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 One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]

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Castratrice de Princes

Féminin Nombre de messages  : 35

Localisation  : Alors, chez moi ou au travail, ou en ville... Bon, mon travail est en ville aussi, mais on se comprend !
Emploi/loisirs  : M'améliorer en cuisine. Pour l'instant, je vais faire un repas au lapin d'Aleksander.
Humeur  : Bah, bonne j'imagine. Pas mauvaise, en tout cas !

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Castratrice de Princes


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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Dim 26 Sep - 12:52

[HS: Je pense que c'est normal, ouais. Moi au début je voulais toujours dire Ankou, mais maintenant c'est bon, 'Antoine'. Si ça continue, il va devenir schyzo, ou se transformer en Antoine pour de bon...XD]

Ce n'était guère très difficile de deviner le contenu des pensées de Karin. Et de loin s'en fallait. Il existait en ce monde des personnalités auréolées d'un mystère épais, destiné à ne se dissiper qu'aux yeux des plus clairvoyants et des plus sages. D'autres dont les lourds secrets auraient su habilement changer la face du monde tel qu'on le connaissait, et bien plus encore. De ces personnes que l'on croise et que l'on remarque de suite, leurs traits impassibles restant en permanence tout ce qu'il y avait de plus indéchiffrables. Évidemment, il arrivait de penser à la blonde aux cheveux bouclés de songer qu'il serait agréable d'être de même. Que l'on s'intéresserait mille fois plus à elle, qu'elle aurait de quoi se réjouir et se sentir spéciale. Mais ce n'était pas le cas, pas du tout. La réaction d'un lapin devant une carotte aurait encore été plus ardue à prévoir que ses paroles en réponse à telle ou telle phrase. Elle le savait pertinemment, et ne pouvait nier en tirer une certaine fierté, de temps à autres. Certes, d'aucuns auraient sans l'ombre d'un doute considéré la chose comme un handicap certain dans la vie de tous les jours mais, de son côté, elle n'avait nullement l'impression de devoir la prendre comme telle. Cela évitait autant de déboires que cela en apportait. Il fallait savoir voir le bon comme le mauvais côté de sa propre personnalité... Et elle ne voyait pas grand intérêt à passer le reste de son existence à maudire ses parents de ne pas l'avoir faite comme la plus intelligente fille que l'on eût su trouver, ou même la plus belle, dans une certaine mesure. On lui avait par ailleurs souvent fait la remarque qu'elle avait moins à se plaindre sur un point que sur l'autre, sans jamais pour autant juger utile de lui préciser lequel... A moins que ce fut elle qui ne leur en laissait jamais le temps? Essuyer quelques railleries lorsqu'elle saccageait d'une fort artistique manière l'orthographe d'un mot n'était pas un véritable problème; surtout quand lesdites personnes ne valaient pas tant mieux qu'elle. Elle en souriait. Que valait-il mieux? Être l'une de ces 'dames' superficielles et plus pâles que la mort elle-même, ou bien rester Karin Blaze? Changer ne l'intéressait pas. D'autant qu'elle n'était pas la fautive de l'histoire. Si quelqu'un devait ouvrir son cœur, ce n'était sûrement pas elle. Et ces réflexions, n'importe qui aurait pu les déchiffrer sur son visage à mesure qu'elles naissaient dans son esprit caricaturant chaque chose que ses yeux bleus avaient le malheur de croiser et de ne malheureusement pas apprécier à leur juste valeur. On savait à la seconde même si quelque chose lui faisait plaisir ou non. Si elle était indignée, si vos paroles l'amusaient, ou si au contraire, vous l'agaciez prodigieusement. Ce n'était pas un défis bien compliqué à relever; cacher ses émotions? Et puis quoi encore? Ce n'était pas comme si on allait la frapper pour avoir eu un mauvais regard envers l'une des personnes arpentant la rue, si? Il n'y aurait guère eut que des riches pour avoir une telle réaction. Or, il lui avait semblé relativement évident, jusqu'ici, que ces personnes avaient mille autres choses qu'elles jugeaient plus importantes et intéressantes à réaliser. Faire eux-mêmes leurs achats devait leur sembler si... Dégradant. Si elle avait possédé ne fusse que la moitié de leurs biens, cela ne l'aurait pas rendue arrogante à ce point, jamais. Ce n'aurait pas été acceptable, et elle l'aurait su. En regardant Antoine, elle se demandait s'il était accoutumé à parler avec des citoyens lambdas, des gens du peuple comme elle. Les probabilités que cela soit vraies avaient beau être faibles, cette idée lui plaisait bien. Ceci dit, ce n'était sûrement pas l'apparente gentillesse de son interlocuteur qui risquait de changer quoi que ce soit dans l'esprit de la jeune fille, qui avait diablement tendance à définir les choses de manière un peu trop catégorique. Remettre ses certitudes tout acquises en question. Et puis quoi, encore? Pourquoi ne pas lui demander de sauter d'une falaise en battant des bras, elle aurait tout autant refusé. Ce n'était pas dans ses habitudes d'avouer ses torts et, si elle savait certes que s'acharner alors même que l'on sait s'être trompé n'est guère très élégant, elle n'y pouvait rien changer. Quitte à être paradoxale et illogique au possible, tant pis. Cela n'allait pas la tuer, ni la déstabiliser outre mesure. Elle avait tout à fait le droit de détester les bourgeois mais d'apprécier le jeune homme à lunettes. Cela ne tenait qu'à elle et, si elle choisissait de s'arroger ce droit eh bien, elle le faisait, sans se poser plus de questions qu'elle ne l'avait d'ores et déjà fait. En revanche, il avait tout intérêt à ne pas être trop rancunier car il ne figurait pas dans ses projets futurs le fait de s'excuser pour quoi que ce fut, ni de ses paroles blessantes, ni de rien du tout. Il l'avait bien cherché, non? Ceci dit, il ne lui avait au moins pas menti quant à son statut social, sans pourtant sembler s'en rengorger à tout bout de champ. Ce qui était un bon point, avantage non négligeable.

Et non négligé. Elle était en réalité partagée entre l'envie pressante de le ridiculiser, ce qui aurait eu un certain côté cathartique, à n'en point douter, et celle de faire tabler rase de sa fortune sans nul doute injustement acquise, sur le dos de personne comme elle et sa mère, comme son frère et sa sœur et ses amis, pour sympathiser de manière plus innocente. Problème épineux. Mais comme toujours, lorsque les ennuis pointaient à l'horizon, Karin se contentait de les ignorer au sens propre du terme, agissant sans plus de réflexion que nécessaire. Voir même moins. Et généralement ils se réglaient d'eux-mêmes, rapidement, facilement, s'en retournaient d'où ils venaient et ne revenaient plus à la charge. Elle se souvenait que l'un de ses ami avait un jour lancé, l'air d'avoir trouvé la meilleure blague du siècle, qu'ils étaient juste effrayés par le vide, le gouffre noir et sans fond séparant ses deux oreilles. Il s'en souvenait toujours ou, du moins, il s'en était souvenu les quinze jours qui suivirent au minimum. Le pauvre avait dû atrocement souffrir...

Heureusement pour Antoine, quoi qu'il dise, rien de tout cela ne lui serait arrivé, dans la mesure où elle ne frappait théoriquement pas les inconnus sans une excellente raison.

« Eeeeh bien, peut-être. Sûrement. Le soleil tape fort, aujourd'hui, ce ne serait donc pas étonnant. Et je ne vois pas vraiment pourquoi les 'riches' ne pourraient pas trouver un travail amusant. C'est incompatible, d'être riche et aimer sculpter le bois ou l'argile; par exemple? »

Il avait repris son magnifique 'eh'. Soit. Mais il n'avait pas le droit de la singer! S'il avait un problème, ils pouvaient toujours régler cela d'une manière qui lui aurait bien mieux convenu, et... La blonde secoua vaguement la tête, tentant bon gré mal gré de se remettre les idées en place. Mais que racontait-elle, encore? Il fallait sérieusement qu'elle apprenne à catalyser sa colère. Et pour bien faire, elle irait s'entraîner le soir même, si elle le pouvait. Il s'agissait là de son petit moyen à elle pour ne pas s'énerver sur tout et n'importe quoi; à la place, elle tapait sur ses camarades, venus dans le même but qu'elle de toute façon, et parfaitement conscients des risques, tout en se donnant l'impression de faire quelque chose d'utile en apprenant l'auto-défense. Quant à ce que les riches travaillent, non. Non, non et non. C'était impossible. On avait beau aimer son travail, il n'avait ce nom que lorsqu'on l'utilisait pour gagner sa vie et de quoi manger le soir. Dès lors que ce n'était plus le cas, ce devenait un loisir. Pas un emploi. Le principe ne divergeait certes pas grandement; mais tout de même. Il n'en restait pas moins que cette maigre différence suffisait à Karin pour s'expliquer et se justifier de la meilleure manière qui fut. Un riche ne travaillait pas, il s'amusait ou 'jouait au travailleur', nuance. Elle ne lui répondit pas tout de suite, dardant sur lui un regard dubitatif, se demandant pourquoi il s'acharnait à défendre cette caste de gens face à elle. C'était peine perdue, ne l'avait-il pas remarqué? On ne changeait pas quelqu'un, ni avec des actes ni avec des mots. Les gens restaient rigoureusement les identiques d'année en année, en feignant un soit disant changement. Elle ne s'était jamais donné ce mal. Le brun la surpris derechef en lui accordant le droit de le tutoyer. Elle ne s'y serait pas attendue; mais ne se laissa pas berner pour autant. Enfin, elle eut un léger haussement d'épaule, ne donnant ni ne refusant sa proposition. Qu'elle aie ou non été de cet avis, sa langue aurait décidé pour elle en formulant toutes ces phrases en 'tu' plutôt qu'en 'vous'. C'était un réflexe, un mauvais automatisme dont il était plus que probable qu'il ne passe guère avec l'âge, ni ne s'accentue pour autant, fort heureusement.
Alors qu'elle allait répondre à sa première interrogation, Antoine reprit la parole, la regardant droit dans les yeux. Qu'avait-il, encore?

« Me détestez vous car je suis plus riche que vous-même et vos voisins? »

La jeune fille haussa les sourcils, perplexe, puis porta son regard sur un bouquet sur la gauche. Quelle question stupide. N'avait-il pas mieux? Elle séchait, sur le coup. Le détestait-elle seulement, ou l'appréciait-elle au contraire? La forcer à se poser des questions sur son fonctionnement intérieur, ce n'aurait pas dû être autorisé, vraiment! Là, pour sûr, sur l'instant, elle se mit à le détester viscéralement, d'une manière qui lui sembla irrémédiable. Et qui ne dura pourtant qu'une brève seconde ou deux. De fait, oui, la réponse à cette question enquiquinante était en partie positive. Elle n'aimait pas le moins du monde ceux fréquentant ces lieux mondains, décoré avec un faste écœurant alors que d'autre moiraient de faim en se tordant de douleur sur un sol froid par une nuit d'hiver. Se paraient de bijoux quand d'autres n'avaient que des loques à se mettre, qu'il pleuve, vente ou neige. Ces femmes oisives à outrance alors qu'eux autres ne rentraient parfois que tard le soir, pour directement tomber sur leur lit et s'endormir tant la journée avait été éreintante. Elle se souvenait d'une histoire, petite, où un homme passait chaque soir le pas de la porte si tard qu'il ne voyait aimais son petit garçon avant qu'il ne dorme, et se levait si tôt aux aurores, qu'il n'avait pas plus la possibilité de lui dire bonjour. Alors, cet amas de gens puant l'arrogance, la fainéantise et l'argent sale, dont l'esprit était pire que le dernier des charniers de la guerre à son sens, aurait tout aussi bien pu disparaitre de sa vie et; pourquoi pas, de la surface du monde. Mais... Il en existait comme Antoine, ou de rares autres de ses connaissances et amis qui, eux, n'avaient rien de mauvais. Mais généraliser était tellement, tellement plus simple que le cas par cas. Tant pis pour les quelques exceptions. Elle n'avait pour autant pas l'impression de détester foncièrement le jeune homme alors, que répondre? Gâcher un -peut-être- début de discussion sur un malentendu aurait été fort malvenu... Elle poussa un bref soupir agacé, les poings sur les hanches, avant de ne reporter son regard dans celui, marron rougeâtre, de son interlocuteur. Il voulait des réponses? Très bien, elle lui en fournirait. Mais pas celles qu'il espérait entendre. Ce serait là sa punition pour lui avoir fait s'être posé de si désagréables questions.

« Déjà, de un, un riche, ça n'a pas besoin d'argent pour son boulot. Donc il ne travaille pas, il s'amuse. Et de deux, qui te dit que mes voisins ne sont pas vraiment, vraiment très riches, hm? Ah, rien, je suis sûre. Elle marqua une pause, puis reprit, croisant les bras sur sa poitrine. Et puis, j'ai dit que je te détestais, que je sache? Tirer des conclusions hâtives, comme ça, tout de suite... »

Elle secoua la tête. Mal placée pour dire cela, elle? Elle n'en fit pas grand cas. La poutre dans son œil, elle se permettait de l'ignorer. La poutre dans celle du voisin était mille fois plus intéressante à observer.

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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Dim 24 Oct - 5:05

Ankou appréciait bien la jeune fleuriste, mais était persuadé que le sentiment n'était pas réciproque. Qui ne l'aurait pas été, à sa place? Elle employait à son encontre, peut-être ne s'en rendait-elle pas compte, un ton beaucoup moins doux qu'il n'aurait du l'être envers un étranger, selon les règles de bienséance. Le jeune homme ne pensait pas Karin Blaze grande adepte de ce genre de pratiques consistant à être poli et respectueux avec son interlocuteur, et ce même s'il ne nous inspirait aucune sympathie, mais tout de même...Il devinait fort bien qu'elle ne haussait pas la voix devant n'importe qui, même la plus brutale des personnes avait ne serait-ce qu'une vague notion du respect qu'elle savait appliquer lorsque la situation l'exigeait. Enfin, ayant été élevé dans un milieu où la politesse et le respect étaient de rigueur, en particulier envers le Prince, il avouait n'avoir lui-même qu'une très petite idée de la manière dont les villageois parlaient entre eux. Sans aucun doute le registre était-il plus familier et libre que celui de la Noblesse, mais il avait du mal à visualiser une telle chose, mais quoi de plus normal? Il trouvait la moindre petite remarque familière déplacée, et aurait certainement passé son temps à s'exclamer et s'offusquer s'il avait du avoir une conversation dans un lieu populaire public. Ou dans une moindre mesure, ouvrir de grands yeux scandalisés et étonnés. C'était dans ce genre de moments que le jeune homme aux yeux grenats se rendait compte de la grandeur et la profondeur de ce gouffre qui séparait les hautes sphères de la société des plus basses; Il était tel que les deux cultures, qu'on pouvait clairement définir comme cultures différentes à ce stade là, ne parvenait pas à se comprendre et s'entendre, rendant des relations qui auraient du être cordiales passablement tendues et jalouses. Si tout le monde avait su s'entendre, pourtant, la vie n'en aurait été que meilleure. Mais malheureusement, et on lui avait répété plusieurs fois, d'une manière directe ou détournée, que c'était là quelque chose d'impossible et qui resterait à jamais du domaine du rêve et de l'imaginaire. Bon. Ça, Ankou pouvait le concevoir. Quelques uns avaient tentés de rétablir une entente entre ces deux 'peuples', mais aucun n'avait réussi à les réconcilier. C'était bien trop dur, leurs conditions s'opposant tout à fait. Leurs désirs, leurs buts n'étaient pas les mêmes, et jamais, à moins de mettre tout le monde au même niveau (ce qui était proprement impossible, même les idéalistes le savaient), jamais ce miracle tant relaté dans les livres ne se produirait. Mais que ces deux classes sociales aux intérêts si dissemblables s'affrontent pouvait-il pour autant empêcher une entente entre deux personnes provenant chacune d'un de ces milieux? Son sourire figé, Ankou l'avait bien remarqué. Elle n'était pas aussi discrète qu'elle pouvait le penser, peut-être. Ou si elle n'avait pas cherché à le masquer, alors qu'elle ne s'étonne pas qu'il se sente agressé par ses répliques d'où ne transparaissait pas une très nette sympathie. Ankou ne savait pas trop s'il ne lui plaisait vraiment pas ou si ses paroles n'étaient qu'une réaction à l'annonce de son rang, mais dans tous les cas, il s'en sentait réellement attristé. S'il était né riche, ou en l'occurrence Antoine, alors ce n'était pas sa faute. Pouvait-on le blâmer pour être né avec tous les avantages qu'un être vivant puisse posséder? Si sa famille avait toujours été plus riche que les autres, ce n'était pas sa faute. Mais peu de personnes semblaient le comprendre. Il fallait désigner un coupable, et quand il n'en existait pas, on pointait du doigt la première personne susceptible de faire un bon bouc-émissaire. Ankou n'aurait jamais été jusqu'à dire qu'il était une personne simple et qui pouvait se passer sans mal de ce luxe qui l'avait entouré depuis sa naissance: Ça aurait été un si gros mensonge. Quand on nous mettait de l'or dans les mains dès tout petit, on s'habituait à ce poids dans nos mains, et si on nous l'enlevait, on se plaindrait d'être trop légers. Une fois qu'on a goûté au nectar et à l'ambroisie, il est impossible de se défaire de ce goût si plaisant et particulier qui leur est propre. Alors soit, il était riche. Très riche, même, plus que n'importe qui en ce royaume. Il pouvait avoir tout ce qu'il désirait, et ce sans aucune restriction. La pénurie, le manque, la restriction, l'incapacité de se soigner car l'argent pour acheter les médicaments nous manquait, il ne les avaient jamais connus et, à moins d'un grave événement qui l'aurait déchu de ses fonctions et forcé à s'exiler, il ne les connaîtrait jamais. Était-ce la faite d'Antoine si ses parents avaient su faire d'une petite entreprise sans nom un grand commerce? Sûrement étaient-ce là un homme et une femme intelligents, et qui possédaient de grandes ambitions. Alors avait-il à payer un tribu car ses parents avaient désirés pour eux et leur fils une meilleure vie que celle qu'ils avaient vécus jusque là?

