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 Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]

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Dirigeant outrageusement beau qui vous éblouit par sa beauté~♥

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Localisation  : Dans mes appartements. Je vais... Dormir.
Emploi/loisirs  : Pas mes cours, en tout cas, je suis trop fatigué pour ça...=___x'
Humeur  : ... *Pousse un long soupir*

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Age: 17 ans, j'en aurais 18 cette année.^^
Race: Humain, qui ne désirerait pas être autre chose qu'un humain.^^
Arme / Pouvoir  : Je me bats avec une épée. Mais je sais manier d'autres armes, bien entendu.u__u

MessageSujet: Re: Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]   Jeu 2 Sep - 6:17

Ankou jurait que si d'ici deux minutes, Karin ne s'était pas assagie et qu'Aleksander ne trouvait pas la sympathie dont on avait du oublier de le doter à la naissance, il allait y avoir un mort. Ou deux. Il n'était en effet pas exclu qu'en plus du jeune homme aux yeux bleus, Ankou trouve très intéressant d'écraser une de ces énormes bêtes poilus qui couraient sans bruit sur le sol. Plus sérieusement...Il savait pertinemment, avant de proposer à la fleuriste aux cheveux blonds de venir que, si elle acceptait son invitation, ce ne serait pas de tout repos, mais ce qu'il n'avait pas prévu, en plus du caractère relativement enjoué de son amie, c'était que son adorable et ô combien gentil et incroyablement avenant petit frère se joindrait à eux pour cette expédition. Bien entendu, s'il l'avait désiré, il aurait pu refuser catégoriquement qu'il vienne avec eux, mais il y avait fort à parier pour que dans ce cas de figure, la jeune femme aux cheveux bouclés aurait elle aussi refusé de l'accompagner. Et entre y aller seul ou avec d'autres personnes et y aller avec eux deux...Il n'hésitait pas même une seconde. D'autant plus que, et bien, il ne possédait malheureusement pas de dons de voyance, et n'aurait jamais pu prévoir qu'Aleksander Blaze serait à ce point désagréable, et le traiterait à la manière d'un dangereux criminel qui se serait évadé d'Elmodia. Et le pire dans tout ça, c'était qu'il n'avait pas le plus petit indice sur le pourquoi du comment. Il ne savait pas si c'était sa manière d'agir, son visage, quelque chose dans sa façon de parler qui l'avait dérangé, mais il n'appréciait pas ce comportement. Ils ne se connaissaient pas, et quoi qui ai pu lui déplaire chez lui, n'aurait-il pas pu lui accorder le bénéfice du doute? Poussant un discret soupir, le jeune homme aux cheveux de la couleur du charbon éleva sa lumière à hauteur de son visage, observant les morceaux de décor visibles qui s'offraient à sa vue. Ce n'était guère étonnant, avec un pareil théâtre, que la pièce porte sur les revenants et tous les malheurs qu'ils amenaient avec eux. Ankou ne croyait pas aux fantômes, et aussi loin qu'il pouvait s'en souvenir, il n'y avait jamais cru. Si dans son enfance il avait été un petit garçon complètement effacé, timide et discret, il n'avait jamais été particulièrement peureux en ce qui concernait l'au-delà, les monstres qui se cachaient sous son lit, et toutes autres sortes de bêtes poilues aux longs bras qui sortaient prétendument de leur cachette une fois la nuit tombée. Rien de tout cela ne lui avait un jour fait peur, et il n'avait jamais été inquiété de dormir seul la nuit. Parfois-même, lui et Annahita avaient été obligés de rassurer leur gouvernante qui, malgré ses vingt-deux ans, avait une peur bleue de tout ce qui touchait aux monstres dans les placards et aux fantômes qui hantaient apparemment les sous-sols. Il est vrai que la scène de deux enfants de sept ans tentant vainement de rassurer une adulte persuadée d'avoir vu une forme noire dans sa chambre pouvait faire sourire, mais...Ankou trouvait presque cela ennuyant. Pas dans le sens où les histoires de fantômes étaient dénuées d'intérêt, loin de là, il avait toujours admiré le talent de certains auteurs à transposer sur papier ces craintes irréalistes, mais parfois, cette crainte était telle qu'elle frôlait les limites du ridicule. On avait pas idée de hurler une fois minuit passée car on pensait avoir vu une forme blanchâtre traverser sa chambre, non? Ou n'importe quel couloir ou pièce, d'ailleurs...A croire que les fantômes peuplaient tous les endroits possibles de chaque maison du Royaume! On pouvait croire en ce que l'on voulait, le jeune homme aux yeux grenats était très tolérant, et n'était pas du genre à juger quelqu'un sur ses croyances ou ses opinions. Mais tout de même, tout de même...Les fantômes n'existaient pas, toutes ces histoires n'étaient le fruit que d'un imaginaire trop rempli, d'illusions d'optiques et de rumeurs stupides lancées par de jeunes gens voulant se faire peur. Enfin, ils étaient là pour voir des fantômes, officiellement, aussi ne serait-il pas trop abat-joue, ou du moins essayerait-il. Karin avait l'air de beaucoup s'amuser, il ne voulait surtout pas gâcher sa bonne humeur par une parole prononcée sans réfléchir. Dorénavant, il tournerait sept fois sans langue dans sa bouche avant de n'élever la voix. Ankou quitta Karin des yeux, conscient que malgré le noir, ils pouvaient tout de même se voir un minimum. Donc, hum...Qu'était-il venu faire ici, à la base? Ah, oui, le rapport! Reportant sa pleine et entière attention sur les murs aux tapisseries presque entièrement déchirées et moisies, il ne pu retenir une petite grimace. Il faisait froid, et le décor était lugubre à souhait. Cette petite excursion allait sans aucun doute être passionnante et leur apprendre des tas de choses. Hmm...Tout compte fait, le premier point suffirait amplement, le Prince n'ayant guère envie d'en apprendre plus sur les techniques dont avaient usés les médecins sur les patients pour leur faire recouvrir la 'raison'. Il en connaissait déjà assez, et ce qu'il savait suffisait à le faire frissonner d'horreur. Comment pouvait-on permettre une telle chose? Si ces personnes n'avaient pas toute leur tête, elles n'en restaient pas moins des hommes, des hommes qui avaient été traités tels des bêtes. Et encore...Même les bêtes avaient un sort plus enviable entre leurs mains.

Promenant sa lumière autour de lui, Ankou se dit confusément qu'il allait falloir qu'ils restent les uns à côté des autres s'ils ne voulaient pas se perdre. Cet endroit était immense, et s'ils s'égaraient, retrouver la sortie serait difficile, surtout si l'un d'eux commençait à paniquer. Songeant à cela, il ne pu s'empêcher de jeter un regard en biais au jeune homme aux yeux bleus, car si quelqu'un était amené à paniquer, ce serait très certainement ce dernier, lui ne croyant pas aux fantômes, et Karin ayant impatiente d'en rencontrer un en personne. Ce que cela pouvait être dérangeant, tout de même...En général, les gens fuyaient les manifestations de ce genre comme la peste, mort de peur rien qu'à l'idée de se retrouver en face d'un revenant. Et Karin, elle...avait l'air d'être sur la place du marché, à la recherche de l'ingrédient qu'il manquait à sa soupe pour qu'elle soit parfaite. Elle n'avait pas du tout l'attitude de quelqu'un étant dans un asile réputé hanté et passablement dangereux par bon nombre de personnes. Mais le jeune garçon pensa que c'était peut-être mieux ainsi, au moins, ils n'auraient pas à avancer dans une atmosphère glaciale et tendue. La bonne humeur était le meilleur moyen pour tuer la peur, et discuter ou rire ne pourrait que les rassurer. S'ils s'étaient tous trois murés dans un silence morbide-comme si l'endroit ne l'était pas assez...-, regardant nerveusement autour d'eux afin d'apercevoir une hypothétique quatrième ombre, alors sûrement aurait-il été pire que stressé.

« Je ne les dérangerais que s'ils ne viennent pas nous voir d'eux-mêmes, promis! Et puis, rien d'intéressant en bas? Vous plaisantez, j'espère! Il y a toujours des choses en bas, vous voyez, le genre de choses qui y sont depuis des lustres, des trucs à malédictions, des fantômes... »

Ankou se mordit violemment la lèvre inférieure en entendant la fleuriste aux yeux bleus prononcer ces mots, conscient à présent que la garder près d'eux allait être aussi difficile qu'attacher une corde au cou d'un cheval en colère. Seigneur...Des trucs à malédictions...Oh oui, il ne doutait pas du tout que les sous-sols devaient regorger de ces trucs à malédictions, mais le fait était qu'ils n'étaient pas venus pour ramener avec eux à leur retour toutes les malédictions et malheurs possibles. Ils étaient venus dans l'optique de voir des fantômes, ou en tout cas était-ce l'objectif de Karin, et c'était exactement ce qu'ils allaient faire, mais en restant au rez-de-chaussée. Dans les sous-sols, il devait y avoir d'anciens tunnels, les morgues, et les employés étant partis précipitamment, rien n'avait à priori eu le temps d'être vidé. Alors tomber nez à nez avec un patient encore sur la table d'opération, ou d'il ne savait trop quoi encore, très peu pour lui. Il n'avait pas très envie de ramener de cette excursion un souvenir traumatisant. Poussant un deuxième soupir, il secoua négativement la tête quand Karin reprit une deuxième fois la parole, Regardant passer en silence un rat non loin de lui. Il aurait bien rétorqué quelque chose à la jeune femme aux cheveux clairs, mais Aleksander, qui sans doute avait décidé de s'amuser à buter dans quelques objets en fer qui traînaient de ci de là, provoqua à ce moment précis un très désagréable grincement, qui se répercuta dans le silence du bâtiment rongé par les intempéries. Ankou se retourna immédiatement vers lui, lui lançant un regard courroucé au possible. Mince, s'il avait une lampe, ce n'était pas pour rien! Qu'il en fasse au moins bon usage, ça lui évitera les désagréments de ce genre. En plus de risquer de se faire mal, il allait les effrayer, à faire autant de bruit.

«Je n'ai pas peur des fantômes. Et puis je n'ai pas besoin d'être protégé, je me débrouille tout seul.»

Ankou du réprimer un petit ricanement suite à ces paroles, songeant que oui, il venait de leur faire une démonstration ô combien convaincante de sa très grande faculté à se débrouiller seul en ces lieux. Enfin, il pouvait dire ce qu'il voulait, mais ce n'était pas mentir qui allait lui donner une quelconque contenance. S'il avait peur, il n'avait qu'à le dire, personne ne se serait-normalement-moqué de lui, c'était compréhensible, dans un pareil lieu. Il se contenta de hocher la tête d'un air absent à la deuxième phrase d'Aleksander, jugeant que répéter ce qu'il avait déjà dit plusieurs fois serait profondément inutile, l'interdiction semblant chez Karin rentrer dans une oreille et sortir par l'autre, sans résultat notable. Jetant un œil distrait au plafond dont-il ne pouvait voir les motifs à cause de l'obscurité trop présente, il revint légèrement vers Karin et Aleksander, se stoppant à quelques pas de ce derniers, sa lampe à hauteur de son torse. Il était temps d'avancer, ils n'avaient pas toute la journée devant eux, et Ankou doutait fortement du fait que la mère du frère et de la soeur soit ravie qu'ils rentrent tard dans la nuit. Il n'avait guère envie de devoir s'expliquer à une inconnue sur le 'pourquoi' du retard de ses enfants. Sans aucun doute, ça serait pire que déplaisant...

« Bien, avant de penser à descendre ou à monter, il faudrait peut-être visiter le rez-de-chaussée, non? Il y a sûrement des fantômes, ou des malédictions ici aussi. »

Il allait s'apprêter à avancer, quand son regard se posa sur une étrange tâche noire sur le pantalon d'Aleksander. Si le Prince aux longs cheveux cru tout d'abord qu'il s'agissait d'une tâche qu'il s'était fait en butant contre cette chose en fer sur laquelle il avait trébuché, il fut bien obligé de se rendre à l'évidence que ça n'en était pas une quand la tâche se mit à...Bouger. Ankou ouvrit en grand ses yeux, fronçant ses sourcils, fixant alternativement Aleksander, puis la tâche, puis Aleksander, se demandant quelle attitude adopter. Fallait-il qu'il lui dise qu'une énorme araignée noire et poilue montait le long de sa jambe, ou devait-il se taire et attendre que ce dernier le remarque de lui-même, quand cette charmante créature serait arrivée sur son épaule? Ankou n'étant pas sadique au point de le laisser se promener dans les couloirs de l'asile avec Gipsy sur la jambe, il fit, la voix traînante:

« Aleksander...Je crois que... »

Une petite grimace étira les fins traits de son visage, alors qu'il ajoutait:

« ...Que tu as une araignée sur ta jambe. »

Ankou espéra qu'il n'avait pas peur des araignées, sinon...Les morts pourraient dire Adieu à leur éternel sommeil.

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MessageSujet: Re: Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]   Mer 8 Sep - 17:47

'Ce n'est pas grave'. Combien de fois avait-on déjà eu à lui répéter cette maudite phrase au cours de sa vie? Karin aurait été bien incapable de donner un nombre exact, mais qu'importait; elle savait que ce ne pouvait être compté sur les doigts de la mains, et c'était l'important. Des dizaines, des centaines de fois? Car en effet, si on avait dû lui chercher des défauts, celui d'en faire 'des tonnes' aurait probablement figuré, lui aussi, en début de liste. C'était flagrant, cela se remarquait très facilement et, surtout, très rapidement. Se modérer ne faisait absolument pas partie intégrante de son vocabulaire, ni dans la vie de tous les jours, ni pour les grandes occasions. Quand elle devait s'acquitter de quelque tâche, elle ne le faisait pas qu'à moitié, point final. Il en allait de même lorsqu'elle réagissait, de quelque manière que ce fut; quitte à sembler un peu étrange, ce n'était pas un véritable problème. Elle s'emportait donc à une vitesse fulgurante et, avant même que l'on ai eu le temps de comprendre la situation qu'elle était déjà très loin. Cette affreuse propension à faire beaucoup de bruit pour rien avait tendance à agacer les gens, au bout d'un certain temps, ce que la jeune fille comprenait somme toute assez aisément... Mais ce n'était tout de même pas non plus de sa faute si ses pensées allaient plus vite que la musique, et qu'elle se comportait en conséquence! Une broutille était peut-être une broutille, mais cela ne changeait strictement rien au fait que c'était quelque chose malgré tout. Il lui était malheureusement bien souvent arrivé de se dire que son cerveau était juste incapable de faire la part des choses et de distinguer les proportions et priorités. Que son adorable petit frère chéri glisse dans un couloir et se relève l'instant suivant, ou qu'il glisse tête en avant dans les escaliers et se brise la jambe, sa première réaction serait la même; et nul besoin de préciser que ce n'était pas dans le sens où elle n'y accorderait que peu d'attention, bien au contraire... Elle se serait affolée, aurait crié, aurait passé ses nerfs sur toutes les personnes présentes aux alentours, et ne se serait calmée qu'une fois toute forme de danger écarté à ses yeux, lorsqu'elle aurait été rassurée et certaine qu'il ne craignait plus rien, qu'il se portait comme un charme. Et c'était ainsi pour tout; pas que pour les mauvais évènements, évidemment. Les bons également, cela n'aurait su souffrir aucune différence... Ce qui ne faisait qu'empirer les choses, cela allait sans dire. Ainsi, la moindre sortie prenait des allures de voyage au bout du monde, chercher une misérable paire de lunettes devenait une chasse à la pépite d'or. Sérieusement, elle ne pouvait réellement rien faire contre ce trait légèrement handicapant de sa personnalité... Certains de ses amis, habitués de toute manière à ses... Débordements, pour ainsi dire, lui racontaient qu'elle devait se sentir un peu trop impliquée dans un peu trop de choses... Enfin. Il suffisait que le sujet ne lui tienne même que vaguement à cœur, et le tour était joué; elle serait très, voir trop, enthousiaste. Et finirait juste par énerver tout le monde. Ou en tout cas, toutes les personnes un temps soit peu calmes, posées, et dotées d'une capacité de réflexion surpassant ne fusse que d'un iota celles d'une moule. D'autant que, c'était bien connu, à vouloir aller trop vite, conséquence immédiate découlant de ce trop plein d'emballement, on faisait mal les choses; on enchainait erreur sur erreur, inéluctablement. Cela n'apportait que des soucis, ennuis en tous genres, et il valait mieux éviter autant que possible. Sans quoi on faisait véritablement n'importe quoi, surtout si personne n'était là pour nous arrêter, stopper cette frénésie certaines, brutalement si les conditions l'imposaient. Quitte à e faire haïr de ladite personne par la suite... Car si la demoiselle Blaze ne supportait pas une chose, c'était bien qu'on tente, bon gré mal gré, se brider son amusement. C'était un mal nécessaire, elle était au courant. Seulement voilà, fidèle à elle-même en toutes circonstances, il lui arrivait, de temps à autre, pour ne pas dire tout le temps, de l'oublier, sur le coup. Et de s'énerver un brin. Oh, pas grand chose, elle aurait pu l'assurer, quasiment rien. La preuve, les meubles et autres ne volaient que rarement à travers la pièce, ou qu'importe l'endroit d'ailleurs, pour cette simple raison. Cela aurait pu ne pas passer pour un argument valable et percutant, mais dès lors qu'on la connaissait un minimum, on comprenait alors que c'était même plus que cela. Enfin, il fallait bien dire qu'il en fallait beaucoup pour qu'elle arrête clairement de s'exciter, de courir partout, faisant fi des conseils pourtant souvent avisés de ses compagnons, n'en faisait qu'à sa tête. Et elle était fermement décidée à ce que ni Aleksander, ni Antoine, ne parviennent à casser sa bonne humeur avec des blagues sarcastiques sur les fantômes ou une tête d'enterrement. N'étaient-ils pas tous là dans le seul et unique but de s'amuser à la chasse aux fantômes? Honnêtement, ces deux garçons étaient parfois de vrais rabats-joie...




En l'occurrence toutefois, comme elle avait de la témérité pour dix, elle pouvait bien leur en céder un peu, pas vrai? Cela n'aurait fait de mal à personne.? Avec un peu de chance, s'était-elle dit avant de partir, allaient-ils bien s'entendre. Si les deux bruns étaient de suite devenus amis, la blonde aux cheveux bouclés aurait été mille fois comblée. Mais avec le caractère de son si parfait petit frère,; elle avouait avoir eu des doutes sur la rapidité avec laquelle ils deviendraient amis. Elle souriait toujours tandis qu'elle se souvenait d'une phrase trouvant ici tout son sens: on ne devenait jamais plus proches que lorsqu'on avait traversé des évènements éprouvants ensemble, voir frôlé la mort. Si tel était le cas, alors elle était persuadée qu'ils seraient comme les doigts de la main sous peu, inséparables. Parce que, c'était de notoriété publique, les fantômes étaient dangereux. C'était vrai, dans le fond, comment aurait-elle fait pour les écarter à grands revers de coups de pieds s'ils étaient immatériels? D'un autre côté, si elle ne les touchait pas, ils en étaient tout aussi incapables qu'elle et...




Elle fut interrompue dans sa réflexion hautement cérébrale sur la consistance ou non consistance des ectoplasme par un bruit soudain derrière elle. Jetant un coup d'œil succin par dessus son épaule, elle vit Aleksander, qui avait manifestement buté dans quelque objet trainant au sol.


«Je n'ai pas peur des fantômes, dit-il Et puis je n'ai pas besoin d'être protégé, je me débrouille tout seul.»

La blonde haussa un sourcil. Il avait peur. Aleksander ouvait bien mentir à qui il voulait et à sa guise, cela n'aurait jamais pris sur elle. Elle connaissait trop bien pour se tromper sur ce qu'il ressentait. Après tout, c'était son petit frère, quoi de plus normal que de le protéger des atrocités de ce monde? Atrocités ayant ici évidemment un sens particulièrement large, incluant pervers détraqués, insectes, ou même d'un simple chagrin. Tant qu'elle l'aidait à se sentir bien, elle se sentait parfaitement de même. C'était du moins ce qu'elle se disait. On embellissait les choses, on les habillait de velours. Si c'était ce qu'elle avait envie de croire, personne n'aurait pu l'en empêcher, et personne ne l'aurait, à priori, même désiré. Cela ne regardait et ne concernait qu'elle, ainsi que le jeune homme aux yeux bleus, dans une moindre mesure. Au sens de Karin, le cadet des enfants Blaze n'était encore qu'un minuscule bébé qui nécessitait une protection et une surveillance quasi permanentes. Elle avait manqué la transition du passage de l'enfance à l'adolescence et, maintenant, il était bien trop tard pour qu'elle se rende compte de ce léger détail. Qu'il fasse un mètre trente et n'articule que quelques mots maladroits, ou fasse à peu près sa taille et possède peu ou prou le double de son vocabulaire, pour elle, la différence n'était que bien maigre. Et ne justifiait rien du tout. Vulnérable et mignon, gentil et faible, Aleksander avait besoin qu'elle le protège. D'autant qu'elle prenait son rôle très à cœur. Qu'il soit en mesure ou non de se débrouiller, la seule fille du petit groupe ne l'aurait pas laissé essayer, tenter sa chance. Pourquoi apprendre à tout faire seul, quand il ne le serait jamais? C'était d'un stupide, une ineptie profonde...


