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 Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]

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Esprit, Noble

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Localisation  : Au château. Au moins, on n'y croise pas de manants stupides.^^
Emploi/loisirs  : Pas grand chose. Je crois que je vais 'accidentellement' casser ce vase. Ca en occupera d'autres.^^-
Humeur  : Mauvaise. Apporte-moi un verre d'eau, vil chien, et je tépargnerai éventuellement.

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Esprit, Noble


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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Sam 8 Jan - 15:59

Pour sûr, Morgan ne méritait pas grand chose de ce qui était en sa possession. D'ailleurs, il lui était particulièrement aisé de le reconnaître. Tous ces égards, toutes ces révérences, tous ces sourires et cette servile obéissance, tout cela lui était dû sans qu'il eut à fournir le moindre effort pour les obtenir. Parce qu'il en était ainsi, et pas autrement, point final. Il lui était arrivé de se demander pourquoi mais, dans le fond, la réponse ne l'intéressait pas tant. Il était juste né au bon endroit, dans la bonne famille. Ni plus ni moins. Un simple artisan travaillait des heures et des heures en une courte semaine, se levait très tôt chaque matin dans le but d'accomplir son dur labeur et gagner de quoi vivre pour le lendemain. Recommençait, encore et toujours, jusqu'à ce que mort s'ensuive. Si le monde n'avait été que pure théorie, on aurait alors pu spéculer que chacun l'aurait respecté pour ce travail, pour cette volonté, et il en passait. Seulement, c'était très loin d'être le cas, être devin n'était pas nécessaire pour s'en rendre parfaitement compte. La plupart des nobles considéraient l'oisiveté comme une seconde nature ou une deuxième religion et, en personnes de qualités qu'ils étaient, ne dérogeaient absolument jamais à cette règle, allant jusqu'à se faire une petite fierté de ne rien faire. Le jeune homme à la natte rose n'était pas complètement stupide, et se pensait à vrai dire plutôt intelligent. Il ne lui avait par conséquent pas plus de temps pour comprendre que moins il en faisait, mieux on le voyait et plus on le respectait. En règle générale, il ne pouvait réprimer un sourire à cette idée, entrevoyant à travers les mailles du présent un avenir radieux au possible. Des privilèges? A quoi bon se demander d'où ils venaient, ou chercher la logique implacable qui aurait dû les justifier dans un monde où tous auraient été heureux? Quelle importance! Du moment qu'il pouvait se faire servir. Son regard se reposa sur Ciaran, et il se demanda un instant ce qui, de sa compassion ou de son rang qu'il devinait mille fois inférieur au sien, le poussait le plus à ne pas le planter là, perdu au milieu de cette marée de personnes, quoique cette dernière eut tendance à se disperser un peu plus à chaque seconde qui s'écoulait. Et fut incapable de se décider sur l'une ou l'autre des possibilités. Une nouvelle fois, les explications n'étaient certes pas ce qui comptait le plus, dans la mesure où cela ne risquait pas de changer quoi que ce fut à la donne finale, mais tout de même. D'un naturel aussi curieux que contraignant, Morgan se posait beaucoup de questions et entendait bien leur trouver des réponses. Qui lui conviennent tout à fait, cela allait sans dire, et il s'adonnait scrupuleusement à cette activité. Son interlocuteur semblait embarrassé et, pourtant, restait d'une admirable politesse. Enfin, quoique cette notion fut très.., relative? La politesse des paysans était la vulgarité de personnes de son rang, ce qui les condamnait à s'exprimer de manière tout ce qu'il y avait de plus lamentable pour se faire comprendre de ces êtres qui ne comprenaient rien à rien au langage soutenu et agréable à l'oreille qu'était le leur. Bref, s'il considérait la situation du point de vue le plus proche qu'il le pouvait de celui de ces rustres, il était intimement persuadé que Ciaran n'était pas familier. Au moins ne s'amusait-il pas à l'insulter... Morgan ne s'en était pourtant pas gardé, lui! Encore un de ces magnifiques privilèges qu'il ne pouvait s'expliquer, mais qu'il se contentait d'apprécier à sa juste valeur. C'était une évidence, n'était-il pas? Les pauvres villageois comme l'Esprit aux cheveux verts devaient respect et déférence aux gens comme lui, n'ayant nul besoin d'exercer quelque profession pour vivre dans un faste qu'ils ne pouvaient pas même ne fut-ce qu'imaginer, tant leur vision du monde était limitée par leur idée fixe d'économiser..., stupide. Une dernière question restait: pourquoi lui avait-il parlé, exactement? Il ne devait pas s'être douté de qui il était avant de le faire, c'était certain... D'ailleurs, l'aurait-il seulement fait, s'il avait su que Morgan allait ainsi s'accrocher à lui, pleurer, et exiger de lui qu'il lui fournisse l'aide dont il avait si cruellement besoin? Rien n'était moins sûr... Après tout, comme il se l'était dit, il avait l'air bien embarrassé! D'un autre côté, peut-être aurait-il eu la conscience un peu plus lourde qu'à l'accoutumée, s'il l'avait laissé là. Le jeune noble, lui, n'avait pas ce genre de soucis: sa conscience, si l'on prenait pour acquis qu'elle aie un jour existé, devait avoir bel et bien disparu au fil du temps. Il se souvenait encore très bien avoir fait croire à tout le monde que le serviteur avait volé le collier de sa sœur. Et il se souvenait avec tout autant de clarté avoir esquissé un sourire, quand personne n'avait pu le voir. Que ce fait ne l'avait pas empêché de dormir, fut-ce une seule nuit, et ne l'avait pas tourmenté une misérable minute durant sa vie. Excepté lorsqu'une douleur fulgurante lui avait traversé l'œil... Quoique là encore, on ne pouvait réellement parler de remords: tout juste de la colère. De la douleur, et une colère rouge et bouillante. Alors, une conscience? Jamais!

Mais Ciaran devait bien en avoir une, lui. Oui, oui, sinon il aurait tourné les talons. A moins qu'il ne su que Morgan se serait vengé? Ce pouvait être cela, aussi..., mais dans les faits, ce n'était pas comme si l'importance de ce détail était capitale. Tant qu'il ne partait pas! Les sanglots qui secouaient les épaules du jeune homme reprirent de plus bel à cette pensée peu réjouissante. Les promesses n'avaient que la valeur qu'on acceptait de leur donner, n'en avaient que si elles étaient prononcées pour être respectées au mot près. Difficile de savoir si, oui ou non, c'était l'intention de son interlocuteur. Il voulut s'accrocher à son cou à nouveau, mais n'en fit rien. C'était déjà le début d'une sorte de progrès, non? Il ne se sentait plus complètement obligé de le retenir ici en le forçant à le trainer s'il esquissait ne fut-ce qu'un pas en arrière...

« Arrêtez de pleurer, je ne vais pas vous laisser là, je vous l'ai déjà dit. Mais sérieusement...Ça ne va pas vous plaire, chez moi, je le sais. »

Il passa derechef le dos de sa main sur ses joues, se calmant quelque peu. Oui, il l'avait déjà dit, et alors quoi? Cela ne changeait rien du tout au fait qu'il aurait tout de même pu s'en aller. Strictement rien. Or, Morgan ne voulait pas rester seul, le soir, dans une ville pleine de manants qu'il ne connaissait pas, sales et..., et il ne savait pas quoi d'autre, mais seuls des qualificatifs horribles lui venaient à l'esprit, s'y bousculaient dans la plus totale des anarchies. Quant au fait que le placard qui devait lui servir de maison ne lui plairait pas, c'était l'évidence même! Une pointe d'agacement se fit sentir chez le noble. Lui aussi, le savait, mais il pensait bien lui avoir déjà dit que c'était toujours mieux que rien! Ou peut-être s'était-il contenté de l'insinuer? C'était vrai que les sous-entendus ne faisaient jamais bon ménage avec les sots... Pas Ciaran fut stupide, mais, vraiment, il avait parfois de ces réflexions... Morgan faillit s'emporter et lui jeter à la figure que, oui, il le savait, et que ce n'était pas de gaité de cœur qu'il irait, mais que s'il pensait qu'il avait d'autres choix envisageables eh bien, qu'il les formule, au lieu de ressasser des évidences! Une fois de plus, il ne le fit pas. Il n'aurait plus manqué qu'il se mette en colère contre lui! Il l'aurait alors abandonné à sont sort, c'était sûr. Enfin, peut-être pas? C'était un noble, après tout. C'était son devoir de l'aider.

« Enfin. Vous allez arrêter de pleurer, maintenant, n'est-ce pas? Sinon, on va croire que je vous enlève, et ça m'embêterait, voyez-vous. »

Morgan ouvrit un grand œil rond à l'entente de cette phrase. Pour le coup, il avait momentanément cessé de pleurer, mais il ne fallait pas s'y méprendre. Il était plus que vraisemblable qu'il recommence dès que son étonnement serait passé, plus ou moins. Qu'il l'enlevait? Mais ce n'était pas le cas du tout! Sans qu'aucun signe extérieur ne trahît son geste, il gratifia le centre ville à l'entour d'un rapide coup d'œil circulaire. Il n'y avait pas vraiment songé mais... Maintenant qu'il le disait, au fond... Morgan avait beau être pagé de quinze ans, on ne lui en donnait que douze ou treize, et il le savait amplement. Sans doute qu'il avait mesuré quelque dizaine de centimètres de plus, s'il avait eu l'air un peu moins frêle et fragile, s'il avait arboré un grand sourire, personne n'aurait ne fut-ce que songé à cette singulière et incongrue hypothèse. Mais en l'occurrence, c'était très loin d'être le cas, et un regard extérieur aurait en effet pu être tenté de penser de la sorte. Oh, mais personne ne l'aurait enlevé, évidemment. Et puis, quand bien même cela serait arrivé, sa famille aurait fait quelque chose pour le retrouver; ils tenaient à lui, en dépit de son caractère qui n'était pourtant pas une allégorie de la tranquillité et du calme. Ils ne l'auraient pas laissé, c'était très clair pour Morgan. Une sorte d'ébauche de sourire trouva le chemin jusqu'à ses lèvres fines; c'était lui qui voulait aller chez l'Esprit aux yeux violets, pas le contraire. Ce n'était pas un enlèvement s'il le suivait de son plein gré, si? S'il n'avait pas eu le cœur si lourd, il en aurait sans nul doute rit. Mais un vague sourire était un début à tout, et au moins ne pleurait-il presque plus. Presque, oui. Parce qu'il ne fallait pas non plus trop lui en demander, et que s'arrêter pour de bon, définitivement, demanderait de gros efforts qu'il ne se sentait ni l'envie ne le besoin pressant de fournir. Il hocha la tête, partageant pour une fois l'avis de Ciaran, mais n'appliquant pas tout à fait pour autant ses conseils. D'ailleurs, si ce n'avait été pour son sourire rassurant et son ton de voix, Morgan se serait énervé, l'impression qu'un simple villageois lui donnait des ordres lui étant proprement insupportable.

« Tu ne peux pas savoir si cela me plaira ou pas, dit Morgan d'un ton toujours aussi condescendant, tu ne peux sûrement pas savoir comment je pense! »

Et encore. S'il s'était écouté, il aurait sans doute parlé de 'quelqu'un comme toi, aussi pauvre et misérable, ne peut pas savoir, et à fortiori comprendre, ce qu'une personne telle que moi, riche et douée de la capacité de penser correctement, ne vivant pas dans de la fange avec des gens qui ne cherchent même plus à donner le change, pense, espèce d'abruti!'. Le message avait dû passer, de toute manière... Moins incisif, peut-être, mais toujours très loin d'être sympathique.

« Et je me fiche pas mal de ce que les autres peuvent bien penser, puisque je ne les connais même pas. L'avis des manants, ce n'est pas important. C'est à peine s'ils savent pens... »

Puis, il s'arrêta brusquement dans sa tirade, comme réalisant que Ciaran faisait clairement partie de cette catégorie de personne, et que l'insulter n'allait pas jouer en sa faveur. Son père disait toujours le contraire; qu'il fallait les écouter, que blablabla... Ce n'était pas qu'il n'était pas d'accord, juste qu'il n'y arrivait pas. Il se reprit donc, après une brève seconde de réflexion, se mordant la lèvre inférieure et séchant une nouvelle larme qui avait trouvé bon de rouler sur sa joue.

« ...Il ne faut pas te sentir personnellement visé... Je ne dirais rien sur l'endroit où tu vis, juré! Je te fais confiance. Tu habites loin? »

'Rien' était un terme un peu fort, mais il essaierait. Ce qui ne voulait en rien dire qu'il atteindrait ce but, cela allait sans dire... Et s'excuser de ses paroles peu aimables? Plutôt mourir! Très fier, et pas désolé le moins du monde, il n'en avait pas la moindre envie. D'autant que Ciaran avait dit qu'il l'emmènerait alors, même si le jeune garçon à la natte rose n'était pas un exemple de gentillesse, il devrait le faire. Point final. Il n'avait tout simplement pas le choix...


[HS: La CMS ESSAIERA, nuance...XD
Et elle échouera, mwahahaha...>8D
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Esprit, Menuisier


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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Jeu 10 Fév - 0:45

Franchement, Ciaran pensait qu'on aurait du lui remettre sur le champ le prix de la plus grande patience à l'égard de quelqu'un, car un autre que lui eu vite fait de se débarrasser de cet enfant capricieux et qui semblait se fâcher d'un rien en le poussant vers quelqu'un d'autre, espérant qu'il ne retiendrait pas son visage pour ne pas avoir d'ennuis au cas où cette teigne serait rancunière. Enfin. Regardant ce jeune Esprit se vider de toute l'eau de son corps, Ciaran n'avait pas eu le cœur de le laisser se débrouiller seul, ni de demander à quelqu'un d'autre de le faire à sa place. Parce qu'au fond, qui sait? Les détraqués ne courent pas les rues, mais c'est toujours quand on se dit que l'on a un risque sur dix-mille d'en croiser que justement, on en croise un. Et si l'on a vraiment pas de chance, on en rencontre un vrai, un détraqué de chez détraqué, qui vous viole, vous tue, vous arrache les boyaux et vous...Bon, peut-être que Ciaran exagérait, mais tout de même! Aussi bête que cela puisse paraître et autant cela pouvait l'embêter, maintenant que Morgan lui avait demandé de l'aide, il se sentait responsable de lui/Elle, et s'il lui était arrivé quelque chose, il s'en serait senti coupable, il le savait. Il ne le connaissait même pas, pourtant, cet enfant, et ne se reverraient sans aucun doute plus jamais...Un riche et un simple villageois, hein? C'était peut-être juste son devoir d'aider cette personne, il n'avait pas vraiment le choix, de toute façon. Alors autant garder un sourire plaqué sur ses lèvres, n'est-ce pas? Cela compenserait la mine ravagée de larmes de son interlocuteur. D'ailleurs, il aurait bien aimé qu'il cesse de pleurer de la sorte, les passants allaient réellement finir par croire qu'il lui avait porté outrage d'une quelconque manière, à la fin! Et il n'avait pas vraiment envie de mal se faire voir de son voisinage. Ce n'était déjà pas chose aisée que de gagner leur confiance, alors si en plus maintenant, il devenait le pervers pédophile du quartier...Bonjour la réputation! Il n'était pas certain de pouvoir supporter les regards de travers, la réclusion et les chuchotements chaque fois qu'il se promènerait en ville.