A partir d'un rien, on peut obtenir un tout. Il suffisait simplement de savoir comment s'y prendre, et avoir le courage de mener ce projet jusqu'au bout. Car si l'on baissait les bras, forcément, on n'obtenait rien du tout. Il fallait savoir se relever chaque fois que l'on tombait, et ce même si la chute était brutale et nous laissait en pleurs et en sang. Courage et détermination étaient les maîtres mots des personnes ambitieuses ne désirant pas terminer leur vie dans l'anonymat et la pauvreté.

Même Ankou devait faire preuve de ces qualités, ce qui n'était pas toujours facile, loin de là, et même s'il n'était pas une personne possédant à la base un caractère très marqué, quand il désirait quelque chose, il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour l'obtenir. Et le fait était qu'il avait décidé, certainement agacé par les sarcasmes de la demoiselle aux cheveux bouclés, que Karin Blaze ne le détesterait pas. Elle l'apprécierait et, si cela s'avérait impossible, le supporterait, au minimum. Il n'allait pas la laisser avoir une mauvaise impression de lui simplement car il possédait plus d'argent qu'elle et n'avait pas besoin de travailler pour faire vivre les siens! Non mais. Avec de tels préjugés, on passait à côté de personnes intéressantes et qui auraient pu, si on avait prit la peine de regarder à l'intérieur d'elles plutôt qu'à l'extérieur, illuminer un peu plus notre vie, comme le fait chaque ami que l'on se faisait au cours de notre existence. Oh, le Prince ne se serait jamais prétendu capable d'illuminer la vie de la jeune fleuriste d'une quelconque façon, il ne savait même pas si la faire rire ou sourire était dans ses cordes, mais...Comme il ne se jugeait pas la plus horrible et exécrable des personnes, il pensait mériter son amitié. Il ne voulait pas de sa haine, surtout qu'il pensait qu'elle avait des aprioris sur lui uniquement car il lui avait dit être riche. Son sourire avait disparu alors, et était vite réapparu, mais tellement plus crispé...Pour lui, habitué à scruter la moindre des réactions et sentiments de ses interlocuteurs, il l'avait remarqué sans trop de mal. Mais comment faire pour faire disparaitre ces stupides préjugés? Si Karin devait le détester, alors il préférait cent fois mieux que ce soit pour ce qu'il était, et non pour l'argent que gagnaient ses parents.

« Déjà, de un, un riche, ça n'a pas besoin d'argent pour son boulot. Donc il ne travaille pas, il s'amuse. Et de deux, qui te dit que mes voisins ne sont pas vraiment, vraiment très riches, hm? Ah, rien, je suis sûre. Et puis, j'ai dit que je te détestais, que je sache? Tirer des conclusions hâtives, comme ça, tout de suite... »

Ankou pencha sa tête sur le côté suite aux paroles de la jeune femme, laissant son regard dériver sur sa droite. Ah, il l'avait vexée? Si la blonde demoiselle était susceptible, l'entreprise allait être encore plus ardue qu'il ne l'avait au départ pensé. Ça n'allait vraiment pas être une partie de plaisir que de la détacher de ces stupides idées préconçues. Et quelles idées...! Mais il ne comptait pas pour autant abandonner. Au contraire, ces paroles l'avaient décidé à faire de son mieux pour se faire apprécier. Et si quand bien même Karin persistait à le trouver dégoûtant et bon à tuer à la fin, alors il abandonnerait. Mais uniquement si plus aucun moyen de remonter dans l'estime de la jeune femme ne se présentait à lui. Ce n'était pas qu'Ankou était vexé par ces paroles, il en était même plutôt attristé que fâché. S'il voulait qu'elle l'aime bien, ce n'était pas une question d'égo ébranlé, non; C'était tout simplement qu'il la trouvait sympathique et trouvait cela dommage qu'elle ne le juge qu'à sa position sociale. Il voulait au moins une chance de bien se faire voir. Mais, se dit-il en se mordant légèrement la lèvre inférieure, il allait falloir être délicat; Le moindre mot de travers ou phrase mal interprétée pouvait réduire à néant tout espoir de la voir lui parler en tant qu'ami. Karin Blaze n'y allait pas par quatre chemin, mais si lui faisait la même chose, il y avait fort à parier pour qu'ils se mettent à se crier dessus plutôt que faire tranquillement connaissance. Et ça, inutile de le préciser, ce n'était pas un scénario qu'il avait particulièrement envie de mettre en scène. Il faisait beau et chaud, et Ankou préférait que leur discussion soit à l'image du ciel: Bleu et sans nuages.

"Oh, et va pour tu. Je n'aime pas des masses le vouvoiement, de toute façon."

Ankou acquiesça doucement, remettant en place une mèche de ses cheveux de la couleur de l'ébène en place. Même s'il avait souvent du mal à tutoyer les personnes qu'il ne connaissait que depuis peu de temps, il ferait de son mieux, et tout devrait bien se passer de ce côté là. Les bruits de la rue en effervescence lui parvenaient toujours, et réussissaient à eux-seuls à maintenir sur son visage ce sourire qui reflétait bien mieux sa personnalité que toute autre expression. Le temps était magnifique, tout allait bien dans la grande capitale, il n'avait pas de travail en retard, rien de grave n'était arrivé au cours de ces dernières semaines...Non, décidément, il n'y avait aucune raison qu'il se sente mal, même lui le pensait sincèrement. Rien, vraiment rien...Alors pourquoi une poigne de fer étreignait-elle douloureusement son cœur en ce moment-même? Ce sentiment oppressant, comme si une catastrophe dont-il était le responsable s'était récemment produite. Chassant de son esprit toutes ces pensées et sensations amères, Ankou concentra sa pleine et entière attention sur la jeune femme qui lui faisait face, haussant sa voix, toujours dénuée de la moindre trace d'agressivité ou moquerie:

« Ah, mais je ne suis pas le seul à juger à la hâte. Il fit une légère pause, puis secoua doucement sa tête, avant de reprendre, sur le même ton, Hmm, désolé. Simplement que ton attitude me laisse à penser que tu ne me portes pas en très haute estime. »

Il s'arrêta pour promener autour de lui son regard rouge, pour ensuite le reposer sur Karin, et reprendre une seconde fois:

« Mais tu sais, même les 'riches' doivent travailler. Ce n'est pas le même genre de travail que le tiens, je te l'accordes, mais c'est tout de même du travail. Après...Je conçois parfaitement le fait que tu ais des aprioris. Je ne vais pas te critiquer pour ça. »

Ça, pour avoir des aprioris, elle en avait. Et ils n'avaient pas l'air de dater d'hier, encore. Aaaah...C'était vraiment dommage que le monde se complaise à juger sans connaître. Si au moins on faisait l'effort de regarder à l'intérieur plutôt qu'en surface...Heureusement que chaque personne n'agissait pas ainsi. La vie aurait été un enfer, dans le cas contraire. Et Ankou pesait ses mots.

[J'avais trop envie qu'il dise autre chose, mais bon, le but n'étant pas qu'ils se détestent, j'ai du taire mes envies. Et ce poste est...Bizarre? Moi je le trouve trop bizarre...!XD]

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JENKOU 4EVER:
 
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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Lun 1 Nov - 13:36

Karin Blaze détestait à proprement parler se sentir coupable de quoi que ce fut. Tout comme, songeait-elle, à peu près chacun en ce vaste monde, elle l'aurait parié. Le souci n'était donc pas que ces intentions fussent mauvaises, mais juste profondément irréfléchies, empreintes d'une telle absence de méditation qu'elles finissaient, un peu trop souvent à son goût, par se retourner contre elle d'une manière bien désagréable, force était de le reconnaître. La délicatesse n'étant pas non plus l'un de ses points forts, on comprenait aisément qu'une personne susceptible ou sensible à un certain degré puisse la détester rapidement. Elle se demandait d'ailleurs si c'était le cas d'Antoine; c'était vrai, dans le fond, elle n'avait pas été très gentille avec lui. Et ne comptait pas se répandre en guimauve dans la minute, pas plus que se confondre en excuses et courbettes. Alors, le mieux pour lui n'aurait-il pas été de tourner les talons, tout en arborant une mine vexée au possible? C'aurait en tout cas sûrement été la réaction de bien des gens, à n'en point douter. Et si ce comportement la rendait perplexe, surtout venant d'un riche en pleine promenade, cela ne lui déplaisait pas non plus. Un peu de changement, que diable! Et puis, ce soleil de plomb qui frappait de ses rayons la peau de la jeune fille dès qu'elle sortait du couvert de la boutique ne lui plaisait que moyennement, pour ainsi dire. Alors, si elle pouvait se trouver un magnifique prétexte pour ne pas le faire, cela lui allait aussi bien. Pas qu'elle fut une tire au flanc ou quoi que ce fut de cet acabit; vraiment pas. Mais le seuil de résistance à la chaleur de tout un chacun aurait présentement été atteint, dans les conditions dans lesquelles elle travaillait. C'était épuisant. Et cette stupide boule de feu flottante n'arrangeait pas son cas. Elle riva ses yeux bleus sur son interlocuteur, un semblant de sourire fleurissant sur son visage. Qu'il essaie de défendre les 'bourgeois et compagnie' devant elle, cela avait quelque chose de follement amusant! Elle n'aurait su décrire le pourquoi du comment, mais il n'en restait pas moins que cela l'amusait. Et une fois de plus, les explications ennuyaient généralement la blonde plus qu'elles ne l'intéressaient. Du moment que tout fonctionnait, pourquoi s'inquiéter de son mécanisme? C'était complètement stupide. Sur ce point, les cours n'étaient pas plus parvenus à quelque résultat satisfaisant. A part, bien entendu, la dégouter un peu plus encore de l'orthographe, la grammaire et la géographie. Un mot se prononçait, on la comprenait, on atteindrait sa direction en suivant un chemin indiqué sur une carte -sauf si, à son instar, on se trouvait bien incapable de la lire- et entendre quelqu'un plaider non coupable d'un crime pour lequel on l'avait d'ores et déjà condamné était drôle. Quel besoin y avait-il de connaître le monde par cœur, de briser toute la magie de ce monde en l'expliquant par des trucages? Encore une passion pour riches, la science... Ils n'avaient vraiment rien de mieux à faire de leurs journées, ceux-là, pour ainsi perdre leur temps! C'était une denrée précieuse; mais eux semblaient s'en ficher comme d'un guigne. Était-ce la raison pour lesquelles les fleurs étaient si colorées qui comptait, ou le simple fait qu'elles en aient? Être capable de se satisfaire sans chercher à toujours creuser était une qualité. Voilà tout. Malheureusement pas reconnue à sa juste valeur, mais tout de même. Karin tenta, vaille que vaille, de récupérer une expression sérieuse. Peine perdue. Et malgré toutes ces belles explications, une question la hantait toujours, revenant à la charge autant de fois que nécessaire pour ne pas se faire oublier, et reléguer au rang de simple questionnement secondaire, à savoir pourquoi il restait à lui parler et allait jusqu'à porter des sacs. Lui prouver qu'il n'était pas un arrogant fils à papa était-il donc si important à ses yeux? Eh bien, quel orgueil cela démontrait! Un sourire étira pour de bon les lèvres de la fleuriste: voilà qui leur faisait un point commun. Elle-même était également très fière, à la différence près qu'elle acceptait l'idée qu'on puisse ne pas l'apprécier à sa juste valeur. Ce qui ne devait pas être tout à fait le cas du brun à lunettes. Pas de chance pour lui toutefois, il était tombé sur la mauvaise personne. Ses aprioris étaient plus solide que du béton, et ses idées reçues ancrées trop profondément en elle pour être ne fut-ce que moins catégoriques. La convaincre était un défi perdu d'avance. Cela ne tenait qu'à lui de le relever, mais il ne pourrait pas dire qu'elle ne l'avait pas suffisamment averti. Ce ne serait pas de sa faute s'il perdait son temps à lui parler! La voilà qui se dédiait une nouvelle fois de toute responsabilité. A l'écouter, les autres étaient toujours plus coupables qu'elle. Ce n'était guère de la lâcheté. Elle y croyait simplement dur comme fer. Les nobles étaient fautifs dans l'histoire; s'ils étaient plus supportables, elle ne les aurait jamais calomniés de la sorte. Si les règles d'orthographe avaient été plus simples et surtout moins nombreuses, elle les aurait sans aucun doute retenues sans peine.

Et la véracité réelle de ces dires, quoique douteuse, ne portait pour elle pourtant pas à controverse. En somme, si elle et son interlocuteur ne s'entendaient pas très bien, ce ne serait pas à elle de se remettre en question. Des propos blessants? Non, elle ne voyait pas. Elle s'était montrée d'une politesse quasi exemplaire. Elle n'aurait pas poussé le vice jusqu'à prétendre ne lui avoir raconté que des gentillesses, mais elle aurait pu être beaucoup plus incisive si elle l'avait voulu. Alors il n'avait pas de quoi se plaindre; c'était le prix à payer pour pouvoir ne rien faire de ses journées, et gagner son argent sur le dos des autres. D'un autre côté, s'il était parti sans demander son reste, cela lui aurait laissé un goût doux amer dans la bouche. Ils avaient commencé à parler, alors arrêter avant la fin aurait été malvenu. Fort heureusement, il ne lui semblait pas qu'il aie manifesté un réel empressement à sortir de la boutique alors, elle ne s'en inquiétait que vaguement.

« Ah, mais je ne suis pas le seul à juger à la hâte. Hmm, désolé. Simplement que ton attitude me laisse à penser que tu ne me portes pas en très haute estime. »

Pour un peu, elle lui aurait presque demandé de lui crier dessus. C'aurait été plus simple de s'énerver correctement s'il n'avait pas fait preuve de ce calme olympien. Quant à dire qu'elle jugeait trop vite, eh bien, non. Elle savait ce qu'elle disait et ne doutait pas un seul instant de ses propos. C'était sa vérité à elle, partagée par de nombreuses autres âmes de la grande cité. Elle ne changerait pas par de vaines injonctions ou pertinentes tentatives de persuasion. Le genre de pensée profondément ancrée dans le cœur des gens, et qui les tenait amarrés à cette haine viscérale des nobles et riches en tout genre. Ceci dit, s'il pensait qu'elle avait jugé trop vite -comme si dix-huit belles années de sa vie n'avaient pas été suffisantes pour jauger leur inutilité innée et leur sens du gaspillage qui forçait le respect...-, elle pensait de même à son encontre. En d'autres termes, ils étaient sur ce point plus ou moins à égalité. Au sens de Karin, elle en savait déjà assez pour décréter que ces milieux où seule comptait l'apparence et où les caractères étaient déterminés par les règles de bienséance ne lui auraient jamais convenu, pas plus qu'elle ne les respectait ou qu'ils ne lui plaisaient. Quant au fait qu'elle ne l'estime pas beaucoup, ce n'était qu'une demi vérité. Elle ne le connaissait pas depuis très longtemps, quelques minutes à tout casser, et s'il était vrai qu'il n'en fallait pas plus à la jeune blonde pour se faire une idée générale au sujet d'une tierce personne, c'était bien loin d'être suffisant pour dire si, oui ou non, cette dite personne méritait votre respect et votre confiance. On offrait pas ce genre de considérations à la légère. Or, la partie d'elle qui lui hurlait que ce jeune homme ne devait pas penser un mot de ce qu'il disait couvrait partiellement les autres bruits, pourtant plus sages parfois. Alors, se dit-elle, elle se contentait de ne pas savoir pour l'instant. Nul doute qu'elle ne le détestait pas fondamentalement, mais s'il s'attendait à e que cessent les remarquent acerbes, il était permis de rêver. Même envers ses amis, pour les quelques rares qui possédaient des sommes d'argent conséquentes, ils avaient dû s'accoutumer à son comportement un peu trop fréquemment condescendant. Ils savaient que ce n'était ni contre eux personnellement, ni dit de manière blessante. A partir de ce moment là, à eux de voir s'ils supportaient.

