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 Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]

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Esprit, Menuisier

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Localisation  : Au travail ou chez moi. Je sors parfois boire un coup avec mes amis, aussi.^^
Emploi/loisirs  : Je suis menuisier et quant à mes loisirs... Ce qui me plaît. Ce serait trop long de tout citer.u__u
Humeur  : De bonne humeur! Je serais prêt à repousser une armée en marche!==

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Esprit, Menuisier


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MessageSujet: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Mar 15 Déc - 22:14

Ciaran tappa impatiemment du pied contre le trottoire pavé, sa tête tournée vers les callèches qui s'activaient sur le route principale à grands fracas de coups de sabots, cris et henissements. Il devait être aux alentours de six heures du soir, et les travailleurs commenceaient tous à rentrer chez, passant à la Boulangerie parfois afin d'acheter le pain nécéssaire à leur repas. Ciaran Tyler ne faisait pas exception à la règle, et était lui aussi sur le chemin du retour, epuisé comme chaque soir des efforts fournis dans la journée. Toujours debout sur le trottoire, le jeune homme croisait et décroisait sans cesse ses bras d'un mouvement impatient, ce geste accompagné de grands soupirs exaspérés. Ciaran attendait que les calèches cessent leur agaçant vas et viens sur la route pour pouvoir passer de l'autre côté, mais ce n'était visiblement pas prêt de s'arrêter. C'était une habitude pourtant pour lui, d'attendre autant de temps afin de pouvoir traverser, mais aujourd'hui, cela énervait prodigieusement Ciaran. Plus que sa journée chargée qui lui avait donné une dose non négligeable de stresse et lui avait fait dépenser pas mal d'énergie, il avait abominablement froid. Le pays d'Illea n'était pourtant qu'au début de l'Automne, et malgré tout, il mourrait littéralement de froid. Serrant plus son long manteau contre lui, il laissa s'échapper un nouveau soupir d'entre ses minces lèvres. Jetant un regard violet et vide à ses côtés, il vit bon nombre de personnes s'activer sur les trottoires, très préssées de rentrer chez elles, visiblement. Et à en juger par ce qu'elles portaient, elles ne devaient pas avoir froid, elles. Ciaran leva les yeux au ciel qui commenceait d'hors et déjà à s'assombrir, esquissant une magnifiques grimace à l'adresse de l'astre qui se couvriraient bientôt de centaine d'étoiles plus brillantes les unes que les autres. Il avait vraiment l'impression d'être une exception, parfois. Pourquoi avait-il si froid quand il ne faisait pas si froid que ça? Il aurait du mal à passer l'hiver, à ce rythme là. C'était ce qu'avait l'habitude de dire son père lorsqu'il refusait de manger sa soupe ou son pain. Cette pensée amena un petit sourire sur les lèvres de l'Esprit aux cheveux verts. Décidement, il y avait des choses dont on n'arrivait jamais à supporter l'absence...

Perdu dans ses pensées, le garçon ne fit guère attention à ce qui se passait autour de lui, et il du se reculer de deux pas quand une calèche passa trop près du trottoire, avec un petit cri. Prenant une expression scandalisée, il lança une très jolie malédiction à l'adresse de la dite calèche, sous l'oeil amusé de quelques passants pas trop préssés qui avaient assistés de là où ils se trouvaient à la scène. Cela ne fit pas rire Ciaran pour autant qui, en plus d'avoir froid, venait de peu d'échapper à la mort. Il marcha rapidement jusqu'au centre du trottoire, usant de toute son habilité et sa souplesse pour ne pas rentrer dans deux ou trois personnes dans le même mouvement. Arrivé près d'une boulangerie, il poussa un soupir, soulagé cette fois, remettant correctement son berêt en place. L'agitation le soir était toujours déplaisante, mais il n'avait pas d'autre choix que la braver pour rentrer chez lui. Sinon, et bien, il ne pouvait justement pas rentrer chez lui, quelle logique...Et autant dire que Ciaran préférait largement galérer une demi-heure dans les rues et rentrer chez lui que passer la nuit dans la rue. l'idée était loin d'être agréable, et rien que la penser le fit frissoner. Il n'avait jamais testé ce que le pavé pouvait avoir comme qualité en tant que matelas, et il n'avait pas follement envie de le tester...

Jetant un oeil à la route, il aperçut qu'elle était maintenant à peu près dégagée. Il retrouva le sourire perdu quelques instants auparavant, et s'apprêta à s'avancer, quand une silhouette retint son attention. Immobile, à quelques mètres à peine de lui, elle se remarquait facilement dans la masse mouvante des passants. Intrigué, Ciaran se demanda si cette personne attendait quelque chose, si elle s'était fait mal, ou si elle n'allait pas bien. Il fut pour laisser cette dite personne tranquille, mais revint très vite sur cette décision. Cela n'allait pas le tuer de voir si elle avait besoin d'aide, après tout, s'il avait été en difficulté, il aurait bien aimé qu'on s'inquiète pour lui et non qu'on passe son chemin en faisant mine de n'avoir rien vu. Et puis ce n'était que deux minutes de son temps, sa maison n'allait pas s'écrouler pendant ce temps.
S'approchant de cette personne qui lui tournait le dos, il lui tapota doucement l'épaule, ne voulant pas trop la surprendre, et haussa sa voix, doucement, qui sonnait aimable comme toujours:

"Excusez moi, vous avez besoin d'aide?"

C'était tout. Il n'allait pas faire d'une simple question un discours, ça ne lui aurait servit à rien. Restait juste à attendre la réponse de l'individu même si, honnêtement, Ciaran aurait préféré qu'il aille bien. Ce n'était jamais agréable, d'être malade, ou tout autre chose
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Lun 1 Fév - 0:07

Morgan Yanaë, jeune noble de l'Ouest de ce beau pays qu'était Illea, s'ennuyait souvent. Elle ne travaillait pas et, par conséquent, n'avait pas grand chose à faire pour occuper ses journées. Ils étaient au début de l'automne, saison où les feuilles prenaient des teintes rouges orangées, à l'instar du ciel d'ailleurs en cette fin de soirée, alors qu'un jour maintenant agonisant s'apprêtait à tirer sa révérence. Un nouveau jour, réplique exacte du précédent et, probablement, modèle parfait du suivant, formerait ce que l'on nommait lendemain. Le jeune garçon n'avait pas le moindre doute à ce sujet, cette vérité ayant d'ores et déjà été prouvée maintes et maintes fois auparavant. Il soupira, agacé, voir même énervé peut-être et continua à avancer. Que ce soit à sa démarche ou à l'expression qu'il arborait, il aurait été on ne pouvait plus simple de deviner son humeur du moment, à savoir fort mauvaise. Pas que sa journée ait eu quoi que ce fut d'aussi mauvais, il était juste d'humeur exécrable, sans aucune raison particulière. Une légère brise soufflait et, si elle n'était pas insupportable à proprement parler, elle n'en restait pas moins énervante. Trop à son goût, en tout cas. Il resserra les pans de son manteau noir autour d'elle. Il n'avait pas réellement froid, non. Mais il n'appréciait juste pas le contact du vent, duquel il tentait, bon gré mal gré, de se protéger au mieux. Une mauvaise journée, oui. Sans qu'elle parvienne à s'expliquer pourquoi, plus tôt dans l'après-midi, il s'était senti pris d'un profond ennui. Pas de cours, que ce soit de ce genre. Pas même de leçon de piano. Elle ne se sentait pas l'âme d'en jouer aujourd'hui, de toute façon; il n'en avait pas envie. Toutefois, cela aurait-il au moins eu le mérite de l'occuper, ne fut-ce que pour une heure ou deux. A la place donc, il était sorti. Libelle et Helena, ses sœurs aînées, étaient toutes deux très occupées, de ce qu'il avait entendu. Il en allait de même pour ses parents mais, ce n'était pas comme si elle ne s'y était pas attendue. Il ne leur en voulait pas; son père était, à ses yeux, un prestigieux modèle à prendre dans sa vie future, travailleur, courageux, autoritaire mais gentil tout de même; une figure de proue parfaite de l'armée. A côté de cela donc, qu'il ait beaucoup de travail lui semblait tout bonnement normal, évident. Et ce n'en était que mieux encore lorsqu'il le voyait, songea-t-il, positivant quelque peu. Elle s'était donc dit que, plutôt que de rester enfermé au château, aussi beau soit-il, jusqu'à ce que le soir arrive, il serait sûrement une meilleure idée d'aller faire un tour à la capitale. Une belle ville, Jiang Zemin, c'était un fait. Même lui, qui pourtant prenait toujours un malin plaisir à tout déprécier, à montrer le côté noir des choses un grand sourire aux lèvres, n'aurait su en disconvenir sans faire preuve d'une cruelle mauvaise foi. De grandes rues, des magasins, des maisons tantôt grandes, tantôt de taille plus modeste. Le seul point noir était cette effervescence qui y régnait. Trop de monde, allant dans trop de directions trop différentes, pour de trop nombreuses raisons, en faisaient un véritable pandémonium dans lequel il ne serait que trop simple de se perdre. Les rues s'emmêlaient les unes avec les autres, carrefours et nœuds, et ça, elle n'aimait pas. A côté de cela, les calmes couloirs du palais de la demoiselle Della'Morte, actuellement à la tête de la partie Ouest du royaume, commençaient peut-être à lui manquer légèrement. Légèrement. La compagnie ne le gênait pas en temps normal mais, il devait bien avouer qu'il y avait, entre parler, marcher, avoir une discussion avec des nobles et ne serait-ce que croiser de simples manants comme ceux qui grouillaient ici, il y avait plus qu'un fossé. Un gouffre, tout un monde. L'un, indubitablement, restait plus agréable que l'autre. Morgan n'aimait pas les nobles: prétentieux, cuistres au possible, faux, il se complaisait à leur ''pourrir la vie'' du mieux qu'il le pouvait. Mais pire qu'eux, il y avait les bourgeois et les villageois. Non seulement ils se pensaient terriblement importants, mais en plus de cela ils n'avaient pas la moindre éducation, leur façon de parler était malpolie, leurs vêtements n'étaient pas raffinés. A quoi pouvaient bien avoir pensé les deux enfants qui, se courant après, l'avaient heurté? Irremplaçables. Irremplaçables et pourtant si souvent remplacés, ironique, n'était-il pas? Cette pensée lui arracha un sourire. Ridicules, ridicules.

Ah, les villageois, ce qu'elle pouvait les détester...

Un instant, il s'arrêta, se demandant quel chemin serait le plus direct pour rentrer au château. Lequel devrait-il emprunter? A droite, à gauche? De la poche de son manteau, elle sorti une montre à gousset. Six heures environ, semblait-il. Ah, il allait être en retard s'il ne se dépêchait pas. Pas qu'elle y accord une grande importance en soit -déranger un serviteur l'heure du repas passé pour qu'il lui apporte quelque chose à manger étant plus que loin de le déranger-, mais tout de même. Ne se faisant pas plus de souci que cela, il décida de continuer tout droit. Ce qu'elle fit, pendant une poignée de minutes, au milieu de cette foule avec laquelle il détonnait quelque peu. Que ce soit de par ses habits ou son maintient, elle savait que l'on devait pouvoir avoir quelques indications sur son rang. Pas de robe, mais son manteau, long, lui descendant jusqu'aux mollets, n'aurait pas permis d'en juger.

Néanmoins, il finit par s'arrêter lorsqu'il se rendit à l'évidence: elle ne savait pas par où passer. Il ne descendait que rarement ici, ou était toujours accompagné dès lors qu'il le faisait, et n'avait par conséquent pas appris la configuration des lieux par cœur. Elle voyait où était le château, là n'était pas le problème. Mais plutôt de savoir comment s'y rendre. Se perdre était la dernière des dernières choses dont il aurait eu envie, mais ce n'était pas quelque chose qu'il était en mesure de choisir. Elle poussa un nouveau soupir, son unique œil, vide, semblant passer à travers les choses sans les voir. Ce que ces gens pouvaient être bruyants, quand ils s'y mettaient. Tout cela commençait à lui taper plus que sérieusement sur le système, reconnut-elle. Il allait d'ailleurs s'apprêter à demander son chemin à quelqu'un, forcé contraint, lorsqu'il sentit une main se poser sur son épaule, assez doucement pour ne pas lui faire trop peur, mais qui le fit malgré tout sursauter, suivit d'une voix, celle d'un garçon sans l'ombre d'un doute, s'adresser à lui, lui demandant si elle avait besoin d'aide.

Son premier réflexe -après celui d'avoir été vaguement surprise- fut de se retourner et de faire face à son interlocuteur, l'air toujours aussi aimable. S'il allait bien? Quelle question, s'il allait bien! Tout le monde avait l'air si pressé, il y avait ce vent, léger mais présent, et... Elle était agacée, point final. En plus de cela, cerise sur le gâteau, dont il se serait bien passé, elle ne savait plus par où passer et la soirée s'avançait à mesure que les seconde s'égrainaient une à une. Alors bien sûr, à part cela, tout allait parfaitement, il se portait comme un charme... Quel sens de l'humour étonnamment développé. A quoi pensait-il, au juste? Certes, c'était injuste; il ne pouvait pas lire dans son esprit et ne devait pas avoir la moindre idée de tout cela. Mais l'Esprit à la natte rose n'avait jamais prétendu être un modèle de justice non plus, en soit, et ne le ferait jamais. Les malheurs des autres n'étaient pas les siens, leur sort ne lui importait que peu, si tant était que l'on prenne comme acquis qu'elle s'en occupe ne serait-ce qu'un peu. Il se fichait du monde, mais le monde n'avait pas le droit de se ficher de lui. Cela, cela l'amusait follement, à l'opposé donc de l'actuelle situation. Le regard furibond qu'il lui jeta donc en se retournant ne trouverait sans doute pas d'explication pour le jeune homme en face de lui. Mais pourquoi s'en soucierait-elle? Plus grand que lui -ce qui, en soit, n'était pas un exploit, il fallait bien l'avouer- il avait des cheveux verts et, comme tous les Esprits, des yeux vides. Il n'avait pas l'air d'être quelqu'un de méchant au demeurant, aussi Morgan se calma-t-elle quelque peu.


''Si j'ai besoin d'aide? Honnêtement, ai-je l'air d'avoir besoin d'aide? Dit Morgan, l'air agacé. Tous ces... Gens... Qui courent partout, cette foule, c'est proprement insupportable... Tu es pressé, peut-être? J'ai mal aux jambes, j'en ai assez de marcher...''

Sans plus réfléchir, elle l'avait tutoyé. Que ce soit les serviteurs ou les villageois, il n'avait jamais eu à leur égard un très grand respect. Pour ses semblables au sang bleu non plus, ceci dit, mais eux cependant elle les vouvoyait tout de même. Par principe, par nécessité. Elle avait appris à reconnaître quand la politesse était de mise, et son petit doigt lui disait qu'ici, ce n'était pas cette personne qui allait lui causer des ennuis. Du reste, il était vrai qu'il en avait plus qu'assez de marcher. D'un rapide mouvement, il replaça sa montre, qu'il avait gardée dans sa main, dans sa poche, jugeant plus prudent de ne pas la sortir ainsi. Après tout, elle devait valoir relativement cher, de son avis. De son prix exact elle ne savait rien, étant donné que ce n'était jamais un détail sur lequel il s'attardait. La couleur, ce genre de choses, méritaient son attention. Mais pas quelque chose d'aussi trivial que le prix. Elle couvrit la foule d'un regard sincèrement ennuyé, et se mordit légèrement la lèvre inférieure, avant de ne reporter sa pleine et entière attention sur l'Esprit. Pas un noble, pour sûr. Pas un bourgeois. Une fois que Morgan avait classé une personne d'une certaine manière, lui avait collé telle ou telle étiquette, il était difficile de s'en débarrasser. Elle se ferait son idée de cette personne, en espérant qu'elle ne soit pas trop mauvaise. Peut-être que oui, peut-être que non. Qui vivra verra, comme on disait, aussi ne jugerait-il pas trop vite, décida-t-il.
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Lun 15 Fév - 4:19

Ciaran n'aurait jamais osé prétendre être la personne la plus sympathique du pays, ni même de la ville, pas même de son entourage, mais il était vrai que l'Esprit aux yeux violets était loin d'être quelqu'un de désagréable ou malpoli. Joyeux, sans l'être à l'extrême cependant, il était un bon compagnon de discussion, qui avait l'avantage de ne pas s'énerver pour un rien et rester calme lorsque cela s'imposait. Le jeune homme au béret se souciait énormément de l'image que les autres pouvaient avoir de lui, et faisait par conséquent en sorte de leur donner l'image de lui la plus positive qu'il pouvait. Son attitude n'était pas entièrement faite de faux-semblants, bien évidemment, mais il écrasait certaines faces de sa personnalité afin de ne pas paraître trop ceci, trop cela...Certes, il aurait très bien pu se faire apprécier comme il était naturellement, sa personnalité était plutôt attachante et enthousiaste, mais il ne pouvait s'empêcher d'avoir peur de ne pas être assez apprécié et détesté de tous un jour. Il aimait être entouré d'amis, il aimait qu'à son travail, tout le monde lui dise bonjour le matin, et si jamais ne serait-ce qu'un seul de ses collègues ne l'appréciait pas, il se sentait mal, et avait l'horrible impression qu'un jour, tous les autres agiraient de la même manière que ce dernier. C'était tout à fait stupide, il en convenait, mais il n'arrivait pas à chasser cette bête inquiétude de son esprit, inquiétude qui s'était aggravée depuis son arrivée à Jiang-Zemin, il y avait quelques mois de cela. Il ne savait pas pourquoi, mais ce soucis de faire bonne impression s'amplifiait avec le temps, même si pour être honnête, il avait peut-être une petite idée du pourquoi, en fin de compte. Depuis qu'il avait quitté son village natale et Camilla, il avait l'impression que tout le monde le regardait de travers pour cet acte d'une lâcheté qu'on ne pouvait nommer. Il avait la sensation que tout le monde autour de lui le savait, et le critiquait à voix basse pour ce qu'il avait fait. Sans aucun doute devait-ce être le cas dans son ancien voisinage, mais à Jiang-Zemin, loin de Naukowe et tout ce qu'il avait vécu, il n'y avait aucune raison pour que quelqu'un sache et lui en tienne rigueur. Cétait impossible, juste impossible, et pourtant...A cause de cette maudite paranoïa, il faisait de son mieux pour paraître impeccable et sans aucun défaut, Mr. Parfait, qui avait toujours un sourire et de la volonté à revendre. Oui, de cette manière, personne ne pourrait soupçonner quoi que ce soit, et si une quelconque personne en entendait parler, elle ne pourrait le croire. Après tout, n'était-il pas le beau garçon aimé de tous? Celui qui était toujours aimable et souriant, qui ne faisait jamais d'erreur, et travailleur en plus de cela? L'image que les autres avaient de lui était positive, plus que positive, elle était très bonne. Il ne pouvait pas être détesté, c'était impossible. Personne ne pouvait le détester.

C'était ce que s'était répété Ciaran en boucle lorsque la personne à qui il avait adressé la parole s'était retournée vers lui avec un regard à faire fuir les plus persévérants. Il ne lui avait rien fait de mal, non? Il lui avait simplement demandé si elle allait bien, sans aucune arrière pensée, uniquement dans le but d'être aimable et de prévenir tout incident si effectivement elle se serait sentie mal. Et pourtant, elle le regardait comme s'il venait de l'agresser ou de dire quelque chose d'extrêmement déplacé. D'ailleurs, en regardant de plus près le visage de son interlocuteur, prenant le temps de discrètement le détailler, le but n'étant pas d'avoir l'air de le fixer, son propre visage prit une expression perplexe. De grands yeux roses, des cheveux de la même couleur, un visage d'enfant...Il était clair, au vide qui rendait ses yeux inexpressifs, que cette jeune personne était un Esprit, mais...Ciaran était totalement incapable sur le moment, même en scrutant attentivement chaque trait du visage de l'inconnu, de dire s'il était une fille ou un garçon. Sincèrement, cela le perturba grandement. En temps normal, lorsque vous croisiez une personne dans la rue, vous étiez capable de dire s'il s'agissait d'une femme ou d'un homme, de par sa taille, son allure, sa coiffure, son visage...Mais le jeune menuisier avait beau essayer de deviner à quel genre pouvait appartenir ce rond visage, il n'y arrivait pas, bloquant irrémédiablement sur ce point. C'était perturbant, ne pas arriver à savoir si votre interlocuteur était un homme ou une femme. Lorsque Ciaran vit que la personne en face de lui avait ouvert la bouche pour lui répondre, il fut soulagé, pensant que le ton de voix de l'Esprit aux cheveux roses pourrait l'aider à régler cet épineux dilemme auquel il était confronté. Malheureusement, la chance ne semblait pas être avec lui aujourd'hui, car lorsque la voix de l'autre s'éleva dans le brouhaha de la rue, clairement ennuyée et agacée...