«Moi, je ne pose pas un pied en bas, en tout cas. Commence par chercher les fantômes ici, on verra ensuite, tu veux bien?»

Elle lui lança un regard en biais, mi figue mi raisin. Elle soupira avant de ne reporter son attention sur le sol, là où elle mettait les pieds; tomber aurait été malheureux, avec tous ces débris de... De choses diverses et variées dont l'usage lui était proprement inconnu, mais qu'elle devinait sans le vouloir, sur le sol. Usage pas très catholique et bien peu avouable, si elle pouvait se le permettre d'ailleurs. Enfin, bref, si c'était une faveur que lui demandait son petit frère adoré, difficile de refuser. Surtout que commencer par ici ne signifiait pas 'ne pas terminer par aller en bas'. Hm. Cela lui allait plus ou moins. De toute façon, elle descendrait, à un moment ou un autre, tôt ou tard. S'ils préféraient 'tard', libre à eux... Si cela suffisait à leur faire plaisir.

Antoine reprit la parole, suggérant de visiter d'abord le rez de chaussée, sur lequel il semblait f ire une véritable fixation. Elle, en faisait bien une sur les sous-sols, aussi ne se permit-elle pas de juger. Quant aux malédictions, elle n'aurait pas bougé de ses positions, pour rien au monde. C'était sous leurs pieds qu'elles se trouvaient, rattachées à leurs corps, enfermées derrière des portes scellées depuis des lustres et couvertes de poussière. Là où personne n'allait plus. Là où personne n'osait plus aller, plus exactement. En outre, là bas, elle n'aurait eu qu'à faire un pas pour trouver l'objet de ses convoitises. Ce qui ne serait assurément pas le cas à cet étage... Quel dommage, vraiment! Tout ce qui la tentait semblait les rebuter.

Ils ne devaient pas avoir les mêmes valeurs. Ce qui ne les empêchaient pas de s'entendre, ceci dit. Le garçon aux longs cheveux sombres ne devait pas avoir l'habitude de ce genre d'endroits oubliés et poussiéreux. Elle non plus, certes, mais pour quelqu'un accoutumé à de la vaisselle en or et à des parquets parfaitement lustrés, le changement devait être pour le moins radical. Il n'avait pas peur de se salir, ce qui était déjà un petit exploit en soi pour un riche. D'ordinaire, du point de vue de Karin, ces gens hurlaient à la moindre petite tache sur leur veste... Comparé à elle qui, lorsqu'elle travaillait, se mettait souvent de la terre sur les vêtements, ils avaient l'air ridicules. Depuis quand de la boue ou un grain de poussière tuaient-ils quelqu'un? Heureusement, Antoine était l'exception qui confirmait la règle, et ne ressemblait pas à l'idée que la fleuriste se faisait de ses pairs. Sans quoi, elle n'aurait pas accepté de l'accompagné. Elle avait juste eu l'impression que le courant était plus ou moins passé, entre eux. Ce qui était relativement étonnant, cela dit. Une seconde fois, elle fut sortie de sa rêverie, cette fois ci par le jeune homme aux lunettes, s'adressant à Aleksander.

« ...Que tu as une araignée sur ta jambe. »

A l'entente du mot 'araignée', Karin se retourna, se mordant la lèvre inférieure. Tout, mais pas une de ces bestioles poilues... Pas qu'elle en ai peur, évidemment. Elle les écrasait d'un coup de talon comme si de rien n'était. Juste que ce n'était pas le cas d'Aleksander. Vraiment pas le cas. Du tout. Et que c'était un peu inquiétant, quand on savait que des morts reposaient d'un sommeil déjà réputé agité sur ces terres. Il risquait de les réveiller pour de bon... Quelle aubaine. Enfin, pas pour lui, mais peut-être, dans un sens, n'aurait-elle finalement même pas à descendre...
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MessageSujet: Re: Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]   Mer 6 Oct - 20:23

{Pauvre Aleks'. Sa vie est pas facile, hein.8D

Je suis pour le fait qu'il descende Antoine et qu'on en entende plus jamais parler, mais il paraît que j'ai besoin de ton accord. Ce serait bête de mourir dans un asile désaffecté, hein, Ankouuuu...~XD}


Aleksander soupira en silence, décrétant que passer sa mauvaise humeur au monde entier n'aurait pas été des plus charitables. Quoi qu'à la réflexion, il tenait simplement à ne pas contaminer sa sœur ; le garçon qui se tenait près d'eux, en revanche, il s'en moquait. Qu'il passe un moment exécrable, qu'il ne tienne plus jamais à refaire ce genre de choses, tant mieux : au contraire, il en aurait été grandement rassuré, et ça l'aurait satisfait au plus haut point. Seulement s'il y avait quelque chose de casse-pied, dans cette histoire, c'était qu'il ne pouvait pas soupirer seulement aux oreilles d'Antoine, pour donner un exemple concret. Il aurait vraiment aimé lui lancer des regards clairement fâchés, lui dire ce qu'il pensait de lui et de la situation ; mais cela aurait voulu dire que Karin l'aurait entendu de même, et c'était hors de question. Non pas qu'il tenait à conserver auprès d'elle l'image du parfait petit frère gentil et avenant en toute circonstance-de toute façon, même avec tout les efforts du monde il ne serait pas parvenu à lui sembler détestable, il en était persuadé-mais simplement qu'il ne tenait pas vraiment à se fâcher avec elle. Pas du tout, même. Ce devait certes être dur de la faire s'énerver contre lui, mais quoi qu'il en soit il refusait que cela arrive et savait prendre les précautions qu'il fallait dans ce sens. Avec Ludmilla, c'était exactement la même chose ; il ne tenait à se brouiller avec ses sœurs pour rien au monde. Cela étant, son caractère distant et cassant et son attitude froide et antipathique envers tout et tout le monde pouvaient vite venir à bout des meilleurs résolutions, et c'était bien ce qu'il craignait parfois. Karin, aussi gentille et compréhensive soit-elle, pouvait lui reprocher des choses, et ça il en était plus que certain. Et quelles raisons valables avait-il à lui donner pour détester son ami? Aucune. Aucune dont il soit sûr, aucune dont il puisse lui parler, en tout cas. Puisqu'après tout, l'humain aux yeux bleus détestait le garçon qui les accompagnait sur la simple base de l'impression étrange qu'il s'intéressait à sa sœur-ce qui aurait été le cas pour n'importe quel garçon ayant invité une de ses sœurs, d'ailleurs : ce n'était pas le genre de choses que l'on pouvait dire sans passer un paranoïaque fini, pour sûr. D'autant plus qu'il connaissait bien sa sœur et que franchement, il imaginait très bien que ça l'aurait fait rire et qu'elle aurait oublié sa remarque quelques secondes plus tard, la reléguant au rang de 'gentille paranoïa due au fait qu'il voulait la protéger'. Ce qui, en soit, n'était pas exactement faux non plus, bien qu'il y avait derrière l'attitude d'Aleksander beaucoup plus d'égoïsme qu'elle ne l'aurait sans doute soupçonné. S'il l'avait pu-et s'il avait été plus sûr de lui, avait fait quelques centimètres de plus et avait une carrure plus impressionnante, éventuellement-il n'aurait pas hésité à prendre cet imbécile aux cheveux longs à part pour lui demander ce qu'il en était vraiment, ce qu'il y avait vraiment entre lui et sa sœur. Seulement il avait beau le détester et vouloir, sur l'instant, sa mort imminente, ce n'était pas le genre de choses dont il était capable, quoi qu'il l'eut réellement voulu. Aleksander avait toujours été quelqu'un de très timide, ayant du mal à parler aux autres et à se faire des amis ; avec le temps et après les évènements difficiles qu'il avait traversés, cette gêne s'était transformée en colère et en haine, mais ça n'y changeait guère grand chose. Ça ne changeait en rien le fait qu'il n'aimait pas se retrouver trop près des autres, ni seul avec des inconnus, pas plus que ça ne changeait sa taille ou sa carrure. Oh, quand il regardait le dénommé Antoine il n'avait pas vraiment peur, et ne trouvait vraiment pas que ce garçon faisait forte impression ; il n'était pas bien grand, n'avait pas l'air spécialement fort, physiquement, et avait une coupe de cheveux ridicule. Soit. Mais s'il y avait une chose que le jeune homme avait apprise au fil du temps, c'était que si parfois les apparences n'étaient que trop éloquentes, elles étaient au contraire parfois bien trompeuses. Il suffisait de regarder Karin pour le savoir : elle avait beau être grande, elle ne paraissait pas spécialement forte quand elle se taisait et se tenait tranquille. Pourtant, elle aurait été capable de faire bien mal à quelqu'un qui s'en serait prise à elle. Le serviteur retint un nouveau soupir en se disant que de toute façon il n'était nullement question de faire du mal à qui que ce soit. Si ce n'était peut-être au niveau mental, où il n'avait pas entendu d'interdiction claire. Il pouvait très bien lancer des regards éloquents au jeune homme à lunette, et se montrer des plus froid et agaçant envers lui. Ce n'était pas interdit, ni même déconseillé. Ne pas aimer quelqu'un pouvait arriver à tout le monde, même aux personnes les plus gentilles, et il n'était pas si rare que cela que l'on déteste quelqu'un que l'on connait depuis quelques minutes à peine. Il pouvait tout à fait détester l'allure et la manière de parler de cet Antoine, tout autant qu'il pouvait haïr son idée tordue d'aller faire un tour dans cet asile désaffecté. Oui, voilà, c'était surtout cela qu'il détestait chez lui, après ses possibles sentiments ou désirs quelconques liés à la blonde : son idée stupide, irrationnelle, inconsciente et complètement, mais alors complètement insensée de venir dans un vieux bâtiment où étaient avant enfermés des malades dangereux, torturés par des bourreaux dans l'espoir d'un jour être soignés. Et c'était une très, très, vraiment très bonne raison. Qu'il ne pouvait malheureusement invoquer, puisqu'il avait accepté d'accompagner sa sœur., et qu'ils étaient donc tous là de leur plein gré. Quelle galère...

Cette fois il ne retint pas son soupir, et expira bruyamment, l'air ennuyé. Ça ne l'amusait pas du tout de gambader gaiement dans les couloirs d'un ancien asile pour aliéné, vraiment. Et ça n'aurait dû amuser personne, d'ailleurs! Il ne disait pas qu'il fallait être fou pour cela, mais tout de même..., il fallait soit avoir un sens de l'amusement un peu particulier, soit n'avoir aucune conscience du danger-et malheureusement pour lui, sa sœur rentrait dans les deux catégories à la fois. Et si ça avait du bon dans certains cas, dans celui-ci c'était plus qu'embêtant. Du point de vue de son cadet, tout du moins, puisque du sien ça ne devait en aucun cas être un problème. Non, bien entendu : où était le mal dans le fait d'aller déranger des morts, toucher à des squelettes, s'attirer les foudres des disparus et provoquer les pires des malédictions? Voyons, ça arrivait tout les jours et personne n'en était mort. Ou tout du moins personne n'en avait entendu parler, ce qui aurait été plus juste du point de vue d'Aleksander, qui ne parvenait pas à détacher son esprit de tout les fantômes malfaisants et morts potentiellement dangereux qui devaient hanter les lieux. Et plus il prenait des résolutions et s'ordonner de penser à autre chose, moins cela fonctionnait. Il jeta un bref coup d'œil aux deux autres adolescents, près de lui, et haussa vaguement les épaules, comme pour se répondre à lui-même. Ils n'avaient pas l'air terrifiés, ils n'avaient même pas l'air de craindre vaguement quelque chose : ce qui en soit avait quelque chose de rassurant, bien qu'il n'était pas certain de leur capacité à être objectifs dans cette situation. Karin, parce qu'elle voulait absolument 'voir des choses qui faisaient peur et déranger les morts'. Antoine, parce qu'il ne lui faisait tout simplement nullement confiance. Il était sûr que s'il se retournait un instant, qu'il les quittait des yeux un quart de seconde, il allait enlever sa sœur et lui faire Dieu seul sait quoi. Moralité, il gardait ses yeux fixés sur la jeune fille et son ami, les sourcils froncés à cause de l'agacement et de la pénombre qui régnait autour d'eux et ne facilitait en rien leur visite de courtoisie dans les lieux. Ses yeux foncés scrutaient le sol, puis se reposaient sur sa sœur, sur Antoine. Puis ils scrutaient de nouveau le sol. Maintenant qu'il avait vu une de ces horribles bête pleines de poils, pleines de pattes et couvertes d'yeux-il ne put retenir une grimace de dégoût à cette idée-il ne serait plus jamais tranquille avant d'être sorti de la bâtisse. C'était un nid à fantôme, à poussière et à un insecte : tout ce que le garçon au manteau noir pouvait détester. Quelle chance, il se sentait encore plus heureux à l'idée d'être ici, maintenant. Il se mordit la lèvre inférieure, plissant les yeux dans l'espoir de voir ce qui était éparpillé au sol, mais abandonna bien vite : finalement, il ne tenait pas à le savoir. Tant qu'il n'empalait pas son pied sur un bout de verre, ça lui était égal. Ça aurait bien été sa chance de marcher sur le seul objet qui était posé-ou qui trainait, plutôt-pointe vers le haut, n'est-ce pas? Tout autant que ça l'aurait été qu'une araignée lui tombe sur la tête, se dit-il en passant sa main gauche dans ses cheveux, vérifiant que l'ironie ne lui avait pas joué un sale tour.

Il écouta distraitement Antoine parler de visiter le rez-de-chaussée, jetant plutôt un regard interrogateur à Karin. Oui, parce que ce n'était pas lui le problème, c'était plus sa sœur : lui, il était certain qu'il ne s'aventurerait pas à plus d'un mètre des deux autres et qu'il éviterait les escaliers comme si un monstre prêt à le manger était en bas. Aucun problème. Elle, en revanche, allait certainement vouloir se dérober à leur surveillance dès qu'ils auraient le dos tourné, et c'était à tout prix ce qu'il voulait éviter. Qu'un d'eux se perdre, sauf si c'était Antoine-lui, il le perdrait volontiers, vraiment : si un fantôme le voulait pour être apaisé, il le lui offrirait sans problème, quitte à l'assommer pour qu'il se tienne tranquille. Tiens, qu'est-ce qu'il avait d'ailleurs, cet imbécile heureux? Aleksander haussa un sourcil, exaspéré, en se rendant compte qu'il le regardait sans rien dire, l'air d'hésiter. Quoi? Qu'est-ce qu'il avait, encore? Quelque chose à ajouter, peut-être?

« Aleksander...Je crois que... »

Aleksander cessa de froncer les sourcils, légèrement inquiet. Hm? Quoi? Rien qu'à la grimace que fit son interlocuteur, il faillit hurler. Parce que quoi qu'il dise, il était certain que ça n'allait vraiment, vraiment, mais alors vraiment pas lui plaire. Et curieusement, ça ne l'aurait pas plus étonné que ça qu'il lui dise qu'il y avait un fantôme derrière lui. Et aussi ridicule qu'il aurait pu paraître, il se serait certainement vivement retourné. Mais les fantômes n'existaient pas, non. Ça n'existait pas. Ça n'existait pas. Ça n'existait pas.

« ...Que tu as une araignée sur ta jambe. »

…, ça, en revanche, ça existait bel et bien.

Aleksander, pendant un quart de seconde, fut tiraillé entre deux options ayant plus ou moins fait leurs preuves face à ce genre de situation : première option, hurler et agiter sa jambe en espérant que l'infâme bête irait voler plus loin et que quelqu'un aurait la présence d'esprit de l'écraser. Deuxième option, rester très calme et demander sans bouger un muscle à quelqu'un de donner un coup dedans-sans lui casser la jambe, cela allait de soit. Et durant ce quart de seconde qui lui paru une éternité, le temps qu'il comprenne, intègre et réagisse, son esprit fit un tri rapide et fit son choix. Le visage d'Aleksander se décomposa, et il poussa un cri strident et très viril, comme tout ce que fait Aleksander -dans lequel certaines personnes à l'ouïe développée auraient pu comprendre 'Oh mon Dieu' ou une quelconque référence de cet acabit-avant de ne se figer sur place. Ce qui en soit était un mélange très honnête de deux très bonnes techniques de survie. Il baissa les yeux, histoire de savoir quelle jambe il devrait agiter si la chose poilue et assoiffée de sang remontait le long de son pantalon, et retint un autre cri, portant sa main libre à sa bouche, en voyant qu'en plus, bien entendu, elle était très poilue, très grosse, très noire, et surtout pleine de pattes. Heureusement pour lui, elle semblait ne pas avoir envie de bouger pour l'instant. Pour l'instant. Mais il était sûr qu'elle allait le faire, il était persuadé qu'elle allait remonter, et il n'aurait su le supporter. Il détestait les araignées, il les détestait plus que tout, il ne supportait pas d'en voir une courir sur le sol ou sur un mur. Alors sur lui? Insupportable, totalement insupportable.

Le jeune serviteur se crispa totalement, les yeux fixés sur sa jambe de peur qu'elle ne tente de bouger dès qu'il aurait le dos tourné (l'araignée, bien sûr, pas la jambe...XD).

«Enlevez ça de là, articula-t-il doucement, dans une sorte de gémissement plaintif, craignant à l'évidence que s'il parlait trop fort elle allait grimper à toute allure et s'installer au beau milieu de son visage-et si elle bougeait une patte, il jurait qu'il allait faire une crise de nerfs. Enlevez là, enlevez là...»

Oui, si elle bougeait ne serait-ce qu'une seule de ses au moins huit pattes, il lâchait ce qu'il avait dans les mains et hurlait à nouveau. Et là, si les morts n'étaient pas encore réveillés, ils auraient bien la preuve qu'ils n'existaient pas.

