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 One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]

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Dirigeant outrageusement beau qui vous éblouit par sa beauté~♥

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Localisation  : Dans mes appartements. Je vais... Dormir.
Emploi/loisirs  : Pas mes cours, en tout cas, je suis trop fatigué pour ça...=___x'
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Age: 17 ans, j'en aurais 18 cette année.^^
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Arme / Pouvoir  : Je me bats avec une épée. Mais je sais manier d'autres armes, bien entendu.u__u

MessageSujet: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Dim 27 Sep - 17:37

[Fin de l'Été.]


L'Autonme n'était pas là, pas encore. Et à dire vrai, n'importe qui, même le dernier des idiots, aurait pu le deviner sans regarder son calendrier. L'astre lumineux, haut dans le ciel, dardait ses rayons sur la grande ville d'Esidir, et bien qu'il soit à peine une heure de l'après-midi, l'atmosphère pouvait déjà être qualifiée d'étouffante. Les vendeurs avaient établis leur commerce à l'extérieur de leur boutique, profitant de la chaleur pour pouvoir attirer davantage de clients dans leur filet. En plus d'être une saison de l'année très agréable, pour les marchands, c'était un moment stratégique pour leurs économies et leurs ventes, où ces deux dernières choses grimpaient en flèche. Forcément, avec le soleil et les quelques pluies qui tombaient parfois sur le royaume d'Illea, les fruits et les légumes poussaient bien, et certaines choses que l'on ne trouvaient qu'à cette éopque précise se retrouvaient exhibées aux yeux de tous sur les étalages. Attirés par ces fruits dont on ne faisait un régal qu'une fois par an, les clients se précipitaient pour les acheter avant qu'il n'en reste plus, d'où la gande affluence dans les rues de la capitale à cette heure-ci de la journée. Ankou poussa un petit soupir en évitant de justesse quelqu'un qui marchait dans le sens inverse de la foule d'un petit pas sur le côté. Bien qu'il ne se trouvait en cet instant précis pas dans le centre-ville, mais dans unes des autres rues marchandes de la ville, il y avait un nombre impressionant de personnes autour de lui, qui bavardaient et riaient en un amas assez douloureux pour les oreilles de phrases et d'exclamations en tout genre. Quelqu'un habitué à se promener dans ses rues et le centre-ville aurait pu trouver que le bruit qui y régnait n'était pas si dérangeant, mais pour le jeune homme, accoutumé au silence des couloirs de son château et de sa salle de trône, c'était à la limite du supportable, ce qui expliquait la légère grimace qui étirait sur l'instant les traits fins de son visage pâle. Il ne détestait pas ce bruit, non, il était le signe que son peuple continuait de vivre et rire malgré la séparation des Royaumes, mais autant en si peu de temps, c'était...Oui, et bien, comme il l'avait déjà dit, insupportable. Il éspéra juste que, continuant tout de même sa marche, des bourdonnements n'hanteraient pas ses oreilles pour le reste de la journée.

Le jeune homme aux yeux rouges replaça d'un petit mouvement les lunettes posées sur son nez, leur évitant une dure chute sur le sol pavé de la rue dans laquelle il marchait. Certes, même si elles s'étaient brisées, cela n'aurait pas été très grave, pas pour sa vue tout du moins. Ankou voyait très bien sans lunettes. A quoi servaient-elles, alors? La réponse était simple. En tant que Prince, son visage était connu de la plupart des habitants de son pays, et plus particulièrement du côté du pays qu'il gouvernait, d'ailleurs. Alors se promener dans la rue à découvert aurait pu s'avérer très dangereux et embêtant pour lui. Embêtant car il n'avait pas très envie de se faire harceler par une trentaine-voir plus-au risque de se faire étouffer, et dangereux, car il savait pertinement que tout le monde ne le portait pas dans son coeur, loin de là. Qu'ils soient à l'Ouest ou à l'Est, il existait toujours des rebelles, des gens qui auraient nettement préféré le voir mort au sol, baignant dans son sang, que vivant, en train de tranquillement se promener dans une rue d'une quelconque ville. C'était pour cette raison que ne pas être reconnu lorsqu'il sortait du château était une nécéssité pour Ankou Della'Morte, et c'était donc pour cela que ces lunettes de forme rectangulaires se trouvaient posées sur son nez, mince passerelle de verre entre le monde et ses grands yeux. Bien évidemment, pour passer 'incognito', il n'avait pas seulement mit des lunettes, on l'aurait encore reconnu, dans ce cas là. Le jeune Dirigeant avait passé des vêtements de couleur sombres, normaux, semblables à ceux que portaient tout jeune villageois de son âge. Ses longs cheveux, quant à eux, avaient prit pour l'espace d'une journée la couleur du charbon, et avaient soigneusement été attachés en une queue de cheval haute, coiffure qu'il ne se faisait d'ordinaire que très rarement, voir jamais. Une teinture facile à enlever, et qui cachait très bien le blanc neige naturel, trop voyant de ses cheveux. Pour ses yeux, à part mettre des lunettes, il n'avait par contre rien pu faire de particulier, et ils étaient toujours de cette même couleur rouge sang. Mais Ankou avait décrété que ce n'était pas bien grave: La plupart des personnes dans les rues, se pressant pour faire leurs achats, ne regardaient jamais avec attention le visage de ceux qui partageaient leur champ de vision l'espace de quelques secondes seulement. Il y avait donc peu de risques pour que, habillé comme il l'était, on reconnaisse en lui le Prince de la région Est d'Illea. Les seules personnes qu'il n'aurait pu tromper, même habillé de la sorte, étaient les personnes qu'il connaissaient depuis longtemps, et qui le connaissait tout aussi bien. Les deux seuls exemples qui avaient traversés son Esprit à ce moment là étaient Annahita, sa soeur, et Axel, son Conseiller et ami d'enfance. Face à ces deux personnes, il n'aurait pu nier son idendité, pas même pour un quart de seconde. Mais cela n'avait guère d'importance aussi, finalement: Annahita n'était pas là, et Axel devait travailler-ou dormir, à cette heure-ci, il n'arrivait pas à s'arrêter sur une idée précise-au château, loin de toute l'agitation de la ville. Il était donc tranquille, à prioris, personne ne pourrait le reconnaître.

A prioris. Il n'était pas dit que lui même lâche une phrase ou quelque chose d'autre pouvant faire douter un hypothétique interlocuteur de son identité. Et puis, il n'avait jamais été vraiment doué pour mentir, la nervosité se lisait souvent dans sa voix lorsqu'il le faisait. Enfin, il allait essayer de profiter de cette promenade, de ce court moment de pause dans sa vie de Prince, du mieux qu'il le pourrait.

Tout se passait bien-si l'on exceptait les quelques personnes qu'il ou qui l'avait bousculé-, jusqu'à ce que le jeune homme n'arrive à la hauteur d'une fleuristerie à l'angle de la rue. Les fleurs de différentes couleurs laissaient s'échapper un agréable parfum dans l'air, et quelques pétales voletaient dans l'air, se déposant parfois sur le chapeau de paille d'une femme passant par là, les bras chargés de provisions en tout genre. Ankou n'était pas quelqu'un de maladroit, c'était même quelqu'un de particulièrement adroit, et de plus, l'affluence diminuait sensiblement à ce tournant, et cela ne l'empêcha pourtant pas de comettre son erreur du jour. Son attention détournée par un enfant qui avait crié plus loin dans la foule, le jeune homme aux yeux rouges n'avait pas la jeune fille qui transportait des fleurs dans ses bras, juste devant lui, à l'entrée de la boutique. Il la percuta de plein fouet, ne se rendant compte de la présence de cette dernière qu'à ce moment là, et quand les fleurs auparavant dans les bras de la demoiselle s'éparpillèrent à terre dans le désordre le plus complet. Ayant réussi à garder son équilibre malgré le choc, Ankou tourna immédiatement son regard vers la personne qu'il avait bousculée, elle apparament tombée à terre, tout comme ses fleurs. Il se baissa automatiquement pour être à sa hauteur, ramassant machinalement quelques plantes à terre, et dit, d'une voix désolée:

"Je suis réellement désolé, je ne regardais pas devant moi...Allez-vous bien?"

Ankou éspérait que oui, car il s'en serait voulut de lui avoir fait mal autant qu'il avait fait mal à ses fleurs...

[Her her...sans commentaires.XDDDD]

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Dernière édition par Ankou Della'Morte le Sam 18 Déc - 1:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Ven 2 Oct - 0:02

C'était une belle journée ou, tout du moins, il faisait beau, ce qui certes ne la rendait pas agréable en soit, mais aidait grandement à remonter le moral des gens. C'était en tout cas ce que pensait la jeune Karin Blaze durant la matinée. Les doux rayons du soleil étaient plutôt une bonne chose, et ce même quand on devait aller travailler. D'ailleurs, à ce moment là, il faisait bien moins chaud qu'il ne devait le faire à présent, en y faisant bien attention. La température avait monté petit à petit, jusqu'à devenir un peu trop élevée, justement, à son goût. Dans des moments comme ça, on avait envie de se relaxer, de lire à l'ombre d'un arbre, de faire quelque chose, n'importe quoi, mais rien de fatigant de toute façon. Or, dans l'immédiat, elle se devait d'accomplir son travail qui, sans être pour autant erintant, restait loin de l'idée d'une paisible promenade un peu à l'écart de la ville ou quoi que ce soit du même genre. Cette impression n'avait en plus de cela pas l'indulgence de disparaitre, mais plutôt de s'accentuer. Plus le temps passait, plus la lassitude prenait sa place, encore renforcée par les gestes plus ou moins répétitifs qu'elle devait accomplir. Un grand point positif, néanmoins, les gens sortaient. Rester enfermé par un jour pareil eut été une affreuse bêtise, pas vrai? Alors ils venaient en ville, et donc, passaient immanquablement devant les nombreux étalages présents. Il y avait de tout, pour ainsi dire, surtout à cette période de l'année; on n'avait que l'embarras du choix, du moment qu'on avait l'argent suffisant. La grande majorité des commerces se trouvaient dans le centre ville, un peu plus loin. Pas la fleuristerie où elle travaillait, cependant, et elle comprenait bien pourquoi. Certes, l'abondance de passants à cet endroit pouvait être bénéfique, mais ils avaient tendance à passer leur chemin, ou tout simplement à ne pas vous remarquer. Parmi tous les autres, on prenait le risque de passer inaperçu, alors qu'en s'écartant quelque peu de la masse, on échappait à tout cela et les clients ne nous faisaient pas défaut pour autant. C'était du moins ce qu'elle avait déduit, n'étant pas la maîtresse des lieux, elle ne pouvait affirmer avec certitude qu'l s'agissait bien là de la raison pour laquelle la boutique se trouvait ici et pas ailleurs. Elle le pensait mais n'y aurait pas mis sa main au feu pour autant...

Les gens passaient dans la rue, les visages se succédant les uns aux autres sans qu'elle ne les remarque vraiment. Dès lors que quelqu'un entrait, elle quittait sa pseudo rêverie et allait le voir, se renseignait sur ce qu'il voulait, et le tout en souriant malgré cette chaleur abominable. Bref, en quelques mots, faisait ce qu'elle devait faire, ce pourquoi elle était payée. Autre inconvénient à ce temps dit "magnifique", elle devait faire attention à ce que les fleurs ne fanent pas, c'eût été assez catastrophique si elles avaient séché avec ça. Elle ne prétendait pas être tyrannisée, bien au contraire, justement. Elle savait à merveille que des tas de gens travaillaient bien plus dur qu'elle pour seulement une misère, bien loin de ce qu'ils devraient gagner pour tel ou tel travail. Elle en était consciente et ne se plaignait pas, elle aimait faire ce qu'elle faisait, ce n'était pas le problème. Le problème en question était plutôt le flagrant manque de vent, ou cette volonté qu'avait l'astre du jour à briller plus fort que jamais, comme si chaque minutes était la dernière durant laquelle il pourrait resplendir, alors même que, s'il y avait bien un cycle interminable, c'était celui de la lune et du soleil. Quoi qu'il advienne, il se lèverait toujours le matin pour se coucher le soir, indifférent au sort de ces personnes qui espéraient tant du lendemain. Mettant sa main en visière, Karin jeta un nouveau coup d'œil au ciel, toujours aussi bleu et dépourvu de nuages. Il semblait bien calme, face à l'agitation qui régnait en maître dans la rue.