Non merci. Lui n'était qu'un simple villageois sans histoire. Ici, personne ne connaissait sa famille, ni pourquoi il avait quitté sa ville natale pour venir travailler à Jiang-Zemin. Les raisons qu'il donnait quand on le lui demandait étaient vagues et il ne s'attardait jamais dessus, ayant trop peur d'un jour en dire trop et le lendemain oublier tout ce qu'il avait dit la veille. Il ne voulait pas qu'on sache pour Camilla, il était persuadé que personne ne comprendrait ni ne chercherait à comprendre. Ils se contenteraient de le juger, de le regarder de haut et le mépriser. Ciaran ne le savait que trop bien, et ne voulait pas être le paria qui avait mit sa petite amie enceinte et s'était enfui de chez lui suite à cela. C'était vrai, quel homme digne de ce nom aurait osé faire ça? Il ne devait être qu'un minable lâche, qui ne méritait la pitié de personne. Il serra sensiblement ses poings en pensant à cela. Ô combien il aurait aimé les voir à sa place, ces gens qui ne pouvaient s'abstenir de juger les autres, comme s'ils connaissaient tout de leur vie! Seize ans, c'était bien trop tôt, pour être père. Il n'avait pas été préparé à ça, il avait eu peur. Il savait que laisser Camilla assumer seule leur bêtise était immonde, mais...Mais s'il était resté, ça aurait été pire, c'était ce qu'il se répétait en permanence pour ne pas laisser la culpabilité l'envahir tout entier.

Reportant sa pleine et entière attention sur son interlocuteur aux longs cheveux roses, il haussa ses sourcils en apercevant le demi sourire qui s'était peint sur ses lèvres. Euh...? Pourquoi souriait-il? Cherchant activement ce qu'il avait pu dire de drôle, il remarqua avec soulagement qu'au moins, il ne pleurait quasiment plus. Il s'en félicita, se disant que peut-être ils pourraient rentrer chez lui dans le calme et la bonne humeur. Ou dans le calme tout simplement, ça lui convenait tout aussi bien. Voyant que la jeune personne hochait la tête, il s'arrêta de penser pour l'écouter parler, regrettant immédiatement de l'avoir fait:

« Tu ne peux pas savoir si cela me plaira ou pas, fit la charmante personne de son ton de voix qui lui donnait l'impression d'être son égal en tous points, tu ne peux sûrement pas savoir comment je pense! »

Et bla bla bla...Le jeune Esprit aux yeux d'améthyste passa une main sur son visage pâle pour masquer la mine exaspérée qui étirait à présent ses traits. Certes, certes, il ne savait pas comment il pensait, quoi qu'il doutait que son mode de pensée soit très difficile à saisir. Et pens...C'était quoi, cette très gentille insulte envers les manants qui passaient et repassaient à leurs côtés? A la vue de la mine désapprobatrice d'une dame au lourd sac chargé de victuailles, il se dit que les paroles de la petite Noble, ou du petit Noble, n'étaient pas tombées dans les oreilles de sourds. Que cherchait-il à faire au juste, en insultant la classe sociale dont était issue son 'sauveur'? Qu'il le plante ici, au milieu de la rue, et le laisse se débrouiller? Ciaran n'aurait jamais fait une telle chose, mais ça, son interlocuteur, à moins de n'être ultra perspicace, n'était pas censé le savoir.

« ...Il ne faut pas te sentir personnellement visé... Je ne dirais rien sur l'endroit où tu vis, juré! Je te fais confiance. Tu habites loin? »

Au moins se rattrapait-il/elle, songea Ciaran en enlevant la main de son visage, adressant un nouveau sourire à l'adorable petite chose rose qui lui faisait toujours face. En ce qui concernait sa promesse de ne rien dire sur la modeste habitation dans laquelle il vivait, il n'y croyait qu'à moitié, mais s'accorda le loisir d'espérer qu'il ou elle disait vrai. Regardant rapidement autour de lui, il vit que la rue était bien moins encombrée qu'il y avait quelques minutes à peine, ce qui rendrait le chemin du retour bien plus aisé. Il faisait froid, et Ciaran avait envie de rentrer le plus tôt possible chez lui, invité ou pas à ses côtés. En espérant qu'il avait assez de nourriture pour deux...

Le jeune menuisier aux cheveux verts venait tout juste de comprendre pourquoi sa mère protestait autant quand lui, Camilla et leur père voulaient inviter leurs amis à manger le même jour. Philip, lui, n'avait jamais ramené aucun ami à dîner; Sans doute lui en avait-elle était bien reconnaissante. En tout cas, à sa place, il l'aurait été, et il se serait détesté. Ben oui. Il fallait voir les choses en face, quoi.

« Ce n'est rien, répondit-il, avant d'enchaîner immédiatement, Je n'habite pas très loin, mais il va falloir marcher un peu tout de même. C'est par là (vague geste de la main). On ferait mieux d'y aller immédiatement, dans ce cas...Je ne voudrais pas rentrer trop tard. »

Oui, pas trop tard. Parce qu'il avait froid et faim, et qu'il était fatigué. Mais, il se voyait mal dire tout ceci à vois haute, alors...

[Non. CIARAN EST IMMORTEL.

Mwahahaha.X'D]
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Jeu 10 Mar - 18:20

Oh, ce qu'elle pouvait en avoir marre! 'Assez' était le seul et unique mot qui aurait mérité, selon elle, de sortir de la bouche de la jeune demoiselle au teint clair. Était-ce seulement possible de marcher autant ou, faute de cela, autorisé? Si oui, eh bien c'était une erreur, une belle erreur qui aurait de suite été corrigée si cela n'avait tenu qu'à elle! Mais évidemment, elle ne le pouvait pas et puis, très honnêtement, une fois sa saute d'humeur passée, sans doute aurait-elle trouvé ceci fort futile. Mais pas à l'instant présent, oh que non, c'était tout le contraire! Habituée à obtenir tout ce qu'elle voulait, et ce en tendant tout juste, en en exprimant l'hypothétique désir -pour se rétracter la seconde ou on lui apportait- et en tendant à peine la main, elle supportait très mal le genre de situation dans laquelle elle était entrainée dans cette rue bondée de manants malpolis, sales et puants. Sortir en fiacre, oui, passait. Voir la rue défiler sans fouler le sol de son noble pied, parfait. Mais en l'occurrence, il lui semblait se tenir debout de la sorte depuis une petite éternité, et la simple perspective d'un canapé moelleux, confortable, couvert d'une draperie d'un velours rouge carmin, l'aurait faite soupirer d'aise. Personne n'y aurait pu rien changer; chacun avait, après tout, son idée personnelle quant à la définition de 'simple' et 'sobriété'. Et il fallait tout de même accorder à la jeune file au cache-œil que, n'ayant de sa vie jamais vu de siège qui ne soit pas au moins aussi luxueux, elle aurait éprouvé toutes les peines du monde à s'en représenter d'autres. On parlait d'herbe à un paysan, il ne se la dépeindrait pas bleue, haute de trois mètres et dure; un principe à peu près similaire s'appliquait ici. Morgan pleurnichait toujours, quoique ses larmes eurent presque entièrement cessé de dévaler ses joues rougies par le léger vent. Elle songea un instant à son visage, en reléguant momentanément la douleur lancinante dans ses pieds aux oubliettes: si elle n'était en effet pas sans arrêt à se préoccuper de sa toilette et autre, ce n'était pas pour autant qu'avoir un affreux faciès ravagé par les pleurs lui plaisait. Toutefois, pour avoir d'ores et déjà expérimenté de genre choses au moins un demi-millier de fois au cours de sa vie, elle savait pertinemment que ce n'était pas cela qui la rendrait laide. La chance lui avait, de toute évidence, sourit à la naissance. Non seulement elle avait de l'argent, un père absolument fantastique dont les moindres mouvements ne lui inspiraient qu'une grande admiration, mais elle ne se trouvait en plus de tout ceci pas de disgrâce physique particulière. Si l'on exceptait sa taille, et sa force plus que limitée, mais ce n'était pas ce qu'elle entendait par là de toute manière. D'autant que ç'aurait pu être bien pire. La sang-bleu à la natte rose, si elle cherchait et trouvait en permanence de quoi se plaindre, était également très douée et empreinte de bonne volonté lorsqu'il s'agissait de dresser une liste exhaustive de ses propres qualités, sur quelque plan que ce fut. Son apparence en faisait partie. Androgyne à un point qu'elle devinait déconcertant ne voulait pas dire que ses traits furent grossiers, loin s'en fallait. Avec ou sans maquillage elle se jugeait regardable, largement acceptable; sans cela, elle n'aurait pas eu de si fréquentes crises de nerfs ou, à tout le moins, n'aurait pas laissé lesdites perles salines ici incriminées par Ciaran inonder son visage. Enfin, elle avait le souci de bien paraître, et des yeux rouges, s'ils n'étaient pas rédhibitoires, n'aidaient assurément pas à ce faire. Si elle ne se sentait pas tout à fait calme, pas encore, elle allait malgré tout mieux qu'avant l'arrivée du jeune homme aux yeux violet, c'était indéniable. Si ne fut-ce qu'ouvrir la bouche lui avait donné envie de pleurer, l'idée de mettre à nouveau un pied devant l'autre n'en était pas très loin non plus. N'avait-elle pas suffisamment marché pour une vie entière? Son endurance n'était pas à remettre en question; n'importe qui, selon elle, ayant parcouru aussi longtemps la capitale en long, en large et en travers aurait déjà outrepassé son quota de kilomètres pour la journée. Il allait sans dire que, sans le moindre doute, elle en rajoutait. Comme toujours, en faire 'plus', 'trop', était devenu sa spécialité. A force de pratique, elle était passé maître et excellait dans ce domaine. Elle se prit donc à espérer que Ciaran ne vive pas loin d'ici, dans le centre ville. Pas en périphérie, elle aurait encore préféré mourir que se rendre aussi loin! Intérieurement, elle se félicita de ne pas avoir opté pour la panoplie 'robe-ruban-petites-chaussures', sans quoi elle n'aurait sérieusement pas pu envisager de continuer sans faire de pause tous les dix mètres. Son manteau long, ses bottes, son chemisier et son pantalon lui sauvaient littéralement la vie, cette fois-ci. La réflexion qu'elle se tint à elle-même, selon laquelle même si relativement simple, un centimètre carré de ses vêtements valaient le double de la plus élégantes des robes des ces dames qu'elle avait vues traverser la rue lui décocha un nouveau semblant de sourire suffisant et sarcastique. Se moquer des pauvres était, au moins, une occupation qui avait le mérite de lui faire oublier, ne fut-ce que pour une durée limitée, la douleur qui habitait ses muscles et la malchance qui n'avait qu'accroître son exécrable humeur. La vicinité des riches et des pauvres ne faisait que rendre ces derniers plus pathétiques encore. Ce qui n'était pas pour lui déplaire, quelque part.

Exception faite de Ciaran. Ne l'avait-il pas aidée? Le seul de ces imbéciles à savoir reconnaître que son devoir était de la servir, de lui porter secours quand elle en avait besoin sans qu'elle ai à s'abaisser à demander quoi que ce fut à des gens qui ne méritaient pas un regard! C'était tout de même un comble! Elle demanderait à ses sœurs, se jura-t-elle, et pas plus tard que le lendemain, si un tel comportement irrespectueux ne les révoltaient pas. Elle trouverait en Libelle une compagne d'élégies, et en Helena une oreille à demi-attentive qui, sans participer, ne leur adjurerait pas d'incessamment arrêter de se plaindre. Ce serait suffisant. En attendant néanmoins, elle ne pouvait rien de dire de tel à la personne qui allait l'héberger. De ce qu'elle avait compris, et bien qu'elle ne vit pas réellement le problème puisqu'elle l'excluait du lot, il n'appréciait que moyennement ses remarques pourtant pétries de bon sens et de véracité au sujet des classes moyennes et basses de la société dont elle occupait, pour sa part, les plus hautes sphères. Qui avait parlé de critique? Ne faisait-elle pas, dans les faits, que des constats? L'objectivité totale n'était qu'une utopie, de toute façon. Si lesdits constats étaient blessants pour eux, cela ne pouvait vouloir dire que la vérité, dans toute sa cruauté, leur faisait peur ou les dégoutait. Mais la nier ne les rendrait pas plus fortunés, plus maniérés, mieux habillés. Quel était le problème à les aider à se rendre compte de leur pitoyable situation? Vraiment, parfois, elle ne les comprenait pas...

« Ce n'est rien. Je n'habite pas très loin, mais il va falloir marcher un peu tout de même. C'est par là . On ferait mieux d'y aller immédiatement, dans ce cas...Je ne voudrais pas rentrer trop tard. »

Suite à ces quelques paroles, une grimace particulièrement éloquente vint étirer les traits de la fillette aux yeux mauves et vides. Pourquoi Ciaran s'amusait-il toujours à lui dire des choses rassurantes pour se contredire deux secondes à peine plus tard, se lamentait-elle mentalement. S'il ne se fichait pas d'elle, alors il devait être plus que maladroit! Non, non et non, elle était fatiguée et ne voulait pas avancer pendant ce qu'un vulgaire villageois appelait 'pas très loin'. Était-ce seulement une appréciation de distance objective? Non! Comment était-elle sensée comprendre ce qu'il voulait dire par là? La réponse était très simple, elle ne pouvait pas! Révulsée par la perspective de voir défiler sous ses pieds un sol dallé sur un kilomètre de plus, elle poussa un petit soupir plaintif à fendre l'âme. Si ces gens n'avaient pas été des rustres sans manières, ils n'auraient pas hésité une petite seconde avant de se proposer de lui servir de siège! S'assoir au milieu de toute cette poussière, sur un sol piétiné à longueur de journées par des moins que rien, jamais. Elle avait mal, elle voulait se reposer, et il ne parlait que de marcher! Ceci ne disposait pas de la plus petite forme d'intérêt. Apprendre à se battre, oui. S'épuiser dans ce but ne la gênait nullement; les coups de baguette infligés à ses doigts par son professeur de piano, lorsqu'elle n'en jouait pas encore aussi bien qu'elle le faisait à présent, avaient également eut l'immense honneur d'être tolérés par Morgan. Mais mettre un pied devant l'autre toute la journée, pour arriver dans un endroit qui ne manquerait pas d'être minuscule, humide, crasseux et dégoutant, c'était humiliant! Elle se reprit, songeant qu'elle avait dit tenter de ne pas émettre de remarques trop incisives quant à la demeure dans laquelle elle allait devoir séjourner.

Une moue vexée s'installa sur son faciès, et il ne faisait nul doute qu'elle y resterait accrochée durant tout le trajet. Partir, immédiatement? Elle en avait assez, et elle ne voulait pas encore marcher. D'autant plus que le jeune homme était plus grand qu'elle, irait sans 'ombre d'un doute trop vite, et elle serait obligée d'allonger le pas pour être en mesure de suivre, serait éreintée, exténuée avant d'avoir accompli la petite moitié du chemin... C'était tout bonnement hors de question! Bien souvent la demoiselle à la natte rose exigeait, sans se soucier de la méthode de par laquelle ses ordres seraient exécutés, ou s'il en existait une même. Ce n'était pas elle qui était concernée, après tout, mais les serviteurs qui se pressaient de trouver quelque moyen de répondre à sa requête dans les délais demandés, soit les plus brefs. Il en était ici de même; elle voulait être rentrée, mais ne désirait pas le moins du monde avancer. Les mauvaises habitudes ne disparaissaient malheureusement pas aussi facilement chez elle qu'un sourire...