Et si les morts ne venaient pas les tuer, si les esprits vengeurs ne venaient pas s'occuper de cet imbécile, de cet idiot fini avec ses stupides cheveux noirs qui l'avait emmené dans un endroit rempli d'araignée prête à lui grimper dessus, il jurait, il jurait qu'il allait attraper ce qu'il y avait par terre, n'importe quoi, et qu'il s'en chargerait lui-même.
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MessageSujet: Re: Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]   Mar 2 Nov - 7:30

Ankou n'avait jamais eu à s'occuper de jeunes enfants, et il le regrettait amèrement aujourd'hui: Sûrement que s'il avait eu un petit frère ou une petite soeur dont il aurait du s'occuper de temps à autre pour soulager ses parents et les gouvernantes, la situation présente ne lui aurait pas parue si irréaliste et l'expédition beaucoup plus simple à encadrer. Car clairement, c'était deux enfants qu'il avait amené avec lui: Une petite fille qui courait partout sans se soucier des recommandations données pour sa sécurité, et qui ramassait n'importe quel objet se présentant à elle. Et à côté d'elle, un petit garçon renfermé et peu bavard, qui hurlait à chaque grincement ou petite bête qui osait lui monter dessus. Oh, Ankou était loin de détester les enfants. Il les adoraient, même, et s'était toujours sentie l'âme paternelle, dans un certain sens. Mais quand les dits enfants faisaient sa taille, avaient son âge et étaient censés agirent en adultes responsables, en particulier dans un lieu réputé dangereux comme l'ancien Asile, et qu'ils faisaient tout sauf ce qu'on attendait de leur part, alors le jeune homme aux cheveux noirs devait l'avouer, sa patience s'en allait bien plus vite qu'en temps normal. Alàlà...Il ne savait pas comment allait se terminer cette petite expédition, mais s'il ne voulait pas perdre Karin dans un sombre couloir ou Aleksander de peur car il aurait vu une bête trois fois plus grosse, velue et atroce qu'une araignée, il allait falloir qu'en plus d'ouvrir en grand ses yeux pour son rapport, il s'assure constamment de la présence de ses deux amis à ses côtés. La pensée qu'un d'eux aurait pu se perdre durant la visite lui avait effleurée l'esprit, et plus d'une fois; Mais il s'était dit, en grand naïf qu'il était, que Karin et Aleksander, mais surtout Karin, comprendraient les dangers dont regorgeait cet asile en ruine et adopteraient une attitude en conséquences. Penses-tu! La fleuriste aux yeux bleus semblait totalement détendue, comme si elle visitait un ami et s'émerveillait du salon de ce dernier. Quant à son frère, et bien, il avait le comportement et la mine d'un prisonnier grimpant les dernières marches qui le séparaient de sa mort prochaine, et la discussion d'un mammifère mort. Ils allaient aller loin, avec ça, n'est-ce pas? Se retournant pour rapidement considérer ce qui l'entourait, ses yeux, qui s'habituaient peu à peu à la pénombre, parvinrent à deviner les contours d'objets qui gisaient à terre et qui étaient à éviter à tout prix, à moins de ne vouloir attraper une maladie du sang en s'enfonçant une pointe particulièrement acérée quoique rouillée dans la jambe ou le pied. Et ce genre de désagréments, Ankou préférait les éviter. Bien que doté d'une santé de fer, il ne désirait pas tester les limites de son corps ici même. Et si Karin pouvait s'abstenir de le faire en ne touchant pas à tous les flacons et outils se trouvant à terre, il lui en serait reconnaissant. Il lui avait déjà dit de ne rien ramasser, mais il était certain qu'elle ne l'écouterait pas. Et s'il se répétait, il était fort probable qu'elle lui dise qu'elle savait déjà tout ça, qu'il n'était qu'un rabat-joie, qu'elle ne risquait rien, et des tas d'autres raisons qui n'avaient de crédit qu'aux yeux de la jeune femme aux cheveux bouclés. Elle ne semblait décidément pas comprendre que s'il l'embêtait ainsi, avec toutes ces règles de sécurité que même un enfant aurait eu en tête avant d'arriver ici, c'était uniquement car il s'inquiétait pour elle et ne voulait en aucun cas qu'elle soit blessée. Il ne la pensait pas incapable de bien se tenir-enfin...-, mais il voulait s'assurer qu'elle ne tente rien de passablement idiot et dangereux. Et comme elle semblait de toute évidence avoir une vision du danger relativement différente de la sienne...Il était tout à fait normal qu'il s'inquiète pour elle. Mais allez lui faire comprendre qu'il ne la prenait pas pour une idiote inconsciente, c'était une autre paire de manche. Garder un œil sur Karin en permanence allait être de rigueur, il ne le savait que trop bien. Pas que ça le dérangeait vraiment, c'était plutôt Aleksander qui lui faisait faire la grimace. S'il appréciait énormément Karin, il n'en allait pas de même pour son jeune frère, et quelque chose disait à Ankou que le sentiment serait à jamais réciproque. Quelle chance! Justement, lui qui se demandait s'il allait le laisser se faire dévorer par la petite bête noire ou le sauver de l'affreuse, voilà qu'il était d'un seul coup bien hésitant. Mais songeant qu'il allait réveiller les morts s'il la laissait là et que Karin ferait sans doute encore plus de bruit en l'aidant, il se décida, dans sa grande miséricorde, à lui porter secours. De plus, il n'avait guère envie de voir cette pauvre et innocente araignée écrasée sans pitié. D'Aleksander et elle, elle était sans aucun doute celle qui avait le plus peur, dans une certaine mesure.

Lorsque le cri d'Aleksander résonna désagréablement à travers le hall, brisant le silence qui s'était alors installé, Ankou porta une main à son oreille, luttant contre l'envie de lâcher sa lumière et plaquer ses deux mains sur sa tête pour étouffer ce cri strident. Une belle grimace étira instantanément ses fins traits, et il lança un regard profondément ennuyé à Aleksander à travers ses lunettes, bien que ceci fut inutile compte tenu de la pénombre qui régnait toujours en maître sur les lieux. Et quoi? C'était une araignée, pas un monstre qui allait lui sucer le sang et s'en repaître jusqu'à la dernière goutte! Ce garçon avait-il peut de tout? Les fantômes, et à présent les insectes...Pourquoi avoir accepté de venir ici s'il était aussi froussard? Ce n'était pas le genre d'endroits qu'affectionnaient les personnes de ce genre. Si Karin lui avait demandé de venir, n'aurait-il pas pu refuser? Ils auraient été bien plus tranquilles, sans lui, et Ankou disait cela sans aucunes arrières pensées. Le Prince de la partie Est d'Illea n'était pas un grossier personnage qui abusait de la confiance que lui portaient ses amis pour s'en servir à de malhonnêtes desseins. S'il avait proposé à la fleuriste de se rendre avec lui à l'ancien asile, qui se situait sur les pentes de la Maison des Fous, ça n'avait nullement été dans de viles intentions, il le jurait. Et même si cette invitation avait pu, au premier abord, paraître étrange, il n'en était rien, et il le jurait sur son honneur; Il ne se serait jamais abaissé à de telles choses. Karin était son amie, et il avait pensé qu'elle pourrait éventuellement être intéressée par cette petite expédition. Il lui avait par conséquent proposé de l'accompagner, en insistant bien sur le fait qu'elle pouvait refuser si cela la dérangeait elle ou ses parents, bien entendu. Au final, elle avait accepté, l'informant au passage que son petit frère se joindrait à eux. Si Ankou avait bien prit cette nouvelle, il avait vite déchanté en voyant la réaction du dit frère et son attitude en général. Tout à fait froide et méprisable. Ah...Si souhaiter la mort de quelqu'un avait été correcte, alors il avouait qu'il aurait été tenté de souhaiter celle d'Aleksander. Le garçon l'énervait au plus haut point, et il pensait que ce serait difficile de le cacher plus longtemps.

«Enlevez ça de là, Enlevez là, enlevez là...»

Ankou retint un petit rire en songeant qu'on aurait dit là un petit chat prisonnier du piège d'un dangereux chasseur. L'araignée n'était pas si grosse que ça, ou du moins, le jeune homme aux lunettes avait vu bien pire, quelques fois, dans l'herbe du parc du château où il avait passé son enfance. Pas de quoi en faire une crise de nerfs, ce qu'Aleksander semblait pourtant être sur le point de faire. S'il se mettait à hurler à la vue d'une simple arachnide, qu'est-ce que ça allait être lorsqu'il croirait voir une ombre de trop sur le mur! Ankou doutait à présent de pouvoir sortir d'ici avec son ouïe intacte. Ses oreilles allaient souffrir tout au long de ce 'périple' à travers l'asile abandonné, et il espérait simplement qu'elles tiendraient le coup. Posant doucement sa lumière au sol, dans un petit claquement, Ankou poussa un long et profond soupir tout en se redressant. Des araignées et des petites bêtes de la même famille, ils allaient en croiser dans chaque couloir. Elles pouvaient venir du plafond, du sol, et même des murs aux tapisseries délavées et vieillottes. En somme, qu'une araignée ou n'importe quoi d'autre trouve de nouveau refuge sur la jambe d'Aleksander au cours du reste de l'exploration était fort probable, et s'il hurlait à chaque fois qu'il pensait sentir quelque chose sur lui, ils n'étaient pas sortis de l'auberge. Alàlà...Ça n'allait pas être de tout repos. Peut-être aurait-il du assommer Aleksander et le laisser là jusqu'à ce qu'ils aient finis leur visite, ça aurait été, de son modeste opinion, bien plus pratique. Mais Karin ne devant pas partager son avis sur la questions, il s'en abstint. S'attirer les foudres de la demoiselle Blaze était la dernière chose qu'il désirait, après tout.
S'approchant à pas lents d'Aleksander, Ankou attrapa d'un mouvement vif l'araignée, la faisant prisonnière de sa main gauche. Il la sentit remuer entre ses doigts, et fut soulagé qu'elle n'ai rien eu. Il poussa un nouveau petit soupir, posant sa main libre sur sa hanche, adressant ces quelques paroles à son compagnon aux yeux bleus, sur un ton de reproche, comme s'il n'avait été qu'un petit enfant encore:

« Ce n'est qu'une petite araignée, tu n'étais pas obligé de hurler pour si peu. Tu devais plus ou moins te douter qu'il y en aurait ici, non? »

Faisant quelques pas sur le côté, Ankou ouvrit sa main et laissa l'araignée partir à terre dans une course précipitée pour rejoindre un vieux bout d'il ne savait trop quoi sous lequel elle se cacha. Tiens, maintenant qu'il y songeait, elles devaient avoir tissées beaucoup de toiles, dans les environs. Il allait falloir être prudent et ouvrir en grand ses yeux pour ne pas se prendre le visage dans une de ces toiles de soie. Si en plus l'occupante de cette dernière se trouvait à domicile, l'expérience allait être on ne peut plus désagréable. Il ne l'avait jamais expérimenté, et priait pour que ça continue. Ankou n'avait pas peur de ces petites bêtes qui ne faisaient la plupart du temps pas de mal à une mouche, mais en avoir une dans ses cheveux, il s'en passait fort bien. Il n'avait pas franchement envie de devoir détacher ses cheveux pour partir à la recherche de l'importune. Oh que non.

« Voilà, elle est partie, fit-il en récupérant sa lumière, et s'avançant un peu plus dans l'obscurité grandissante, Pouvons nous avancer, maintenant? Nous n'aurons pas le temps de tout visiter, si nous trainons encore de la sorte. »

Les lèvres du jeune homme aux yeux grenats s'étaient de nouveau étirées en un sourire, alors qu'il s'était retourné pour faire face à ses deux compagnons. Ce n'est pas parce qu'il avait prévenu le château qu'il rentrerait tard qu'il pouvait se permettre de tester les nerfs des occupants de ce dernier. Il n'avait pas envie que son identité soit découverte à cause d'un bête retard. Au moins, se dit-il, comme pour se soulager dans le cas où ils seraient complètement perdus et dans l'incapacité la plus totale de retrouver la sortie, la Garde viendrait à leur rencontre au bout d'un certain temps. Et ça, même si uniquement lui le savait, le rassurait énormément.

[Alàlà, Karin et Aleksander ont interêt à ne pas lui faire de mal. C'est tout le Royaume qui en serait bouleversé, didiou! Et les asiles, il adore ça, Ankou. C'est noir, c'est plein de poussière, c'est drôle. MWAHAHAHA.XD]

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MessageSujet: Re: Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]   Sam 13 Nov - 13:39

[HS: Ankou, mort à l'asile. Ou toutes les manières les plus stupides de rendre l'âme... Et Karin, elle aime encore plus les asiles! Surtout les sous-sols. Ils la retiendront pas longtemps... Mais je reviendrait au moment opportun, je vous le jure...XD]


Karin n'avait absolument pas peur des araignées. Pourquoi? Eh bien, premièrement, elles étaient minuscules. Les plus grosses d'entre elles ne lui arrivaient pas à la cheville, or, il était bien connu que les petites bêtes se trouvaient bien incapables de nuire de façon conséquente aux plus grosses. Pas d'inquiétude particulière à se faire à leur sujet donc, si l'on suivait ce raisonnement. Leurs multiples yeux et leurs huit pattes n'avaient, de même, rien de bien effrayant à son goût. Non, ce n'était définitivement pas qu'elle les craignait, juste qu'elle trouvait... Affreusement dégoutantes. Lorsqu'elle en voyait une, au coin d'un mur, en train de filer à toute vitesse sur le sol, bref, à la seconde où ses yeux et 'le monstre poilu' se rencontraient, sa seule envie était de l'écraser. Moyen très efficace, quoique quelque peu archaïque, de se débarrasser de manière définitive de l'insecte. Qui n'avait de toute façon strictement rien à faire chez elle, vraiment. D'autant qu'elles avaient un tort que la jeune Blaze ne pouvait décemment tolérer: elles terrorisaient son amour de petit frère. Et ça, ce n'était pas supportable. Elle se demandait certes, de temps à autre, le pourquoi du comment de cette crainte à l'égard de ces animaux. Elle concevait très bien qu'elles piquaient, ou mordaient, de ce qu'elle en savait, et que ce devait être relativement douloureux. Mais alors quoi? Il suffisait de les tuer pour que tout danger soit finalement écarté. Un coup de talon, et personne n'en parlerait jamais plus. Et, aussi forte que la bestiole immonde puisse être, elle ne risquait pas de transpercer une semelle, on ne lui aurait pas fait avaler une telle chose. Alors non, elle ne comprenait pas bien cette réaction. Toutefois, sachant que bien des personnes -surtout des jeunes filles, tiens, en y repensant- cultivaient une peur bleue à leur encontre, et n'osaient pourtant pas leur faire le moindre mal. Leurs sœurs allaient venir les venger durant la nuit, quelque chose de ce style peut-être? C'était ridicule, de son point de vue tout du moins. Ce qui ne l'empêchait pas de les écraser si elles osaient se montrer. Cela ne voulait absolument pas dire qu'elle était cruelle, loin s'en fallait. Au contraire même, malgré sa brutalité, elle ne désirait pas blesser les autres, que ce fut par ses mots manquant cruellement de quelque forme de délicatesse, ou par ses gestes. Un lapin, un chat, un chien, elle ne leur aurait jamais rien fait qui eût pu leur porter préjudice. Pas alors qu'ils la fixaient de leurs grands yeux, non. Mais en ce qui concernait les rats et autres créatures repoussantes d'un genre similaire, la donne changeait du tout au tout, pour le plus grand malheur de ces petites bêtes, qui n'avaient pour seule chance de survie que le replis stratégique rapide. Immédiat, même. Mais le seul souci de la blonde, sur le moment, avait été de ne pas frapper Aleksander non plus. Un violent coup de pied sur sa jambe aurait été, certes, radical, mais aussi douloureux, à n'en point douter. Question souffrance, se dit-elle, peut-être qu'une bonne grosse piqûre ne lui aurait pas plus causé de tort. Enfin, morsure mais, une fois de plus, la distinction ne lui apparaissait pas comme cruciale. Le résultat était le même, de toute manière, alors nul besoin d'être plus précise que cela. Pratiquant des arts martiaux, et s'en sortant plus que correctement dans ce domaine, la demoiselle possédait par conséquent une force considérable. Loin de l'image de la faible femme passant tranquillement le balais dans sa demeure parfaitement rangée, tout en surveillant le repas dans le cuisine, n'était-il pas? Faire à manger, d'accord. Elle pouvait. Mais rien de sophistiqué, Dieu merci... Si elle se lançait dans la moindre recette possédant trop de nuances et nécessitant trop de minutie, elle la ratait à un tel point qu'en manger pouvait vous rendre malade. Quant au ménage, c'était plus de sommaire. Ce qu'il fallait se dire, c'était qu'en plus de posséder plus de points communs avec les garçons qu'avec ses homologues féminins, elle en avait également la force. Et physique, et de caractère. Donc, si tout son être lui hurlait de mettre fin aux jours de cette araignée, une autre partie d'elle-même, ne faisait surfacer que lors de très grandes occasions, lui disait qu'entre une bestiole à huit pattes et une jambe cassée, Aleksander aurait eu vite fait de faire son choix. Et que ce n'était pas à elle de décider pour lui, non non. La partie 'responsable' de son cerveau, qui avait été mise au rabais depuis qu'elle avait mis un pied dans la bâtisse lugubre et abandonnée. Prendre ledit monstre dans ses mains pour l'enlever de son adorable cadet ne lui traversa bien entendu pas l'esprit; sa délicatesse légendaire, une fois de plus, faisait ici magnifiquement ses preuves. Peut-être, lui arrivait-il de songer, que si elle ressemblait un peu plus à une fille, elle aurait eu plus d'amies. Ou peut-être aurait-elle, à l'instar de Ludmilla, rencontré l'amour de sa vie? Heureusement, ces pensées ne duraient pas, et lui donnaient invariablement une folle envie de mourir de rire. Elle se sentait mille fois mieux comme elle l'était, que cela plaise ou non. Elle s'en sortait mieux toute seule et puis, honnêtement, si elle n'avait pas été là, qui aurait écrasé ces bestioles à la maison?

Son aînée aurait lancé quelque chose dessus, assurément. Karin jeta un coup d'œil circulaire au sol sous ses pieds, cherchant en quatrième vitesse quelque chose à jeter sur l'araignée, avant de ne brusquement se raviser. Voilà qui serait tout aussi dangereux qu'un coup de pied, voir plus. Néanmoins, lorsque le jeune homme aux yeux bleus les implora de la retirer de lui, elle se décida à frapper. Tant pis, elle se modérerait.

Alors, au final, il aurait dû remercier Dieu de la présence de l'ami de sa sœur. Parce que sans lui, il en aurait été quitte pour des béquilles un long moment durant. Karin ne se serait pas attendue à ce qu'il agisse de la sorte. Pourquoi? Parce qu'il était riche, pardi. Or, les riches avaient peur de tout et ne touchaient jamais à rien de sale ou potentiellement dangereux. Voilà qui était notoirement connu. Un léger sourire fleurit donc sur ses lèvres. L'exception qui confirmait la règle, ni plus ni moins. Elle n'aurait pas remis en cause ses acquis, jamais! Plutôt mourir. Mais bon, il y avait toujours des gens pour ne pas se conformer à ces stéréotypes.

« Ce n'est qu'une petite araignée, tu n'étais pas obligé de hurler pour si peu. Tu devais plus ou moins te douter qu'il y en aurait ici, non? »

C'était un fait. Elle-même partageait cette opinion, mais ne serait pas allée jusqu'à dire 'pour si peu'. Parce que de fait, certains avaient peur du noir, d'autres de la foule, d'autres encore des clowns. Alors, les arachnides, ce n'était pas plus ridicule qu'autre chose. On ne contrôlait pas son cœur; et certaines craintes, quoique l'on soit totalement incapable de leur trouver une explication logique, n'en étaient pas moins bel et bien présentes. Elle fut prise d'une brusque envie de lui coller sa plus grande phobie devant le nez et de voir si, lui, ne crierait pas. La seule chose qui l'en empêcha fut ne pas la connaître. Hm, eh bien, elle y remédierait en temps et en heure, se jura-t-elle à elle-même. La jeune fille aux grands yeux bleus riva son regard sur le plafond, haut au dessus d'eux, songeant qu'en effet, une multitude d'insectes pouvaient, et devaient, s'y tapir. Cet endroit devait littéralement en grouiller et, si elle n'était pas dérangée par ce fait, et qu'Antoine y semblait aussi indifférent qu'elle, ce n'était pas le cas du plus jeune. Antoine laissa l'araignée filer, au plus grand dam de Karin, qui aurait assez apprécier s'assurer leur tranquillité en l'écrasant. Elle ne tarda toutefois pas à comprendre la futilité qu'aurait eu son geste; s'il n'y avait eu qu'elle, oui, ç'aurait réellement servi à quelque chose. Mais en l'occurrence, elle aurait été remplacée par dix nouvelles de ses camardes alors, peu importait. Elle était venue chercher des objets à malédiction, jouer les aventurières et rencontrer des fantômes, pas exterminer la vermine de l'endroit. Une nuit n'aurait pas été suffisant pour le quart de cette tâche colossale, de toute manière. Or, ils n'avaient pas tout leur temps non plus.

Juste assez pour visiter les sous-sols, elle en était intimement persuadée.

La blonde fit un sourire qui se voulait rassurant à son petit frère préféré. Après tout, cet insecte ne serait sûrement pas le dernier qu'ils rencontreraient en chemin. Certaines, plus intrépides que les autres, iraient sans nul doute vers eux. Auquel cas, elle les écraserait. Fini, on n'en parlerait plus.