« Mais tu sais, même les 'riches' doivent travailler. Ce n'est pas le même genre de travail que le tiens, je te l'accordes, mais c'est tout de même du travail. Après...Je conçois parfaitement le fait que tu ais des aprioris. Je ne vais pas te critiquer pour ça. »

Elle dû mettre toute sa volonté pour se retenir d'aller empoigner un sac ou un pot et lui écraser sur la tête en rétorquant qu'elle avait raison et que si elle l'entendait encore, ce serait un étalage entier qu'elle lui ferait tomber dessus. Quoique tentante au possible, ce n'était pas vraiment une chose à faire, même elle pouvait s'en rendre compte. Elle tenait à son travail et, même si la gérante de la boutique l'appréciait, elle doutait qu'elle laisse passer sans mot dire le fait qu'elle brutalise des clients potentiels. Et ç'aurait été un peu trop extrême, comme réaction. Pas déplaisant sur le coup, mais regrettable par la suite. Elle laissa son regard dériver alentour, faisant mine de ne prêter qu'une attention mineure aux paroles d'Antoine. Non, non et non. Un riche ne travaillait pas, point final. Il aurait pu argumenter son récit tant qu'il l'aurait désiré que cela ne serait pas parvenu à lui dessiller les yeux. Puisque de fait, elle les gardait délibérément fermés, son esprit imperméable à toute tentative de raisonnement, aussi logique fut-il. Et aussi troué que fut le sien. Et s'il ne la critiquait pas, que pourrait-elle répondre? Elle afficha une mine un brin vexée, sa susceptibilité à fleur de peau n'ayant pas été épargnée. Que cherchait-il, à la fin? A la faire culpabiliser pour lui avoir dit ses quatre vérités? A passer pour un saint? Elle poussa un soupire agacé, puis croisa les bras. Fort bien. A ce rythme, il allait bien finir par réussir et ça, elle se l'interdisait. Ce n'était pas demain la veille qu'elle écouterait la parole de quelqu'un d'autre plus que la sienne. A part, évidemment, celle d'Aleksander, mais ce cas de figure était tout à fait différent. Et absolument pas d'actualité ici.

« Pense ce que tu veux, je m'en fiche. Et figure toi que j'ai aucun apriori. Et pour répondre à ta question de tout à l'heure, je te déteste pas parce que tu es riche. Je n'aime pas que tu le sois, nuance. »

Voilà qui lui semblait être une réponse honnête. Elle refusait de se parjurer pour lui faire plaisir, lui assurant que tout allait bien, qu'elle se fichait pas mal de toutes ces considérations purement matérielles, qu'elle était désolée et ainsi de suite. Devenir une telle hypocrite ne l'intéressait pas le moins du monde, de surcroît si c'était juste pour plaire à quelqu'un à peine rencontré. A sa place, si une autre personne l'avait fait, ç'aurait justement été à cause, ou grâce, à ladite richesse d'Antoine. Au final, en avouant que cela ne lui plaisait pas, elle se montrait bien plus désintéressée que la plupart des gens.

« Dis, tu veux des fleurs? dit-elle après une brève pause, passant du coq à l'âne sans s'en soucier. C'est vraiment dommage qu'on aie pas d'achillées, parce que là, ça aurait été parfait, vu la situation... Et je ne suis pas désolée de ce que je t'ai dit. Je le pense. Ceci dit, t'as pas l'air trop nul, pour un riche. »

Les achillées, dans le langage des fleurs, signifiaient 'querelles', bref, ce genre de choses très agréables qui collaient bien à leur situation. L'un des rares apprentissages auquel Karin se soit intéressée et qu'elle connaisse sur le bout des doigts. Quant à ce qu'il ne soit 'pas trop nul', elle le lui reconnaissait. Cela équivalait pour elle à un grand et beau compliment, pas loin du mieux qu'elle puisse donner. A prendre, ou à laisser.
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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Mer 15 Déc - 0:27

Ankou aurait bien voulu que Karin l'apprécie, mais à moins de ne remonter le temps et choisir de ne pas lui parler de sa prétendue 'richesse', il ne pensait pas cela possible. Ou pas immédiatement, tout du moins. Si elle avait des aprioris contre les personnes de son rang, et par conséquent contre lui, il doutait de pouvoir faire disparaitre des opinions que des années de vie avaient sans aucun doute forgés. Mais, pensait-il avec raison, il l'espérait, pourrait-il être une exception et ne pas n'être qu'un mauvais souvenir d'une journée d'été dans la mémoire de la jeune femme. Ankou lui-même trouvait étrange d'absolument vouloir se faire apprécier de la jeune femme, surtout qu'il était certain qu'il n'y avait sous ce désir aucun orgueil mal placé. Les paroles de la fleuriste certes l'avaient blessé, mais il n'était pas le genre de personne à vouloir qu'on l'apprécie juste car, eh bien, on ne l'appréciait pas, justement. Ankou acceptait fort bien qu'on ne le trouve pas à son goût, qu'on ne l'apprécie pas pour diverses raisons. Lui comme n'importe qui avait également des personnes qu'il ne tenait pas en haute estime en ce monde, des personnes qui s'étaient attirées ses foudres par un quelconque moyen et dont la seule vue suffisait à le mettre de mauvaise humeur pour les trois bon prochains quart d'heures. C'était normal, personne ne pouvait aimer tous ceux qui croisaient un jour ou l'autre leur chemin. Le jeune homme aux yeux rouges le concevait parfaitement, et pourtant, pourtant...Il n'arrivait pas à accepter le fait que Karin puisse le détester. Peut-être parce que la raison ne lui semblait pas bonne? Il pouvait faire mieux qu'elle le pensait. Il n'était pas de ces riches personnes qui n'osaient toucher sans gants les marchandises, de peur de se salir. Il n'aurait pas été jusqu'à dire que se rouler dans la boue lui aurait fait plaisir-A qui cela aurait-il fait plaisir?-, mais il ne pensait pas être effrayé par la moindre poussière que ses fins doigts auraient pu rencontrer dans les grandes rues de la capitale. Il n'agissait pas de manière exagérée, n'est-ce pas? Il était certain que passé le cap du 'Oh mon Dieu un riche', lui et la jeune femme aux cheveux blonds pourraient très bien s'entendre. Et puis, il ne se laissait à lui-même pas le choix: S'il n'arrivait pas à gagner son amitié, il s'en voudrait toute sa vie. Il se connaissait: Il regrettait encore des décisions prises il y avait deux ou trois ans de cela. Tant de choses le hantaient, des choses plus ou moins futiles, qu'il aurait parfois rougit de raconter aux autres. Avait-il prit la bonne décision? N'aurait-il pas du dire non au lieu de oui? On lui refusait les peut-être, ce n'était décidément pas juste. Contraint de faire des choix cependant, il avait décidé de lui-même et sans aide ni conseils, pour une fois dans sa vie, de devenir ami avec cette jeune fille aux jolis yeux bleus-XD-, même si c'était stupide, même s'il n'y gagnerait rien.

Il était Antoine, un jeune homme anonyme qui n'était pas censé exister plus longtemps qu'une journée. Une apparence qui n'était censée marquer personne, et encore moins trouver une identité crédible aux yeux de quelqu'un. Que croyait-il être en train de faire? Face au gouffre, Ankou Della'Morte adorait faire un pas en avant et se projeter dans l'abîme. S'attirer des ennuis était dans ses cordes, les régler l'était bien moins. Enfin; Il avait commencé, il n'allait pas s'arrêter en si bon chemin. Il ne pouvait décemment pas faire une courbette à la demoiselle aux fleurs, puis se retirer comme si de rien n'était. C'eut été malpoli même en étant convenable, et comme il l'avait déjà dit précédemment, le visage de la jeune femme l'aurait hanté toute la journée. Et au final, il savait pertinemment qu'il serait revenu ici pour la revoir.

Bien, ses parents n'avaient pas vraiment de quoi être fier de lui. Ils devaient se désoler de ce qu'il faisait chaque jour, là-haut, et cette petite pensée amenait souvent Ankou à reconsidérer ses actes. Pour quelques instants. On ne changeait pas la personnalité de quelqu'un en un claquement de doigts, ça se saurait, dans le cas contraire. Plantant ses yeux grenats dans ceux bleus de Karin, il se demanda, légèrement anxieux, si elle comptait lui donner une chance ou si elle allait camper sur ses positions et continuer de le considérer comme un riche inutile et tout sauf digne d'intérêt. Si elle lui parlait, se dit-il pour se rassurer, c'est qu'elle ne devait pas le détester cordialement, déjà, et c'était un bon point. Partir du bas était toujours plus difficile, et le jeune homme aux longs cheveux se félicitait de ne pas avoir à le faire. Lorsque son interlocutrice croisa ses bras avec un soupir agacé, il leva un sourcil intrigué, n'osant rien faire de plus. Ah? Il l'avait agacée, peut-être? Il espérait qu'elle n'allait pas trop mal prendre ses paroles: La mettre en colère n'était pas son but, loin de là.

« Pense ce que tu veux, je m'en fiche. Et figure toi que j'ai aucun apriori. Et pour répondre à ta question de tout à l'heure, je te déteste pas parce que tu es riche. Je n'aime pas que tu le sois, nuance. »

Un demi sourire vint étirer les lèvres du jeune homme suite à cette réplique. Au moins, elle avait du répondant, il avait pu aisément le constater lors de leur 'conversation', et ça ne faisait que se confirmer maintenant. Oh si, elle avait des aprioris, et pas des moindres, encore. Jugeant toutefois que lui soutenir son point de vue reviendrait à jeter de l'huile sur le feu, il tint sa bouche cousue, ne rétorquant rien. Juste souriant. Il était riche, et n'y pouvait rien, c'était une chose sur laquelle ils seraient tous deux tombés d'accord sans le moindre doute. Alors si elle pouvait mettre de côté le fait qu'il possédait plus d'argent que beaucoup de villageois de la capitale, il lui en serait gré. Elle pouvait ne pas aimer ça, tout le monde avait ses opinions. Avoir à les subir n'était jamais agréable cependant. Il y avait une question de respect, là-dedans, bien que le respect n'était pas ce qui embêtait le plus Ankou.

« Dis, tu veux des fleurs? C'est vraiment dommage qu'on aie pas d'achillées, parce que là, ça aurait été parfait, vu la situation... Et je ne suis pas désolée de ce que je t'ai dit. Je le pense. Ceci dit, t'as pas l'air trop nul, pour un riche. »

Lui lançant un regard interrogateur, Ankou se demanda bien ce que pouvaient représenter les achillées dans le langage des fleurs. Il ne connaissait fichtrement rien aux fleurs, il devait l'avouer, et à part les roses qui représentaient la passion ou l'amour dans une certaine couleur, il n'avait pas la moindre idée de la signification que pouvaient avoir toutes ces magnifiques choses colorées qui reposaient dans la boutique, comme rendues doucement somnolentes par la chaleur ambiante. C'est vrai qu'il faisait chaud, aujourd'hui, on ne le répéterait jamais assez. Mais comme les beaux jours céderaient bientôt leur place à l'automne et l'hiver, il aurait été dommage de ne pas en profiter une dernière fois. Les yeux étaient bien plus éclatants sous le soleil.

« Des achillées? Fit Ankou en diminuant sensiblement son sourire, Tu me vois bien désolé de ne pas connaître leur signification. Qui ne devait pas être très aimable, songea-t-il, pensée qu'il jeta bien vite dans un coin de son esprit pour se concentrer sur le reste de sa phrase, Et je suis simplement venu ici pour me promener. C'est bien dommage que je n'ai pas pensé à prendre d'argent sur moi. »

Regardant autour de lui, ses yeux ravis par toutes les couleurs qu'arboraient les végétaux, le Prince d'Illea Est ne pu s'empêcher de penser que la nature était bien faite. Tout était beau, en dehors des villes. C'était agréable que de pouvoir retrouver un bout de nature en plein milieu d'une ville secouée par l'agitation des passants et des sabots des chevaux sur le sol pavé des avenues. Esidir était un endroit important en ce qui concernait le commerce, mais Dieu! Comme cette ville était bruyante.

« Pas trop nul pour un riche? Répéta-t-il finalement, reposant son regard sur Karin, Je vais prendre ça comme un compliment. Tu connais beaucoup d'autres 'riches', d'ailleurs? Simple curiosité. »

Ankou ne se départi pas de son sourire après sa question, et la pensée que la fille qui lui faisait face puisse penser qu'il se moquait d'elle ne lui traversa pas un seul instant l'esprit. Sourire était agréable, non? C'était bien mieux que faire la tête, c'est ce qu'on lui avait toujours apprit. Alors il ne voyait pas de problème à sourire, non. Pas le moindre problème.

[Ah ah. Je voulais faire tu-sais-quoi, mais je pouvais pas. Dommage.v__v]

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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Mer 29 Déc - 17:46

[HS: Plus je poste avec Karin, plus je me dis qu'elle est bornée et stupide, et qu'elle se complait dans sa stupidité crasse...X'DDDD
Et oui, pauvre de toi.XD]

Karin Blaze ne connaissait le sens du mot 'timidité' que de réputation. Oui, elle l'avait déjà entendu, oui, elle savait ce qu'il signifiait, mais non, elle-même avouait ne jamais l'avoir vraiment ressenti. Il y avait des gens, dans la vie, qui n'osaient pas, ne bougeaient pas, ne parlaient pas, restaient sagement à leur place sans esquisser le moindre geste de peur de..., d'elle ne savait pas exactement quoi, mais de quelque chose, c'était certain. Elle n'en faisait évidemment pas partie, au contraire. La jeune fille appartenait plutôt au camp inverse, celui de ceux qui ne s'immobilisaient pas plus de deux secondes un quart, et qui n'hésitaient pas un seul instant à aller dire ses quatre vérités à une personne tout juste croisée dans la rue qui les avait bousculés sans un mot d'excuse ou un regard en arrière. Baisser la tête, courber l'échine? Jamais! Fixer le sol ou ses chaussures avec un intérêt démesuré n'avait jamais réglé les problèmes de personnes, de ce qu'elle savait; il allait sans dire qu'elle ne prenait pas en compte le fait, plutôt avantageux, que ça n'envenimait généralement pas plus la situation non plus. De son côté, elle répondait sans s'embarrasser d'une hypocrisie crasse censée aider à faire passer la pilule; si elle avait fait une bêtise, qu'elle le savait, le reconnaissait, et jugeait la punition méritée, elle l'acceptait sans trop argumenter. Si toutefois, elle ne considérait pas cela comme juste, eh bien, au diable les conventions stupides et la hiérarchie! Que ces concepts insupportables brûlent en enfer, avec les gens qu'ils n'avaient pas manqué de précipiter dedans, bien longtemps avant eux. Elle le disait, le faisait savoir, et pas en chuchotant, s'il vous plait. Il fallait s'y faire et certains avaient du mal, voilà tout... Et pourtant! Cette attitude était, de son avis, toujours meilleure que celle qui consistait à tout endurer sans mot dire sous prétexte qu'on avait peur d'aggraver son cas. Bon, elle le concédait, c'était en effet un risque à prendre... Mais c'était de deux choses l'une: soit on la punissait pour rien, et cette idée lui donnait envie de vomir, soit on la punissait pour avoir été insolente envers une personne à qui elle aurait, théoriquement, dû le respect. Le choix était vite fait, non? Au moins, ainsi, elle avait la vague impression qu'il y avait un semblant de justice dans ce monde, qui ne soit pas altérée par diverses manipulations, entorses aux règles et pots-de-vin. En somme, elle faisait preuve d'une franchise qui aurait eu des difficultés à trouver son pareil, et ce en toutes circonstances sans faire de réelles et notables différences. Antoine ne faisait donc pas exception à cette inaltérable règle. Un vide désespérant siégeait là où la retenue empêchait la majorité de dire tout et n'importe quoi, néant qui n'était pas prêt de se remplir de sitôt chez la fleuriste. Karin pensait, Karin disait, sans plus de détours. Comme elle le sentait, sans prendre de gants, sa pensée seulement. Et si elle le voyait comme une qualité, force était de reconnaître que ce n'était pas toujours le cas. Ah, bien entendu, comme le brun aux cheveux longs était plus riche qu'elle, elle aurait dû se comporter avec déférence mais, allez savoir. Il aurait tout aussi bien pu être un diplomate ou n'importe qui de cet acabit que ça n'aurait rien changé. Pour qu'elle se taise, et ne déballe pas devant le principal intéressé tout le contenu de sa tête en ce qui concernait sa caste sociale, il aurait fallu lui plaquer une main sur la bouche, ou encore l'assommer, mais rien de bien diplomatique, c'était certain. Une fois ouverte, la boîte de pandore était difficile à refermer, disait-on... Hm. Elle en était le parfait exemple. Ceci dit, ce n'était pas un défaut à part entière non plus; elle se faisait de nombreux amis, grâce à ça. D'ailleurs, c'était un peu le même principe pour Antoine. Si elle avait été d'une timidité maladive, elle se serait excusée de l'avoir bousculé -parce que, bien sûr, les timides sont toujours en faute puisqu'ils n'osent pas dire qu'ils ne le sont pas, et que les accabler de tous les maux du monde est d'une simplicité à faire peur- et n'aurait pas ajouté un mot de plus, retournant travailler, un sourire empreint de gêne étirant ses lèvres. Ils ne se seraient sans doute pas plus parlé... Enfin, après avoir vaguement conversé avec lui durant quelque vague minute, il ne lui était pas possible de savoir si, oui ou non, ç'aurait été regrettable. Karin songea que oui, dans la mesure où il n'avait pas l'air d'être particulièrement mauvais ou hautain. Certes, cela ne voulait pas dire qu'il ne l'était pas, se fier aux apparences pouvait avoir des conséquences qu'elle aurait qualifiées de 'désastrophiques'. Mais elle restait très réaliste: franchement, ça n'aurait eu absolument aucun intérêt de faire semblant de l'apprécier ou d'être gentil. Ou s'il y en avait un, elle reconnaissait sans peine qu'il lui échappait totalement, argumentant qu'il aurait fallu avoir un sérieux grain pour faire une chose pareille. La blonde aux yeux bleus n'aurait misé sur l'honnêteté d'un riche pour rien au monde; mais là, là..., elle ne le pensait pas stupide ou profondément dérangé non plus, aussi gageait-elle qu'il devait juste être une sorte d'exception.