« Mais je t'ai déjà dit tout à l'heure que mes jambes me font mal! Tu as envie que ça empire, peut-être? Dit-elle d'un ton mordant, avant de reprendre d'une voix dont les intonations n'auraient pas choqué dans la bouche d'un martyre. Ciaran, je ne me sens pas bien, je ne veux pas marcher encore... »

La demoiselle Yanaë se prit à détester ces pavés gris et ternes. Le sol brillant, plus lisse que la surface d'un lac et dont la pierre polie reflétait votre image du château lui manquait cruellement, à l'instant. Et alors que ses larmes venaient de cesser de couler, elle se prit à avoir derechef une brusque envie de pleurer.


[HS: Peut-être, mais tout le monde crève d'envie de se suicider après le passage de Morgan.XD
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Mar 5 Avr - 18:54

Si Ciaran avait été un oiseau, songea-t-il en regardant le ciel qui se paraît d'ores et déjà des couleurs de la nuit, il aurait pu s'envoler dans l'éther coloré et ne plus se soucier de rien à part de son errance improvisée. S'il avait été un oiseau, il n'aurait eu à penser à rien tout court, sinon à manger, se désaltérer, dormir et se reproduire. Tentant de s'imaginer ce que serait sa vie avec seulement ces besoins primaires à remplir, il du réprimer un soudain fou rire, se félicitant de n'en garder sur son visage aucune autre trace qu'un vague sourire amusé. Non, décidément, leur vie était bien trop remplie pour qu'il ne puisse un jour considérer que ces derniers paramètres...Ils ne vaudraient pas mieux que des animaux, et ce n'était pas là une insulte, le menuisier aux cheveux verts n'avait rien contre ces braves bêtes, simplement, il fallait avouer qu'elles ne menaient pas une vie trépidante. Enfin, se rattrapa-t-il en reportant son attention sur la jeune personne aux cheveux roses qui lui faisait face, sans aucun doute sa vie était-elle aussi intéressante que celle d'un phasme à ses yeux de Noble. Il était vrai que Ciaran ne s'était jamais rendu à des bals ou des dîners mondains, et qu'il aurait été bien en mal de s'imaginer à quoi d'autre pouvaient occuper les Nobles leurs grandes journées. Lui travaillait, et il passait la majeure partie de son temps à cela, mais s'il n'avait pas eu besoin de travailler pour gagner sa vie, qu'aurait-il fait de ses journées? Eh bien, comme ça, rien ne lui venait à l'esprit, sans mauvais jeu de mots. Il n'était plus un enfant qui, muni d'un bâton de bois, était un Prince venu délivrer la jolie Princesse des griffes de l'infâme dragon qui la retenait prisonnière dans son antre sombre. Il n'arrivait plus à s'amuser d'un rien, et franchement, ça le désolait. Mais depuis des années, il travaillait, le travail et les efforts étaient devenue son leitmotiv. Avant, quand Philip était encore en vie, son père l'avait laissé relativement tranquille, pensant qu'éduquer son fils aîné était sa plus grande priorité, puisque c'était ce dernier qui était sensé reprendre le travail à ses côtés. Lui, aurait tout le temps de s'y mettre plus tard, c'est sans doute ce que son père avait alors pensé. Mais quand Philip était mort, il avait été hors de question de passer ses journées à folâtrer à l'extérieur; Il avait du reprendre la place du disparu, se débrouiller pour faire aussi bien que lui, combat perdu d'avance! Mais il avait tenu bon, ce n'était pas comme si on lui en avait laissé le choix, de toute manière. Avec sa mère qui était déjà mal en point...Il ne voulait pas être un poids mort pour son père, qui portait déjà assez de charges comme ça sur ses fortes épaules. Ah. Certainement qu'ils ne voudraient plus jamais le revoir, ou son père tout du moins. Si l'état de sa mère avait empiré entre temps, peut-être en avait-elle oublié jusqu'à son départ. Trépidante, comme vie, s'il en était...Ciaran aux yeux violets n'en était pas si fier, et le pire était que c'était là entièrement sa faute. Au final, il aurait bien voulu être un phasme. Au moins, il n'avait pas à se poser de questions sur son avenir, ce stupide insecte; Il n'a même pas conscience qu'il va mourir. Si tout pouvait être aussi simple...

Mais malheureusement pour lui, rien ne l'était, et encore plus en cette froide soirée, où il se sentait peu à peu perdre patience. Encore heureux que la lassitude l'ait emporté sur son agacement, sinon, Morgan serait déjà aller voir ailleurs s'il y était. Si encore la petite chose aux grands yeux mouillés avait été polie et correct, il n'aurait rien trouvé à y redire. Seulement voilà, il fallait que chaque parole sortant de sa bouche ne soit que que remarques fort déplaisantes et préjugés dont il se serait bien passé. Était-ce une façon de traiter la personne qui allait vous sauver la vie? Qu'il s'estime heureux-ou heureuse parce que mince, il ne savait toujours pas et ça commençait à vaguement lui taper sur le système, ça aussi...- qu'il lui prête gentiment un toit sous lequel dormir, auquel cas il aurait été obligé d'aller parler à ces manants qu'il semblait tant mépriser, ou se rendre à l'auberge pour y passer une nuit, le pavé froid des ruelles n'étant à ses yeux pas, mais pas attrayant du tout. Aucune chance qu'on eu pu ne pas y préféré un bon lit, aussi petit et minable soit-il. Tiens, maintenant qu'il y pensait, Ciaran se rendait compte qu'il allait devoir dormir sur le canapé, dans ce cas là. Et mince. Tant pis, pour compenser, il dormirait jusqu'à midi demain. Ça ne ferait de mal à personne, et certainement pas à lui, pour commencer.

« Mais je t'ai déjà dit tout à l'heure que mes jambes me font mal! Tu as envie que ça empire, peut-être? Ciaran, je ne me sens pas bien, je ne veux pas marcher encore... »

Sur le coup, Ciaran se prit à hésiter entre serrer cette pauvre petite chose rose contre lui et l'étrangler, purement et simplement. Ça aurait été bien plus simple, n'est-ce pas? Bon, si on mettait à part le fait que, bien évidemment, il allait se faire arrêter pour meurtre ou tentative de meurtre immédiatement après, mais ça, on y pensait pas en premier lieu. Morgan avait opté pour une petite moue vexée, reflet parfait de l'enfant gâté qu'il était sans nul doute. Habitué à ce que l'on exécute le plus petit de ses ordres, que ses demandes soient satisfaites dans la seconde, le voilà qui devait se trouver bien embêté, de devoir parler de la sorte à un manant et, plus humiliant encore, de devoir lui demander de l'aide. Et accepter son aide! Ciaran était mordant, peut-être, il ne s'en rendait pas vraiment compte; Il avait trop froid et était trop fatigué pour cela. Cela leur faisait au moins, à Morgan et lui, un point commun: Ils désiraient tous deux regagner le domicile de l'Esprit aux cheveux verts le plus rapidement possible, et pour cela, Ciaran en était désolé, mais il allait falloir marcher. Pas beaucoup, mais comme il l'avait déjà dit, ce n'était pas non plus la porte à côté. Et les jérémiades incessantes de Morgan ne changeraient pas ceci pour autant.

« Je suis vraiment désolé, mais vous allez tout de même devoir marcher. Enfin...(Il se demanda s'il avait été irrespectueux puis, décidant que non, s'autorisa à poursuivre, toujours souriant, bien qu'une légère impatience pouvait se discerner dans sa voix) Vous savez, ce n'est pas très loin, nous y serons rapidement. Et plus vite nous irons, plus vite nous serons au chaud. »

Parce que oui, avant tout, Ciaran avait encore et toujours terriblement FROID. L'idée de chaleur commençait même à l'obséder c'en était effrayant. Enfin, avant de pouvoir pousser un soupir de soulagement et s'écrouler sur une chaise chez lui, il allait falloir faire bouger son jeune compagnon, et il ne lui laissait pas le choix. Ou il le suivait, ou il restait là. C'était à lui, elle de choisir. Faisant un pas ou deux en direction de la rue, il ajouta, à l'adresse de Morgan:

« Vous me suivez? »

[Ciaran ne meurt pas, jamais. Inutile d'essayer. Tel Ulysse il vaincra tous ses ennemis.|D]
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Mer 27 Avr - 13:12

[Hoho, mais si Ulysse avait été face à Morgan il n'aurait rien pu faire. Même les harpies et les cyclopes à côté, c'est de la gnognotte!>8D
Bon, Morgan est une peste et assume. Her her, j'a-do-re incondtionnellement poster avec lui/elle. Inexplicable.XD
Posté. What a Face ]
Morgan se savait proprement imbuvable, et c’était peut-être le pire dans ce comportement qu’était le sien. S’il avait été un demeuré fini, encore ses multiples caprices auraient-ils été acceptables, faute d’agréable. S’il avait pu plaider pour sa défense ne pas avoir conscience des conséquences de ce qu’il faisait, alors oui, les reproches, la rancœur de ses malheureux souffre-douleurs s’en seraient peut-être trouvés amoindris. Seulement voilà, c’était très loin d’être le cas et Morgan en était parfaitement conscient. Aussi consciencieusement qu’il prétende le contraire, et s’acharne parfois à le faire croire, ses mots ne faisaient guère illusion bien longtemps : il n’était pas stupide et ne trompait plus personne en se cachant derrière des excuses pareilles. Chacun savait que ses actes étaient réfléchis et minutieusement calculés : s’il faisait tomber le pot de fleurs ou le verre que vous veniez de ranger, il y avait objectivement bien peu de chances que ce ne fût pas tout à fait délibéré. Il en allait de même pour ses acerbes et incessantes remarques, s’il les laissait passer du stade de pensée aussi cruelle qu’inoffensive à celui de parole blessante, il avait une raison. Bonne ? A priori pas, ou alors tout juste pour lui. Et il fallait suivre ce schéma pour, à peu de choses près, la moindre de ses actions, le dernier de ses gestes. Or, un enfant jeune et limité traitant une dame engoncée dans une robe trop serrée d’énorme cétacé ne faisait pas un effet comparable à une personne capable de prendre la pleine mesure de ce qu’elle racontait. Le jeune homme à la natte rose avait par conséquent usé et abusé de ce stratagème, jusqu’à ce que la majorité sache que, non, il n’était pas un abruti mais au contraire une peste retorse. Ce n’était en outre pas aussi terrible qu’il l’avait de prime abord cru ; les gens avaient plus mal mais ne pouvaient toujours pas le punir et rien que pour cela, il ne trouvait pas cette situation particulièrement déplaisante. Le jeune homme ne le connaissait pas, mais Morgan avait été suffisamment naturel ces quelques dernières minutes pour qu’il soit apte à le cerner, au moins dans les grandes lignes, et l’aspect critique et méprisant de sa personnalité n’avait pas dû lui échapper. Voire même était l’un de seuls, excepté celui de manipulateur dont il se targuait tant en silence, qu’il ait été en mesure de distinguer… En d’autres termes, pas sous son meilleur jour, il le craignait. Enfin, qu’il fasse tout ce mal en connaissance de cause était pour le jeune noble uniquement la preuve de son intellect supérieur, ni plus ni moins. Les autres auraient dû l’admirer pour cela, au lieu de le détester tout en lui offrant de grands sourires lourds d’hypocrisie ! Pas qu’il agisse lui-même autrement à leur égard, ceci dit, sans doute était-il mal placé pour en parler de la sorte, quand son mépris était aussi évident que leur jalousie crasse crevait les yeux. Par ‘leur’ et ‘ils’, l’Esprit entendait l’ensemble des autres nobles, seules personnes avec qui il conversait, et où la discussion tournait à ce point en rond. Toujours était-il que s’il tentait, bon gré mal gré, d’arracher si ou cela à Ciaran, qu’il disait ou ceci, ou cela, il aurait bien du mal à faire passer ses gestes ou paroles comme innocent et involontaires au demeurant.

Ce n’était pas non plus comme s’il cherchait à se faire apprécier. Non, du tout ; qu’on l’exècre, il s’en contre fichait. Ce n’étaient pas ses affaires ! Ce que les autres pensaient ? Une vaste plaisanterie, ils étaient trop stupides pour reconnaitre leur propre infériorité, ni plus ni moins ! Comme ces manants dégoutants qui détestaient les nobles au lieu de leur offrir le respect qu’ils leur devaient. Ils éprouvaient quelques difficultés à accepter la vérité ; si Ciaran le détestait, ce ne serait pas de sa faute, à lui. Son comportement était exemplaire ! Aucun mensonge n’avait franchi la barrière de ses lèvres. Vraiment pas. Alors, s’il ne l’aimait pas, ce ne serait pas grave, puisqu’il ne s’agirait que de jalousie. Ceci dit, il n’avait pas l’air de cet acabit. Si se fier aux apparences était une mauvaise idée parfois, ce pouvait également être très rassurant. Ici, par exemple.

« Je suis vraiment désolé, mais vous allez tout de même devoir marcher. Enfin... »

Le visage de Morgan suite à ces quelques paroles, pourtant bien innocentes sans doute, prit une expression singulièrement vexée. Et en colère. Des ordres ? Vous allez devoir marcher ? Devoir ? Mais qui était ce sombre imbécile pour oser s’octroyer le droit de lui donner le moindre ordre ? Cet effronté outrepassait de loin ses prérogatives, ce pauvre manant qu’il aurait pu écraser sous son talon à chacun de ses pas, et détruire dès son premier caprice ! Il n’était rien de plus qu’une figurine sale et boueuse que sa noble personne avait dans sa grande magnanimité accepté de ramasser de ses mains blanches et fines ! Recevoir des injonctions de ces sots incapables d’exécuter leur travail sans se plaindre, de ces incompétents congénitaux… Il sentit un frisson remonter le long de son échine, et nul doute que si les yeux des Esprits n’avaient guère été constamment habités de cette vacuité de verre coloré, le regard qu’il lui aurait lancé aurait été meurtrier. Le dos soudainement beaucoup plus droit, le menton relevé, il croisa les bras. S’il pensait le faire obéir alors qu’il lui octroyait tout juste l’immense privilège de lui adresser la parole, il était bien loin du compte ! Un va-nu-pieds tel que lui devait apprendre à rester à sa place, quelles que soient les circonstances ! Il fallait pour tutoyer les étoiles être en mesure de ne pas ternir leur éclat avec une stupidité aussi crasse qu’irrémédiable… Ce qui clairement, n’était pas son cas. Ni celui d’aucun de ses semblables dépourvus de la plus petite histoire, du plus vague prestige, de tout vestige de raffinement. Qu’ils aillent tous se faire pendre, s’ils devaient lui parler ainsi ! Ces impolis, ces rustres n’avaient aucune valeur personnellement, ni esthétique, ni rien, et ne servaient guère qu’en masse ! Ils étaient, ils étaient…

« Vous savez, ce n'est pas très loin, nous y serons rapidement. Et plus vite nous irons, plus vite nous serons au chaud. »

Pas loin, pas loin, n’avait-il que ce mot à la bouche ? Les pauvres n’étaient rien de plus que des voleurs à l’affût d’argent, sans foi ni loi, capable de vous sourire pour mieux vous poignarder dans le dos ; quoique ces stratagème requérant quelque réflexion fussent encore bien trop élevés pour eux. Des menteurs sans scrupules, voilà ce qu’ils étaient ! Il voulait qu’il marche, alors Ciaran lui racontait avec aplomb que ce n’était pas bien loin ! Ses arguments, s’ils étaient certes irrécusables, n’avaient rien de convaincant. Enveloppé de son long manteau d’une facture irréprochable, le vent ne lui était pas si désagréable. En revanche la brûlure dans ses jambes ayant engendré une énième plainte était, elle, bien présente et n’aurait su être ignorée. D’autant qu’il n’en avait pas envie : la mauvaise volonté avait souvent été la compagne de Morgan dès lors que la visée de l’exercice ne lui apparaissait pas comme suffisante pour justifier tel ou tel effort.