La jeune fille posa son regard bleu sur les passants, tout en retirant d'un bouquet une rose de toute évidence un peu trop vieille et commençant à se faner quelque peu, cherchant dans la foule des visages connus. Jusqu'ici, rien du tout, mais elle n'en était qu'au début de l'après-midi. Cette pensée lui arracha un soupir léger, sans qu'elle perde pour autant le sourire qui étirait ses lèvres depuis une poignée de secondes. La température augmenterait jusqu'aux environs de quinze heures, sans doute, après quoi elle commencerait à chuter lentement pour redevenir ce qu'on pourrait qualifier de douce, un peu comme au tout début de la matinée. C'était ce moment là qu'elle préférait, dans la journée. Il ne faisait ni trop chaud, ni trop froid. Et elle rentrerait à la maison, pour se reposer, sans doute en faisant un léger détour par elle ne savait trop où, histoire de se changer les idées. L'habitation, depuis que sa mère, son frère et sa soeur travaillaient au château royal en tant que serviteurs, était devenue quelque peu... Vide, peut-être? Enfin, ils venaient malhré tout lui rendre visite assez souvent, aussi ne se sentait-elle pas réellement seule. Karin repassa une mèche blonde qui s'était échappée de sa queue de cheval derrière son oreille. A peine quelque secondes plus tard, elle avisa un des étalages de la boutique d'où toutes les fleurs avaient été enlevées, plus probablement toutes achetées. C'était un bon signe, en soit.

La jeune fille sortit du magasin, et se baissa légèrement pour attraper les fleurs identiques à celles précédemment posées sur le dit étalage, dont il restait un grand nombre dehors. Alors qu'elle continuait d'avacer, elle crut reconnaitre quelqu'un parmis les gens qui passaient, ce qui eut pour résultat qu'elle tourna la tête vers la droite, autrement dit côté rue. Il ne fallu pas plus que cette légère innatention pour qu'elle ne percute violemment quelqu'un, ou plutôt que quelqu'un la percute, pour être exact, et qu'elle chute durement sur le sol, au contact duquel elle ne put retenir une exclamation surprise. Ce qu'elle portait était tombé, c'était inévitable mais elle eut tout de même un regard désolé. Si elle commençait à casser ce qu'il y avait ici, elle n'était pas sortie de l'auberge... L'inconnu prit la parole, s'enquérant de son état et s'excusant de sa maladressen tout en ramassant au mieux les fleurs tombées au sol. Elles étaient fichues, de oute façon, à priori, mais l'intention restait louable en soit. Si Karin ne s'était certes rien cassé en tombant, on ne pouvait pas dire que l'expérience ai eut quoi que ce fut d'agréable. Personne n'aimait faire de rencontres expresses avec la rue pavée, généralement, et c'était son cas aussi. Son bras gauche la lançait légèrement, étant donné que c'était sur celui ci qu'elle s'était appyuée pour amoindrir le tout, réflexe tout à fait normal ceci dit. Elle releva les yeux vers le jeune homme, dont elle ne pouvait néanmoins pas estimer la taille, puisqu'il n'était actuellement pas debout.

Des cheveux noirs, très sombres et attachés en une queue de cheval haute, des vêtements un peu passe partout, comme on en voyait si souvent, et des lunettes. Il devait avoir aux environs de son âge, probablement, elle ne savait pas trop et n'avait jamais été très douée pour mettre des âges sur les gens. Il n'avait pas l'air méchant, c'était déjà ça...

Se redressant quelque peu, elle ramassa à son tour les fleurs, qui n'avaient pas eu la même chance qu'elle.

"Je n'ai rien de cassé, disons que je pourrais aller mieux... répondit-elle avec un sourire légèrement crispé sur les bords et n soupire. "Laissez, ce n'est rien, je vais ramasser... "

Elle ne lui en voulait pas, bien sûr. Ce n'était pas comme s'il l'avait fait exprès, à vrai dire, elle n'y avait même pas songé. C'était de la malchance, simplement. Ce jeune homme n'y était pour rien, elle ne se facherait pas pour cela, tant qu'elle n'avait pas d'ennuis.
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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Lun 2 Nov - 21:00

Ankou se maudissait intérieurement. Il était vraiment stupide. Il suffisait qu'un enfant crie dans la foule pour qu'il ne soit plus du tout sur ses gardes et laisse son regard dériver n'importe où sauf là où il aurait du se trouver, c'est à dire devant lui. Et le résultat, plutôt désastreux, était juste devant lui, à présent: Une jeune fille et ses fleurs à terre, par sa faute. Le jeune homme aux yeux rouges était réellement embarassé par l'incident qu'il venait de causer, et ce qu'il aurait voulu sur la minute était de disparaître sous terre, hors de la vue des autres, et oublier ce qui venait de se produire. Malheureusement, une telle chose était impossible, et le jeune Prince sortit rapidement de sa rêverie, continuant de ramasser d'un geste rapide et nerveux les fleurs qui étaient tombées sur le sol pavé en un bel, mais gâché, ensemble de couleurs et de formes. Il le savait bien, ce geste était inutile, la plupart des fleurs avaient subies d'irréparables dommages, et les remettre en vente était quelque chose qui ne serait plus possible, maintenant. Et par sa faute. Ankou laissa s'échapper un petit soupir frustré, relevant légèrement sa tête vers la jeune fille qu'il avait percuté, prenant cette fois le temps de la regarder plus attentivement. Des cheveux blonds, ondulés, noués en queue de cheval, des yeux bleus. Du moins, de ce qu'il pouvait en voir. Il ne fallut même pas quelques secondes à Ankou pour conclure qu'il ne la connaissait pas, et ne l'avait même jamais vue jusqu'à aujourd'hui. Ce n'était pas quelque chose d'étonnant, le jeune homme ne se promenait que très rarement dans les grands rues de la capitale, et il était loin de connaître l'identité de toutes les personnes qui y habitaient. Autant au château, il était capable de nommer à peu près toutes les personnes qu'il croisait, autant à la capitale, c'était des nouveaux visages à chaque coin de rue. Mais c'était normal, non? On connaissait les personnes en fonction de son lieu d'habitation, et lui, si techniquement il habitait à la capitale, passait le trois quart de son temps au château. C'était sa place, il n'allait pas aller ailleurs...

"Je n'ai rien de cassé, disons que je pourrais aller mieux...Laissez, ce n'est rien, je vais ramasser... "

La jeune fille avait élevée la voix, forçant Ankou à rediriger le regard qu'il avait de nouveau baissé vers les fleurs sur elle. Elle arborait un sourire, mais le garçon aux cheveux noirs le devinait légèrement crispé. S'était-elle fait mal, était-elle énervée? Il n'aurait pu le dire, n'arrivant pas à dégager un sentiment précis de l'expression de la demoiselle. En tout les cas, elle avait du se faire mal en tombant, le choc n'avait pas été très doux, il l'avait lui-même sentit, bien qu'il ai réussi à garder son équilibre. Ankou se mordit légèrement la lèvre inférieure à cette pensée, ne pouvant là encore pas s'empêcher de culpabiliser. S'il avait fait attention, s'il n'avait pas été négligeant, il n'aurait jamais renversé cette jeune fille et ses fleurs. Loin d'adopter l'idée du 'Ce qui est fait est fait', le garçon aux yeux rouges continuait de pester sur son attitude qu'il jugeait définitivement négligée. Il se promit de ne jamais refaire cette erreur et toujours regarder devant lui lorsqu'il marcherait dans les rues d'Esidir ou les couloirs du château. Cela lui éviterait de désagtréables surprises et rencontres douloureuses avec le sol. Certes, il n'avait encore jamais bousculé quelqu'un au château, mais depuis qu'il avait percuté la jeune fille blonde, il était persuadé que cela allait très bientôt arriver. Pranoïaque? Non, mais une certaine tendance au pessimisme, parfois.

"Je suis réellement désolé, répéta Ankou en continuant de ramasser les fleurs qui s'étaient éparpillées sur le sol de pierre, J'aurais du regarder devant moi, c'est impardonnable, j'espère ne pas vous avoir fait trop mal..."

Le Prince de la région Est d'Illea ramassa encore quelques fleurs, qu'il serra doucement dans sa main gauche, avant de se relever, cet air confus toujours plaqué sur son visage pâle. Renverser quelqu'un ainsi était déjà bien assez gênant en soit, alors lorsqu'en plus cette dite personne transportait quelque chose dans ses bras, ça l'était dix fois plus. Ankou ne savait pas ce que la demoiselle voulait à la base faire des fleurs qu'il avait par mégarde renversées, mais ce qui était sûr, c'était que ce ne serait maintenant plus possible. Elle devait travailler dans la boutique de fleurs devant laquelle ils étaient, ça ne faisait aucun doute. Reposant son regard sur la jeune fille, il en déduit qu'elle devait avoir environ son âge, 17, 18 ans...Il ne lui en donnait pas plus. Jeune, donc, il devina qu'elle ne devait par conséquent pas être la patronne des lieux. Encore plus embêtant. Que dirait le propriétaire des ces fleurs gâchées et tordues? Il faisait vraiment tout de travers, aujourd'hui, c'était le cas de le dire...

"J'espère que vous n'aurez pas d'ennuis avec votre patron à cause de ceci, fit-il avec un petit regard pour les fleurs qu'il avait ramassé. Il marqua un temps d'arrêt, un petit soupir, puis tendit la main à la blonde à terre avec un sourire, pour l'aider à se relever. Je me nomme An...Antoine Danevas. Ce n'est pas vraiment la situation idéale pour faire connaissance, vous m'en voyez encore désolé."

Ankou faillit bien se mettre une gifle immédiatement après avoir parlé. Il avait bien faillit se trahir en direct et d'une manière plutôt stupide, qui plus est. Antoine Danevas...C'était le premier nom qui lui était passé par l'esprit lorsqu'il avait du corriger sa presque faute. Il n'avait pas eu le temps de réfléchir, un temps d'arrêt aurait paru idiot et aurait pu semer le doute dans l'esprit de son intrelocutrice. Sur son identité ou sa santé mentale, il n'en était pas sûr. Les deux, peut-être? Dans tous les cas, aucune des deux propositions n'était mieux que l'autre, c'était sûr. Il n'avait que très moyennement envie que la jeune fille dont-il ignorait le nom le prenne pour un diminué ou ne connaisse son vrai visage. Le jeune Prince faillit rire en pensant qu'il se faisait penser à un criminel en fuite. C'était une drôle de comparaison, pour lui tout du moins, mais l'heure n'était pas au rire. Il ne manquerait plus que la blonde pense qu'il se fichait d'elle, ça aurait été la cerise sur le gâteau!

Ankou se retint donc de rire, la main toujours tendue, toujours avec ce sourire désolé sur les lèvres.Quelle journée, tout de même...Ce simple incident la rendait différente de toutes les autres, cependant, et cassait la monotonie de sa vie, ce qui n'était pas pour déplaire au jeune homme, même si la monotonie en question s'était brisée d'une manière plutôt violente et involontaire...