« Voilà, elle est partie. Pouvons nous avancer, maintenant? Nous n'aurons pas le temps de tout visiter, si nous trainons encore de la sorte. »

Karin haussa les épaules, persuadée qu'elle était qu'ils n'y parviendraient jamais, en firent-ils l'exploration en courant. Elle, voulait descendre au plus vite. Les sous-cols, en plus d'être mille fois plus intéressant que les étages ou le rez-de-chaussée, s'étendaient bien souvent sur un bien plus grand terrain. Si tel était le cas, elle aurait bien besoin de tout son temps. Ne lui restait qu'à trouver une bonne occasion de fuir... Sans paraître louche et qu'ils la rattrapent aussitôt, cela allait sans dire. Elle se mit donc à se creuser la tête à la rechercher de l'idée du siècle, sans rencontrer de probant succès. Son esprit restait aussi noir que tout ce qui l'entourait. L'endroit était glauque et en aurait fait hurler plus d'une, mais elle appréciait cette ambiance. C'était... Excitant, vraiment. Au jugé de l'empressement qu'elle ressentait dans cette pièce, elle ne pouvait qu'imaginer combien ce serait génial une fois les quelques premières volées de marches franchies. L'atmosphère serait plus lourde, humide, cette odeur de poussière et de renfermé serait encore plus présente. Ce ne serait plus le vent qu'elle entendrait, mais les gémissements des anciens pensionnaires, ne comprenant pas que leurs souffrances étaient terminées et qu'ils pouvaient monter au ciel. Ah, comme elle pouvait avoir hâte, comme elle pouvait avoir hâte!

« T'en fais pas, Aleksander, on va te protéger des araignées aussi! Tiens, pour bien faire, Antoine a qu'à passer devant, tu iras au milieu et je ferme la marche. Comme ça, tu seras en sécurité. »

Elle restait donc persuadée qu'ils rentreraient à temps, sans plus de problèmes. Vraiment, toujours à s'inquiéter de tout! Karin ne semblait pas se rendre compte que, entre elle qui ne pensait qu'à faire n'importe quoi et Aleksander qui ne devait pas être tout à fait à son aise, il fallait bien qu'il y en ai au moins un qui fasse preuve de responsabilité. Tout ce qu'elle voyait, c'était qu'il ne lui fichait pas la paix et ne désirait pas s'amuser en allant crapahuter près de la morgue et autres salles du même genre. Ils étaient pourtant venus pour ça, à la fin! Non pas pour contempler les motifs que dessinait la poussière, pour juger de l'obscurité qui régnait sur ces lieux en maîtresse absolue, ou compter les différentes espèces de rats et d'araignées qui devaient avoir envahis les murs et le plafond. Ce n'était pas si dangereux que ça, si? Oh, et puis, le risque faisait partie intégrante de leur exploration. L'écarter aurait été un blasphème, une atroce ineptie.

« Et, au fait... dit-elle avec un grand sourire, on s'en fiche pas mal de tout visiter, tant qu'on visite le plus intéressant. Et on a encore le temps, pas besoin de s'inquiéter comme ça...Vous croyez que les fantômes viennent plus facilement si on a peur d'eux? »

Ses intentions étaient aussi limpides qu'inéluctables. Arriverait forcément le fatidique instant, la seconde de trop, où ils la quitteraient des yeux et où elle pourrait s'éclipser discrètement. Elle ne comptait pas se perdre, juste pousser l'exploration un peu plus loin, là où les deux autres refusaient un peu trop catégoriquement à son goût d'aller. Antoine veillerait sur Aleksander, aucun souci à se faire de ce côté là. Et quant à elle, se dit la blonde aux cheveux bouclés en serrant le poing et sans cesser de sourire, quant à elle, elle pouvait parfaitement veiller sur elle-même en toutes circonstances. Elle savait se défendre à merveille.
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MessageSujet: Re: Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]   Mer 15 Déc - 20:01

{Parce qu'Aleks' ou pas et moi, on est d'accord pour dire que ces têtes là, elles tuent.|D

Spoiler:
 

Sinon youpidou, j'ai regardé la scène où Kanon se triture sa blessure sans le floutage, trop cool. Et puis vous avez remarqué à quel point Aleks' est beau? 'tain, ça vient de me frapper, là. Trop beaaaaaaaau~*w*}


Il n'y avait pas vraiment de raison à ça.

Sa peur des araignées, il voulait dire. Et des insectes. Et des petites bêtes velues, poilues, pleines de pattes et de mandibules, d'yeux et de petits pinces. Et s'il y avait une quelconque raison dans son subconscient qui le faisait hurler à chaque fois qu'il en voyait une, eh bien il ne tenait pas à la connaître. C'était effrayant, un point c'est tout. C'était petit, ça se glissait partout, ça rampait, ça allait à une vitesse affolante, ça mordait ou piquait et allait, encore une fois, absolument partout. Il n'aimait pas ça, il n'aimait pas ça : il n 'y pouvait rien. Si on lui en avait laissé le choix, le serviteur aux yeux bleus aurait préféré ne pas avoir une si ridicule phobie, évidemment. Ce n'était pas comme si ça l'amusait oui lui plaisait, de passer pour le dernier des froussard. A qui une telle réputation aurait plût? Ça ne l'aurait pas tant embarrassé, si ça n'avait pas été aussi simple à comprendre et à deviner. Sa mère le savait, ses sœurs le savaient, la plupart des serviteurs qu'il voyait régulièrement le savaient. Et ça l'enchantait à un point inimaginable, vraiment. Est-ce qu'il y pouvait quelque chose, si les araignées le terrifiaient? Ce n'était pas comme s'il était le seul à en avoir peur, de plus ; il suffisait de regarder Ludmilla pour le savoir. En fait, Aleksander ne comprenait pas comment on pouvait ne pas en avoir peur. C'était incompréhensible selon lui qu'on puisse ne pas grimacer en en voyant une, qu'on puisse les prendre dans ses mains et, complètement inimaginable, qu'on puisse les..., les apprécier. Uh..., rien que d'y penser, ça lui retournait l'estomac. Ou peut-être était-ce parce qu'on venait de lui dire qu'il avait une de ces horribles bestioles de cauchemar sur la jambe, difficile à dire. Lui qui n'était déjà pas rassuré, voilà qu'il était complètement terrifié. Faire demi-tour était la seule chose à laquelle il aspirait, pour le moment-et sans doutes pour les heures à suivre, malheureusement. Il devait être maudit, pour être celui sur lequel cette sale bête avait décidé de monter ; ce devait être ça, évidemment. Pour lui enlever toute crédibilité, le ridiculiser, que savait-il encore! Pour un peu, il aurait cru à un complot. Le jeune homme se mordit violemment l'intérieur des joues, chassant cette idée ridicule dans le même mouvement. Il n'avait pas voulu crier. Ou plutôt, il aurait voulu ne pas crier. Ç'avait été un réflexe, rien de plus qu'un stupide réflexe reflétant avec une grande exactitude ce qu'il ressentait à l'idée qu'une araignée noire et velue ait élu domicile sur sa jambe. Mais après coup, très honnêtement, il le regrettait. Il n'avait pas envie de passer pour quelqu'un effrayé par tout et n'importe quoi. Principalement parce que c'était la vérité, sans doute : il était loin d'être courageux, et lui faire peur n'était pas très compliqué en soit. Mais là, c'était comme l'endroit par définition dans lequel se concentrait tout ce qu'il craignait le plus : un noir oppressant, des insectes et arachnides dans tous les coins, des éventuels fantômes rôdant en quête de vengeance, et pour couronner le tout un imbécile qui, il en était sûr, voulait lui voler sa sœur. Il n'aurait plus manqué, tiens, que Ludmilla et son petit-ami soient là. Ça aurait bouclé la boucle de ce qu'il détestait le plus au monde, ne put-il s'empêcher de se dire en fermant les yeux quelques instants, tétanisé. Quelqu'un muni d'une hache ou d'un couteau de boucher serait arrivé devant lui qu'il n'aurait pas plus pu bouger, il pouvait le jurer. Son corps lui semblait complètement bloqué, comme s'il s'était brusquement transformé en statue de pierre: les secondes lui semblaient s'étirer, longuement, comme si le temps avançait bien moins vite qu'à l'accoutumée, et qu'il n'y avait guère que lui et cette fichue araignée qui s'en rendaient compte. Il ne voulait pas qu'elle remonte le long de sa jambe, sinon il allait hurler à nouveau. Il aurait suffit que l'infâme créature fasse mine de remonter sur ce maudit pantalon, et il aurait hurlé. Agité sa jambe aussi, certainement, en espérant qu'elle n'aurait pas réussi à s'accrocher. Il allait faire une crise cardiaque, il allait mourir de peur si elle restait là une seconde de plus. Combien de temps cela faisait-il, qu'elle était là? Quelques secondes tout au plus. Pourtant, il avait l'impression d'être resté à la fixer, tétanisé, depuis plusieurs minutes au moins. Ce qui était une tout sauf agréable sensation, il pouvait en témoigner.

Son attention fut attiré par un bruit, qu'il put identifier comme étant celui de la lampe d'Antoine uniquement parce que la source de lumière descendit significativement. Tiens, par quel miracle n'avait-il pas lâché la sienne? Il se le demandait, franchement. Ses bras étaient légèrement écartés de son corps, dans une claire position de crainte, et ses doigts étaient sérrés sur ladite lampe. Il allait la lâcher, si l'araignée bougeait. Avec un peu de chance un morceau de verre irait se planter dans la jambe du garçon aux yeux bruns, tiens. Avec moins de chance, il réussirait à mettre le feu à un quelconque morceau de tissu ou de papier resté au sol. Ce qui, en effet, serait vraiment moins amusant que la première option. Enfin, pour l'instant la seule chose que voulait vraiment le garçon aux cheveux sombres, c'était qu'on lui enlève ce monstre de là, qu'il puisse arrêter de retenir sa respiration par saccade de peur qu'un faux mouvement ne lui donne envie de s'aventurer le long de sa jambe. C'était fou, ce qu'un être si insignifiant pouvait créer en lui des émotions aussi fortes. Pas de quoi s'émerveiller, mais c'était tout de même remarquable dans le sens où Aleksander n'avait pas de réaction à grand chose en règle général. Parce qu'il s'en fichait de tout, ou qu'il faisait en sorte de s'en moquer. Il n'y avait pas de vraie réponse, les deux étaient vrais et très éloignés de la vérité à la fois. Il était juste..., ailleurs. En tout cas il aurait aimé être ailleurs que dans ce bâtiment délabré et sombre, c'était chose certaine. Il ne réagit même pas en constatant qu'à défaut de sa sœur qui présentement cherchait de quoi lui casser la jambe, en bonne soeur qu'elle était..., c'était donc Antoine qui s'approchait de lui. Et attrapa l'araignée dans sa main. Un vague murmure dégouté s'échappa des lèvres du jeune homme tandis qu'il faisait un pas en arrière. Comme si le simple fait de ne plus avoir l'araignée sur lui venait de débloquer le 'il-ne-savait-trop-quoi' en lui qui l'empêchait jusqu'alors de faire le moindre geste. Il avait eu tellement peur, en fait, qu'il n'avait même pas pensé à brusquement abattre la lampe sur la tête de l'infortuné garçon quand il s'était approché de lui-chose qu'il aurait été tenté de faire, en temps normal. Il soupira doucement, soulagé, reprenant cette expression froide et indifférente qu'on le voyait arborer en quasi-permanence. A la différence près que son cœur peinait à retrouver un rythme normal, et qu'on pouvait lire sur son visage fin une certaine gêne à l'idée d'avoir eu l'air profondément ridicule. Gêne qu'il s'appliquait comme il pouvait à transformer en colère à l'égard de cet espèce d'imbécile profond qui-oh mon Dieu, il avait toujours l'araignée dans sa main, c'était immonde, immonde, complètement immonde, elle devait bouger, remuer, essayer de se frayer un chemin entre ses doigts et vraiment, c'était-ah! Aleksander darda ses yeux bleus sur la main de son ainé, fixant ses doigts comme s'ils avaient renfermé la plus horrible des créatures. Ce qui était le cas, après tout.


« Ce n'est qu'une petite araignée, tu n'étais pas obligé de hurler pour si peu. Tu devais plus ou moins te douter qu'il y en aurait ici, non? »



Ah, voilà. L'araignée était partie. Il la suivit du regard, méfiant, avant de ne reposer son regard sur son interlocuteur. Qu'il foudroya du regard, l'air aussi irrité que gêné. Maintenant, il le haïssait purement et simplement. Il allait l'enterrer dans un coin et il ne manquerait à personne, il l'aurait parié. Ce serait une bonne chose de faite, et il se sentirait infiniment mieux, ça c'était certain. Après quoi il se tourna vers sa sœur, ne sachant même pas vraiment ce qu'il attendait d'elle. Elle lui souriait d'un air rassurant, et à cela il ne put répondre que par un soupir résigné, presque inaudible. Oui, et bien non. Il n'avait réalisé que cet endroit en était rempli que peu de temps auparavant, vraiment désolé. Et puis qu'est-ce que ça aurait changé? Il serait venu tout de même, puisque Karin serait elle-même venue-elle n'avait pas peur des araignées. Il ne pouvait pas la laisser seule, donc il n'avait pas le choix. Uh..., qu'on ose lui dire qu'il était cruel, après ça.

Nous n'aurons pas le temps, gna gna gna..., le serviteur leva les yeux au ciel et raffermit sa prise sur sa propre lampe, songeant sérieusement, cette fois, à la lui écraser sur la tête. Peut-être cela mettrait-il le feu à ses cheveux? Ça aurait été hilarant, vraiment. Il aurait payé pour voir ça. Ce n'était pas charitable, mais qui l'eut été envers quelqu'un qu'il haïssait? On ne pouvait pas lui reprocher de souhaiter du mal de ce sinistre individu. Et même si on pouvait certainement le faire, il n'en faisait pas grand cas. L'avis des autres n'avait jamais été sa première préoccupation, après tout. Si l'on enlevait les quelques exceptions qui confirmaient la règle. Bien sûr.

« T'en fais pas, Aleksander, on va te protéger des araignées aussi! Tiens, pour bien faire, Antoine a qu'à passer devant, tu iras au milieu et je ferme la marche. Comme ça, tu seras en sécurité. »

En sécurité? Ce qu'elle pouvait être comique, parfois, se dit Aleksander en lui adressant une sorte de 'sourire-grimace-oh-mais-je-n'en-doute-pas-aha.' Déjà, avec Antoine devant, il ne se sentait PAS en sécurité. C'était certainement un malade complet qui se promenait avec des dizaines de couteaux sur lui et nourrissait de sombres desseins envers sa sœur, alors se sentir en sécurité avec lui devant..., par ailleurs, il ne pouvait pas dire que son idée était mauvaise-enfin, en partie. Comme a, il pouvait le surveiller. Et les savoir séparés d'une manière ou d'une autre-en l'occurrence, par lui-ne lui semblait pas inintéressant. Avoir Karin derrière lui, en revanche..., là, son esprit lui criait que c'était la pire des idées qu'il aurait pu avoir. Karin, derrière? Oh, vraiment..., s'il ne la regardait pas elle allait s'en fuir, il le savait.

« Et, au fait...On s'en fiche pas mal de tout visiter, tant qu'on visite le plus intéressant. Et on a encore le temps, pas besoin de s'inquiéter comme ça...Vous croyez que les fantômes viennent plus facilement si on a peur d'eux? »

…, merci. Maintenant, il se sentait deux fois plus rassuré. Un long frisson descendit le long de sa colonne vertébrale, mais il l'ignora du mieux qu'il put. Ce n'était pas avoir peur qui risquait de le protéger de quoi que ce soit, c'était certain ; autant essayer de se changer les idées. Et de regarder où il marchait. Plus d'araignée sur lui, plus jamais. Il respira doucement, calmement, et réussit à retrouver une expression et un rythme cardiaque qu'il jugea correct. Maintenant, il allait rester calme et posé, calme et posé, se dit-il en avançant, jetant un coup d'œil à sa sœur au passage. Elle n'avait pas intérêt de partir, vraiment.

Quoi que comme ça, il aurait pu tuer Antoine. Toute mauvaise situation avait ses bons côtés.
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MessageSujet: Re: Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]   Mer 29 Déc - 0:48

Ça aurait été mentir que de dire qu'Ankou était satisfait de la tournure que prenaient les évènements. Mais dire qu'il était mécontent aurait été mentir aussi, alors au final, qu'espérait-il de cette petite expédition? Il ne le savait pas lui-même. Il était ici pour juger de l'état des lieux et leur impact, ainsi que de la sécurité qu'ils offraient aux éventuels 'promeneurs' (mais quelle idée d'aller se balader dans ces montagnes, en premier lieu), et pour cela, il devait inspecter les lieux de haut en bas, de bas en haut, et de long en large. Enfin, techniquement, c'était ce qu'il aurait du faire, et ce que ses subordonnés auraient sans l'ombre d'un doute fait consciencieusement s'il les avaient envoyés ici. Mais à quoi bon descendre jusqu'aux morgues? Ceux qui venaient ici étaient terrifiés à peine arrivés dans l'entrée, alors descendre aussi bas, Ankou ne pensait pas qu'ils étaient assez téméraires pour tenter l'expérience. Et quand bien même ces pauvres âmes avaient décidées de se terroriser pour le restant de leurs pauvres jours, c'était à elles que la faute incombait d'avoir forcé une porte qu'elle savaient pertinemment condamnée pour de bonnes raisons. De très bonnes raisons. Vraiment, Ankou était abasourdi d'entendre qu'on puisse vouloir aller au sous-sol à la recherche de squelettes ou de corps en décomposition. Pas qu'il croyait aux fantômes, il avait déjà été très clair sur ce point: Mais il avait encore une notion du danger et de l'horrible relativement 'normales', et ces notions lui hurlaient que vouloir voir ce spectacle était tout sauf sain et normal. Évidemment, et le jeune homme aux cheveux de jais ne remettait pas cette affirmation en cause. Ils allaient visiter cet asile, que l'endroit soit infesté d'araignées et autres bestioles en tout genre ou non, c'était certain. Ils n'avaient pas fait tout ce chemin pour simplement entrer, s'extasier sur la beauté macabre des lieux, pour ensuite immédiatement faire le chemin inverse, ça non. Karin voulait voir des fantômes, lui devait faire un rapport sur l'état des lieux, et Aleksander...Hm, leur servait d'appât au cas où un monstre assoiffé de sang ou un ennemi se pointerait. Satisfait de l'utilité qu'il avait réussit à donner au jeune homme garçon aux cheveux sombres, Ankou se dit, déterminé, qu'ils allaient commencer à avancer une bonne fois pour toute. Droite, gauche, mais surtout droit devant eux. Hors de question d'emprunter les escaliers qui descendaient, il ne savait que trop bien où ils les emmèneraient. Et ceux qui montaient, il ne faisait pas confiance à leur prétendue résistance. Non, vraiment, tout leur indiquait que rester au rez-de-chaussée était la meilleure des idées qui soit, et n'importe quelle personne possédant un minium de sens commun aurait pensé la même chose que lui. Aleksander, bien qu'il soit particulièrement agaçant et délicat-ah ah-, avait au moins le mérite d'agir en personne sensée, en ce qui concernait leur présente situation en tout cas. Tout le contraire de Karin, qui semblait décidée à échapper à sa surveillance et se glisser dans le premier couloir en pente qu'elle trouverait. Quel malheur, quel malheur! Perdre quelqu'un ici était une très mauvaise idée, et le pire, c'était qu'Ankou était certain qu'une telle chose allait arriver dans quelques minutes gros maximum.

Parce que quand il prédisait un malheur, étrangement, il se trompait rarement. Tss...

Laissant son regard grenat dériver sur ce qui l'entourait, ses mains enserrèrent davantage sa source de lumière, et il poussa un discret petit soupir. L'atmosphère était lourde, pesante: L'endroit sentait le renfermé plus qu'il ne l'aurait cru possible, et il faisait encore plus froid à l'intérieur qu'à l'extérieur. Ses yeux s'accoutumant peu à peu à l'obscurité qui régnait en maître dans l'asile désaffecté, les vieilles histoires qu'il avait entendu au sujet de cet endroit vinrent hanter son esprit, le peuplant d'images toutes plus atroces les unes que les autres. Comme les pensionnaires de cet établissement avaient du souffrir! Il peinait à s'imaginer ce qu'on avait pu leur faire subir en ces lieux, mais en savait assez pour ne pas vouloir s'en imaginer plus. Horrible, inhumain, complètement...Scandaleux. Et le pire dans tout ça, c'était que le Prince savait parfaitement qu'il existait d'autres établissements de ce genre à travers le pays. Que pouvait-il y faire? Ils existaient depuis longtemps, et où aurait-on mit leurs pensionnaires s'ils avaient été contraints de fermer? Il y avait dans ce monde des personnes qui nécessitaient des soins spéciaux et une attention toute particulière, pas une torture quasi permanente. Mais ça, hélas...Il n'y pouvait vraiment. Vraiment, vraiment rien.