Ciaran amorça quelques pas dans la rue en lui demandant s’il comptait le suivre, sans que l’Esprit à la natte rose daigne bouger d’un iota, campant fermement sur ses positions, l’air toujours aussi pincé. Teinté de ce mélange de mépris, d’inquiétude, de déception, de toutes sortes d’émotions souvent contradictoires, mais où la prédominante restait la colère.

« Non. »

Telle fut sa réponse, cinglante, ferme et immédiate: elle n'aurait su accuser la moindre protestation. La moindre hésitation aurait été une marque de faiblesse, et s’il avait pleuré toutes les larmes de son corps à peine plus tôt –et avait une folle envie de recommencer par ailleurs- ce n’était pas comparable. Ce n’était pas similaire. Une supplique, et maintenant un ordre. Morgan détestait être contredis mais, plus encore, il abhorrait ne pas être écouté et obéis. Lui imposer quoi que ce fut n’était pas donné à tout le monde et, en l’occurrence, pas à Ciaran. Pas maintenant, pas alors qu’il n’était qu’une motte de terre pourrie que le jeune garçon était en droit de détruire à tout instant sans en subir la plus insignifiante conséquence.

« Tu m’as peut-être aidé, dit-il d’un ton mordant, mais tu n’es en dépit de cela guère plus qu’un manant effronté, alors ne me donne pas d’ordre ! Les gens comme toi devraient savoir rester à leur place ! »

Puis il baissa la tête et se mordit l’intérieur des joues, cependant qu’une larme solitaire traçait son chemin sur sa joue rougie par le vent. Bravo, songea-t-il, cet imbécile m’a encore fait pleurer ! Il releva la tête, la mine cette fois-ci nettement moins assurée, et enchaîna d’un ton tremblant :

« Et puis, tu… Tu as promis que tu ne me laisserais pas, alors… Même si je ne bouge pas, tu n’as pas le droit de partir, parce que sinon… Tu es un menteur qui abandonne les autres quand ils vont mal ! Quand tu donnes ta parole, eh bien… »

Il ne finit pas sa phrase, la laissant en suspens dans l’air. Ciaran avait compris, n’importe qui aurait compris ! Il lui avait promis, et si les promesses que Morgan faisait étaient emportées par le vent il n’en allait pas de même pour celles que les autres lui faisaient. Elles avaient tout intérêt à être tenues ; même par un manant ignorant de toutes les règles éthiques.

« Dis, tu peux me porter, plutôt ? »

Une question comme une autre, une solution comme une autre. Cela ou attendre ici qu’il se sente à nouveau l’envie de marcher. L’un dans l’autre, il n’accepterait jamais une troisième alternative, quoique Ciaran en eût semblé fervent partisan : il ne marcherait pas encore, non, non et non !
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Mer 4 Mai - 20:15

Il y avait des jours où Ciaran pensait qu'il aurait du mourir en sortant de ses couvertures. Trébucher, se prendre les pieds dans les draps, et se cogner la tête contre le sol de sa chambre; Là, il aurait agonisé quelques heures durant avant que la grande Faucheuse ne vienne cueillir son âme, mais une ou deux heures de souffrance le tentaient plus que deux minutes de plus passées en la compagnie de cet enfant aux cheveux roses. Oh ça! N'importe qui aurait entendu ses pensées l'aurait accusé d'exagérer, ce qui n'était pas tout à fait faux. Avec du recul, si rien de grave ne se passait entre temps, Ciaran se rendrait compte à quel point penser cela avait été ridicule; S'il y avait bien une chose que le jeune homme aux yeux violets ne voulait pas, c'était mourir. Qui l'aurait voulu? Une fois nos premiers pas faits, une fois que l'on se rend compte que l'on vit et que l'on peut mourir, chaque être en ce monde tient farouchement à sa vie, et la défend quels qu'en soient les conséquences, pour pouvoir avoir la chance de voir le soleil se lever une nouvelle fois sur ces terres qu'on apprend à aimer au fils des années qu'on passe en leur sein. Ciaran ne voulait pas mourir, ni souffrir, ce qui était normal en soi, et s'éloignait de ce qui pouvait potentiellement le blesser ou le tuer. On n'aurait su lui reprocher de s'écarter d'un homme au physique particulièrement étrange et dégageant une aura peu rassurante, n'est-ce pas? Personne ne lui en aurait tenu rigueur car, dans l'imaginaire commun, cet homme est le stéréotype de l'assassin solitaire, dont on s'écarte par peur d'être la prochaine victime sur sa liste. Par contre, s'il avait violemment repoussé Morgan et refusé de l'aider sans raison, alors toutes ces personnes qui l'entouraient auraient ouverts grand leurs yeux, une mine outrée et choquée peinte sur leurs traits si différents les uns des autres. A ce moment là, cette masse anonyme de personnes n'aurait plus été qu'un seul et même homme, le regardant de haut, avec un air accusateur. Pourquoi faire pleurer cet enfant? Pourquoi ne pas l'aider? Il était seul, perdu et démuni, le laisser là aurait été un véritable crime. S'il lui était arrivé quelque chose par la suite, la faute lui aurait automatiquement été incombé sans la moindre honte. Évidemment. Ciaran, lui même avouait que le planter là aurait été horrible et injuste, mais il fallait le comprendre! Il n'était ni cruel ni sadique; Il ne trouvait aucun plaisir dans le malheur des autres. Voir Morgan pleurer lui faisait mal, le faisait se sentir atrocement coupable. Il était tout disposé à l'aider, et même à l'héberger le temps d'une nuit, si ça pouvait lui éviter de dormir dans la rue. Mais là...Encore, il serait tombé sur quelqu'un de poli et aimable, il n'aurait rien dit. Il l'aurait aidé, ils auraient marchés jusqu'à chez lui, et une fois le matin arrivé, il aurait pu rentre au château et rassurer sa famille, qui se faisait certainement pour lui un sang d'encre. Voilà; Cette perspective-ci n'était ni effrayante ni agaçante. Tendre la main à son prochain, c'était quelque chose que sa mère lui avait toujours dit de faire, et qu'il avait jusque là appliqué du mieux qu'il le pouvait. Peut-être pas aussi bien que Camilla, mais il le faisait comme il le pouvait. Ciaran avait vu cette personne apparemment perdue, et avait voulu s'assurer qu'elle allait bien. C'était ce que Philip ou Camilla auraient faits s'ils avaient été à sa place, n'est-ce pas? Peut-être même Camilla lui aurait-elle prêté sa veste, au cas où, et se serait hâtée de répondre à ses moindres désirs. Pauvre petite chose perdue. Des fois, Ciaran se disait qu'à force d'être aussi gentille et crédule, elle allait se faire tuer. Lui, qui pour une fois avait l'occasion de se montrer utile...

« Non. »

...Voilà comment on le remerciait de sa sollicitude. Sur le coup, le jeune Esprit aux yeux clairs du réellement se retenir pour ne pas hurler contre Morgan les pires malédictions qu'il puisse trouver, et garder accroché à ses lèvres ce sourire qui s'était clairement fait crispé. Ah ah...Comment ça, non? Il devait plaisanter, n'est-ce pas? N'était-ce pas lui qui avait insisté pour passer la nuit chez lui? Eh bien, si tel était le cas et qu'il le voulait toujours, alors il devait marcher! Ou voler, ou n'importe quoi, honnêtement, il s'en fichait. Il pouvait marcher sur les mains si ça lui chantait, il n'y aurait émit aucune objection. Mais par pitié...Qu'il avance. Ciaran avait froid, il avait faim, et par dessus tout, il tombait de sommeil. Le souvenir de son lit, chez lui, bien au chaud, commençait à le rendre nostalgique. Il avait la curieuse et désagréable impression qu'il ne le reverrait plus jamais. Il ne voulait pas avancer, hein...Ciaran allait finir par soi l'abandonner, soi l'assommer et le passer par dessus son épaule. Au moins, il aurait eu la paix. C'était dans ces moments-là que le cadet des Tyler se rendait compte de son incapacité à être père et de sa patience limitée envers les enfants et leurs caprices. Il n'était pas aussi gentil que Camilla ni aussi patient que Philip: Peut-être cela changerait-il avec le temps. Pour l'heure, il n'était ni plus ni moins qu'un adolescent qui avait très récemment eu 17 ans, et qui, s'il avait voulu s'occuper d'un gamin colérique, serait resté chez lui. Ça pouvait paraitre horrible, présenté ainsi, mais c'était la stricte vérité. Mais quelle galère...Il ne pouvait vraiment pas l'assommer?

« Tu m’as peut-être aidé, mais tu n’es en dépit de cela guère plus qu’un manant effronté, alors ne me donne pas d’ordre ! Les gens comme toi devraient savoir rester à leur place ! »

Les yeux de Ciaran se plissèrent sous l'effet de la colère, et il perdit son sourire, remplacé par une mine sévère teintée d'une pointe d'agacement. Les Nobles étaient vraiment une race à part, ne put-il s'empêcher de penser, ironique. Parce qu'ils avaient des titres, parce qu'ils étaient plus riches que les autres, ils se prenaient pour les maîtres du monde. Rester à sa place? Il y était, à sa place. C'était cet enfant qui ne l'était pas. Il aurait bien voulu, sur le coup, aller dire deux ou trois mots à ses parents concernant l'éducation de leur fils ou fille. Car de toute évidence, ça avait cloché quelque part. Ils l'avaient mal faite. Ou était-ce la manière dont tous les Nobles élevaient leur progéniture? Il en riait bien haut. Ciaran n'était peut-être pas plus qu'un manant effronté, mais à lui, ses parents lui avaient apprit des principes. Une morale, et tendre sa main à son prochain. Autant de choses que personne n'avait du faire rentrer dans le crâne de l'enfant aux cheveux roses, de toute évidence. Quel sale peste, mais quelle sale peste. Il n'avait aucune considération pour les autres, ce n'était pas bien dur à deviner, toute son attitude lui criait qu'il se prenait pour le centre du monde. Sale peste égocentrique...Il était bien tombé, décidément. Ça lui apprendra à être gentil. Il fallait croire que pour Monsieur ou Mademoiselle Yanaë, ce n'était pas encore assez.

« Et puis, tu… Tu as promis que tu ne me laisserais pas, alors… Même si je ne bouge pas, tu n’as pas le droit de partir, parce que sinon… Tu es un menteur qui abandonne les autres quand ils vont mal ! Quand tu donnes ta parole, eh bien… »

Le propre des enfants, avec leurs joues rondes et leurs mimiques bien choisies, c'était de faire culpabiliser ceux auxquels ils s'adressaient. On leur donnait le bon Dieu sans confessions! C'était forcément les autres qui avaient torts, avec eux. Eh bien? Eh bien quoi? Il allait la tenir, sa parole, il n'avait pas à s'inquiéter de la sorte. Il n'était pas la meilleure personne au monde, mais laisser quelqu'un seul au milieu de cette rue, il ne l'aurait jamais fait, la culpabilité l'aurait vite rongé. Comme si elle ne la rongeait pas déjà assez, hun...En entendant la dernière phrase de son interlocuteur, Ciaran haussa ses sourcils, l'air perplexe et surpris. Le...Porter? Il du réprimer un petit rire en imaginant la scène. Le porter, bien entendu! Il n'avait pas que ça à faire. Non, s'il voulait passer la nuit chez lui plutôt que dans la rue, il allait devoir le suivre, il n'y avait pas d'autres moyens. Il se doutait bien que ça n'allait pas lui plaire, mais il était intransigeant, sur le moment tout du moins. Il n'était pas cruel, non; Simplement, il était fatigué, et n'était pas certain de pouvoir le porter jusqu'au bout. Sa maison n'était pas si loin que ça, ce serait une toute petite trotte. Morgan pouvait bien endurer ça, non? Pour une fois?

« C'est que...Commença-t-il, cherchant activement les mots qui sonneraient le mieux, je ne pense pas pouvoir vous porter jusque là-bas. Comprenez moi, je reviens de mon travail, et je suis fatigué. Si vous pouviez seulement marcher...Ce n'est pas très loin, je vous assure. »

Il marqua une petite pause. Foutue malchance. Elle frappait toujours quand il en avait le moins envie.

« Je me doute bien que vous êtes fatigué, mais je le suis également. Vous pourriez peut-être, je ne vous donne en aucun cas en ordre, prendre en considération non seulement votre état, mais le mien aussi? »

Ciaran pensait que ces paroles allaient tomber dans les oreilles d'un sourd, mais il ne voulait le porter. Il en avait ras-le-bol de ces caprices d'enfant, ne pouvait-il pas se montrer raisonnable, non? Ici, il n'était pas au château, et les villageois n'étaient pas ses serviteurs. Rien ne l'obligeait à lui obéir. Et encore moins cette manière hautaine qu'il avait de s'adresser à lui. Quel sale gosse!

