux, ç'aurait été d'un ennui mortel. Des personnes souriantes à tout les coins de rues, toujours les même formules de politesses, la bienséance dans toutes les conversations et situations..., non, ç'aurait vraiment été horrible, en un sens. Parce qu'aussi gentille et douce que l'était la demoiselle, une partie d'elle-même ne demandait qu'à désobéir et à défier l'autorité, à s'émanciper et à ne faire que ce dont elle avait envie. Elle avait seize ans, était relativement jolie et avait toujours été relativement irréprochable sur tout les plans dans sa vie : ça n'avait rien d'étrange qu'elle ait envie de casser-ou tout du moins d'ébrécher légèrement-le tableau. Elle était assez influençable, et il lui aurait suffit d'un ami un peu casse-coup refusant toute forme d'autorité pour se retrouver entrainée dans un monde qui lui était relativement inconnu pour l'instant. Heureusement pour ses parents et ses autres amies, elle n'avait que des amis très respectables, gentils et amusants, qui savaient désobéir tout en voyant les limites imposées et en les respectant plus ou moins. Sans jamais aller trop loin. C'était peut-être parce qu'elle était si gentille et propre sur elle, finalement, qu'elle s'était récemment prise d'affection pour les mauvais garçons. Difficile à dire, mais en tout cas elle savait qu'elle adorait ce genre de personnes, en ce moment. Et comme à chaque fois, la vision parfaite de son mari et de sa famille avait changée selon ses goûts ; à chaque fois c'était précisément le type de garçon qu'il lui fallait, bien sûr. Il changeait, voilà tout. Rien d'anormal là-dedans. Alors si ses parents voulaient qu'elle fasse attention et ne parle pas à n'importe qui n'importe où, ne suive pas les inconnus et évite de marcher dans les rues désertes passé une certaine heure, et bien elle avait envie de le faire, ne serait-ce que pour leur prouver qu'elle était toujours en vie et que tout le monde dans cette grande ville n'avait pas envie de lui faire la peau. Quelle pensée ridicule, vraiment! Elle faisait confiance à ceux qu'elle ne connaissait pas avec réserve, elle n'était pas complètement demeurée, non plus. Elle faisait attention. Elle n'aurait jamais suivi un adulte, par exemple, et aurait certainement écourté la conversation s'il se faisait trop pressant.

Mais là, honnêtement..., elle ne faisait que discuter avec un jeune homme qui devait avoir, quoi, son âge? et qui avait l'air tout ce qu'il y avait de plus gentil et poli. Elle ne pensait pas risquer grand chose à discuter avec lui, et n'avait pas peur qu'il lui fasse quoi que ce soit s'ils marchaient quelque temps ensemble. Après tout il fallait bien commencer à se faire des amis quelque part, non? Et comment s'en faire si ce n'était en parlant à des inconnus? Après tout, même ses meilleurs amis,avec qui elle passait de longs moments, avaient été de parfaits inconnus un jour. Bien sûr, connaissant la capacité d'Ayleen à se faire des amis de tout et tout le monde, ça ne durait jamais bien longtemps. Un visage sympathique, quelqu'un qui semble un peu seul et qui veut discuter? Hop, devenons amis! Et voilà, le tour était joué. Pour sûr, contrairement à d'autres personnes timides et réservées, la jeune fille aux boucles rouges devait avoir l'air terriblement sûre d'elle. Elle avait encore cette spontanéité caractéristique des jeunes enfants, quand ils voient quelqu'un qui leur semble gentil et qui décident d'aller s'en faire un ami, sans se poser plus de questions que cela. Ayleen, c'était exactement la même chose. Pour l'heure elle trouvait Tristan gentil, sa compagnie était somme toute assez agréable et il n'avait rien d'un dangereux criminel ou d'un pervers quelconque qui en voudrait à sa vie ou à l'argent qu'elle pouvait bien avoir sur elle. Bon..., de toute façon, elle n'en avait pas. Voilà qui réglait le problème. Elle aurait bien aimé être sûre d'elle de manière absolue, mais c'était impossible : et elle n'allait pas soumettre ce pauvre garçon à un questionnaire poussé pour savoir si, oui ou non, le suivre était à proscrire ou pas. S'il était dangereux ou pas. S'il était quelqu'un de bien ou pas. S'il avait de mauvaises intentions ou pas. Il n'aurait pas pu prévoir quoi que ce soit de toute façon ; c'était elle qui l'avait bousculé, et il lui aurait été totalement impossible de prévoir cela. Il avait un sac dans les mains, il était donc sorti pour faire quelques courses : il lui semblait que c'était un garçon tout à fait équilibré, un adolescent comme elle aurait pu en croiser des centaines dans les rues de la capitale. Rien à craindre, rien à craindre. Se confortant dans son idée, la jeune fille se prit à penser qu'il était presque ridicule d'avoir pu se demander à un moment ou à un autre s'il était mal intentionné. Il était même plutôt gentil de ne pas lui avoir tenu rigueur de sa maladresse, se dit-elle avec un sourire chaleureux en constatant que lui-même s'était mis à sourire. Ça lui faisait toujours curieusement plaisir, de voir quelqu'un d'autre heureux. Ça lui faisait chaud au cœur et lui donnait l'impression d'avoir, quelque part, fait une bonne action. Si elle pouvait lui fournir un peu de compagnie plutôt que de marcher seul, alors elle serait contente. Tant qu'elle ne lui portait pas sur les nerfs et qu'elle ne l'énervait pas, elle ne voyait pas ce qui pouvait venir gâcher sa propre journée. C'était parfait, tout allait pour le mieux. Elle avait rencontré quelque de gentil, et allait marcher un petit temps avec lui et discuter quelque peu. Quel mauvais côté pouvait-il y avoir à cela?

« D'accord, alors... Hm... »

Ayleen se remit à sourire de plus bel en voyant le visage de son interlocuteur s'illuminer. Elle ne savait pas où il allait bien pouvoir vouloir aller, mais ça lui était relativement égal. Elle aimait marcher, et de toute façon elle lui avait permit de choisir. Il devait bien avoir une petite idée ; dans le cas contraire elle aurait choisi une destination elle-même, ça ne faisait aucune réelle différence aux yeux de la demoiselle. Ici ou là-bas..., dans tout les cas elle marcherait, et tant qu'elle pouvait s'y retrouver et rentrer chez elle sans encombre, elle se moquait assez de l'endroit qu'il pouvait bien avoir en tête. Elle était tout de même assez curieuse de savoir où il allait bien pouvoir décider d'aller, sachant le nombre infini d'endroits intéressants ou tout simplement de rues où il était agréable de marcher à Jiang-Zemin.