« T'en fais pas, Aleksander, on va te protéger des araignées aussi! Tiens, pour bien faire, Antoine a qu'à passer devant, tu iras au milieu et je ferme la marche. Comme ça, tu seras en sécurité. »

Le dénommé 'Antoine' leva les yeux au plafond avec un petit sourire à l'entente de ces paroles. Oh, comment ça, 'on'? Il ne comptait nullement protéger le jeune homme de ces petites bêtes inoffensives à huit pattes, certainement pas. Le verbe protéger ne s'appliquait pas même dans la situation tant l'idée qu'une petite araignée aurait pu faire du mal à un homme était ridicule. Il rirait bien, s'il se prenait la tête dans une toile d'araignée, tiens; Ça lui apprendrait à crier pour un rien. Ils n'étaient pas sortis, c'était vrai, s'il se mettait à hurler dès qu'une araignée lui filait entre les jambes; Sans compter qu'en plus de faire sursauter tout le monde, cela leur ferait considérablement perdre leur temps. Bon, pour aller vite, ce n'était pas très judicieux non plus de mettre Karin derrière, mais Ankou pensait que s'il avait refusé, elle aurait insisté jusqu'à ce qu'elle accepte. Ne se sentant pas d'humeur à se disputer inutilement, il ne fit que hausser ses épaules, passant devant. Il sentait qu'ils allaient la perdre, c'était une évidence, ou plutôt qu'elle allait se perdre volontairement, mais ça revenait au même. Au moins, il saurait où aller la chercher si elle ne répondait pas présente à l'appel. Il était fatigué rien que d'y penser.

« Et, au fait...On s'en fiche pas mal de tout visiter, tant qu'on visite le plus intéressant. Et on a encore le temps, pas besoin de s'inquiéter comme ça...Vous croyez que les fantômes viennent plus facilement si on a peur d'eux? »

Le plus intéressant? Et bien entendu, à ses yeux, le plus intéressant étaient les sous-sol, la morgue, les cadavres, et tout le tremblement, c'était bien ça? Si le geste avait pu ne pas être mal interprété, alors Ankou se serait sur le champ attaché, menotté, n'importe quoi à Karin pour l'empêcher de s'éloigner. Malheureusement, il doutait fortement du fait que cette décision fasse l'unanimité, aussi ne le fit-il pas. Les sous-sols, les sous-sols...Non, vraiment, il n'avait aucune envie d'y aller. C'était malsain, mince! Qui Karin croyait-elle qu'on allait blâmer si elle revenait d'ici choquée ou blessée? Non mais sérieusement...Elle aurait pu se comporter en adulte raisonnable l'espace d'une journée, non?

Non?

« On avance, alors, si tout le monde est prêt, fit Ankou en tenant fermement sa lampe entre ses doigts fins, Je ne sais pas s'ils viendront plus vite ainsi, mais interdiction de s'éloigner, d'accord? Je n'ai pas vraiment envie qu'on soit séparés. »

parce que l'endroit est grand, passablement dangereux, qu'on va s'inquiéter pour nous si nous ne rentrons pas à l'heure prévue, etc etc. Inutile de le rappeler, n'est-ce pas, que cet ancien asile n'était pas un immense terrain de jeu?

« D'accord, Karin? Répéta-t-il en se retournant vaguement vers elle, Je suis certain que ça n'enchanterait pas Aleksander de devoir aller te chercher au sous-sol. Ça ne me dit rien à moi non plus, d'ailleurs, alors tu restes bien derrière nous. »

Oui mais non. Pourquoi avait-il dit cela? Il ne savait que trop bien que ça ne servirait à rien. Continuant d'avancer, doucement pour ne pas buter dans un quelconque instrument à la forme douteuse, il se dit qu'au moins, les choses avaient été mises au clair. Si Aleksander tombait des escaliers en voulant se rendre au sous-sol pour aller chercher sa soeur, ce serait de la faute de cette dernière. En aucun cas la sienne, en tout cas. Lui se contenterait de sagement continuer à avancer.

Hmm hmm.


[Her her her...VOILA. MPDT, tu crains franchement. Vraiment. Et je propose qu'on assome Karin! Le seul moyen de la faire se tenir tranquille.XD]

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MessageSujet: Re: Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]   Dim 9 Jan - 17:49

Karin avait beau dire, et son désir brûlant de descendre aussi bas que possible dans les fondements de l'asile désaffecté avait beau être aussi fort que véritable, son enthousiasme non feint, elle savait pertinemment qu'elle n'aurait pas dû. C'était une évidence qui n'aurait échappé à personne, pas même à elle, alors que pourtant, penser logiquement et réaliser les faits n'était pas spécialité, ni e fut-ce qu'un passe-temps correct de son avis. Y aller était juste, clairement, vraiment, sûrement la pire des idées qu'elle aurait pu avoir. Qui plus est, c'était terriblement effrayant; songer à ce qu'elle pourrait y voir, les rencontres qu'elle pourrait y faire suffisait à lui donner la chair de poule, un frisson remontant le long de son dos. Et malgré cela, un sourire à la fois décidé et fébrile étirait ses lèvres. Étrange, n'était-il pas? La blonde aux cheveux bouclés était littéralement morte de peur, déglutissait avec difficulté mais, oh, ce que cela pouvait être excitant! Contrairement à Aleksander, qui chercherait par tous les moyens à écarter les divers insectes et insectes à huit pattes qui tenteraient de l'approcher à coup sûr, elle, recherchait ces fantômes qui la terrorisaient tant. C'était à la fois paradoxal et compréhensible: elle n'était après tout pas la seule dans ce cas. Si elle avait accepté d'Antoine, c'était en parfaite connaissance de cause. Sans cet omniprésent et réel danger, ce frisson, tout ce chemin jusqu'à la vieille bâtisse délabrée ne lui aurait pas paru si justifié que ça. Pourquoi diable voulait-elle avoir peur? Voilà, se dit-elle, qui était une intéressante question, à laquelle elle n'avait franchement aucun début d'esquisse d'ébauche de réponse, satisfaisante ou même superficielle! Juste quelques hypothèses qu'elle ne pouvait pas vérifier. Peut-être pour ceci, peut-être pour cela... Peut-être aussi pour se dire qu'elle n'avait plus aucune raison de souffrir à cause de ces spectres translucides. Si un enfant craignait le noir, lui laisser une chandelle allumée le temps qu'il s'endorme ne ferait que le conforter dans sa certitude que c'était grâce à cette lumière que les monstres tapis sous son lit ne venaient pas le dévorer. Non, non, du point de vue de la jeune Blaze, il fallait adopter des méthodes bien plus..., radicale? Un euphémisme pour cruel, quelque part, mais elle-même ne l'aurait pas qualifié de la sorte. La solution était pour elle la plus simple du monde: on les forçait à passer une nuit dans le noir. Alors, ils se rendraient bien compte qu'ils n'en sont pas morts, et qu'ils étaient ridicules, à pleurer pour qu'on leur laisse un peu de lumière... Alors qu'ils n'avaient rien à craindre! Un principe similaire devait s'appliquer pour elle, quoiqu'elle en fut somme toute assez inconsciente: les histoires de fantômes l'avaient maintenue éveillée tellement de nuits, parfois! Lui avaient donné des cauchemars qui lui étaient longtemps restés, même si elle ne s'en souvenait plus aussi bien à présent. Une fois, lors d'une soirée passée avec deux de ses meilleurs amis -deux frères, l'un d'un an plus vieux qu'elle, l'autre d'un an plus jeune, et qui ne semblaient jamais satisfaits du nombre de plaisanteries et mauvais coup qu'ils faisaient chaque jour-, ils s'étaient tous trois lancés dans un concours d'histoires d'horreurs, et elle avait été forcée contrainte d'enchainer les nuits blanches, et de vivre comme un hibou pendant un temps..., ah, personne n'avait vraiment compris pourquoi elle tombait de fatigue, la tête dans son petit déjeuner, à ce moment là! Enfin, sauf elle. Et ces deux idiots, qui avaient dû bien rire en l'apprenant! Ce n'était d'ailleurs pas une si vieille histoire, en y repensant. Dans le fond, ça n'avait jamais vraiment changé... Mais si elle survivait à une petite visite dans l'ancien asile, notoirement hanté par les fantômes de ceux qui, de leur vivant, avaient subit les pires tortures, les traitements les plus inconcevables, les plus inhumains, avaient souhaité mille fois que la mort vinsse les cueillir pour les arracher à leur souffrances, alors... Alors elle n'aurait, honnêtement, plus aucune raison d'en avoir peur. Ils devaient être les pires, pas vrai? Les plus rancuniers, les plus fous, les plus... A ces pensées, le cœur de Karin recommença à battre la chamade, son sourire s'agrandissant encore sensiblement. Ce n'était pas comme si elle risquait d'en mourir, de toute façon! Aucun risque! Si elle ne pouvait pas toucher ces créatures, elles ne pourraient pas l'attraper non plus, ça allait sans dire... Et s'il s'agissait de zombies, elle leur enverrait un de ses magnifiques coups de pied capable de mettre n'importe qui à terre, oui! Elle trouverait un moyen de s'en sortir, mais elle jurait qu'elle croiserait un fantôme, ou un mort vivant, ou lirait une malédiction -sans en être affectée, bien entendu, parce que mine de rien, elle ne désirait pas avoir des malheurs toute sa vie durant...- ou, bref, trouverait quelque chose de tout à fait 'surnaturel'. C'était grisant, tellement grisant!

Plus ils s'aventuraient dans l'antre couverte de ténèbres et de poussière des spectres, plus son sentiment d'excitation augmentait. Elle ne se donnait pas deux minutes avant de ne laisser les deux autres en plan et aller courir où bon lui semblait sans aucune restriction. Aussi difficile à croire que cela puisse paraître, au vu de son empressement, elle risquait plus de se rompre la nuque en glissant dans un escalier qu'autre chose mais, ça, elle n'y accordait pas une seule petite pensée. C'était trop bête, comme façon de mourir! Ça ne lui aurait pas convenu et, à l'instar de la quasi totalité des personnes dans une situation où de grands dangers les guettaient, ou tout du moins qu'elles en avaient la nette impression, elle en oubliait les plus élémentaires.

Karin ne put retenir un petit semblant de sourire victorieux quand Antoine passa devant. Ah, parfait! Elle irait donc derrière. Cela ne l'aurait pas enchantée de trahir la belle confiance que lui accordaient ses deux compagnons si cette dernière avait été très grande... Mais elle avait comme l'intuition qu'ils savaient amplement qu'elle ne resterait pas. Ne le leur avait-elle pas signalé une bonne centaine de fois, d'un bon millier de différentes manières depuis qu'ils avaient franchi le seuil du lugubre bâtiment? Si. Et ils n'étaient pas idiots -plus intelligents qu'elle, ça ne faisait aucun doute et elle ne cherchait pas à se le cacher, presque fière d'être la plus 'naturelle' du lot. Parler remplissait le silence, qui aurait été oppressant sans cela. La jeune Blaze jeta un coup d'œil circulaire autour d'elle, se demandant si ces ombres vacillantes sur les murs étaient bien les leurs. Si rien ne s'était caché derrière, les suivant en calant ses pas sur les leurs, sa respiration sur celle de différents protagonistes de la scène. Sans se faire voir, attendant qu'ils soient seuls pour attaquer. Tiens, si elle n'attaquait que les personnes isolées, la créature, quelle qu'elle soit, qui hantait les lieux ne devait pas être si forte! Et de toute façon, même si elle partait, il ne lui arriverait à priori rien de trop grave. Quant aux deux bruns, pas de souci à se faire; ils n'avaient pas l'air de foncièrement se détester -laule XD-, et ne se sépareraient pas. Le jeune homme à lunettes lui en apporta d'ailleurs une énième fois la confirmation:

« On avance, alors, si tout le monde est prêt. Je ne sais pas s'ils viendront plus vite ainsi, mais interdiction de s'éloigner, d'accord? Je n'ai pas vraiment envie qu'on soit séparés. »

Pas envie? Oh mais, elle non plus! Elle aurait été ravie d'explorer avec eux les sous-sols, et un peu d'aide n'aurait pas été du luxe pour défoncer ces portes dont les gonds refuseraient sans doute de bouger, pour avoir été immobiles pendant trop longtemps! Mais son adorable petit frère avait un peu trop peur, et il était vrai qu'elle se serait beaucoup inquiétée à son sujet s'il l'avait accompagnée. Et cet espèce de pseudo-homme de bourgeois d'Antoine était une véritable poule-mouillée, contre toute attente... Et dire que les aristocrates n'avaient de cesse de vanter leur fichu prétendu courage, ah! Bon, il ne fallait pas croire, elle aimait beaucoup Antoine; c'était, définitivement, quelqu'un de bien, elle ne cherchait pas à le nier. Mais elle ne pouvait se garder, sur le coup, d'en vouloir à quelqu'un... Et ce n'était tout simplement pas envisageable d'avoir quelque grief contre Aleksander, qui occupait, sur tous les points, la plus haute place dans son estime. Alors, pas le choix, c'était lui qui trinquait, ce qui expliquait ces quelques remarques acerbes qu'elle ne formula cependant pas à haute voix. Ils ne seraient pas séparés s'ils venaient avec elle à l'étage du dessous, ou celui encore inférieur, point final. S'ils tenaient à se contenter de rester à fixer les murs et le sol crasseux du rez-de-chaussée, qu'à cela ne tienne! Ce n'était pas son cas, loin s'en fallait. Et son interdiction de s'éloigner, comme il disait, s'il avait su où il pouvait se la mettre...

« D'accord, Karin? Dit Antoine en se tournant vers la demoiselle du groupe, qui se retourna soudainement, comme un enfant pris la main dans le sac par sa mère. Je suis certain que ça n'enchanterait pas Aleksander de devoir aller te chercher au sous-sol. Ça ne me dit rien à moi non plus, d'ailleurs, alors tu restes bien derrière nous. »

Elle hocha la tête, un sourire mi gêné, mi 'bien-sûr-bien-sûr-cours-toujours-mon-pauvre' collé sur le visage. Elle tira sur la manche de son pull de sa main libre. A croire que ces murs, au lieu de conserver la chaleur, invitaient le froid et les courants d'air plus encore qu'à l'extérieur... Her, aller la chercher? Bah, songea-t-elle, elle serait revenue avant même qu'il ne se rendent compte qu'elle était partie, et puis voilà! Un détail néanmoins lui échappait, mais elle finit par en conclure que les deux jeunes hommes étaient juste pleins d'espoir. Un peu trop, sans doute: s'ils savaient pertinemment qu'elle allait descendre, quoi qu'ils puissent lui conseiller, pourquoi ne pas directement la suivre, puisqu'ils finiraient pas aller la rattraper? Enfin, conseil, conseil... Tout ça lui faisait plutôt penser à des ordres, et elle avouait n'apprécier ça que très moyennement! Elle n'en tenait pas rigueur à Antoine: c'était un riche, il devait être habitué à ce genre de procédés. Mais qu'il ne s'attende pas à ce qu'elle lui obéisse au doigt et à l'œil, elle comptait bien faire tout le contraire! Le seul de ses arguments qui fit mouche fut lorsqu'il évoqua son cadet. Lui infliger ça n'était pas digne de la grande sœur modèle qu'elle se devait d'être, mais d'un autre côté, elle devait absolument se rendre là-bas! Allez, ce ne serait pas si horrible, pour lui. Il avait bien accepté de se rendre dans un coin bourré d'araignées, alors, il n'était pas à un ou deux fantômes et squelette près, non...?

Enfin, elle avait beau se donner de grands airs, Karin non plus n'avait jamais vu de corps. Excepté lors d'enterrements et, même là, n'en avait vu que deux. Sans compter que ce n'était pas comparable, en aucun point. Là, si elle trouvait la morgue, ce serait de corps largement décomposés, blanchis par le temps, dont on parlerait. Mais une fois de plus, penser de manière logique, calme et posée ne figurait pas dans ses intentions. Ses plans étaient bien plus simplistes: je descends, je vois les morts, et je reviens. Et ce n'était pas demain la veille que qui que ce soit parviendrait à la faire décamper de ses positions lorsqu'elle avait pris une décision...

« Oui oui, je vous suis... De toute façon, vous seriez pas obligés d'aller me chercher, non plus, dit-elle tout en marchant, avec un haussement d'épaules, hein... Je suis pas une demoiselle en détresse de contes de fées, je ne compte pas me faire enlever par des fantômes! »

Hm, ces pimbêches toujours admirablement belles avaient eu le don de l'énerver dès ses plus jeunes années. Quelles idiotes elles faisaient! Comme, le plus souvent, ces héroïnes étaient des princesses, ça n'avait rien de particulièrement surprenant mais, bon. Karin se fichait pas mal de ne pas avoir un visage aussi beau, une posture aussi gracieuses, un maintient aussi parfait que le leur; elle, au moins, avait des tripes, du courage à revendre. Elle scruta encore les murs, dans l'espoir de trouver, au détour d'un couloir, un escalier qui descende. Pas de traces de marches allant vers le bas pour l'instant; mais ça n'aurait su tarder, se dit-elle. A l'évidence. Elle finirait bien par trouver où elle leur fausserait compagnie, à ces lâches... Enfin, pas Aleksander. Lui, était juste fragile. Oui, fragile.
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MessageSujet: Re: Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]   Mer 9 Fév - 20:03

{C'est ma journée VDM aujourd'hui, alors : Aujourd'hui, ma femme, mes enfants et moi-même allons à Disneyland. Quand, au restaurant, le prince charmant a approché ma fille de douze ans pour danser avec, mon fils de dix ans lui a dit : "Tu la touches, je te bute." VDM

Et Aleksander aime ne pas parler et penser qu'Antoine est un psychopathe. Il l'aura, un jour, il l'aura.u__u~


And all the gay things I say, make such a pretty melody~8DD}

Aleksander savait que ça se finirait mal, cette histoire. Peut-être parce qu'il était lucide envers lui-même, peut-être parce qu'il connaissait bien sa sœur, peut-être parce qu'il était d'un pessimisme rare ; peut-être un peu des trois. Ça, pour sûr, il connaissait Karin par cœur : et pour l'heure, il pouvait dire exactement tout ce qui devait lui passer par l'esprit. Il savait qu'elle voulait voir des fantômes, elle ne s'en était de toute façon pas caché un seul instant, de mémoire. Il savait aussi que ce n'était pas partir seule qui l'aurait effrayée, pas le moins du monde. Et puis, de plus, il savait pertinemment qu'elle allait s'éclipser et les laisser seuls. C'était ça, le pire : il le savait, mais n'y pouvait pas grand chose. Quand ses yeux bleus se posaient sur sa sœur ainée, il parvenait à se l'imaginer en train de se faufiler dans un couloir au hasard, profitant d'un moment d'inattention des deux garçons. Ça allait arriver, pas besoin de savoir lire dans les esprits des autres ou de pouvoir lire l'avenir pour le savoir. Oui, c'était bien cela, le pire ; savoir ce qui allait se passer sans rien pouvoir faire pour empêcher cela. Bon..., dans les faits, s'il y avait vraiment tenu, peut-être aurait-il trouvé une chose ou une autre pour la forcer à rester près d'eux. Mais cela aurait impliqué, inévitablement, de contrarier la jeune blonde. Donc de la mettre en colère. Il y avait des moments où ça lui était tout à fait égal de l'énerver, mais pas là. Là, il tenait à avoir son entière approbation. Si elle devait s'énerver contre quelqu'un, qu'elle le fasse contre cet imbécile aux cheveux sombres ; au moins, ce serait ça de gagné. Ça ne pourrait que lui être utile et profitable, de toute façon, que ces deux-là se fâchent d'eux-même. Ainsi ils ne s'entendraient plus, ne voudraient plus se revoir, et le problème serait réglé. Non pas que le jeune homme tenait à empêcher sa sœur d'avoir ne serait-ce qu'un semblant de vie sociale, bien sûr. Elle pouvait avoir des amis-et en avait, d'ailleurs, un certain nombre. Elle avait le droit de fréquenter qui elle voulait, pouvait passer ses journées à faire ce que bon lui semblait..., il n'avait pas à diriger sa vie, en somme. Il n'était ni son père, ni sa mère pour lui donner des ordres. Seulement il devait admettre qu'il aurait aimé avoir ne serait-ce qu'une toute petite influence sur les personnes qu'elle côtoyait ou non. Parce que quand il la voyait avec un garçon comme ce Antoine, par exemple, il s'inquiétait sérieusement pour elle. Et était sérieusement persuadé que c'était un dangereux pervers dont le seul but était de la violer dans une ruelle sombre dès qu'elle lui ferait suffisamment confiance. Ou pire, peut-être tenait-il simplement à lui briser le cœur et s'en aller aussi vite qu'il était venu. Aleksander aimait sa sœur, et il ne lui souhaitait pas de souffrir. Avec Ludmilla, au moins, c'était plus simple..., depuis qu'elle avait rencontré son 'Prince Charmant', elle ne semblait plus penser qu'à lui. Pas de risques qu'elle aille batifoler ou se laisser séduire par quelqu'un d'autre, donc. Que Karin, bien qu'elle n'était pas une 'fille facile'-Dieu merci non...-était, eh bien, libre. Et vive. Et irréfléchie, parfois. En tout cas, tout sauf mature et responsable. C'était bien la raison pour laquelle, d'ailleurs, elle avait envie d'aller aux sous-sols voir les monstres, les fantômes et tous les cadavres ; parce que, dans le fond, elle devait encore avoir une âme d'enfant. C'était ainsi. Chacun son caractère, il fallait faire avec. Ce qui ne l'empêcherait pas de protéger ses deux sœurs, qu'elles soient d'accord ou pas, qu'elles y voient un intérêt ou non. Leur père était mort ; c'était à lui de veiller à ce qu'elles aillent bien, maintenant, et il prenait son rôle très-voire trop-à cœur. Pas forcément de la meilleur des manières, pas forcément pour de bons motifs, mais dans le fond tout ce qu'il voulait c'était qu'elles soient heureuses. Sans que cela doive entrainer son propre malheur, bien entendu.