'Si j'ai besoin d'aide? Honnêtement, ai-je l'air d'avoir besoin d'aide? Tous ces... Gens... Qui courent partout, cette foule, c'est proprement insupportable... Tu es pressé, peut-être? J'ai mal aux jambes, j'en ai assez de marcher...''

Au moins, le ton de sa voix collait parfaitement à l'expression qui ornait son visage. Ciaran récupéra instinctivement le sourire qu'il avait perdu lors de sa réflexion, voulant paraître le plus décontracté possible afin de masquer la gêne qu'il avait face à la confusion que lui apportait le faciès de celui ou celle avec qui il parlait. Outre le fait qu'ils faisaient tout deux partis de la même race, Ciaran était également à peu près certains du fait que cet inconnu au long manteau appartenait aux classes les plus aisées de la société. Il avait hésité au début, mais à la vue rapide mais toutefois claire de la montre qu'il ou elle avait rapidement replacé dans sa poche après lui avoir adressé la parole, il avait vite balayé de son esprit le fait qu'il pouvait être un villageois. Entre Noble et Bourgeois son cœur balançait, mais ce n'était pas un très grand problème. Son interlocuteur était riche, et visiblement habitué à se faire obéir et à ce que l'on réponde au moindre de ses caprices. La manière qu'il avait eu de s'exprimer ne laissait aucun doute sur ce point, et ce ne fut pas pour rassurer Ciaran, qui avait laissé entre temps son regard dériver vers la foule qui se pressait autour d'eux, compacte masse d'esprits, de Neko et d'autres, de rires et de cris à tout va, de discussions sourdes et de paroles sans réponses. Il était vrai, cette animation journalière n'était pas des plus bénéfique pour les oreilles, pas plus que pour le corps, engourdi en fin de journée par les divers coups de pieds et coups de coude reçus par mégarde. Cependant, l'Esprit aux yeux violets aimait cette ambiance bruyante, elle lui rappelait que malgré les tensions qu'il y avait eu ces dernières années dans tout le pays, la vie suivait son cours, continuant en dépit de toutes les difficultés qui s'étaient dressées sur son chemin. Ce n'était peut-être pas évident pour quelqu'un habitué à passer ses journées dans de riches appartements au château ou dans de grandes pièces dans une maison bourgeoise, mais la vie était ainsi faite, et c'était ainsi que tout le monde l'appréciait.

Reportant son regard sur son interlocuteur aux yeux clairs, Ciaran laissa son sourire s'agrandir, un sourire chaleureux, qui n'apparaissait pas le moins du monde moqueur. Qu'il ou elle croive qu'il se payait sa tête était la dernière chose qu'il voulait. Avec un petit haussement d'épaules, il éleva à son tour la voix, joyeuse, douce, comme d'accoutumée, bien qu'il devait parler un peu plus fort afin de bien se faire entendre à travers le vacarme que faisait les chaussures sur le pavé et les paroles dans l'air:

« Je m'excuse, vous restiez immobile, j'ai cru que vous aviez besoin d'aide. Je ne suis guère préssé dans la mesure ou je ne veux pas absolument être chez moi dans le quart d'heure qui suit. Êtes vous préssé, vous? Ou bien perdu? Vous avez l'air de marcher depuis longtemps. »

Sans perdre son sourire, le menuisier resserra son manteau contre lui. Il avait toujours aussi froid, et le léger vent qui se levait ne l'aidait en rien à se sentir mieux. Il resta tout de même debout sur ses deux jambes, sans broncher, attendant une réponse de la part de la jeune personne en face de lui. N'arrivait-il pas à retrouver son chemin? Si c'était le cas, il en était vraiment désolé pour lui, d'autant plus qu'il ne pourrait lui être d'aucune aide. Dans cette ville, Ciaran savait où passer pour se rendre chez lui, à son travail, et à l'épicerie. Le reste était bien superflus, et lorsque lui prenait l'envie de sortir, il laissait ses jambes le conduire au grès de ses fantaisies.
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Mar 23 Mar - 1:07

Morgan poussa un nouveau soupir, son humeur ne semblant pas prête à s'améliorer, ou tout du moins, pas de suite. Elle croisa les bras, et étudia de nouveau son interlocuteur en pied de cap. C'était idiot pour lui, songea-t-il vaguement; il n'était pas tombé au bon moment. D'un certain côté, pourrait-il peut-être l'aider, mais il en doutait fort. Demander de l'aide en soit-même n'avait rien de particulièrement dégradant mais force était d'avouer que cela restait loin d'être agréable pour autant. Il n'en avait pas envie. Mais, autant se rendre à l'évidence, en avait besoin. Les gens de la ville continuaient de passer autour d'eux, sans noter toutefois réellement leur présence. Ce devait être une habitude; de même qu'elle ne portait plus qu'une attention distraite aux magnifiques tapisseries du château, eux devaient avoir la même réaction. Il ne comprenait pas vraiment; lui était loin d'être familier à toute cette agitation, ce qui ajoutait encore à son léger étourdissement et son agacement grandissant. La perspective lui faisant le plus envie à cet instant était de monter sur quelque chose, n'importe quoi du moment que chacun pouvait le voir, et de leur hurler à tous autant qu'ils étaient qu'ils pourraient se taire et rentrer chez eux plus tard, qu'on aille lui chercher à boire, et qu'on le ramène de ce pas au palais de la Princesse. Parce qu'elle en avait assez de ce pandémonium. Qu'était-il sensé faire s'il ne pouvait pas retrouver son chemin rapidement? Il était hors de question de rentrer de nuit; et il était hors de question de dormir dehors. Les auberges que l'on trouvait à foison dans la grande et 'belle' capitale auraient pu être une solution. Mais elles n'en étaient au final pas une, dans la mesure où non seulement il n'avait que peu d'argent sur lui, il aurait de toute façon refusé, clair et nettement, de partager le même bâtiments que nombre de roturiers, de voyageurs. Dans un endroit peu confortable. Mais que ne l'aurait-il pas été comparé aux grands appartements luxueux à outrance dans lesquels elle vivait? Prompt à la critique, et peu enclin aux compliments, c'était avec un cynisme certain qu'il regardait les autres. Et une visible condescendance plus grande encore que le reste. Elle ne devait pas les voir de la sorte de par leur condition sociale, disaient-ils? Convenance stupide. Son mépris des petites gens avait cependant à ses yeux des raisons d'être; qui étaient-ils, au juste, pour oser même paraître devant eux-autres nobles? Les bourgeois, il n'en avait que faire. Mais les plus pauvres, aucune culture, aucunes manières. Les fréquenter était tout bonnement impensable, cela ne lui serait pas même venu à l'esprit. Alors, la question qui en découlait était de la première importance: si elle était si rétive à l'idée de devoir rester parler plus de quelques brèves minutes avec eux, comment ferait-elle pour connaître son chemin pour rentrer chez elle, parmi des gens qui, bien qu'étant tout aussi insipides, avaient au moins le mérite d'avoir un nom aussi prestigieux que le sien? C'était là une interrogation à laquelle il se trouvait bien incapable de répondre; il n'y avait tout simplement pas moyen. Errer dans les rues au hasard des tournants était une option encore bien pire que les autres. En somme, se dit-il, il n'y avait pas de solution idéale. Elle ne sortirait plus seule en ville, ce genre d'expérience ne devrait lui arriver qu'une seule fois dans toute une vie. Et encore, une était d'ores et déjà une de trop à son sens. Ses grands yeux violacés toujours posés sur l'Esprit qui lui faisait face, il secoua légèrement la tête. Au moins n'était-il pas tombé sur le pire malade mental de Jiang Zemin. La malchance poussée à ce point n'était bonne que pour les autres. Elle méritait que la bonne fortune lui sourisse chaque jour, à chaque lever de soleil. Semblait-il qu'au final, elle ne l'aie pas totalement abandonné pour cette soirée-ci; ce jeune homme avait l'air gentil. Soucieux, peut-être? Peut-être. Il n'en savait trop rien. Ne chercha pas trop longuement à le savoir, jugeant cela inutile. Quels que soient ses ennuis, ils n'étaient pas siens, à elle, pas plus qu'à sa famille ou même la dernière de ses connaissances. Et par conséquent donc, il s'en fichait, cela devenait le cadet de ses soucis. Ou presque. Il y avait toujours moins important et, si le fait de le savoir ne nous remontait pas, cela nous en donnait l'impression. Nous n'étions pas mieux que ce que nous étions avant d'en avoir connaissance mais, d'un autre côté, nous savions que finalement nous n'étions pas au tout dernier barreau de l'échelle. Morgan pouvait comprendre cela. Admettait qu'il y avait pire que le garçon aux cheveux vert devant lui. Il souriait, d'ailleurs; pas Morgan. Bien que son expression se soit quelque peu radoucie, elle ne souriait pas pour autant. Elle vit que le regard de l'Esprit s'attarder sur son visage. Pas très longtemps, rien qui frise l'impolitesse. Morgan n'était pas sans savoir que son visage androgyne pouvait parfois porter à confusion quant à son genre. Certains penchaient pour le masculin, d'autres le féminin. Il ne s'en offusquait pas, et trouvait même cela assez amusant. Corriger les autres, qu'ils aient raison ou tort. Cela les mettait invariablement dans l'embarras le plus total. Juste pour voir l'expression qu'ils arboraient lorsqu'elle les reprenait avec un 'monsieur' ou 'mademoiselle', elle remerciait le ciel de lui avoir donné ce genre de visage. Il ne faisait pas en sorte que l'on se trompe: il se contentait de saisir l'occasion si on le faisait, nuance. Il planta son regard droit dans le sien, le soutenant sans aucun mal. Elle ignorait si ce serait le cas de l'autre. Toujours était-il que si l'agacement était toujours bien présent, il se ressentait un peu moins qu'une poignée de secondes plus tôt.

Lui, se dit le jeune noble, devait être d'excellente humeur pour sourire de la sorte. S'il s'était moqué de lui, il ne l'aurait pas accepté. Qu'aurait-elle fait? Il n'en savait rien et n'en faisait pas grand cas étant donné que l'expression qu'il arborait ne lui semblait pas moqueur. Heureusement pour lui. Heureusement. Généralement, personne n'aimait que l'on se fiche de lui, à moins d'être sérieusement désaxé. Morgan ne l'était pas. En revanche, elle possédait une susceptibilité somme toute relativement à fleur de peau, et une fâcheuse tendance à se mettre dans des colères noires, passablement virulentes et parfois coûteuses question mobilier et bibelots en tout genre. Le tout ne faisant évidemment pas bon ménage. Alors oui, la chance avait sourit à ce jeune homme; à moins que ce ne soit son sourire qui lui ait porté chance? Il avait envie de s'asseoir. Ou en tout cas, de ne plus marcher, de rentrer aussi. Quelqu'un passa, faillit le heurter. Elle leva les yeux au ciel, jeta un bref regard circulaire autour d'elle, dans l'espoir de constater que la foule se serait, ne fut-ce qu'un tant sois peu, dispersée. Ceci eut l'effet inverse de celui escompté, et il se mordit la lèvre inférieure. Pas fort toutefois, il ne désirait pas se faire mal.

Le jeune homme éleva à nouveau la voix, un peu plus fort en raison du bruit alentours.


« Je m'excuse, vous restiez immobile, j'ai cru que vous aviez besoin d'aide. Je ne suis guère pressé dans la mesure ou je ne veux pas absolument être chez moi dans le quart d'heure qui suit. Êtes vous pressé, vous? Ou bien perdu? Vous avez l'air de marcher depuis longtemps. »

Morgan ne put retenir un mince sourire ironique. Il avait cru que? Bonne intuition. Techniquement, elle avait besoin d'aide. D'ailleurs, il ne pensait pas le nier longtemps; cela n'aurait guère eut grande utilité. D'autant que peut-être qu'il pourrait l'aider. Quant à lui, il disait ne pas être pressé. Tant mieux, en soit. Tant qu'à faire, autant 'discuter poliment et gentiment' avec quelqu'un qui ne pensait pas qu'à faire demi-tour. Quand bien même c'eût été le cas, elle ne l'aurait pas laissé partir avant d'avoir trouvé une solution qui, faute d'être bonne, soit supportable. Pour lui. Ce qui pouvait paraître normal à une personne de condition modeste pouvait pour lui sembler inconcevable. Ils n'avaient pas la même notion du confort, de l'effort en lui-même. Pas que la sienne soit moindre, juste différente. Incomparables, les deux n'étaient tout simplement pas comparables. Ils vivaient dans deux mondes bien distincts, qui n'étaient pas destinés à se croiser, la base tout du moins. Lorsqu'il lui demanda s'il était pressé, il pencha légèrement la tête sur le côté. Ses parents allaient l'attendre? Ses sœurs sans l'ombre d'un doute aussi. Au pire des cas, il lui serait toujours possible de leur expliquer en rentrant le lendemain qu'elle s'était perdue et n'avait voulu rentrer à cause de l'heure tardive. Ils comprendraient; ou s'ils ne comprenaient pas, sauraient se contenter de cela. D'autant qu'il s'agirait de la vérité, ce qui n'enlevait rien. Mentir aux gens qu'il appréciait était clairement autre chose que de le faire à... Aux autres. Le respect incluait l'honnêteté. Et puis de toute façon, il ne serait pas puni. Ils se feraient un sang d'encre, de cela, elle ne doutait pas vraiment. Mais ils n'insisteraient pas, ne passeraient pas leurs journées à le lui reprocher. Chacun à le droit de se tromper de temps à autres, pas vrai? Il ne pensait pas avoir souvent tort; parfois, oui. Mais il n'en était pas moins qu'il serait préférable de regagner rapidement le château. Il ne savait pas bien que répondre. Oui? Non? Un peu des deux? Ce ne serait pas une catastrophe si elle avait un peu de retard. Les moments où l'on se mettait en colère contre lui étaient plus que rares. Car ou il se mettait lui-même en colère en retour, ou on avait droit aux effusions de larmes. On ne le détestait pas, on ne se fâchait pas contre lui, on lui obéissait, point final. Elle décroisa les bras et mis les mains dans ses poches.

Pressé, moyennement. Mais perdu, complètement, c'était le cas de le dire.


''Toi tu ne veux peut-être pas retourner chez toi, mais moi si. Cette ville serait presque belle s'il n'y avait pas autant de gens dedans. Ou s'ils se taisaient, tu ne crois pas? Et si elle était moins grande.''

Il se plaignait juste pour se plaindre toutefois, sans réel autre but. En réalité, cette ville était déjà belle et prestigieuse: la magnifique capitale de l'Ouest d'Illea, que dire de plus? Toutes les races y étaient représentées, même quelques humains et quelques elfes. Elle admirait quelque peu ces derniers, restant malgré les critiques et préjugés qu'on pouvait avoir à leur égard. Mais en revanche, les rues étaient trop bondées, les gens trop bruyant, pour qu'elle soit agréable. A regarder des fenêtres du château, oui. Par les fenêtre d'une calèche, oui. Mais seul et à pieds, à l'heure ou tant de personnes passaient, non, pas le moins du monde. Il avait demandé son avis à l'Esprit, pas par politesse, mais pas non plus véritablement dans le but d'obtenir une réponse. Pour meubler le semblant de conversation, pour le dire, voir même pour rien du tout. La jeune noble n'avait pas toujours besoin de bonnes raisons, solides justifications pour agir. Il éleva à nouveau la voix, moins énervé, mais malgré tout loin d'être d'un calme olympien.

''Le château est loin. Je ne sais même pas par où aller pour m'y rendre, de toute façon... Et oui, je cherche depuis longtemps. Mais je te l'ai déjà dit, cette ville est trop grande. Tu saurais comment y aller? Ou peut-être que c'est un peu trop loin, l'heure tourne et le jour baisse vite, après tout.''

Il sortit ses mains de ses poches et agrippa légèrement la manche du jeune homme aux yeux violets, à la manière des enfants essayant de captiver l'attention d'une tierce personne.

''Yanaë Morgan. Tu t'appelles comment?''

Il n'aimait pas ne pas connaître l'identité de ceux à qui il adressait la parole. Quant à son propre nom, songea-t-elle, elle ne voyait pas le moindre danger à le révéler. Il n'avait pas lâché la manche de l'autre pour autant. Elle voulait rentrer au château, s'il n'était ni trop loin ni trop tard, et surtout, ne plus marcher. Et il comptait bien à ce que cet personne l'y aide.
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Sam 1 Mai - 22:53

Ciaran ne faisait pas parti de cette catégorie de personnes qui jugeaient uniquement à l'apparence ou au vécu, non. Il était une personne relativement tolérante, qui n'esquivait pas quelqu'un juste sous prétexte qu'il avait un manteau noir et un peu trop long qui le faisait ressembler à un bandit, ou parce qu'il avait deux oreilles de chats au dessus de sa tête, ou encore car ses oreilles étaient trop pointues pour être celles d'un Esprit. Il se voulait gentil et prévenant avec n'importe quelle personne qui lui aurait demandé de l'aide, et même si la personne qu'il venait d'interpeller avait été un Elfe, ou bien un humain, il n'aurait pas tourné les talons en bredouillant d'inaudibles et inutiles excuses, pas plus qu'il ne lui aurait craché au visage. Ah, maintenant qu'il y repensait, qu'elle avait été vraiment mal choisie, cette guerre! Elle avait, en l'espace d'à peine deux années, détruit la cohésion qui s'était installée entre les humains et les Esprits après que le peuple aux yeux vides se soit installé sur cette terre qui n'était à la base pas la leur. On lui avait conté cette histoire maintes fois, et Ciaran, bien que n'ayant jamais été à l'école, connaissait par cœur ses origines. Son peuple n'avait pas toujours habité à Illea, il était venu jusqu'à ce pays d'une terre maintenant inconnue pour tous, et aux prix de nombreuses batailles et efforts, grâce à un Roi dont-il avait oublié le nom, ils avaient été en mesure de construire et vivre dans leurs maisons en tant qu'habitants d'Illea à part entière. Et peu à peu, leur rancune face aux humains qui avaient voulus les chasser s'était dissipée, emportée par les siècles, et ils avaient vécus ensemble comme si rien ne s'était passé. Du moins, jusqu'à cette fameuse guerre civile, survenue deux ans auparavant, qui avait réduit à néant des siècles d'entente. Les Humains avaient recommencés, durant ce laps de temps, à traiter les Esprits comme des étrangers, et les Esprit avaient retrouvés cette haine envers ces êtres monothéistes, s'en servant comme principale raison des attaques humaines à leur encontre. Ciaran avait été horrifié par tant de violence, et habitant dans la ville de Naukowe, peuplée exclusivement d'Esprits, lui et sa famille avaient été entraînés dans des mouvements violents, témoins de discours qui auraient fait frissonner et fuir plus d'un humain. Le jeune homme aux cheveux verts n'avait jamais voulu prendre part à ces manifestations, les jugeant complètement inutiles et stupides. Pourquoi parlaient-ils de réclusion, de racisme? Le conflit opposant les Humains et les Esprits n'avaient-il pas comme base le Dirigeant qu'ils auraient voulu voir régner sur Illea tout entier? Toute cette affaire avait été un peu trop loin, s'égarant beaucoup trop du motif initial. Ciaran n'avait rien contre les humains, il avait toujours eu des amis faisant partis de cette race, et jamais il ne les avait trouvé différents et si horribles que beaucoup d'habitant du côté Ouest le prétendaient. Peut-être un peu plus superficiels et matérialistes, mais ça, c'était partout pareil, seule la quantité différait. Cette maudite guerre n'avait pas seulement scindé en deux un pays, elle avait aussi séparé en deux le cœur de ceux qui résidaient en son sein. C'était terrible, terrible. Il en avait parfois parlé avec Camilla, et ils étaient à chaque fois tombés d'accord. Tout comme lui, elle était une personne particulièrement compréhensive, voir même plus. Elle était si gentille et juste que ça n'aurait guère étonné Ciaran qu'en voyant un Esprit frapper sans raison un Humain dans la rue, elle prenne la défense du pauvre Humain blessé. Chose que lui, n'aurait jamais oser faire. Son père était très fort, sa mère était très belle, et Camilla était tout ce qu'une jeune fille pouvait rêver d''être. Toute sa vie, Ciaran avait été entouré de personnes plus fantastiques à ses yeux que n'importe qui d'autre, et il s'était toujours senti à la traîne par rapport à eux. En dessous, ce sentiment d'infériorité qu'on ressent lorsque notre voisin réussi mieux un quelconque exercice que nous. Il avait fait tout son possible, mais il avait abandonné à la fin, car essayer d'égaler les étoiles était impossible pour une personne normale comme lui. Malgré tout, parfois, certaines séquelles restaient. Qu'aurait fait son père s'il avait vu quelqu'un dans le besoin? Et sa mère? Et Camilla? Et Philip? Ils l'auraient aidé, à n'en point douter. Alors...Pourquoi pas? En se répétant dans sa tête différents prétextes pour le pousser à le faire, il le faisait, un grand sourire étirant ses lèvres.