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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Mer 11 Nov - 18:14

Une simple maladresse, sans doute. Bien qu'elle n'eut sur le moment aucune preuve pour étayer un tant soit peu son hypothèse, elle en était quasiment sûre. Il aurait été complètement stupide de la voir, alors même qu'elle portait des fleurs au magasin où elle travaillait, et de sciemment lui foncer dessus, pour qu'au final, elle se retrouve par terre, sa charge éparpillée sur le sol, définitivement perdue pour elle. Si encore elle n'avait rien porté avec elle, tomber ne l'aurait pas dérangée en soit, probablement, dans la mesure où elle ne s'était rien cassé, ni foulé la cheville ou quoi que ce soit du même genre. Elle n'aurait pas apprécié, certes, mais elle ne se serait pas fâchée pour autant, pestant quelque peu à coup sûr, mais pas longtemps. En revanche, on ne pouvait pas dire qu'elles aient été arrangées par cette rencontre expresse avec le sol, c'était un fait... Les dites fleurs n'avaient pas eut autant de chance qu'elles, et seraient maintenant invendables, il lui avait suffit d'un simple coup d'œil pour s'en rendre compte, et par conséquent, pour que cela la gêne déjà beaucoup plus. Bien entendu, ce n'était pas comme s'il s'était agit d'un splendide bouquet horriblement cher, mais tout de même, ce n'était pas une raison. Ce n'était pas vraiment contre le jeune homme qui l'avait bousculée qu'elle était en colère, à vrai dire, cette dernière n'était dirigée vers rien ni personne en particulier, puisque justement, il n'y avait pas de véritable responsable à cela. Et les colères qui n'ont pas de cible précise s'éteignaient toujours vite, en ce qui concernait Karin au moins. Quand elle en voulait à une personne, qui que ce soit, cela pouvait durer un moment mais, dans le cas contraire, elle tentait tant bien que mal de se faire une raison. Il y avait toujours une raison à tout, de toute façon, et la connaitre rendait parfois la pilule plus facile à avaler. Elle aurait pu, par exemple, lui demander ce pourquoi il ne l'avait pas vue venir, et ne l'avait pas tout bêtement évitée, mais c'eût été assez impoli, pour ainsi dire, et il lui semblait fort probable que, tout comme elle, d'ailleurs, il n'ai juste pas prêté assez attention à l'endroit où il marchait. Les torts étaient partagés, elle était aussi responsable que lui mais, même en sachant cela, la demoiselle ne pouvait rendre son sourire moins crispé, ou même ne serait-ce que chasser cette légère touche d'agacement de sa voix.

Enfin, de toute manière, ce n'était pas maudire mille fois tous les passants pour l'avoir distraite juste au mauvais moment qui allait faire avancer les choses, et encore moins ramener ses fleurs à leur état d'origine qui restait, de son avis, bien plus joli et agréable à regarder que celui dans lequel elles se trouvaient à présent. Tout au plus, cela aurait le mérite -peut-être inutile, mais une forme de mérite tout de même- de la soulager quelque peu. La blonde jeune fille laissa fuser un nouveau soupire, visiblement atterrée de la perte de ce qu'elle portait quelques temps à peine auparavant. Avec un peu de chance, personne ne remarquerait sa maladresse, et elle pourrait faire comme si de rien n'était et ne pas avoir à réparer sa faute. Par ce terme, elle entendait bien sûr rembourser ce qu'elle avait cassé, perspective qui était très loin de l'enchanter, il fallait bien l'avouer. Son argent, autant dire tout de suite qu'elle préférait le garder et, plus précisément, le dépenser dans d'autres choses que celles-ci, dans la mesure du possible. Rejeter la faute plein et entière sur cet homme aux longs cheveux noirs n'eut pas été particulièrement juste non plus et, comme elle l'avait d'ores et déjà constaté une poignée de secondes avant cela, il avait plutôt l'air d'être vraiment désolé. Karin chercha des yeux une quelconque trace de moquerie ou d'ironie sur le visage de l'inconnu, mais n'en décela aucune. Si cela avait été le cas, les choses auraient été différentes, pour sûr, et elle n'aurait absolument plus eut le moindre scrupules à aller dire au propriétaire des lieux que ce n'était pas de sa faute, et que si le porte monnaie de quelqu'un devait s'alléger, ce n'était pas le sien, mais celui du charmant jeune homme un peu plus loin. Mais comme ce n'était pas le cas, elle ne le ferait pas, point final, et avait écarté cette solution de la liste des possibilités.

"Je suis réellement désolé, continua le jeune homme en ramassant quelques unes des fleurs étalées sur le sol de pierre. J'aurais du regarder devant moi, c'est impardonnable, j'espère ne pas vous avoir fait trop mal..."

Karin agita vaguement la tête de droite à gauche, et eut un nouveau sourire, cette fois ci un peu plus naturel. Certes, il ne respirait pas la joie et la bonne humeur comme il le faisait si souvent, mais il le faisait malgré tout plus que son précédent. C'était la deuxième fois qu'il s'excusait en moins de deux minutes, on ne pouvait pas dire qu'il était avare à ce niveau là... De son côté, elle l'était un peu plus, et ne s'en cachait pas. Lorsqu'elle pensait qu'il était nécessaire qu'elle demande pardon à quelqu'un, alors elle le faisait, mais uniquement si elle jugeait être en tort. S'excuser pour quelque chose qu'on ne comprenait pas, ou encore sans même bien savoir pourquoi, était une absurdité profonde, de son point de vue. Après tout, ces mêmes "pardons" ne voulaient-ils pas dire qu'on regrettait ce que nous avions dit ou fait? Comment pourrait-on regretter quelque chose dont nous n'avons pas même seulement conscience? La réponse lui apparaissait comme étant très claire et évidente: c'était impossible. En somme, cela revenait à mentir, et cela, elle ne cautionnait pas le moins du monde, à part dans certaines conditions, lorsque le dit mensonge ne fera pas de mal à qui que ce soit, que l'on pouvait en être sûr et certain.

Karin savait qu'elle aussi, aurait dû faire un peu plus attention, et si ç'avait été lui qui avait tenu n'importe quoi dans ses bras et était tombé, alors elle aurait celle à lui présenter des excuses en ce moment même, elle y aurait mis sa main au feu. Ce n'était donc pas qu'il n'avait rien à se reprocher, mais plus simplement qu'ils avaient tous deux commis une petite erreur, qui aurait de plus importantes conséquences pour elle que pour lui, à moins que la chance ne soit de son côté et que les récents évènements passent inaperçus, ce dont elle avait un léger doute, mais gardait un petit espoir tout de même. Savait-on jamais, après tout, on n'était jamais à l'abri d'une bonne surprise. Mais il était vrai qu'à s'attendre en avoir à toutes les minutes de notre vie, on n'en avait plus vraiment non plus... Karin jugeait tout de même qu'il auraoit été dommage d'être toujours pessimiste, alors qu'il restait une possibilité pour que tout se passe bien, sans problème notoire et anicroche en tout genre. Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir, un dicton auquel elle croyait dur comme fer. Et puis, ce n'était pas "impardonnable" à proprement parler... Cela n'avait pas été agréable du tout, affirmer le contraire aurait été dela mauvaise foi, mais très honnêtement, il n'y avait pas plus de mal que ça pour elle. Pour ses fleurs, c'était une autre paure de manche, en effet, mais "ce qui est fait est fait", et toutes les excuses au monde ne le changeront pas. Personne n'aurait pu prévoir qu'ils tomberaient, ni lui ni elle. L'explication, on ne peut plus simple, devait être qu'ils avaient été distraits au même instant, et que cette petite faite d'attention avait suffit à ce qu'ils se percutent. Elle jura intérieurement, songeant qu'elle aurait du réussir à garder son équilibre, comme l'avait fait le brun. Pour seule excuse, elle se dt qu'elle avait les mains prises et n'avait donc pas pu se stabiliser grâce à elles, mais il ne s'agissait là que d'une bien maigre consolation. La prochaine fois, si prochaine fois il y avait, elle ne se laisserait plus surprendre ainsi. De là à dire qu'elle ne tomberait plus jamais, il y avait un monde, mais au moins plus dans de telles circonstances, elle en était persuadée. On fait une erreur une fois, et après on ne la recommence plus, c'était le principe même de toutes ces petites bavures; ne pas le commettre une seconde fois.

"J'espère que vous n'aurez pas d'ennuis avec votre patron à cause de ceci, dit-il en lui tendant la main, dans l'optique de l'aider à se lever. Je me nomme An...Antoine Danevas. Ce n'est pas vraiment la situation idéale pour faire connaissance, vous m'en voyez encore désolé."

En parlant de ses hypothétiques problème avec son patron, il avait mis le doigt exactement là où il fallait. Si cela n'avait tenu qu'à elle, elle aurait laissé cela passer sans mot dire, mais elle ne pouvait être sûre de ce que ferait la jeune femme qui dirigeait la boutique. Gentille, d'accord, mais tout de même, ses fleurs restaient ses fleurs, et les détruire n'était pas conseillé... Elle haussa légèrement ses fines épaules, avant d'attraper la main tendue du jeune homme, et de se relever -sans s'aider de son autre main, bien entendu, puisqu'elle y tenait quelques fleurs qu'elle avait ramassées. En se présentant, il avait eu une petite hésitation, peut-être, au moment de dire son nom, mais la blonde ne s'arrêta pas dessus. Certaines personnes bégayaient, de temps à autre, surtout lorsqu'elles étaient dans des situations un rien gênantes, comme ce devait être le cas pour lui maintenant, et qu'elles étaient quelque peu timides. Cela ne lui arrivait jamais, étant donné qu'elle ne remplissait pas cette dernière condition le moins du monde. Elle allait voir les gens bien plus souvent qu'ils n'allaient la voir, souriait, riait parfois même un peu fort, plaisantait, et n'en avait pas honte. Etre le centre d'attention d'une fête, ou de n'importe quel évènement du même genre, cela ne la dérangeait pas du tout. Quel mal y avait-il à cela? L'avis des autres n'étaient pas ce qui importait le plus pour elle ou, plus précisément, l'avis de ceux qui n'étaient ni ses amis ni sa famille. Or, s'ils ne l'aimaient pas comme elle était, ils n'avaient aucune chance de figurer dans cette première catégorie. Quant à la deuxième, il lui restait son frère, sa soeur et sa mère, et c'était tout. Ce n'était pas pour autant qu'elle même allait aller se moquer des gens qui éprouvaient plus de difficultés à s'extérioriser, et faire ce qu'elle faisait tous les jours. On n'était comme on était, chacun avait ses propres particularités, et c'était tant mieux. Si on était tous identiques, le monde deviendrait horriblement ennuyeux et n'aurait plus une once de n'importe quelle forme d'intérêt, à ses yeux au moins. Une fois qu'elle se fut relevée, elle lâcha la main du jeune homme et épousseta un peu sa jupe, où figuraient encore néanmoins un peu de poussière, sûrement dues à sa chute, mais dont elle ne se souciait que peu. Elle se changerait plus tard, et laverait ce vêtement, elle n'allait pas piquer une crise de nerfs pour ça, non plus, ce n'était pas son genre.

Antoine Danevas, donc. Comme elle l'avait pensé en premier lieux, elle ne l'avait jamais croisé auparavant, ou si c'était le cas, ni son nom ni son visage ne l'avait marquée, ce qui serait tout de même quelque peu regrettable. Le fait que ce simple patronyme ne fasse absolument pas écho dans son esprit l'encouregeait plutôt dans l'idée que c'était la première fois qu'ils se voyaient, ce qui n'aurait rien de surprenant, au vu de la taille de la capitale de l'Est du pays d'Illea. Esidir était grande, belle et majestueuse, et elle n'avait jamais prétendu en connaitre tous les habitants, encore moins tous les visiteurs, les gens de passage et autre. Cependant, dorénavant, elle connaitrait ce nom, et essayerait de s'en souvenir. Cela ne faisait jamais plaisir de se rendre compte que quelqu'un nous avait complètement oublié, jamais. Et si la politesse n'était pas son premier souci, elle n'était pas non plus une malotrue. Faire du mal aux autres, qui plus était, n'était pas un hobby chez elle comme ça l'était pour certains autres. Ces personnes là, d'ailleurs, elle ne les supportait tout simplement pas, ce n'était pas pour devenir comme elles maintenant, si?

Elle esquissa donc un autre sourire, décidant qu'elle ne laisserait pas cet incident lui gâcher la journée. Rarement de mauvaise humeur, il fallait vraiment le vouloir pour déclancher cette humeur chez elle. Karin était quelqu'un d'optimiste, et tant pis si elle n'avait pas toujours raison. Cet Antoine n'avait pas l'air d'un délinquant, près à la dévaliser, et frapper les autres à chaque seconde de sa vie, ses actions ets es paroles le démentissait. Son après-midi ne serait pas ruiné, elle l'avait décidé, et c'était tout. Et quand Karin Blaze avait décidé quelque chose, elle le faisait et ne démordait pas de son idée.