« Tu aimes les surprises, ou je suis obligé de te dire où c'est? »

Ayleen, dont les mains étaient toujours jointes dans son dos, haussa les sourcils, intriguée. Les surprises? Bien sûr, qu'elle aimait les surprises. D'ailleurs elle ne voyait pas comment on pouvait aimer les gâcher ou aller tricher pour savoir ce que l'autre préparait, cela lui semblait des plus absurdes. Ne pas savoir était d'autant plus excitant, cela piquait la curiosité et doublait le plaisir de l'attente et la joie que l'on pouvait ressentir en découvrant ce que c'était en vérité. La situation était bien sûr un peu différente ici, dans la mesure où acquiescer revenait à accepter de suivre un inconnu quelque part, sans savoir où il l'emmenait. C'était peut-être un peu risqué, non? Imprudent, tout du moins. La logique aurait voulu qu'elle lui demande s'il pouvait lui dire où il comptait l'emmener ; et après tout, elle était sûre qu'il aurait compris. Il ne lui aurait pas laissé le choix, sinon. Mais maintenant qu'elle devait choisir l'une ou l'autre des possibilités, elle hésitait. Après tout, dans les deux cas elle le suivrait, non? Et puis il n'avait pas l'air méchant. Mais ce n'était pas un critère sûr, elle le savait : il pouvait avoir l'air gentil sans l'être. Elle ne pensait pas qu'il comptait lui faire du mal, après tout. Et puis si c'était le cas elle pourrait toujours s'enfuir, ou demander de l'aide. A moins qu'il ne l'emmène dans un lieu très peu habité? S'il lui disait où il comptait l'emmener, elle le saurait. Mais même si elle avait su qu'il l'emmenait par là-bas, aurait-elle refusé de l'accompagner? Sûrement que non, alors...

Hmm..., hmm...

Ayleen se remit à sourire et défit l'étreinte de ses mains, écartant légèrement ses bras dans le vide avant de ne les laisser retomber contre son corps dans un léger bruit de tissu.


«Oh, aller, ne dis rien, répondit-elle au bout d'une ou deux secondes de réflexion, toujours aussi souriante que depuis plusieurs minutes. Je te fais confiance? J'aime les surprises, de toute façon.»
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MessageSujet: Re: Daydreaming.{Libre.XD}   Mar 2 Nov - 14:27

Ce n'était pas qu'il détestait les surprises, juste qu'il ne leur voyait pas grande utilité. Que l'on sache ou que l'on ne sache pas, quelle différence cela pouvait-il bien faire? Absolument aucune. La réponse était, à ses yeux, claire, nette, concise. Alors forcément, il avouait ne pas comprendre que l'on veuille lui en faire sachant ceci. Ce qui ne l'empêchait guère, de manière, je vous l'accorde, assez paradoxale, d'en faire aux autres lorsqu'il le pouvait. Il ne considérait pas cela comme un manque cruel de logique ou quoi que ce fut du même acabit. Le sentiment qu'il avait lorsqu'il en était l'instigateur était tout bonnement bien différent de celui qu'il avait lorsqu'il en était la cible. Et autan dire de suite quelqu'un était plus agréable que l'autre. Et le fait que lui n'apprécie pas que l'on aille lui cacher des choses pour avoir par la suite le plaisir de les lui révéler au moment opportun, autrement dit celui auquel il s'y attendrait le moins, ne signifiait pas qu'il s'agissait là de l'opinion universelle. Il le concevait très bien; certaines personnes, pour des raisons tout à fait étranges auxquelles il ne comprendrait décidément jamais rien à rien, aimaient ce genre de choses. Qu'on ne leur dise pas ce que contenait le paquet cadeau, essayer vainement de deviner ou de faire cracher le morceau à son interlocuteur, émettre des hypothèses, se poser des questions. Lui, de son côté, trouvait ça relativement énervant. Il s'impatientait, attendait, attendait, et finissait même par se lasser par avance si ladite attente se prolongeait un peu trop à son goût. Maintenir la tension et l'excitation était compliqué, et exigeait un minimum d'efforts et de bonne volonté. Dont il ne faisait pas preuve le moins du monde. C'était comme ces sourires que l'on vous demandait d'arborer durant les grands repas de famille, là où il semblait être un passage obligatoire de ressasser les vieilles histoires, de préférence celles qui vous mettraient le plus mal à l'aise. C'était crispé, c'était tendu, vous aviez hâte que cela se termine et point final. Enfin, il n'avait personnellement jamais assisté à des évènements comme ceux-ci, mais connaissait des amis qui n'avaient pas eu sa chance. Pour les fêtes notamment. Quand lui pouvait les passer tranquillement avec Adrian, ils étaient condamnés à devoir aller à la rencontre de leurs oncles, tantes, cousins et grands parents. Ce qui devait être, à n'en point douter, proprement insupportable. Les fêtes, justement. Encore une bonne occasion de faire des 'surprises' à son entourage. Cela lui donnait toujours envie de se cogner la tête contre tous les murs; qu'était-ce, une sorte de test? Savoir si l'on connait suffisamment bien la personne en face de nous pour lui prendre, sans la consulter au préalable, un présent qui la comble de joie? C'était bien beau en théorie mais, en pratique, bien plus délicat. On courait le risque de se tromper du tout au tout, sur le fond comme la forme, et d'atterrir dans la quatrième dimension. C'était toujours aussi amusant de voir qui, dans la rue, portait une écharpe ou un pull ridicule en essayant vaguement de conserver une contenance, tout en assurant qu'il leur plaisait vraiment, histoire de ne pas heurter la sensibilité d'autrui. Quelle sainte horreur. D'un autre côté, c'était excitant. Non pas d'en recevoir, il était très clair sur ce point. Mais de se demander si, oui ou non, cela fera plaisir. On constatait l'honnêteté des gens, et leur capacité à vous ménager à leurs propres dépends. Il avait fait l'expérience, pas plus tard que l'année précédente; il avait offert à l'une de ses meilleures amies un bonnet ridicule et haut en couleur, lui gageant que c'était le cadeau parfait qu'il avait trouvé, et qu'il avait économisé des mois pour l'acheter -la vérité était moins reluisante, puisqu'il l'avait trouvé dans la rue. Elle s'était félicitée de posséder un ami aussi dévoué jusqu'à ce qu'elle découvre ce dont il s'agissait. Le pire étant qu'elle avait poussé le vice jusqu'à le porter jusqu'à ce qu'il lui dise d'arrêter. Vraiment, il y avait de quoi mourir de rire lorsque l'on faisait des surprises. Excepté si l'on était le dindon de la farce. Dire qu'on les détestait et, à plus forte raison, dire ce que l'on pensait réellement du dit présent, évitait bien des déboires.