[Bha ça, j'en doute pas. C'est pire qu'un poison, cette petite chose rose!XD]
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Jeu 2 Juin - 17:31

[M'enfin, c'est un amour quand même ! è___é'
C'est vrai quoi, même un poison de petite chose rose a des sentiments...X'DDD
Pas toujours les meilleurs mais bon.--'
Posté. clown ]
Le regard de Morgan, quoiqu’embué par des larmes qu’elle se refusait à laisser couler, était rivé sur son vis-à-vis, aussi vide que son esprit fulminait contre l’impertinent. Un instant, elle se demanda s’il ne faisait pas semblant de ne pas comprendre ses paroles, pourtant d’une clarté éblouissante : délibérément, comme pour insinuer qu’il se fichait de son autorité et de tous les principes séculaires de ce royaume, qu’il foulait d’ailleurs allégrement au pied sans plus s’en soucier. La jeune fille serra les poings, incapable de se rassurer ou, dans une moindre mesure, de se calmer quelque peu. Pas alors qu’un villageois effronté se croyait permis de contester ses ordres, de ne pas accéder dans la seconde à ses illustres demandes ! Elle, Morgan Yanaë, qui avait poussé la bonté jusqu’à lui répondre, devait à présent essuyer les mauvaises manières de cet abruti fini –si l’on prenait bien entendu pour acquis qu’il eut des manières, aussi stupides furent-elle, ce dont elle doutait sérieusement. Avec raison d’ailleurs, elle en était intimement persuadée et avait toujours, toujours raison. Se tromper était un verbe qu’elle ne connaissait guère que de nom ou de réputation. Ceci dit, elle adorait inconditionnellement le contempler chez les autres, plus sots qu’une pierre et plus inutiles qu’elle encore. En la présente situation toutefois, elle aurait de bien loin préféré que son interlocuteur fasse preuve d’un peu plus de jugeote, qu’un éclair d’intelligence, aussi bref fut-il, vienne l’éclairer quant à la conduite qu’il aurait, théoriquement et selon les principes et usages, dû adopter. La ligne de conduite à suivre, le fil d’Ariane qui l’aurait, elle, menée à un endroit pour passer la nuit sans avoir à mettre une nouvelle fois un pied devant l’autre de la sorte. Elle s’y refusait de toute façon, ne lui laissait pas le loisir de choisir. Morgan savait néanmoins sa petite rêverie utopique : les pauvres n’avaient jamais de brusques éclats d’intellect. Jamais. Ils avançaient, légumes à peine aptes à penser de manière cohérente, vers leur travail qu’ils bâclaient le plus souvent, pour recevoir un salaire ne valant pas même ne fut-ce que le centième de l’une de ses bagues pourtant déjà bien insignifiantes, et rentrer dans ces placards aussi crasseux que sombres, inconfortables, nommés comme pour se consoler “ maisons “ par ces pauvres hères –alors qu’elles n’en assuraient pas même les fonctions de base. Résolue à ne pas esquisser un pas, Morgan campait sur ses positions. Hors de question de s’abaisser à suivre les exigences d’un manant, un va-nu-pieds imbécile et heureux de l’être ! Pire, osant se croire en droit d’aller contre sa volonté, à l’encontre d’une noble, et pas des moindres, rien de moins ! Ce simple fait témoignait de sa bêtise, et elle eut presque pitié de ce pauvre homme, outrepassant de si loin ses prérogatives et s’exposant à de sévères représailles juste pour ne pas avoir été béni d’une grande capacité de réflexion ou de déduction à la naissance… A moins qu’il n’ait simplement pas compris comment et quand s’en servir ? C’était bien possible après tout, se dit la demoiselle à la natte rose, avec ces gens il fallait se tenir paré à toute éventualité et ne s’étonner, surtout, de rien. Ils étaient trop spéciaux, dans le mauvais sens du terme, cela allait sans dire, pour qu’elle puisse tenter de les comprendre vraiment ! Sans doute leurs raisonnements étaient-ils dépourvus de tous vestiges, faute de trace vivaces, de logique. Cela non plus n’aurait rien eut de bien surprenant, dans le fond. Et se dire qu’elle dépendait du bon vouloir de l’une de ces personnes lui laissait un goût terriblement amer dans la bouche, qu’elle n’était sans doute pas prête d’oublier.

Enfin, ce n’était pas comme s’il était le dernier des abrutis parmi ces gens, pas vrai ? Oui, disons que Ciaran constituait le haut du bas de l’échelle, le niveau le plus acceptable de la médiocrité. Ce n’était certes pas flatteur mais, venant de Morgan, il s’agissait là en réalité d’un véritable compliment, inestimable et surtout rare. Elle qui ne reconnaissait que les défauts pour mieux occulter les qualités, qui jugeait comme allant de soi tout acte respectueux ou aimable à son égard, qui qualifiait d’insignifiant tout effort et prenait un malin plaisir à rabaisser tout un chacun n’était pas accoutumée à ce genre de pensée plus laudative. Ce n’était pas qu’elle n’avait jamais envie d’être gentille ; juste que le naturel prenait toujours le pas sur le reste, quelque part. Maîtresse absolue du superflu et du mensonge, peut-être ; mais Morgan ne racontait ces balivernes dans l’unique but d’être honnête avec elle-même. D’être comme elle l’avait toujours été. Maigre consolation, mais existante tout de même, ses compliments et quelques mots aimables, s’ils ne semblaient pas saturés d’hypocrisie mal masquée et n’avaient aucune raison de l’être, venaient du cœur. Il fallait savoir faire avec ce que l’on avait.

Morgan s’était attendue à une réponse négative de la part de son interlocuteur. S’il le fallait, se jura-t-elle, elle insisterait mais il avait tout intérêt à trouver rapidement une solution. Elle n’aimait pas attendre, pis encore, que l’on osât la faire attendre pour un problème aussi…, trivial et évident, et la mauvaise humeur se disputait le place avec l’inquiétude. La gratitude ? Plus tard, peut-être entrerait-elle dans la danse mais, sur l’instant, elle n’avait envie que de pleurer, se plaindre, crier et rentrer. Un mélange pour le moins explosif, en particulier chez un enfant aussi gâté qu’elle.

« C'est que... Je ne pense pas pouvoir vous porter jusque là-bas. Comprenez-moi, je reviens de mon travail, et je suis fatigué. Si vous pouviez seulement marcher...Ce n'est pas très loin, je vous assure. »

Morgan secoua légèrement la tête, une expression quelque part entre l’agacement et la lassitude peinte sur le faciès. Mais que ne comprenait-il pas, là-dedans ? Elle ne pouvait pas être plus claire ! La jeune fille ne projetait pas de faire un pas de plus ou, à tout le moins, pas dans l’immédiat. Ses mollets la brûlaient et le temps que cette désagréable sensation se taise, elle n’esquisserait pas le moindre mouvement. Lui devait-elle obéissance ? Non, absolument pas. Aussi observa-t-elle le silence, n’ajoutant rien. Son visage en disait bien assez long comme ça.

« Je me doute bien que vous êtes fatigué, mais je le suis également. Vous pourriez peut-être, je ne vous donne en aucun cas en ordre, prendre en considération non seulement votre état, mais le mien aussi? »

Les sourcils fins de la noble se froncèrent tandis qu’elle croisait les bras. S’il voulait qu’elle bouge, il devrait la trainer, attendre, trouver une diligence ou la porter. Elle ne doutait pas un instant qu’il soit éreinté après avoir passé sa journée à trimer pour une vulgaire bouchée de pain rassis, mais étaient-ce seulement ses affaires ? Pour autant qu’elle en sache, ce n’était pas le cas, aussi n’avait-elle pas à prendre cet aspect de la situation en compte. Après tout, elle s’en contrefichait.

« Ton état ? Il reste de loin meilleur que le mien, ça ne fait aucun doute ! Je vais mourir si je marche plus ! Tu as beau dire, ton plac… Ta maison doit être loin, ou en tout cas trop pour moi, tu ne comprends rien ! »

Elle haussa les épaules, l’air buté de celle qui ne bougerait pas d’un iota avant d’avoir obtenu gain de cause. Jamais Morgan n’écoutait les suggestions des autres si elles ne l’avantageaient pas. Jamais elle ne faisait preuve d’une magnanimité désintéressée. Elle était ainsi faite, semblait-il.

« Je ne veux pas ! Tu es sensé être fort, non ? Tu peux au moins faire ça ! Tu servirais à quoi, si tu ne m’aidais pas ? Vous tous êtes trop…»

Elle se tut un instant, puis baissa la tête avant d’ajouter, comme à contrecœur :

« S’il te plait ? »
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Lun 18 Juil - 20:32

Sans qu'il sache trop pourquoi, Ciaran était persuadé que l'enfant à la natte rose allait créer un véritable scandale ici même, sur la voie publique, s'il refusait de se plier à ses quatre volontés. Une intuition, sans doute, à laquelle l'expression de Morgan avait du largement contribuer. Rien que d'y penser, le menuisier aux cheveux verts en avait mal à la tête, et son cerveau tournait à plein régime afin de trouver un échappatoire, une solution, qui pourrait lui permettre de ne pas se faire retourner vers lui une foule de visages indignés. Plus facile à dire qu'à faire, toutefois, et la seule réponse que son cerveau était sur l'instant capable de lui fournir était d'assommer Morgan, le jeter par dessus son épaule (S'il y parvenait), et rentrer directement chez lui. Plus de discussion, pas de jérémiades ou de questions durant le trajet, il pourrait aller s'affaler sur son fauteuil et dormir. Enfin. Même l'idée de dormir sur le plancher lui paraissait être une très séduisante perspective, c'était dire s'il avait besoin de sommeil! Malheureusement, pas de repos avant de n'avoir convaincu Morgan de marcher jusqu'à chez lui, ce qui n'allait pas être une mince affaire, c'était clair. Ciaran voulait bien croire que les Nobles pouvaient être de petites natures, mais à ce point là...Morgan pouvait tout de même faire un effort! Certes, il ou elle pouvait avoir mal aux jambes, être fatigué, avoir faim, froid, toutes ces petites choses qui nous pourrissent la vie au quotidien, mais qu'est-ce qu'on pouvait faire contre tout ça? Ciaran rentrait souvent éreinté de son travail, mais ne demandait pas à quelqu'un de le porter jusque chez lui pour autant. D'ailleurs, le jeune homme aux yeux violets ne voyait même pas à qui il aurait pu demander une telle chose (Ce qui était plutôt...Une bonne chose), ses collègues rentraient eux aussi fatigués chez eux, il n'y avait pas de raison que ce soi différent pour un autre.

Je suis fatigué, tu es aussi fatigué: Eh bien, faisons de notre mieux pour ne pas trébucher en chemin et arriver à bon port le plus vite possible! Petite phrase avec laquelle Morgan n'aurait certainement pas été d'accord, et Ciaran s'en désolait. Le porter, la porter, il le refusait catégoriquement. De un, car il était fatigué, et ne savait pas s'il pourrait le porter sur toute la longueur, et de deux, il n'était pas le serviteur de cette charmante personne. Il n'avait pas à lui obéir, elle n'avait aucun droit sur lui. Ah, si seulement ça pouvait être aussi simple, songea Ciaran en osant un regard vers Morgan, qui avait par ailleurs croises ses bras, clairement mécontent de la répartie de l'Esprit aux cheveux verts. S'il était si fâché que ça, il pouvait encore et toujours demander à quelqu'un d'autre de l'héberger. Ce n'étaient pas les 'manants' qui manquaient dans les rues, et la plupart devaient avoir une maison et une patience bien plus grande que la sienne. Alors...

« Ton état ? Il reste de loin meilleur que le mien, ça ne fait aucun doute ! Je vais mourir si je marche plus ! Tu as beau dire, ton plac… Ta maison doit être loin, ou en tout cas trop pour moi, tu ne comprends rien ! »

Ciaran poussa un discret soupir agacé, avant de poser sa main sur son front. Réfléchis, Ciaran, réfléchis...Tu ne peux tout de même pas l'assommer, n'est-ce pas? L'idée à beau être tentante, ça t'attirerait des ennuis, et tu déteste les ennuis. Comment faire pour le faire taire et le faire avancer, alors? Il ou elle n'allait certainement pas mourir si il ou elle marchait encore! Justement, un peu plus, un peu moins, si son état était aussi déplorable que le laissait entendre cet enfant, alors il ne devrait pas voir la différence avec encore quelques pas de plus. Bon, d'accord, un peu plus que quelques pas. Mais vraiment, ce n'était pas loin; Il n'avait jamais trouvé le chemin du retour particulièrement long, en tout cas, pour sa part.

« Je ne veux pas ! Tu es sensé être fort, non ? Tu peux au moins faire ça ! Tu servirais à quoi, si tu ne m’aidais pas ? Vous tous êtes trop…»

Replaçant son bras le long de son corps, Ciaran haussa un sourcil intrigué. Vous tous êtes trop...? N'était-ce pas la deuxième fois que la petite chose rose ne finissait pas sa phrase? Vraiment, le menuisier n'était pas à la place de Morgan, mais il n'avait pas besoin d'être à sa place pour savoir qu'insulter sa classe sociale de la sorte ne l'aiderait en rien. Il ne savait pas si c'était ainsi que les riches avaient l'habitude de s'adresser aux autres, mais c'était loin d'être la meilleure manière d'obtenir un service d'autrui. Comme il l'avait dit, il n'était pas son serviteur. Il n'était nullement obligé de l'accueillir chez lui. Il le faisait car il le voulait bien, et Morgan avait tout intérêt à lui en être reconnaissant, sans ça, il risquait de vite s'énerver. Ce qui ne devait guère être impressionnant en soi, mais Ciaran détestait s'énerver, surtout pour quelque chose...Comme ça.

« S’il te plait ? »

Aaaaah, pensa Ciaran en affichant un demi sourire, on avançait dans le progrès! Au moins ne lui avait-il pas donné d'ordre, cette fois-ci. Enfin, pas entièrement. Au moins avait-il dit 's'il e plaît', ce qui prouvait à Ciaran qu'il avait malgré tout de bonnes manières, ce dont il avait commencé à sérieusement douter. Hmm, bon, maintenant, il fallait trouver quoi dire. Le, la porter, Ciaran doutait de pouvoir y arriver. Il n'était pas très...Fort, et était fatigué de surcroît. Le mieux aurait été que Morgan consente à marcher jusqu'à chez lui, mais il doutait qu'il soit d'accord, alors...Il allait essayer une nouvelle fois. Peut-être que Morgan aurait une soudaine illumination comme quoi il n'était nullement obligé de le ramener chez lui et pouvait tout à fait le laisser au milieu de la rue comme ça?

Ce qu'il ne ferait jamais, mais ça, la Noble n'était pas sensée le savoir, après tout.

« Ecoutez, je comprend que vous soyez mal, mais vraiment, je ne pense pas être capable de vous porter jusque là-bas, vous savez. Je suis fatigué, vous imaginez si je venais à trébucher et vous lâchais sur le pavé? Ou pire encore, dans une flaque d'eau...Ce ne serait pas prudent, si? »

Qui ne tente rien n'a rien, comme on disait souvent. Ciaran avait plutôt l'impression, pour sa part, que quoi qu'il tentait, tout se soldait par un échec à la fin.
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Sam 6 Aoû - 14:49

[Waloo, posté.]



Honteux, voilà ce que c’était ! Se couvrir d’opprobre de la sorte répugnait Morgan, qui du reste ne parvenait toujours pas à croire qu’il avait pu s’abaisser à ce point. Il y avait tellement, tellement peu de chose qu’il demandât ! Un rien, et surtout pas à n’importe qui : les notions de respect intrinsèques à sa caste que l’on s’était évertué à lui inculquer, s’ils n’étaient certes pas inhérent au cœur du jeune garçon, ne lui étaient pas non plus tout à fait inconnus. Son éducation, à ce niveau-ci à tout le moins, avait beau ressembler à un immense échec, une vaste plaisanterie, ce n’était pas exactement le cas. Aussi le noble s’adressait-il avec empressement et déférence à ses parents, d’autant plus avec ces hautes et importantes personnalités de l’Etat, avec bien de la considération lorsqu’il se trouvait face à ses sœurs ou, parfois, de personnes bien plus âgées que lui. En revanche, il semblait, au plus grand dam de ceux-ci, s’être fait une fierté de ne jamais, ô grand jamais en faire preuve face à d’autres. A fortiori à ces marauds imbéciles qui pullulaient dans leur belle, grandiose capitale et la gâchaient de leur crasse dégoutante ! Un mal nécessaire que leur présence, se disait-il souvent, certes. Mais de là à ne pas éprouver à leur encontre un mépris arrogant se tenait un gouffre aux profondeurs insondables.