"Ce n'est pas la peine d'être désolé, je vais bien, je vais bien... On ne peut pas en dire autant d'elles mais...dit elle en désignant les quelques fleurs restées au sol avec un petit regard désolé à leur égard. Si j'ai de la chance, personne ne se rendra compte de rien, il faut juste espérer. "

Elle marqua une courte pause, l'impression dérangeant d'avoir oublié quelque chose l'assaillant. Elle regarder le visage du jeune homme, et remarqua que ces yeux avaient une bien étrange couleur, derrière ses lunettes. Ils devaient être marron, assurément, mais avec cette lumière, ils paraissaient d'un joli rouge, comme une de ces roses sur l'étalage. Les siens, qu'importait l'éclairage, étaient toujours de ce même bleu, ni vraiment pâle, ni vraiment foncé. Une couleur relativement commune, mais qu'elle ne détestait pas non plus.

"Je m'appelle Karin, reprit-elle, se rendant compte qu'elle avait tout simplement omis de dire son nom. Karin Blaze, je crois que c'est la première fois que nous nous voyons, alors... Et puis, la situation pourrait être pire, franchement... "

Ces paroles étaient vraies, dans la mesure où ni l'un ni l'autre ne s'était retrouvé avec un bras cassé. Des fleurs brisées et des habits un peu poussiéreux, ce n'était pas la mort, même si elle regrettait le sort de ces pauvres fleurs...
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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Jeu 24 Déc - 5:29

Ankou n'était pas à l'aise. En plus de la situation présente qui était, il fallait l'avouer, assez gênante en elle-même, la peur de commettre une faute et révéler sa véritable identité dans un moment d'innatention se faisait plus forte de minute en minute. Le jeune homme aux grands yeux rouges craignait de se trahir, que ce soit par une phrase, juste quelques mots, ou même dans ses attitudes, ou son langage. A cette pensée, il du se faire violence pour ne pas porter sa main à bouche, comme un enfant qui aurait fait une faute et aurait été accusé. Il se demanda si son langage faisait assez naturel pour appartenir à quelqu'un de normal, ce qu'il entendait par là se référant bien entendu à un simple villageois qui n'aurait pas reçut une éducation très poussée, ou pas autant que celle des Nobles. Pas comme celle qu'il avait reçue, en clair. Cela l'embêtait réellement, car il ne savait pas s'il étaient des choses qu'il aurait du ignorer en tant que simple villageois, ou des mots qu'il aurait du tourner autrement pour faire plus naturel. La dernière chose qu'il aurait voulu était que la jeune femme ne trouve son langage étrange, et pire, qu'elle lui fasse remarquer, car il aurait à ce moment-là paniquer et le risque qu'il fasse plus d'erreurs aurait été multiplié par dix. Ankou ne pu s'empêcher de rire intérieurement du ridicule de ses pensées. Lui qui devait toujours bien parler devait alors corriger son langage et être moins poli. Corriger son attitude, pour paraître moins...Noble? Tout le contraire de ce qu'on lui avait toujours appris, en somme. Il n'aurait jamais pensé devoir se dire cela un jour, et avec du recul, la scène qu'il était en train de vivre tenait plus du comique que de la tragédie. Certes, il avait dégradé le bouquet de la jeune fille blonde, et elle risquait de se faire disputer par son patron à cause de cela, mais aux yeux d'Ankou, c'était bien là la seule erreur qui avait été commise. Elle n'avait pas l'air de s'être fait mal en tombant, et si seulement des vêtements poussièreux étaient à déplorer en plus des fleurs, ce n'était pas si grave, au final. Enfin, du point de vue d'Ankou. Peut-être que la jeune fille avait une version des choses différentes, mais il éspérait que non. Elle n'avait pas eu l'air d'être en colère contre lui, mais...Savait-on jamais, le jeune garçon aux cheveux teints avait pour habitude de ne pas se fier aux apparences, certaines personnes étaient plus qu'imprévisibles.

La jeune fille atrappa sa main tendue au bout de quelques secondes, et se releva. Ankou continuait de sourire à la jeune fille, qui maintenant sur ses deux jambes, faisait sa taille. Il ne l'avait pas vraiment remarqué lorsqu'elle était à terre, mais elle était en réalité assez grande. Autant que lui, au moins, ce qui était pour une fille une taille non négligeable. Ankou ne trouva pas utile de s'attarder cependant plus sur la taille de la jeune fille, il n'avait guère envie de complexer pour ça sur le moment. La jeune fille lâcha sa main, et il pu voir, avec un certain soulagement, qu'elle avait elle aussi un sourire sur ses fines lèvres. Il préféra cela plutôt qu'une moue désapprobatrice, car cela aurait alors signifié qu'elle lui en voulait d'une quelconque façon, et pour être franc, il n'aurait guère aimé. Et puis, cette jeune fille était bien plus belle avec un sourire.
Ankou secoua légèrement la tête, étonné de sa propre pensée. Mais à quoi songeait-il en un moment pareil?


"Ce n'est pas la peine d'être désolé, je vais bien, je vais bien... On ne peut pas en dire autant d'elles mais...Si j'ai de la chance, personne ne se rendra compte de rien, il faut juste espérer. "

A ces paroles, la blonde avait jeté un dernier regard désolé aux fleurs restées à terre, avec un petit geste à leur égard. Ankou regarda celles qu'il avait ramassées, toujours serrées dans sa main gauche, et se sentit de nouveau coupable. Personne ne s'en rendrait compte, avec de la chance, hein? Il éspérait que oui aussi. Il n'avait pas envie qu'elle se fasse réprimander par son patron à cause d'une bêtise dont-il était en parti l'auteur, il faisait parti de cette catégorie de personnes qui avaient tendance à se dénoncer à la place des autres et détester le fait que quelqu'un prenne pour eux, même s'ils n'étaient que partiellement coupables. Le jeune homme se mordit légèrement la lèvre inférieure, avec de nouveau ce sentiment d'avoir fait quelque chose d'horriblement répréhensible. Et même si la jeune fille ne cessait de lui répéter qu'il n'avait pas à être désolé, il ne pouvait s'empêcher de continuer de l'être. Au mieux, il arrêterait ses excuses orales, mais il se sentirait toujours aussi mal. Poussant un inaudible soupir, il se dit que les fleurs ne risquaient au moins plus rien, dans l'état où elles étaient...

"Je m'appelle Karin. Karin Blaze, je crois que c'est la première fois que nous nous voyons, alors... Et puis, la situation pourrait être pire, franchement... "

Ankou récupéra immédiatemant un sourire qui paraissait plus grand et sincère quand la jeune blonde se remit à parler. Karin Blaze? Il n'avait jamais entendu ce nom, et il était sûr que c'était également la première fois qu'ils se rencontraient. Il n'aurait pas oublié son visage s'il l'avait déjà ne serait-ce même que croisée, de son avis. Le Prince de la région Orientale avait une bonne mémoire, qu'elle soit visuelle ou auditive, et il retenait assez bien les visages et les prénoms. Alors s'il l'avait déjà vu ou s'il avait déjà entendu son nom, il s'en serait souvenu au moment-même où elle s'était présentée. Le fait que ni sa figure ni son nom ne lui disent quoi que ce soit le renforçait dans l'idée que c'était là leur première rencontre. Et sans doute la dernière, ne pu s'empêcher de songer le Prince avec une certaine amertume. Il n'était sorti en ville que pour prendre l'air et jeter un oeil à la vie quotidienne (En gros, il espionne x'D), il n'avait pas prévu à la base de rentrer dans quelqu'un et entammer une conversation avec cette dite personne. Sans compter qu'il s'était présenté à elle sous un faux nom, une fausse identité, et doutait de ce fait que la revoir ne serait-ce qu'une seconde fois serait possible. La meilleure solution aurait été de rapidement prendre congé de Karin, et ne plus revenir la voir par la suite. Elle aurait de cette façon finit par l'oublier, et lui à l'oublier également. De toutes manières, ce n'était pas comme s'il était déçu de ne pas la revoir par la suite, non? C'était une simple villageoise, avec qui il n'avait pas même de liens d'amitié, alors...

"Enchanté, Karin, fit Ankou, tentant de cacher sa nervosité derrière son sourire, Je crois en effet que c'est la première fois que nous nous rencontrons, et je suis vraiment navré que ce soit dans une telle situation..."

Ankou marqua une pause, assaillit par le doute. Avait-il parlé correctement? Il espérait que oui, sinon...

"Mais comme vous l'avez dit, ça aurait pu être pire, et je suis heureux que vous ne vous soyez rien cassé. Enfin...C'est tout de même dommage pour ces fleurs, elles étaient très belles."

Il poussa un soupir, ses yeux rouges posés de nouveau sur les fleurs tordues qu'il tenait dans sa main. Il les serra sensiblement, redirigeant soudainement son regard vers la jeune fleuriste blonde qui se tenait debout devant lui. Il n'avait aucune envie de s'en aller et laisser là les dégâts, ou même de s'en aller tout court, en fait Il pencha légèrement sa tête sur le côté, adressant de nouveau la parole à Karin, d'une voix interrogative:

"Il y a quelque chose que je peux faire pour vous aider, peut-être?"

S'il y avait quelque chose qu'il pouvait faire, alors il le ferait sans hésitations, pour se faire pardonner. Il était à moitié responsable de la chute de ses fleurs, alors il voulait au moins l'aider s'il avait quelque chose à faire. C'était naturel pour lui, de réparer ses fautes, on ne s'améliorait jamais, sinon. Et avoir en face de soit quelqu'un d'agréable prêt à vous aider était toujours mieux qu'avoir quelqu'un qui tirait sa révérence sans même une excuse. En tout cas, c'était ce que pensait Ankou. Et puis parler avec cette jeune fille pouvait être très intéréssant, non? S'il s'en allait, il ne le saurait jamais, alors...autant rester, si elle en avait le temps?

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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Mar 2 Fév - 1:43

Karin Blaze se tenait debout, face à ce jeune homme qui, involontairement, l'avait faite chuter quelques secondes seulement auparavant. Il souriait, gêné probablement, et lui semblait un brin soucieux aussi; ne cherchant pas plus loin que cela, elle se dit qu'il devait simplement continuer de s'inquiéter au sujet des fleurs éparpillées sur le sol de pierre. Elle lui avait pourtant bien dit de ne pas le faire, qu'il n'y avait pas matière là à en faire une véritable affaire d'état, elle aurait parié que, bien qu'ayant acquiescé à ses paroles, il n'en aurait pas pensé moins. Elle n'était pas contrariée à proprement parler, et pas contre lui de surcroît, la malchance était une chose contre laquelle on ne pouvait rien. La blonde le lui aurait répété mille fois s'il l'avait fallu, mais quelque chose lui disait que ce n'était pas cela qui allait aider. Que qu'importait le nombre de fois qu'elle pourrait le dire, ou combien elle pourrait être sincère dans ses paroles, cette gêne, légère mais malgré tout bel et bien présente, ne disparaitrait pas totalement, aussi n'en fit-elle rien. Ce n'était pas le moment de passer pour quelqu'un de borné, insistant à l'extrême. Oh, certes, au fond, peut-être l'était-elle quelque peu, elle ne le niait pas. Était loin d'être le parfait modèle de la jeune fille dépourvue du moindre défaut, acceptant sans ciller tout ce qu'on pourrait lui dire, souriante en permanence, non. Elle était têtue, en avait conscience qui plus était, et ne désirait pas le changer. Mieux valait cela que renoncer trop vite à des choses qui nous tenaient à cœur, qui nous plaisaient et nous faisaient envie. Il y avait un moment toutefois où il fallait savoir s'arrêter, des limites à placer. Et chaque fois elle devait se faire violence pour les respecter, elle devait bien se l'avouer. Plus d'une fois même elle les avait outre-passées, ce n'était un secret ni pour elle ni pour tous ceux qui la connaissaient suffisamment bien, que ce soit ses amis ou sa famille. Il était fréquent, somme toute, qu'il faille ''l'arrêter'', en quelque sorte, avant qu'elle n'aille vraiment trop loin. Et Dieu savait que c'était difficile... Il n'était pas rare qu'elle fasse une quelconque réflexion à une tierce personne, parfois peu agréable à entendre, cela allait de soit. On appelait cela de l'honnêteté, dans son langage mais, semblait-il, dans celui de certaines autres personnes, on nommait cela de l'impolitesse. N'était-il pas encore plus impoli pourtant de ne pas ne serait-ce que dire la vérité à ceux qui nous entouraient? Elle en tout cas aurait de loin préféré le savoir si elle avait fait quelque chose de mal ou si, dans son comportement, quelque chose n'allait pas du tout, urgent d'être changé. Après, il restait bien sûr son choix de les prendre ou non en compte; mais toujours restait-il qu'elle aurait aimé qu'on ne lui cache pas. Le mensonge était une chose qui, dès lors qu'il n'était pas certain qu'elle ne ferait pas de réel mal, qu'on ne les disait pas forcé contraint -contrairement à ce que l'on disait de temps à autres, de son avis, nous n'avions pas nécessairement le choix- était des plus haïssable. Oui, mais cela ne fera rien de mal. Quelle justification idiote, qu'en savait-on, au juste? Personne ne pouvait prédire l'avenir. Personne ne devrait mentir, à moins de n'être dans l'impasse la plus totale. Éviter une catastrophe de la sorte n'avait rien de honteux, mais le faire pour moins l'était. Par jeux, par exemple, pour son propre plaisir, c'était tout bonnement abominable.