Mais aujourd'hui, peut-être aurait-il du s'en abstenir. Il continuait de sourire, comme à son habitude, ce sourire communicatif qui normalement passe en un rien de temps de bouches en bouches, mais la personne qui lui faisait face gardait cette expression fermée et renfrognée qu'elle arborait depuis qu'elle s'était retournée vers lui. Et s'il lui semblait que les traits de son visage s'étaient sensiblement radoucis, son visage était loin d'exprimer la joie de vivre. Simplement une grande lassitude teintée d'ennuie. Il savait bien que ce n'était pas contre lui, de ce qu'il avait compris, qu'il-ou elle, il ne parvenait toujours pas à s'arrêter sur un des deux genres...-avait mal aux jambes, qu'il devait être perdu...Et pourtant, il ne pouvait empêcher son cœur de désagréablement cogner dans sa poitrine et ses mains d'involontairement se serrer. Rien, cette jeune personne n'avait absolument rien contre lui, comment l'aurait-il pu? Il ne le connaissait même pas, ah ah...Mais quand sur ses lèvres se formèrent un petit sourire ironique et qu'il décroisa ses bras pour mettre ses mains dans les poches de son manteau, il eu bien du mal à retenir une expression interrogative. Qu'avait-il dit? Une phrase de travers, quelque chose d'amusant? Il en doutait, il l'aurait remarqué, si ça avait été le cas, mais...Il n'eut pas le temps de se poser davantage de questions, car l'inconnu aux cheveux roses avait reprit la parole, se plaignant de cette ville trop grande et du bruit des passants qui allaient et venaient sur le pavé en un assourdissant vacarme. Il lui avait demandé son avis, mais Ciaran n'avait pas répondu, ne sachant pas s'il s'agissait là oui ou non d'une question rhétorique. Il se contenta, dans le doute, de hausser ses minces épaules, attendant qu'il ne continue en silence, ce qu'il fit assez rapidement.

Comme l'Esprit aux yeux violets l'avait pensé, il était bel et bien perdu. Il avait également mentionné le château, et il paru alors évident au menuisier que son jeune interlocuteur était de Noble naissance. Effectivement, il voyait mal un serviteur s'habiller et parler de la sorte, et il lui semblait trop jeune pour occuper une quelconque fonction officielle au palais de l'Ouest. Noble, donc, et perdu. Quelle chance, Ciaran devait maintenant aider cette personne à retrouver son chemin parmi le labyrinthe de rues qui formaient la ville de Jiang-Zemin, et il n'avait strictement aucune idée du chemin à prendre pour se rendre au château. Il ouvrit la bouche, s'apprêtant à répliquer quelque chose, mais il fut interrompu par son interlocuteur, qui venait de s'agripper à sa manche, à la manière d'un enfant cherchant à attirer l'attention de ses parents.

''Yanaë Morgan. Tu t'appelles comment?''

Ciaran resta un moment muet à le fixer sans rien dire, trop surpris pour pouvoir réagir. Au bout de quelques secondes, il secoua doucement sa tête, retrouvant le sourire qu'il avait égaré lorsqu'il s'était accroché à sa manche. Il ne fit aucun mouvement pour lui faire lâcher le tissu, immobile sur ses deux jambes malgré le monde qui se pressait à ses côtés, manquant plusieurs fois de le renverser. Morgan Yanaë, hein...Son prénom ne l'aidait pas plus que sa voix à déterminer s'il était une fille ou un garçon, et ne pas savoir commençait à sérieusement l'embêter. S'il été amené sous peu à devoir utiliser le 'il' ou le 'elle', ou n'importe quel autre adjectif, qu'aurait-il fait? Il ne pouvait décemment pas lui poser la question, non plus, c'était tout à fait indiscret, et il ne voulait pas le vexer. Enfin, il verrait bien, pour l'instant, il s'agissait juste de l'aider à retrouver son chemin, n'est-ce pas?

Il était vraiment très mal, songea-t-il, continuant de sourire.

« Je m'appelle Ciaran Tyler, lui répondit-il finalement, son regard tourné vers la rue non loin d'eux, Et je pense que je détesterais une ville silencieuse. S'il y a des cris et des rires, c'est le signe que tout vas bien. »

Oui, il avait tout de même décidé de répondre à sa précédente question, tentant de gagner du temps, réfléchissant activement à ce qu'il allait pouvoir lui dire. Le château, le château...Il n'avait pas la plus petite idée du chemin à emprunter pour s'y rendre. Tout ce qu'il savait, c'était comment se rendre chez lui, à l'épicerie, et à son travail. Et comme il n'habitait pas au château, n'achetait pas à manger au château, et ne travaillait pas au château, et bien...

« Je suis vraiment désolé, mais je n'ai pas la moindre idée du chemin à prendre pour aller au château, je crains ne pas pouvoir vous être d'une grande aide... »

Suite à cela, il poussa un discret soupir, qui se perdit dans le tintamarre des travailleurs rentrant chez eux. Comment allaient-ils faire, il se demandait?
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Mer 19 Mai - 20:33

Assez, c'était assez, songea Morgan. Il y avait bien des fois où son manque cruel de patience lui faisait défaut, il était vrai. Mais en l'occurrence, dans la présente situation, n'importe qui aurait pensé de même, de cela au moins il pouvait être sûr. Le temps avait passé depuis qu'elle avait décidé de sortir, et depuis l'instant fatidique où elle s'était plus ou moins brutalement rendue compte qu'elle serait tout à fait incapable de rentrer; ou au minimum, sûrement pas par ses propres moyens. Il ne lui avait pas fallu de nombreuses minutes pour s'en rendre compte, à peine quelques pas avaient suffit. En revanche, il aurait été mentir que d'affirmer qu'il n'avait pas eu de mal à accepter cette idée. Pour se consoler, elle n'avait eu de cesse de se chercher des excuses: parce que de un, il lui semblait nécessaire, que disait-il, vital, que de se justifier auprès de lui-même pour s'être perdu. Parce qu'il était évident, axiomatique, irréfutable, que ce ne pouvait décemment être de sa propre faute, à elle, Morgan Yanaë, noble de la cour et, dans un avenir suffisamment lointain malgré tout, militaire de talent. Et de deux, elles étaient facilement bien mille fois plus simples à trouver que de plausibles et réalisables solutions à son problème actuel. Elles lui venaient à l'esprit par dizaines, si ce n'était plus, au fur et à mesure que les secondes défilaient une à une, tout comme les étoiles viennent tout naturellement éclairer le ciel lorsque tombe la nuit. Il n'était nullement utile de préciser que ce n'était absolument pas le cas de ces dites solutions. Que pourrait-il faire? Sitôt qu'il y pensait, il lui semblait que son esprit devenait, en un temps record qu'il n'aurait même jamais pensé imaginable, aussi vide que le désert du Srilà. Et ce n'était, de ce qu'il avait retenu du cours de géographie portant sur ce fait, pas peu dire. La comparaison toutefois lui était apparue ici comme étant des plus appropriée, et pour cause. Elle avait continué de marcher, au hasard de ses pas, suivant tantôt la foule, tantôt allant à contre sens de cette dernière. Mais rien, pas le moindre indice quant au chemin à emprunter. A moins qu'il n'y en ai justement tant qu'il ne parvenait plus à s'y retrouver? La différence à ses yeux aveugles n'était que minime, pour tout dire. Le plus simple aurait sans l'ombre d'un doute été d'utiliser cette même solution qui fonctionnait encore et toujours depuis ce qui lui semblait être la nuit des temps, une éternité, et pour au moins aussi longtemps encore. L'argent. Cela pouvait sembler réellement étrange mais, dès le moment où l'on sortait de notre manteau une bourse emplie de pièces d'or, les langues se déliaient, la mémoire revenait à quiconque l'avait soit disant perdue. Avant, personne ne connaissait d'endroit où passer la nuit. Étrangement après, ils étaient capables d'en citer dix à la minutes. On n'avait véritablement pas connaissance de la cachette de tel ou tel fauteur de troubles; et puis finalement, à la vue de cet argent, on vous proposait même de vous y guider et, pourquoi pas, de vous en montrer quelques autres pour mérité votre extrême magnanimité. L'argent pouvait acheter toute sorte de chose; il ne faisait donc aucun doute qu'on aurait pu la ramener au château, discrètement ou sous bonne garde, à pieds ou dans une calèche pompeuse. Cela ne le gênait pas outre mesure d'avoir la main lourde en ce qui concernait les richesses; qui aurait-il été, pour se soucier de si triviales choses? Les gens du peuples étaient-ils inquiets d'un jour manquer de cet oxygène qui leur était si important? Non, de ce qu'il savait. Personne ne s'en inquiétait.

C'était un phénomène similaire qui s'appliquait ici pour lui; il y avait en somme autant de risques qu'il manque d'air que ce que sa richesse décline. Mais son père n'aimait pas cela; on se devait, disait-il bien souvent, ne serait-ce que par égard envers ces personnes qui n'étaient pas aussi chanceuses que nous l'étions, pas dépenser des fortunes dans ce que nous pouvions accomplir sans rien avoir à donner. Sa mère ne répliquait rien, trop occupée qu'elle était dans ses propres affaires. Ses sœurs agissaient de même. Et, au final, comme cela eût été prévisible, son propre comportement ne différait pas de celui des autres. A la subtile différence près que, lorsque l'autorité paternelle n'était pas là pour gentiment la rappeler à l'ordre et lui remettre en mémoire la ligne de conduite à observer, elle s'en écartait doucement. Et sûrement. Pour terminer par agir en totale opposition avec les principes que l'on avait pourtant tenté, tant bien que mal, de lui inculquer. Qui plus était, il ne pouvait dire avoir emmené beaucoup d'argent, voir même en avoir pris tout court. Pour la simple mais néanmoins compréhensible raison qu'elle ne pensait pas en avoir besoin. Hors de question de rester ici. Et les gens du peuples, les manants sans manières et ne connaissant pas même les plus basiques des conduites imposée par l'étiquette, impolis, proprement insupportable, pauvres par définition -il ne fallait pas perdre de vue que le jeune garçon aux cheveux mauves violacés avait un sens particulièrement large de la pauvreté, n'en excluant que nobles et riches bourgeois- intéressés et n'ayant pas la moindre notion du mot 'courtoisie', qu'ils devaient, selon toute apparence, avoir banni de leur vocabulaire, n'étaient pas d'une grande aide, dans leur hâte pitoyable et pathétique de rentrer chez eux le plus rapidement possible, les bras chargés parfois de victuailles. Sauf exception. Il pouvait y avoir, dans la masse de ces gens se précipitant vers leur hypothétique minuscule maison, certaines personne se distinguant du lot. S'en détachant quelque peu au moins, des personnes plus prévenantes, plus agréables, qui confirmeraient cette règle, établie, ancrée dans l'esprit de Morgan de manière certaine. Jusqu'ici, elle aimait bien le jeune homme qu'elle avait rencontré, et qui devait être d'une petite poignée d'années seulement son aîné. Celui dont il tenait la manche, et qu'il fixait sans en avoir cependant l'air, ses yeux rivés devant lui sans voir les environs pour autant. S'il pouvait l'aider de quelque manière que ce soit, alors ils y auraient tous deux trouvé leur compte; elle aurait pu rentrer au palais et la misérable vie d'il-ne-savait-quoi-mais-sûrement-rien-d'important de son interlocuteur aurait enfin trouvé, après des années de profonde inutilité, un sens puisqu'il lui serait venu en aide. Sans nul doute la première chose intéressante et apportant quelque chose à la société qu'il aurait fait de sa vie, ce garçon aux yeux violets. Ce que je peux être magnanime, se dit Morgan, que d'offrir une telle occasion à quelqu'un. Aider sa noble personne était d'ores et déjà un exploit en soit, n'était-il pas? Les pauvres avaient cette fâcheuse tendance à s'auto-complaire dans leur insignifiance grandissante, à en juger par ce qu'il en avait vu en ce jour, avant de se perdre.

Et elle n'avait pas envisagé, l'espace d'un battement de cœur, que son interlocuteur ne puisse répondre de manière satisfaisante à son interrogation.

« Je m'appelle Ciaran Tyler, dit-il, Et je pense que je détesterais une ville silencieuse. S'il y a des cris et des rires, c'est le signe que tout vas bien. »

Ciaran Tyler. Comme il s'en était précédemment douté, il n'en avait jamais entendu parler. Ni un noble, ni un bourgeois, ni quelque personne de grande renommée dont on prononcerait le nom avec force de respect. En d'autres termes, une personne comme une autre, ordinaire. Ou, après réflexion, se corrigea-t-elle, il avait proposé de l'aider alors, peut-être un peu mieux. Mais il préférait son prénom tout de même. Morgan était de bien meilleur goût que Ciaran, n'importe qui aurait du le reconnaître. Quant au fait qu'une ville silencieuse serait désagréable, ils ne partageaient guère un avis similaire. Ces voix, ces conversations d'une banalité affligeante, sans profondeur, ces rires, ces cris, tout en ce centre ville l'insupportait. Ajoutez à cela le fait que son humeur était avant cela d'ores et déjà massacrante, cela ne rendait le résultat final que plus mauvais encore. Mauvais, atroce, insupportable, énervant, fatigant. Exactement le type d'ambiance, de bruits qu'elle abhorrait plus que quiconque autre. A son sens, rien n'était plus ennuyeux que cela. Le signe que tout allait bien? Ils n'avaient nullement besoin de cela pour le savoir. La guerre civile, si destructrice, n'était plus et si les deux moitiés d'Illea n'étaient certes pas en bons termes, au moins avaient-elles le mérite de ne pas se massacrer l'une l'autre. Plus maintenant. Alors, que pourrait venir perturber le calme de la grande capitale, il se le demandait bien. Des millions de choses pouvaient venir ruiner la vie d'un individu en particulier, mais un nombre bien plus restreint seulement pouvait venir perturber l'ordre de plusieurs centaines de vies à la fois. En outre, Morgan aurait préféré que tout soit calme et que la situation en ville soit mauvaise, en cet instant précis. Cela, après tout, ne le concernait en rien. Elle n'avait pas d'amis parmi les gens de Jiang-Zemin, pas de famille, pas de connaissances, si l'on exceptait Ciaran maintenant, cela allait sans le dire.

Le monde pouvait être aussi moribond qu'il le désirait, tant que cela ne lui nuisait pas personnellement, il n'en avait cure.

« Je suis vraiment désolé, mais je n'ai pas la moindre idée du chemin à prendre pour aller au château, je crains ne pas pouvoir vous être d'une grande aide... »

A ces mots, la jeune Esprit resserra sa prise sur la manche de l'autre. Ne pas savoir. Les citoyens lambdas ne savaient jamais rien d'utile, songea-t-il amèrement. Peut-être lire, peut-être écrire, mais pas tous. Il vivait dans cette ville, en arpentait les rues chaque jour, et n'avait pas eu la simple curiosité de se renseigner sur les lieux en son sein et le plus court chemin pour s'y rendre? La première question qui manqua de passer la barrière de ses lèvres fut s'il était stupide. Son visage prit à la suite une expression terriblement vexée puis réellement inquiète. Elle ne pouvait pas dormir dehors, elle n'avait pas pris d'argent et il était évident qu'avant de trouver quelqu'un capable, et surtout acceptant de la mener au château sans rien recevoir en retour, le crépuscule aurait recouvert d'un voile rouge orangé, rosé à l'horizon masqué par les hauts bâtiments de chaque côté des rues pavées, la majestueuse Jiang-Zemin. La chance ne lui souriait pas; et bien que l'on racontât, à l'instar de ce vieil adage, que la chance tournait, le pressentiment qu'elle ne le ferait pas de sitôt pour lui l'empêchait de faire preuve du moindre optimisme. Il mordit sa lèvre inférieure, et baissa légèrement les yeux. Qu'allait-elle faire? Chercher n'apporterait rien de plus; elle ne trouverait rien, aucune idée de plus. Et Morgan avait toujours été une personne extrêmement encline aux crises de larmes, à peu près autant qu'aux crises de colère; parfois il pleurait pour faire réagir les autres, parfois les perles salines roulant sur ses joues étaient des plus sincères qui soient. Ce n'était pas dégradant de pleurer. Elle n'avait pas envie de pleurer maintenant, aussi se retint-elle.

« Comment cela, tu ne sais pas? Parce que tu n'habites pas ici, peut-être? Demanda-t-il sans attendre de réponse, son trouble parfaitement audible et la gorge serrée. Je dois rentrer, il sera bien trop tard si j'attends. Tu ne sais vraiment pas, le château? »

Il laissa fuser un nouveau soupir, sentant derechef l'envie de s'assoir l'assaillir. Releva la tête vers son interlocuteur, et agita vaguement la tête, ayant l'impression de s'adresser à un demeuré total.

«Vous autres ne servez jamais à rien... Tu ne vas pas me laisser ici? »

Cette fois néanmoins, il ne s'agissait pas de pures formalités. S'il la laissait ici, elle ne saurait réellement plus que faire. Ah, il voulait pleurer. Cela se voyait-il? Tant pis, songea Morgan. Ciaran ne la laisserait pas ici, de toute façon. Ce n'était pas comme s'il avait véritablement le choix, à moins d'être un monstre au cœur de pierre.