Morgan serra les dents et finit par se mordre la langue : il était sûr et certain que ces quelques mots prononcés plus tôt, « s’il te plait », allaient se rappeler à son bon souvenir des années et des années encore ! Heureusement que personne d’autre que cet égoïste diminué n’avait été témoin de la scène, sans quoi l’Esprit borgne se serait sentit atrocement humilié ! Reconnaitre cette victoire, aussi insignifiante fut-elle, à ces porcs fangeux lui arrachait littéralement la gorge. Que l’avis de ce sot ait pu avoir la moindre importance dans le sort de Morgan, qu’il soit suspendu à son bon vouloir et réduit à s’y plier plutôt qu’à exiger était révoltant ! Et surtout dépourvu de logique : quelle personne raisonnable de ce monde –à savoir nobles et, dans une certaine mesure, les bourgeois qui n’étaient cette fois-ci pas éludés comme donnée enquiquinante par la peste aux cheveux clairs– aurait laissé ces va-nu-pieds décider de quoi que ce fut ? Sans attendre une catastrophe dans de fort brefs délais, cela allait de soi. La clarté avec laquelle s’imposait l’impossibilité d’une telle chose et son comportement présent entraient en totale contradiction, et les Dieux savaient à quel point Morgan détestait cela. Résolu à ne pas recommencer, il considéra que tout était la faute de Ciaran et de ses parents, qui l’avaient si mal éduqués. Là encore, les pauvres et leur bêtise congénitale étaient en faute. Pour ne pas changer ! On l’avait poussé dans ses derniers retranchements, acculé et, dos au mur, il n’avait pas eu d’autre choix que de se comporter de si outrageuse manière. Il avait envie de pleurer. Où était la justice, en ce bas-monde ? Dans la bouche d’un garçon vivant dans un fastueux confort sans faille, sans cesse entouré de velours et savourant les meilleurs mets chaque soir après ses cours de piano quand d’autres dormaient sur le sol sans rien avoir mangé, pensant déjà au dur labeur de la journée qui s’annonçait le lendemain, cette notion pouvait sembler déplacée. Mais les faits étaient là : pour lui, il n’y avait rien de plus normal. Avec le prestige du nom venaient les privilèges et le partage n’avait jamais fait partie du contrat. Ce monde idyllique où chacun vivait heureux sans envier ce que possédait son voisin était une utopie pure et simple ; il fallait appeler un chat un chat. Ainsi, aussi contradictoire que cela eût pu paraitre, Morgan se sentait aux prises avec une infâme injustice, et croyait fermement à ce qu’il disait.

Le sourire de Ciaran lui donna une furieuse envie de le gifler. Peut-être qu’un soufflet lui aurait fait ravaler cette expression qui ici n’avait absolument pas sa place ? Il se fichait ouvertement de lui, quand une vulgaire pensée calomnieuse aurait dû suffire à l’envoyer se rafraichir les idées entre quatre murs de pierre ! Morgan aimait bien Ciaran parce qu’il avait daigné l’aider ; mais il ne fallait pas pousser. Cela ne lui donnait guère de droits de cet acabit, personne, personne ne se moquait de lui ! A moins, songea Morgan, d’être désireux d’en subir les conséquences. Pas dans l’immédiat, il savait voir où se situait son intérêt en dépit de son apparente spontanéité –dans la critique, qu’il était fort prompt à prononcer. Il lui en voulait ; autant pour refuser de le porter que pour s’être perdu dans les dédales labyrinthiques de Jiang-Zemin, le blâmait pour tout ce qui avait été de travers dans cette journée et toutes les précédentes par la même occasion. Un bouc-émissaire, quelqu’un sur qui décharger tout ce qu’il pouvait avoir contenu de colère. Pas de chance pour lui. Seule la toute relative sympathie qu’il éprouvait pour le jeune homme aux yeux violets lui valait ces quelques égards.

Il s’était abaissé à dire « s’il te plait », et n’aurait essuyé aucun refus. De quelque sorte que ce fut. La moindre des choses, après un effort aussi colossal, était d’être gentil avec lui et d’obéir à ses injonctions, pas vrai ? Sans doute s’agît-il là de la raison pour laquelle Morgan fut si surpris de sa réponse :

« Ecoutez, je comprends que vous soyez mal, mais vraiment, je ne pense pas être capable de vous porter jusque là-bas, vous savez. Je suis fatigué, vous imaginez si je venais à trébucher et vous lâchais sur le pavé? Ou pire encore, dans une flaque d'eau...Ce ne serait pas prudent, si? »

Il pensait ? Pensait ? Allons bon, mais depuis quand avait-il la vague impression que l’on souhaitait de lui et de ses ridicules petits camarades qu’ils pensent ? Personne n’avait besoin de leur avis pour prendre des décisions, tout juste pour les exécuter ! Une position parfois bien confortable, il fallait en convenir ; ces manants n’étaient pas mal traités ici, ils n’avaient pas de quoi se plaindre. Où était l’utilité de faire connaitre leur opinion, dès lors qu’ils savaient qu’elle ne pèserait rien dans la balance ? Morgan s’insurgea de ce manque de sens commun avant de se rendre à l’évidence : c’était de sa faute à lui. Le jeune Yanaë, en demandant «s’il te plait » à cet abruti fini, avait dû l’amener à croire que c’était à lui que revenait le choix. Aussi vrai que cela fut, le sang-bleu refusait de l’admettre, moins encore de se laisser abattre si facilement : de tout temps, les décideurs s’étaient vu largement influencer par plus intelligents, mais théoriquement moins puissants qu’eux. Quand on ne leur avait pas tout bonnement, par quelque habile procédé ou chantage, forcé la main.

Il ne marcherait pas. Point final ! L’expression de son visage devait de toute façon montrer de façon fort éloquente qu’il n’était pas convaincu.

« Je n’ai pas la moindre envie d’imaginer quoi que ce soit, et personne ne t’a demandé de le faire non plus, ni même de penser par ailleurs ! Tenter de justifier sa paresse par de la prudence, lâcha-t-il cependant qu’une pointe d’ironie se mêlait à sa voix, est-ce une chose normale pour vous autres manants ou c’est juste toi ? Tu es cruel et fainéant ! »

Morgan n’avait pu se retenir de faire ces quelques remarques ; le meilleur moyen de défense était notoirement l’attaque. S’il ne se laissait pas attendrir par les larmes, que la politesse ne prenait pas plus, la petite peste se retrouvait à court d’idées neuves. Alors, elle disait ce qui lui passait par la tête ; et ça, ce n’était pas forcément du joli.

« Et si tu me laisses tu seras un menteur, en plus. Alors que si tu me portes, tu seras le contraire et… Et…, hésita-t-il, semblant se raviser avant de se décider, finalement, à refaire usage du même moyen que quelque temps plus tôt. Et je te paierais ! Je le ferais, je ne mens pas, là. Et si tu refuses, je crie que tu m’enlèves et tu seras jeté au cachot pour le restant de tes jours. Là non plus, ne je mens pas. »

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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Jeu 22 Sep - 19:31

« Je n’ai pas la moindre envie d’imaginer quoi que ce soit, et personne ne t’a demandé de le faire non plus, ni même de penser par ailleurs ! Tenter de justifier sa paresse par de la prudence, est-ce une chose normale pour vous autres manants ou c’est juste toi ? Tu es cruel et fainéant ! »

Si Ciaran s'était écouté, à cet instant précis, il aurait tourné les talons et aurait couru aussi vite que ses jambes le lui auraient permis. Il ne se serait arrêté qu'une fois arrivé chez lui, et certain d'avoir semé l'enfant à la natte rose qui commençait sérieusement à lui taper sur le système. Ciaran sentait que s'il passait encore dix minutes à l'écouter se plaindre du monde, des villageois, de sa fainéantise et sa cruauté, il allait devenir fou. Au moins se dit-il, non sans ironie, ça lui ferait une excuse pour l'assommer et le passer par dessus son épaule, ou tout simplement le jeter dans la ruelle la plus proche comme un vulgaire sac de détritus. D'ordinaire, le menuisier aux yeux violets n'était pas si dur, que ce soit dans ses paroles ou dans ses pensées, mais il en avait plus qu'assez. Il était éreinté, sur le point de s'endormir debout, et voulait rentrer chez lui le plus tôt possible, afin de prendre un repos qu'il jugeait bien mérité. Et après ce qui venait de passer, il estimait avoir encore plus le droit de prendre du repos. Et s'il dormait toute la journée de demain? L'idée lui paru séduisante, mais il savait qu'il ne pourrait malgré tout pas s'y résoudre. Dans les faits, il pouvait le faire, mais savait qu'il serait debout bien avant midi et se promènerait à travers Jiang-Zemin dans la journée. Peut-être pourrait-il aller voir Thomas, si ce dernier n'était pas trop occupé, et si sa petite-amie n'était pas là. Ciaran n'aimait guère cette fille brusque et trop vulgaire à son goût, et l'évitait au maximum. Enfin, comme Thomas était son meilleur ami et qu'elle était constamment dans ses pattes, en bonne petite-amie attentive, l'entreprise était plus ardue que jamais.

Et d'ailleurs, Morgan lui ressemblait, maintenant qu'il y pensait. Pas physiquement, à ce niveau-là ils n'avaient rien à voir, mais au niveau du caractère, il relevait quelques points communs. Comme par exemple cette très agaçante manie d'insister et insister jusqu'à ce que l'autre soit obligé d'accepter. Il ne le porterait pas, mince! L'expression qu'arborait à présent Ciaran n'était plus du tout amicale. Il n'essayait plus d'avoir l'air aimable, il en avait trop assez. Un mélange de colère et d'ennuie se peignait sur son visage, avec une touche de fatigue, aussi. Il voulait dormir...

« Et si tu me laisses tu seras un menteur, en plus. Alors que si tu me portes, tu seras le contraire et… Et... Et je te paierais ! Je le ferais, je ne mens pas, là. Et si tu refuses, je crie que tu m’enlèves et tu seras jeté au cachot pour le restant de tes jours. Là non plus, ne je mens pas. »

Ciaran leva les yeux au ciel, afin de bien montrer à son interlocuteur que s'il ne le laissait pas là, c'est parce qu'il le voulait bien, et qu'il commençait à sérieusement lui courir sur le haricot. Bien...Il n'avait jamais dit qu'il allait le laisser, non? C'était en effet hors de question, mais il n'avait jamais promis non plus de le porter. Ciaran n'était donc pas un menteur, pas plus qu'il n'était fainéant d'ailleurs; Il était simplement fatigué, et doutait fortement que son corps accepte sans broncher une charge en plus. Oh, Morgan ne devait pas être bien lourd(e), mais pesait forcément plus qu'une plume, et c'était déjà trop. S'il avait été sûr de lui, il l'aurait fait, mais avait trop peur de la réaction du Noble s'il le laissait tomber à terre. Il n'avait pas non plus envie de se casser quelque chose! Même l'argent ne rendait pas cette tâche réalisable.

« Écoutez...Fit-il, à bout, si vous voulez que l'on vous porte, allez demander à quelqu'un d'autre. Je ne suis ni cruel ni fainéant, mais fatigué, et proprement incapable de vous porter jusque là-bas. Alors soit j'interpelle quelqu'un au hasard et vous confie à sa charge, soit vous marchez. Je me vois mal dépêcher la garde juste pour vous, mais si je dois le faire... »

L'Esprit aux cheveux verts n'avait, dans les faits, aucune envie de partir à la recherche d'un garde pour lui confier le petit, mais s'il devait le faire, alors il le ferait, en dernier recours. Sinon, il jurait qu'il le laissait à la charge de n'importe qui dans cette rue, ou du gérant d'une auberge convenable, que savait-il...Il avait l'espoir cependant que Morgan ne discuterait pas plus et accepterait de le suivre. Malgré tout, il en doutait, et c'est pour cela qu'il fit un pas en arrière, s'éloignant légèrement de la jeune personne aux yeux mauves. Là, il leva les mains de chaque côté de sa tête, et fit, d'une voix plus forte, de sorte que les personnes qui passaient encore à côté l'entende:

« Vous pouvez crier que je vous enlève, mais ça n'arrangera rien. En plus, ce n'est pas le cas. Autant aller chercher la garde, si c'est pour hurler des mensonges. »

Le jeune homme à la peau pâle ne savait pas s'il risquait gros en disant de telles choses, mais il en avait assez. Il était venu à la rescousse de cette personne, seulement pour se faire insulter en retour, et ça ne lui plaisait que très moyennement. Il espéra que, dans l'optique où on l'interrogerait pour enlèvement, les parents de la chose toute rose connaissaient bien leur fils ou leur fille. Car dans ce cas là, ils savaient sûrement à quoi s'en tenir, et sauraient qu'il n'avait voulu rien faire de mal. Enfin, il l'espérait.

[Pauvre Ciaran...Il est bon pour la dépression nerveuse.x'D]
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Dim 9 Oct - 15:27

[Morgan y compte bien.XD
C'est l'amour de sa vie, mais il/elle le sait pas encore, alors bon... Et puis même, ça l'empêchera pas de le torturer après, mouahaha...XD
Posté.]


C’était inacceptable ! Tout bonnement inacceptable ! Elle qui avait fait tant d’efforts, s’était abaissée à un niveau si outrageusement bas, ne récoltait que du…, du mépris ! C’était injuste, et Morgan ne comptait pas laisser passer pareille offense sans mot dire. Ce maraud aurait dû lui être reconnaissant de ne pas exiger plus de lui, d’autant qu’elle donnait, dans sa grande magnanimité, un sens à sa ridicule existence, plus futile, plus triviale et inconnue qu’une goutte de pluie lors d’une averse. Son intelligence limitée et son manque total d’éducation ne devaient pas lui permettre de s’en rendre compte, à n’en point douter. Néanmoins la fillette lui en voulait ; qu’il aille brûler en enfer, se disait-elle, pourvu qu’il cesse d’être si arrogant ! D’aucuns auraient songé que dans toute cette malheureuse histoire elle était des deux la plus fautive, sinon l’unique. Comme ils se seraient fourvoyés ! Elle ne faisait que s’estimer à sa propre valeur, guère plus. Peut-être un peu moins en revanche, hésita-t-elle sincèrement. Comparée à ces porcs heureux de fouiller la boue et d’y trouver un ridicule marron, difficile d’être vraiment sûre. Qui plus était Ciaran n’arrangeait rien, avec ses jérémiades incessantes… Ce qu’il pouvait être agaçant ! Et fainéant, à l’instar de tous ceux de son ignoble espèce ! Toujours à tenter de resquiller, d’obtenir plus que leur dû sous elle ne savait trop quel prétexte –qui évidemment ne faisait pas illusion bien longtemps, comment auraient-ils pu mentir décemment alors qu’il leur était d’ores et déjà ardu de comprendre ce qui leur arrivait ? Cet homme devait l’aider : ne l’avait-il pas promis ? Lors, elle n’avait plus à craindre qu’il l’abandonne lâchement au beau milieu de ces manants bruyants dont le parler si rustre lui écorchait les délicates oreilles. A tout le moins, en théorie. Mais le sens de l’honneur de ces sots, Morgan aurait été la première à clamer sa précarité ; une tour qu’ils avaient créée sur rien, sans les fondations que constituaient l’histoire d’une noble famille, d’un blason à protéger, sans faire preuve d’une once de responsabilité. Des promesses en pierre de sucre qui ne valaient pas grand-chose. La petite sang-bleu n’avait par conséquent pas réellement confiance et la colère qui n’avait de cesse d’affluer et refluer dans son cœur balayait un peu plus à chaque vague ce fort relatif crédit qu’elle lui avait accordé.