Mais en l'occurrence, il s'était dit que ne pas communiquer à Ayleen l'endroit où il voulait se rendre serait une bonne idée. Aurait compris qu'elle refuse aussi sec. Lui-même savait ne pas être un pervers dérangé l'attirant dans quelque sombre ruelle pour servir d'obscurs desseins, mais elle, aurait pu en douter. Pas que ce furent les réflexion et conclusions que son visage évoquait aux gens; ou si tel était le cas, c'était bien involontaire et on ne lui avait étrangement jamais remarquer. S'il avait mesuré dix ou vingt centimètres de plus, avait mis un chapeau, un long manteau noir et un cache-nez, ou s'il avait eu vingt années de plus au compteur, un regard fou et une voix à la fois trainante et pressante, il aurait compris. C'était très loin d'être le cas, avec ses cheveux blond, ses dix-sept malheureuses années et son ton désinvolte. Il ne faisait pas peur. N'avait aucune raison de le faire non plus; les seuls ayant à craindre étaient les personnes assez stupides pour laisser leurs affaires sans surveillance. Mais dans ces cas là, c'était comme l'inviter à tout prendre. Vraiment. Ce n'était pas de sa faute. Oh, et puis, il ne comptait pas faire les poches à son interlocutrice. De un, il ne savait même pas si elle avait emmené quoi que ce fut d'intéressant avec elle. Et de deux, il avait déjà pris tout ce qu'il lui fallait donc, nul besoin de cela en plus. Il ne volait pas pour rien, encore merci. Le principe de la nécessité lui lavait les mains de toute culpabilité, et sa conscience était presque tranquille, rassérénée par la perspective que c'était pas un choix de vie mais une obligation s'il tenait à survivre. Comme quoi, un visage innocent pouvait cacher de bien lus noirs projets. Il n'en nourrissait pas à l'égard de la jeune fille, pas d'inquiétude de ce côté là. Il espérait par conséquent qu'elle apprécie les surprises. Il ne comptait de toute manière pas en faire un drame et insister.

«Oh, aller, ne dis rien. Je te fais confiance? J'aime les surprises, de toute façon.»

Un nouveau sourire éclaira son visage. Très bien, dans ce cas! Elle faisait donc partie de cette catégorie de gens qu'il ne comprenait pas et qui aimaient qu'on ne leur dise rien. Cela l'avait, auparavant, laissé perplexes à maintes reprises, mais il s'était au fur à mesure fait à l'idée que certaines personnes aient un raisonnement différent du sien. Une autre méthode de réflexion. Ce qu'il ne voyait pas en revanche, c'étaient les critères. Deux personnes très semblables sur presque tous les points pourraient avoir une opinion différente sur le sujet. N'était-ce pas étrange? Enfin, des gouts et des couleurs, mieux valait ne pas discuter. Un des rares domaines dans lesquels tout, ou presque, était admis. On trouvait des choses étranges mais on laissait filer, puisqu'il n'y avait pas la moindre explication correcte aux préférences des autres. Pourquoi le jaune plus que le vert, le rouge plus que bleu? Personne n'en savait rien. Cela avait au moins le mérite d'être aussi varié qu'intéressant aux yeux du jeune homme. Et il suffisait de se regarder dans une glace pour comprendre pourquoi. Autant au niveau des couleurs et de la nourriture, l'anarchie totale régnait en maîtresse absolue, autant il n'y avait que deux regards possible sur son propre reflet. Et généralement, on se trouvait bien, ou on préférait ce qu'avaient les autres. Combien de fois s'était-il demandé pourquoi il ne ressemblait pas plutôt à son frère, plus grand et capable que lui? Un brun voulait être blond, une brune rousse, une rousse brune, et plus encore... D'éternels insatisfaits, voilà ce qu'ils étaient, tous. Dès que quelque objet était dans les mains d'autrui sans que l'on puisse y toucher, il avait l'air de briller de mille feu et nous obsédait. Et dès lors qu'il nous était enfin permis de poser les mains dessus, on se rendait brutalement compte que nos yeux nous avaient joué un bien mauvais tour, et que ce n'était pas grand chose au final. Et on recommençait avec autre chose; une qualité, un jouet, n'importe. On s'en amusait au début puis, très vite, on s'en lassait. Tout semblait plus beau lorsqu'il était éloigné et inaccessible. Les beaux habits et les festins à volonté des riches devaient leur sembler bien fades, alors que n'importe qui leur aurait envié tant de faste. On ne changeait pas les gens, tout le monde était comme ça.

Ces quelques réflexions ne lui firent toutefois pas perdre son sourire. Positiver était la clé de la bonne humeur, disait-on. Il paraissait que cela avait une explication scientifique mais, au diable les docteurs et leur science infuse, il ne désirait pas la connaître. Pour tout dire, il s'en fichait royalement. Si ces gens avaient fait leur travail pour aider leur prochain plutôt que pour se remplir les poches, ç'aurait été une toute autre affaire. Mais là, dans ces circonstances, honnêtement, brûler en enfer était le mieux qu'il se sente capable de leur souhaiter. Il ne fallait pas trop lui en demander, cela allait sans dire. Il les aurait juré capables de déclencher une atroce épidémie juste pour avoir du travail et, par extension, de l'argent facile en racontant n'importe quoi. Il n'était pas très différent d'eux sur ce point, à la différence près que lui, ne prétendait pas sauver des vies et se limitait à l'arnaque. Il ne tuait personne.

Enfin, la rouquine avait semblé hésiter. Tant mieux, se dit-il alors. Le contraire aurait presque été inquiétant, pour la survie de la jeune demoiselle, bien entendu. La conclusion à laquelle elle était parvenue était donc le fruit d'une certaine réflexion. Une fois de plus, sans l'ombre d'un doute nullement similaire à ce que lui aurait pensé. Méfiant d'un peu tout et tout le monde, il aurait décliné l'invitation.

« Tant mieux, alors! Si ça peut te rassurer, je te promet de pas me perdre. »

Il engagea la marche, n'ayant en effet aucun problème particulier quant à l'itinéraire à suivre. Il songea qu'elle préférerait sans doute les rues plus fréquentées, et il la comprenait. Il éviterait donc les petits chemins étroits, quoique très pratiques pour gagner de précieuses minutes, autant que possible. Force était de reconnaître qu'après les avoir arpentées un bon nombre de fois, elles perdaient de leur superbe. Rien de grave ne lui était arrivé jusque là en les empruntant, aussi ne voyait-il pas pourquoi quelque accident y surviendrait un jour. Enfin, disons qu'il comprenait les raisons pour lesquelles ce pourrait être. Mais d'un autre côté, il n'y avait jamais personne là bas et, évidemment, on ne risquait pas de se faire agresser par le vide. Il les trouvait donc plutôt rassurantes. Qu'est-ce qui aurait empêché un Neko, par exemple, de vous menacer de la pointe d'un couteau, caché dans sa manche, sans en avoir l'air? Personne ne l'aurait remarqué. Si vous aviez crié, il se serait vite débrouillé pour que vous ne soyez plus jamais apte à dire quoi que ce fut alors, de son point de vue ô combien empreint de sagesse, l'un n'était pas plus risqué que l'autre, si ce n'était dans la tête des gens. Il était conscient que ce n'était que partiellement vrai mais, qu'importait? Cela ne regardait que lui et ne faisait de mal à personne, d'autant qu'il ne comptait pas les emprunter ce jour-ci. Il n'en avait strictement aucune raison.