Oui, c'était plus commode de penser ainsi, cela arrangeait tout le monde. Lui, parce qu'elle ne le critiquait pas. Et sa propre personne, parce qu'on ne tentait pas, bon gré mal gré, de lui faire réviser ses magnifiques et ô combien véridiques acquis sur ces personnes qu'elle considérait comme condescendantes et qui n'auraient manqué à personne -ou presque, si ce n'était à leurs semblables, quoique ceux-ci eurent l'air dépourvus de pitié aux yeux de la fleuriste, ce qui l'amenait à en douter plus que sérieusement. Oh, ce qu'elle pouvait détester avoir à réfléchir sur de tels sujets! Penser à des fleurs, des sorties, ses amis ou sa famille était divertissant. Contrairement à ce sujet-ci, qui ne lui plaisait qu'à moitié. Elle s'énervait, comme si souvent dans une misérable journée, sans raison précise. Ce qui lui retirait toute possibilité de se débarrasser du problème... Était-ce le soleil qui l'avait mise de mauvaise humeur? Sa chute? Ses quelques réflexions? Les trois en même temps? Enfin, c'était loin d'être la pire journée de sa vie, et elle allait en s'arrangeant. Pas beaucoup, mais c'était déjà ça de pris.

« Des achillées? Tu me vois bien désolé de ne pas connaître leur signification. Et je suis simplement venu ici pour me promener. C'est bien dommage que je n'ai pas pensé à prendre d'argent sur moi. »

Il ne connaissait pas? Tant mieux, songea-t-elle de prime abord. Au moins, ce n'était pas une espèce de singe savant croyant avoir la science infuse juste parce qu'il avait lu deux ou trois livres sur deux ou trois sujets, de deux ou trois cent pages. Qui pensaient avoir tout vu, tout entendu, sous prétexte que leur cerveau était malade et atrophié par une overdose de termes compliqués, qu'ils cherchaient inlassablement à placer dans une conversation normale sans rencontrer de probant succès. Normal, puisqu'ils étaient les seuls à les comprendre. Ils se donnaient des airs, jouaient à outrance sur la corde de la fausse modestie, et étaient empreint de l'un de ces mépris nuancé de pitié que l'on ressent face à un handicapé, un attardé. Karin était une adepte de la pratique, plutôt que la théorie, ce pourquoi les livres ne lui étaient jamais apparus comme une nécessité dans son enfance. A quoi bon savoir où se situait telle ou telle montagne? Elle le verrait bien, quand elle ferait le tour du monde! Et si elle ne le faisait jamais, ce qui était plus que probable, alors pourquoi chercher à savoir où elles étaient, ces fichues forêts? Vraiment, ce n'était pas logique. Et elle ne voyait pas pourquoi ces gens s'en vantaient et se prétendaient sages!

Du reste, si Karin détestait quelque chose, c'était bien qu'on brise ses clichés. Comment ça, il n'avait pas d'argent? Ce n'était pas normal! Un riche en promenade devait toujours en avoir sur lui, non? Elle haussa les épaules, ne cherchant pas à en savoir plus sur ses habitudes. Ce n'était pas comme si la boutique était au bord de la faillite, elle n'allait pas pleurer pour si peu. Et puis, de cette manière, elle avait la conscience tranquille, ce qui n'était pas rien. Elle aurait essayé. La villageoise jeta un coup d'œil circulaire, embrassant du regard les plantes autour d'eux. Elle avait l'impression d'être à la fois en ville et dans la nature, quand elle était ici. Et, d'un côté, n'était-ce pas plus rassurant et gai que les murs de pierres et le faste du château où travaillaient Aleksander et Ludmilla?

« Pas trop nul pour un riche? Je vais prendre ça comme un compliment. Tu connais beaucoup d'autres 'riches', d'ailleurs? Simple curiosité. »

A ces mots, Karin ouvrit de grands yeux ronds, avant de fixer un pot de fleurs roses sur une des étagères. Oh. Ce que c'était lâche, comme question! Oui, c'était un compliment. Le mieux qu'elle pouvait donner, du moins, en l'état des choses. Mais lui demander ça..., il savait très bien que non! Mais après tout, rien ne la forçait à dire l'exacte vérité. Et puis, il y avait bien un de ses amis, qui était loin de vivre dans la misère. Et..., oh, comment s'appelait-il, déjà? Le fiancé de Ludmilla, George? Oui, voilà, George. C'était un noble, la fine fleur de la société, venant d'un autre pays, et blablablah... Si ça ne faisait pas l'affaire, elle ne trouverait pas mieux! Quant à préciser qu'elle ne le connaissait que bien peu, pour parler par euphémismes, ce n'était pas nécessaire. Quel était son pays, déjà? Si elle ne se trompait pas, c'était en haut. Un endroit qu'elle ne visiterait jamais, et dont elle n'éprouvait par conséquent pas le besoin d'apprendre le nom par cœur. Toutefois, son petit doigt lui disait que ce genre de connaissances étaient basiques, et qu'elle allait passer pour une idiote. Elle fit donc un ultime effort de mémoire, et...

… Ne s'en souvint pas plus.

Oui, elle était la première à clamer qu'étudier était une pure perte de temps, et n'en aurait pas démordu, fut-ce dans une telle situation. Si Karin avait un jour écouté ce qu'on lui disait, elle aurait sur dire que le nom de ce pays était Elmegard. La mauvaise foi, cependant, était encore la meilleure solution qu'elle ai trouvé. Oh, et puis, elle ne rentrerait pas dans le détail, et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes! Hors de question de passer pour une idiote à la sottise plus importante que son égo devant Antoine, ou qui que ce fut d'autre. Parce qu'elle ne l'était pas, non. Juste..., pas très cultivée, voilà tout. Ce n'était un problème pour personne, et ça ne regardait qu'elle, ce qu'elle avait ou non envie d'apprendre. Tout le monde avait, depuis longtemps, plus ou moins compris que son esprit était rétif à toute sorte d'apprentissage dès lors qu'on le lui imposait clairement. Par pure contradiction, par fainéantise, et tous ces qualificatifs qui avaient fait qu'elle n'avait rien retenu de quelque hypothétique leçon, si l'on prenait pour acquis qu'elle les eût seulement ne fut-ce qu'écoutées. Ce qui était plus qu'incertain...


« Pas 'beaucoup', mais j'en connais. Le..., hésita-t-elle, cherchant quelle tournure donner à sa phrase pour qu'elle ne semble pas stupide. Hm, un type de l'étranger, un noble. George, même. Et..., et un autre, je crois qu'il est riche. Alors, tu vois, bien sûr que j'en connais. Parce que t'en connais beaucoup, toi, peut-être, des... Bah, des pas riches, hm? »

Elle planta son regard dans le sien, comme le mettant au défi de répondre quelque chose à ça. Elle n'en connaissait pas des masses, mais lui ne devait pas avoir un meilleur score de son côté. Une bonne chose de faite. Elle ne jugeait pas sans savoir, quoique ses exemples étant tous deux des personnes qu'elle ne détestait pas foncièrement, ce n'était pas très concluant. Mais ça, elle n'y prêta pas la moindre attention.

« Et puis y a qu'à en voir dans la rue pour savoir comment ils sont. Le moins j'en connais, le mieux je me porte, toute façon! C'est rare de tomber sur des exceptions, continua-t-elle avant de préciser sa pensée. Des riches pas trop nuls et condescendeurs. »

Une fois de plus, Karin et le vocabulaire, ce n'était pas une grande histoire d'amour. Condescendants, condescendeurs, quelle différence, hein?
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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Mar 1 Fév - 20:53

On aurait du le traiter d'incapable, tiens. D'idiot, de n'importe quoi de ce genre, qui l'aurait fait plus ou moins prendre conscience de l'imbécilité de ses actes. Plus ou moins, car Ankou comprenait rarement ce que l'on aurait voulu qu'il comprenne, et le pire, c'est que ce n'était pas même de sa faute. Hun. Il voyait des problèmes là où il n'y en avait pas, et voyait une mer calme à la place d'une mer agitée. Façon de parler, bien évidemment. Le jeune homme aux yeux grenats avait maintes fois essayé de voir les contraintes de certaines de ses décisions sans y parvenir pour autant, et même s'il savait pertinemment que ce qu'il venait de faire, à savoir donner un faux nom à une villageoise qu'il n'aurait jamais du avoir envie de revoir de sa vie, était très mal (Tiens, on aurait dit sa gouvernante quand elle le surprenait à voler de la nourriture dans les cuisines étant enfant, ah ah...), il ne pouvait s'empêcher de penser que peut-être la situation n'était pas aussi absurde qu'elle le paraissait. Enfin...Ce n'était pas si grave, si? S'interrogea Ankou dans une vaine tentative de faire disparaître la culpabilité qui l'envahissait un peu plus à chaque minute qui passait, et durant lesquelles il était toujours là à parler à Karin, au lieu d'être déjà loin de cette fleuristerie. Il ne faisait que parler à une charmante demoiselle, il n'y avait rien dont-il eu du avoir honte dans cette situation, n'est-ce pas? Oh, il savait que si, mais n'avait pas envie d'y songer, pour l'instant. Se projeter dans l'avenir, si l'avenir en question dépassait la future semaine, Ankou n'y arrivait pas, n'en avait pas envie. A quoi bon se demander ce que seraient nos futurs mois et nos prochaines années? Sans doute car son avenir ne lui avait jamais paru particulièrement heureux, le jeune homme aux longs cheveux n'avait pas envie d'y penser, jamais. Jamais il ne se projetait aussi loin, il n'avait pas envie de se rendre triste ou de marmonner de sombres pensées, il était déjà assez pessimiste ainsi, ce n'était pas la peine d'en plus lui donner de la matière sur laquelle rejeter ses inquiétudes. Alàlà...Sa vie était bien compliquée! Il l'aurait désiré aussi simple que celle d'un villageois, mais Mère Nature ne faisait pas tout bien pour chacun. Il fallait bien qu'il y aient des malheureux, se disait Ankou, c'était tout bonnement impossible que chaque âme en ce monde soit aussi heureuse que puisse l'être un être vivant doté d'une conscience.

Mais ça ne lui plaisait tout de même pas d'être du mauvais côté de la barrière. A qui ça aurait plu? D'un autre côté, tant de personnes n'étaient pas satisfaites de leur vie! On répétait à tout va à ces râleurs qu'un jour, il leur arriverait quelque chose qui leur ferait prendre conscience de la valeur de la vie qu'ils menaient. Oui, eh bien...Ankou l'attendait toujours, ce miracle qui lui ferait apprécier la sienne.

Arrêtant de torturer son pauvre esprit passablement ramolli par la chaleur de cette splendide et claire journée, il regarda Karin détourner son regard pour le poser sur il ne savait trop quoi non loin d'eux. Ah? Était-elle en train de passer en revue toutes les personnes potentiellement riches qu'elle connaissait? Lui aurait aussi pu jouer à ça, dans le sens inverse. Cette dernière remarque n'était nullement faite pour paraitre prétentieuse. C'était juste que...En sa qualité de Prince, on ne lui laissait guère le choix quant à ses fréquentations, qui venaient quasiment toutes de milieux aisés. Oui, voyez vous ça, le petit garçon aux cheveux blancs n'avait pas même pu choisir ses amis, pauvre de lui. Il ne désirait pas qu'on s'attarde sur ce point-ci, néanmoins; S'il était dans l'obligation de sourire à toutes ces personnes qu'il côtoyait, on ne le forçait heureusement pas à toutes leur faire la conversation chaque jour que Dieu faisait. Il était humain, capable de sentiments, et donc de détester certaines personnes. Oh, il en détestait beaucoup, même. Simplement, il ne devait pas le montrer, ou très subtilement, ce qu'il ne manquait pas d'essayer de faire. Il n'était pas détestable, non; Seulement incapable de penser toutes les personnes de son entourage bonnes et dignes d'intérêt, voilà tout.

Mais au moins, lui ne les détestait pas sans raison.

« Pas 'beaucoup', mais j'en connais. Le...Hm, un type de l'étranger, un noble. George, même. Et..., et un autre, je crois qu'il est riche. Alors, tu vois, bien sûr que j'en connais. Parce que t'en connais beaucoup, toi, peut-être, des... Bah, des pas riches, hm? »

Karin avait de nouveau planté son regard bleu dans le sien, où brillait une lueur de défi. Ah. Comme il l'avait pensé plus tôt, non, il n'en connaissait guère. Pour ne pas dire du tout. Mais c'était là quelque chose de normal, comme phénomène de société: Les riches ne se mélangeaient pas au pauvre d'une quelconque façon que ce soit. Comme si leur présence pouvait ternir l'or des assiettes et l'argent des couverts. La vie des uns était bien trop différente de celle des autres, et les points communs entre les deux classes se faisaient de plus en plus rares. Comme chat et chien, en somme. Ankou n'avait jamais trouvé cela bien, mais avait bon espoir qu'avec des efforts de la part des deux côtés, ces différences pourraient s'estomper avec le temps, et beaucoup de volonté. Ah, il du réprimer un petit soupir. Ce que les gens pouvaient en manquer, de volonté! C'était effrayant. Et...Uh? Ses yeux s'agrandissant sensiblement, il se répéta la phrase de Karin dans sa tête, s'arrêtant lorsqu'il eu trouvé ce qui venait de le déranger. George, un Noble de l'étranger? Elle parlait forcément de George Laurentia, dans ce cas là. Il venait d'Elmegard, et était déjà venu ici auparavant...Sa famille était une famille bien sous tous propos, de ce qu'il s'en rappelait, et lui était cultivé et archéologue. Comment pouvait-elle le connaître? Ankou fit de son mieux pour cacher sa surprise, tentative qu'il espéra de toutes ses forcés concluante. C'était...Étonnant, oui. Comment?

« Et puis y a qu'à en voir dans la rue pour savoir comment ils sont. Le moins j'en connais, le mieux je me porte, toute façon! C'est rare de tomber sur des exceptions. Des riches pas trop nuls et condescendeurs. »

Le sourire que le jeune homme avait réussi à récupérer suite à sa surprise disparu immédiatement à l'entente de cette phrase, remplacé par une mine perplexe. Conde...scendeurs? Il resta là quelques instants à la regarder, muet, les yeux grands ouverts. Avant de se mettre à rire. Pas le fou rire que l'on a du mal à réprimer, fort heureusement, il n'avait pas envie de se prendre une claque de la part de la demoiselle aux cheveux bouclés, qui aurait dans ce cas là été tout à fait justifiée, par ailleurs. Une main devant sa bouche, il força son rire à mourir, ne gardant de son hilarité sur son visage que son grand sourire. Pour ne pas qu'elle se fâche, il cru bon d'expliquer l'origine de ce rire:

« Hum...Désolé. Condescendeurs...Tu voulais certainement dire condescendants. Le mot que tu as employé n'existe pas. »

Ne désirant pas laisser s'installer un quelconque silence, il reprit, presque immédiatement, diminuant sensiblement son trop grand sourire:

« Je ne connais en effet guère de 'pas riches', comme tu le dis si bien. Mais je n'ai strictement rien contre eux. On ne devrait pas s'enquérir en premier de la situation sociale de la personne à laquelle l'on parle, n'est-ce pas? »

[Quelque chose me chiffonne...|D]

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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Mar 1 Mar - 19:15

[HS: Postééé... What a Face
Quoi donc, Never?XD]


On ne demandait pas à un noble de savoir retourner la terre, on ne demandait pas à un maçon de savoir mettre artistiquement la table, et on ne demandait pas à une vache de pondre des œufs. A partir de là, Karin aurait trouvé tout à fait déplacé qu'on exige d'elle qu'elle sache écrire et, dans une moindre mesure, que ses fautes d'orthographe et de grammaire ne se voient pas dans ses ô combien magnifiques et réfléchies phrases. Et puis quoi, encore? Était-ce son travail, de parler à longueur de temps en cherchant à placer, tout sauf naturellement, si elle pouvait se le permettre, des mots compliqués dans la conversation? Non. Alors, elle ne voyait vraiment pas le problème quand elle parlait 'd'ennuis désastrophiques', de 'conversations désolatrices' plutôt que désolantes, de quelque 'fait consternateur', voire même 'd'hypocriseté', quand l'envie s'en faisait sentir. Après tout, si les gens étaient suffisamment futés pour la reprendre à chaque fois, c'était bien qu'ils l'avaient comprise, non? Et si tel était le cas, il n'y avait justement plus besoin du tout qu'elle change ses manières de parler, c'était évident. D'ailleurs, elle n'avait jamais vraiment vu l'intérêt de ne pas se tromper; quelle était l'impardonnable différence entre un secret de polichinelle et un secret de Paul et Chinelle, hein? C'était à peine si on l'entendait, à l'oral! Bon, d'accord, elle concevait que lorsqu'elle utilisait des mots et expressions à tort et à travers, sans trop savoir ce qu'ils voulaient dire ou se méprenant du tout au tout quant à leur signification, cela pouvait, elle soulignait que c'était possible mais en rien obligatoire, avoir un vague, mais très vague, côté gênant. Loin toutefois d'être une véritable barrière à la communication, du point de vue de la jolie jeune fille au caractère bien trempé, ce n'était pas un si grand défaut et elle ne devait nullement s'en inquiéter, fusse un tout petit peu, ou tenter d'y remédier de quelque méthode que ce fut. Hm, elle campait sur ses positions, et n'en bougerait pas. Pas d'un iota, plutôt mourir que de reconnaître que, peut-être, quelque part, ses hypothétiques fautes étaient dérangeantes et, plus encore, quelque peu anormales. Combien de fois était-elle passée pour une idiote, à force de se tromper, encore et encore? Elle se souvenait encore de l'anniversaire d'un de ses amis, expérience particulièrement traumatisante: lorsque le père du dit ami avait déclaré avoir pris des mesures draconiennes pour les empêcher de boire, il avait fallu qu'elle demande, avec un naturel déconcertant qui faussait l'hypothèse pourtant séduisante de la plaisanterie, ce que voulait dire 'drap coniens', et si ça avait un rapport avec des cônes. Sans se satisfaire de l'éclat de rire général qu'avait suscité sa réflexion, après la seconde de perplexité, elle avait ajouté d'un air profondément vexé qu'elle se fichait bien de ce que signifiait draconnique. Oui; Karin. Bien sûr. On est tous avec toi, allez, un petit effort et tu trouveras l'intelligence perdue.