Et tout le monde ne pouvait pas être comme lui-même donc, il ne le laisserait pas. Théoriquement. Dieu, quelle affreuse ville, quelle affreuse journée...
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Ven 18 Juin - 13:13

Ciaran n'avait jamais su comment s'y prendre avec les enfants, et doutait d'un jour savoir comment s'y prendre exactement. S'il naissait des personnes naturellement douées pour calmer les plus jeunes et les faire tenir en place plus de deux minutes et demi, ce n'était pas le cas du menuisier aux yeux violets, qui s'était toujours demandé comment certains de ses amis parvenaient à garder leurs cadets sans piquer de crise de nerfs toutes les trente secondes. Ayant lui-même été le cadet de sa famille, Ciaran n'avait jamais eu de petite sœur ou de petit frère à garder, et remercier le ciel de ne lui en avoir jamais donné. Se remémorant certaines scènes de son enfance, avec du recul, il se disait que son frère aîné avait du en baver, et avait du le maudire des centaines de fois, lui et Camilla, pour ne pas savoir se tenir correctement lors de tel ou tel événement, passant de la simple promenade en ville à l'enterrement d'un voisin, où Camilla ayant fait une remarque sur la manière dont un ami du défunt prononçait son discours, leur avait valu de se faire exclure du cimetière pour d'incontrôlables fous rires. Était-ce sa faute si étant enfant, il avait été particulièrement vif et s'amusait d'un rien? Il se rendait à présent compte, maintenant qu'il n'en était plus un, à quel point les parents devaient souffrir pour élever correctement leur progéniture. C'était beau, dans un sens, mais surtout effrayant aux yeux de l'Esprit aux cheveux foncés. Quand on a la patience et le don de suivre ses enfants à chacun de leurs pas, de s'émerveiller en même temps qu'eux de leurs découvertes, ouvrir sur le monde un regard nouveau, non plus en tant que l'enfant que nous étions autrefois mais le père ou la mère que nous sommes maintenant, alors cela peut ne pas être une si terrible épreuve. Mais quand l'on est juste bon à se faire tirer les cheveux par les plus jeunes, et que toutes ces responsabilités de parent nous font peur, alors c'est pire qu'une épreuve. Ciaran était bien placé pour le savoir, mais ça, jamais il ne le dirait à qui que ce soit, bien entendu. Il avait beau avoir dix-sept ans maintenant, et être considéré comme un adulte aux yeux de tous, dans sa tête, il n'était encore qu'un enfant, un enfant bien trop jeune pour porter sur ses frêles épaules tous les espoirs et les attentes d'un autre être vivant. Mais ça, personne ne le comprenait, et personne ne cherchait ne serait-ce même qu'à le comprendre, se contentant de juger le jeune homme pour la pire erreur qu'il avait commise dans sa vie. La pire, et aussi, il le pensait sincèrement, la seule. Après la mort de Philip, Ciaran avait toujours été présent pour sa famille et Camilla, travaillant d'arrache-pied pour subvenir à leurs besoins et pour qu'ils ne manquent de rien. Mais comment pouvait-on espérer qu'un garçon de douze ans puisse soutenir avec si peu d'aide un poids si immense? Il avait fait son possible, il avait fait tout son possible pour que tout se passe pour le mieux, il le jurait! Il avait mit tant d'efforts dans le seul et unique but de rendre sa famille heureuse que parfois, le soir, il n'était même plus arrivé à sentir son propre corps. Était-ce normal d'être ainsi contraint à faire son possible alors que l'on a seulement douze ans? Oh, il le savait bien, rien de tout cela ne justifiait cet abandon, cette faute atroce pour laquelle même ses meilleurs amis le regarderaient de travers et le critiqueraient. Oui, il était lâche, et oui, il fuyait ses responsabilités, parce que pour une fois dans sa vie, il ne voulait plus...Avoir à porter tant de poids sur ses épaules. Une branche de bois n'était pas bien lourde, mais au fur et à mesure que ces fines branches s'accumulent, le poids devient conséquent, et vous fait tituber. C'est ce qui s'était passé le jour où Camilla lui avait annoncé qu'elle était enceinte. Le poids des branches l'avait fait tituber puis tomber, et malgré ça, il avait plaqué sur son visage ce sourire hypocrite qu'il détestait tant arborer devant ceux qu'il aimait. Personne n'avait jamais remarqué cette légère fissure dans son âme, et tout le monde s'était étonné qu'un jour, le miroir de son existence se brise en mille morceaux. On lui avait apporté du soutient, oui, mais pas assez. Ciaran ne blâmait pas ses proches pour cela, car à ses yeux, ce n'était pas leur faute, et à quoi cela aurait-il servit de les blâmer quand il leur avait déjà fait tant de mal? S'il s'était brisé et avait craqué, ce n'était pas leur faute. Ce n'était la faute de personne, sinon de celle de ce maudit Destin qui semblait s'acharner sans raison apparente sur les honnêtes gens. Il s'était brisé, certes, et la seule chose qu'il pouvait faire à présent était de tenter de recoller les morceaux, et revenir, si ces derniers l'acceptaient de nouveau, chez lui, là où il pourrait reprendre ses responsabilités sans avoir peur. Il espérait simplement que les traces de cette cassure ne seraient pas trop visibles une fois le tout recollé, et que s'il manquait des morceaux, ils ne seraient pas trop nombreux.

Enfin, voilà qu'il s'était bien éloigné du sujet de base! L'emprise plus forte qu'exerça son compagnon aux cheveux roses le fit revenir sur terre, et ses yeux s'agrandirent sensiblement, posés dans la vague, comme il en avait l'habitude. Oups, avait-il répondu d'une manière insatisfaisante à la jeune personne accrochée à lui? Si c'était le cas, il s'en excusait, mais il ne pouvait rien répondre d'autre. Il ne connaissait pas la route à suivre pour se rendre au château, et quand bien même il l'aurait connue, il n'aurait pu accompagner Morgan jusqu'aux grilles afin de s'assurer qu'il rentrerait sain et sauf sans croiser le moindre pervers ou dérangé. Cette pensée lui fit pousser un léger soupir, qui se perdit bien heureusement dans le brouhaha de la rue. Il y avait tant de gens autour d'eux, ne pouvait-il pas aller leur demander son chemin? Ce serait un comble si aucune de ces personnes ne connaissaient le chemin à prendre pour se rendre au château. Contrairement à de nombreuses personnes qui passaient en trombe dans les rues bondées de Jiang-Zemin, Ciaran n'était pas né ici, n'avait pas grandit dans ces ruelles ci, et ne connaissait pas chaque recoin de la ville sur le bout de ses doigts. Si Morgan et lui avaient été à Naukowe, alors oui, il aurait pu lui indiquer le moindre chemin, le moindre petit détour à prendre pour se rendre à n'importe quel endroit de la ville, mais là...L'Esprit aux cheveux roses pourrait le maudire autant qu'il lui plaisait, il ne pourrait pas lui donner la voie à suivre pour autant. Quand on ne savait pas, on ne savait pas, et Ciaran n'avait pas la chance de posséder la science infuse. C'était à ses yeux bien dommage, mais il faisait avec. Ce n'était pas comme s'il avait le moyen de faire autrement, de toute façon.

« Comment cela, tu ne sais pas? Parce que tu n'habites pas ici, peut-être? Je dois rentrer, il sera bien trop tard si j'attends. Tu ne sais vraiment pas, le château? »

Sur le coup, le jeune homme aux yeux violets faillit lui rétorquer que si, il habitait ici, mais pas depuis assez longtemps pour connaître toutes les rues qui composaient ce labyrinthe qu'était Jiang-Zemin, et que si cela ne lui plaisait pas, il n'y pouvait rien, et qu'il pouvait toujours aller voir quelqu'un d'autre et lui demander son chemin. Mais soucieux là encore de ne pas se faire remarquer dans le mauvais sens du terme, et à l'entente du trouble qui serrait la gorge de la jeune fille, du jeune garçon, il se tut, se contentant d'attendre que l'autre continue, avec un simple petit mouvement négatif de la tête. Non, il ne savait vraiment pas, et cela ne changerait pas en l'espace de quelques secondes. Cet enfant semblait définitivement bien angoissé à l'idée de ne pas pouvoir rentrer chez lui avant que la nuit ne tombe. Bien, il n'était pas le seul, Ciaran aurait lui aussi bien voulu rentrer chez lui avant que la nuit ne jette son sombre voile sur le pays déchiré d'Illea. Mais connaissant le chemin pour aller jusqu'à chez lui, il n'aurait pas de problème pour s'y rendre, au contraire de celui qui tenait toujours aussi fermement sa manche. Sans qu'il sache pourquoi, le menuisier sentit que cette petite conversation n'était pas prête de s'arrêter, et cette pensée faillit lui arracher un nouveau soupir, qu'il parvint tout de même à contenir. Il écarta de son visage une mèche un peu trop aventureuse à l'aide de sa main libre, juste au moment où Morgan reprenait la parole:

«Vous autres ne servez jamais à rien... Tu ne vas pas me laisser ici? »

Ciaran n'aimait pas du tout le ton qu'il employait pour s'adresser à lui, il avait l'impression d'être un parfait demeuré. Malgré tout, il maintint sur son pâle visage ce sourire qu'il avait arboré depuis qu'il avait accosté Morgan, ne voulant pas paraître méchant, surtout quand Morgan semblait lui prêt à fondre en larmes. Dans quoi s'était-il encore fourré...S'il ne servait à rien, comme il le venait de si gentiment lui faire remarquer, pourquoi n'allait-il pas voir quelqu'un d'autre? Peut-être que dans cette foule de personnes inutiles, une l'était moins que les autres et connaissait le chemin à suivre pour se rendre au château.

« Hum, je suis désolé...Commença Ciaran, cherchant tant bien que mal les mots appropriés, Je ne connais vraiment pas le chemin à suivre pour aller au château. Il est clair que je ne vais pas vous laisser ici, mais... »

Il regarda autour de lui, et toute cette agitation lui rappela que lui aussi devait rentrer chez lui. Il avait besoin de dormir, le travail avait été relativement épuisant, aujourd'hui.

« Pourquoi n'essayez vous pas de demander à quelqu'un d'autre? Finit-il par ajouter, agrandissant légèrement son sourire, Sans doute quelqu'un ici connaît-il le chemin à prendre, il suffit de demander. »

Voilà, il suffisait de demander, et il finirait bien par trouver. Enfin, il espérait qu'il/elle trouverait, car sinon, il ne voyait vraiment pas ce qu'il allait pouvoir faire de lui ou d'elle. Tiens, c'était vrai, ça, était-il un garçon ou une fille, au final? Ce réflexe d'attraper sa manche lui faisait penser à une jeune fille, mais il avait apprit avec le temps à ne pas se fier uniquement aux apparences. Hmmm...Il verrait en temps voulu, ce n'était, sur le moment, rien de très dérangeant. Sur le moment.

[...J'ai vaincu.XDDDD]
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Sam 10 Juil - 16:58

Quand Morgan désirait quelque chose, elle l'avait. Cela avait toujours été ainsi, depuis ce qui lui semblait être 'toujours'. Du plus loin qu'il se souvienne, jamais il n'avait eu à trop insister pour obtenir ce qu'il voulait. Les domestiques lui obéissant au doigt et à l'œil, elle n'avait qu'à leur demander pour qu'ils exécutent, sans aucune autre forme de procès, jusqu'à la dernière de ses volontés. Danse sur la table, et ils devaient danser. Ramasse, et ils devaient ramasser. Ouvre moi la porte et ils devaient ouvrir. Un mot, un ordre, qu'importait d'ailleurs sa formulation, et tout allait parfaitement pour lui. Jamais elle n'avait à se salir les mains, jamais elle n'avait à faire quoi que ce fut qu'elle jugeât dégradant ou, dans une moindre mesure, ennuyeux. C'était le lot de tous les nobles, de toutes les riches personnes de ce monde. Il était une sorte de peste, d'horrible peste, et il relevait de l'exploit que de le supporter bien longtemps s'il s'était mis en tête de vous faire faire absolument n'importe quoi et de vous rendre fou, le tout s'il vous plait poliment et dans les règles de l'art. Bien souvent, lorsqu'elle voyait un serviteur par exemple, et qu'elle avait l'impression que ce dernier ne méritait pas suffisamment son salaire, elle pouvait faire tomber un vase juste à l'endroit qu'il venait de nettoyer. Juste pour voir s'il allait recommencer, auquel cas elle-même faisait tomber quelque chose à nouveau, jusqu'au fatidique instant où elle se lassait de ce petit jeu dans lequel personne n'avait rien à gagner. A part peut-être un grand sentiment de satisfaction et de supériorité. Ce qu'il faisait était injuste et il le savait parfaitement, ce qui ne l'avait jamais empêché de continuer pour autant. Au contraire même, cela ne faisait que l'encourager à le faire encore et encore. Car ce simple fait avait au moins le mérite de le conforter dans son idée que les autres ne valaient guère grand chose comparé à lui. Qu'importe l'inanité et la profonde méchanceté gratuite de ses agissements, il n'essuierait pas le moindre reproche de ces gens. Ils n'en avaient pas le pouvoir; un mot de travers ils le savaient, et les problèmes qu'ils auraient les suivraient leur vie durant. En totale démesure comparé à leur dite insolence, certes oui. Mais pour Morgan, cela n'avait guère aucune importance de quelque sorte que ce fut. Allons, après tout, la vie des autres n'était pas la sienne. Elles avaient une influence, elle n'aurait su le nier. Mais tant qu'elle pouvait remplacer les gens, cela signifiait qu'elle pouvait s'en débarrasser sans aucun remords. De la pitié? A quoi bon? De la compassion? Pourquoi diable en aurait-il eu besoin? La plus grande et honorable utilité d'autrui, si ce n'était ses amis et sa famille, peut-être d'autres nobles, était de la servir et surtout, surtout, de ne pas la gêner. C'était un honneur qui était fait à ces manants que de fouler de leurs pieds sales le sol brillant comme un miroir de pierre polie du château. Et en plus de cela, ils auraient dû avoir le droit de se montrer ingrats envers eux autres sang-bleu, qui leur avaient permis d'entrer? Quelle misère, quelle honte. Il reconnaissait bien là, dans les diverses protestations des serviteurs en tout genre, le manque cruel d'éducation et de politesse des villageois de classe moyenne. Voir basse. Entre les deux elle devait bien l'avouer, la différence à ses yeux était maigre dans la mesure où ils étaient si bas dans son estime, qu'elle ne les voyait pas différemment de fourmis, du haut de sa suffisance. Autrement dit, différenciez des fourmi rouge de fourmis noires du haut d'une tour, ce n'était pas quelque chose de possible et passionnant. Enfin. Toujours était-il que de son point de vue, les serviteurs et villageois n'avaient pas à se plaindre de quoi que ce fut. Ils existaient, n'était-ce pas déjà bien, pour eux? N'était-ce pas tout ce qu'ils pouvaient demander, eux, stupides et grossiers? Pauvres? Pensaient-ils véritablement avoir le droit de protester, songeaient-ils au vacarme déplaisant que pouvaient être leurs voix pour eux autres nobles, lorsqu'ils agissaient ainsi? Qu'ils se taisent et fassent ce qu'on leur demande, se disait souvent le jeune homme au cache-œil. Jamais ils ne réfléchissaient quand ils auraient dû, jamais. Pour pointer ce qui n'allait pas bien sûr, ils répondaient tous présents, tous autant qu'ils étaient. Pour travailler en revanche, c'était un tout autre son de cloche. Pathétiques. Pitoyables presque. Il y en avait juste qui l'étaient un peu moins que d'autres. Une jeune servante lui revint en mémoire; Sally, peut-être? Ce devait être son nom, Sally. Gentille, prévenante et souriante, elle savait toujours quoi faire pour l'amuser quand il s'ennuyait, et savait jouer du piano. Oh, mal, certes, mais elle jouait tout de même, elle lui accordait au moins cela. Et puis, il l'aimait bien. Au moins elle ne passait pas ses journées à rêver et à se plaindre de tout et rien, travailleuse jusqu'au bout des ongles. Alors, elle s'était toujours arrangée pour qu'elle n'ai pas trop de soucis. Comme quoi, la jeune Yanaë n'était pas un monstre. Pas avec tout le monde et pas en permanence du moins, mais c'était déjà rassurant de savoir cela.

Juste parfois, lorsqu'il s'ennuyait à mourir, ou quand, sans aucune raison apparente, ces paysans et citadins pauvres et inutiles lui semblaient encore plus atroces que jamais. Cela arrivait, de temps à autre. Et de fait, jamais, ô grand jamais, la jeune fille n'aurait adressé plus que nécessaire la parole à ces stupides personnes. Ciaran, cela allait. Un peu comme Sally, en quelque sorte, elle l'appréciait quelque peu. Une ou deux minutes avaient suffit pour se rendre au moins compte de cela, ce qui était déjà une bonne chose. Les autres passants dans la rue, foule de visages anonymes et disgracieux -ou en tout cas, il les trouvait disgracieux, ne fut-ce que par principe- ne bénéficiaient pas de ce traitement de faveur.

« Hum, je suis désolé...Dit son interlocuteur, de toute évidence hésitant. Je ne connais vraiment pas le chemin à suivre pour aller au château. Il est clair que je ne vais pas vous laisser ici, mais... »

Le début de sa phrase fut à mille lieues de l'enchanter. Vraiment, vraiment, qu'y avait-il de plus simple que le château? Cela n'aurait rien dû avoir de compliqué... Encore une fois, ce devait être une des lacunes de leur éducation: incapable de s'orienter dans des lieux où ils passaient pourtant tout leur temps... Comme si lui s'était perdu dans les corridors du palais de la demoiselle Della'Morte. N'était-ce pas tout à fait ridicule? Pour les Neko elle comprenait. Faute d'être véritablement utiles, au moins avaient-ils une bonne justification pour ne pas l'être. Mais lui? Elle ne connaissait pas son histoire et, en toute franchise, n'avait aucune envie de la connaître. Pas la moindre curiosité à son égard. A peine le connaissait-il, après tout. Mais malgré cela, il voyait comme un dû le fait qu'il le ramène près du château, au moins. Près de l'ombre rassurante de ses murs de pierre froide. Elle en avait besoin. Une nouvelle fois il sentit sa gorge se serrer de manière fort déplaisante. Être entouré d'inconnu était la définition même d'être 'seul'. Or, Morgan n'avait pas la moindre intention de connaître plus de va nu pieds que possible. Cruel dilemme. Il lui en fallait moins que ça pour se laisser aller à l'envie de pleurer à chaudes larmes, d'ordinaire... Et la seule chose qui le retint d'agir de la sorte fut la fin de la phrase de l'autre Esprit. Il n'allait pas la laisser seule? Heureusement, pour un peu, elle aurait presque pensé que c'était ce qu'il avait en tête. Il avait eu tort de s'inquiéter, Ciaran allait trouver une solution. Se souvenir du chemin, peut-être? Le plus jeune des deux ne savait pas. Mais son ignorance, son incapacité totale à trouver de quoi résoudre ce problème n'était-elle pas la raison même pour laquelle elle lui demandait de l'aide, de toute manière? Comment pouvait-on, de son plein gré, commenta-t-il pour lui même, s'enterrer dans une ville pareille... Ou plutôt, comment avaient-ils pu la défigurer à ce point? Elle était belle, dans l'ensemble. Mais ces gens et leur crasse, leurs échoppes vendant des produits bon marché faute d'être beaux, leurs rires et leur inanité profonde rendaient l'air irrespirable. Pauvre Ciaran; elle se prit à espérer qu'il connaissait d'autres personnes bien sans quoi, elle ne donnait pas cher de sa vie ici. A moins qu'il s'y soit habitué? Les pauvres s'habituaient à tout, ou presque. Ils étaient résistants. Tiens, se demanda-t-il un instant, amusé, s'adapteraient-ils également si bien s'ils les forçaient à se promener avec un bonnet ridicule hiver comme été? Oh, ce serait toujours mieux que leurs répugnantes guenilles -il fallait aussi savoir que, à l'instar du mot 'pauvreté', le mot 'guenilles' avait dans son esprit un sens particulièrement large et englobait tous les vêtements n'étant pas réalisé avec le plus grand soin dans les plus nobles matières par de grands couturiers- qu'ils semblaient tant affectionner. Mais au moins ne le laisserait-il pas ici.

Morgan était presque rassurée quand elle entendit Ciaran élever la voix à nouveau. Il n'avait pas prêté attention au 'mais' en fin de phrase et ne tarda donc pas à déchanter.

« Pourquoi n'essayez vous pas de demander à quelqu'un d'autre? Sans doute quelqu'un ici connaît-il le chemin à prendre, il suffit de demander. »

Il ouvrit grand son œil valide, et fronça les sourcils. Comme quoi, la stupidité des autres avait dû déteindre sur Ciaran. Parce que, question idée saugrenue, c'était bien là la pire qu'il aurait pu avoir. Et cette fois-ci, la phrase assassine qui lui était venue en tête plus tôt sortit, avec de l'indignation mêlée à un certain dégoût et un réel étonnement. Cette interrogation, elle se la posait. Pour de vrai.

« Est-ce que tu es stupide? »

Quelque chose d'aussi trivial, bien entendu, qu'il y avait d'ores et déjà songé! Pour qui la prenait-il, au juste? Premièrement, le temps qu'il trouve une personne acceptant de l'écouter et n'ayant pas l'air trop borné ou sadique, cela aurait immanquablement pris du temps. Ensuite, parmi ces personnes, il fallait qu'elles soient capables de la ramener au château, ce dont le jeune homme aux yeux violets disait être incapable. Il s'avouait plus imbécile que la moyenne? Très bien, qu'à cela ne tienne. Et puis, quand bien même aurait-elle trouvé quelqu'un faisant l'affaire, elle savait pertinemment qu'elle aurait dû adresser la parole à beaucoup d'autres gens avant cela. Or, c'était inacceptable qu'une personne de son rang aie besoin de demander de l'aide à plusieurs de ces gens. Jamais il n'oserait sortir à nouveau sans cela; il s'y refusait tout simplement. Pour Ciaran, c'était lui qui lui avait demandé s'il avait besoin d'aide. Elle, n'y était pour rien. Absolument rien, à peine s'était-elle contenté de lui répondre. Ce n'était pas dégradant; mais aller lui-même leur demander de l'aide? Plutôt mourir, se dit-il. Enfin, mourir, peut-être pas. Or c'était clairement l'impression qu'il avait quant à ce qui risquait de lui arriver s'il ne trouvait nulle part où aller. Aucune solution ne semblait idéale; et Morgan avait toujours été habituée à avoir le mieux, sans avoir à bouger le petit doigt. Alors, forcément, cette proposition pour elle relevait de l'absurde, voir presque même de la moquerie. Se moquait-il de lui, alors? Il n'avait pas intérêt; s'attirer ses foudres avait toujours été une bien mauvaise idée. Et généralement, les gens ne le faisaient guère volontairement. Il serait bien l'un des premiers.