Il lui laissait le soin de trouver un sujet de conversation. Lui avait toujours manqué d'inspiration alors, autant voir si elle en avait plus que lui. Ce qui n'était, en soi, pas très compliqué, il était bon de le préciser.
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MessageSujet: Re: Daydreaming.{Libre.XD}   Ven 3 Déc - 19:40

{Avoue, t'es soufflée tellement mon poste est génial et profond. Je t'entends l'adorer d'ici.|D

Ayleen is SO a cas social. Rhalala, je vous jure.XD}

Ah, ce qu'Ayleen pouvait aimer être de bonne humeur!

Ce qui était extrêmement pratique, il fallait l'avouer. En tout cas elle se sentait de très bonne humeur pour l'instant, et envisageait cette journée avec beaucoup d'optimisme et de jolies notes de musiques. Il n'était pas bien difficile de voir que la jeune fille était contente, de toute façon. Elle souriait et, comme bien souvent, se dégageait d'elle une impression de bonheur ayant tendance à être contagieuse. Son sourire était communicatif, et elle s'en félicitait : ainsi il lui était plus aisé de consoler les autres et de leur changer les idées. Vrai que si elle avait toujours eu l'air triste ou en colère, ç'aurait été diablement plus embêtant. Elle ne savait même pas comment elle aurait fait, en vérité. Comment aurait-elle fait? Peut-être aurait-elle dû faire quelque chose pour avoir l'air plus enjouée..., elle ne savait pas trop. De toute façon nul besoin de spéculer, elle était bel et bien là et avait un joli sourire sans cesse accroché aux lèvres. N'importe qui aurait sans doute été d'accord pour dire qu'il était plus agréable de regarder quelqu'un de souriant plutôt que quelqu'un ayant toujours l'air de revenir un enterrement ; elle, en tout cas, croyait que c'était le cas. Ne tenant pas à ce qui que ce soit s'inquiète pour elle ou ne la trouve pas sympathique dès le premier coup d'oeil, elle s'appliquait à toujours avoir l'air heureuse. Sauf quand elle ne l'était pas, bien entendu. Dans ces cas là, elle avait un mal fou à le cacher, et on le devinait inévitablement. On pouvait lire sur son visage comme on lisait un livre, et elle n'avait de toute façon jamais été bonne comédienne. Autant dire qu'elle était relativement transparente, quand elle y pensait. Oui, transparente. Ça pouvait être une qualité tout comme un défaut, à bien y réfléchir : et étant positive de nature, elle préférait l'envisager sous le premier angle-ce qui était tout à fait normal, après tout. Être mauvaise menteuse l'incitait à mentir le moins possible, être mauvais actrice la poussait à être la plus sincère possible. Certes, parfois elle aurait aimé pouvoir mentir avec habileté et conviction, mais ça lui passait vite. Il fallait éviter au maximum de mentir, et le faire uniquement si c'était indispensable ou que c'était pour de bonnes raisons. Et encore. Ah, ce que ça pouvait être compliqué! On avait beau vouloir tout bien faire comme il faut, on finissait toujours par blesser quelqu'un ou se faire blesser soi-même. C'était injuste, quelque part. La gentillesse, la sincérité et la générosité auraient dû être récompensées, si les choses étaient bien faites. C'était sans nul doute parce que cela n'apportait rien de concret, que peu de personnes acceptaient d'être toutes ces choses. Et franchement, c'était bien triste. Ne pouvait-on pas, parfois, faire abstraction des choses matérielles et être simplement heureux? Ayleen était peut-être idéaliste, mais elle aurait aimé que les choses se passent ainsi. Quand elle faisait un cadeau à une de ses amies, quand elle aidait sa mère dans les tâches quotidiennes ou qu'elle aidait Aurora, elle se sentait heureuse, elle se sentait bien. Rien que pour ça, elle aurait recommencé toutes ces choses sans la moindre hésitation. Il aurait dû en être de même pour tout le monde, l'argent n'aurait pas dû être le moteur de toute action. Enfin...

La petite Esprit aux cheveux bouclés pensait bien que quand on était pauvre, c'était une préoccupation permanente. Pensant cela, elle ne put s'empêcher de 'regarder' Tristan. Peut-être était-il pauvre, lui? Elle voulait dire, plus pauvre qu'elle, parce qu'elle ne pensait pas manquer de quoi que ce soit. Après, c'était une question de point de vue. Quelqu'un vivant avec le strict minimum aurait pensé qu'elle était extrêmement chanceuse, presque riche ; des Nobles auraient pensé qu'elle avait à peine de quoi vivre, et qu'elle devait être bien triste. Du sien, sa situation était juste parfaite. Elle aurait dû se priver si elle avait eu moins d'argent, mais n'aurait pas su quoi en faire si elle en avait plus. Elle n'était pas trop dépensière, il n'y avait pas de quoi se plaindre! De toute façon, elle avait toujours su se contenter de ce qu'elle avait. Une chose était sûre, elle n'irait jamais se plaindre de la vie qu'elle menait quand il y avait bien plus triste qu'elle à chaque coin de rue. Une fois encore, elle ne put s'empêcher de se demander comment vivant le jeune homme aux cheveux blonds. Ca, c'était depuis qu'elle avait fait tomber ce qu'il tenait. Parce qu'elle se sentait coupable, clairement. Et qu'à l'idée qu'elle ait pût causer du tort, gâcher la nourriture de quelqu'un qui avait à peine de quoi vivre, elle se sentait extrêmement mal. Et Ayleen, elle allait vite dans les extrêmes : elle l'imaginait déjà à vivre dans une petite maison en ruine, à greloter dès que l'Hiver arrivait. Ou à vivre chez des personnes cruelles, qui le forceraient à faire le ménage et toutes les tâches difficiles pour avoir à peine de quoi manger. Oui, parce que bien sûr il vivait seul, sans parents, sans frères et sœurs, sans même un petit animal. Il les avait certainement tous perdus de manière tragique il y avait longtemps, et faisait ce qu'il pouvait pour survivre par lui-même depuis. Oh, non, elle savait! Peut-être vivait-il chez un cruel boucher, qui n'était autre que son oncle, et que lui et ses enfants le détestaient et le nourrissaient à peine, le faisaient dormir sous le comptoir et le frappaient quand il n'obéissait pas. Comme Mathei Dernh dans le livre qu'elle avait acheté à une vieille dame voulant s'en débarrasser, et qui contait l'histoire d'un pauvre orphelin maltraité qui finissait par s'enfuir avec la fille qu'il aimait, qui elle était promise à un riche marchand parce qu'elle était elle-même très riche, et donc ils s'enfuyaient mais se faisaient rattraper et il tuait le prétendant de la jeune fille-Rosy-pour pouvoir vivre en paix. N'étant pas une bonne lectrice elle avait toujours du mal à le lire, mais connaissant presque chaque réplique par cœur, c'était plus simple à présent. Elle espérait tout de même que Tristan n'était pas comme Mathei, parce que ça aurait été très triste-même si dans ce cas il allait finir par trouver une riche jeune fille avec qui se marier et avoir pleins d'enfants.