Mais qu'est-ce qu'ils voulaient, à la fin? Qu'elle apprenne par cœur une de ces gigantesques encyclopédies, pour être capable de tenir des propos corrects quoiqu'incompréhensibles, et être en mesure de rédiger une lettre sans assonances et en alexandrins? Ce qu'elle pouvait s'en ficher, elle! Et en un sens, ça aurait dû être pareil pour tout un chacun. Du moment qu'on la comprenait, où était le souci? Ces quelques réflexions, quoique très simples, étaient des plus révélatrices quant au caractère de la jeune fleuriste aux cheveux bouclés. Plutôt que de viser le meilleur, le 'plus', le mieux, elle faisait avec ce qu'elle avait et s'en satisfaisait pleinement. A quoi bon vouloir toujours plus, quand on était heureux avec ce qu'on avait? Quel était l'intérêt d'engranger, que ce soit de l'argent ou elle ne savait trop quoi d'autre, si ça ne faisait que nous alourdir sur le long chemin que nous empruntions? Les responsabilités, tout ça, tout ce qu'on était forcés contraints d'affronter dans une vie, c'était déjà bien assez à son goût. C'était déjà trop. La fin valait les moyens, le jeu en valait la chandelle? Quelle stupidité profonde! L'auteur de ces concepts-là n'aurait rien eu à lui redire, parce qu'honnêtement, il était d'une sottise encore plus crasse que celle que l'on prétendait sienne. Trimer toute son existence pour être heureux au paradis? Hors de question, ce n'était pas même une option à ses yeux. Ce n'était pas impossible de faire de bonnes actions sans en souffrir à côté. En d'autres termes, aucun résultat en ce monde ne valait la peine qu'on se saigne aux quatre veines pour parvenir à lui. Certes, elle était bien consciente que bien peu de choses tombaient du ciel, et qu'il était parfois nécessaire de faire des pieds et des mains pour avoir ce qu'on voulait. Mais bon..., d'un autre côté, si on en faisait trop, on serait indubitablement déçu au final. Et elle, ce n'était pas ce quelle préférait, dans la vie.

Aussi était-il facile d'expliquer ainsi son erreur, qui n'avait pour la demoiselle Blaze rien d'inhabituel -n'était-ce ceci dit pas pire, d'une certaine manière? Elle ne tarda pas à comprendre lorsque son interlocuteur lui jeta un regard interloqué que quelque chose n'allait pas dans ce qu'elle venait de dire. Oh, elle qui avait pourtant fait tellement attention à ne pas dire le nom de ce fichu pays pour ne pas avoir l'air ridicule! La voilà qui était bien récompensée de son effort... Ce fut donc à son tour d'adopter une mine curieuse et sceptique, puis nettement moins joyeuse que plus tôt quand elle entendit Antoine se mettre à rire. Il se fichait d'elle? Les riches... Toujours à se moquer des autres, sans se rendre compte qu'à tenter de tenir debout sous leurs dentelles et fioritures encombrantes, de marcher droit avec leurs talons ridicules qui claquaient sur les pavés, de respirer sous leur couche immonde de maquillage, à faire la moue devant la première tâche de boue sur le sol après la pluie, c'étaient bien eux qui étaient les plus stupides... La blonde aux yeux bleus fronça les sourcils, croisa derechef les bras qu'elle avait précédemment laissé glisser le long de son corps. Sur le coup, le fait que ses amis -tout du moins, la petite partie qui ne passait pas ses journées à lancer d'aussi grosses énormités qu'elle- aussi se mettaient immuablement à rire après de telles paroles ne lui traversa pas même l'esprit, conditionnée comme elle l'était par une haine viscérale à l'égard des hautes sphères de la société.

Quand il se fut calmé et qu'il reprit la parole, ce fut à une Karin d'une passable mauvaise humeur qu'il s'adressa:

« Hum...Désolé. Condescendeurs...Tu voulais certainement dire condescendants. Le mot que tu as employé n'existe pas. »

La grimace qu'elle fit traduit parfaitement ses songes du moment, et autres 'gnagnagna je m'en fiche' auxquels elle était coutumière. Condescendants? Maintenant qu'il le disait, peut-être; mais s'il l'avait compris, alors quelle importance? Il en connaissait trente-six, lui, des mots qui ressemblent à ça?

...A la réflexion, se dit-elle en posant son regard sur le brun à lunettes, elle préférait ne pas se prononcer. Ces messieurs au pompeux vocabulaire en
auraient bien été capables...

« Je ne connais en effet guère de 'pas riches', comme tu le dis si bien. Mais je n'ai strictement rien contre eux. On ne devrait pas s'enquérir en premier de la situation sociale de la personne à laquelle l'on parle, n'est-ce pas? »

En effet guère. La jeune fille leva un sourcil, avant de récupérer le fantôme d'un sourire. Quelle idée de s'exprimer de la sorte! Elle, se contentait d'un simple non, ou ici, plus précisément 'j'en connais pas'. Si les nobles et les bourgeois avaient voulu se cacher, pensa-t-elle une brève seconde, ç'aurait été leur langage qui les aurait trahis, sans l'ombre d'un doute. Leur manière de s'exprimer était, au même titre que la leur pour eux, peut-être, très particulière, et donnait à Karin l'impression que les mots qui passaient la barrière de leurs lèvres manquaient de naturel, d'audace. Artificielles... Et assez comiques. Elle eut un haussement d'épaule comme première réponse à sa question. Le lui avait-elle demandé? Cela avait-il été sa première interrogation, sa première inquiétude? Elle n'en avait pas l'impression. Pouvait se leurrer, mais... Elle poussa un soupir agacé, avant de fusiller littéralement son interlocuteur du regard.

Elle faisait ce qu'elle voulait, et parlait comme ça lui chantait, de toute façon.


« Je dis ce que je veux, et même toi t'as compris..., dit-elle avec une pointe de l'ironie si chère à son cœur dans la voix. Et pourquoi tu me dirais pas que j'oublie des 's' pour le pluriel quand je parle, tant qu'on y est? On s'en fiche, on se comprend! »

Puis, elle eut un sourire en coin qui n'augurait rien de bon, avant de reprendre:

« Et pas besoin de demander, ça se voit de toute façon! »

Karin se redressa, le dos extrêmement droit, posa les mains sur ses hanches et prit une expression hautaine, teintée d'un amusement qu'elle n'aurait su cacher.

« Diantre, auriez-vous l'obligeance de ne point être aussi bruyante, damoiselle? Je n'ai guère de temps à vous accorder, dit-elle, caricature vivante de ces riches dont elle se moquait si ouvertement sans se soucier de ce qu'on aurait pu lui dire, et reprenant à la suite de ces derniers mots une position plus naturelle. Her, tu sais que ça, on me l'a vraiment dit, y a pas si longtemps? J'ai pas eu besoin de demander... Même toi, je t'aime bien, mais tu parles... Hm... Bourge? »

Elle avait hésité un instant avant de prononcer ce mot. Ce n'était pas insultant, si? Ce n'était pas malpoli...? Ce n'était pas tant, évidemment, le fait de l'être qui la dérangeait, mais plûtôt de ne pas savoir si elle l'était. Quelle galère...
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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Dim 27 Mar - 19:09

Ankou était sincèrement désolé de s'être ainsi amusé de l'erreur de Karin; mais il n'avait vraiment pas pu réprimer cet éclat de rire. Pour un jeune homme habitué depuis sa plus tendre enfance aux bonnes manières, pourtant, il aurait du savoir prendre un visage indifférent et ne faire aucun commentaire là-dessus, c'était la moindre des politesses. Surtout envers une Dame, qui plus est, et ce même si cette Dame en question ne portait pas de belles et grandes robes. Lorsque l'on était à sa place, il était 'vital' en quelque sorte de savoir différencier non pas ce qui était risible de ce qui ne l'était pas, mais ce dont on pouvait ouvertement rire et ce dont il valait mieux en aucun cas se moquer. Les plaisanteries, quelles qu'elles soient, il fallait en rire, sauf si elles étaient vraiment de mauvais goût, par exemple. Enfin, il semblait également évident que l'on n'agissait pas de la même manière envers un inconnu ou une simple connaissance qu'envers une personne que l'on connaissait bien et depuis fort longtemps. Ankou se permettait de ne pas rire aux blagues souvent douteuses d'Axel, se contentant de lui lancer un regard équivoque, ou le disputer s'il avait dépassé les limites de la politesse ou de la convenance. Si c'était un autre Noble qui lui avait dit la même plaisanterie, il aurait réfléchit à deux fois avant d'afficher un air outré. Tout était une question d'apparence et de calcul; Pas au sens propre du terme, mais au sens figuré. C'était l'intérêt qui dictait la plupart des agissements des bonnes gens, et Ankou n'aurait su les blâmer, trouvant cela évident et logique. Il était né dans ce milieu, y avait évolué toute sa vie. Personne n'aurait pu lui reprocher de trouver normales les mœurs qu'on s'était tué à lui rentrer dans le crâne étant petit. Pas qu'il ait été réticent à les apprendre, mais. Il avait souvent, comme chacun, fait des erreurs, qu'il s'était appliqué à ne plus faire par la suite. Enfin. La recherche du profit était dans la nature de chaque personne en ce monde, car si elle était plus visible dans les hautes sphères de la société, les villageois n'en agissaient pas moins de la même manière. Peut-être un peu plus différemment, peut-être de manière un peu moins évidente, car si une telle attitude était acceptée chez les siens, elle était condamnée chez les autres. Ankou se demandait pourquoi, d'ailleurs, c'était stupide. Tout le monde savait que son voisin agissait par intérêt, que nous-même nous agissions par intérêt. C'était un véritable secret de Polichinelle, et en cela, Ankou trouvait les Nobles un peu plus honnêtes. Oh, pas bien plus. Mais un peu tout de même. Mais il n'allait pas recommencer à énumérer les différences entre les plus et les moins démunis, n'est-ce pas? La liste était trop longue; La faute à des mœurs et des habitudes radicalement différentes.

Mais il était réellement désolé d'avoir rit. Il se serait bien giflé pour se punir, tiens, s'il n'avait pas pertinemment su que ce geste aurait fait douté la jeune fille aux cheveux bouclés de sa santé mentale. Ou l'aurait fait mourir de rire, il n'en savait trop rien. Bref, le problème n'était pas là. Inspectant le visage de son interlocutrice, prenant soin cependant de ne pas avoir l'air malpoli en la fixant trop longtemps, il vit qu'elle avait en premier lieu fait une grimace, pour ensuite enchaîner sur un demi sourire qu'il pensait passablement moqueur, mais son opinion n'en gageait que lui, après tout. Le jeune homme aux yeux grenats, lui, se contenta de continuer de sourire, se faisant la remarque, non sans une pointe d'ironie, qu'il allait finir par attraper une crampe, à ce rythme là. Sourire, sourire...C'était encore ce qu'il faisait de mieux, quelque chose qu'il ne ratait jamais en le faisant, c'était si simple d'étirer ses lèvres de la sorte. Son père aussi, souriait tout le temps. Mais même avec du recul, Ankou ne pouvait déterminer s'il s'était agit là d'une simple politesse ou de véritables sourires. C'était dans ces moments là qu'il se rendait compte à quel point il ne connaissait pas ses parents. Il pensait les avoir connus, comme n'importe quel enfant pense tout connaître ses parents. Mais maintenant...Il n'en était plus tellement sûr, et souvent il se posait cette question: Qui étaient-ils vraiment?

« Je dis ce que je veux, et même toi t'as compris...,Et pourquoi tu me dirais pas que j'oublie des 's' pour le pluriel quand je parle, tant qu'on y est? On s'en fiche, on se comprend! »

Oups, pensa Ankou en haussant vaguement ses sourcils, voilà qu'elle le fusillait du regard, à présent. Oh, rien d'étrange à cela, elle pouvait le traiter de tous les noms qu'il n'aurait pas réagit, car ça aurait été mérité. Il n'avait pas été très poli, sur le coup, et il en était sincèrement désolé. Mais tout de même...Employer des mots qui n'existaient pas de cette façon allait forcément amener l'hilarité chez ses interlocuteurs. Il se demanda, l'espace d'un instant, si c'était déjà arrivé par le passé. Cette interrogation était cependant destinée à rester à jamais sans réponse; Il se voyait mal demander une telle chose à Karin. Pour qu'elle pense qu'il se moquait d'elle, encore? Non merci. Il allait veiller à être un modèle de politesse, à partir de maintenant, et ce quoi qu'il arrive. Enfin, ça, c'était avant que Karin ne reprenne la parole, pour ensuite se redresser, bien droite, posant ses mains sur ses hanches, et prenant une expression franchement exagérée qui le laissa perplexe l'espace d'un instant.

« Diantre, auriez-vous l'obligeance de ne point être aussi bruyante, damoiselle? Je n'ai guère de temps à vous accorder. Her, tu sais que ça, on me l'a vraiment dit, y a pas si longtemps? J'ai pas eu besoin de demander... Même toi, je t'aime bien, mais tu parles... Hm... Bourge? »

Ah, il parlait...'bourge'? S'il parlait bourge, elle, imitait à la perfection certaines personnes de sa Cour, il était vrai. Certains entraient dans l'exagération, mais ça ne faisait guère rire que les villageois. Ankou savait très bien que son vocabulaire devait paraître trop recherché pour Karin, mais qu'y pouvait-il? Ça aurait été aussi difficile pour un villageois de parler comme les Nobles que pour un Noble de parler comme un villageois. Ou même un simple bourgeois. Lui, aimait bien la manière dont les siens parlaient. Bon, pas quand c'était réellement trop exagéré, mais il aurait détesté être entouré de personnes ne parlant bien toute la sainte journée. Surement s'y serait-il habitué au bout d'un moment, mais il aurait toujours eu cette désagréable impression qu'il manquait quelque chose à leurs paroles; Mais qu'importe. Il n'allait pas critiquer leur manière de parler. Tant la leur et la sienne étaient différentes, elles n'en étaient pas moins correctes chacune.

« Tu trouves que je parle 'Bourge'? Eh bien, je n'y peux trop rien. J'ai toujours parlé ainsi. Ce serai aussi difficile pour moi de parler comme toi que toi de parler comme moi, j'imagine...(Il s'arrêta un instant, puis reprit) Ça se voit tant que ça, à ma manière de parler? »

S'il se trahissait directement, c'était super, ne pu-t-il s'empêcher de penser. Au moins ne le détestait-elle pas, et il en était ravi. Il aurait du s'en ficher, mais ce n'était pas le cas. Maintenant, il se sentait un peu mieux.