« Il 'suffit' de demander? Tu ne te rends pas compte, dit-il sans prendre la peine d'expliquer ce qu'il ne comprenait pas, ou ce dont il ne se rendait pas compte. Ou tu te moques de moi. Et dans les deux cas, je n'aime pas. Ne redis plus de choses aussi stupides si tu ne l'es pas! »

Puis, brusquement, elle lâcha la manche de l'autre, une idée venant de le frapper. Comme il l'avait dit, l'argent déliait les langues. Et si elle était on ne pouvait plus vrai qu'elle n'en avait pas, elle avait autre chose. Il ressortit sa montre de sa poche, et agrippa aussitôt de nouveau la manche de Ciaran, comme s'il avait peur qu'il s'en aille malgré ses paroles rassurantes. Elle avait une folle envie de pleurer et, d'ailleurs, du dos de sa main, elle essuya une larme solitaire sur sa joue. Ce n'était pas le moment.

« Dis, si je te la donne, tu te souviendras mieux du chemin? Je l'aime bien, mais je te la prête, et après, tu me la rends et je te donne de l'argent à la place. Je m'en fiche, j'en ai plein... Si tu m'aides je t'en donne, promis, mais tu ne me laisses pas là! »

Il était assez sérieux sur ce point; l'argent, ce n'était pas un problème. Rentrer en revanche, si. Et de taille.
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Sam 14 Aoû - 2:37

Ciaran se rendait à présent compte pourquoi il n'avait jamais voulu de petit frère ou de petit soeur, et le terme 'grand-frère' prit à ses yeux, sur l'instant, tout son sens. Étant le cadet d'une famille de deux enfants, il n'avait jamais eu à s'occuper d'un petit frère ou d'une petite soeur, n'avait jamais connu cette responsabilité des aînés à surveiller les plus petits. Durant son enfance, son frère, Philip, s'était toujours merveilleusement bien occupé de lui, toujours à son chevet quand la maladie le frappait, toujours prêt à lui lire une histoire si le sommeil refusait d'étendre sur ses yeux son voile d'obscurité. Son père et sa mère s'étaient eux aussi toujours beaucoup occupés de lui, et la mère de Camilla l'avait traité de son vivant comme son propre fils, plaisantant beaucoup sur le fait que plus tard, elle voulait que ses petits-enfants aient les cheveux de leur père. Ainsi entouré de sa famille et ses amis, Ciaran n'avait jamais eu à se plaindre de rien, ni à prendre soin de quiconque. Comme tant de personnes le soutenaient, les plus jeunes étaient les plus gâtés, et il avait eu maintes occasions de vérifier la véracité de ce vieux proverbe. Petit garçon chéri, entouré, aimé, qui n'avait jamais eu de problèmes particuliers, ni à s'intéresser de rien que de sa petite existence, la perte de son frère aîné avait créée, dans son cœur, un trou énorme qui ne s'était pas comblé, même après ces cinq années passées à tenter d'essuyer le désagréable souvenir de sa mort. Douze années de bonheur contre cinq années d'absence...Les bons moments qu'il avait passé avec Philip valaient-ils toutes les larmes qu'il avait versé à l'annonce de sa mort? Est-ce qu'il avait bien fait de l'aimer autant, si c'était pour passer le reste de sa vie dans la tristesse de sa disparition? Sans hésiter un seul instant, la réponse du jeune menuisier à cette interrogation aurait été 'oui'. Bien entendu, il souffrait de ne plus pouvoir voir le visage de son frère le matin, quand il prenait son petit-déjeuner, mais quand il se rappelait tous leurs éclats de rire, toutes les promenades qu'il avait faites sur ses épaules, alors il se disait que ça en avait définitivement valu la peine. Ah, pour sûr, il avait été bien patient avec lui, Philip! Si Ciaran n'avait pas été un enfant particulièrement difficile, il n'avait pas été très facile et sage pour autant. Les crises de colère, les hurlements et caprices enfantins avaient pavés son enfance et n'avaient pas du être de tout repos pour son frère aîné. A sa place, il aurait craqué, c'était certain...Ses capacités de grand frère devaient être assez limitées, et il n'avait pas immensément envie de tester les limites de sa bonté et sa patience en discutant avec la jeune personne accrochée à sa manche. Jeune personne qui, en plus de visiblement posséder un caractère relativement fort et marqué, devait posséder de Nobles origines, et cela ne ravissait pas le jeune Esprit aux cheveux verts, pour parler franchement. Il n'avait rien contre les riches, il les admirait même beaucoup, ces personnes qui devaient se construire un nom et une réputation aux prix de nombreux efforts, et qui pouvaient sombrer dans l'anonymat et le mépris à cause d'un faux pas ou d'une parole mal interprétée. Mais sincèrement...Ils étaient tellement condescendants et méprisants qu'il avait du mal à les supporter et leur laisser le bénéfice du doute chaque fois qu'il en rencontrait un. Il fallait dire qu'à chaque fois qu'il avait eu l'occasion, ou l'honneur comme le disaient ces personnes, de rencontrer un Noble et pouvoir lui parler, il s'était gentiment fait rabaisser, comme s'il n'était rien de plus qu'une simple poussière ou vermine, qui ne méritait pas leur attention. Et être traité de cette manière, il le savait d'expérience, c'était pire que désagréable. Être rabaissé au niveau d'un animal alors que la seule chose qui les séparaient était l'argent qu'ils possédaient dans leurs placards, le menuisier trouvait cela injuste et nul, tout simplement. Et le fait que cette personne qui le suppliait depuis quelques minutes déjà de lui indiquer la route du château était Noble n'arrangeait pas l'humeur de Ciaran, qui espérait de tout cœur qu'il/elle n'allait pas se montrer plus désagréable qu'il/elle ne l'avait déjà été. On n'avait pas idée de demander notre route à coups d'insultes...Qui sait ce que quelqu'un de moins calme et sympathique que lui aurait pu lui faire.

Laissant son regard se poser sur la rue qui se vidait petit à petit, le jeune homme aux yeux d'améthyste poussa un soupir inaudible, et pour quelques instants, il se permit de fermer ses yeux et ainsi reposer ses paupières lourdes de la fatigue accumulée tout au long de la journée. Il avait mal aux jambes, avait faim, et voulait plus que tout se laisser tomber dans son lit afin de pouvoir sombrer dans le mystérieux pays des rêves qu'il appréciait tant. Sa présence à l'atelier le lendemain n'était pas requise, et s'il le désirait, il pouvait très bien ne pas se rendre à son travail le jour suivant, on ne lui demanderait pas de comptes et ne le disputerait pas. Ciaran étant de toute façon un travailleur régulier et acharné, personne n'irait lui reprocher d'avoir, pour une fois depuis qu'il était arrivé au sein de l'immense capitale du Royaume Ouest, séché son travail pour dormir quelques heures de plus dans la matinée. Personne ne le détestait, à l'atelier, tout le monde l'appréciait. C'était un des nombreux avantages d'être l'ami universel, ça...On ne vous reprochait jamais quoi que ce soit. Et même si parfois il devait avouer que c'était injuste pour les autres, il trouvait ça plutôt pratique. Il n'avait pas eu à faire beaucoup d'efforts pour être apprécié, de plus. Sympathique, ni trop extraverti, ni trop introverti, souriant...Le genre de personne avec laquelle on s'entend dès les premières minutes, facile à aborder et tolérante. En arrivant dans cette ville, Ciaran s'était de toute manière interdit d'être détesté, et s'était promit de faire tout son possible pour être apprécié. Bien, il pouvait se féliciter, à ce niveau là, car il avait obtenu un score parfait, au delà de ses espérances. Bravo, Ciaran.

Tu es apprécié pour un sourire que tu t'efforces de garder en permanence sur ton visage.

« Est-ce que tu es stupide? »

Cette phrase aussi soudaine que brutale fit sortir l'Esprit au béret de sa petite bulle, le ramenant à terre d'une façon tout sauf douce et agréable. Stupide? Et bien, merci! Fut tenté de rétorquer le menuisier sur un ton agressif, étirant son sourire pour empêcher ses traits de prendre une expression agacée. Il tentait de l'aider et il le traitait de stupide? Comme c'était charmant. Ses parents, en faisant son éducation, avaient du oublier de demander aux précepteurs de lui apprendre les bases de la politesse et du respect. Faisant mine d'ôter de son épaule, à l'aide de sa main libre, une poussière imaginaire, il laissa s'échapper de ses lèvres entrouvertes un nouveau soupir énervé, qu'il fit de son mieux pour ne pas accentuer sur le coup de la colère. Paraître normal et détendu, normal et détendu...Ciaran baissa son regard sur la jeune personne toujours accrochées à sa manche, qui avait froncée ses sourcils en une pure mimique de mécontentement. Quel âge pouvait bien avoir cet enfant? Douze ans, Treize ans? Ciaran n'était d'ordinaire pas très doué pour coller un âge aux personnes qu'il rencontrait, ayant toujours trop peur de se tromper et se rendre ridicule. Certains faisaient plus vieux qu'ils ne l'étaient en réalité, d'autres plus jeunes...C'était décidément trop dur de deviner juste, deviner devenant parfois une loterie dans laquelle l'on avait une chance sur cinq d'énoncer la bonne réponse. Ciaran ne s'aventurait donc pas à tenter de deviner l'âge de ses interlocuteurs, attendant patiemment que le sujet tombe de lui-même dans la conversation. Mais là, toute cette histoire devenait passablement embêtante. Était-ce un fille, était-ce un garçon? Quel âge pouvait-il ou pouvait-elle avoir? Il commençait à s'inquiéter de la tournure que pouvaient prendre les évènements à partir de là. S'il ne pouvait pas renter au château, qu'allait-il faire de lui? Plusieurs hypothèses se proposaient d'ores et déjà à lui, et aucune ne lui plaisait vraiment. Oh, Dieux...Ce n'était vraiment pas le moment de se retrouver avec un enfant perdu sur les bras!

« Il 'suffit' de demander? Tu ne te rends pas compte. Ou tu te moques de moi. Et dans les deux cas, je n'aime pas. Ne redis plus de choses aussi stupides si tu ne l'es pas! »

Ciaran eu bien du mal à réprimer un troisième soupir, son sourire se faisant de plus en plus tendu plus les minutes passaient, indifférentes à sa souffrance. Ses paroles étaient à la limite de l'irrespect, et la seule chose qui retenait l'Esprit aux yeux violets de violemment le repousser et le laisser se débrouiller seul était le fait qu'il était jeune, ou en tout cas plus que lui, et qu'il ne se rendait peut-être pas compte que ses paroles pouvaient lui attirer de réels ennuis. Les Nobles étaient habitués à se faire obéir sans avoir à élever la voix, et les habitudes ayant la vie dure, elles ne se perdaient pas une fois dans les rues de la capitale ou de n'importe quelle autre ville d'Illea. Seulement, entre le château et la ville, il y avait d'innombrables différences, et on ne pouvait décemment pas agir de la même manière dans ces deux milieux diamétralement opposés. Mais ça, Morgan ne semblait pas s'en rendre compte, et sûrement cela allait-il lui jouer de vilains tours à l'avenir...

« Dis, si je te la donne, tu te souviendras mieux du chemin? Je l'aime bien, mais je te la prête, et après, tu me la rends et je te donne de l'argent à la place. Je m'en fiche, j'en ai plein... Si tu m'aides je t'en donne, promis, mais tu ne me laisses pas là! »

Morgan, qui lui avait lâché la manche, l'avait rapidement raccroché, après avoir sorti de sa poche la montre qu'il avait précédemment rangée, comme s'il avait eu peur qu'en le lâchant plus de trois secondes, il allait s'enfuir et le laisser seul là, à se morfondre, ne sachant que faire pour rentrer chez lui. Il, ou elle avait rapidement essuyé d'une de ses joues une larme qui avait débordé de ses grands yeux roses, et Ciaran se sentit coupable face à cette réaction désespérée. Avait-il à ce point peur de ne pas pouvoir rentrer chez lui, pour se risquer à lui prêter cette montre à laquelle il prétendait tant tenir? Là encore, le jeune menuisier ne pu s'empêcher de penser que s'il était tombé sur une personne malhonnête, il aurait eu de très gros ennuis. Il se mordit la lèvre inférieure, muet pendant une minute ou deux, ne sachant que faire. Qu'il lui donne de l'argent ou non, ce n'était pas la question, même avec de l'or entre ses mains, il ne saurait pas plus le chemin. S'il avait été foncièrement malhonnête, il aurait trouvé là son bonheur dans ce geste désespéré, mais fort heureusement pour eux deux, il était loin d'être la plus basse des crapules de cette ville. Secouant doucement sa tête de gauche à droite, Ciaran fit faire le même mouvement à sa main libre, élevant à son tour la voix, qu'il n'avait guère plus besoin de forcer, l'agitation s'étant calmée autour d'eux:

« Vous m'en voyez réellement désolé, mais je ne connais pas le chemin à suivre pour se rendre au château. Vous pouvez me traitez d'idiot, d'imbécile, de ce que vous voulez, je n'en saurais pas plus pour autant. Et vous feriez mieux de ranger cette montre, si vous y tenez tant, les voleurs ne s'arrêtent pas en même temps que le soleil. »

Il marqua une courte pause, embêté, avant de poursuivre, son inquiétude présente dans sa voix:

« Je suis navré pour vous, mais même avec de l'argent, je ne pourrais pas vous montrer le chemin, je ne le connais pas, c'est sincère.(Il tapa très légèrement du pied à terre, reprenant ensuite) Vous n'allez pas pouvoir compter sur moi pour rentrer, encore une fois, je suis vraiment désolé. »

Ciaran ne comptait plus le nombre de fois où il avait été désolé en la présence de l'Esprit à la tresse rose. Ses paroles étaient sincères, il s'inquiétait réellement du sort de celui ou celle qui lui faisait face. Ciaran n'était pas un cœur de pierre, et même une personne désagréable comme son interlocuteur, il la plaignait. Et même s'il était sûr que ça allait lui retomber dessus d'une manière ou d'une autre, il ne le laisserait pas seul en plan. Pas tant qu'il n'aurait pas trouvé une solution pour renter chez lui, tout du moins.

[YEAAAAAAAAAAAAAH!XD]
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Ven 20 Aoû - 16:03

Morgan s'était toujours plus ou moins fichu de plaire aux gens de son entourage; on l'aimait, ou on ne l'aimait pas, c'était simple comme bonjour. Cela ne ressemblait guère, il l'accordait, à l'image que l'on se faisait des nobles entre eux, cherchant à soigner leur reflet dans les yeux des autres plus que tout au monde, sauver les apparences faute de réellement pouvoir sauver quoi que ce fut d'autre. Changer pour satisfaire les désirs d'autrui, c'était mourir et étouffer sa propre personnalité à petit feu, c'était non seulement s'avouer moins important que l'autre mais aussi indubitablement plus faible. Or, jamais le jeune homme à la natte rose ne se serait permis un tel comportement, excepté bien entendu lorsqu'en effet, sa fonction et sa force étaient moindres que celles de son interlocuteur. Sans cela, il n'était pas même question, elle ne considérait pas comme une option à proprement parler, de masquer sa pensée dans le but avoué de ne pas blesser plus que de raison. Au contraire, même; une vérité qui fait mal à annoncer? Parfait, elle se porterait volontiers volontaire pour ce genre de déclarations. C'était, à son sens, follement amusant, sans qu'il puisse y changer grand chose, ni ne le veuille de toute façon. Ce que les autres pensaient de lui, il ne s'en occupait guère. Que le monde la déteste et la vomisse, ce n'était pas ses affaires! Il n'aurait plus manqué qu'on aie exigé de lui qu'il soit parfait dans le sens où chacun aurait dû l'apprécier. Ce n'aurait pas été possible, tout simplement, et elle ne se serait pas donné la peine d'essayer. A quoi bon? Être hypocrite, il savait le faire à la perfection. Du moins, un temps durant. Et puis elle finissait inlassablement par s'interroger sur le pourquoi du comment, et sur les raisons pour lesquelles ielle le faisait. Pour rendre quelqu'un triste ou le mettre en colère, cela passait. C'était une bonne occupation, qu'il aimait et à laquelle il s'adonnait bien souvent sans qu'elle perde une miette de son intérêt tant les réactions de chacun divergeaient. Mais pour qu'on l'aime, non, non et non, elle se refusait à s'abaisser à cela. Certaines personnes la trouvaient trop ceci ou trop cela? Qu'à cela ne tienne, elles n'étaient pas mieux que lui et leurs bavardages et opinions n'allaient sûrement pas changer sa vie. Qu'on l'apprécie pour ce qu'elle était ou qu'on la déteste, point final. Il se serait donné l'impression d'un imposteur sans cela, et se serait dit que ce n'était pas même vraiment à lui que l'on pensait en bien. Mais juste à celle qu'elle aurait alors feint d'être. Cela était-il supportable? Il ne le pensait pas ou, au moins, ce ne devait pas être agréable. L'avis des autres était moins important que le sien. Et le sien était qu'elle n'avait rien à changer en elle, strictement rien. Il ne se prenait pas pour la personne parfaite mais, en restant honnête, presque. Et tant qu'à ses yeux il en était ainsi, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Tout du moins, à ses yeux, ceux de son père, de ses sœurs, sa mère et ses amis. Eux-aussi, avaient voix au chapitre. Mais s'ils l'appréciaient alors qu'elle avait été tout ce qu'il y avait de plus naturelle avec eux, cela signifiait bien que, plus qu'ils avaient des nerfs en acier et le cœur sur la main, aucun de ses légers défauts ne les dérangeaient clairement. Pas au point de le détester en tout cas, ce qui était suffisant déjà. Les autres, foule de visages sur lesquels il parvenait à mettre quelques noms, pouvaient aller au diable, pour autant qu'il en savait. Et Ciaran..., Ciaran était entre les deux, oscillait, balançait allégrement d'un côté puis de l'autre, sans sembler vouloir se décider. Ce qu'il disait, ce qu'il pensait, aurait-il une quelque importance pour elle, quelle qu'elle soit? C'était un villageois, aussi se permettait-il de douter. Seulement voilà, il était le seul qui puisse lui porter secours à cet instant, et surtout le seul qui aie choisit de le faire. Il n'avait pas l'air foncièrement méchant, et ne le laisserait pas ici. Il s'agissait plus d'auto-persuasion que d'une véritable certitude, mais cela valait ce que cela valait, et avait au moins le mérite de la rassurer quelque peu, seule et unique chose la retenant encore de fondre en larmes dans la seconde, accrochée à la manche d'un manant, au beau milieu d'une grande rue bondée. Il était, en quelque sorte, comme une planche de bois flottant à laquelle s'accrocherait un naufragé. Elle n'était pas très utile, elle était insignifiante, partie d'un grand édifice créé uniquement pour servir les personnes de caste sociale élevée, elle ne l'emmènerait pas loin, mais au moins permettait-elle de rester, vaille que vaille, à la surface. Il n'avait pas intérêt à le laisser seul, non, sûrement pas! Il n'en avait pas le droit! Les va nu pieds étaient peut-être un peu longs à comprendre les choses, ils étaient bêtes et laids, et d'accord, elle leur concédait cela, ce n'était pas de leur faute s'ils étaient sales, dégoutants et mal élevés. Mais si au moins, pour une misérable fois, ils pouvaient faire preuve d'un minimum de sens commun et ne pas l'abandonner là, cela l'aurait beaucoup aidé, à n'en point douter! Ce n'était point la mer à boire, non? Et il avait de l'argent; tout s'achetait, en ce monde, ou presque.