Ce qui, selon Ayleen, était une très bonne chose. On ne pouvait rêver meilleur avenir!

« Tant mieux, alors! Si ça peut te rassurer, je te promet de pas me perdre. »

Ah ben oui, elle y comptait bien! La petite jeune fille n'était pas très sûre de pouvoir s'y retrouver dans l'intégralité de Jiang-Zemin, alors mieux valait qu'il sache où il allait. Ils n'auraient pas eu l'air malins, s'ils s'étaient retrouvés tout deux perdus. Comme Tristan avait engagé la marche elle décida qu'il serait bon de le suivre et se mit à son tour en route, décrétant visiblement que se placer à se droite était une merveilleuse idée-donc elle le fit. Peut-être avait-elle été imprudente en acceptant de le suivre sans savoir où il comptait l'emmener? Si elle s'était posée la question avant de répondre, elle ne se la posait plus à présent. Il fallait dire que la jeune fille avait la faculté étonnante de ne plus se préoccuper d'un problème qu'elle jugeait résolu. Celui l'était selon elle, aussi ne se demandait-elle plus si elle avait, oui ou non, fait une bêtise. De toute façon, ça ne regardait qu'elle. Ses parents lui auraient dit d'être plus prudente, peut-être Aurora aussi. Raison pour laquelle elle tairait ce passage de leur excursion. Comme il ne semblait pas vouloir reprendre la parole, elle sourit de plus bel et tourna son visage vers lui, plus par habitude qu'autre chose.

«Alors, ça fait longtemps que tu habites ici? Moi j'ai été obligée de déménager, dit-elle en acquiesçant doucement. Du coup je me perds encore, parfois. D'ailleurs, tu as quel âge? Tu ne travailles pas, j'imagine?»

Ayleen ne put empêcher son sourire de s'élargir en voyant une petite fille passer en courant près d'elle, et nota mentalement qu'elle voulait au moins une trentaine d'enfants. C'était le minimum qu'elle pouvait vouloir. C'était si mignon, un enfant! Ça avait de grands yeux, une petite bouille adorable, ça courait partout et avait de toutes petites mains qui agrippaient les vêtements de leurs parents quand ils avaient peur. C'était 'absolument trop mignon' selon la jeune fille-et encore, c'était bien faible comme terme pour exprimer à quel point elle adorait les petits enfants. Alors oui, pour bien faire il lui en faudrait une petite trentaine. Rien qu'à cette idée, elle sentit une bouffée de bonheur l'envahir, et elle poussa un soupir satisfait en quittant la fillette du regard. Restait à trouver un mari qui serait d'accord, hn. Et franchement, plus que les multiples accouchements, c'était cela qu'elle craignait. Comme ferait-elle si l'homme de sa vie ne voulait pas d'enfants? C'était impensable. Personne ne pouvait détester les enfants au point de ne même pas en vouloir un tout petit, tout mignon, qui leur ressemblerait comme deux gouttes d'eau. Les cheveux de son papa et les yeux de sa maman. On ne pouvait pas dire non, c'était inimaginable.

«Dis, tu es amoureux de quelqu'un?»

Il fallut environ une seconde et demi à Ayleen pour se rendre compte que sa question était assez personelle, et encore deux secondes de plus pour penser qu'elle pouvait être mal interprétée. Après quelques secondes de blanc, donc, elle agita ses mains et partit d'un rire embarassé.

«Enfin, pas que je sois interessée, s'empressa-t-elle d'ajouter, remettant correctement ses bras le long de son corps. C'est juste que comme tu es mignon, je me demandais. Quoi que ça ne veut pas dire grand chose, c'est vrai.»

L'Esprit aux grands yeux d'un brun presque rouge arqua légèrement les sourcils, et rit légèrement.

«Ah, si c'est trop personnel ou que je t'embête, dis le. On me dit souvent que je parle trop, mais je crois que je n'aime pas le silence. Enfin, si, mais pas toujours. C'est plus agréable de parler, je trouve. Il y a pleins de choses intéressantes à dire!»
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MessageSujet: Re: Daydreaming.{Libre.XD}   Dim 5 Déc - 21:14

Tristan repoussa une mèche de cheveux blonds derrière son oreille avec sa main libre, plus par souci esthétique qu'autre chose, puisqu'elle ne le dérangeait absolument pas, dans les faits. Il ne savait pas vraiment si, oui ou non, lui et la jeune fille avec qui il avait entamé une discussion s'entendraient. Pas qu'elle aie l'air méchant, vaniteux ou quoi que ce fut de cet acabit là; juste que, parfois, il y avait des gens qui nous agaçaient, sans qu'on puisse se l'expliquer. Quelque chose chez eux, une attitude, une façon de parler, de marcher, n'importe quoi à vrai dire, nous poussait définitivement à ne pas les apprécier. Pire: à les détester. C'était comme ça et on n'y pouvait, malheureusement, pas grand chose. Même avec tous les efforts du monde, on n'était pas toujours justement récompensé. C'était dommage, certes. Mais, bon, se disait-il lorsqu'il y pensait, il n'y avait pas non plus de quoi en faire tout un plat. On ne pouvait pas plaire à tout le monde, on ne pouvait pas être ami avec tout le monde, on ne pouvait pas penser comme tout le monde à longueur de temps, et ce n'était pas plus mal. L'honnêteté ne faisait, c'était peut-être vrai, pas réellement partie des valeurs auxquelles il était attaché, mais tout de même. Ce n'était pas pour autant qu'il allait clamer des mensonges pour le simple plaisir d'en dire et de ne pas se faire prendre, ç'aurait été beaucoup trop vain et stupide. Ici, c'était pareil: quand on n'aimait pas une tierce personne, ce n'était pas la peine d'essayer encore et toujours, ça n'allait sûrement pas changer du jour au lendemain, sous tel ou tel prétexte. Il posa son regard sur Ayleen, sans que ses yeux n'aient esquissé le moindre mouvement. Elle, songea-t-il, elle ne devait pas avoir des masses d'ennemis. Mais tout le monde ne devait pas la supporter non plus. D'expérience, pour prendre un exemple plus ou moins flagrant, il avait déjà eu l'immense plaisir de constater que quand on était complètement déprimé, en colère, et qu'on avait besoin d'un bon sujet pour broyer du noir, les caractères aussi optimistes et enjoués que le sien avaient vite fait d'agacer. Vraiment. Et ce n'était pas exagéré. Une fois de plus, ça devait dépendre des personnes. De son côté, lui, ça ne l'aurait pas plus dérangé que ça. Tout du moins le pensait-il; difficile de dire ce qu'on ferait dans une situation sans y avoir préalablement été confronté, hm. On passait son temps à le faire, pourtant. On jugeait, on jugeait, on donnait son avis mais au final, on ne savait rien du tout. Lui-même ne se permettait pas de critiquer trop, ouvertement ou non, les nobles. C'était rageant, quelque part, bien sûr. Voir que ce qu'on désirait était à outrance dans les mains des autres, et qu'ils s'en fichaient royalement, c'était le cas de le dire. Mais alors quoi? Aurait-il été mieux que ça, lui, s'il avait été immensément riche? Évidemment, on était tenté de dire que oui. Parce que, de son point de vue, ce comportement là n'était pas normal et n'était surtout pas à imiter. Mais s'il avait grandi dans un fastueux luxe, ça aurait sans nul doute été différent, et son opinion aurait changé du tout au tout, il l'aurait parié. Alors, voilà, il ne cautionnait pas leur attitude, mais ne les condamnait pas non plus. Ce n'aurait pas été juste, tout simplement. Un principe similaire s'appliquait pour la fille aux cheveux bouclés; elle marchait dans la rue, et ne devait rien avoir de mieux à faire. Pas de travail, pas d'ennuis, rien que du sucré sans efforts. Néanmoins, il n'aurait pas exigé d'elle qu'elle distribue ses biens dans la rue, au petit bonheur la chance. Il ne la détestait pas foncièrement pour autant. Stupide. Voilà comment il aurait qualifié cette action. Tristan reporta son attention sur le sol et l'itinéraire qu'il suivait; de un, pas question de se perdre. Et de deux, pas question d'aller envoyer son sac rendre une petite visite de politesse au sol pavé une seconde fois, merci bien, mais il s'en passait aisément. Pas que, parce que c'était arrivé une fois, le risque de le voir subir les lois de la gravité aient augmenté; juste une... Mesure de précaution, c'était le mot. Comme ces bruits suspects qu'on entendait partout et qu'on était incapables d'identifier après une histoire particulièrement effrayante sur les fantômes qui hantaient les rues passé minuit. On n'y faisait pas attention, d'habitude, mais... Ah, non, se dit-il! Alors là, c'était tout sauf le moment de penser à des fantômes. La pauvre Ayleen n'aurait sûrement rien compris -et pour cause...- s'il s'était mis à sursauter pour un oui ou pour un non. Il ne faisait même pas sombre. Vraiment, parfois, il ne se comprenait pas lui-même. Il se consolait en se répétant que ça devait arriver à un peu tout le monde, sans en être tout à fait convaincu non plus. Bah, de toute façon, pour ce que ça changeait... Il se demanda si la rouquine allait trouver un sujet à lancer. Lui, non, mais elle avait l'air d'être quelqu'un de plutôt... Eh bien, gentille et bavarde? Il pouvait très bien se tromper, d'ailleurs. Mais une timide devant l'Éternel ne serait pas restée à discuter, et aurait passé son chemin. Ou aurait accepté pour ne pas avoir osé refuser, et ce ne semblait pas être le cas de cette fille.