[Je sais pas. Mais il va VIOLER KARIN AH AH. Ou pas.XDDD]

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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Mer 20 Avr - 16:01

[Oh que non, il la touche pas ce malade! Elle qui est si choux... Hm, ou pas, mais elle l'aime bien Antoine, c'est juste que ça l'amuse de chercher la merde.XD
Et au final, j'ai pu poster ( What a Face ) aujourd'hui. Pfiou.^^ ]


Les différences étaient enrichissantes, se disait souvent Karin en jetant un regard circulaire à ses amis. Aucun d’eux n’était vraiment similaire, si l’on exceptait bien entendu ces deux frères qui, sans être rigoureusement identiques, partageaient une allure quelque peu semblable. Et c’était justement ce qui faisait, aux yeux de Karin, tout l’intérêt de la chose ! Parler à des gens qui se contenteraient de dire amen à chacune de ses phrases n’aurait pas été très intéressant, elle le reconnaissait volontiers. Mais là, en présence d’Antoine, elle se retrouvait bien embêtée, condamnée à contredire ses propre propos quoi qu’elle fasse. Elle prônait la tolérance, sauf exceptions. Elle ne jugeait pas sur les apparences, sauf exceptions. Elle était sympathique, sauf exceptions. Et surtout, elle ne dénonçait pas n’importe quelle petite particularité comme un défaut…, là encore, sauf exceptions. Ce terme, si fréquent chez elle, désignait la plupart du temps ces gens qu’elle ne supportait juste pas, sans autre forme de procès, sans raison plus valable que ça. Sans que son cerveau, décidément un peu trop souvent à la traine, comprenne vraiment, mais que son cœur et chaque cellule de son corps le lui hurlent. La manière étrange de parler des riches était un exemple probant, pensait-elle. Parce qu’au fond, entre ça et deux langues parlées dans deux pays séparés d’un trait sur carte que l’on nommerait communément ‘frontière’, il n’y avait qu’un pas. Hors, il ne lui serait pas passé par la tête de se moquer d’un étranger sous prétexte qu’il n’adoptait pas le même langage qu’elle. Alors, pourquoi le faisait-elle à l’encontre des nobles ? Parce qu’eux le faisaient ? Un cercle vicieux qui n’en finirait jamais, voilà ce dans quoi ils étaient engagés. Oh, pas que cela la dérangeât outre mesure, loin s’en fallait ! Aimer chaque individu croisé dans la rue, prier tous les soirs à la nuit tombante pour le salut de ces personnes que nous connaissions tout juste mais que nous adorions déjà, ne jamais se disputer… Quelle fadeur ! C’aurait été immonde, très écarté de la vie idéale selon la blonde aux yeux bleus. Il était d’ailleurs de ce fait fort probable qu’elle cherche encore querelle au jeune homme pendant un moment. Pas parce qu’elle le détestait, ou que sa caste sociale était la composante principale de ces ‘exceptions’ citées plus haut, mais bel et bien parce qu’elle s’amusait énormément à contredire autrui. Ce n’était pas de sa faute, songeait-elle alors, et elle n’était pas contre une conversation amicale ou les pensé »es de l’un recoupaient celle de l’autre. Mais il fallait reconnaitre, et elle le faisait sans une once de mauvaise foi, que les disputes étaient bien souvent mille fois plus divertissantes. Les répliques cinglantes passaient la barrière rosé de de ses lèvres avant même qu’elle ait eu la plus maigre chance de l’arrêter, elle parlait, encore et encore, répondait surtout. Et lorsqu’un blanc gêné ou électrique s’installait entre les différents protagonistes, elle en profitait pour allumer la mèche et attiser la flamme, précipitant l’explosion. Cela, elle ne s’en rendait évidemment compte que bien plus tard, lorsqu’avec du recul, elle pouvait rire de ces éclats de colère un peu trop fréquemment stupides et mal placés. Sur le coup, ce procédé était plus qu’involontaire, elle aurait pu le jurer. Comme présentement avec le brun aux cheveux longs ; elle savait pertinemment que singer les riches bourgeois et nobles arrogants devant lui n’allait rien donner de beau, et si ce geste ne risquait pas de dégrader l’image qu’il avait d’eux –une image vue de l’intérieur, bien moins reluisante que celle que dépeignait Karin avec son regard étranger- ce n’était pas non plus ce qui allait redorer son propre blason… La dispute, il fallait savoir être honnête, ne venait pas plus souvent à la fleuriste qu’elle n’allait la chercher. Ses amis auraient pu en témoigner ou, à tout le moins, ceux qui ne voyaient pas leur loi dictée par ce tyrannique travers à son instar.

Lui dire qu’il ‘parlait comme un bourge’ entrait indéniablement dans cette catégorie de remarque. Uniquement créée pour mettre le feu aux poudres, et inutile au demeurant. Véridique, oui. Nécessaire ? Bien moins, quoiqu’à cet instant précis, la demoiselle Blaze aurait défendu corps et âme sa cause, avec la passion du désespéré qui n’a pas grand-chose à perdre –ce qui était plus ou moins le cas, dans la mesure où toute sa crédibilité supposée s’était envolée avec sa magnifique faute de vocabulaire. Si, c’était utile, point final ; lui coller la réalité sous le nez allait peut-être l’aider à en prendre conscience, pauvre homme qu’il était ! Au sens figuré, cela allait sans dire ; si lui était pauvre, qu’était-elle, elle, sans ça !

« Tu trouves que je parle 'Bourge'? Eh bien, je n'y peux trop rien. J'ai toujours parlé ainsi. Ce serai aussi difficile pour moi de parler comme toi que toi de parler comme moi, j'imagine... dit-il avant de marquer un bref arrête, hésitant, et reprenant une seconde plus tard. Ça se voit tant que ça, à ma manière de parler? »

La grimace qui étira les traits de la jeune fille furent suffisamment éloquents, à eux-seuls, pour comprendre quel serait le contenu de ses propos. Ses tournures de phrases sonnaient aussi naturelles et déplacées aux oreilles de Karin qu’une vache l’aurait été à ses yeux, à brouter les élégantes plantes dans les couloirs en pierre de ce fastueux château qui les surplombait ! En effet guère, celle-ci lui restait, inexplicablement, en tête, ne cessant de lui revenir à l’esprit. Parler de guerre pour dire ‘non’ ? Mais quel intérêt cela présentait-il ? Elle se demanda un instant le temps qu’il devait leur falloir pour former ces paroles, mais la réponse lui vint aussitôt : ils devaient les avoir apprises par cœur, avec le temps de leur côté. Elle ne s’imaginait pas devoir faire de même ! Cette simple pensée la dégoutait au moins autant qu’elle la décourageait et la faisait rire. C’aurait été une expérience à tenter, quelque part, mais sans qu’elle en soit le triste sujet, merci bien ! Elle avait parfaitement vécu sans jusqu’ici, et comptait s’en passer pour de très nombreuses années encore.

« C’est pas pour dire, hein, commença-t-elle avec une expression à la fois fataliste et amusée, mais franchement… Allez, tu veux que je sois quoi, honnête ou sympa ? »

Sans vraiment lui laisser le temps de répondre, elle enchaîna :

« Oh, si ça peut te consoler au pire, t’as qu’à te dire qu’y a pire que toi ! Mais bon, courage, continua Karin après lui avoir donné une petite tape sur l’épaule, avec un peu de chance un jour, toi aussi tu parleras comme une encyclopédie sur pattes ! Ou pas, hein. Faut voir ce que tu préfères. »

Sur ces mots, la blonde au caractère bien trempé attrapa un pot relativement grand, vide, et le posa à côté d’elle, tout près du comptoir. Bon, le tout était de ne pas trop tirer au flanc non plus… Sans quoi elle allait avoir quelques ennuis, quoique rien de bien grave, elle le savait. Par une journée aussi chaude, elle se trouvait déjà courageuse de ne pas se faire porter pâle ! Posant les genoux au sol, elle ouvrit l’un des sacs précédemment transportés par ce très cher Antoine avant d’en déverser un peu –tout remplir d’un seul coup avant de mettre la plante n’aurait pas servi à grand-chose…- dans ledit récipient. Comme d’ordinaire, elle ne faisait pas grand cas de ses mains terreuses, qu’elle essuya négligemment sur ses vêtements. Elle n’était pas une de ces ladies s’offusquant d’une vulgaire tache, et en était plutôt fière ! Sans reporter son regard sur lui ou prendre la peine de se relever, elle ajouta, sur le ton désinvolte de la dérision et de la plaisanterie :

« Tu sais quoi ? Tes parents, ils devraient me vouer un culte. Comme ça, après que tu m’ai vue t’auras plus jamais envie de revoir des ‘pauvres’ ! »

Elle esquissa un sourire. Ce n’était pas très gentil, mais elle s’en contre-fichait ! D’ailleurs il pouvait bien répondre ce qu’il voulait, s’il était tenté de lui rendre la monnaie de sa pièce, de lui renvoyer ses ô combien pertinentes remarques au visage, c’était l’occasion ou jamais de le faire sans passer pour un goujat.
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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Sam 7 Mai - 18:49

Ankou aurait bien voulu la voir tête de ses amis, s'il avait soudainement décidé de se mettre à jardiner dans les grandes allées du parc qui entourait le château! Sans aucun doute l'auraient-ils cru fou, et auraient tentés de le raisonner avant qu'il ne salisse sa chemise ou fasse mourir les superbes roses qui rendaient les promenades plus agréables. Leur beauté avait beau être éphémère, on n'en appréciait pas moins leur présence et leur parfum. Sur le coup, le jeune homme aux yeux grenats ne savait pas même ce qui leur aurait fait le plus peur. Voir leur Roi jardiner ou voir les roses mourir? Ah ah. Quand on était une figure aussi importante qu'il l'était, on ne pouvait décemment pas se permettre de faire ce que l'on désirait, et se couvrir de terre en entretenant des fleurs n'était sensément pas quelque chose qu'il pouvait se permettre de faire sans s'attirer les moqueries et les inquiétudes de sa Cour. Un Roi, ça ne jardinait pas; Ça gérait le Royaume et remplissait des papiers, réglait les conflits, organisait des soirées mondaines dans lesquelles les Nobles et les plus riches Bourgeois se retrouvaient pour parler affaires et famille. Une vie trépidante, n'est-ce pas? Ankou n'avait connu que cette vie, alors il n'aurait su dire si celle des villageois était préférable. Il avait beau parfois sortir en ville et jeter un coup d'œil à Esidir, par-ci par-là, il était loin de connaître par cœur les activités des commerçants de cette belle cité. Il lui était difficile de s'imaginer à quoi ils pouvaient occuper leur journée, si ce n'était à leur travail. Lui aussi travaillait touter la journée: Simplement, il travaillait différemment. En cela, son père avait toujours été mieux informé que lui. Il fallait dire que sa timidité maladive, Ankou ne l'avait pas tout à fait surmonté, et avec la Guerre, il avait encore peur qu'on ne se jette sur lui pour l'égorger s'il se baladait à découvert dans la rue. Avant, quand Illea était encore en paix, les Souverains pouvaient se permettre plus de choses. Feu son père avait toujours su se faire apprécier des autres, et le jeune Prince aux longs cheveux savait pertinemment qu'il n'arriverait jamais à atteindre le niveau de ce dernier, qui avait tant de charisme. Il connaissait les villageois mieux que lui ne les connaissait, avait su se faire apprécier d'eux, malgré les sales rumeurs qui avaient un temps courues à son sujet. Il lui avait parlé quelques fois d'eux, mais Ankou avait oublié la quasi totalité de ce qu'il lui avait dit, malheureusement. Quand on est enfant, toutes ces choses ne comptent pas. Il lui avait montré une fois des fleurs dans le jardin, et lui avait dit ce qu'elles signifiaient. Quand il lui avait demandé comment il pouvait le savoir, son père lui avait répondu qu'il avait eut par le passé une amie qui connaissait bien les fleurs, et qui lui avait appris certaines significations.

C'était dans ces moments-là qu'Ankou regrettait de ne pas s'en souvenir, tiens; Il aurait peut-être remonté dans l'estime de Karin, de cette façon. Au moins la demoiselle aux cheveux blonds avait avoué ne pas le détester, et même bien l'aimer, ce qui était un grand pas en avant, du point de vue du jeune homme aux lunettes. Faire le Prince qui comprenait les villageois...Ça lui aurait joué des tours, il le savait. Les riches avec les riches, le peuple avec le peuple. Qu'avait-il en commun avec Karin Blaze, à part leur statut d'Humain? Rien du tout, il en avait peur. Comme elle venait de le démontrer quelques secondes plus tôt, ils ne parlaient pas même la même 'langue'. Il y avait tant de différences entre les plus nantis et les plus démunis que ça rendait toute compréhension entre les deux classes impossible. Ils se chamaillaient, encore et toujours, et le ferait jusqu'à la fin. Enfin, pensa subitement Ankou, chassant brutalement ces pensées, ce n'était pas ça qui allait l'empêcher de devenir ami Karin, oh que non. Il était rare que le jeune homme ne décide quelque chose par lui-même, mais cette fois-ci il était pire que déterminé à prouver à Karin qu'il valait aussi bien que tous ces villageois qui passaient en ce moment même dans la rue. Ce n'est pas parce qu'il était plus riche qu'elle qu'il valait moins.

« C’est pas pour dire, mais franchement… Allez, tu veux que je sois quoi, honnête ou sympa ? »

Ah, parce qu'elle ne pouvait pas être les deux à la fois? Ankou l'écouta reprendre sans broncher, toutefois, cette question étant plus rhétorique qu'autre chose. Il faillit lui donner en protestant un petit coup lorsqu'elle lui tapota l'épaule, et sa félicita de ne pas l'avoir fait. Il n'était guère habitué à ces marques familières, étant Noble et de surcroit le Prince, il n'y avait qu'Axel pour s'y risquer ou même en avoir l'idée. Et quand il le faisait, il répliquait comme il avait manqué de le faire ici. Ah, vraiment...Ankou ne se serait pas senti à l'aise de parler avec plusieurs villageois; il aurait eu l'impression de faire tâche, de par son langage et son attitude, qui aurait été trop renfermée à leur goût, sûrement. Ce n'était pas sa faute, on l'avait élevé de la sorte, on lui avait apprit à ne pas dire de grossièretés et à savoir bien se tenir en toutes circonstances. Respecter autrui et être poli avec lui, c'était à ses yeux une évidence. Petit, on le punissait s'il manquait à ces règles essentielles de tenue. Et comme personne n'aimait être puni, eh bien, il les avait apprit par cœur et les avait appliquées du mieux qu'il le pouvait, quoi de plus normal? C'était quasiment devenu un réflexe, pour lui, maintenant. Mais...Allez faire comprendre ça à des gens comme Karin, qui avait eu une éducation toute autre, et ne portaient en plus pas les riches dans leur cœur. C'était peine perdue, il le savait...

Se contentant donc d'afficher une mine souriante comme il en avait l'habitude, il la regarda sans rien dire remplir le pot de terreau. Ça pouvait paraître facile à faire comme ça, mais Ankou était certain que s'il avait voulu le faire, il en aurait renversé la moitié à côté, ou aurait remplit le pot à ras bord, ce qui était, il le pensait, tout sauf judicieux. Quel pitoyable employé il aurait fait! Ses mains n'étaient pas faites pour travailler de la sorte. Ce n'était pas là de la coquetterie, mais une pure vérité: Il était loin d'être gauche, mais aurait été incapable de faire la moindre tâche correctement. Et à la fin, ça l'aurait énervé, et il aurait encore plus fait n'importe quoi. Quand il disait qu'il n'était pas fait pour ça!

« Tu sais quoi ? Tes parents, ils devraient me vouer un culte. Comme ça, après que tu m’ai vue t’auras plus jamais envie de revoir des ‘pauvres’ ! »

Lui vouer un culte? Cette idée lui arracha un sourire amusé. Le pire, c'est qu'Ankou pensait que ses parents auraient été loin de la détester, s'ils avaient pu la rencontrer. Son père était aimable avec à peu près tout le monde, et en particulier les femmes, et sa mère, elle...Avait le même caractère bien trempé que celui de la jeune fleuriste aux cheveux bouclés. Les femmes qui savaient de toute évidence ce qu'elles voulaient et qui le faisaient savoir haut et fort. Enfin, Karin ne les aurait elle sûrement pas appréciés, de toute façon, sans compter qu'ils n'étaient plus de ce monde depuis déjà quelques années. Mais les parents d'Antoine, eux, l'étaient encore; D'un certain côté, Ankou était heureux de pouvoir les faire exister de nouveau, même au travers d'un mensonge. Et ce même si mentir, c'était tout sauf bien, comme on le lui avait si souvent répété.

« Oh, s'ils ne voulaient pas que je vois des 'pauvres', ils ne me laisseraient certainement pas venir ici. Tu sais, tous les 'riches' ne font pas une scission entre eux et leurs voisins. Surtout quand la différence, au final, n'est pas aussi marquée que ça. Ce n'est pas comme si...Ma famille était Noble, par exemple. »

Oh oui, quel immense mensonge, songea Ankou immédiatement après avoir parlé. On ne faisait pas plus Noble que sa famille. Mais ça, il n'allait pas le dire. Antoine, ce n'était pas Ankou. Ankou était Noble, Prince d'Illea, et Antoine était seulement, le fils de riches marchands. Rien de Noble chez lui. Parfois, Ankou aurait aimé que ce soit vraiment le cas. Être membre de la famille royale, c'était pire que tout ce que l'on pouvait s'imaginer. A ses yeux, tout du moins.

« Et puis, je me dis qu'il doit y avoir pire que toi. » Ajouta-t-il sans se départir de son sourire.