Et elle n'avait pas envisagé le temps d'un battement de cils que le chemin jusqu'au château fasse partie intégrante de ce 'presque'. Les pauvres couraient vers l'argent et la gloire, se pressait pour effleurer ce rêve du bout des doigts, se poussaient, s'écrasaient, se bousculaient pour être le premier et, dans leur manque total de discernement, ne se rendaient pas même compte qu'il ne s'agissait là que d'un petit rien du tout qu'eux autres nobles pouvaient avoir à n'importe quel moment de la journée, juste en élevant la voix. De vrais moutons, un vrai spectacle. Enfin, c'en aurait été un s'ils avaient été mieux éduqués et mieux habillés. Ils faisaient presque peine à voir, présentement... Quoique 'pitié' fut un mot plus correct pour exprimer ce qu'ils inspiraient. Alors, s'il possédait de l'or et des richesses, Ciaran aurait dû être en mesure de l'aider. Pour cette simple et malheureuse raison. Ce devait être la solution, pas vrai? D'autant qu'il n'avait pas l'air malhonnête. D'ordinaire, Morgan n'était pas aussi naïve; alors, elle-même aurait plutôt qualifié cela d'acte désespéré, plutôt que de crédulité. Quelle autre solution avait-elle, somme toute? Peu, voir pas d'autres. D'autant qu'elle lui avait sur le coup paru parfaite et particulièrement ingénieuse. Personne n'aurait craché sur de l'argent, surtout les gens... Eh bien, les pauvres. Même les bourgeois aimaient l'argent. Eux autres sang-bleu également, bien entendu, mais ils en avaient tellement que cela relevait plus du simple réflexe. Ils possédaient de toute manière une source intarissable d'argent. A savoir, le peuple. Son étonnement fut donc justifié lorsque son interlocuteur lui répondit, avec sur son visage une expression en parfait accord avec ses paroles:

« Vous m'en voyez réellement désolé, mais je ne connais pas le chemin à suivre pour se rendre au château. Vous pouvez me traitez d'idiot, d'imbécile, de ce que vous voulez, je n'en saurais pas plus pour autant. Et vous feriez mieux de ranger cette montre, si vous y tenez tant, les voleurs ne s'arrêtent pas en même temps que le soleil. »

Il ne savait pas? Il ne savait vraiment, vraiment, vraiment, vraiment pas alors? Il ne connaissait aucune langue qui n'aurait su être déliée par de l'argent, une mémoire que l'or n'aurait as brusquement stimulée. Ciaran n'en avait-il pas assez, d'être une exception aux règles? Ce n'était pas fatiguant, à force? La borgne baissa la tête, se mordant à nouveau la lèvre. Ce n'était pas bon, pas bon du tout... Comment allait-elle faire, en ce cas? Si cette ville n'avait pas été leur belle et prestigieuse capitale, elle aurait mérité d'être rasée pour lui causer tant de tort et de souci! Il sentit une autre larme dévaler sa joue, mais ne se donna cette fois-ci pas la peine de l'essuyer. A quoi bon, sa jumelle n'aurait pas tardé à suivre. C'était toujours ainsi, une coulait, et les autres suivaient, dégringolant de ses yeux comme autant de perles salines. Elle ne voulait pas rester ici, ce garçon n'avait qu'à trouver une solution, et vite. Parce qu'il n'allait pas l'abandonner là, non? Bien entendu, non. Il ne pouvait pas le faire. Elle sentit une pointe de colère percer vers la fin de la phrase de l'autre, toutefois; il avait peut-être raison, mais ce n'était pas une raison pour lui dire de ranger sa montre. Le pensait-il donc si stupide? Les voleurs à la tire, ils étaient réprimandés et, en cas de récidive, pendus. Ce qui n'empêchait pas certains de tenter leur chance, visiblement. Il était parfaitement au courant de cela et n'avait nul besoin qu'on le lui rappelle. Il n'avait pas dix ans, à la fin! Elle ne ressentait plus le besoin qu'on lui dise toujours quoi faire et comment se comporter, elle était suffisamment vieille pour être en mesure de décider et surtout, de comprendre seule. Il jeta donc un regard noir quoiqu'embrumé de larmes, avant de ne s'exécuter d'un geste rapide et agacé. Il n'avait pas besoin qu'on lui fasse la leçon, surtout pas quelqu'un étant à peine plus vieux que lui, de toute évidence, et se croyant mieux que ce qu'il n'était! Un simple villageois n'était pas digne de donner des conseils à une personne de son rang et, et... Et elle avait envie de s'énerver sur quelque chose, de toute façon. Alors, ce sujet ou un autre, au final, la différence n'était que maigre...

« Je suis navré pour vous, mais même avec de l'argent, je ne pourrais pas vous montrer le chemin, je ne le connais pas, c'est sincère. Vous n'allez pas pouvoir compter sur moi pour rentrer, encore une fois, je suis vraiment désolé. »

Sa gorge se serra encore, tandis qu'elle ne savait que répondre à cela; aujourd'hui, se dit-elle, était le pire jour de sa vie. Enfin, après celui où il avait malencontreusement perdu son œil. Et celui où il avait cassé la jambe de son précepteur parce qu'il l'énervait au plus haut point. Et celui où son père l'avait aperçu sortir de sa chambre dans une tenue du 'genre opposé', quoique l'absence de commentaires à ce sujet l'aie quelque peu tranquillisé depuis. Et après, évidemment, celui où... Enfin, c'était l'un des pires jours de sa vie, de cela au moins elle pouvait être certaine. Et elle venait d'apprendre une chose qu'elle aurait volontiers ignoré, sinon toute son existence durant, au moins un moment encore: l'argent n'achetait pas tout sur tout, et ne permettait pas systématiquement de se sortir de toutes les situations épineuses dans lesquelles il pourrait se fourrer. Autrement dit, ce n'était pas une bonne nouvelle, pire que l'annonce des fiançailles de Libelle. Vraiment.Tout.Bonnement.Atroce. Morgan secoua légèrement la tête, et accrocha le bras de Ciaran, décidant que, finalement, ce devait être plus sûr que juste la manche. S'il partait, il serait seul, et il ne pourrait décemment pas rentrer au château. Et cela, elle désirait plus que tout l'éviter. Et elle ne croyait qu'à demi mot les paroles de l'Esprit aux yeux violets; elle avait toujours été méfiante de nature, il ne fallait pas lui en vouloir.

« Tu ne me laisses pas là, tu ne me laisses pas là! Sinon, dit-il, clairement paniqué et pleurant cette fois-ci pour de bon, je te fais pendre! Je ne peux pas dormir dehors et je ne peux pas rentrer, et je ne peux aller nulle part! Et tu..., tu... »

Ces menaces concernant la pendaison n'étaient en règle générale que du vent, parole qu'il prononçait quotidiennement pour effrayer les gens depuis qu'il avait remarqué que cela fonctionnait à merveilles. Il en avait le pouvoir, alors forcément, cela faisait peur. Mais ici, avec son ton de voix paniqué et les larmes qui ne semblaient plus pouvoir être refoulées plus longtemps, leur donnait plus des airs de paroles désespérées qu'autre chose. Ciaran comment, déjà? Tyler? Quelque chose de cet acabit. S'il la laissait, il... Non, il ne la laisserait pas. Il l'avait dit, pas vrai...?

[HS: plus simple de répondre avec Morgan qu'avec Takeshi... Beaucoup, même. Tu dis si ça t'embête que je réponde rapidement, hein, et j'attendrais, okay? Pas taper.>__< ]
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Dim 19 Sep - 18:11

C'était atroce, n'est-ce pas? D'être pressé, de n'avoir qu'une seule envie, s'effondrer sur la première chose à votre portée, n'importe quel objet capable de supporter votre poids, que ce soit une chaise, une table, ou n'importe quoi d'autre, et savoir pertinemment que vous en seriez incapable avant au moins une bonne petite heure. Et bien, c'était exactement ce qui était en train d'arriver à Ciaran Tyler, et ce pour son plus grand déplaisir. Lui qui avait prévu de rentrer tôt après une harassante journée de travail, voilà que ses plans étaient contrariés et bouleversés par un grand inconnu, qu'il avait fallut qu'il accoste en lui demandant ce qui n'allait pas. Sa gentillesse le tuerait, un jour. N'aurait-il pas pu laisser cette adorable et ô combien polie personne se débrouiller seule? Il y avait beaucoup de monde dans la rue, ou en tout cas y en avait-il beaucoup quelques minutes auparavant, l'artère principale commençant à doucement mais sûrement se vider de toute ses passants pressés de rentrer à leur domicile. Cette jeune personne n'aurait eu aucun mal à trouver quelqu'un connaissant le chemin pour parvenir jusqu'au château, et qui lui aurait gentiment indiqué monnayant une demande polie, bien évidemment. Ciaran n'avait aucune idée de comment se rendre au château à partir d'ici, il était donc bien en mal de l'aider en quoi que ce soit! Il pouvait lui donner tous l'or du monde qu'il n'aurait pas plus su où se rendre. Le jeune homme aux yeux violets ne se jugeait pas la plus honnête personne qui puisse exister en ce monde, mais son père, sa mère et son frère lui ayant toujours apprit à ne jamais escroquer les autres, qu'il n'y avait rien de plus mal que mentir pour se faire de l'argent, ou même mentir tout court d'ailleurs, il s'abstenait de le faire. Il n'aimait de toute façon pas cela, un sentiment de malaise s'emparant de lui chaque fois qu'il racontait un mensonge, la peur que tout le monde s'en aperçoive lui nouant désagréablement l'estomac. S'il y avait bien une chose que Ciaran détestait, et qui allait souvent de paire avec le fait d'être détesté des autres, c'était passer pour un menteur. Il n'y avait rien de plus désagréable que de sentir le regard accusateur de votre interlocuteur lorsque vous parlez, ce regard qui vous sonde jusqu'aux tréfonds de votre âme, dans l'espoir de pouvoir vérifier si vous mentez ou non. Qu'on doute de la moindre de vos paroles, qu'on considère la moindre de vos réflexions ou compliments comme un mensonge potentiel ne devait pas être agréable, c'était certain. L'esprit aux cheveux verts priait pour que jamais personne ne découvre d'où il venait réellement, et pourquoi il était parti de chez lui, son seul et unique mensonge, le seul qu'il avait raconté aux autres, afin de ne pas être mit à l'écart et regardé de travers. Si cela s'apprenait un jour, tous ceux qui étaient aujourd'hui ses amis seraient demain ses ennemis, car l'amitié tenait finalement à bien peu de choses, des choses qu'un seul petit mot pouvait définitivement balayer, envoyer au loin, comme une vulgaire feuille morte portée par le vent d'automne. Ciaran savait que mentir était mal, mais jamais il ne pourrait trouver le courage de revenir plus tard si tout ça se savait! Il était lâche, horrible, égoïste, n'avait pas respecté la promesse qu'il avait faite à Camilla lorsque sa mère avait été mise en terre, l'avait lâchement abandonnée alors qu'elle était enceinte, avec pour seule trace un mot écrit à la va vite et laissé derrière lui sur une table de bois que son père avait lui-même fabriquée. Mais il n'en pouvait plus. L'ambiance chez lui était devenue tout bonnement insupportable, et il avait besoin de respirer, sans quoi il serait peut-être déjà en train d'asphyxier à l'heure qu'il était. Depuis la mort de Philip, tout était allé de travers, plus rien de bien ne s'était produit. Sa mère qui restait assise dans un fauteuil à longueur de journée, muette et le regard lointain, tellement triste que rien que le fait d'y repenser donnait envie à Ciaran de pleurer. Son père, qui avait mit de tellement de poids et d'attentes sur son dos, l'étouffant sous les responsabilités d'un adulte alors qu'il n'avait eu que douze ans, et tellement, tellement abattu lui aussi...Camilla était la seule qui était restée positive et l'avait soutenue. Il avait laissé derrière lui la plus belle chose qui lui soit jamais arrivé. Mais il reviendrait, il le jurait. Un jour, il réapparaîtrait sur le pas de la porte, et peu importe toutes les insultes qu'il se prendrait à la figure de la part de son père, et peut-être même de sa mère, il resterait cette fois pour de bon. Mais pour l'instant, revenir n'était pas envisageable. Il était encore trop fragile, il aurait craqué, et ça n'aurait rien donné de bon. Et puis, ce n'était pas comme si demain était la fin du monde, non?

Il avait encore de nombreuses années devant lui. De très nombreuses années.

...Ou pas. La jeune personne, qui s'était maintenant accrochée à son bras, jugeant certainement que c'était la plus sûr que sa manche, venait de se mettre à pleurer, l'air de celui qui vient d'apprendre la pire nouvelle de sa vie peint sur son visage. Et mince...Lui qui avait naïvement cru qu'il s'en irait après sa tirade, et irait demander son chemin à quelqu'un d'autre, voilà qu'il venait de s'accrocher encore plus à lui, rendant toute tentative fuit à présent impossible. Ciaran se demanda, penchant légèrement sa tête sur le côté avec un inaudible petit soupir, pourquoi diable n'allait-il pas voir quelqu'un d'autre pour demander son chemin, quelqu'un qui habiterait par exemple la capitale depuis plus longtemps que lui, et qui saurait par conséquent quel chemin prendre pour se rendre le plus vite possible au château de la Princesse Annahita. Ça ne servait à rien, qu'il s'acharne de la sorte sur lui, il lui avait déjà dit qu'il ne savait rien! Et puis, les gens qui les entouraient n'avaient pas l'air d'être de dangereux pervers ou détraqués, aussi ne risquait-il à priori rien à leur poser cette simple question, qui aurait pu le tirer d'un bien mauvais pas. Lui ne savait rien, rien, strictement rien, et il n'allait tout de même pas lui mentir pour s'en débarrasser! Il se serait vraiment senti trop mal d'avoir fait une chose pareille. Mais d'un autre côté...Ah, mais quelle situation embarrassante! Il vérifia les alentours, scrutant avec attention chaque passant, afin de vérifier qu'aucun de ses amis-collègues ne se trouvait dans les parages, et soupira intérieurement de soulagement en ne voyant aucune tête familière passer à côté de lui et la jeune personne aux cheveux roses. Ces espèces d'ahuris en auraient fait tout une affaire à l'atelier, le lendemain ou le surlendemain, s'ils l'avaient vu en compagnie de ce qui pouvait fort bien être une jeune fille, accrochée à son bras, en plein milieu de la rue. Et merci bien, Ciaran avait tout sauf envie de provoquer un scandale ou quoi que ce soit de ce genre. Ça ne lui aurait pas, mais alors pas plu du tout.

Du tout.

« Tu ne me laisses pas là, tu ne me laisses pas là! Sinon, je te fais pendre! Je ne peux pas dormir dehors et je ne peux pas rentrer, et je ne peux aller nulle part! Et tu..., tu... »

Tu, tu...? Ciaran prit une mine affolée qui s'accordait parfaitement à celle de son interlocuteur en entendant ce dernier se mettre à pleurer pour de bon, frissonnant à la menace irréaliste mais néanmoins inquiétante qu'il venait de lui faire. Le faire pendre, hein? Le Menuisier aux yeux violets n'était pas assez bête pour croire que la Princesse pendait les villageois ayant refusé d'aider les Nobles perdus dans la rue, mais entendre dire qu'on allait se faire pendre faisait peur, il ne pouvait le nier! Et Morgan qui s'était mit à pleurer en plus de ça...Et ce n'étaient plus les discrets sanglots du début, non. Décidément...Il lui faisait de plus en plus penser à un enfant ayant perdu sa mère dans la foule, et qui désespérait de la retrouver, tirant un inconnu par la manche dans l'espoir qu'il sache où se trouvait cette dernière. A à la différence que présentement, l'enfant n'avait non pas perdu sa mère, mais le chemin qui le menait à sa demeure. Quelle plaie, mais quelle plaie! Lui qui voulait rentrer plus tôt, c'était raté. Il était maintenant certain de ne pas aller au travail demain, il aurait sans aucun doute besoin de quelques heures de plus de sommeil. Mais en attendant...Que faire de Morgan Yanaë? Il ne pouvait pas le/laisser seul(e) ici, mais il ne pouvait pas non plus l'emmener chez lui, non? Surtout si c'était en vérité une fille, ce serait...Tout à fait incorrecte! Ciaran invoqua de toutes ses forces son Dieu protecteur, le suppliant de le sortir de cette situation dont-il ne possédait pas la clé. Il y avait peu de chances qu'une solution miracle tombe du ciel, que le Deus Ex Machina intervienne dans cette absurde pièce de théâtre et le sorte de cette situation qui semblait désespérée, mais...Il pouvait toujours espérer, n'est-ce pas? Ce n'était pas interdit.

« Rassurez vous, fit Ciaran sur un ton rapide, ayant forcé ses lèvres à former de nouveau un sourire, Je ne vais pas vous laissez ici, mais comprenez moi...Je ne sais pas quoi faire non plus. Vous êtes sûr que vous ne pouvez pas demander votre chemin à quelqu'un d'autre? Je ne peux quand même pas vous emmener chez moi... »

Ciaran se serait bien giflé après avoir prononcé ces mots, tiens, et cela du se voir à la grimace qui étira ses fins traits l'espace d'un instant. Pourquoi diable avait-il dit cela à voix haute? C'était lui en donner l'idée, ni plus ni moins! Le jeune homme au béret du réellement retenir d'aller frapper sa tête contre la vitrine la plus proche, jusqu'à ce que sa tête ou la vitrine ne craque, au choix. Ou Morgan le frappait car il trouvait cette idée pire que ridicule et déplacée, ce qui l'aurait bien arrangé sur le coup, ou alors il trouvait l'idée à sa convenance, et exigeait de lui qu'il l'héberge le temps d'une nuit. Tout mais pas ça, songea Ciaran, faisant de son mieux pour garder plaqué sur son visage ce sourire à présent clairement tendu. Il allait bien voir ce que l'Esprit à la tresse lui rétorquerait, de toute façon. Advienne que pourra.

Tiens, il avait toujours aussi froid. Ca commençait à devenir incommodant, mine de rien.
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Sam 2 Oct - 14:22

Morgan était l'exemple même de la stupidité de ce vieil adage. 'Ne fait pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse'. Et puis quoi, encore? Pourquoi ne pas demander aux pauvres de jouer un air compliqué de piano ou de savoir s'habiller, au point où ils en étaient? L'un comme l'autre étant tout ce qu'il y avait de plus improbable, la pensée l'aurait sans doute fait sourire en temps normal, tant elle était incongrue et ridicule. Mais bien entendu, présentement, il n'était absolument pas d'humeur à rire. Nul sourire n'éclairait son visage baigné de larmes, et il avait envier de tout sauf de s'amuser, une fois n'était pas coutume. Parce qu'il était perdu, que le soleil avait entamé sa lente descente vers le centre de la Terre, et que les rues de la majestueuse Jiang-Zemin n'étaient pas un endroit sûr où passer la nuit, en particulier pour quelqu'un comme lui qui, fut-il enveloppé des fripes et des loques portées par les villageois, aurait toujours eut l'air d'un noble. Sa manière de se tenir, de parler, jusque dans sa démarche même, et ce en passant par sa façon de regarder les autres de haut, un sourire méprisant au coin des lèvres. Alors, il était plus ou moins évident qu'il se sentait mal, et que l'inquiétude et la peur, en s'insinuant dans ses veines, avaient immanquablement mouillé ses yeux. Mais, au contraire, si une tierce personne, dans un état similaire au sien, lui avait demandé son chemin, il y aurait eu fort à parier pour qu'il n'en fasse rien et tourne les talons sans mot dire, lançant au passage quelque parole blessante à l'égard de l'inconnu, le considérant plus comme une stupide gêne qu'un être vivant à part entière. Mais personne n'avait le droit de se comporter de la sorte avec lui, non, cela, il ne l'aurait pas permis! Pour peu qu'il accepte de parler à l'un de ces manants imbéciles, il comptait bien que cela serve à quelque chose. A savoir, rentrer au château avant la tombée de la nuit, qui se rapprochait inexorablement à mesure qu'ils 'discutaient'. Il prenait comme un dû ce qu'on lui offrait, exigeait une politesse parfaite, mais ne rendait pas ces services aux autres. Les gratitude n'allait que dans un sens avec le jeune noble à la natte rose. S'il vous aidait, vous lui deviez une faveur, avec les intérêts. Le sens inverse n'était toutefois pas valable de son point de vue; il ne devait jamais rien à personne, qui que ce fut. Excepté peut-être ses parents. Les autres auraient tout aussi bien pu disparaître de la surface de ce monde sans qu'il les pleure... Quoique, il fallait bien qu'il lui reste quelques ennemis, sans quoi il se serait ennuyé à longueur de journée. Ce qu'il fallait bien comprendre était donc que, que Ciaran l'aide ou non, son comportement à son égard ne serait jamais particulièrement amical, même s'il pouvait, à l'opposé, empirer et prendre des proportions conséquentes de méchanceté. Jamais il ne songerait à lui offrir ceci ou cela en échange. Sa montre? Il l'aurait fait. Trente secondes plus tôt, lorsqu'il pensait qu'il s'agissait là du seul et unique moyen de passer la grande porte du palais de la demoiselle Della'Morte sans encombres. Mais une fois qu'une autre solution se profilait à l'horizon, il n'en était plus question. Ou lorsque l'inanité profonde de ce geste avait été démontrée par A plus B, ce qui était le cas ici. Égoïste, exigeant et, à côté de cela, ne manifestant pas la moindre reconnaissance à l'égard de quiconque. En d'autres termes, une personne imbuvable dès lors qu'elle avait décidé ne pas vous apprécier. Pas quelqu'un que vous désiriez croiser dans les fastes corridors richement décorés du château. Le genre à vous faire des remarques sur ce que vous aimiez le moins chez vous, sans raison autre que celle de vous blesser le plus profondément possible. Étant parfaitement conscient de ses travers et n'esquissant pas le moindre mouvement pour les corriger, dont la visée semblait être aussi mauvaise que son caractère. Pauvre Ciaran. Morgan resserra son étreinte sur son bras, bien décidé à ne pas le laisser s'enfuir si l'envie lui en prenait soudainement. Les pauvres avaient-ils ce genre de comportement? Impossible de penser à leur image... Ils lui étaient beaucoup trop inférieur pour que cela soit ne fut-ce qu'envisageable. Mais cette question le taraudait maintenant; un maraud comme l'étaient tous ces gens sans le sou avait-il un minimum d'honneur, respectaient-ils leur parole ou ne cherchaient-ils pas juste à embobiner les honnêtes gens comme lui? L'Esprit refusait d'être crédule et de se laisser manipuler par un idiot comme cet homme aux yeux violets. C'était hors de question, tout bonnement! Peut-être allait-il finalement le suivre. Il m'avait de toute façon décidé; tout plutôt que de rester seul ici. Mais s'il n'était pas aussi honnête qu'il n'y paraissait, et qu'il le tuait, ou il ne savait quoi d'autre encore? Pour son argent, par exemple. Le jeune homme se mordit encore la lèvre, dans un nouvel accès d'inquiétude désespérée. Il n'irait plus en ville, jamais, jamais. A moins d'être avec Alan, un sous-lieutenant très gentil qu'il aimait beaucoup. Ou Sally, ou Libelle ou...