A la seconde où elle prononçait quelque imprécation, elle entendait être obéie dans les plus brefs délais ! Que l’on discute ainsi ses ordres ? Ce n’était pas envisageable ! Yanaë ne comptait pas se laisser marcher aussi impunément sur les pieds : quiconque s’opposait à elle comprenait, quoique trop tard, qui elle était. Une petite fille sage et mignonne ? Sûrement pas. Quant à l’image de la petite peste trop gâtée que certains se laissaient aller à lui infliger, elle était aussi véridique qu’incomplète. Menteuse hors-pairs, des histoires grotesques, invraisemblables prenaient un tout autre aspect de sa bouche. Si elle désirait, de tout son cœur, que ce pauvre misérable ait de sérieux ennuis, il en aurait. Cela ne faisait pas l’ombre d’un doute. Faire amèrement regretter à la lie de la société son manque de dévouement à l’encontre du fleuron de ce monde était une perspective qui depuis bien longtemps séduisait la borgne. Leur infériorité n’était récusable qu’à travers leurs yeux, et les Dieux savaient à quel point leur vision tronquée des choses était pathétique ! En dépit de la vacuité de son œil valide, le faciès de Morgan exprimait à merveille le dégoût profond qu’elle ressentait à l’instant, entremêlé d’une colère sourde qui ne demandait qu’à éclater. Parfait ! Que toutes ces émotions se lisent sur ses traits, cela n’en serait que préférable. Ainsi aurait-elle moins à adresser la parole à un vulgaire va-nu-pieds, elle se sentirait plus à son aise.

« Écoutez... Si vous voulez que l'on vous porte, allez demander à quelqu'un d'autre. Je ne suis ni cruel ni fainéant, mais fatigué, et proprement incapable de vous porter jusque là-bas. Alors soit j'interpelle quelqu'un au hasard et vous confie à sa charge, soit vous marchez. Je me vois mal dépêcher la garde juste pour vous, mais si je dois le faire... »

Diantre, cela lui arrivait-il d’écouter ce qu’elle lui racontait de temps à autre ?! Combien de fois avait-elle été contrainte de répéter que non, elle en était navrée mais ne pouvait s’adresser à un tierce ? Ils étaient détestables, tous autant qu’ils étaient ! Si Ciaran n’avait pas pris l’initiative de lui adresser la parole, sans doute serait-elle restée ainsi, immobile, à attendre patiemment que quelqu’un d’autre le fasse. Tout plutôt que faire le premier pas vers ces asticots répugnants qui grouillaient à leurs pieds ! C’était hors de question ! Quant à ce que ce pauvre imbécile le fasse pour elle, ce n’était guère mieux ; l’autre abruti irait penser que c’était elle, Morgan Yanaë, qui n’osait pas le demander. Hors, intimidée, elle était à des lieues de l’être. Au moindre problème, commenta-t-elle, elle pouvait toujours demander à ce qu’ils soient pendus ou, plus probablement, jugés comme des criminels ; ne lui restait qu’à broder avec ce qu’elle trouvait, tisser de jolis boniments –mais pas de fil blanc, elle était plus habile que cela– et voir si, éventuellement, sa requête trouvait un écho favorable parmi ses pairs. Ils ne lui faisaient pas « peur ».

Ils lui donnaient juste envie de vomir. S’abaisser à leur parler, demander plus qu’exiger ? A la vérité, elle se demandait comment elle pourrait encore se regarder dans un miroir après cela. Combien de temps lui serait nécessaire pour reconstruire son bel orgueil blessé. Ce pauvre crétin ne comprenait fichtrement rien…

« Vous pouvez crier que je vous enlève, dit-il en haussant le ton, mais ça n'arrangera rien. En plus, ce n'est pas le cas. Autant aller chercher la garde, si c'est pour hurler des mensonges. »

Eh bien qu’il aille, s’il y tenait tant ! La garde, c’était autre chose : ces hommes, valeureux, étaient des soldats. Prêts à donner leur vie pour le royaume, loyaux jusqu’au bout ! La demoiselle avait pour eux un respect acquis pour lequel ils n’avaient pas à se démener. Oh, elle ne pouvait louer l’intelligence de simples soldats ! Les pauvres s’avéraient hélas bien souvent ne pas être beaucoup plus haut à ce niveau que leurs congénères taverniers, menuisiers ou boulangers. Certains l’étaient pourtant et montaient en grade ; leur dévotion et leur maîtrise des armes, conjuguées à une exemplaire et honnête ambition leur permettait de s’élever dans la société. Ce n’était pas un salaire qu’ils mettaient dans la balance, mais une vie. Leur vie. Alors même qu’ils savaient qu’en cas de bataille, ils ne seraient pas personnellement révérés en héros ! Oui, qu’il aille les chercher, s’il y tenait.
Mais sans la laisser toute seule ou la forcer à marcher. S’il voulait, il pouvait toujours leur hurler de venir, mais Yanaë douta qu’ils vinssent. Sans quoi il serait « condamné » à la porter et toute cette belle manœuvre ne servirait plus à rien. Pauvre idiot !

« Tu n’es vraiment qu’une espèce de…, de porc ! Tiens, lâcha-t-elle avec une grande animosité, tu te roules dans la méchanceté et l’égoïsme en lieu et place de fange, mais c’est pareil ! C’est un honneur pour toi que je t’adresse un mot et que je t’accorde la faveur de me rendre un service, alors j’attends de toi que tu t’exécutes ! »

Ce qui lui passait par la tête, oui ; un fantôme de réflexion hantait ses paroles, mais elles restaient le reflet fidèles de ses opinions une fois dépouillées de leurs fioritures. Opinions qui, si elles ne s’accompagnaient pas de crises de nerfs interminables, pouvaient se conclure avec une gifle. Son poignet partit et, prise d’un doute diffus, elle arrêta son geste à quelques centimètres de la joue de son soi-disant « sauveur ». Ça, ce n’était pas une bonne idée. Son père le lui avait dit, on ne frappait pas les gens ; et si elle n’appliquait à la lettre ses instructions que s’il était dans les parages, il lui semblait avoir compris que celle-ci présentait un intérêt non négligeable à être respectée. Elle baissa la main, et croisa les bras à nouveau, à la fois ravie d’avoir su se maîtriser et déçue de ne pas avoir fait ravaler ses propos déplacés à Ciaran.

« Tu n’as qu’à me laisser, puisque de toute façon tu n’as pas de parole. Et que tu me détestes. »

Acte un, scène deux : « pauvre de moi ».

« Tant pis, tu sais, j’ai fini par prendre le pli. Si tu es si « fatigué », tu peux rentrer chez toi ; je n’aurais jamais dû espérer que pour une fois, je puisse compter sur quelqu’un d’autre que moi-même… »
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Dim 30 Oct - 1:36

Ciaran sut, au moment où il termina sa phrase, qu'il allait encore devoir supporter des protestions et des jérémiades pas forcément très polies de la part de soin jeune interlocuteur. Il sentait sa colère d'ici, et à l'expression de son visage, il devinait aisément qu'il aurait bien voulu lui cracher les pires malédictions à la figure. Nulle besoin d'être devin pour le savoir. Ciaran se prit à s'adresser à son Dieu protecteur, le très grand Erundio qui représentait l'Amour, pour que la personne qui lui faisait face se trouve soudainement prise d'une immense affection pour lui et considère son état. Comme ça, ils pourraient tous deux tranquillement marcher jusqu'à chez lui, et tout irait bien dans le meilleur des mondes. Enfin...Pas tout à fait, se corrigea-t-il en manquant de pousser un long soupir à feindre l'âme. Une fois arrivé chez lui, l'épreuve ne serait pas terminée pour autant. Monsieur ou Mademoiselle voudrait manger, trouverait la table trop petite, la maison en générale trop petite, le lit pas assez moelleux...Mais, encore faudrait-il qu'ils y arrivent. Et présentement, c'était loin d'être gagné.

« Tu n’es vraiment qu’une espèce de…, de porc ! Tiens, tu te roules dans la méchanceté et l’égoïsme en lieu et place de fange, mais c’est pareil ! C’est un honneur pour toi que je t’adresse un mot et que je t’accorde la faveur de me rendre un service, alors j’attends de toi que tu t’exécutes ! »

Ciaran ouvrit de grands yeux choqués aux paroles de la petite chose rose, trop surpris pour pouvoir se mettre en colère. Espèce de quoi? De porc? C'était bien la première fois qu'on s'adressait à lui de la sorte! Il savait qu'il était un villageois, loin d'être riche et bien vêtu, mais de là à le comparer à un porc se roulant dans la fange, c'était un peu gros. Il n'était pas méchant, et s'il était un peu égoïste, il était vrai (qui ne l'était pas?), il ne considérait pas que son acte tenait de 'l'honneur de lui accorder une faveur'. C'était plutôt lui, qui lui accordait une immense faveur, à cette enfant mal élevé. Il aurait pu se montrer compatissant!

Il eut un geste de recul lorsque la main de Morgan partie, pour s'arrêter à quelques centimètres seulement de son visage. Il le regarda, éberlué, changer d'avis et croiser de nouveau les bras, toujours aussi mécontent. Et en plus, il ou elle voulait le frapper...!


« Tu n’as qu’à me laisser, puisque de toute façon tu n’as pas de parole. Et que tu me détestes. »

Face à cette réaction exagérément blessée, le jeune homme aux yeux couleur améthyste se demanda une nouvelle fois quel âge pouvait avoir ce sale gosse. Douze ans? Ça lui paraissait encore trop pour cette attitude égocentrique que tout le monde était censé perdre passée l'enfance. Alors, était-il plus jeune encore, ou avait-il seulement de problèmes pour maîtriser ses sentiments? Peut-être était-il tout simplement égoïste et égocentrique. Les gens de la Noblesse, à force de donner à leurs enfants tout ce qu'ils demandaient, créaient des êtres de ce gabarit. Et franchement, c'était tout sauf plaisant. Comment ils faisaient avec des gamins comme ça sur le dos toute la sainte journée? Quoi que...L'esprit aux cheveux verts venait tout juste de se rendre compte de l'utilité des nourrices et des serviteurs. C'étaient eux qui étaient le plus à plaindre, dans l'histoire.

« Tant pis, tu sais, j’ai fini par prendre le pli. Si tu es si « fatigué », tu peux rentrer chez toi ; je n’aurais jamais dû espérer que pour une fois, je puisse compter sur quelqu’un d’autre que moi-même… »


Ciaran passa sur l'expression 'prendre le pli' qu'il ne connaissait absolument pas, et secoua la tête de gauche à droite, comme résigné. S'il s'adressait aux autres de cette manière, il n'était guère étonné qu'il doive toujours tout faire tout seul. Il devait être le seul à apprécier sa propre compagnie. Une petite voix chantait dans l'oreille de Ciaran que cet enfant jouait à merveille la comédie: Qu'il se fichait de lui et tentait de le faire changer d'avis en affichant un air triste et pathétique. S'il tournait le dos et partait, il le rappellerait sûrement à l'ordre, et toute cette tristesse aurait disparue de son visage. Mais Ciaran n'était pas même capable de le laisser là 'pour voir': Il avait promit de le ramener, alors il le ramènerait. Il n'allait pas le laisser là tout seul...Surtout si c'était une fille. La nuit n'était pas propice aux femmes aussi frêles. Elle n'était d'ailleurs pas propice à d'autres femmes que les prostituées des bordels. Adressant une dernière prière silencieuse à Erundio et ses frères et sœurs, il se décida à répondre à son tout petit interlocuteur. Adviendra ce qui adviendra. Il n'allait pas l'abandonner, mais il n'allait pas non plus céder à tous ses caprices. Ne pouvaient-ils pas trouver un juste milieu?

« Écoutez...Je ne vais pas vous laisser là, parce que la nuit est dangereuse. Je ne vous déteste pas non plus, mais avouez que, enfin...Me traiter de porc ou vouloir me frapper n'est pas le meilleur moyen de me faire changer d'avis, hein? »


Il baissa sa tête vers lui, comme pour l'encourager à dire quelque chose. Il pourrait au moins s'excuser, n'est-ce pas? Après...Ils pourraient parvenir à un compromis, peut-être. Il l'espérait. Sinon, ils n'étaient pas couchés.

Et ça, dans les deux sens du terme.

[Ciaran est pas sorti de l'auberge. Il va prier ses Dieux assidument.X'D]
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Mer 9 Nov - 19:07

[Excellent, juste quand tu descends en disant que t'es un porc, ben devine quoi, j'était en train d'écrire le passage avec les porcs...X'DD
Même ses Dieux ne peuvent plus rien pour décoller le chewing-gum qui s'est collé à lui, aha. Ou si, il a qu'à offrir Camilla et son gosse en sacrifice, et là, peut-être...8D
Posté.]



Une moue chagrinée s’était peinte sur les traits du visage androgyne de Morgan : il était un acteur digne de ce nom. Mentir n’était pas une bonne chose, lui avait-on plus qu’à son tour répété, et il l’avait compris. Néanmoins, cette règle souffrait tant et tant d’exceptions qu’à ses yeux elle ne valait plus guère grand-chose, moins encore peut-être que l’avis de ces manants répugnants qui l’entouraient alors. L’ayant jugée caduque et passée, le jeune homme s’en donnait à cœur joie, et son talent lui sauvait bien souvent la mise. Il avait été d’une honnêteté sans faille envers Ciaran, c’était bien vrai ! Ne lui avait-il pas avoué être perdu ? Ne lui avait-il pas expliqué qu’il était mort de peur à l’idée de rester seul dans cette rue ? N’avait-il pas poussé l’outrage jusqu’à faire preuve d’une politesse qui n’avait ici pas sa place ? Ah, et dire qu’il s’était à ce point rabaissé pour n’obtenir en échange que refus et mépris ! C’était scandaleux ! Aussi avait-il pris ce qu’il considérait être une importante décision : il pouvait bien tenter sa chance autrement, puisque de toute évidence la méthode prônée par la « morale » et dont les mérites tant encensés n’étaient soi-disant plus à prouver n’avait aucun sens. Et pas la plus petite chance de fonctionner avec ce rustre de va-nu-pieds, qui ne semblait pas même se rendre compte de l’insigne honneur que Yanaë lui faisait en ne lui racontant pas n’importe quoi, quelque fable bien tournée qui eût vite fait de le mettre dans sa poche. Hors de question de s’asseoir une fois de plus sur son honneur, qui n’avait été déjà que trop bafoué ! Ciaran ne voulait rien entendre de ses arguments et se fichait des convenances et diverses conventions sociales, eh bien soit, qu’il agît à sa guise en parfait philistin si cela lui chantait, lui, il lui mentirait. Par exemple en jouant la carte du pauvre petit enfant habitué à ce qu’on le déteste, c’était un bon rôle parmi tant d’autres.

A compter de cet instant, cela ne pouvait être que de deux choses l’une : ce demeuré le croyait sur parole ou n’était pas si dupe et pressentait la tromperie. Néanmoins Morgan n’était pas inquiet : dans un cas comme dans l’autre après tout, ne se sentirait-il pas attendri par cette expression peinée ? S’il s’était arrêté, en homme consciencieux, par souci de remplir son devoir envers sa très noble personne, alors il devait avoir au moins un peu de cœur faute de matière grise –il fallait bien qu’il réfléchisse avec l’un ou l’autre. Dès lors, il ne jouerait pas la carte de la froide indifférence, n’était-il pas ? Voilà qui n’aurait pas été, du point de vue de la petite peste, très normal. Susceptible, vite ennuyé, la promptitude qu’il avait à décréter que tout ce qui pouvait le contrarier n’était « pas possible », « peu probable », « injuste ou anormal » forçait le respect. Quiconque autre n’eût pas été si sûr de lui : après tout, n’avait-il pas manqué de le gifler ? Il l’avait traité de porc, lui avait lancé au visage de deux trois autres qualificatifs peu plaisants, en avait pensé un bon millier d’autres qui ne l’étaient que moins encore. Etait passé d’yeux larmoyants et du ton paniqué à une morgue insupportable et une autorité qui n’eût su souffrir aucune controverse. Ce qui donnait à son vis-à-vis toute les raisons du monde de le détester et de ne pas se laisser prendre à son ridicule petit jeu –fût-il magnifiquement interprété, un scénario peu crédible restait peu crédible et ne faisait illusion sur un esprit un peu trop clairvoyant.