Et c'était parce qu'elle ne voulait pas que les autres lui mentent qu'elle partait du principe, pas obligatoirement évident pour autant, qu'il ne le feraient pas. Pas naïve, non. Mais loin de se méfier de la première personne qu'elle croiserait dans la rue, oui. Si l'on exceptait le cas où le dit individu aurait l'air particulièrement suspect, là, c'était une toute autre histoire... Mais pas celle dans laquelle elle était en ce moment même. Antoine, puisque tel était son nom, ne faisait pas partie intégrante de cette catégorie de personnes, à vrai dire, il lui paraissait plutôt gentil. Maladroit, sans doute, comme l'avait si bien démontré son entrée en matière bien peu cavalière, dirons-nous. En outre, elle n'aurait rien pu dire sur le sujet, n'ayant pas été ce que l'on aurait pu qualifier d'adroite ici, à l'instar de son interlocuteur. Le tort était partagé et, même s'il aurait été plus simple de rejeter en bloc la faute sur l'autre, ce n'aurait pas été très juste; Karin n'aimait pas se savoir injuste. Relevant la tête, elle croisa le regard de l'inconnu -bien que techniquement il n'en soit plus vraiment un dans la mesure où elle connaissait son nom et prénom, mais ne sachant rien de plus sur lui, il ne lui était pas étrange de se référer à lui de la sorte- et se demanda, l'espace d'un instant, ce à quoi il pouvait bien penser. Plus à ces fleurs, elle espérait; qu'il fasse une névrose là dessus ne l'aurait pas arrangée... D'autant qu'elle n'avait pas eu d'ennuis à cause de cela. Pas encore, pour ainsi dire, et si certes elle souhaitait que cela dure, elle ne pouvait en être sûre à cent pour cent. Ce qu'elle pouvait détester les chiffres, si précis, une erreur était si vite venue, et passait si facilement inaperçue... Néanmoins, tant que personne ne se rendait compte qu'elle venait de briser un objet ne lui appartenant pas, elle n'aurait pas à le payer. Ni vu ni connu, comme on le disait souvent. Quand on n'avait pas connaissance d'un fait, on ne risquait pas de réagir en conséquence. Axiomatique, évident, incontestable, irréfutable. Et au pire, qu'aurait-elle à faire? Le repayer? Cela ne lui ferait pas plaisir, elle tenait à l'argent qu'elle gagnait. N'était pas comme ces nobles qui le gaspillaient en de futiles choses au matin pour ne déjà plus s'en rappeler le soir venu. Elle ne les détestait pas pour cela, mais leur aurait bien fait une petite leçon de morale là dessus. Ils en auraient bien eu besoin... A l'image de toute personne haut-placées, en généralisant. Ceux qui vivaient dans le luxe ne se donnaient pas la peine de s'intéresser à ce que eux autres faisaient et pensaient, et c'était, à son sens, bien dommage... Normal, on ne pouvait plus normal, elle n'en disconvenait en rien, mais dommage tout de même, se dit-elle, songeant que l'un n'empêchait pas l'autre. Ah, c'était dans ce genre de situation qu'elle avait envie de croire qu'il y avait bien un Dieu quelque part en ce monde pour la remarquer et avoir pitié d'elle... Si le tout-puissant accordait de véritables miracles, il pourrait bien lui céder cette minuscule faveur, pas vrai? Que sa patronne ne passe pas par cet endroit à ce moment, ce n'était pas trop demander, elle en était persuadée. Mais cette fameuse loi de Murphy [s](J'ai réussit à le placer, la loi de Murphy, t'as vu ça un peu?XD)[/s] la rappelait sans cesse à l'ordre. Positivant, elle tenta de ne plus y penser; advienne que pourra. Cette mine, redevenue sur le coup quelque peu soucieuse, quitta alors son visage tandis qu'elle se fendait de nouveau d'un grand sourire.



"Enchanté, Karin, dit-il sans cesser de sourire, Je crois en effet que c'est la première fois que nous nous rencontrons, et je suis vraiment navré que ce soit dans une telle situation..."

A ces mots, la demoiselle Blaze secoua légèrement la tête et fit un vague geste évasif de la main, comme pour lui signifier que ce n'était pas la peine de se montrer aussi désolé. Tout autant qu'elle, il devait savoir que la faute lui incombait à elle autant qu'à lui. Pour autant cependant elle ne se serait pas accusée encore et encore. Il le savait, et ce devait être suffisant, elle ne voyait pas, très honnêtement, d'utilité quelconque à agir de pareille manière. Qui plus était, le plus souvent, lorsque les gens faisaient cela, c'était pour que l'autre prenne sur lui tous les torts à nouveau, et ainsi de suite. La blonde aux cheveux bouclés se disait que s'ils commençaient, cela n'en finirait pas, et savait également que si elle avait commencé, elle n'abandonnerait pas si facilement. Un esprit de compétition assez fort qui, malgré elle, guettait jusqu'à la plus dissimulée des occasions pour se manifester. Ce n'était là ni une qualité, ni un défaut. Dépendait du contexte, en réalité. Poussant une sorte de soupire, elle planta son regard bleu dans celui marron -qui déteignait vraiment vers le rouge, mais restait marron de son point de vue ou, tout du moins, force était de le croire, puisque cette dernière couleur restait des plus courantes, bien plus que le rouge...- avant de ne lâcher un léger ''que voulez-vous...?''. Et en effet, une fois que les choses étaient arrivées, difficile de remonter le temps pour tout recommencer en mieux. Impossible, même, se corrigea-t-elle aussitôt. Le temps était souvent, et à tort, comparé à un sablier; sauf que lui, on ne pouvait le retourner pour inverser le cours des choses. En outre, mieux valait se rencontrer dans de plus ou moins, surtout moins en l'occurrence, circonstances que de ne pas se rencontrer du tout, pas vrai? C'était ce qu'elle pensait en tout cas, et n'en démordrait pas. Enfin, sauf si soudainement, elle se mettait à détester le brun, mais il fallait reconnaître qu'il y avait bien peu de chances, de risques pour être tout à fait exact, que cela se produise. Tant mieux, songea-t-elle. Des amis, on n'en avait jamais assez, il en allait de même pour les bonnes connaissances. Les ennemis en revanche, on n'en avait constamment trop, ce n'était pas pour s'embarrasser de nouveaux dès que possible.

"Mais comme vous l'avez dit, ça aurait pu être pire, et je suis heureux que vous ne vous soyez rien cassé. Enfin...C'est tout de même dommage pour ces fleurs, elles étaient très belles."

Heureusement, qu'il n'avait pas secrètement espéré qu'elle se casse un bras en tombant. Cette simple idée parvint à lui arracher un sourire. Tomber sur une personne pareille, quelle chance elle aurait eu! En plus de détruire ce qu'elle portait précédemment, elle aurait croisé l'original du coin... C'était assez paradoxal, se dit-elle, de penser à quelqu'un d'étrange quand le jeune Danevas avait justement l'air tout ce qu'il y avait de plus... Normal. Très poli, c'était un fait; ce qui n'était pas plus désagréable, en soit. Karin n'avait pas, comme le faisaient certains, nobles, riches personnages en général, reçut une éducation extrêmement poussée. Par là elle n'entendait pas qu'elle ne connaissait rien à rien, elle n'était pas une idiote. Toutefois, des théorèmes tous plus compliqués les uns que les autres, les verbes à des temps qui jamais ne lui serviraient, des poésies qui, certes très belles, ne lui seraient pas d'une plus grande utilité que les précédents, elle ne les avait pas retenus, non. Cela ne la gênait pas dans sa vie de tous les jours et ne l'avait, du plus loin qu'elle se souvienne, jamais gênée mais elle parlait correctement tout de même. A des inconnus, à peine croisés dans la rue, près de son lieu de travail, ni plus ni moins, elle ne se serait pas permis de familiarités. Et il était vrai qu'adresser la parole à des gens s'exprimant dans un registre plus que familier justement, n'était pas ce qu'elle préférait, franchement.

De même, Antoine lui apportait ainsi la confirmation qu'il ne pensait pas que la situation était si grave que cela, ce qui la rassura aussitôt. En revanche, elle devait avouer être du même avis que lui sur les fleurs. Fleuriste, Karin les aimait, c'était une évidence, et les voire ainsi sur le sol lui faisait mal au cœur. Mais ce n'était pas comme si elle pouvait faire quelque chose pour elles à présent, n'était-il pas? Il n'était pas dans ses habitudes de s'apitoyer sur son sort, ni sur celui des autres d'ailleurs. Ce qui était fait était fait, on ne pouvait rien y changer, c'était comme ça et pas autrement. Rester à fixer le passé n'apportait que de lancinants regrets, qui toute notre vie nous poursuivaient si l'on s'y attachait trop. Il fallait aller de l'avant, et cette politique s'appliquait aussi bien aux fleurs qu'à n'importe quelle situation... Ou presque. Mais les exceptions ne faisaient que confirmer la règle, après tout, et ne la démentaient en rien. Car s'il n'y avait pas de règle, il n'y aurait plus non plus d'exception, en toute logique. Après un dernier regard désolé aux fleurs, elle se baissa et ramassa les dernières, de sorte qu'il n'y ai plus trace de la dite bêtise. Qu'elle ne se trahisse pas par un si trivial détail, si quelqu'un passait, c'eût vraiment été trop stupide...


"Il y a quelque chose que je peux faire pour vous aider, peut-être?"

Se relevant, elle pencha légèrement la tête sur le côté. Quelque chose pour l'aider? Elle eut donc une mine pensive l'espace de quelques secondes, avant de ne se remettre à sourire, sa bonne humeur l'ayant regagnée, selon toute apparence. Elle haussa les épaules, avant de ne reprendre la parole, ne sachant trop que répondre à cette question. Il y avait tant de méthodes d'aider quelqu'un.