[C'est une sale méchante, oui. Elle est sadique avec mon Ankou tout douuuux...v__v]

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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Dim 22 Mai - 11:27

[Je crois que la stupidité de Karin m'a contaminée. J'ai regardé le post ici en cherchant celui de Marilee et co', et là, j'ai vu que c'était à moi de répondre. Le truc c'est que j'étais persuadée d'avoir déjà répondu, alors je regarde dans mes fichiers et, ho, miracle, un truc avec marqué 'RP Karin A POSTER'... J'avais prévu de le faire mercredi dernier, et j'ai zappé. Alors le voilà, ha...=='
Et ma Karin-chou n'est pas sadique, elle est juste... Bah..., elle, quoi, mais c'est comme ça qu'on l'aime!XD
Posté. clown ]
Antoine ne reflétait l’image que Karin s’était créée des riches. C’était un compliment inestimable venant de la jeune fille, à n’en point douter ! Les clichés qui proliféraient dans sa tête remplaçaient les réflexions qu’elle aurait dû avoir, de cela au moins elle était au courant, se disant que les dogmes académiques des nobles et bourgeois étaient, à peu de choses près, identiques. Sous un autre nom, certes oui, mais rigoureusement identiques. Le brun aux yeux marron semblait volontaire et, même si sa manière de parler avait des accents que Karin jugeait purement artificiels, n’avait pas non plus l’air de confondre science et confiture. Il allait sans dire qu’elle ne l’aurait jamais aussi facilement reconnu : au mieux elle se serait exprimée à demi-mots, comme un peu plus tôt d’ailleurs. Il n’était ‘’pas si mal’’, il n’était ‘’pas vraiment méchant’’, sans pour autant partir dans une longue liste élogieuse de sa personne. En revanche, là où lui détonnait par rapport à ses belles idées reçues, elle devait se fondre à la perfection dans le décor, de son côté. Dans l’imaginaire commun aux plus nantis, la demoiselle pensait que l’on se représentait parfois les gens de sa propre catégorie sociale. Malpolis au possible sans doute, rustres et sans aucune notion de bienséance, sales et incapables de tenir une conversation sans se tromper de mot, de citer la plus petite et évidente des références, des individus ne portant guère une très grande attention à leur apparence. En d’autres termes, de imbéciles heureux et jaloux. Un simplet l’aurait remarqué : c’était son propre portrait qu’elle venait, en quelques hasardeux coups de pinceaux assez représentatifs, d’ébaucher. L’idée d’être un stéréotype vivant n’aurait enchanté personne, pourtant cela ne dérangeait pas la jeune fille aux cheveux bouclés outre mesure non plus. Eh bien quoi ? Elle se fichait pas mal que des gens ne la connaissant ni d’Adam ni d’Eve tiennent des propos dégradants à son encontre ! Après tout, ils se contentaient de répéter de stupides racontars, point barre. Elle était l’archétype même de la fille qui l’ouvrait un peu trop, disait ce qu’elle pensait avec un peu trop de franc-parler et n’agissait pas avec beaucoup de raffinement, et devait représenter ce que les hautes sphères de la société détestaient le plus chez le bas-peuple. Ça ne faisait aucun doute, à son sens, mais faute de pouvoir réellement le changer elle allait jusqu’à e tirer une certaine fierté. Antoine était une exception chez les riches, elle pas. Peut-être que si ceux qu’elle qualifiait gentiment de ‘’bourges’’ avaient croisé quelqu’un d’un peu plus conciliant qu’elle, comme Ludmilla par exemple, auraient-ils eu une meilleure opinion de ces gens qui, soi-disant, valaient bien moins qu’eux. Sa sœur aînée savait se tenir, était gentille et n’insultait pas tout le monde à tout va comme pouvait parfois le faire Karin, selon la situation et ses vis-à-vis.

Dans le fond, si quelqu’un avait eu à insulter l’autre, songea-t-elle avec un brin d’amertume, ce n’était pas elle. D’un côté elle en avait toutes les bonnes raisons mais, de l’autre et quoique qu’une personne aussi bornée qu’elle ne l’aurait jamais reconnu, Antoine en avait non seulement en plus grand nombre mais aussi des plus solides. Sa propre argumentation tenait la route, ce n’était pas le problème, mais…, oh, se dit la fleuriste, tant pis. Elle pouvait faire ce qu’elle voulait, de toute façon, personne ne viendrait lui dicter sa conduite et encore moins sa manière de penser. L’avantage d’avoir un caractère affirmé était de pouvoir défendre son point de vue et ses droits, de tenir tête aux autres et de ne surtout pas baisser les yeux ; hors de question qu’elle agisse autrement. Et si qui que ce soit avait à lui reprocher d’être ce qu’elle était, qu’il vienne le lui dire, face à face ! Il ne lui semblait pas que le brun soit du genre à aller critiquer autrui sans retenue, voire même à lancer de belles paroles pétries d’une hypocrisie sous-jacente, aussi se permettait-elle quelques familiarités. Le respect de l’espace personnel et la timidité n’avaient jamais été des caractéristiques appropriées pour la décrire convenablement ou, à tout le moins, pas sans une magnifique négation dans la phrase. Ou une bonne dose d’ironie, qui pouvait également faire l’affaire.

« Oh, s'ils ne voulaient pas que je vois des 'pauvres', ils ne me laisseraient certainement pas venir ici. Tu sais, tous les 'riches' ne font pas une scission entre eux et leurs voisins. Surtout quand la différence, au final, n'est pas aussi marquée que ça. Ce n'est pas comme si...Ma famille était Noble, par exemple. »

Les sourcils fins de la jeune fille se froncèrent tandis que son esprit travaillait à toute vitesse, chose suffisamment rare pour être notée. De là à ce que les résultats soient probants toutefois, il y avait un monde, et c’est un cuisant blanc qui envahit ses pensées. Une quoi ? Six ions ? Elle se mordit un instant la lèvre inférieure, ayant acquis l’intime certitude de n’avoir jamais entendu un mot pareil ; elle s’en serait souvenue au moins, faute de savoir le replacer dans une phrase ou même le définir sans tomber, littéralement, à côté de la plaque comme si souvent. Si encore il s’était agi d’une expression inutile, venue ajouter de la fantaisie à une phrase dont il ne pouvait décemment laisser le sens à la portée du premier venu…, mais non, il avait fallu que ce soit une fichue partie importante, comme s’il l’avait fait exprès !

Karin se détourna de ce léger problème de compréhension lorsqu’Antoine évoqua les nobles. Heureusement qu’il ne l’était pas, pour sûr ! Les bourgeois avaient beau se faire des montagnes d’or sur le dos courbé de leurs employés, au moins faisaient-ils quelque chose pour la société. Le salaire que les grands pontes leur octroyait était de très loin insuffisant, mais c’était déjà ça ; pas comme ces individus pompeux et inutiles, bons à brasser de l’air et organiser des réceptions, ordonner ceci ou cela, critiquer, commander de nouvelles toilettes, empiler les bijoux sur leur coup, leurs bras, leurs doigts jusqu’à ressembler à des étalages vivants… La jeune Blaze les plaignait presque, engoncés dans des vêtements trop serrés, en équilibre précaire sur des talons trop hauts pour eux ; aussi loin du sol que leur égo démesuré, à ces idiots de première cherchant à se montrer cultivés…

« Et puis, je me dis qu'il doit y avoir pire que toi. »

A ces mots, le sourire de Karin trouva à nouveau le chemin de ses lèvres. Pire qu’elle ? Peut-être que oui, peut-être que non. A la vérité, certains de ses amis n’hésitaient pas à aller au moins aussi loin qu’elle dans la critique, dans l’honnêteté au mauvais sens du terme, mais elle pensait remporter haut la main la palme du manque de culture et de la spontanéité… Pas qu’elle se classe mal dans le reste non plus, d’ailleurs, si elle pouvait se le permettre

Elle reposa son regard bleu sur le jeune homme avant de lui répondre :

« Eh ben… Je trouve qu’y a déjà une grosse différence entre toi et moi, déclara-t-elle avec aplomb. Ça veut pas forcément dire que je te déteste, hein, juste que t’auras beau dire que tu vois pas des masses de différences, moi j’en vois un tas. »

Elle lui adressa un sourire, nuançant ainsi ses paroles, avant de reprendre sans s’en départir :

« Mais t’as raison, les bourges valent toujours plus que ces espèces de crétins inutiles qu’arrêtent pas de sourire, avec leurs crises d’autorité, au Prince et compagnie… C’est déjà ça de gagné, non ? Y a pire que toi, y a pire que moi. T'as pas tort, ça nous fait un point commun.»

Une question vint soudainement à l’esprit de Karin, qui se planta devant son interlocuteur. Karin pensait, Karin disait, comme toujours. Irrémédiable.

« Tu fais quoi de ton temps, en fait ? Nous on travaille, les nobles font potiches, tes parents serrent des mains, mais toi alors, tu passes ton temps à te promener comme maintenant? »
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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Mer 13 Juil - 1:30

Se plaindre que nous détester pour notre milieu social était injuste car l'on n'avait aucunement choisi de naître là était peut-être un peu hypocrite. Certes, personne ne choisissait sa famille, ni, selon les milieux, les personnes qui nous entouraient durant notre enfance et même notre adolescence. On vivait de ce que l'on pouvait avoir, ne cherchait en général jamais à passer de l'autre côté du miroir: Parce que c'était moins bien, que ça faisait peur, parce que le courage nous manquait, tout simplement. Ankou n'avait jamais vraiment eu le choix de ses relations, pour sa part. Tous ses amis faisaient partis de la Noblesse, et étaient en général des enfants que ses parents lui avait permis de fréquenter étant enfant. Des enfants de bonne famille, de familles proches de la sienne. Si par exemple, il lui avait été autorisé de passer tant de temps avec Axel, c'était car son père et sa mère avaient jugé cette amitié soit utile, soit sans danger. Voir même les deux. Un ami du peuple, ô grand jamais on ne lui aurait permis d'en avoir un. Ce n'était pas de son rang, le Prince héritier ne devait pas fréquenter de manants, et comme tout le monde n'aimait pas la famille royale, où visait le trône, on n'était jamais à l'abri d'un malheureux accident. Ce dernier point, surtout, avait toujours préoccupé ses parents, qui s'étaient chaque fois assurés de ses relations, à lui et Annahita, 'au cas où' un individu malsain se serait discrètement glissé dans leur cercle d'amis. Mais maintenant qu'ils n'étaient plus là, et que sa soeur vivaient à des kilomètres et des kilomètres de lui, il était le seul à décider de ses fréquentations. Tant que ce qu'il faisait ne salissait pas son image, il pouvait le faire sans s'inquiéter des possibles conséquences de ses actes, puisque son image était la chose qui comptait le plus à ses yeux et aux yeux des autres.

Ou bien était-il juste incapable de faire la part des choses et de s'instaurer des limites. Oh oui, c'était bien beau que de vouloir cesser d'être hypocrite en devenant ami avec Karin de manière à ce qu'elle voit à quel point les 'riches' n'étaient pas aussi nuls qu'elle semblait le croire et tenter concrètement pour une fois de voir ce qu'était la vie de l'autre côté du miroir, mais...C'était diablement risqué, d'un côté. E t complètement irresponsable. Et Dieu savait que s'il y avait bien une personne en ce monde qui gagnait tout à être responsable, c'était Ankou Della'Morte. Seulement voilà, bien qu'il était parfaitement conscient des charges qui reposaient sur ses épaules, il était encore jeune. Il avait envie de s'amuser, faire ce qu'il voulait, voir jusqu'où il pouvait aller sans se faire réprimander. On ne pouvait décemment pas demander à un adolescent de se conduire comme un adulte mûr et étant d'ores et déjà passé par de nombreuses étapes de la vie. Il n'était pas un surhomme, et il le répéterait autant de fois qu'il le faudrait: Il était comme tout le monde, ni plus ni moins. Ses envies ne devaient guère différer de celles des villageois de son âge, il imaginait (C'est à dire le sexe, l'alcool et les femmes.XD).

« Eh ben… Je trouve qu’y a déjà une grosse différence entre toi et moi. Ça veut pas forcément dire que je te déteste, hein, juste que t’auras beau dire que tu vois pas des masses de différences, moi j’en vois un tas. »

Certes, songea Ankou, non sans ironie, il aurait pu citer bien des différences qui existaient entre lui et Karin. Lui était riche, elle ne l'était pas. Mais également, elle était blonde, lui avait les cheveux noirs (Sur le coup), il était un homme, elle était une femme, il était plus réservé qu'elle, qui semblait être extrêmement extravertie. Oh, ce n'était pas pour se moquer d'elle qu'il pensait cela! Simplement que les différences que la jeune fille aux cheveux blonds devait voir étaient certainement plus la faute à Dame Nature qu'à son prétendu statut de riche villageois. Encore une des raisons qui faisait que le monde n'était pas ennuyant à mourir: Les différences étaient essentielles dans toutes les sociétés de ce monde. Et si Karin l'aimait bien...Ça voulait bien dire que la barrière entre riches et pauvres n'était pas aussi insurmontable qu'on se plaisait à le dire.

« Mais t’as raison, les bourges valent toujours plus que ces espèces de crétins inutiles qu’arrêtent pas de sourire, avec leurs crises d’autorité, au Prince et compagnie… C’est déjà ça de gagné, non ? Y a pire que toi, y a pire que moi. T'as pas tort, ça nous fait un point commun.»

Ah ah...Si Ankou maintint son sourire sur ses lèvres, il ne pu par contre s'empêcher de frissonner. Ces crétins inutiles qui n'arrêtaient pas de sourire...Elle voulait parler des Nobles, n'est-ce pas? Le jeune homme aux yeux grenats se fit violence pour ne pas laisser s'échapper un long soupir. Allons, les Nobles n'étaient pas si horrible que ça. S'il avait été certain qu'elle n'aurait pas mal prit un discours sur l'utilité des Nobles, Ankou l'aurait fait, mais il doutait qu'elle soit très réceptive à ce genre de paroles, pourtant pleines de sens. Dommage. Il allait falloir faire avec, il imaginait. Enfin, ça allait aller, non? Karin souriait, et puis, il était Antoine Danevas, pas Ankou Della'Morte.

Il allait falloir qu'il se concentre sur ce qu'il disait pour ne pas faire de contre-sens...

« Tu fais quoi de ton temps, en fait ? Nous on travaille, les nobles font potiches, tes parents serrent des mains, mais toi alors, tu passes ton temps à te promener comme maintenant? »

Ankou ouvrit sensiblement ses yeux à cette question, puis s'accorda un petit instant pour réfléchir. Ce qu'il faisait de ses journées? Il se voyait mal répondre à Karin qu'il remplissait des papiers, et puis de toute façon, il ne le pouvait pas. Hop, petit voyage dans le temps, que faisait-il étant enfant? Il assistait à ses cours, pratiquait diverses activités, comme le combat à l'épée, ou ce genre de choses...L'équitation, avant, aussi. Et quand son père l'avait mit de force sur un cheval plus tard, bien que ça n'avait guère été concluant, pour ne pas dire complètement navrant. Que répondre? Ankou, qui avait en permanence le soucis de tout bien faire, et qui avait pourtant toujours l'impression de tout faire de travers, opta pour une réponse évasive. Ce n'était pas comme s'il était obligé de lui communiquer son emploi du temps, de toute façon, non?

« Je suis des cours, j'accompagne parfois mes parents. Je pratique également diverses activités...Et je me promène en ville, parfois aussi. Malgré les apparences, j'ai un emploi du temps plutôt chargé. »

Ankou laissa son regard dériver sur les fleurs multicolores qui les entouraient, l'espace d'un instant. Puis ses deux yeux foncés se reposèrent sur le visage de Karin, à qui il ne cessait pas de sourire. Décidément, les crampes menaçaient! Mais il ne pouvait pas s'en empêcher. C'était stupide, non?

« Et toi? J'imagine que tu ne passes pas tes journées à travailler, quand même? »

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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Mar 2 Aoû - 13:34

[Un mini-post, un !XD
Posté.clown ]
Des cours. Eh bien, si elle s’était attendue à cette réponse-là ! Peut-être que finalement, tout bien réfléchi, elle n’aurait pas dû demander. C’était évident et elle se sentait un peu stupide d’avoir posé la question mais, bon. Elle n’y pouvait pas grand-chose et à moins d’une brusque envie de pousser plus loin encore le ridicule mieux valait ne pas le faire remarquer à Antoine et, pour une malheureuse fois dans sa vie, observer le silence. Un sourire empreint à la fois d’une douce ironie et d’amusement, comme seuls pouvaient en occasionner les souvenirs étira ses lèvres : s’il y avait en ce monde une chose dont elle pouvait être absolument certaine, c’était bien qu’elle-même n’avait jamais été faite pour en suivre, des cours ! Les notions les plus élémentaires étaient certes à la portée de tous, et sans doute qu’avec quelques efforts sur la durée aurait-elle pu retenir deux, trois trucs. Seulement voilà, l’esprit de Karin s’était toujours montré rétif et complètement imperméable à toute tentative d’apprentissage. Toutes, sans exception, s’étaient soldées par de cuisants échecs que sans doute valait-il mieux passer sous silence. Et dire qu’avant, les bêtises qu’elle sortait étaient encore plus énormes que maintenant ! Aussi ne sut-elle pas ce qu’elle devait éprouver à l’égard du jeune homme sur ce point : un profond dédain pour tout ce qui avait trait à la bourgeoisie, teinté d’une vague admiration pour qui pouvait rester assis à ne rien faire que regarder les mouches voler plusieurs heures d’affilée ? Quoique, songea la jeune fille, ce ne devait pas être tout à fait ça pour le brun. Elle l’imaginait assidu et son intérêt piqué au vif par chaque parole –du reste assurément proprement incompréhensible, elle n’en démordrait pas– de son professeur. Perdre son temps avec de pareilles inepties, il devait en falloir, du courage ! Karin travaillait et s’amusait, programme jugé autrement plus prometteur par les soins de la demoiselle. Désireuse de profiter de sa vie, elle n’en cédait pas une miette à l’inactivité et à l’ennui. C’était bien mieux comme ça ! Elle avait très vite compris que l’emploi de sa mère ne lui aurait pas convenu, trop prenant et barbant ; eh bien soit, elle avait jeté son dévolu sur autre chose. Ne pas avoir le choix, devoir faire ce que ses parents faisaient et attendaient de nous, ce ne devait pas être très agréable, se dit-elle en regardant son interlocuteur. Enfin, en rien il n’était bon d’exagérer, il n’avait pas l’air malheureux non plus !