Or, si elles partaient, il était certain qu'il serait triste à en mourir. Même s'il les voyait régulièrement il ne les verrait jamais autant qu'à présent, si elles se mariaient et avaient des enfants. Elles feraient leur vie, de leur côté, fonderaient une famille et celle d'où elles venaient passeraient, il en était persuadé, au second plan. Ses yeux foncés se posèrent sur le dos d'Antoine, devant lui, et il s'appliqua à le foudroyer du regard. Peut-être que s'il le fixait ainsi il finirait par avoir une crise cardiaque ou quelque chose du même genre et mourrait instantanément? D'accord, l'idée était stupide, mais il aurait vraiment apprécié qu'il meurt sur place. Ça l'aurait assurément libéré d'un poids immense, sur l'instant. Peut-être l'aurait-il regretté plus tard, peut-être aurait-il été triste que sa sœur voit son ami mourir. Mais à long terme, ç'aurait tout de même été un bienfait. C'était impressionnant, cette capacité que le jeune serviteur avait à se faire une opinion horrible de personnes qu'il connaissait à peine, simplement sur la base d'une mauvaise impression. Ici, donc, la mauvaise impression venait du fait que le jeune homme était proche de sa sœur et ne lui avait pas semblé être quelqu'un de confiance. Il pensait donc qu'il était un dangereux malade, et ne comptait pas le laisser s'approcher de Karin tant qu'il serait dans les parages. Voilà tout. Et pour le faire changer d'avis, il aurait fallu un miracle. Ou l'apparition soudaine d'un fantôme qui, à défaut de lui faire avoir une meilleure opinion à son sujet, l'aurait suffisamment perturbé pour qu'il en oublie sa haine à son égard. Un temps, au moins. Quelques minutes, tout au plus. Mais ç'aurait déjà été ça de gagné, non? Pour sa part il espérait de tout cœur ne croiser aucune apparition, perdre et retrouver aussi raide qu'un bâton de bois Antoine et ne pas laisser filer la blonde. Trois vœux qui, il le savait, ne se verraient pas réalisés. Son côté pessimiste, sans doute, cette fois.

Antoine répéta que personne ne devait s'éloigner, et cela arracha un soupir au jeune homme. Oui, oui. Ce n'était pas lui qui risquait de partir seul à l'aventure en tout cas, et tout le monde devait déjà le savoir ; le message devait donc être adressé à la seule fille du petit groupe. Pas bien difficile à deviner. Pas difficile de deviner non plus qu'elle devait en ce moment même être en train de comploter avec elle-même, attendant le moment propice pour ne laisser que le vide à sa place. C'était fou, ça ; comment pouvait-elle vouloir rechercher le danger? Comme toute personne normalement constituée, Aleksander en restait éloigné le plus possible. Tant qu'il pouvait rester en sécurité, il n'allait pas s'aventurer là où il n'avait plus pied, il ne tenait pas à se noyer. Même si cela donnait le sentiment d'être vivant, même si cela donnait de fantastiques poussées d'adrénalines..., non, non. Ça ne l'intéressait pas. Vraiment pas.


« D'accord, Karin? Je suis certain que ça n'enchanterait pas Aleksander de devoir aller te chercher au sous-sol. Ça ne me dit rien à moi non plus, d'ailleurs, alors tu restes bien derrière nous. »

Là, il ne pouvait pas le contredire-malheureusement. Ça ne l'enchanterait pas, c'était le moins que l'on puisse dire. Pour être clair, descendre même un seul étage lui faisait peur, et il avait la chair de poule rien que d'y penser. Alors aller aux sous-sols, hun! Il ne fallait pas tenter le Diable, tout de même. Les choses dangereuses étaient là-bas, ils étaient tous d'accord là-dessus. Donc il n'irait pas là-bas. Pas à moins d'y être obligé, ou à moins de cas de force majeure. Comme la disparition brutale et inexpliquée de son ainée, par exemple. Mais ça ne lui plairait pas, vraiment pas. Encore moins s'il devait s'y diriger seul avec cet espèce de psychopathe, pour sûr. Le seul avantage que comportait cette histoire était qu'il pourrait poser la question qui lui brûlait la langue à cet imbécile. Avec Karin dans les parages, ce n'était pas possible. Mais entre poser sa question et garder sa sœur près de lui, le choix était vite fait ; elle devait rester près d'eux. Ça aurait considérablement simplifié la situation, si elle avait bien voulu se tenir tranquille. Enfin. Une Karin tranquille n'aurait plus vraiment été Karin, n'est-ce pas? Il se consolait en se disant cela.

« Oui oui, je vous suis... De toute façon, vous seriez pas obligés d'aller me chercher, non plus, hein... Je suis pas une demoiselle en détresse de contes de fées, je ne compte pas me faire enlever par des fantômes! »

Aleksander ne se retourna pas vers la jeune fille aux yeux bleus, et leva les yeux au plafond en guise de toute réponse. Elle disait oui mais il n'en croyait pas un mot. Et puis, qu'est-ce qu'elle croyait? Qu'ils se seraient assis et auraient fait un feu de camp en attendant qu'elle daigne revenir, si elle n'était pas déjà morte? Merci, très peu pour lui. Si elle disparaissait, il irait la chercher. Après avoir longuement paniqué, certainement, mais il irait la chercher. Et il la retrouverait. En tout cas, il ne sortirait pas d'ici sans elle, jamais de la vie. Comme il l'avait fait remarquer, si quelqu'un devait mourir, autant que ce soit le presqu'inconnu à la queue de cheval, là, qui marchait devant lui. Non seulement sa perte ne l'aurait pas attristé, mais en plus elle l'aurait réjouie, alors que demander de plus? Ses yeux fins restaient posés sur le dos de leur 'ami', agacé. Il le détestait. Sans vraie raison, mais il le détestait. Et il n'était pas prêt d'accepter de s'entendre avec lui, quoi qu'il arrive : comme il l'avait dit, il le détestait. Si Karin se faisait enlever, ce serait de sa faute, songea-t-il en observant autour de lui, muré dans son habituel silence. Il avait tout intérêt à ce qu'elle reste près d'eux, s'il ne voulait pas qu'il l'assome avec la première chose qui lui tomberait sous la main. Et ce, qu'il l'ait sauvé d'une horrible araignée ou pas.
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MessageSujet: Re: Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]   Sam 5 Mar - 6:34

Bon, s'il y avait bien une chose de sûre, c'est que les lieux étaient dans un piteux état. Mais quoi de plus normal? Cet endroit n'était plus utilisé depuis des années et des années, le retrouver dans un parfait état de conservation aurait été...Pour le moins troublant. Si ce bâtiment avait été réhabilité d'une quelconque manière au cours des précédents règnes et années, l'autorité en place en aurait été sur le champ informé. Or, il n'avait jamais été question de cela durant son propre règne, et il ne lui semblait pas avoir trouvé de papiers évoquant la question dans les archives. Un ancien asile, qui suite à la fuit inattendue de ses pensionnaires, avait été abandonné et laissé en proie aux caprices du temps. C'est ce que l'on en racontait, ce que tout le monde savait, mis à part les nombreuses histoires abracadabrantes concernant les fantômes d'anciens détenus revenus soi disant hantés les couloirs. Ah ah. Ce genre de sottises, Ankou ne les considérait pas comme officielles ou crédibles d'une quelconque façon que ce soit, et elles n'influenceraient pas son jugement, c'était certain. Après...Laissant son regard sombre se promener sur les murs, le sol et le plafond, il se devait de décider si oui ou non cet endroit était dangereux pour ceux qui s'y rendaient, et si oui ou non il allait être détruit. Personnellement, l'idée de détruire un bâtiment, quel qu'il soit, ne l'enchantait pas trop, sauf si bien entendu la bâtisse en question se trouvait dans le centre ville et croulait dangereusement par la faute du poids des ans. Mais présentement, c'était loin d'être le cas. Qui se souciait d'un asile abandonné sur le flanc d'une vieille montagne, qui ne connaissait rien d'autre depuis tant de temps que le vent et le silence? Si certains se blessaient en allant ici, c'est qu'ils recherchaient le danger. En venant crapahuter dans ces couloirs emplis de poussière, on savait très bien ce que l'on risquait. Mais là était le problème, ces impromptus visiteurs assumaient rarement leurs actes, préférant mettre leur jambe cassée ou leur poignet foulé sur le compte de cette bâtisse qui soi disant s'écroulait de toute part. Jusque là, il n'avait pas encore vu de mur à terre ou de morceaux de toit sur le sol, mais sûrement ne verrait-il en montant aux étages. Enfin, lui irait aux étages, les deux autres resteraient bien tranquillement au rez-de-chaussée. Il ne savait pas si le sol était encore assez résistant pour supporter leur poids, et il n'avait aucune envie que Karin ou Aleksander ne se blesse en dégringolant un ou deux étage de manière inopinée et par le plancher. Sérieusement...Tout le monde savait que ce genre de bâtiment n'était pas fiable niveau sécurité! Alors pourquoi tant de personnes s'obstinaient encore et toujours à vouloir monter ou descendre, explorer ce lieu alors qu'ils savaient pertinemment qu'il risquait de leur arriver quelque chose de fâcheux?

Si personne ne tentait le diable, il n'aurait jamais reçu toutes ces plaintes. Et malheureusement, son opinion personnel n'entrait pas en compte; S'il s'avérait que l'endroit était trop dangereux pour d'éventuels curieux, il devrait donner son accord pour le détruire. C'était son devoir, après tout, de tout mettre en œuvre pour la sécurité de son peuple. Et les vieux bâtiments, malgré toute leurs années passées debout à braver vent, neige et soleil, n'avaient pas non plus leur mot à dire.

Enfin. L'endroit était bien lugubre, en tous les cas. Il faisait froid, et Ankou se félicitait que ses yeux se soient si vite habitués à l'obscurité. Jetant un bref coup d'œil derrière lui, il vit que personne ne s'était pour l'instant égaré. Bonheur de courte durée s'il en était, car le Prince savait fort bien qu'ils allaient réussir à perde une personne ou deux en continuant d'avancer. A la fin, ils allaient tous trois se retrouver seuls, et tous se retrouver n'allait pas être chose aisée pour sûr! Peut-être auraient-ils du convenir au préalable d'un point de rendez-vous si jamais les choses tournaient mal. Quoi que, à bien y réfléchir, Ankou ne savait pas s'il aurait lui même été capable de retrouver le point de rendez-vous, alors...

« Oui oui, je vous suis... De toute façon, vous seriez pas obligés d'aller me chercher, hein... Je suis pas une demoiselle en détresse de contes de fées, je ne compte pas me faire enlever par des fantômes! »

Oh ça non, faillit rétorquer le jeune homme aux cheveux noirs, elle ne risquait pas de se faire enlever par des fantômes avides de vengeance ou de n'importe quoi d'autre, pour la simple et bonne raison que les fantômes n'existaient. Sur ce point là, au moins, il n'avait aucune inquiétude. Seulement voilà, cet ancien asile était loin d'être comme la rassurante Maison de la demoiselle Blaze, et si elle s'aventurait dans les sous-sols, en plus de courir le risque de tomber sur des choses passablement dégoûtantes, elle pouvait gravement se blesser. Et honnêtement, la ramener chez elle avec une jambe cassée aurait été une épreuve éprouvante et dérangeante. Cela aurait donné en plus à Aleksander une raison de lui en vouloir ouvertement, lui, le détraqué qui les avait invité à aller explorer cette immense bâtisse abandonnée avec eux et qui les avait rendu à leur mère esquintés. Ça aurait été sacrément culotté de sa part, sachant qu'ils étaient, lui et sa soeur, venus de leur plein gré, mais bon. Ankou était pire que certain que si l'un d'eux se retrouvait blessé, il n'échapperait pas à la critique. Comme s'il les avaient enlevés! Ils n'avaient qu'à être prudents et responsables, et rien de fâcheux ne leur arriverait.

Ah ah. Ankou se décida à d'ores et déjà se faire à l'idée de devoir descendre aux sous-sols, et il espérait qu'Aleksander faisait de même, car il était plus qu'évident que la blonde aux cheveux bouclés allait leur fausser compagnie. Et ce bien qu'elle leur soutenait le contraire avec son plus beau sourire. Un peu comme les enfants qui vous assurent qu'ils n'ont pas mangé de chocolat, alors qu'ils en ont encore au coin de la bouche.

« Si, on ne te laisserait pas te débrouiller seule le cas échéant. Mais c'est vrai que je n'ai pas à m'inquiéter de ça, vu que tu viens de nous dire que tu nous suivais. »

Elle les suivait, oui, mais pour combien de temps? Balançant ses inquiétudes dans un coin de son esprit, le jeune homme aux grands yeux se remit à parcourir du regard les murs et objets qui les entouraient. Même s'il prétextait la curiosité, c'était tout de même pour décider du sort de ce vieil asile qu'il était venu jusqu'ici...

[Bwah, j'aime pas mon poste. Mais j'ai répondu quand même.|D]

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JENKOU 4EVER:
 
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MessageSujet: Re: Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]   Dim 27 Mar - 15:00

A présent qu’elle était absolument certaine d’emprunter les premières marches descendant vers les entrailles du bâtiment en ruine que son regard aurait la chance –ou le malheur, c’était selon- de croiser, Karin se sentait plus excitée que jamais. Résolue à voir des fantômes, croyant dur comme fer que cette expérience serait l’une des plus marquantes de sa vie, et n’envisageant pas une seule seconde qu’elle puisse tout bonnement être la dernière. Armée de ces quelques pensées hautement réfléchies et intelligentes, la blonde aux yeux bleus et brillants à l’idée de faire la rencontre d’un être n’appartenant plus tout à fait à leur monde mettait un pied devant l’autre, tentant bon gré mal gré de ne pas courir ou, au contraire, s’arrêter toutes les dix secondes pour observer une fissures formant ce qui lui semblait être un étrange dessin sur le mur, ou un morceau d’elle-ne-savait-trop-quoi trainant sur le sol poussiéreux. Et la seule question qui fut encore d’actualité dans son esprit sans avoir trouvé de réponse claire et nette était la suivante : comment ai-je bien pu faire pour ne pas y songer avant ? Cette idée était juste merveilleuse, fantastique, géniale, parfaite, idéale et… Bref, explorer le vieil asile désaffecté était une occasion unique de croiser des fantômes et des créatures étranges assoiffées sang. Oh, accessoirement, de convertir de prétendus sceptiques comme les deux garçons qui l’accompagnaient, et raconter leur fabuleuse excursion à tout le monde : si quelqu’un d’aussi parfait qu’Aleksander, et d’aussi intelligent et riche qu’Antoine confirmaient ses dires, et par conséquent la présence d’ectoplasmes vengeurs entre ces murs craquelés, leur existence serait reconnue comme un fait avéré, accompli ! Pas que cette dernière quête lui ait tenu particulièrement à cœur : la jeune Blaze se sentait simplement très concernée par un peu tout et n’importe quoi, sans même s’en rendre compte. Ses amis la respecteraient, après ça, c’était certain ! Leurs plaisanteries stupides cesseraient enfin : sous prétexte qu’elle était une fille, elle était censée être peureuse et réservée, mais il n’en était ni n’en serait jamais rien ! Un sourire fleurit sur ses lèvres, illuminant son visage, cependant qu’elle songeait à la meilleure manière de leur raconter ce qu’elle avait vécu. Elle aurait pris le tournant le plus glauque, le plus sombre, là où les courants d’air n’en étaient pas vraiment, là où ils étaient le souffle des disparus, leurs cris plaintifs et colériques. Leur haine condensée faisant brutalement chuter la température, la buée se formant marquant la cadence devant son visage, témoin silencieux de la présence des créatures des profondeurs… Ce qu’elle pouvait avoir hâte ! Attendre était juste atroce, une torture sans pareil dans le monde entier. Si elle ne prenait pas en compte les instruments et bocaux de verre éparpillés çà et là sur le sol craquelé. Eux aussi, devaient avoir vu leur lot de terreur et d’atrocité… Eh bien, se dit-elle, c’était une géhenne d’un autre genre qu’elle subissait, mais c’en était une malgré tout ! Son regard bleu se posa sur Aleksander, dont elle ne voyait que le dos. La culpabilité pointa, et elle la chassa d’une ultime pensée sur les êtres qu’elle allait croiser. Antoine le protégerait, rien à craindre de ce côté-là, elle lui faisait entièrement confiance ! Il ne laisserait rien de mal lui arriver, elle s’en était expressément assurée. Le brun avait achevé de s’illustrer comme une excellente exception parmi les nantis en lui proposant une sortie pareille ! Il fallait du cran pour entrer, et même s’il en manquait définitivement une bonne dose pour se rendre aux niveaux inférieurs, avoir su passer le seuil lugubre de l’entrée était déjà une fin en soi. C’était pas mal, songea la jeune fleuriste. Pas mal du tout, dans les faits. Certains de ses amis n’auraient pas été assez courageux pour ça, elle en était convaincue et ne démordrait de son idée que s’ils lui prouvaient le contraire.

Elle, peur des fantômes ? N’importe quoi ! Elle ne serait pas venue ici, sans ça, pas vrai ? Son cœur battait la chamade, et chaque petit bruissement attirait inexorablement son attention. Un rat, un objet dans lequel un de ses compagnons aurait par inadvertance buté, le son de ses propres pas claquant sur le sol même, tout prenait des allures suspectes et fantomatiques en de tels lieux. Karin scrutait les façades lépreuses des murs en quête d’une porte entrebâillée, d’une cage d’escalier, ou mieux encore, d’une forme diaphane et laiteuse flottant dans l’air, d’un visage hurlant aux traits figés dans la colère et la douleur, bref, à la recherche de n’importe quoi capable de lui faire une peur bleue. Une piste à suivre, peut-être ? Une trainée de sang séché ? Contenir son excitation relevait de la mission impossible, littéralement, et elle ne se donnait pas plus d’une minute avant de quitter son poste et de partir vers de plus intéressants horizons de son propre chef. S’y aventurer seule n’était pas un problème puisqu’elle recherchait les frissons, l’épouvante. Le sourire qui s’était plus tôt dessiné sur ses lèvres s’agrandit encore : c’était une magnifique journée pour partir chassez les spectres et zombies en tout genre !