Et il ne fut pas déçu. S'il y avait bien un type de personne qu'il n'aimait pas, c'était bien ceux qui restaient, taciturnes, à l'écart et ne répondaient jamais, éludant les questions une par une. Mais ceux qui passaient leur vie à parler, eh bien... Ça ne l'enchantait pas non plus. Ceci dit, ce n'était pas un véritable problème. Tant que la conversation n'était pas à sens unique, ça lui allait. Adrian lui avait un jour dit qu'il aurait mieux fait d'être plus exigeant quant à la qualité de ses amis; il n'avait pas suivi son conseil. Parce qu'au fond, c'était juste qu'ils n'avaient pas les mêmes gouts, et qu'il n'aimait pas lesdits amis. Il était comme ça, quand il n'aimait pas quelqu'un, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure... Et on n'y pouvait rien du tout. Il n'était pas du genre conciliant; Tristan, plus. Et au moins, il ne risquait pas de s'ennuyer, avec elle.

«Alors, ça fait longtemps que tu habites ici? Moi j'ai été obligée de déménager. Du coup je me perds encore, parfois. D'ailleurs, tu as quel âge? Tu ne travailles pas, j'imagine?»

Oh? Eh bien, maintenant, il savait qu'elle avait déménagé. Il l'aurait parié, mais ce n'était jamais plus mal d'avoir la confirmation de la véracité de nos pensées. Du reste, chapeau bas: trois questions en moins de vingt secondes. Un record difficile à battre s'il en était... Ce brusque accès de curiosité lui arracha un sourire. Son âge, rien de personnel. Quant à son travail... Rien d'étonnant à ce qu'elle pense qu'il n'en aie pas, aussi ne s'offusqua-t-il pas. Il était conscient de faire un peu moins que son âge, et puis, majoritairement, il ne savait pas si les gens de leur âge travaillaient... Enfin. Que pouvait-il répondre à ça? Vendeur? Non, c'était trop loin de la vérité. Voleur ne convenait pas plus, ceci dit en passant. Un savant mélange des deux? Question 'cassage de confiance', il aurait eu du mal à faire mieux. Il haussa les épaules, toujours à la recherche du terme exact. Et, avant qu'il n'aie eu l'occasion de répondre, elle reprit la parole.

«Dis, tu es amoureux de quelqu'un?»

Cette fois-ci, en revanche, il se contenta d'ouvrir de grands yeux étonnés. Celle-là, il ne l'avait pas vue venir. Et là, il répondait quoi, hein? Et puis, quel était l'intérêt de sa question? Ils ne se connaissaient pas depuis plus de trois, quatre minutes, au maximum. N'était-ce pas un peu... Exagéré? Il ouvrit la bouche, mais ne dit absolument rien. Pour le prendre au dépourvu, elle l'avait pris au dépourvu, oui... C'était un fait. Certes, Maya n'était pas dans les environs, aussi n'aurait-il pas l'obligation de la mentionner. C'était peu, mais c'était déjà ça. Et Adrian..., non, c'était leur secret. Il n'envisagea même pas de l'évoquer, ç'aurait été du grand n'importe quoi. Une réponse évasive serait tout ce qu'il aurait à donner...

...Mais pourquoi cette question, d'ailleurs?

«Enfin, pas que je sois intéressée. C'est juste que comme tu es mignon, je me demandais. Quoi que ça ne veut pas dire grand chose, c'est vrai.»

Cette phrase eut au moins le mérite de remettre les choses au clair. Et de donner à ses joues une légère teinte rosée. C'était gentil, et très spontané; oui, 'spontanée' aurait été un adjectif très à propos pour décrire la jeune demoiselle. Elle ne s'embarrassait pas de délicatesse et ne s'amusait pas à tourner autour du pot, c'était le moins qu'on puisse dire. Il eut un sourire gêné. Nouveau haussement d'épaules. Il n'était pas timide; ce qui ne l'empêchait pas, de temps en temps, d'être gêné. Ce genre de compliment, il en faisait tout le temps, et ne les pensait que trois fois sur dix. Mais, il en témoignait, c'était très différent de se l'entendre dire et de les proférer, vraiment.

«Ah, si c'est trop personnel ou que je t'embête, dis le. On me dit souvent que je parle trop, mais je crois que je n'aime pas le silence. Enfin, si, mais pas toujours. C'est plus agréable de parler, je trouve. Il y a pleins de choses intéressantes à dire!»