''Je ne sais pas, je ne suis pas sûre... Je veux dire, je me sentirais très mal de vous faire trimer ici comme si vous étiez un employé! Dit-elle sur le ton de la plaisanterie, puis se rattrapant sur la suite de sa phrase, craignant, peut-être, de l'avoir vexé. Ne vous sentez pas obligé, vraiment, ce n'est pas important. ''

Suite à cela, elle jeta à nouveau un coup d'œil derrière son épaule, avant de ne le reporter sur Antoine. Réellement, elle ne voulait pas qu'il ai l'impression d'y être forcé.
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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Ven 26 Fév - 1:01

Il était difficile de mentir, à plus forte raison lorsque la personne avec laquelle vous parliez semblait-elle tout à fait honnête. Ce sentiment de culpabilité vous rongeait de l'intérieur, vous faisant surveiller la moindre de vos paroles et le moindre de vos gestes, de peur de vous trahir, et irrémédiablement, attirait les fautes que vous craigniez tant de faire. C'était un fait courant, que le jeune homme aux cheveux de charbon était en train de vivre en ce moment même, expérience dont, pour être franc, il se serait largement passé. Il serrait nerveusement les fleurs qu'il avait gardé dans sa main, veillant toutefois à ne pas les abîmer plus qu'elles ne l'étaient déjà, bien que brisées comme elles étaient, ça ne se serait certainement pas vu. Il n'aimait pas mentir, il détestait cela, à vrai dire, et ne le faisait que lorsqu'il le jugeait nécessaire. Mentir pour son propre plaisir, jamais il ne l'aurait fait, ça l'aurait tout simplement dégoûté, il se serait détesté pour avoir fait une chose pareille. A regarder Ankou au quotidien, pourtant, on aurait pu se demander s'il ne passait pas sa vie à mentir. Des faux sourires évoquaient toujours le mensonge, mais le jeune homme devait préciser que la manière dont-il agissait parfois était une toute autre affaire sans rapport avec le mensonge. La place qu'il occupait exigeait de lui une attitude particulière pour chaque événement qui se passait, et il s'avérait que sa personnalité dite 'de base' collait rarement avec l'attitude qu'il fallait avoir. Savoir faire semblant était par conséquent quelque chose auquel il était depuis longtemps habitué, et il avait parfois ce sale réflexe qui consistait à prendre une autre attitude selon le genre de personne qui lui faisait face. Il n'aimait pas cela, mais n'arrivait pas à se détacher de cette habitude, et n'y arriverait probablement jamais. Il n'était jamais complètement naturel, il y avait toujours, dans son sourire ou sa voix, quelque chose de faux, quelque chose de préfabriqué, qui déformait sa manière d'agir, l'adaptant à son environnement. C'était embêtant, surtout lorsqu'il se trouvait dans une situation qu'il aurait pu qualifier d'inédite, et qui ne lui était encore jamais arrivé jusque là. Comme sa rencontre expresse avec la jeune fleuriste, par exemple. Il ne savait pas du tout comment il aurait du réagir pour que tout se passe bien et sans erreur, et cela l'embêtait vraiment, et plus il réfléchissait au meilleur moyen de s'adresser à la jeune blonde ou d'agir, plus il stressait et se sentait nerveux, et plus il commettait de grossières erreurs. On aurait pu rire de le voir dans cet état, mais c'était très difficile, malgré les apparences. Il aurait bien voulu voir n'importe quel Noble de la Cour dans sa situation, à parler avec un villageois, tout en essayant aussi de se faire passer pour un simple habitant de la Capitale. C'était une délicate entreprise qui demandait beaucoup d'attention, que ce soit pour se concentrer sur la conversation en cours ou ce que l'on devait répondre à notre interlocuteur. Ankou continuait de regarder Karin en souriant, mais il n'était en réalité que très peu rassuré en son for intérieur; Il avait peur de dire une bêtise, une phrase, quelque chose qui puisse faire douter la jeune fille de ses dires. Il n'avait pas du tout envie qu'elle le scrute à chacune de ses paroles pour savoir si oui ou non il était sincère. Il ne l'aurait pas très bien supporté, et aurait du prendre congé plus vite qu'il ne l'aurait voulu de la demoiselle aux cheveux bouclés. Il voulait qu'elle le voit comme quelqu'un de normal, qui ne se détacherait pas des autres par quoi que ce soit. En visitant la ville, son but n'était pas de se faire remarquer, mais bien de passer inaperçu aux yeux de tous; S'il avait voulu que tout le monde le regarde et vienne le voir, il n'aurait pas prit la peine de se 'déguiser', et serait sorti comme tel. Ayant camouflé sa présence, il ne voulait pas qu'une foule de regards soit braquée sur lui, comme il ne voulait pas que même une seule personne sache qui il était vraiment.

Avoir bousculé la jeune fille avait été une erreur de sa part, à partir du moment où il n'avait pas été dans ses grands buts de la journée d'adresser la parole à qui que ce soit en ville. Parce que des regards à la dérobée ne pouvait le reconnaître ou retenir les traits d 'un visage, il était plus difficile d'oublier celui de quelqu'un avec qui on échangé ne serait-ce que quelques paroles. Parce que 'Antoine' n'existait pas vraiment, et ne possédait pas même de nom à la base, il aurait été embêtant que quelqu'un s'attache à lui ou le connaisse, tout simplement. Peut-être avait-il fait une erreur en aidant Karin a ramasser ses fleurs et lui donnant ce nom sorti de son imagination. Peut-être qu'il continuait de faire une erreur en proposant son aide, peut-être qu'il aurait du tout simplement tirer sa révérence sans plus de cérémonie, au risque de paraître impoli et mal-élevé et se faire détester de la jeune fleuriste. Personne ne le connaissait, il n'existait pas, et il ne la reverrait de toute manière pas par la suite, non? A cette pensée, il se mordit légèrement la lèvre inférieure, comme s'il avait pensé là une bêtise absurde. Il ne pourrait pas la revoir, c'était un fait. Comment aurait-il pu? Il y avait déjà pensé il y avait quelques minutes, mais cette idée revenait cogner aux portes de son esprit, refusant de partir. A partir du moment où elle connaissait Antoine et non Ankou, la revoir une seconde fois était impossible, tout bonnement impossible. Il le savait pertinemment, et malgré cet étrange sentiment qui lui avait fait froncé l'espace d'un instant ses fins sourcils, il se le répétait en boucle dans sa tête, comme pour être sûr de ne pas l'oublier. Lorsque la blonde se releva, un air interrogatif peint sur son visage à cause de sa précédente question, il se dit qu'il fallait qu'il parte. Maintenant, sur le champ, il ne devait pas attendre plus longtemps, ou il serait trop tard. Trop tard pour quoi, il n'en savait rien, mais il devait partir.


''Je ne sais pas, je ne suis pas sûre... Je veux dire, je me sentirais très mal de vous faire trimer ici comme si vous étiez un employé! Ne vous sentez pas obligé, vraiment, ce n'est pas important. ''

Ankou souriait toujours, même si sa tête lui ordonnait de prendre un air désolé et partir sans rien ajouter. C'était ce qu'il y avait de plus sage à faire, il ne lui semblait pas que Karin soit dans le besoin ou ai de gros ennuis avec la propriétaire des lieux par la faute de ce petit incident survenu plus tôt. Il n'était en aucun cas forcé de rester ici pour l'aider à faire il ne savait trop quoi, il aurait très bien partir à présent sans paraître malpoli, avec un dernier salut de la tête pour elle, et un dernier sourire. Il fit doucement dériver son regard du visage de la fille à la queue de cheval pour le poser sur la foule qui continuait sa course bruyante à leurs côtés, sans se soucier de ces fleurs qui venaient de mourir. Évidemment, personne ne se souciait de la perte d'un si menu objet, à l'exception du propriétaire du dit objet. L'odeur des fruits et des légumes, les cris et les rires, la rue était agréablement animée, et le jeune Prince n'aurait pu demander meilleure ambiance. Il s'était déjà promené dans des ruelles sombres et froides, et le sentiment d'abandon que l'on ressentait lorsque toutes les volets étaient fermés nous glaçait le sang. En temps de guerre, personne ne faisait confiance à personne, et chacun se cachait chez lui pour éviter de croiser des visages inconnus et menaçants. Alors que la ville soit aussi colorée et bruyante...C'était merveilleux. On ne pouvait qu'être de bonne humeur en ce beau jour, et le fait était que le jeune homme aux grands yeux rouges se sentait extrêmement bien. Il ne savait pas si c'était la faute du soleil qui venait de réapparaître dans le ciel et éclairer la rue de ses chauds rayons ou d'autre chose, mais il se sentait merveilleusement bien. Son sourire se fit plus grand alors qu'il reposa son regard dans celui bleu de son interlocutrice, en prononçant ces mots, envoya au diable cette petite voix qui lui intimait toujours, dans un coin de sa tête, de tourner immédiatement les talons:

« J'espère pour vous que ce n'est pas important. Cependant, si ces fleurs sont tombées, c'est également ma faute, alors...(il laissa s'échapper un petit rire, tendant vers elle les fleurs tordues qu'il tenait toujours dans sa main)S'il y a quelque chose à faire, je le ferais. Oh, je ne vous demande pas de me tuer à la tâche, bien entendu, mais si simplement je pouvais vous aider, j'en serais ravi. »

C'était vrai, s'il y avait quelque chose à faire, il le ferait volontiers. Parce que la chute de ces fleurs était à demi sa faute, parce qu'il n'avait pas regardé devant lui au moment où elle sortait ses fleurs. Et parce qu'il avait envie de lui parler, aussi. Visiblement, il allait devoir rester 'Antoine' un moment encore...

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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Sam 13 Mar - 23:36

Les chauds rayons du soleil vinrent à nouveau caresser la peau de Karin. Une si belle journée, si belle qu'il en devenait difficile de concevoir que, sûrement, quelque part dans l'immensité du monde, il neigeait, pleuvait, gelait et ventait. Les quelques nuages qui s'étiraient paresseusement dans le ciel auraient du, songea la jeune fille, lui servir de modèle pour aujourd'hui; s'allonger quelque part, ou flâner au gré du vent et de ses envies, doucement, sans se presser. Ce devait être agréable d'être un nuage, n'ayant pour maîtres que le jour et la nuit, voguant dans un ciel bleu comme les eaux d'un lac ou, le supposait-elle, la mer. Il ne lui avait jamais été donné de la voir; mais elle l'imaginait et, dans tous les livres et tableaux à sa connaissance, on la décrivait comme une gigantesque étendue céruléenne aux contours vagues et indéfinis. Sans doute serait-il tout aussi bon d'être une vague, d'ailleurs. Elle passa derechef sa main dans ses longs cheveux bouclés sur lesquels se reflétait la lumière de l'astre du jour, en proie à un sérieux dilemme. En l'occurrence, elle n'était ni une écume ni un cumulonimbus; elle avait ses propres problèmes à régler et il allait sans dire que cela risquait de s'avérer être particulièrement difficile... Ou peut-être que non? Antoine se tenait devant elle, et n'avait pas l'air d'être de ceux à constamment vous chercher des noises pour un oui ou pour un non, voir même sans aucune raison parfois. A l'exact opposé, il semblait gentil et désireux d'apporter son aide pour atténuer sa faute, qu'elle même avait partagée de toute façon. Il aurait tout aussi bien pu se retirer avec un mot d'excuse, en avait eu maintes fois l'occasion. Et ne pouvait ne pas l'avoir remarqué, à moins d'être un idiot complet, et encore; même l'abruti du village savait repérer ce genre de choses. Et elle ne pensait pas qu'il en soit un, raison de plus donc pour se laisser aller à penser qu'il cherchait juste à faire preuve de gentillesse à son égard. Son souci ne résidait donc pas en ce point, mais dans celui où il demandait à l'aider. La demoiselle n'était pas d'une nature particulièrement méfiante, ne l'avait jamais été, du plus loin qu'elle puisse se souvenir. Mais trop de bien nuit comme on le disait si souvent et, ici, cette expression pourrait tout aussi bien trouver tout son sens. Elle ne prétendait pas que les personne désirant réellement aider les autres n'existent pas, nuance; elle pensait juste qu'en règle générale, on ne le faisait pas pour des quasi-inconnus que l'on venait tout juste de rencontrer, et que l'on ne perdait pas inutilement son temps sans rien chercher à obtenir en retour. Pas inutilement, se corrigea-t-elle. Aider quelqu'un n'était jamais aussi insipide que l'on pourrait le croire. Mais le faire tout en étant totalement désintéressé, elle devait reconnaître que c'était d'ores et déjà plus étrange. Bien entendu, peut-être que le brun jeune homme n'avait rien de mieux à faire de sa journée ou, tout du moins, d'une petite partie de cette dernière. S'il passait par ici c'était sans doute qu'il se promenait sans véritable but, cherchant juste à se divertir, à se changer les idées. Comme elle aurait aimé le faire si elle n'avait pas du rester à travailler par une journée aussi ensoleillée. Elle pouvait donc le comprendre sans avoir à chercher trop loin. Cependant, il n'y avait rien d'amusant à aider dans une boutique quand ce n'était pas son métier; de un, il devait savoir qu'il ne serait pas payé. Une sorte de bénévolat donc qu'on ne se permettait que rarement et avec de sérieuses raisons et une bonne volonté. Pas plus que cela n'allait l'aider à échapper à la chaleur qui régnait en maîtresse absolue sur la capitale ce jour là.
L'espace d'un instant, elle s'autorisa à imaginer les hypothèses les plus improbables qu'elle eût su trouver: il avait peur qu'elle soit un dangereux assassin et ne voulait pas s'attirer ses foudres, il tentait d'échapper à une possible fiancée en colère et voulait se cacher ici, il voulait enlever quelqu'un, ou c'était un profond maniaque agissant pour des motifs qu'elle ne serait pas en mesure de deviner et échappant tout simplement au reste du monde, un espion agissant pour le compte de l'État et fréquentant les plus hautes sphères de la société, un Prince ou encore un tueur à gages. Les pensées de Karin avaient cette fâcheuse manie de partir loin, très loin, sans que personne ne puisse les arrêter. Ce n'était pas de la paranoïa, ou quoi que ce fut de ce style, mais un trop plein de créativité, pour ainsi dire. Sans compter qu'elle partait vite en conclusions, trop hâtivement, avec des preuves aussi solides qu'une statue de sel un jour de grand vent. Elle cessa d'y songer trop longuement néanmoins; elle se faisait bien souvent des idées sans fondements et, en outre, ce n'était pas comme si elle croyait dur comme fer à n'importe laquelle de ces possibilités. Mais elle n'avait pas envie de réfléchir trop. Ne pensait pas avoir la moindre chance de faire mouche. Savait que cela n'avait pas grande importance. Qu'il ait une idée derrière la tête ou agisse vraiment par pure gentillesse, le tout était qu'il cherchait à l'aider. S'il réagissait ainsi dès qu'il faisait tomber quelque chose, se dit-elle, il avait tout intérêt à être plutôt adroit de ses mains, sans quoi il serait constamment exploité par des gens un peu plus arrivistes qu'elle...