Bref, quelqu'un capable de se repérer dans ce dédales atroce où tout se ressemblait. Et encore, probablement pas avant longtemps, quoique cela dépendît au final de la manière dont se terminerait cette soirée mouvementée. Tout reposait sur les épaules de son interlocuteur qui, pour le coup, aurait tout aussi bien pu être un tueur fou ou un célèbre voleur que cela n'aurait strictement rien changé. Il l'aurait suivi. Être seul était une peur continuelle lorsque l'on se retrouvait dans un lieu où nous avions perdu toutes nos marques. Il nous fallait en trouver d'autres, se repérer, s'appuyer. Et en l'occurrence, Morgan avait décidé que sa nouvelle marque, pour un temps indéterminé, serait Ciaran, et qu'il ne le lâcherait pas d'une semelle. Qu'il le veuille ou non. Il n'essayait plus d'arrêter le flot de larmes, sachant à quel point c'eut été inutile.

« Rassurez vous. Je ne vais pas vous laissez ici, mais comprenez moi... »

Il s'arrêta une fois de plus avant la fin de la phrase, juste après le 'ici'. Rassurez-vous? Ah, la belle affaire! Ce n'était pas lui qui était perdu au milieu de tout, dans une ville immense qu'il ne connaissait même pas! Il savait se défendre, et relativement bien à vrai dire. Il s'entraînait souvent et était devenu fort, en particulier dans la nuit, où tout était ombre. Mais la panique l'empêchait de réfléchir tout à fait posément à présent, et on ne réparait pas un couteau dans le dos, pas plus qu'on ne le prévoyait. Vulnérable. Seul et... Oh, non, il ne voulait pas, et Ciaran ne l'aurait pas laissé! Ne le lui avait-il pas encore assuré? Il ne voulait sûrement pas être pendu. Personne n'aurait souhaité une mort si douloureuse. Et quelque part, il ne devait pas être si cruel... Alors, il ne le laisserait pas. Le jeune noble androgyne se calma quelque peu, continuant de pleurer tout de même. I ne fallait pas attendre de miracle sur ce point... Mais il trouvait que l'autre avait une voix rassurante, et qu'il n'avait guère d'autre choix que de lui accorder sa confiance. Ce qu'il fallait savoir sur le jeune Yanaë, c'était que pour lui, la confiance justement, n'était jamais momentanée. S'il avait décidé que vous la méritiez, ce devait être vrai pour toujours, point final. Et s'il était plutôt réticent à l'idée de l'accorder à un presque inconnu, il n'y avait pas réellement d'autres options; s'il ne le faisait pas, il allait avoir bien trop peur. Il préférait avoir quelqu'un sur qui compter, et Ciaran serait ce quelqu'un. Morgan s'attendait à ce que, pour une malheureuse fois, une malheureuse exception parmi les villageois, à savoir celui qui lui faisait face sache utiliser son cerveau atrophié par un travail trop répétitif, et trouve une solution à tous ses problèmes en moins de temps qu'il en fallait pour le dire. Ce n'était évidemment pas possible pour l'autre; mais ce n'était pas ce qui importait. A la vérité, tout ce qui comptait était qu'il le sorte de là, de cet amas de personnes sales, pauvres et dégoutantes, et bêtes et incapables, et tout juste bonnes à lui rapporter de l'argent avec ce qu'elles faisaient. Qu'il ne le laisse pas avoir des problèmes et qu'il puisse enfin arrêter de pleurer. C'était son devoir, à présent. La seule utilité qu'il aurait jamais dans sa vie, probablement ou, en tout cas, la seule considérable. C'était un honneur pour lui, une tâche de laquelle il se devait de s'acquitter avec brillo. Sans quoi, sa vie risquait fort de se transformer radicalement, et pas dans le bon sens du terme. La foule était moins dense qu'auparavant, au plus grand bonheur du jeune homme, que tout ce monde qui ne ressemblait en rien à celui qu'il fréquentait habituellement commençait fort à oppresser.

« Je ne sais pas quoi faire non plus. Vous êtes sûr que vous ne pouvez pas demander votre chemin à quelqu'un d'autre? »

Oh, il ne manquait plus que cela! Magnifique. Il lança un autre regard entre la perplexité et la colère à son interlocuteur. Ne lui avait-il pas d'ores et déjà répondu que non, il ne l'aurait fait pour rien au monde? Était-il aussi sourd que pauvre et bête? Le traiter à nouveau d'idiot était une perspective particulièrement tentante, il devait bien l'avouer, mais à l'utilité limitée. Et qui plus était, il aurait dû, pour cela, cesser de pleurer à chaudes larmes, ce qui n'était en revanche pas possible du tout. Il se sentait mal, et cet abruti fini n'était pas même capable de dire quelque chose d'intelligent! Toujours à surestimer ces crasses sous leurs pieds, à eux autres nobles, toujours à imaginer qu'ils puissent peut-être, au fond, posséder même un vague semblant d'esprit inexploité, comme ils pouvaient tous se leurrer! Pour le coup, ces va nu pieds tombèrent encore plus bas dans son estime.? Comme quoi, le zéro absolu n'était pas une limite à tout. Adresser la parole à de tels..., non, plutôt mourir que de s'abaisser à cela! C'était Ciaran qui lui avait adressé la parole, pas le contraire. Or, pressés de regagner leur minuscules domiciles à pas même six pièces, qui n'avaient de maison que le non, sans écuries et sans porcelaine de qualité pour manger, et d'aller manger une vague bouillie informe et nauséabonde tout juste bonne pour engraisser les porcs, aucun es passants ne semblait prêt à s'arrêter. Quel ramassis d'idiots... S'ils n'avaient pas été nécessaires au royaume, ils auraient dû être pendus, tous autant qu'ils étaient! Il les détestait. Ils lui faisaient juste... Presque pitié à voir. Qu'ils se débattent dans leur fange, il n'en avait rien à faire. Lui, désirait juste rentrer. Une solution, n'importe quoi. Si ce n'était évidemment, adresser la parole à quelqu'un ici; il avait sa fierté, et ç'aurait été bien trop déshonorant.

« Je ne peux quand même pas vous emmener chez moi... »

A ces mots, Morgan releva la tête, regardant l'autre en ouvrant grand son œil valide. Chez lui? L'expression qui se peignit sur son visage aurait pu être interprétée de deux manières différentes. La première étant que la proposition le dégoutait, et la seconde que, quoiqu'étonnante, elle restait acceptable. L'une comme l;'autre auraient alors été vraies. Dans une de ces masures ridicules? Si c'était une mauvaise farce de quelqu'un qu'il avait offensé par le passé, il ne se serait pas excusé, ce n'était pas la peine d'organiser une telle mise en scène! Si c'était une blague, il fallait arrêter, car en plus d'être de moins en moins vraisemblable, elle frôlait le ridicule le plus total! Il était habitué aux draps fins, à l'atmosphère rassurante du château, et... Et d'un autre côté, entre une maison minuscule et un lit aussi peu confortable qu'une planche de bois, et la rue, le choix n'était pas immense. La moquette de sa chambre aurait, sur le coup, sans nul doute été plus attirante que cela, mais... S'il avait, quelques secondes plus tôt, lâché le bras de Ciaran, et baissé la tête, semblant considérer avec le plus grand sérieux cette phrase, il ne lui fallu pas plus longtemps pour, cette fois-ci, se décider à passer tout bonnement ses bras autour de son cou, sans s'arrêter de pleurer pour autant.

« Je ne sais pas où aller, moi... Et tu ne sais pas comment aller ailleurs, et tu as dit que tu ne me laisserais pas ici! Tu n'as pas le droit de me laisser, alors... Alors tu es obligé! »

Pas que cela le réjouisse outre mesure, il ne fallait guère se méprendre. C'était juste 'moins pire' pour ainsi dire. Et puis, ce ne pourrait être si horrible, après tout, que d'errer la nuit entière ou parler à quelqu'un d'autre et n'avoir, au final, pas même le temps de rentrer au château.
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Sam 6 Nov - 4:36

Chez Ciaran, c'était réellement, réellement petit. Le jeune homme ne venait pas d'une famille particulièrement aisée, et n'avait jamais eu à sa disposition des tonnes et des tonnes d'or. Il avait vécu toute son enfance et son adolescence dans la plus grande simplicité, une simplicité qui lui avait, au final, bien mieux convenu qu'un millier de jouets sans aucune valeur. Bien entendu, Ciaran n'aurait pas craché sur quelques pièces de plus, car son quotidien n'était pas aussi confortable qu'il l'aurait voulu, mais il ne demandait pas la lune non plus. Pouvoir toucher les étoiles rien qu'en tendant son bras ne l'intéressait en aucune façon, et il ne feignait pas la modestie pour bien se faire voir. Ces pensées là, personne ne les liraient, de toute façon. A quoi bon se mentir à soi-même, alors? Vraiment, sans mentir, avec honnêteté. L'esprit aux yeux violets n'était certes pas un Saint, et il avait fait un nombre incalculable d'erreurs tout au long de sa vie, et nul doute sur le fait qu'il en ferait encore beaucoup. C'était inévitable. On pouvait se jurer autant de fois qu'on le désirait de suivre le droit chemin, il y aurait toujours une pierre qui brillerait dans un chemin de traverse et nous ferait perdre de vue nos objectifs. Tous les regards sont attirés par ce qui brille, tout le monde se retourne sur le passage d'une personne dont la beauté dépasse celle contée dans les plus fabuleux récits. Ciaran savait pertinemment que s'il était resté dans sa ville natale, auprès de Camilla et ses parents, il n'aurait pas eu à autant se démener pour pouvoir vivre convenablement. Sa vie aurait été à l'image de biens d'autres vies, simple et anonyme, tout ce qu'il avait en somme désiré depuis le début. Il ne fallait surtout pas croire que son départ avait été le fuit d'une soudaine impulsion, ni qu'il s'en était allé à la manière d'un fantôme sournois, sans aucune explication. Bon, peut-être avait-il en effet filé comme un voleur dans la nuit, mais il avait expliqué son geste à Camilla, et il espérait maintenant qu'elle l'avait compris. Ils avaient su toute leur vie durant se comprendre sans même se parler, et si l'écrit n'était jamais aussi expressif qu'un regard, il pouvait convoyer un nombre impressionnant de sentiments, lui aussi. Ciaran ne se faisait par contre aucune illusion sur la réaction de son père, qui le faisait frémir chaque fois qu'il osait se l'imaginer. Après la mort de Philip, il avait reporté sur lui tous ses espoirs, et le jeune homme aux cheveux verts avait fait de son mieux pour rendre son père fier de lui. Mais il n'était pas Philip, ne le serait jamais, et ils le savaient aussi bien l'un que l'autre; Toutefois, la tristesse nous fait faire de bien drôles de choses. S'il revenait, il ne l'accueillerait pas les bras ouverts, c'était certain. Peut-être même ne voudrait-il plus de lui. Franchement, Ciaran ne savait pas ce que son bien aimé père avait prévu de lui faire subir s'il pointait de nouveau le bout de son nez à Naukowe, et c'est cette angoisse, entre autre, qui l'empêchait de quitter cette ville, pour l'instant. Sa mère, il n'en attendait pas grand-chose; Elle ne lui avait presque plus adressé la parole depuis la mort de son frère. Il ne lui en voulait pas, elle avait toujours préféré Philip, le choc de sa mort et les rumeurs qui en avaient découlées l'avaient profondément affaiblie, aussi bien physiquement que mentalement. Ciaran avait toujours été peiné de la voir dans cet état; mais il n'y avait rien qu'il puisse faire pour la sortir de cette muette transe dans laquelle elle semblait chaque jour plonger, ses yeux violets obstinément tournés vers la fenêtre. Il avait osé, un jour, lui dire que Philip ne reviendrait pas, et qu'il était inutile qu'elle se laisse mourir là comme un animal blessé, à fixer cette allée dans laquelle il ne marcherait plus. Elle s'était mise à pleurer. En silence, encore ce silence si pesant. Il détestait le silence. Il était chargé de mauvais souvenirs. Il s'en voulait d'avoir laissé Camilla seule, mais il ne pouvait plus supporter tout ça. Le silence de sa mère, et son père, qui faisait semblant de sourire, à prétendre que tout allait bien, alors qu'en vérité tout allait mal. C'était devenu bien trop pesant pour lui, bien trop. Il voulait simplement une vie normale, sans soucis ni problèmes; Et à ses yeux, ce départ était nécessaire à la construction de cette vie.

Enfin, s'il parvenait à survivre assez longtemps. C'est fou comme ce petit être aux cheveux roses accroché à lui parvenait à lui faire défiler sa vie devant les yeux! Cette rétrospective automatique de son existence dès qu'il y songeait inquiétait légèrement Ciaran. Ça lui apprendrait à être aimable, tiens! Comme quoi il comprenait maintenant pourquoi certains étaient si réticents à l'idée de faire le bien et aider leur entourage. Sans doute avaient-ils expérimentés par le passé une situation de ce genre, une situation qui nous laisse un goût amer dans la bouche, avec l'envie de ne jamais, ô grand jamais retenter quelque chose de la sorte. Et bien, aussi horrible que cela puisse paraître, Ciaran avait exactement cette sensation qui lui tordait douloureusement l'estomac en cet instant même. Il avait envie de laisser la petite chose plantée là, et ainsi l'obliger à aller vers d'autres personnes pour retrouver son si précieux chemin. Il ne fallait pas se méprendre; Ciaran était loin d'être un monstre sans pitié ni cœur. Il se serait senti atrocement mal de le laisser seul, mais il se sentait encore plus mal à l'idée de voir rester avec...Cette personne. Il avait un mauvais pressentiment, et trop de fois au goût du jeune homme au béret ses mauvais pressentiments s'étaient avérés justes. Alors, que faire? Le forcer à le lâcher, et s'enfuir aussi vite que possible à travers la rue encore bondée? Rentrer chez lui puis fermer à clé et s'écrouler avec un soupir sur son lit? Cette idée plaisait bien à Ciaran, mais il se connaissait trop bien pour juger cette hypothèse plausible. Il allait finir par aider cet(te) jeune homme/Femme, c'était aussi évident que le nez au milieu de la figure. Ah...Poussant un bref et petit soupir, l'Esprit aux yeux d'améthyste se prit à penser que les Dieux devaient lui en vouloir, pour s'acharner de la sorte sur sa malheureuse personne. Il avait froid, il avait envie de se reposer, et maintenant, il devait prendre soin d'un enfant égaré...Et quel enfant! Il aurait pu être villageois, riche ou bourgeois, tout au plus. Mais non, il avait fallu que ce soit un Noble! Ah...Ciaran n'avait jamais su y faire avec les enfants. Alors si en plus l'enfant en question était capricieux et critiquait chaque chose ayant le malheur de lui tomber sous la main...

Tout ceci allait être un véritable enfer. Il le sentait, il en était persuadé. Il eut un petit espoir lorsque Morgan lui lâcha le bras, et s'il pouvait maintenant en disposer à sa guise, il poussa une petite exclamation surprise quand le sale garnement décida de littéralement se pendre à son cou, sans autre forme de procès. Que...? Remarquant que quelques curieux s'étaient arrêtés, Ciaran se mordit la lèvre inférieure, embêté. C'était toujours dans ces moments là qu'un de ses amis passait et voyait cette scène pouvant prêter à confusion. Ce qu'il pouvait détester ça! La soirée, qui avait pourtant bien commencée, prenait une tournure qu'il était certain de ne pas pouvoir oublier avant au moins deux bons siècles. Super...

« Je ne sais pas où aller, moi... Et tu ne sais pas comment aller ailleurs, et tu as dit que tu ne me laisserais pas ici! Tu n'as pas le droit de me laisser, alors... Alors tu es obligé! »

Obligé? La bonne affaire! S'il avait voulu, il aurait très bien pu le laisser là, ce n'était pas un crime en soi, loin s'en faut. Il ne se ferait pas pendre pour ça, dans la mesure où l'on n'exécutait pas les bonnes gens sans raison, et qu'il y avait dans cette avenue un nombre impressionnant de personnes auxquelles il aurait aisément pu demander de l'aide. Il y en avait forcément un parmi eux qui savait où se trouvait cette maudite route pour se rendre au château! Ce n'est pas comme si l'édifice où résidait la Princesse était invisible, non plus! Se mettant mentalement une claque pour avoir avoir pensé de telles choses, Ciaran tenta tant bien que mal de faire le tri dans sa tête. Chez lui, chez lui...Comme il l'avait déjà dit, c'était petit, chez lui, et son interlocuteur(trice?) devait le savoir aussi bien que lui. Mais que pouvait-il faire d'autre? Il ne pouvait pas l'abandonner à son triste sort, et ce même s'il en mourrait d'envie. Au fond, si lui s'était perdu en pleine ville et avait besoin d'aide, il n'aurait pas aimé qu'on lui tourne le dos et le plante là sans plus d'explication. Alors même si c'était pénible, il devait essayer de l'aider. Pour se donner bonne conscience, pour ne pas que Morgan passe la nuit dans la rue. Avec un nouveau soupir, résigné cette fois-ci, il prit Morgan par les épaules, l'écartant de lui afin qu'il lui fasse face. Sans le lâcher, il fit, d'une voix qui se voulait aussi douce et compréhensive que possible, bien que ça ne changerait à priori par grand chose, mais bon, soyons aimable avant tout:

« Certes, je ne sais pas comment aller ailleurs, et je ne peux pas vous laisser là, mais...Mais vous emmener chez moi, je veux dire...C'est très petit! Très petit. »

Il pencha sa tête sur le côté, lui lâchant les épaules. L'Esprit aux cheveux roses pleurait toujours, et ne semblait, ua grand dam du menuisier, pas vouloir s'arrêter. Il semblerait qu'il allait vraiment devoir l'emmener chez lui, au final. C'était réellement embarrassant, comme situation, à un tel point qu'il ne savait plus ni quoi dire ni quoi faire. Jugeant néanmoins que rester planté là comme un imbécile ne lui donnerait pas plus de crédibilité que des phrases bafouillées lamentablement, il se risqua à élever de nouveau sa voix, ne changeant pas de ton:

« Vous n'avez vraiment aucune autre solution? Et arrêtez de pleurer, s'ils vous plaît. Je ne vais pas vous laisser, je vous le promet. »

Oui, qu'il arrête de pleurer, il était en train de proprement lui fendre le cœur. Comme quoi le numéro de l'orphelin endeuillé devait au final matcher aussi bien dans la réalité que dans les livres. Car à moins de ne pas posséder de cœur, on n'était pas insensible à la souffrance d'autrui. Et Ciaran étant né avec un cœur qui battait et fonctionnait normalement, il n'était pas insensible à la peine de Morgan. Maudite gentillesse...Maudite pitié. Elles auraient sa peau, un jour, il en aurait mit sa main au feu tant il en était certain.