Excédé, Morgan manqua de s’emporter en entendant les paroles du jeune homme face à lui. Eh bien quoi, encore, ne pouvait-il pas l’emmener sur son dos, qu’ils en finissent !


« Écoutez...Je ne vais pas vous laisser là, parce que la nuit est dangereuse. Je ne vous déteste pas non plus, mais avouez que, enfin...Me traiter de porc ou vouloir me frapper n'est pas le meilleur moyen de me faire changer d'avis, hein? »

Le noble haussa les épaules. « Si ». Telle aurait été sa réponse s’il avait jugé propice de la donner telle qu’elle, coupante, enfantine, bornée, et tout à fait irrécusable. Sans appel. Tout d’abord, se laissa-t-il aller à songer, il ne l’avait pas même réellement frappé, quand bien même il l’avait mille fois mérité ! Quant à ce qu’il pouvait bien penser de lui…, ce n’était pas si important. Sans quoi Ciaran l’eût depuis longtemps abandonné sans rien ajouter, s’il avait su, ah ! s’il avait su. Morgan dû se faire violence pour ne pas lui rétorquer quelque réplique de son cru, inspirant un grand bol d’air –pour aussitôt le regretter : l’air de la capitale puait le pauvre, la nourriture de pauvres, la crasse de pauvres, contrairement aux douces fragrances du château auxquelles il était accoutumé.

Un porc était un porc, point final. Mais, plaisanta amèrement le borgne, s’il trouvait cela plus mignon, il voulait bien l’appeler « cochon », « marcassin » ou encore « cochonnet ». Ah, et pourquoi pas « pourceau », peut-être trouverait-il cela moins dégradant ! Ce que nous appelons une rose embaumerait autant sous un autre nom, disait-on. Eh bien il en allait de même de ces porcs de villageois : ils pueraient, serait laids, sans éducations et dégoûtants, quel que ce soit le nom qu’ils purent se donner pour leur bon plaisir. Ce fut de justesse que cette tirade ne passa de simple songe à quelques propos concrets, à l’instar des précédents d’ailleurs.

Non, la partie qu’il préférait éluder concernait la dangerosité des lieux à la nuit tombée. Ce point le fit grimacer et remonter les larmes à ses yeux aveugles : non, il ne voulait pas rester tout seul dehors ! Ni marcher, ni demander pardon, ni rien du tout. Lui, il voulait…, il voulait…


« Si, tu me détestes, alors que moi, je n’y peux rien du tout si tu es comme ça, répondit-il en recommençant à pleurer un peu, et, et..., d’abord, c’est pas de ma faute ! En plus, je ne t’ai même pas giflé ! Tu devrais t’excuser ; moi, je veux juste rentrer ! Je te jure que je vais mourir si je marche, j’ai la tête qui tourne ! »

Faux ? Oui. Et alors quoi ? S’il s’écroulait brutalement au sol, cet imbécile de Ciaran serait bien obligé de le ramener, et tout le long du chemin !
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Dim 27 Nov - 4:15

Pour un observateur extérieur qui se serait amusé à les regarder se disputer comme des enfants, leur situation devait paraître grotesque, se dit Ciaran, tentant de se relaxer et chasser ces pointes d'agacement qui ne cessaient de lui titiller le cœur. Cet enfant en voulait à sa patience et son bon sens, c'était certain. Et puis d'abord, pourquoi était-il descendu en ville s'il n'était pas certain de pouvoir retrouver son chemin ? Il n'y avait rien de plus imbécile que se lancer à l'aventure sans savoir si l'on pourrait revenir sur nos pas le moment venu. Enfin, il était peut-être mal placé pour dire ça, non ? Ciaran soupira intérieurement, cherchant une solution qui les auraient tous deux arrangés. Il n'en voyait aucune à première vue, mais ça ne voulait pas dire qu'il n'y en avait pas. Dans la vie, l'important était de positiver, quelle que soit la situation. La mère de Camilla le répétait souvent, et un de ses amis lui avait aussi dit quelque chose de ce genre un jour. La vie n'était pas de tour repos, c'était un fait, il avait pu s'en apercevoir plus le temps passait. Travail, maladie, guerres, conflits mineurs ou majeurs, enfants... Tout vous tombait dessus quand vous en aviez le moins envie, et vous acculait pour un temps indéterminé Enfin. Il fallait quand même vivre, d'où la nécessité de positiver. Là, Ciaran en avait bien besoin, justement. La petite chose rose -Tant qu'il ne connaissait pas son sexe, il se décidait à l'appeler ainsi, c'était moins fatiguant- ne l'aidait pas à conserver son calme, et Ciaran la soupçonnait même d'essayer de le faire sortir de ses gonds. Ou, si ce n'était pas l'effet recherché, ça y ressemblait quand même beaucoup. Qu'est-ce qu'elle voulait ? Qu'il se mette à hurler ou lui crier dessus, histoire de pouvoir pleurer et se plaindre sans avoir l'air d'exagérer? Ah, il s'énervait encore. Ce n'était pas bon.

Ciaran prit une discrète inspiration, s'encourageant mentalement à ne pas céder à ses toutes nouvelles pulsions meurtrières. Il pensait bien que la petite chose rose n'était pas lourde; Elle semblait mince, peut-être même frêle, et il lui serait aisé de la soulever. Seulement, il n'était pas au mieux de sa forme, et craignait de s'écrouler à n'importe quel moment. Porter son propre poids faisaient gémir ses jambes; Alors celui d'un autre, aussi léger soit-il...


« Si, tu me détestes, alors que moi, je n’y peux rien du tout si tu es comme ça, et, et..., d’abord, c’est pas de ma faute ! En plus, je ne t’ai même pas giflé ! Tu devrais t’excuser ; moi, je veux juste rentrer ! Je te jure que je vais mourir si je marche, j’ai la tête qui tourne ! »

Ah... Ciaran haussa ses épaules, ne se préoccupant guère des nouveaux sanglots de son interlocuteur. Il pensait voir assez clair dans son jeu pour avancer sans avoir trop peur de se tromper que ce n'était là que comédie, et en rien une véritable peine. Il ne voyait pas vraiment de raison de s'excuser, il jugeait même que c'était plutôt à lui de le faire, mais il n'allait pas aborder le sujet. Il n'avait pas vraiment envie de débattre pendant un quart d'heure ou plus sur à qui la faute incombait et qui devait plier le genoux devant l'autre. Le ciel était sombre, à présent, et l'air se refroidissait de plus en plus. Ciaran croisa les bras sur sa poitrine, cherchant désespérément à retenir le peu de chaleur qu'il avait.

La petite chose rose, se fit-il la remarque, comme pour se rassurer, ne risquait pas de mourir si elle marchait. Ou bien lui serait déjà mort depuis bien longtemps ! Il se souvenait de soirées durant lesquelles il avait peiné à retrouver son domicile tant il était fatigué. Des soirées où il s'était jeté sur son lit sans se déshabiller et avait immédiatement sombré dans les bras de Morphée. Il évitait de faire ça, en général, car il tombait malade après, mais certaines fois, il s'endormait sans s'en rendre compte. Fixant un moment le trottoir pavé, il se demanda si, finalement, elles ne feraient pas un bon matelas pour son pauvre petit corps éprouvé. Sa fatigue les rendraient peut-être plus molles qu'elles ne l'étaient en vérité... Reprenant ses esprits, le jeune homme aux yeux améthyste se concentra de nouveau sur Morgan, chassant toutes ces indésirables pensées de sa tête. Trouver un moyen de la convaincre, allez... Et vite, de préférence.

« Oh, vous savez, si vous avez la force de pleurer et protester, je pense que vous aurez la force de marcher. »

Toutefois, comme Ciaran n'avait guère envie de réellement se prendre une gifle, il ajouta, assez rapidement pour que la petite chose n'ait pas le temps de répliquer quoi que ce soit:

« On pourrait trouver un compromis. Comme... Vous marchez la moitié du chemin, et je vous porte sur l'autre moitié ? »

Pourquoi pas? Songea le menuisier en maintenant sur ses lèvres son sourire. Lui ne voulait pas le porter, mais Morgan ne voulait pas marcher; Ils pouvaient toujours faire ce petit effort. Non ? C'était un compromis qui, de son avis, était largement acceptable.

[J'arrive toujours au bon moment!XD

Ciaran va mourir jeune, à ce rythme là.X'D]
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Sam 17 Déc - 16:42

[Sauf s'il fait semblant d'aimer Morgan. Parce que si Morgan est content, elle lui fera rien.==v
Postééé.]



Morgan était intimement persuadée avoir été l’insigne et pauvre victime d’une sombre machination ou, si tel n’était pas exactement le cas, à tout le moins d’une inénarrable injustice qui de sa vie entière n’avait connu son pareil et se devait d’être exemplairement punie. Seulement, voilà, les conditions dans lesquelles ce malheur avait frappé n’aidaient en rien à cette entreprise : de suite, Yanaë avait-elle le moindre moyen de s’en sortir, de venger son honneur que Ciaran n’avait de cesse d’allègrement poignarder tout en conservant cet air de bon samaritain peint sur le visage ? C’était…, stupide, et rabaissant, elle ne pouvait trouver d’autres termes pour décrire cette inacceptable situation ! Plutôt grand de son point de vue, et fort sans doute puisqu’il était notoire que c’était à la force de leurs bras, faute de quelque forme d’intelligence, que gagnaient leur vie ces manants bornés et dégoutants, son vis-à-vis aurait tout à fait été en mesure de la porter sur son dos. N’en eût-elle pas plus demandé ! cet homme aurait dû s’estimer heureux et honoré, en lieu et place de quoi elle se trouvait contrainte à lui obéir, sous le fallacieux et bas prétexte qu’il était « fatigué », non, vraiment, pût-on inventer pire humiliation ! La colère se disputant à la tristesse dans son esprit, la petite ne savait trop qu’en penser et avait décidé que, décidément, si ses talents d’actrice, connus –ce qui n’était peut-être pas une bonne chose, elle n’en disconvenait pas, mais en tirait malgré tout une certaine fierté fort mal placée– et reconnus ne suffisaient pas à lui sauver la mise, elle dormirait dehors. Une personne de sa qualité, de sa condition, était capable d’essuyer maints affronts d’un geste désinvolte ; ces pauvres détails ne méritant pas une once de leur attention, leur causer ne fut-ce qu’un souci n’était pas envisageable ! Cela dit, il y avait à toute chose des limites, et prendre pour argent comptant les paroles, les ordres, que disait-elle, les ordres d’un pauvre hère plus bête qu’un vulgaire chien les outrepassait de loin !

Considérations certes très esthétiques mais vaines. Décoratives, dirons-nous, leur seule utilité était de ménager l’égo ô combien hypertrophié de la jeune sang-bleu, celui-là même qui lui conférait une mine si condescendante alors qu’elle était en mauvaise posture. Qui lui faisait lâcher quelque insulte bien sentie à l’encontre de celui qui, pourtant, n’avait fait que gentiment proposer son aide. S’il était venu à refuser une, deux, peut-être trois fois encore, alors l’acharnement de la peste aux longs cheveux aurait peut-être diminué ; peut-être aurait-elle, de guerre lasse, fini par obtempérer –tout en offrant une démonstration dans les règles de l’art du verbe « bouder », non sans une scène inoubliable au préalable, sans gâcher son visage de pleurs et le silence de cris perçants comme elle savait si bien les faire pour se faire obéir de quelque quidam.

« Oh, vous savez, si vous avez la force de pleurer et protester, je pense que vous aurez la force de marcher. »

Silencieuse mais fulminante, Morgan ne rétorqua rien. Que dire, de toute manière ? Demandez à un va-nu-pieds de se mettre à votre place, il en sera bien incapable ! Un rustre pareil, ç’aurait été beaucoup trop fort qu’il pût imaginer quoi que ce fût au-delà de son repas frugal du soir et de sa journée à lézarder et démériter leur salaire, le lendemain ! Quels abrutis, s’il n’en avait tenu qu’à elle, leur vie n’aurait pas été si douce qu’elle l’était présentement, elle le jurait. Ils auraient appris l’obéissance et le respect, ces quelques notions basiques qui leur faisaient cruellement défaut. Lui tenir de tels propos, à elle entre tous ! Si elle se mettait à hurler, sans doute sa gorge serait-elle douloureuse le matin venu, et ce vague éclair de lucidité devait bien être la seule chose qui la retînt de crier sur ce pauvre Ciaran. Qui n’avait en soi pas tout à fait tort : mais, au regard de Morgan, ce qui ne lui était pas profitable était indubitablement un mensonge.

Qu’il dise ce qui lui chantait ! Elle voulait rentrer et le faire sans marcher. Son entêtement se heurtait toutefois à un mur de béton –en l’occurrence, de fatigue, autant de sa part que de celle, plus justifiable peut-être, de son béotien d’interlocuteur.

« On pourrait trouver un compromis. Comme... Vous marchez la moitié du chemin, et je vous porte sur l'autre moitié ? »

La grimace qu’esquissa la jeune fille fut suffisamment éloquente : la moitié ? Quel mauvais compromis ! Avec un honnête serviteur c’eût été envisageable, mais ces villageois… Comment être certaine que son but n’était pas de la faire marcher tout du long et prétendant qu’ils n’avaient pas atteint la moitié ? Et lui dire au seuil de la porte quelque parole insultante comme « vous voyez que vous pouviez marcher ! » ? Ces tire-au-flanc en auraient bien été capables, dans leur désir de toujours en faire moins et moins encore. S’il la pensait naïve à ce point, il se fourvoyait en tous points !

« Je ne te fais pas confiance ! Moi, je ne sais pas où c’est, « la moitié », comme tu le dis si bien. Tu me feras marcher plus voire tout du long, expliqua-t-elle, parce que vous autres n’êtes que des fainéants et des menteurs remplis de jalousie qui ne pensent qu’à manger et ne savent même pas faire leur travail correctement. »

Elle ébaucha un sourire dépourvu de réelle gentillesse mais empreint d’autosatisfaction lorsque la solution à son problème lui apparut, avec peut-être même une chance de marcher moins que son dû :

« Mais tu n’auras qu’à me porter sur la première, et t’estimer heureux que je t’accorde une concession aussi grande ! Et si je me rends compte que tu triches, je… »

Brève hésitation : le menacer de pendaison était-elle une bonne idée ou non ? Peu lui importait au final. Elle pouvait tout aussi bien faire de sa vie un cauchemar sans lever le petit doigt, après tout.

« Je me débrouillerais pour tu aies des ennuis. »


Dernière édition par Morgan Yanaë le Ven 20 Jan - 23:40, édité 1 fois
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Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]

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