Karin planta à nouveau son regard dans celui d'Antoine, se demanda s'il comptait vraiment rester. Elle ne l'aurait pas fait, de son côté, le savait parfaitement et ce simple fait la mit mal à l'aise une fraction de seconde. Elle n'était pas une sainte; pas méchante non plus, avec un certain franc-parler qui lui avait plus d'une fois causé quelques problèmes. Mais elle ne serait pas restée aider un inconnu, aussi gentil puisse-t-il avoir eu l'air s'il lui avait soutenu que ce n'était rien. Parce que le matin, elle devait se rendre ici. Et que le soir, elle avait une journée de travail sur le dos et ne souhaitait pas vraiment en rajouter, indubitablement. Avait-il pris une pause pour aller faire un tour par ici? Elle préférait penser que non; il aurait été dommage qu'il vienne et passe une hypothétique pause en travaillant... Que faisait-il, d'ailleurs? Elle ne le savait pas. Ne trouvait pas cela étrange outre mesure, puisqu'elle ne le connaissait que depuis trois minutes au bas mot.

« J'espère pour vous que ce n'est pas important. Cependant, si ces fleurs sont tombées, c'est également ma faute, alors... »

Il laissa fuser un léger rire. Au moins ne devait-il plus s'en vouloir trop pour une chose que l'on pouvait considérer comme étant quelque peu triviale. Mieux valait en rire qu'en pleurer, et si l'on cherchait à trouver le bon côté de la chose, on pouvait dire qu'ils s'étaient rencontrés, et qu'ils pourraient éventuellement devenir amis. Elle ne prétendait pas être le type de personne avec lesquelles nous avons envie de discuter de suite, mais elle n'était pas non plus désagréable et silencieuse. Un sourire en permanence -ou presque- collé sur ses fines lèvres, elle était trop vive, agissait avec trop d'entrain pour à peu près tout, un enthousiasme un peu trop présent dans ce qu'elle entreprenait, elle pouvait rapidement devenir 'lourde'. Trop entêtée aussi, elle avait conscience de ses défauts, mais le jeune homme aux lunettes avait l'air d'être quelqu'un de bien. Elle ne se fiait toutefois pas trop aux apparences; l'esprit de certains contrastait parfois tellement avec leur apparence que les désillusions étaient terribles. On se trompait, et on finissait à genoux, cherchant à recoller les morceaux de son cœur avant que le vent ne les éparpille ou qu'on ne les écrase plus encore. Expérience personnelle? Si on le lui avait demandé, elle aurait tout nié en bloc. N'aurait pas même été honnête avec elle-même. Ce n'étaient là que de vaines considérations, réflexions qui lui venaient, sans aucun rapport avec quoi que ce soit. Elle secoua vaguement la tête et fit un geste évasif de ses mains, lui signifiant que ce n'était pas grave; les torts étaient partagés et il s'était excusé, pas seulement par politesse lui semblait-il, mais parce qu'il était réellement désolé du sort qu'avaient subit ces pauvres et colorées fleurs à cause de leur maladresse. Et les personnes disant ce qu'elles pensaient et pensant ce qu'elles disaient étaient, à son sens, les meilleurs amis que l'on puisse se faire. Aussi garda-t-elle le sourire, ne voulant pas l'inquiéter plus de toute façon.

Ce n'était pas comme si c'était elle qui s'était retrouvée à demi-morte sur le sol, non?

"S'il y a quelque chose à faire, je le ferais. Reprit-il. Oh, je ne vous demande pas de me tuer à la tâche, bien entendu, mais si simplement je pouvais vous aider, j'en serais ravi. "


Karin se mit à rire. Pas le rire léger duquel on partait parfois et qui ne durait qu'une poignée de secondes, non; ceux qui nous coupent la respiration et nous font mal aux côtes, que l'on a du mal à stopper et qui, généralement, donnait la fâcheuse impression à votre interlocuteur que vous vous payiez sa tête. Ce qui, autant le préciser de suite, était ici clairement faux et tout à fait indélibéré. C'était juste plus fort qu'elle, nullement moqueur: elle riait souvent, c'était ce qui rendait la vie plus belle et ce grâce à quoi elle valait la peine d'être vécue. Et l'entendre dire cela avait été plus que suffisant pour obtenir d'elle une telle réaction. Parce que Karin Blaze n'était pas une affreuse personne à profiter des autres. Mais qu'elle aurait tout aussi bien pu l'être sans que le brun n'en sache quoi que ce fut. Alors il aurait dit cette phrase et aurait, en quelque sorte, prononcé son arrêt de mort. Elle avait le pouvoir de lui faire faire ce qu'elle voulait, que ce soit porter de lourds sacs à travers toute la boutique ou attirer dix clientes à la minutes. Elle aurait pu lui demander ce qu'elle voulait à partir du moment où elle n'outrepassait pas les limites. En soit, Karin haïssait les limites. Plus que la notoriété et la richesse, ce à quoi elle tenait le plus était sa liberté. Et gare à quiconque tenterait d'y mettre des limites auxquelles elle serait amenée à se heurter. Mais elle n'était toutefois pas sadique au point de lui demander le plus strict n'importe quoi. Ce qui ne signifiait pas qu'elle aie l'intention de ne rien lui demander non plus... Il se proposait, si gentiment, il aurait été mal poli de rejeter sa si précieuse aide, n'était-il pas? Aussi son expression faciale changea-t-elle subtilement, pour adopter la même que celle qu'arborait un enfant avant de 'n'accidentellement faire tomber' le vase favori de la tante qui leur avait confisqué leur jouet. Celle qu'ils arboraient avant de ne commettre une bêtise, de savoir qu'elle leur attirerait des ennuis mais ne pouvait réfréner cette irrépressible envie de le faire. Advienne que pourra, songea-t-elle. Elle ne ferait rien de répréhensible; mais ce n'était pas une raison pour ne pas s'amuser un peu. Qu'allait-elle lui demander? Il faudrait qu'elle cherche.

''Eh bien, si vous insistez à ce point, je ne vais pas vous le refuser... dit-elle, visiblement amusée de la tournure que prenaient les évènements. Mais vous venez de faire un pacte avec le diable, vous savez! Je pourrais vous demander des choses vraiment ridicules, bonjour la réputation après ça! ''

Suite à ces paroles, elle jeta un bref regard derrière elle, dans la direction de la fleuristerie. Il allait vraiment falloir qu'elle réfléchisse à quelque chose. Rien de grave, non. Mais quelque chose d'amusant, qui ne le ferait pas la détester. Elle l'aimait bien, au fond. Il était gentil et poli. Et puis, elle verrait.

''… Alors, qu'est-ce que vous faites dans la vie, dans ce cas? Que je sache quoi vous demander, au moins! ''

Elle sourit à nouveau, l'air curieux. C'était peut-être un peu indiscret de demander cela mais, si tant était qu'il ne veule pas répondre, rien ne l'y obligeait. Mais elle aurait bien aimé.
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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Sam 10 Avr - 19:55

Qu'est ce que signifiait donc 'être au service de quelqu'un'? Partout autour de lui, dans cette rue, dans chaque commerce qui bordait la route principale, des centaine de personne s'activaient, travaillaient dur, même sous ce soleil de plomb, pour le compte d'autres personnes plus 'importantes' qu'elles. C'était une notion connue de tous, pour pouvoir vivre et gagner de l'argent, il fallait travailler. Ankou se demandait vaguement ce que cela pouvait bien faire de se lever chaque matin dans l'optique d'aller travailler, et ne revenir que le soir, pour dormir et ensuite recommencer le même manège, et tout cela durant la grande majorité de la semaine. Maintenant qu'il y pensait, la vie du peuple et celle des Nobles étaient très différentes, et n'avait pas grand chose-voir rien- en commun. Si l'on s'en rendait aisément compte au premier coup d'œil, la différence entre une jeune femme de la Noblesse et une Villageoise, par exemple, étant assez flagrante, il était plus compliqué de bien cerner toutes ces différences et les conséquences qu'elles pouvaient entraîner. D'un côté, une partie de la population, beaucoup plus importante, habituée à travailler, et de l'autre, une minorité de personnes riches durant des générations, qui n'avaient strictement rien à faire pour que l'argent se retrouve dans leurs mains. Si vu sous cet angle, les plus avantagés étaient les Nobles, Ankou pensait que ceux qui partaient sur de meilleures bases était au contraire les villageois et leurs semblables. Que savaient faire les Nobles à part faire la discussion et bien s'habiller? Pas grand chose, à vrai dire, lui-même devait l'admettre, il n'avait jamais expérimenté quoi que ce soit dans le monde du travail, et aurait sans doute été assez gauche s'il avait eu à le faire, ne serait-ce que pour ranger en de beaux bouquets de simples fleurs. Il en aurait été incapable, il le savait pertinemment. Les villageois savaient travailler, et se servait beaucoup plus de leurs mains que les 'riches', et mine de rien, c'était un gros avantage. Rien qu'à imaginer le spectacle des habitants du château contraint à vivre en ville et travailler pour subvenir à leurs besoins, le Prince faillit laisser s'échapper un petit rire, qu'il parvint fort heureusement à retenir. Pour sûr, ça aurait été hilarant. Et comme il l'avait déjà dit, il aurait aussi pu rire de sa propre personne, car il n'aurait pas été logé à meilleure enseigne. Tout ce qu'il savait faire de ses mains, c'était se battre, écrire, et jouer de la musique. Affligeant constat, vraiment. Maintenant qu'il y songeait, il aurait été à son avantage de savoir faire autre chose, mais il ne voyait pas quoi, sur l'instant. Une légère appréhension lui tordait l'estomac, alors qu'il pensait qu'en voulant aider la jeune fille aux cheveux blonds, il aurait tout aussi bien pu, en voulant bien faire, sans aucune mauvaise intention, la mettre encore plus dans l'embarras. Il ne savait pas ce qui lui arrivait aujourd'hui, mais ses jambes ne semblaient pas vouloir correctement suivre la cadence, et s'accrochaient à n'importe quel pavé de travers, se pliant allégrement sous lui à chaque petit défaut du terrain. Il n'y pouvait rien, malheureusement, et essayait de se consoler de cette maladresse passagère en se disant qu'il y avait des jours avec, et des jours sans. Si aujourd'hui était un jour sans, demain serait forcément mieux, non? C'était en tout cas ce qu'il se plaisait à croire, maigre consolation en attendant le nouveau jour. Et puis, tout bien réfléchi, cette journée n'était peut-être pas si mauvaise qu'il le pensait. S'il n'y avait eu jusqu'à présent que de désagréables contretemps, la journée pourrait toujours s'améliorer avant qu'il ne décide de s'en retourner. Faire plus catastrophique que maintenant aurait de toute manière relevé de l'exploit, et même s'il sentait qu'il pouvait battre aujourd'hui des records dans le domaine de la bêtise, il ne se laissait pas abattre pour autant. Oui, sans doute que dans quelques instants tout irait mieux, et qu'il pourrait de nouveau faire un pas dans la rue sans avoir peur de rentrer dans quelqu'un et violemment le faire tomber à terre. Levant sensiblement sa tête vers le ciel teinté du plus beau qui soit, il se demanda vaguement quand il serait temps pour lui de rentrer. Il avait encore du temps devant lui, mais passé une certaine heure, il lui serait impossible de rester plus longtemps à marcher dans les grandes rues d'Esidir. S'il ne rentrait pas, tout le monde allait se demander où il y avait bien pu passer, et Ankou n'avait pas la moindre envie d'affoler inutilement le personnel du château et ses amis. Il avait l'impression d'être un enfant auquel l'on aurait assigné une sorte de couvre-feu, et si cette idée ne lui plaisait pas tellement, il se devait de la suivre scrupuleusement pour éviter tout ennuis. Allez, il n'allait pas se plaindre plus, il aurait sinon réussi à se convaincre que la vie au château était tout sauf agréable, à la limite d'une prison où on l'y aurait enfermé contre sa volonté.