Il acquiesça à la fin de sa phrase. Oui, parler était plus agréable, dans le fond. Et s'il était vrai que ses questions, du moins, en particulier la dernière, avaient un caractère personnel, il n'était pas non plus un agent secret en mission tout aussi secrète, ou encore un assassin avec des tas de squelettes dans son placard, et des corps dans le jardins... Sérieusement, ce n'était pas un problème. Enfin, c'était gênant sur le coup, mais guère plus. Sans se départir d'un léger sourire, il chercha à se remémorer la première question. Quelle était-elle, déjà...? Hm, au moins, ils ne risquaient pas de ne plus savoir quoi dire. Il fallait positiver, c'était la clé du bonheur. D'aucuns le disaient, en tout cas, et si ça leur réussissait... Ce devait être vrai, non? Bah, ça ne coûtait rien d'essayer, de toute manière...

« Alors, hm... J'habite ici depuis presque toujours, je connais l'endroit. Hm, depuis que j'ai... Cinq ans, peut-être? Quelque chose comme ça. »

Oui, quelque chose comme ça. Les dates, c'était son fort uniquement quand il y avait, à la clef, un anniversaire. Là, il ne les oubliait jamais. Dans le cas contraire...

« Autrement, dix-sept ans, et je travaille comme je peux, histoire de ramener quelque chose chez moi. »

Il marqua une pause, cherchant quoi dire. Bon, 'travailler comme il pouvait', ce n'était pas faux, pas vrai...? Il avait découvert, il y avait longtemps de cela, qu'on pouvait marcher par demi-vérités. La solution à presque tous les problèmes, en soit... Et puis, c'était mieux qu'une histoire montée de toutes pièces. Personne n'aurait pu le lui reprocher.

« ...Et pour te répondre, j'aime quelqu'un, mais c'est un peu compliqué. Alors, à mon tour! Tu me dis si je me trompe. Tu as... Allez, quinze ans, tu ne travailles pas, tu souries tout le temps et tu aimes quelqu'un sans le lui dire? »

Bon, en soit, il pouvait avoir faux sur toute la ligne. Mais ce n'était pas comme si c'était la fin du monde de se tromper d'un ou deux ans. Il n'avait pas le sentiment qu'elle lui en tiendrait rigueur. Sans la moindre hésitation, il tourna vers la droite. Si la rue était vaguement moins bondée, elle n'en restait pas moins plus que largement fréquentée. Il était sûr de lui, et connaissait bien le chemin. Ce n'était pas un problème, et il ne se faisait déjà plus de souci pour ça. Par contre, il ne savait pas s'il n'allait pas finir par manger cette fichue pomme. Il ne devait pas, mais... Il avait faim, et les odeurs de nourriture dans l'air, il fallait le préciser, ça n'aidait en rien. Et pas question de mourir de faim sur le chemin, si?

[HS: Bah, j'ai répondu vite, désolée! Mais c'était l'Inspi, on peut pas la rejeter quand elle vient!XD]
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Semeuse de troubles sur la voie publique, et jouet personnel d'Aleksei Astrehn

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MessageSujet: Re: Daydreaming.{Libre.XD}   Lun 3 Jan - 0:31

{Pauvre fille! Rejete là et vois ce qui se passe!X'D

Ayleen est toujours..., en surface des choses stupides à quoi elle pense. Mais elle est pas stupide! Elle a juste pas de pensées profondes. C'pas grave, c'pas grave. Elle est chou quand même~!^^}

Ayleen savait bien que poser toutes ces questions les unes à la suite des autres de la sorte, sans ordre apparent, comme ça lui venait..., ça pouvait vite taper sur les nerfs. D'ailleurs il ne fallait pas s'y méprendre, ça arrivait régulièrement. Pour autant, elle n'avait pas encore fait de quelconque effort pour changer de ce côté là. Parce que, tout simplement, elle était comme ça. Spontanée et curieuse, de celles qui aimaient arracher leurs secrets à ses amies, de celles qui riaient souvent et qui faisait un petit tour sur elle-même quand elle était de bonne humeur. Elle se souvenait qu'une de ses amies, une fois, lui avait dit qu'elle l'enviait, pour ça. Parce qu'elle n'était pas timide-ou n'avait pas l'air de l'être, tout du moins. Ce qui l'avait beaucoup fait réfléchir, d'ailleurs, parce qu'elle ne s'était jamais vraiment posé la question de savoir si elle l'était ou pas. Mais après réflexion, certainement qu'elle ne faisait pas parti de cette catégorie de personnes. Aller vers les inconnus ou les amis de ses amis, ça ne la dérangeait pas. Aller aborder un garçon dans la rue parce qu'il plaisait à son amie et qu'elle n'osait pas aller lui parler elle-même, ça ne la dérangeait pas. S'exclamer une idiotie sans fin, ça ne la dérangeait pas. Enfin, ça, c'était plutôt quand elle ne se rendait pas compte que ce qu'elle venait de dire était ridicule, mais peu importe. Heureusement pour elle tout de même, elle savait se tenir. Elle n'aurait jamais été hurler des choses personnelles au beau milieu d'une rue, par exemple, il ne fallait rien exagérer. Toujours est-il qu'à peine ses questions posées, la demoiselle aux grands yeux bruns s'était mise à espérer de tout son cœur que Mathei ne lui en voudrait pas. Euh, non, Tristan, c'était Tristan. Tristan, Tris-tan. Il ne fallait pas qu'elle se trompe de prénom, là il lui en aurait sûrement voulu. Ou lui aurait demandé qui était Mathei, plutôt. Et elle se voyait aussi mal mentir que lui expliquer que c'était un jeune orphelin élevé et battu par son oncle qui finissait par tuer le prétendant de sa bien-aimée pour s'enfuir avec elle. Ah! Si elle lui avait dit ça, n'aurait-il pas pensé qu'elle faisait le rapprochement entre eux? Elle aurait eu l'air de quoi, à lui espérer ce genre de choses..., enfin, la partie avec l'oncle et les accidents tragiques, pas celle avec Rosy et leurs futurs enfants, mais ça allait de soi. Tristan, donc. Il ne lui avait pas dit son nom, si elle se souvenait bien. Bon, de toute façon elle n'en avait pas particulièrement besoin : ils n'allaient pas s'appeler M. Untel et Mlle Meadlow, ça aurait été trop bizarre. La jeune fille 'regarda' son interlocuteur avec une certaine anxiété, se demandant s'il allait la trouver bizarre, elle. Elle ne l'était pas, de son point de vue, mais..., mais avec toutes ces questions, elle ne lui en aurait pas voulu de le penser. Il faudrait vraiment qu'elle apprenne à ne pas tout dire, à faire le tri entre ce qu'elle pouvait demander et les sujets qu'il valait mieux éviter, quand on connaissait seulement l'autre depuis quelques minutes.