Et puis, chargé, chargé… Peut-être qu’en effet il n’avait pas des masses de temps libre, mais ce qu’il considérait comme son travail s’y apparentait pourtant plus ou moins, de l’avis de la jeune fille ! De son humble et ô combien étroit point de vue, il fallait travailler à proprement parler pour être occupé. Faire du cheval, apprendre l’escrime ; ce n’étaient que distraction. Activités plus ou moins amusantes selon les cas et les personnes, certes oui, mais divertissement tout de même. Son opinion restait par conséquent inchangée. Pas qu’elle ait réellement cru le contraire possible une seconde, du reste… Aussi obstinée qu’être se pouvait, un évènement pareil aurait plus relevé du miracle que du trait d’esprit. Même sans bien la connaitre, il était aisé de s’en rendre compte.

« Et toi? J'imagine que tu ne passes pas tes journées à travailler, quand même? »

Karin haussa les sourcils. Ah, remarqua-t-elle avec une certaine acidité, et depuis quand les riches s’intéressaient-ils à leur pauvre sort ? Au fond, tout ce qu’ils voulaient, c’était les asservir plus encore si cela se pouvait ! Peut-être même était-ce là la raison pour laquelle il lui parlait : aller faire son stupide petit rapport à ses tyrans de parents. « Oui, il faudrait les contraindre à passer encore trois, quatre heures en plus à notre auguste service, c’est que ces malandrins ont encore du temps pour se distraire et que, ce faisant, nous perdons de l’argent qui aurait pu nous servir à impression madame untel, et qui nous revient de droit ! ». La blonde concédait que, question vraisemblance, elle avait déjà fait mieux. Mais son scénario, si ça n’avait été pour la sympathie toute relative qu’elle portait à Antoine, lui paraissait fort crédible malgré tout. C’était bien leur genre, capables du pire pour leur confort personnel sans un petit mot de remerciement, à ces hypocrites…

Laissant néanmoins de côté sa brillante hypothèse –ce qui valait mieux pour le bien commun, très franchement…– elle se mit à réfléchir vaguement. Et la réponse tomba, comme un couperet : presque. Il y avait les jours où elle ne travaillait pas, et bien entendu le dimanche. Elle arrivait le matin, avec ses éternelles « quelques minutes de retard », jamais trop importantes évidemment, pour repartir en fin d’après-midi, là aussi parfois en retard puisqu’elle ne faisait pas toujours très attention ; elle n’était pas à ça près. Heureusement, elle avait aussi du temps pour elle après ça : voir ses amis, s’entrainer aussi. Et rentrer le soir venu, un peu plus tôt lorsque sa mère, Ludmilla ou Aleksander décidaient de passer la voir. Tiens, d’ailleurs, elle ne savait plus ce qu’elle avait prévu pour aujourd’hui ! Avec cette chaleur atroce, sans doute pas grand-chose, reconnut-elle. Sortir par ce temps tenait plus du suicide moral qu’autre chose.

« Non, mais une bonne partie quand même, dit-elle sans sentir le besoin ni l’envie d’être plus précise ; savait-on jamais, peut-être se renseignait-il vraiment pour ses ignobles parents. Mais c’est pas comme si je me plaignais, j’aime bien travailler ici ! Ma famille travaille au château, elle. Je comprends pas comment on peut choisir de faire ça de son plein gré ! »

Une question qu’elle se posait souvent ou, plus exactement, s’était souvent posée. Maintenant, elle ne cherchait même plus la réponse : il n’y avait tout simplement pas de logique là-dedans. Et du moment qu’ils étaient heureux, elle n’avait pas le droit de s’en mêler. Enfin, Karin étant Karin, elle le faisait quand même, mais sans plus chercher à comprendre. C’était comme ça, point final, semblait-il.
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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Lun 19 Sep - 4:16

Étant enfant, Ankou s'était plus d'une fois la remarque que les villageois étaient les mieux lotis quant à leurs activités. Il s'agissait bien évidemment là de l'opinion d'un petit garçon contraint à assister à des cours vite jugés ennuyants au possible, et avec du recul il voyait combien son raisonnement avait été erroné. Enfin, ne put-il s'empêcher de penser, pas tout à fait quand même. Les quelques fois où il avait pu aller en ville, par le passé, il avait vu des enfants se courant après, l'air de ne se soucier de rien. Le petit Prince avait alors trouvé cela extrêmement injuste; Lui était obligé de suivre des cours et mille autres activités, loin d'être toutes plaisantes, et s'il courait dans les couloirs où se salissait à l'extérieur, on le réprimandait sévèrement. Ces enfants du peuple n'étaient certes pas aussi bien vêtus que lui, et assurément bien moins intelligents, mais il lui avait semblé alors qu'ils disposaient de mille fois plus de droits et de temps libre que lui. On élevait les enfants de la Noblesse et la Bourgeoisie comme des adultes, pour que lorsqu'ils seraient effectivement adultes, il ne reste rien de l'enfant qu'ils avaient été en eux. Il fallait être responsable, et dans ce milieu, ce n'était pas une qualité que l'on acquerrait avec les années. Non, c'était une qualité que l'on devait avoir très tôt, et que l'on avait tout intérêt à garder! Après...Ankou voulait bien admettre que le travail du peuple était éreintant. Il n'était guère souvent intellectuel, mais plutôt physique. Les Nobles avaient plus de temps libre qu'eux, car eux avaient un métier.

Enfin, ça ne voulait pas dire qu'ils étaient des feignants pour autant! Ankou avait un travail et en plus de cela, il avait des cours. Et ce calvaire durerait jusqu'à sa majorité, soit encore deux bonnes années en perspective. Ankou en sautait de joie, vraiment...Il ne prétendait pas posséder tous les savoirs nécessaires, mais avouait sans honte que certains cours l'ennuyaient royalement -c'était le cas de le dire-. Enfin, c'était peut-être préférable à transporter des sacs de terre toute la sainte journée, songea-t-il, non sans une pointe d'ironie. Pas que la jeune homme aux yeux grenats n'était pas fort physiquement, il se défendait plutôt bien, mais ça l'aurait vite ennuyé. Il n'aurait vraiment pas aimé.

« Non, mais une bonne partie quand même. Mais c’est pas comme si je me plaignais, j’aime bien travailler ici ! Ma famille travaille au château, elle. Je comprends pas comment on peut choisir de faire ça de son plein gré ! »

Ah, sa famille travaillait au château? Ankou songea alors qu'il les avait peut-être croisés, mais comme il n'avait aucune idée d'à quoi ils pouvaient ressembler, il abandonna l'idée d'essayer de s'en rappeler; C'eut été une bien vaine entreprise. En tout cas, ce commentaire fini de conforter le garçon dans l'idée que Karin ne supportait vraiment pas les gens de la haute société, et à plus forte raison les Nobles et tout ce qui s'en suivait. Les riches villageois semblaient être un peu mieux lotis, quoi qu'elle les méprisaient ouvertement également. Il regretta un instant de ne pas s'être fait passer pour un simple villageois, mais se dit vite que tout compte fait c'était mieux ainsi. Certaines de ses...Nobles caractéristiques, disons, trouveraient un sens aux yeux de Karin sans qu'il ait besoin de s'expliquer, et donc diminuait ses risques de s'emmêler les pinceaux. Il se força à penser que tout allait bien, tout était bien, et que tout continuerait à bien aller.

Une bonne partie du temps, elle travaillait, alors? Ankou aurait bien voulu savoir ce qu'elle faisait lorsqu'elle ne travaillait pas, mais préféra ne pas insister. Il ne voulait pas passer pour un espèce de tordu, ou n'importe quoi de ce genre...Ça couperait nette l'envie à Karin de le revoir, si toutefois elle voulait déjà bien le revoir un jour. Lui, en tout cas, il avait bien envie de discuter avec elle à nouveau. Hum...Il ne savait pas quelle heure il était, mais savait qu'il s'était déjà trop attardé. Son précepteur n'allait pas manquer de lui faire remarquer, à coup sûr, et si Axel était là à ce moment, sûrement ferait-il un commentaire quelque peu déplacé. Il était ainsi fait, pensa Ankou, déjà gêné à cette idée. On ne le changerait pas.

« Travailler au château ne doit pas être si horrible que ça, fit-il en haussant légèrement les épaules, mais chacun a son avis sur la question. Même si, personnellement, je ne me verrais pas nettoyer des chambres et des couloirs toute la journée. »

Ni rien que ce soit, d'ailleurs. Mais il garda ce dernier commentaire pour lui. De toute manière, s'il était riche, il était logique qu'il ait au moins une servante chez lui, et Karin allait sûrement penser pareil. Est-ce que cette phrase allait lui valoir un nouveau commentaire ironique?

« Enfin. Je ne vais pas te déranger plus longtemps dans ton travail. J'avoue sans honte que je ne ferais que t'embêter si je devais t'aider plus...Je n'ai pas vraiment la main verte. Puis, mes parents vont penser que j'ai été enlevé, si je tarde trop. »

Ce qui n'aurait pas été faux, s'ils avaient été encore en vie, pensa-t-il, quelque peu attristé. Malgré tout, il continua à sourire, et à garder une mine joyeuse.

« Je pense que l'on se reverra. »

[Evidemment qu'ils vont se revoir, puisqu'il va la HARCELER. Parfaitement.^^-]

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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Sam 1 Oct - 15:07

[Tu postes je poste et c'est fini, c'est génial.~
Posté, lammas lammas ovce.]


Si Karin avait été moins butée, il était évident que les avantages –quoiqu’ils eurent un caractère plus relatif aux finances qu’à autre chose– de la profession qu’exerçait le reste de sa famille lui auraient sauté aux yeux : les repas pris là-bas ? Et ce n’était qu’un exemple parmi tant d’autres qu’elle aurait jugé bien inutile de citer. D’ailleurs, en aurait-elle seulement été capable ? Elle ne les voyait pas et ne le souhaitait pas non plus, tout à son idée que son adorable petit frère, son admirable mère et sa belle grande sœur étaient de véritables martyrs au quotidien, torturés à toute heure du jour et de la nuit par ces immondes bêtes hideuses et trop poudrées qu’étaient leurs soi-disant employeurs. Elle en frissonnait ! Elle parlait en connaissance de cause, ce qui ne faisait que la conforter dans son hypothèse ; mais si en effet elle avait déjà accompagné Helen au château, les années empilées les unes sur les autres avaient fini par écraser et complètement déformer ses souvenirs. Ils lui semblaient à présent si noirs, si négatif qu’elle ne comprenait plus du tout que les deux tiers –gageons que pour Blaze la Seconde, deux sur trois auraient représenté une « moitié » et que la notion de tiers lui fut plus ou moins étrangère– de leur fratrie parfaite mettent les pieds dans un endroit aussi glauque. Presque tous les jours. La blonde en était presque irritée, se laissant aller à imaginer mille plans, un million de chantages dont auraient pu être victimes ces trois personnes si chères à son cœur : ces nobliaux ridicules, ils n’auraient reculé devant rien, devant aucune bassesse pour que leurs esclaves « un peu payé mais pas à leur vraie valeur parce que hein il fallait des trésors de patience pour pas leur planter un couteau dans la gorge à ces espèces de crétins condescendeurs » restent à combler le moindre de leurs désirs égoïstes…

Ces raisons ancrées au cœur ainsi qu’à l’esprit, Karin ne put ni ne voulut retenir une grimace pour le moins éloquente lorsque ce très cher Antoine déclara que vraiment, ce ne devait pas être si horrible. Pas si horrible ? Facile à dire, monsieur, quand on n’a jamais vu à quoi tout ça ressemblait ! Une mascarade très moche, qui n’avait d’autre but que d’asservir un peu plus le peuple… Ils n’étaient pas des chiens, non plus ! Tout ce qu’ils avaient en moins, c’était un titre. En revanche, songea la fleuriste avec fierté, ce qu’ils avaient en plus, un monde n’aurait pas suffi à le contenir. Il aurait fallu une vie pour l’énumérer, peut-être même deux ou trois, qui sait ? Ils avaient du cœur, un travail qu’ils maîtrisaient, du naturel, ils riaient –et pas seulement ces gloussements, ces rires de gorges qui vous donnaient un air stupide– et ils s’amusaient. Karin avait eu peur que les siens changent, au contact de cette société pourrie. Mais force avait été de constater que, semblait-il, les Blaze étaient incorruptibles. Parfaitement, oui, on aurait pu leur offrir des terres et une immense propriété à la campagne qu’ils auraient refusé. C’était à tout le moins ce qu’elle se plaisait à croire. Grimace qui fut très vite remplacée par un sourire chargé d’une piquante ironie lorsqu’il ajouta mal se voir faire un travail pareil.
Cours toujours, ouais, commenta-t-elle, c’est carrément logique, tu préfères compter et exploiter les ouvriers de papa, connard… La critique restait toutefois gentillette, bon-enfant : vrai qu’elle aurait pu être beaucoup plus méchante que ça, enchaina Karin, mais Antoine Danevas n’était pas non plus complètement naze, alors ça n’aurait pas eu grand intérêt.

Euh, c’était bien Danevas, qu’il lui avait dit ? Elle ne savait plus…

« Enfin. Je ne vais pas te déranger plus longtemps dans ton travail. J'avoue sans honte que je ne ferais que t'embêter si je devais t'aider plus...Je n'ai pas vraiment la main verte. Puis, mes parents vont penser que j'ai été enlevé, si je tarde trop. »

Karin haussa les épaules. De toute façon, il allait pas non plus passer la journée ici, c’était clair… Quant à avoir la main verte, elle n’en savait trop rien : faire pousser des plantes était plus compliqué qu’il n’y paraissait et le plus dur était encore de les garder en vie et florissantes. Sûr que s’il n’avait pas pris les bons plis –ou qu’il n’en avait pas pris du tout, plonger ses mains dans la terre ne devait pas être très recommandé pour ce genre de personne– il n’était pas sorti de l’auberge. La remarque sur ses parents lui arracha un sourire franc : avec tous ces problèmes récemment, il ne faisait pas bon trainer dehors tout seul ! Elle le faisait, mais savait se défendre. Une faible femme en détresse ? Jamais de la vie ! Fière, elle répugnait à avouer comprendre ce que les parents d’Antoine auraient pu ressentir : son imagination à elle aussi, partait en électron libre les trois-quarts du temps… Ah, s’ils avaient été des parents normaux, et par « normaux » elle entendait « pas riches », elle aurait été d’accord avec eux. Elle n’en était plus à une contradiction près, très sincèrement…

« Je pense que l'on se reverra. »

Karin releva la tête, l’air vaguement interloquée. Eh bien ? Peut-être que oui, peut-être que non. Elle, pour ce qu’elle en pensait, hein… Elle n’était pas certaine d’être une très bonne fréquentation, déjà. Oh, pas qu’elle se considérât comme quelqu’un de mauvais ! Mais elle et Antoine n’étaient pas du même monde ; ceci dit, cela n’empêchait pas une petite discussion. Empreinte de sous-entendus, d’avis contradictoires, mais pas désagréable pour autant. La capitale était grande, et si Karin sortait dès que possible, elle doutait se rendre aux mêmes genres de coin que le garçon aux cheveux sombres. Ah, mais peut-être qu’il comptait revenir, et acheter quelque chose cette fois ?

« Qui sait ? Enfin, perso, je crois pas, mais bon. Oh, s’empressa-t-elle d’ajouter, c’est pas que je te déteste carrément, hein, mais je crois que t’as pas vachement envie de revenir, en fait. Laisse tomber les politesses… »

Elle avait laissé son regard dériver tout en prononçant ces paroles, avant de poursuivre, un sourire remplaçant sa moue un rien désabusée :

« Mais si tu tiens quand même à revenir, achète au moins quelque chose. Y a que les clients potentiels que j’ai pas le droit de faire fuir, les autres, je peux les traumatiser comme je veux. Bonne journée… ? »

Karin lui tendit la main. Elle, elle avait encore du travail.
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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   

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One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]

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