[Dis moi si j'ai fais des c*nneries, je suis sûre que j'en ai fait. Et on n'agresse pas Ciaran! Il est protégé par la CMS. Et toc.|D]
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Dim 21 Nov - 13:33

Morgan savait pertinemment qu'en pleurant de la sorte, l'attention de ces minables passants serait détournée dans sa direction. Elle le savait car c'était toujours ainsi que se déroulaient les choses: elle se mettait à pleurer toutes les larmes de son corps, et quelqu'un finissait par lui donner ce qu'elle voulait, à partir du moment bien sûr où cela figurait dans ses possibilités. Lâche? Non, absolument pas. Ingénieux, en revanche, était un qualificatif qui, de l'avis de la jeune fille, collait bien mieux à ce petit tour. Depuis un certain temps à présent, on ne lui donnait pas son âge. Bien souvent, on la prenait pour une fillette d'une douzaine d'années, peut-être treize, mais guère plus. Rares étaient les personnes tombant juste dès la première fois, sans qu'elle ne leur dise. Si, la plupart du temps, cela avait le don de l'exaspérer, il lui fallait également reconnaître que, de temps à autre, cela avait ses bons côtés. Ici, par exemple. Certes, elle ne feignait pas ses larmes; elle était paniquée, presque seule, s'accrochant au jeune homme face à elle comme à une planche de bois mort en pleine mer. Comptant sur lui pour la ramener près du rivage, là où l'horizon semblerait moins vide et lointaine, plus connue et civilisée. A savoir, le château. N'importe où n'aurait pas fait l'affaire; mais sa maison, si. Enfin, elle ne faisait absolument pas le moindre effort d'aucune sorte que ce fut pour les sécher et cesser de sangloter ainsi. Quel monstre l'aurait laissée seule dans cet état, exactement? De toute évidence, pas Ciaran. Il semblait partagé, ne sachant bien que faire. Mais la demoiselle à la natte rose savait, elle, parfaitement quelle tournure adopteraient les évènements, pour la simple, mais non moins convaincante raison qu'elle ne lui en aurait pas laissé le choix. Quitte à le suivre sans avoir au préalable obtenu son accord, elle s'en fichait pas mal. Et puis, elle ne comptait pas le laisser partir comme cela, c'était hors de question. Sans compter que c'était bel et bien le jeune homme aux cheveux verts qui lui avait proposé son aide, pas le contraire, il ne fallait pas se méprendre. Elle, n'était pas aussi altruiste, et riait aux nez des nécessiteux, s'amusant de leur malheur et se confortant dans l'idée qu'ils n'étaient vraiment que des moins que rien, ne méritant pas une once de sa prestigieuse considération. Incapable de se charger seuls de leurs problèmes, et s'abaissant à quémander l'aide du premier inconnu qui aurait eu le malheur de croiser leur chemin dégoutant... Jamais, non, jamais, Morgan ne se serait abaissée à de telles choses. C'était inacceptable pour une personne de son rang, in-envisageable. Fut-ce en cas d'extrême urgence. Mais si on lui offrait, à titre gracieux, cette dite aide, tout était différent. La donne changeait, et elle l'acceptait de bon cœur, ou presque. Et de toute façon, ce n'était pas comme si une infinités de choix divers et variés s'offrait à elle. Sachant cela, il lui paraissait grotesque de se laisser aller à penser que son interlocuteur reviendrait sur sa parole, sans autre forme de procès. Sans savoir pourquoi, il lui faisait indubitablement penser à ces gens un peu trop intègres pour leur propre bien, ne recherchant qu'à apprécier et se faire apprécier en retour, et ce, pour ce qu'ils étaient. Elle se leurrait peut-être, se leurrait sans doute. Mais avait un terrible besoin de le croire, pour se rassurer, et se dire que, finalement, elle n'allait pas avoir de problème. Elle rentrerait le lendemain, de bon matin, et avertirait ses parents qu'il ne fallait pas s'inquiéter, qu'elle s'était juste perdue et qu'elle n'avait pas su retrouver son chemin avant que le voile de la nuit ne transforme le paysage bruyant en un calme trop dense pour être rassérénant. Elle leur dirait avoir trouvé un endroit où passer la nuit et que leur souci était vain, qu'elle ne ressortirait plus le soir. Elle le promettrait, et respecterait sa parole jusqu'à ce qu'elle-même l'oublie, vite suivie des autres membres de sa famille. Mais pour que ces songes se réalisent, il fallait en effet que Ciaran accepte. Et ne parte pas en courant. Toutes les justifications du monde auraient ici été pure divagation au sens de Morgan, et tout sauf suffisant pour qu'elle doive essuyer un refus si catégorique. D'autant qu'elle était une noble, et que, par extension, ils étaient, tous autant qu'ils étaient, ses serviteurs. Voilà, oui; ils lui devaient le respect. A la réflexion, elle n'aurait jamais accepté que des personnes aussi rustres et ne se préoccupant que de leur petites affaires minables, vivant dans des masures tout aussi abjectes que leur façon de penser, entrent dans le magnifique et somptueux palais de leur tout aussi magnifique et respectable Princesse. Ils n'auraient pas su se tenir, ils n'auraient pas su baisser les yeux à leur passage, ni s'incliner convenablement, ni même, sans doute, préparer le bon thé, au bon moment, à la bonne température, sans en renverser une seule goutte. En somme donc, ils étaient condamnés à se noyer dans leur médiocrité profonde. Mais cela changeait-il quoi que ce fut au fait qu'ils doivent lui obéir, à elle? A la vérité, elle n'en savait rien. Mais une chose était sûre: elle avait plus de pouvoir et de droits qu'eux, et en faisait ce qu'elle voulait.

Hors, elle souhaitait que Ciaran l'emmène chez lui. Ce n'était pas si compliqué à comprendre, non? Elle était persuadée d'avoir été assez claire pour être entendue. Et une fois de plus, l'idée venait de son interlocuteur. Elle était saugrenue, elle ne lui plaisait guère beaucoup, mais valait toujours mieux que rien. Alors, il n'avait absolument pas le droit de retirer ses paroles et de dire que, non, il allait la laisser là, à attendre qu'elle se décide à adresser la parole à une autre personne. C'aurait été mille fois trop facile; une fois dites, nos paroles restaient dans le cœur des autres. Comme les promesses; elles y restaient jusqu'à ce que la mémoire daigne les reléguer au rang de souvenirs sans importance. Et il ne les avait dit qu'une poignée de secondes plus tôt alors, considérant ce fait, la jeune fille n'était pas prête de les oublier. De même, elle ne manifestait pas la moindre envie de le lâcher. Elle se sentait mieux, ainsi. Plus en sécurité, parce qu'il n'aurait pas pu esquisser un seul pas en arrière avec elle accrochée à son cou. Il était vraiment plus grand qu'elle, commenta la demoiselle Yanaë pour elle-même. Ce n'était pas très étonnant, d'autre part. Elle n'était pas bien haute. Puis, Ciaran la prit par les épaules et l'écarta de lui. Morgan continua de pleurer, bien décidée à verser toutes les larmes de son corps. Elle esquissa d'abord un mouvement pour se dégager, mais changea vite d'avis.

« Certes, je ne sais pas comment aller ailleurs, et je ne peux pas vous laisser là, mais...Mais vous emmener chez moi, je veux dire...C'est très petit! Très petit. »

Eh bien quoi? S'il ne la laissait pas là, et qu'il ne connaissait qu'un endroit où aller, il n'y avait pas à tant polémiquer! Puisque, justement, il ne pouvait aller ailleurs. Les pauvres n'étaient définitivement pas des lumières question logique, pour sûr. Quant au fait que ce fut petit... A vrai dire, il lui suffisait de jeter un vague coup d'œil circulaire pour se rendre compte qu'ici, tout ce qui n'appartenait pas à de riches bourgeois ou n'était pas une belle boutique, était minuscule. Comme une lois tacite, que chacun appliquait sans savoir bien pourquoi. Les pauvres s'appliquaient à construire de petites choses qui ne leur coûtaient et ne leur rapportaient rien avec une constance déroutante. Ils ne créaient jamais rien de beau et grandiose. Alors, que sa soit disant maison aie la taille de la moitié de sa chambre, elle n'en avait cure. La rue était certes grande, mais étrangement, Morgan ne tenait guère plus que de raison à y passer des heures et des heures. Surtout dans une obscurité qui promettait d'être aussi épaisse qu'oppressante. Elle n'avait pas peur du noir. Mais du noir, seule, au beau milieu de la nuit, si. Et quelque part, se dit-elle, ce devait être le cas de bien des gens sur cette terre. Il aurait été surprenant qu'elle fut un cas isolé. Un instant, elle se demanda si les manants avaient conscience de la petitesse de leurs constructions, qui jonchaient la route et l'enlaidissaient. Peut-être voyaient-ils cela comme étant une sorte de norme? Que signifiait, exactement, le mot 'petit' pour une personne de leur caste sociale? Elle ne voyait pas bien. Ne jugeait pas cela indispensable non plus. Il n'aurait qu'à dormir par terre, ou sur un canapé, qu'en savait-elle; du moment qu'il y avait de la place pour un, il y en avait pour deux. Point final. S'il se cherchait des excuses, il avait tout intérêt à être plus persuasif et à ce que ses arguments soient plus percutants qu'ils ne l'étaient présentement.

Même s'il y avait fort à parier que, que ce fut ou non le cas, Morgan aurait insisté pour venir à grand renforts de larmes et de cris qui en auraient fait céder plus d'un.

« Vous n'avez vraiment aucune autre solution? Et arrêtez de pleurer, s'ils vous plaît. Je ne vais pas vous laisser, je vous le promet. »

Pour la énième fois, la jeune fille au cache-œil se sentit de lui demander s'il pensait réellement ce qu'il disait ou s'il se fichait royalement d'elle. Ne lui avait-elle pas d'ores et déjà expliqué que, non, c'était là sa toute dernière option, et qu'il n'y en avait ni n'en aurait jamais d'autres? Il devait être lent à la compréhension, pensa-t-elle. Eh bien soit, elle le lui répéterait autant de fois que nécessaire pour qu'il comprenne. Quitte à y passer un long, long moment. Il avait encore juré de ne pas la laisser plantée là, au milieu de tout ce monde qu'elle ne connaissait vraiment pas et qui lui semblait bien trop différent du sien. Mais de là à ce qu'elle sèche ses larmes, il y avait un véritable gouffre sans fond, vertigineux. Ce n'était pas dans ses intentions et, quand bien même ça l'aurait été, elle aurait éprouvé toutes les peines du monde à le faire. Elle se calme toutefois quelque peu, se mordant la lèvres inférieure et passant sa main sur son œil valide, en chassant quelques larmes. Ce qui n'empêcha pas les suivantes de couler de plus belle.

« Mais tu veux me laisser là, et moi je, je... »

Sa voix était entrecoupée de sanglots, et il lui était difficile de terminer ses phrases. Morgan resserra les pans de son long manteau, remerciant silencieusement le temps de ne pas être trop mauvais. Le vent était froid et s'engouffrait partout où il le pouvait. Sur le coup, elle regretta amèrement la chaleur qui régnait entre les murs du château. Elle haïssait cette ville. Terriblement. Et su Ciaran ne respectait pas sa parole, elle le détesterait, lui aussi. Mais quelque chose lui disait qu'elle n'en aurait pas besoin. Qu'il ne le ferait pas. Il ne le pouvait pas, si? Il n'allait pas la laisser, pas vrai?

« Je t'ai dit que je ne pouvais pas faire autrement! Et puis tout est petit, ici, alors je m'en fiche! Il y aura bien assez de place, je ne veux pas rester ici! »

Son ton avait ici été plus impérieux qu'implorant, bien que son autorité aie été partiellement sapée par les larmes qui n'avaient de cesse de dévaler ses joues et de rougir ses yeux. Son interlocuteur n'avait pas d'autre possibilités, lui non plus. Parce qu'il avait promis, parce qu'il lui avait demandé si elle allait bien, parce qu'il avait été beaucoup trop gentil, parce qu'il avait été assez aimable et soucieux pour lui inspirer confiance, et parce qu'il avait eu le malheur de ne pas savoir comment se rendre au château. Un beau concours de circonstances qui avait fini par déboucher sur la présente situation. Les pleurs de Morgan avaient diminué, sans pour autant disparaitre pour de bon. Pas avant d'être certaine, pas avant d'être tout à fait sûre.


[HS: Oui, sauf que rien ne peut le protéger de Morgan.x)
Et puis, c'est plus simple de faire un poste en il, un poste en elle, donc voilà.XD
Et j'ai pas vu de conneries, enfin bon...XD]
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MessageSujet: Re: Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]   Dim 26 Déc - 3:28

Mais dans quelle galère tu t'es embarqué, encore, mon pauvre? Songea Ciaran, se retenant de toutes ses forces de ne pas pousser un long et profond soupir. Le jeune homme aux yeux violets voulait bien croire qu'il existait en ce monde des personnes contre qui le sort semblait s'acharner, mais franchement, jamais il n'aurait pensé que le sort le choisisse lui comme cible. Qu'avait-il fait aux Dieux pour mériter cela? Là-dessus, Ciaran avait bien sa petite idée, mais ne comptait pas s'y attarder, parce qu'on ne savait jamais, si son interlocuteur était en mesure de lire ses pensées...Rien que penser cela réussit à le faire se figer et craindre quelque chose qui n'avait pas lieu d'être. Certes, Ciaran savait que certains de ses semblables, s'ils le désiraient, étaient en mesure de lire les pensées des autres, mais la morale les empêchaient d'abuser de ce pouvoir, tout de même. On n'allait pas fouiller dans les pensées de quelqu'un comme ça, non mais! Et même si le jeune homme aux cheveux verts le savait parfaitement, conscient que la plupart des personnes en ce monde, bien heureusement, respectait l'intimité d'autrui, il ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter. Pour rien, encore une fois. C'était désespérant, de se méfier de chaque coin de rue, mais qu'y pouvait-il? Il n'allait pas changer en un claquement de doigt, et doutait fortement du fait qu'il serait parvenu à changer, même avec des années et des années devant lui et toute la détermination du monde. Non, Ciaran était comme il était, avec ses qualités et ses défauts, et tous les problèmes auxquels il devait faire face. Problèmes dont le plus important, sur l'instant, était cette jeune personne aux longs cheveux roses, qui continuait de se vider de toute l'eau de son corps juste devant lui. Ahun. Ne pouvait-il pas arrêter de pleurer, ne serait-ce que pour quelques instants, cet enfant? Il lui avait promis qu'il ne le laisserait pas seul ici, ce n'était aucunement la peine de se mettre dans tous ces états! Observant rapidement les visages de ceux qui ralentissaient pour les observer, Ciaran se maudit une énième fois d'être aussi malchanceux, songeant que la nuit n'allait pas être de tout repos, ce qu'il avait ardemment espéré en sortant de son travail pourtant. Il avait mal partout, et sa tête commençait à jouer les tambours, pour son plus grand déplaisir. Mince de mince de mince! S'il avait été seul, le jeune homme aux yeux d'améthystes se serait volontiers tapé la tête contre le mur, mais jugeant plus prudent de ne pas passer pour un fou aux yeux des passants et de la jeune personne dont-il devait maintenant s'occuper, il se retint de le faire.

Il était sûr que ça l'aurait soulagé, pourtant. Quelle misère.

« Mais tu veux me laisser là, et moi je, je... »

Le soupir agacé qui passa vivement le cap de ses lèvres, Ciaran l'avait sentit venir, mais n'avait pas pu le réprimer. C'est qu'il était vraiment agacé, désespéré, que disait-il, acculé! Il lui avait d'ores et déjà dit qu'il ne le laisserait pas seul ici, que devait-il faire de plus pour qu'il le croive et sèche ses larmes? Le secouer n'aurait rimé à rien, il le savait, les pleurs des enfants redoublaient toujours de violence après un tel geste. Et s'il le giflait, et bien, il était certain que plusieurs passants allaient accourir au secours du 'pauvre petit enfant' et l'accuser de tous les maux du monde. Comme si c'était sa faute si ce garnement s'était perdu dans les rues de Jiang-Zemin! Lorsque l'on était hésitant en ce qui concernait le chemin à prendre, on pensait à emmener une carte, ou l'on demandait la route à prendre. Franchement, le jeune Menuisier ne voyait pas ce qu'il y avait de si horrible et rebutant à aller demander son chemin; Certes, ça pouvait paraitre de prime abord très peu glorieux et ridicule, surtout lorsque l'on habitait la ville en question, mais ça avait le mérite de nous tirer de bien des mauvais pas. Et en l'occurrence, c'est ce que Ciaran aurait bien aimé que Morgan fasse; Se tirer de ce mauvais pas. Seul(e). Ciaran était gentil et serviable, oui; Mais lorsqu'il s'agissait d'héberger, dans toute petite demeure, un Noble qui semblait difficile à satisfaire et capricieux, il répondait absent.

Sauf que là, le loup l'avait attrapé avant qu'il ai pu esquisser un pas en arrière pour s'enfuir. Il fallait avouer que l'agneau n'avait été qu'un imbécile pour s'approcher aussi facilement du loup; Voilà que sonnait l'heure de sa punition pour avoir été trop insouciant. Quel vrai crétin, cet animal blanc, alors!

« Je t'ai dit que je ne pouvais pas faire autrement! Et puis tout est petit, ici, alors je m'en fiche! Il y aura bien assez de place, je ne veux pas rester ici! »

Oh, évidemment, il disait cela maintenant, mais ne pourrait pas s'empêcher de tout critiquer une fois arrivé, se dit Ciaran en faisant tous les efforts du monde pour ne pas grimacer devant l'intonation impérieuse de la voix du petit Esprit. Il était peut-être perdu, mais qu'est-ce qu'il pouvait être condescendant! En voilà une drôle de façon de s'adresser à la personne qui allait, à ses dépends, lui donner un toit sous lequel dormir cette nuit. Alàlà...Comme quoi, même dans une situation comme celle-ci, les Nobles ne perdaient pas cette attitude distante et méprisante qui les caractérisaient si bien. Enfin, puisqu'il ne voulait pas laisser Morgan seul(e) en pleine nuit dans la rue, il n'avait guère d'autre choix que de l'emmener chez lui. Cette solution ne lui plaisait pas, mais alors pas du tout-Il ne savait toujours pas si c'était une fille ou un garçon et mince, c'était important quand même-, et il aurait sincèrement voulu pouvoir faire autrement, mais il était à court de temps, d'idées et de patience. Il avait envie de se reposer, il était fatigué. Il voulait rentrer chez lui, et si la perspective de devoir ramener la petite chose rose avec lui ne lui plaisait que très moyennement, il n'avait pas le choix. Fort bien, alors, il allait venir avec lui; Mais qu'il ne s'avise pas de critiquer ni la décoration, ni la taille de sa maison, et encore moins sa cuisine. Est-ce qu'il avait assez d'ingrédients pour faire à manger pour deux personnes, d'ailleurs?

Gniiih...Maudite migraine. Elle l'empêchait de réfléchir correctement.

« Arrêtez de pleurer, fit le jeune Esprit aux yeux violets avec un petit soupir, je ne vais pas vous laisser là, je vous l'ai déjà dit. Mais sérieusement...Ça ne va pas vous plaire, chez moi, je le sais. »

Oh ça, sa modeste demeure n'avait pas la prestance du Palais de la Princesse Della'Morte,n c'était clair. Mais il allait devoir s'y faire pour une nuit, il en avait peur. Puis, C'était toujours préférable aux pavés, non?

« Enfin. Vous allez arrêter de pleurer, maintenant, n'est-ce pas? (Il tenta un sourire rassurant) Sinon, on va croire que je vous enlève, et ça m'embêterait, voyez-vous. »

Sans blague? Ciaran ne connaissait personne qui aurait aimé être pris pour un criminel. Inspectant une nouvelle fois rapidement les alentours, qui se vidaient peu à peu, Ciaran se mit à prier qu'aucune de ses connaissances ne croise son chemin à partir de maintenant. Il était bien mal, dans le cas contraire. Oh oui, bien mal.

[Si, si. LA CMS LE FERA!XD]
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Why so cold?[Libre, jusqu'à ce que j'en décide autrement.XD]

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