« Si, on ne te laisserait pas te débrouiller seule le cas échéant. Mais c'est vrai que je n'ai pas à m'inquiéter de ça, vu que tu viens de nous dire que tu nous suivais. »

Fermer la marche avait de nombreux autres avantages, comme celui par exemple de ne pas avoir à cacher la magnifique grimace qu’elle adressa à Antoine. Et puis quoi, encore ? Elle venait de le dire, mais ils savaient très bien tous les trois qu’elle signifiait tout le contraire ! S’il essayait de la faire culpabiliser ou passer pour une menteuse, c’était raté. Vu les grands et monstrueux efforts qu’elle avait fourni pour qu’on la croie, elle aurait tout aussi bien crier en hurlant dans les longs corridors qu’elle ne les suivrait pas et qu’elle se fichait pas mal de ses directives à la noix. Avec Karin, il n’y avait pas trente-six solutions envisageables : on l’attachait et la trainait derrière soi en espérant de tout son cœur que le nœud serait suffisamment serré, ou on la laissait partir tout en tentant vaille que vaille de limiter les dégâts qu’elle ne manquerait à coup sûr pas de causer. Sa tête était une usine à mauvaises idées, son corps complètement soumis à celles-ci et son cœur sous leur emprise indéniable. Alors, si en temps normal elle commettait autant de bêtises qu’il était possible de le faire, voire plus, alors lui offrir des conditions plus propices encore, un environnement qui l’y encourage, et vous couriez droit dans le mur. Or, comme ni son petit frère adoré ni son ami à lunettes n’avaient apporté avec eux quelques mètres d’une corde très solide, il lui semblait peu probable qu’ils la retiennent bien longtemps. Les mots n’avaient aucun effet notable sur elle, rien qui ne puisse être balayé par la volonté brûlante de mener à bout son idée. Sa mission, presque, si l’on partait du point de vue ô combien objectif de la demoiselle Blaze.

Quant à ce qu’ils ne la laissent pas seule, elle ne voyait pourtant pas le problème ! Elle était forte et savait admirablement bien se défendre, courait relativement vite, ne tombait pas tous les deux mètres, ne se souciait pas d’éventuelles toiles d’araignées pouvant se prendre dans ses cheveux durant sa course folle –si fuite il y avait, évidemment, ce n’était pas garanti- et n’était pas facilement impressionnable. Aux yeux de Karin, leur présence pour l’aider ne ferait que la ralentir, l’inquiéter. Mieux valait les savoir en sécurité en haut, là où rien ne viendrait les agresser avec des intentions peu avouables ! Elle serait plus tranquilles, et son esprit pourrait entièrement se consacrer à la tâche, vitale, qu’elle s’était fixée : trouver des fantômes, leur passer le bonjour, se ficher la frousse de sa vie et revenir auprès des deux garçons en hurlant qu’il fallait sortir. Point final. Son plan n’incluait nullement de se perdre ou de mourir, ou quelque accident inopiné alors, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, ils se faisaient du souci pour rien ! Elle était parfaitement capable de se débrouiller seule, comme elle le faisait toujours. Etre prise pour une faible femme sans défense avait le don de l’énerver… Enfin, songea-t-elle, cela prouvait juste qu’ils tenaient un minimum à elle, pas de quoi en faire un drame ! En les prévenant qu’elle pouvait affronter le noir et les esprits seule néanmoins, elle se dédiait de toute responsabilité : s’ils la suivaient, c’était à leurs risques et périls, mais ça ne relevait plus d’elle ! Sa décision de les forçait en rien à la suivre puisqu’elle n’allait pas en mourir ou, dans une moindre mesure, se blesser. S’il passait quoi que ce soit, ce serait de sa faute. Celle d’Antoine, évidemment. Aleksander était son petit frère, Aleksander ne faisait jamais rien de mal, Aleksander était hors de cause. Or, il faudrait bien un responsable, et puisqu’elle avait déclaré que ce ne serait ni elle ni son cadet, cela ne laissait plus grand monde, pas vrai ?

« Je vous suis, je vous suis… Mais si vous descendez ce sera pas ma faute, vous pourriez très bien m’attendre en haut ! C’est bon, arrête de t’inquiéter, ça aurait servi à quoi de venir si c’était pour éviter les fantômes… Autant rester chez soi dans ce cas ! Moi je viens pour en voir ! Et ils sont en bas, ça se voit, c'est évident! Hein, Aleksander? »

Ses intentions, elle ne cessait de les clamer haut et fort depuis le début du trajet. Depuis l’évocation du projet, même, à dire vrai. Ils avaient compris, c’était certain, mais ce n’était pas un si menu détail qui allait l’empêcher de le répéter encore et encore. Comme si, à force de les appeler de ses vœux, à force de prononcer des mots pareils à voix haute, ils allaient se reconnaitre et exaucer son souhait. Stupide et puéril raisonnement enfantin digne de cette jeune fille prête à aller explorer les sous-sols d’une bâtisse si lugubre. Prêts ou pas, elle arrivait, et avec le bruit qu’elle faisait il aurait été difficile de rester plongé dans son lourd sommeil. Si spectres il y avait, si squelettes il y avait, si revenants et autres manifestations il y avait, alors elle les trouverait coûte que coûte !
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MessageSujet: Re: Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]   Mar 26 Avr - 15:50

{..., VOUS ÊTES LONGS. C'est normal? Et j'ai faim.=='}

Aleksander avait beau se répéter qu'il n'avait pas peur, il savait très bien que le fait même qu'il doive se dire ce genre de choses signifiaient l'exact contraire. Il ne savait même pas, finalement, s'il avait plus peur de perdre sa sœur ou de se perdre lui-même, s'il avait plus peur que Karin se retrouve complètement seule ou que l'un d'eux se retrouve seul avec Antoine, s'il craignait plus de mettre le pied sur une pointe acérée ou de croiser un fantôme aux intentions peu amènes. C'était fou ce qu'il y avait comme perspectives peu alléchantes, tiens. Aucun des scénario ne lui paraissait plaisant, et c'était bien là le problème. Il n'avait pas de 'tout va bien se passer' auquel se raccrocher, dans la mesure où il savait pertinemment que ça n'allait pas bien se passer. Soit ça allait un peu mal se passer, soit ça allait très mal se passer, soit ça allait être le désastre le plus complet. Se rappellant l'horrible bête qui lui était monté sur la jambe peu de temps auparavant, il jeta un regard furtif au sol, espérant ne rien y voir. Il n'y vit pas grand chose, certes, mais c'était plus dû à l'obscurité qu'à la propreté des lieux ; et il ne savait pas s'il devait éclairer le sol pour ne pas se faire mal ou éclairer devant lui de peur de ne rentrer dans le dos du jeune homme aux cheveux bruns au cas où il s'arrêterait. Ce qui en plus d'être humiliant et agaçant, serait dangereux dans la mesure où sa chemise pouvait brûler, il en était sûr. Ça aurait été amusant de le voir se débattre pour éteindre le feu qui aurait pris sur sa manche, certes, mais ce n'était pas le moment de penser à ce genre de choses. Bon. Il n'avait qu'à se contenter de mettre ses pas dans ceux du garçon qui le précédait, de la sorte il ne risquait à priori pas de tomber sur quelqu'horrible chose qui joncherait le sol. Ce que ça pouvait être stupide, se dit-il en serrant les lèvres et les poings, de laisser une telle bâtisse là, comme ça, sans plus s'en préoccuper! Il était certain qu'il y avait dû avoir des accidents, avec tous ces idiots finis qui venaient s'aventurer dans les parages pour voir un fantôme. Idiots finis dont, malheureusement, il faisait parti ce jour là. Il aurait bien eu besoin de quelqu'un pour l'aider à persuader Karin de ne pas venir, quand elle le lui avait 'proposé'... Au moins ils n'en seraient pas rendus là, et il pourrait être tranquillement en train de s'occuper chez lui, à des choses tout sauf dangereuses et bien plus intéressantes. Quoi que la notion d'intérêt ne lui importait que peu..., tant que ça faisait passer le temps, c'était tout ce qu'il demandait. Bien peu de choses avaient de l'intérêt à ses yeux, et un nombre encore plus restreints de choses parvenaient à captiver toute son attention. Et, généralement, ce n'était pas pour de bonnes raisons. Par exemple, là, Antoine pouvait se vanter d'avoir attiré son entière et complète attention : est-ce qu'il devait en être heureux, certainement pas. Cela voulait simplement dire qu'il le haïssait, et qu'il comptait bien le lui faire savoir dès qu'il en aurait l'occasion-bien qu'à priori, son attitude s'était montrée suffisamment claire jusque là. En fait, il brûlait d'envie de lui demander si, oui ou non, il aimait sa sœur. Son expression devrait, à priori, suffisamment le renseigner pour qu'il soit persuadé ou rassuré. Mais pour ça, songea-t-il en jetant des coups d'œil inquiets autour de lui, il devrait attendre d'être seul avec lui. Ou tout du moins, selon sa vision des choses, que Karin se soit éloignée quelques instants. Quelques instants, et non pas soit partie en vadrouille pour une heure ou deux : ça, il n'y tenait absolument pas. Sa sécurité passait avant tout.

De toute façon, ce pauvre Antoine était la cause de tous les maux du monde, pour l'instant. Peu importe ce qui aurait pu lui arriver, peu importe les sombres pensées qui auraient pu lui passer par la tête, ça aurait été sa faute. Il butait dans un objet et se faisait mal? La faute à Antoine. Karin se perdait et ne répondait pas à leurs appels? Antoine. Il éternuait parce qu'il y avait trop de poussière? Mais c'était la faute à Antoine, là aussi! Et puis si l'un d'eux se blessait, ce serait de sa faute. S'il s'énervait, c'était de sa faute. S'ils étaient là, c'était de sa faute. S'il n'était pas de bonne humeur, c'était de sa faute. Tout était de sa faute, et il veillait à ne pas l'oublier. S'il y avait un mort avant la fin de leur petit 'périple', ce serait lui ; sinon, ce serait de sa faute. Facile. Le jeune homme au manteau noir tendit l'oreille pour voir si Karin le suivait toujours, et un bref coup d'oeil dans son dos le lui confirma. Il n'avait aucune envie qu'elle le laisse seul. De un, parce qu'il n'aurait pas été rassuré sans elle ; de deux, parce qu'il aurait été persuadé qu'elle allait se blesser, ou pire encore. Et ça, il n'y tenait pas le moins du monde. Pas le moins du monde.

« Si, on ne te laisserait pas te débrouiller seule le cas échéant. Mais c'est vrai que je n'ai pas à m'inquiéter de ça, vu que tu viens de nous dire que tu nous suivais. »

Aleksander aurait pu acquiescer, mais ça n'aurait servi à rien, personne n'aurait pu clairement voir ce qu'il faisait. Bien sûr, qu'ils ne la laisserait pas se débrouiller seule! Il ne comptait pas attendre sagement qu'elle revienne, plein de confiance en sa sœur si forte et si débrouillarde, pendant qu'elle se faisait dépecer par un malade venu trainer dans les parages ou un revenant de quelque sorte. Il s'en serait voulu toute sa vie, aucun doute là-dessus. Quant-au fait qu'elle les suivait..., oui, pour l'instant. Et il savait qu'il ne pouvait pas la surveiller suffisamment pour l'empêcher de partir. Là il ne pensait qu'à ça, mais dans quelques secondes ce ne serait plus le cas, son esprit serait obnubilé par autre chose ; et là, si elle partait, il ne s'en rendrait compte que quelques secondes trop tard. Et ce serait, justement, trop tard. Ils allaient tous finir par aller aux sous-sol, et il avait l'impression de ne rien pouvoir y faire. Ce qui était totalement frustrant, cette fois-ci.

« Je vous suis, je vous suis… Mais si vous descendez ce sera pas ma faute, vous pourriez très bien m’attendre en haut ! C’est bon, arrête de t’inquiéter, ça aurait servi à quoi de venir si c’était pour éviter les fantômes… Autant rester chez soi dans ce cas ! Moi je viens pour en voir ! Et ils sont en bas, ça se voit, c'est évident! Hein, Aleksander? »

Aleksander leva les yeux au ciel en entendant le discours de sa sœur, et se demanda réellement s'il n'aurait pas dû s'arrêter, se mettre à côté d'elle et lui prendre la main. Au moins, de la sorte, il aurait été certain qu'elle n'aurait pas pu s'enfuir sans soit l'assommer, soit clamer plus clairement encore qu'elle allait descendre et le lâcher. Il se retint de dire que lui n'avait jamais eu envie de venir, et de fait ne voulait pas voir les fantômes ; mais à quoi cela aurait-il servi? Il avait accepté, il n'avait plus son mot à dire sur la question, maintenant, bien qu'il devait sembler évident pour tout le monde qu'il n'était pas enchanté à l'idée d'aller faire ami-ami avec de possibles revenants ayant été torturés maintes fois de leur vivant.

«Je sais pas, répondit-il dans un soupir, faisant attention à ne pas se prendre le visage dans une éventuelle horrible et mortelle toile d'araignée. De toute façon, je préfère rester en haut. Il doit y avoir seulement des vieux trucs et des portes fermées, en bas. Comme ici.»

Non, il n'y avait absolument rien d'intéressant nul part, de son point de vue. Des choses effrayantes, peu rassurantes, morbides et glauques, mais rien qui aurait pu le pousser à venir jusqu'ici de lui-même. C'était stupide, et il aurait préféré ne jamais avoir dit oui. Même s'il savait très bien que si c'était à refaire et en connaissance de cause, il n'aurait pas pu s'empêcher de les accompagner tout de même. Ne serai-ce que parce qu'il ne tenait pas à savoir ce que ça aurait donné, juste eux deux, coincé dans cet asile horrible. Jamais de la vie, plutôt mourir! Il empêcherait ce crétin de faire du mal à sa sœur, point. Et empêcher Karin de se mettre elle-même dans des situations impossibles..., il n'avait toujours pas trouvé comment faire.
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MessageSujet: Re: Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]   Mer 11 Mai - 19:22

Ankou n'était pas inconscient, non. Il se jugeait même très prudent quand la situation l'exigeait, et là, de suite, la situation l'exigeait. Et pas qu'un peu. Qu'il aille faire l'imbécile dans les sous-sols du château en prétendant aller en chasser les rats et autres bêtes peu sympathiques qui devaient y avoir trouvé refuge depuis des lustres, c'était une chose. Qu'il fuit sciemment ses responsabilités lorsqu'elles n'étaient pas trop grandes, c'en était une autre. Mais qu'il se rende dans un asile abandonné qui croulait sous le poids des ans, régulièrement visité par des curieux plus ou moins biens dans leur tête, avec en plus deux civiles avec lui et sous une autre identité, c'était tout à fait autre chose. Oh, Aleksander et Karin ne pouvaient pas le savoir, ça, mais ça n'aurait pas du les empêcher d'être prudents et mesurés dans leurs actions, de faire bien attention à où ils mettaient leurs pieds afin de ne pas tomber à terre trop durement. Parfois, Ankou se souvenait que certains de ses amis lui avaient dit qu'il semblait avoir une conscience du danger toute autre. Qu'il criait gare quand il n'y avait rien à craindre, et qu'au contraire, il dépassait parfois allégrement les limites de la sécurité, et sans s'en rendre compte. A ça, le jeune homme aux yeux grenats acquiesçait toujours, car c'était très certainement vrai. Il savait bien que, pour une raison inconnue, il avait assimilé certaines notions du danger et pas d'autres. Glisser sur une rampe ne lui avait jamais paru risqué, et ce bien que sa gouvernante lui ait répété au moins une centaine de fois que s'il glissait et se cognait la tête contre le carrelage, il mourrait. Pour l'enfant qu'il avait été, si Annahita et Axel le faisaient sans se blesser, alors c'était qu'il ne devait y avoir aucun danger à le faire. Ils n'auraient jamais fait quelque chose de dangereux, n'est-ce pas? Par contre, le fait que l'épée était très tranchante et dangereuse (lui disait feu son père, en la faisant passer d'une main à une autre comme si elle n'avait été qu'un vulgaire bout de bois), il avait bien intégré. Et répété. Un peu trop bien, sans doute. Il s'était coupé avec l'épée mais, miracle, jamais n'était tombé de la rampe. Et aujourd'hui encore, il prenait son épée avec mille précautions-vu la taille de l'arme en question, la manier sans soin, même lorsqu'on l'utilisait depuis longtemps, n'était guère recommandé si on ne voulait pas y laisser un bras ou une main-, mais dégringolait toujours les rampes comme si se fracasser le crâne à terre n'était pas même envisageable. Ah ah...Le jour où il se cognerait à terre, peut-être comprendrait-il enfin que c'était dangereux, et cesserait-il de le faire ainsi. A son âge, il aurait déjà du cesser de se comporter de manière aussi puérile, de toute façon, non?

Envoyant valser cette pensée dans un coin de sa tête, il observa les murs craquelés à la lueur de sa lampe. Ce n'était pas grand-chose, mais c'était déjà ça. Aucun besoin de lui répéter une énième fois que l'endroit était passablement dangereux, il le savait pertinemment, et c'était pour cette raison qu'il prenait autant de précautions, quitte à passer pour un trouillard ou un prudent à l'excès; Mieux valait ça que s'empaler par mégarde sur un objet pointu et rouillé, n'est-ce pas? Personnellement, il préférait. Il ne pouvait pas se permettre de prendre des risques inutiles, dans les faits. Ses subordonnés avaient été assez réticents à l'idée de le laisser partir seul, et il était certain que quelques gardes l'avaient discrètement suivis jusqu'à un certain point. Oh, Ankou s'en fichait, au pire cela l'irritait vaguement, il savait que ce n'était pas par un manque de confiance de la part de ces gens en leur souverain qu'ils le suivaient de la sorte, mais bien pour s'assurer qu'il ne lui arriverait rien. Sa mort, ça aurait signifié que le trône reviendrait directement à Annahita, en sa qualité d'unique héritière, et que le Royaume de l'Est lui reviendrait également de droit. Seulement, ça, les Humains et les Elfes ne l'accepteraient jamais...Ankou ne savait pas même si les Esprits et les Neko auraient supportés de savoir ces gens dans le même 'territoire' qu'eux; Il ne fallait pas rêver, la scission resterait à jamais, il le pensait, malheureusement. Il y aurait toujours l'Ouest et l'Est, l'Occident pour les Esprits et l'Orient pour les Humains. La seule différence serait qu'il n'y aurait qu'un seul et même souverain pour ces deux peuples. Ankou, songeant à cela, se dit que sa mort entraînerait à priori une nouvelle guerre civile et un refus de l'autorité de sa soeur. Ah...Mais c'était frustrant, de savoir ça, quand même! Ça l'obligeait à faire preuve d'une attitude exemplaire. Il n'allait pas faire retomber les désastreuses conséquences d'un bête faux pas sur son peuple, il n'était pas aussi irresponsable.

Et puis, il était habitué à ce qu'on le surveille en permanence depuis sa naissance, alors...Ce n'était pas vraiment un problème pour lui, il avait peu à peu apprit à tirer un trait sur l'expression 'vie privée'. Ou presque. Ça ne l'empêchait pas de faire quelques écarts, cette petite expédition en était la preuve même. Toutefois, tant que les gardes au courant de tout ça savaient tenir leur langue-et ils étaient tenus au secret, ils n'avaient pas le choix, au pire il les menacerait, quoi qu'il ne pensait pas avoir à en arriver jusque là, un seul mot était techniquement suffisant-, il s'en fichait bien. Le côté négatif de la chose, quand on est un Prince, et qu'on à beau avoir de grosses responsabilités, c'est que l'on reste envers et contre tout un enfant gâté à qui on ne refusait jamais rien. A qui on ne pouvait rien refuser.

« Je vous suis, je vous suis… Mais si vous descendez ce sera pas ma faute, vous pourriez très bien m’attendre en haut ! C’est bon, arrête de t’inquiéter, ça aurait servi à quoi de venir si c’était pour éviter les fantômes… Autant rester chez soi dans ce cas ! Moi je viens pour en voir ! Et ils sont en bas, ça se voit, c'est évident! Hein, Aleksander? »

Ankou fut tenté une nouvelle fois de répliquer à Karin que, qu'elle aille en haut ou en bas c'était scrupuleusement la même chose, elle n'en verrait pas car ils n'existaient pas, mais se retint de justesse. Ça l'agaçait d'entendre des gens parler avec passion des revenants qu'ils allaient très certainement croiser en se promenant dans les couloirs sombres et rongés par le temps d'endroits au lourd passé, sans qu'il sache trop pourquoi cependant. Peut-être car lui, il ne parvenait pas à y croire? La seule pensée d'une forme blanche et laiteuse apparaissant soudainement devant lui suffisait à la faire sourire, tant il trouvait cela ridicule. Des morts, des revenants, des morts-vivants...Ce n'étaient que des inepties destinées à effrayer les plus petits et les plus crédules, rien d'autre. Ankou était bien dur dans ses paroles, décidément, mais ce n'était pas sa faute; L'enthousiasme débordant de Karin avait réussi à miner le sien. Pas qu'il existait à la base, de toute manière, ou en tout cas, pas pour ce genre de choses. Il n'avait eu aucun espoir de voir un fantôme en arrivant ici, car il n'y croyait pas. Tout ce qu'il avait envie de faire, sur le coup, c'était prouver à la jeune blonde que toutes ces histoires n'étaient rien d'autre que de stupides racontars crées de toute pièce par des inconscients à l'imagination fertile. C'était son point de vue, qu'il aurait défendu jusqu'au bout s'il avait eut à le faire, tout ça parce que Karin aurait sans le moindre doute défendu le sien jusqu'au bout. Allez prouver à l'autre qu'il avait tort, dans ces conditions; C'était tout bonnement impossible.