Heureusement pour elle, il n'avait pas l'air particulièrement énervé. Tant mieux, vraiment : elle n'aurait pas su où se mettre s'il lui avait lancé sur un ton cinglant que ça ne la regardait pas, et qu'elle ferait mieux de partir, finalement. Elle nota même qu'il avait légèrement rougit, quand elle lui avait expliqué le pourquoi de sa dernière question-quelle idée de lui demander ça, aussi..., hm, elle aurait mieux fait de se taire. Mais peu importe. En tout cas, cela la conforta dans son idée : 'mignon' était un adjectif qui lui correspondait très bien. Il était mignon, comme quelque chose de..., euh, mignon. Enfin, d'adorable. De..., mignon. Il n'y avait pas beaucoup d'autres adjectifs exprimant sa pensée, il fallait croire. Mignon c'était mignon, voilà. Ça valait ce que ça valait, et son point de vue n'avait sûrement pas beaucoup de valeur aux yeux d'un inconnu, mais et alors? Elle avait le droit de le donner, et c'était ce qu'elle avait fait. De toute façon ce n'était pas comme si elle venait de lui mentir, n'est-ce pas. C'était réellement ce qu'elle pensait, cela n'aurait eu aucun intérêt de lui dire ça si elle n'en pensait pas un mot. Il aurait vraiment fallu être paranoïaque pour penser qu'elle avait eu quelque chose derrière la tête en lui faisant un compliment, franchement. C'avait été..., comme dire qu'il était blond. Donc ça ne la dérangeait pas. Elle sourit à son tour, contente qu'il ne lui en veuille pas. L'air toujours désolée bien sûr, parce qu'elle l'était. Ça avait fait beaucoup de questions d'un coup, ça elle voulait bien le croire! Ça ne l'aurait même pas étonné qu'il lui redemande quelle était la première, déjà. Ou en oublie une en chemin. Non, ça ne l'aurait même pas étonnée, tiens. Il fallait croire qu'elle était vraiment incorrigible et bornée, quand elle voulait. On avait beau pointer ses défauts, elle ne parvenait pas à s'en détacher. Ne pouvaient-ils pas être vus comme une qualité, sous un certain angle? Peut-être que tout dépendait de l'autre en face de soi. Si sa spontanéité et sa manie de trop parler ennuyaient certains, elles plaisaient à d'autre. Alors, rien que pour ça, elle ne pensait pas vouloir-et pouvoir-s'en séparer.


« Alors, hm... J'habite ici depuis presque toujours, je connais l'endroit. Hm, depuis que j'ai... Cinq ans, peut-être? Quelque chose comme ça. »

Ah, il se souvenait de sa première question! Bien, parce qu'elle même n'était plus sûre de ce qu'elle avait demandé. Quelque chose comme ça, hein..., ça faisait un sacré bout de temps alors. Plus de dix ans, certainement. Alors rien d'étonnant à ce qu'il connaisse bien les lieux, oui. Elle-même n'était pas là depuis longtemps, et avec son sens de l'orientation assez moyen, rien d'étonnant à ce que parfois elle ne sache plus par où aller. D'autant plus que Jiang-Zemin était loin d'être un petit village, dont elle aurait facilement pu apprendre les moindres recoins ; c'était la capitale, rien que ça. Et les rues, il y en avait..., tout un tas. Vraiment beaucoup, et elles se ressemblaient toutes, de plus. A Esidir, ça ne la dérangeait pas. Mais ici, elle ne s'y retrouvait pas encore. Oh, elle y arriverait. Elle avait toute confiance en elle.

« Autrement, dix-sept ans, et je travaille comme je peux, histoire de ramener quelque chose chez moi. »

Dix-sept ans, et il travaillait déjà? Ouch. Ça, ça voulait sûrement dire qu'il n'avait pas grand chose pour vivre. Ou alors qu'il était vraiment motivé et n'aimait pas rester sans rien faire pendant que sa famille travaillait pour le nourrir, mais sa façon de dire les choses ne lui donnait pas l'impression que c'était ça. Ah..., elle espérait tout de même que ce n'était pas trop dur, s'il était en effet plutôt 'pauvre'. Elle-même ne l'étant pas, elle ne pouvait pas juger. Et même si elle était triste pour tout ceux qui n'avaient pas assez pour vivre convenablement, on ne pouvait pas dire qu'elle faisait preuve d'une grande charité non plus. Mais elle ne pouvait pas les aider tous, alors..., si elle l'avait pu, vraiment, peut-être l'aurait-elle fait. Ça l'aurait rendue heureuse, en tout cas, de pouvoir aider les autres.

« ...Et pour te répondre, j'aime quelqu'un, mais c'est un peu compliqué. Alors, à mon tour! Tu me dis si je me trompe. Tu as... Allez, quinze ans, tu ne travailles pas, tu souries tout le temps et tu aimes quelqu'un sans le lui dire? »

Ah, ah! En entendant cela, Ayleen ne put empêcher son sourire de s'élargir. Pour plusieurs raisons, en fait. La première, il 'aime quelqu'un mais c'est compliqué', ce qui avait pour seul effet de piquer sa curiosité au niveau maximal. Les histoires d'amour, comme beaucoup d'adolescentes de son âge, la passionnaient. Peut-être aimait-il une fille plus riche que lui? Ou peut-être plus âgée? Une humaine? Pourquoi pas une Neko? Ou un homme? A cette idée, Ayleen ne put s'empêcher de passer ses mains sur sa veste, gênée. Bien, il fallait qu'elle arrête de s'imaginer n'importe quoi si elle voulait pouvoir le regarder en face. Deuxième raison de son sourire, il avait bon sur deux points : elle ne travaillait pas et souriant (presque) tout le temps. Troisième raison, il s'était trompé sur son âge. Oui, bon, ce n'était pas amusant mais elle, elle trouvait ça drôle. Parce qu'elle avait récemment eu seize ans, alors c'était normal qu'il se trompe. Enfin, bref.


«Ah, tu aimes quelqu'un? C'est mignon! Ne put-elle s'empêcher de s'exclamer, joignant ses mains derrière son dos. Enfin, hm. Je ne travaille pas, non, mes parents gagnent assez d'argent, donc..., de toute façon, je ne vois pas bien ce que je ferais. Je souris souvent, oui, et je viens juste d'avoir seize ans, alors c'est normal que tu te sois trompé!»

La jeune fille acquiesça pour elle-même, puis poussa un léger soupir, en rien négatif cependant. Plus déterminé qu'autre chose, finalement.

«Mais non non, je n'aime personne, ajouta-t-elle au bout de quelques secondes, amusée. Même pas en secret! En fait, je suis sûre que je vais rencontrer l'homme de ma vie bientôt, reste à attendre. C'est un peu stupide, mais je suis sûre que je finirais par trouver, hein!»

Le visage de la jeune fille aux boucles rousses fut illuminé d'un large sourire enjoué, et elle tourna sa tête vers son interlocuteur, bien qu'elle n'ait pas besoin de ça pour le voir.


«Alors, hm..., est-ce que tu as des frères et sœurs?»
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Daydreaming.{Libre.XD}

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