Mais, ne put-il 'empêcher de penser, méchant, si les fantômes effrayaient à ce point Aleksander comme il le pensait, il était prêt à les laisser exister le temps de leur petite expédition. Karin n'était nullement effrayée, cherchait même la peur et le danger comme si ces notions lui étaient inconnues et qu'elle voulait à tout prix les ressentir. Lui, ne craignait rien, si ce n'était les éboulements en tout genre, et les personnes supposément dangereuses qui pouvaient avoir choisi ce jour-ci pour pique-niquer à l'intérieur de l'asile abandonné. En clair, seul Aleksander semblait avoir peur des ectoplasmes qui hantaient l'imaginaire des enfants sous une forme aussi grotesque qu'effrayante, et cela le faisait bien rire. Il se moquait, oui, n'aurait pas été crédible s'il avait prétendu le contraire. Ce n'était pas de la méchanceté gratuite, mais seulement l'antipathie du jeune homme à son égard qu'il se plaisait à lui renvoyer avec joie, maintenant que toute tentative de faire ami-ami avait échouée. Il le détestait? Soir, il le détestait aussi. Ankou espérait simplement qu'il ne s'attendait pas à ce qu'il soit complaisant avec lui. Il était peut-être le frère de Karin, mais ça ne l'empêcherait pas de lui faire des misères s'il en avait l'occasion. Comme par exemple...lui mettre une araignée dans le col? Ca aurait été drôlement amusant de l'entendre hurler et le voir se débattre pour tenter de s'en débarrasser!

Bon, le tout, c'était de ne pas le faire devant Karin. A ses yeux à elle, il n'avait pas envie d'être un monstre.

«Je sais pas. De toute façon, je préfère rester en haut. Il doit y avoir seulement des vieux trucs et des portes fermées, en bas. Comme ici.»

En haut, oui. Si seulement ils pouvaient y rester tous les trois! Passant sa lampe de droite à gauche, Ankou prenait bien garde à ne trébucher sur rien, et à éviter tous les bouts de verre qui auraient pu se figer dans ses bottes. Cet endroit était froid, emplit de poussière et rongé par l'obscurité; Ces murs et ces sols avaient beaucoup servit, se dit le jeune Prince avec une petit grimace. Combien d'horreurs avaient on perpétrés ici, les mettant sur le compte d'un prompt rétablissement ou de la science? Ankou connaissait quelqu'un qui avait été médecin jadis dans ce genre d'endroit. Un homme tout ce qu'il y avait de plus équilibré, ami de ses parents, qui n'était malheureusement plus de ce monde à présent, emporté par la maladie il y avait quatre ans de cela. Quelqu'un de honnête et de bien; Le jeune homme aux longs cheveux savait que les médecins qui avaient travaillés et opérés ici n'étaient pas des dérangés comme leurs patients. Ils croyaient fermement à ce qu'ils faisaient, que ça aidait ces pauvres gens. Oh, peut-être y avait-il eu des exceptions, il n'en savait rien. Il savait quelque chose, en revanche: On ne devenait pas médecin en claquant des doigts. Ces gens là, c'étaient des personnes intelligentes et admirables, qui faisaient de leur mieux pour sauver des vies. C'est ce qu'Ankou savait. Quelqu'un qui met sa vie au service d'autres, ça ne peut pas être quelqu'un d'horrible. Il en était intimement persuadé.

« Je suis certain que l'on peut trouver des choses intéressantes, fit-il en élevant un peu sa lampe, tournant vaguement sa tête vers la gauche, comme ce magnifique spécimen d'araignée, ici, ou cette... »

Ankou suspendit sa phrase, fronçant les sourcils. Qu'est-ce qui venait de filer à toute vitesse, là? Un peu gros pour être un rat. Lui qui pensait que c'était une vieille boite ou un monticule de débris...

« Ou cet animal qui vient de partir à toute vitesse. Dommage que je n'ai pas pu voir de quoi il s'agissait. »

Une sorte de grosse fouine, peut-être, affolée par le bruit de leurs pas.

[Nan, c'était pas normal. Et moi aussi, j'ai faim. Et j'aime Ankou, qui vous aime aussi, ou pas. Mais là n'est pas la question.Cool]

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MessageSujet: Re: Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]   Ven 27 Mai - 20:35

[Yeah, il nous aime ! XD
Et Karin aussi l'aime. Enfin, pas Ankou, lui elle le déteste assez, mais bon, breffons.~
Posté. clown ]
Bien que l’obscurité régnât en maitresse intraitable des lieux, les parcelles de terrain qu’elle dévoilait comme à contrecœur à Karin lui suffisaient pour deviner que les morts n’allaient pas tarder. Leur arrivée, qu’elle sentait imminente, n’augurait rien de bon et pourtant le sourire presque extatique qui étirait ses lèvres se refusait à disparaitre. Ses compagnons lui tournant le dos, et les ténèbres aidant, elle n’avait plus nul besoin d’avoir l’air calme et posé. Peur ? Evidemment qu’elle avait peur, elle était même terrorisée ! Sans doute devrait-elle évincer ce passage du récit qu’elle ne manquerait pas de raconter à ses amis proches et vagues connaissances. Antoine et Aleksander n’avaient, du reste, absolument aucun moyen de juger de son état d’esprit et devaient de toute façon être dans un état similaire au sien. Impossible, en de pareils lieux, de garder tout à fait intacts sa confiance en soi, sa morgue, son amour de la science et des faits avérés. Ce n’était que plus vrai encore quand, à l’instar de la jeune fille, vous n’aviez à la base pas grand-chose de ceci ! Alors, conclut-elle, apparemment ravie de son raisonnement pseudo-logique, ils devaient être littéralement morts de trouille, eux aussi. A la différence près que les hommes avaient pour rôle, ou s’imposaient comme but, d’être forts, virils, poussant la bravoure à la limite de l’inconscience pour protéger, rassurer leurs fragiles et frêles damoiselles qui, de leur côté, n’avaient qu’à trembler et hurler en cas de besoin, histoire de ne pas simplement rester plantées là comme le dernier des légumes. Ce qui aurait largement expliqué, à tout le moins dans les grandes lignes, l’assurance apparente du brun aux cheveux longs. Il voulait en imposer, peut-être ? Karin n’en aurait pas été étonnée outre mesure : de un parce qu’il était riche, et que ces gens-là avaient, semblait-il, un sens de l’honneur un peu tordu qui échappait complètement à la fleuriste. Et de deux parce que de son point de vue il n’était pas envisageable qu’il soit aussi serein à l’intérieur que l’extérieur pouvait le laisser croire. C’était une histoire complètement différente pour son si cher petit frère ; après avoir manqué de peu la crise d’apoplexie en découvrant une petite araignée –pardon, une bête affreuse et sanguinaire qui aurait effrayé n’importe qui, il ne semblait pas beaucoup plus tranquille à présent qu’elle était partie. Les nerfs à vifs, pensa-t-elle, il réagirait trois fois plus violemment que la situation l’exigeait au moindre pépin.

Elle aussi, d’ailleurs ; le mélange de peur et d’excitation dans son cœur constituait un véritable cocktail Molotov, qui guettait la plus petite occasion d’exploser. Ceci dit venant d’elle un comportement quelque peu excessif n’avait rien d’inhabituel : pour la cadet Blaze, si. Lui qui était toujours si mesuré, comme si chaque mot ‘en trop’ prononcé allait lui coûter cher au ciel, sortirait avec un peu de chance de sa réserve taciturne. Rien de tel que les émotions fortes pour ce faire, la fille du trio en restait intimement persuadée ! Et rien n’aurait su venir ébranler cette conviction. Depuis la mort de leur père, suivie de celle d’Emrys, il avait semblé à Karin qu’Aleksander ne voyait plus l’intérêt de sourire, s’esclaffer à une blague nulle ou de se faire des amis –d’accord, ça n’avait jamais été véritablement le cas, mais il explosait tout de même les plafonds du pessimisme ces temps-ci. Elle comprenait, d’une certaine manière, mais n’approuvait pas, loin s’en fallait. Elle prenait par conséquent très à cœur sa fonction de grande sœur, et si pour cela elle devait passer par un brin de sadisme en emmenant le jeune homme dans un endroit aussi glauque, eh bien tant pis… Le jeu en valait la chandelle, non ? Karin jeta un nouveau regard autour d’elle ; pas de trace d’un potentiel renfoncement dans le mur craquelé jadis blanc, pas de cage d’escalier. Mince, il devait pourtant y avoir un accès au sous-sol dans cette bâtisse d’un autre âge ! L’impatience commençait à sérieusement envahir la villageoise. Bien loin de saper sa belle motivation néanmoins, cela ne faisait que la renforcer, la conforter dans son envie de descendre.

Peut-être ne pouvait-on accéder à l’étage en-dessous que par un couloir réservé aux tortionnaires ? Karin se reprit aussitôt : personnel, mais les subtilités de ce langage avaient toujours eu le don de l’énerver. Brusque poussée d’intelligence ou neurones enfin connectés et stimulés par le besoin vital de trouver ce fichu escalier, là n’était pas la question : toujours était-il qu’au prochain embranchement, elle emprunterait le corridor le plus vieux, sale, étroit et sombre de tous. Elle s’en faisait le serment : les deux garçons continueraient tout droit et elle, bifurquerait à gauche ou à droite après les avoir suivis sur quelques mètres, au cas où. La jeune femme pensait avoir concocté là un plan d’action extrêmement abouti, et au vu du manque total de réflexion dans la plupart de ses actes c’était bien le cas. En comparaison, en quelque sorte, bien qu’elle ne s’en fît pas la remarque.

«Je sais pas. De toute façon, je préfère rester en haut. Il doit y avoir seulement des vieux trucs et des portes fermées, en bas. Comme ici.»

Des vieux trucs ? Assurément. Des vieux trucs à malédictions, comme il convenait selon elle de les nommer. Des portes fermées ? Elémentaire. Mais ce qui piquait son intérêt était plutôt ce qu’elle pourrait découvrir derrière lesdites entrées condamnées. Somme toute, son petit frère avait encore raison, mais ne faisait qu’énoncer des évidences, éludant les parties qui ne collaient pas avec ses paroles. Qui ne lui allaient pas. Qui n’auraient pas été susceptibles d’empêcher une personne normale de descendre –si l’on prenait pour acquis qu’il fût possible qu’une personne dite ‘normale’ veuille le faire. Sur Karin en tout cas, rien ne fonctionnerait.

Parce qu’elle avait décidé de le faire et n’avait d’ordres à recevoir de personne. En sa qualité d’aînée ici, c’était à son jugement que l’on aurait dû se fier. Mais qu’importait, tant qu’on la laissait agir à sa guise et ouvrir les portes qui lui chantaient… Antoine sortit une remarque sans doute pertinente sur les araignées qu’elle n’écouta que d’une oreille, perdue dans la contemplation d’une lézarde dans le mur, qui finissait par se perdre dans la noirceur qui surplombait leurs têtes et masquait le plafond. Ce n’est qu’en sentant un courant d’air frôler ses jambes qu’elle baissa subitement le regard, esquissant au passage un pas de côté –tenant d’ailleurs plus du bond que du pas, à bien y réfléchir. Sans crier toutefois. Le silence, pour ne pas mettre en colères les ectoplasmes, était de mise.

« Ou cet animal qui vient de partir à toute vitesse. Dommage que je n'ai pas pu voir de quoi il s'agissait. »

Elle jeta à son ami un regard équivoque, au message du type de ‘t’aurais pas pu le dire plus tôt ?’. Elle ignorait s’il pouvait la voir correctement mais l’intention était là, et c’était ce qui comptait. Beaucoup plus efficace que les mots parfois, le silence… Une main sur son cœur, qui avait manqué de s’arrêter, elle l’aurait juré, une poignée de secondes plus tôt, l’autre tenant toujours fermement la hanse de sa lampe, elle recommença à avancer.

« Alors là, bravo ! C’est sûr qu’on a pas à s’en faire avec toi, Antoine, lança-t-elle avec ironie, tu pourras nous prévenir quand un zombie nous aura planté un couteau dans le dos ! T’aurais pu nous dire qu’y avait une bestiole avant qu’elle parte, j’ai cru que j’allais faire une crise cardiaque, moi ! »

Oui, bon, concéda-t-elle, les mots restaient diablement plus précis.

« Et puis c’est cool, les portes fermées ! S’il y en aurait pas, je pourrais pas trouver les squelettes derrière ! »

Elle récupéra son sourire, déjà plus ou moins remise de sa petite frayeur. Charrier Antoine était toujours aussi amusant, décidément, elle ne s’en lasserait jamais à ce rythme ! Karin nota un couloir qui partait vers la droite, mais il était encore trop large à son goût. Si elle n’en trouvait pas de plus correct dans dix mètres, elle pourrait toujours faire demi-tour…
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MessageSujet: Re: Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]   Jeu 21 Juil - 19:15

{Une débile m'a envoyée des chansons pourries, donc mon poste en a été influencé. Je vous préviens. Un miracle qu'il soit logique.8D

Caché dans les poubelles, les gens parlent pas beaucoup... Comme un psychopathe, je mange des pâtes...XDDDDD}


Pas de fantômes, pas de personnes dangereuses, rien que des bestioles dégoutantes et des vieux bidules qui trainaient au sol. Il n'y avait rien derrière les portes, si ce n'était des pièces à l'abandon, dans lesquelles devaient s'entasser des objets inidentifiables et de la poussière. Les seuls bruits qu'ils entendraient étaient ceux du vent qui faisait craquer de vieilles lattes ou le bruit des dizaines de bestioles qui rampaient ou courraient au sol et sur les murs. Voilà tout. Aleksander le savait, il en était persuadé – et essayait de s'en persuader – mais rien à faire. Peut-être que dans ce genre d'endroits, il était plus difficile de se convaincre de choses logiques. Ce n'était pourtant pas comme s'il croyait vraiment aux fantômes, d'habitude : il n'avait jamais eu peur qu'un mort vienne lui rendre visite, et n'avait de mémoire jamais eu peur de déambuler seul dans un cimetière, par exemple, de jour comme de nuit. C'étaient au contraire des lieux tranquilles, calmes. La seule chose qu'il y avait à craindre là-bas c'était les imbéciles qui trouvaient drôles de venir se faire peur, voilà tout. Il aurait pu appliquer le même raisonnement pour cet endroit, mais son côté irrationnel reprenait invariablement le dessus. Peut-être parce que, contrairement au cimetière, il s'était passé des choses plus ou moins horribles, ici. Et si un endroit devait être hanté, ce serait bien celui-là. Il promenait des yeux méfiants autour de lui, là où la lumière que projetaient leurs lampes permettait de voir à peu près correctement, tendu et peu rassuré. Ce n'était pas une bonne idée, de toute façon. Ça n'en avait jamais été une. Et le jeune serviteur devait bien reconnaître sa totale inutilité, pour le coup. Si encore il avait réussi à convaincre Karin de ne pas venir ; mais non. Et maintenant qu'il était là, il aurait au moins pu la protéger ; mais non. D'ailleurs, il était sûr qu'il n'allait même pas être capable de l'empêcher de descendre là où elle voulait tant aller. Quelle galère... Mais mieux valait tout de même qu'il soit là, se dit-il en posant ses yeux clairs dans le dos d'Antoine. Au moins, il pouvait surveiller. A peu près. C'était déjà mieux que rien.

« Je suis certain que l'on peut trouver des choses intéressantes, comme ce magnifique spécimen d'araignée, ici, ou cette... »


Aleksander ouvrit de grands yeux à l'entente du mot araignée, mais fit de son mieux pour rester calme et composé. Il crut entendre du bruit derrière lui et se retourna pour voir que Karin, à l'évidence, avait dû voir ledit animal. Super. Maintenant en plus d'avoir peur des araignées qui pouvaient éventuellement lui grimper dessus ou descendre sur sa tête – ou pire, sous sa chemise – il allait passer le restant de leur 'exploration' à se demander quel autre genre d'animal pouvait bien loger ici. Tant que ce n'était pas dangereux, à priori, ça n'était pas important, n'est-ce pas? Tant que ce n'était pas dangereux, bien sûr. Hm. Il n'y avait aucune raison que ça le soit, après tout ; il était normal que des petites bestioles aient trouvé refuge ici, mais de plus gros animaux, non. Quoi qu'ils auraient sans doute pu entrer sans problème, et il devait exister des endroits à l'abri du vent et de la pluie. Alors peut-être que de plus gros animaux, plus dangereux, avaient pu trouver refuge ici. De mieux en mieux. L'avantage était que, si ça continuait, il allait totalement en oublier les éventuels fantômes au profit de choses plus concrètes et beaucoup plus dangereuses.

« Alors là, bravo ! C’est sûr qu’on a pas à s’en faire avec toi, Antoine, tu pourras nous prévenir quand un zombie nous aura planté un couteau dans le dos ! T’aurais pu nous dire qu’y avait une bestiole avant qu’elle parte, j’ai cru que j’allais faire une crise cardiaque, moi ! »


Heureusement, il y avait toujours sa merveilleuse sœur pour lui rappeler la possible existence de zombies et de squelettes. Il se contenta de faire une brève grimace, déjà totalement exaspéré par cet endroit, le noir, l'odeur de renfermé et de poussière et la lumière vacillante qui ne permettaient pas de voir assez loin pour qu'il soit rassuré. En plus de cela la présence d'un imbécile devant lui n'arrangeait pas son humeur, et avec Karin qui n'arrêtait pas de crier qu'elle voulait voir des choses effrayantes et aller se promener en bas, c'était le pompon. Il aurait bien poussé un long soupir avant de faire demi-tour aussi sec, mais il savait pertinemment qu'il ne le ferait pas. De un, il ne voulait pas les laisser seuls ; de deux, il ne voulait pas être seul lui-même. Il ne doutait pas qu'il aurait réussi à retourner à l'entrée sans trop de mal, mais avec sa chance soit il aurait croisé quelqu'un à l'extérieur, soit il aurait cassé sa lampe avant d'y parvenir. Et là, bonjour les ennuis.

« Et puis c’est cool, les portes fermées ! S’il y en aurait pas, je pourrais pas trouver les squelettes derrière ! »


Aleksander releva à peine l'erreur dans la phrase de sa sœur, les yeux rivés sur le noir, à sa droite. Les portes fermées n'étaient pas cool, non. Pas cool du tout. Ou plutôt, si : elles étaient fermées, très jolies, et devaient le rester. Point final. Quelle idée de vouloir aller voir ce qu'il y avait derrière...! C'était tout à fait le genre de sa sœur, malheureusement. Et d'ailleurs, tant qu'à faire, il préférait qu'ils ne trouvent aucun squelette. Il n'avait aucune envie de tomber nez à nez avec un ancien patient, vraiment. Aucun doute qu'il n'arriverait plus à s'enlever cette image de la tête si ça arrivait. Et nul besoin de préciser qu'il n'avait pas envie d'alimenter ses cauchemars pour les dix prochaines nuits. Tant qu'à avoir peur, il préférait s'imaginer des araignées qu'un vrai squelette ; quoi que dans les faits, il pensait ces bestioles plus dangereuses qu'un tas d'ossements. Et mine de rien, mieux valait ne pas tenter le Diable : laisser les morts reposer en paix valait bien mieux que les déranger à tout prix. Au moins, comme ça, ils étaient tranquilles. Que les fantômes existent ou non.

«Les portes fermées restent fermées, répondit Aleksander sans réelle conviction, observant attentivement le sol pour ne pas croiser le chemin d'une araignée ou être bête du même genre. Ça peut être dangereux.»

C'était dangereux, même, se dit-il en levant le nez pour vérifier que rien ne risquait de lui tomber sur la tête. Le pire dans tout cela était qu'il savait que ça allait mal finir. Il le savait. Il en avait l'intime conviction. Peut-être était-ce simplement son côté pessimiste qui reprenait le dessus. Ou bien son côté rationnel?

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MessageSujet: Re: Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]   

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Frightening asylum.[PV Karin, Aleksander...et qui veut.XD]

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