Il avait l'habitude d'être cloîtré dans ce genre d'endroits des jours durant, c'était devenu quelque chose de normal à ses yeux. Comme un villageois trouve normal de se lever chaque matin pour aller travailler, il trouvait normal de rester enfermé dans cette espèce d'immense manoir du matin au soir. Rares étaient les jours où il avait le temps-et les moyens- de se glisser à l'extérieur pour prendre un peu l'air et se promener à travers les différentes rues de la ville dans laquelle il habitait. C'était terrible, de connaître si peu la ville où vous viviez, non? Ankou aurait mit sa main à coupé que s'il n'avait pas suivit les rues principales où se regroupait la majorité de la population, il se serait bien vite perdu dans de petites ruelles aux allures de labyrinthe. En tournant légèrement sa tête vers la route, une question traversa son esprit: Où était-il, exactement, d'ailleurs?

Le jeune homme aux cheveux noirs fut coupé net dans sa réflexion par Karin, qui venait de se mettre bruyamment à rire. Il reposa ses yeux sur la jeune fille aux cheveux blonds, une expression interrogative peinte sur son visage. Autant dire qu'il n'avait pas la moindre idée de ce qui avait pu provoquer un tel fou rire chez elle, pas la plus petite idée. Il repassa en boucle tout ce qui avait été dit depuis le début, mais ne trouva rien qui aurait pu être si hilarant. De son avis, tout du moins. Il ne connaissait pas vraiment la jeune femme, pour ne pas dire du tout, et il ne savait pas si elle était du genre à rire pour un rien ou non. Il devinait cependant aisément qu'elle n'était pas une personne froide et distante, de la manière avec laquelle elle lui parlait et agissait. Il de permit donc de penser que quelque chose dans sa phrase l'avait amusée, même s'il ne voyait pas vraiment quoi, et que c'était cette dite chose qui la faisait autant rire. Penchant légèrement sa tête sur le côté, son visage garda cette expression étonnée lorsqu'elle cessa enfin de rire, et qu'elle arbora cet air qui lui faisait horriblement penser à celui qu'Axel arborait lui-même avant de faire une quelconque bêtise. Celui d'un enfant voulant se venger de quelqu'un pour lui avoir confisqué son jouet préféré. Il devait l'avouer, une telle expression le mettait assez mal à l'aise, car jusqu'à présent, à chaque fois qu'il l'avait vu, ça s'était mal terminé pour lui. Ou à défaut de s'être 'mal terminé', il avait vécu alors une expérience à la limite du traumatisme. Il espérait juste que la fleuriste n'était pas faite du même bois que son meilleur ami, sinon, il allait vite regretter de s'être arrêté et l'avoir aidé à ramasser ses fleurs.


''Eh bien, si vous insistez à ce point, je ne vais pas vous le refuser... Mais vous venez de faire un pacte avec le diable, vous savez! Je pourrais vous demander des choses vraiment ridicules, bonjour la réputation après ça! ''

Karin semblait toujours aussi amusée, ce qui ne le rassura pas forcément, mais il n'en laissa rien paraître, se contentant d'étirer ses lèvres en un nouveau sourire. Un pacte avec le diable, uh...Il pensait qu'il avait déjà serré la main de bien des diables, et qu'il vivait avec l'Enfer entier, mais ça ne voulait en aucun cas dire qu'il voulait se faire un nouvel ami de la sorte. Il espérait qu'elle plaisantait et ne lui ferait rien faire d'humiliant, elle n'avait, à première vue, pas l'air d'une personne particulièrement sadique et méchante, mais il pouvait toujours se tromper. Combien de personnes se retrouvaient à pleurer par la faute d'autres qui leur avaient parues, au premier abord, tout à fait respectables et sincères? Faire aveuglement confiance en partant sur de simples déductions physiques ou de quelques minutes était, de son avis, la pire des choses à faire, un piège dont-il était difficile de se sortir par la suite. Après tout, Karin aurait très bien pu être une espionne ou une tueuse qu'il n'aurait rien pu en savoir sur le moment. Enfin, si l'on se mettait à douter de tous ceux auxquels l'on parlait, on ne parlerait plus à personne et s'enfermerait chez nous à double-tour! Il fallait seulement ne pas partir sur des préjugés, et attendre, afin de discerner le faux du vrai. Entreprise parfois ardue, mais qui avait le mérite de nous protéger de ce genre de bêtes incidents.

''… Alors, qu'est-ce que vous faites dans la vie, dans ce cas? Que je sache quoi vous demander, au moins! ''

Cette question fit perdre son sourire à Ankou l'espace de quelques secondes. Mais il le récupéra bien vite, soucieux de donner à la jeune fille une image la plus naturelle possible. Ce qu'il faisait dans la vie? Il ne pouvait décemment pas lui dire la vérité, il y avait fort à parier pour que maintenant, elle ne l'eut en plus pas cru. Et il ne l'en aurait pas blâmée, n'importe qui ne l'aurait pas cru s'il l'avait dit, surtout après donné une fausse identité. Alors, si la vérité exclue, que dire? Quel mensonge inventer? Sa pensée sur le travail et les Nobles lui revint alors automatiquement en tête, et il du retenir une petite grimace. Quoi qu'il dise, il avait très peur de se retrouver coincé. Qu'aurait-il bien pu dire, de toute manière, rien ne lui venait en tête. Il se devait de lui répondre, mais le fait était qu'il n'avait pas la moindre idée de quoi lui répondre. Il posa son regard sur le pavé un instant, puis le reposa sur Karin, haussant sa voix, jugeant qu'attendre plus longtemps aurait paru étrange. C'était comme hésiter lorsqu'on nous demande notre nom, c'était tout sauf naturel et spontané. Et de la spontanéité, pour ce genre de questions, était tout ce qui importait.

« En réalité, je ne fais pas réellement quelque chose...Il hésita quelques instants, avant de reprendre, essayant de garder son sourire plaqué sur ses lèvres, Mes parents dirigent une entreprise relativement prospère, je n'ai par conséquent pas besoin d'exercer un quelconque métier. »

Quel énorme mensonge. Ankou aurait pu en rire s'il n'avait pas été en face de Karin. Il faudrait qu'il aille s'excuser auprès de ses défunts parents pour ce qu'il avait dit et serait sans doute obligé de dire par la suite, il n'avait guère envie que ces derniers ne se retournent dans leur tombe. Quoi qu'à bien réfléchir, ce n'était là qu'un demi-mensonge. La famille de sa mère ne possédait-elle pas une entreprise? Étant Bourgeois, il était pratiquement certain que si, mais une entreprise de quoi, après...Il n'en avait aucune idée, et aurait été bien en mal d'aller lui demander.

« Quoi qu'il en soit, j'espère que dans votre extrême bonté, le diable que vous êtes ne me fera rien faire de trop humiliant. »

Son sourire s'était agrandit après ces paroles. Il espérait qu'aucune idée saugrenue ne passe par la tête de la jeune femme, sinon, il n'était pas sorti de l'auberge.

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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Mar 20 Avr - 1:12

Ce n'était pas qu'elle les haïssait à proprement parler. C'était peut-être autre chose, de légèrement différent tout en en restant proche. Un sentiment sur lequel elle ne parvenait tout simplement pas à mettre de mots, un mélange d'admiration, de jalousie, de colère, de tant de choses qu'il lui aurait fallu toute une journée pour les énumérer une à une. Les riches personnes; que ce soit les nobles ou les bourgeois, ils étaient tous les mêmes. Égoïstes dans leurs manières d'agir jusque dans leurs façons de penser. Incapable d'accomplir le moindre labeur un tant soit peu difficile et n'ayant pas la moindre utilité à cet engrenage compliqué qu'était la société dans laquelle ils vivaient. Ce dernier point impliquait aussi et surtout ceux au sang bleu, cela allait sans le dire. Autant les personnes dirigeant de grandes entreprises pouvaient, en effet, être pourvu d'une quelconque utilité, autant restait-elle persuadée que ce ne pouvait décemment pas être le cas des habitant du grand et somptueux à outrance château si proche de la capitale où elle vivait, tout en faisant étrangement comme parti d'un autre monde où les gens comme elle ne seraient jamais autorisés à mettre même ne fut-ce qu'un pied. Karin n'aurait jamais prétendu les connaître de quelque manière que ce fut, de près comme de loin. Après tout, elle devait être bien mal placée pour juger mais, se disait-elle, toujours mieux qu'eux-même. Que cela pouvait-il bien faire, d'avoir été élevé dans le luxe depuis sa plus tendre enfance? Etait-ce seulement agréable d'être ainsi supérieur aux autres? Le fossé entre eux et ces gens auxquels ils n'avaient pas le droit de parler était immense, un abîme si profond qu'à vrai dire elle n'osait pas même s'y pencher pour tenter d'en apercevoir le fond. Et c'était bien entendu tout naturellement que tout le monde savait qu'il n'existait, où que ce fut, aucun pont pour le traverser ou, tout du moins, aucun assez solide pour que quelqu'un puisse le traverser. Ou presque. Il devait en effet y avoir des exceptions, aussi rares fussent-elles. Un exemple particulièrement parlant pour elle était sa sœur aînée, Ludmilla. N'était-elle pas follement et tendrement amoureuse d'un jeune noble, qui le lui rendait bien? N'étaient-ils pas heureux, tous les deux, et leur joie n'était-elle pas belle à voir? La demoiselle aux cheveux blonds cependant ne se faisait pas d'idées, n'aimant pas placer tous ses espoirs sur une chose qui avait, au final, des risques plus qu'importants de s'écrouler. Ces fameux ponts dont elle parlait, justement, ils n'en avaient parcouru qu'une petite moitié de son point de vue; parce que la famille de l'un ferait sans doute tout sauf donner sa bénédiction au jeune couple, elle l'aurait parié. Et si tel était le cas, si les évènements tournaient ainsi, ils tomberaient tous deux dans ce fossé sans fin, sans possibilité quelles qu'elles soient de se rattraper et de remonter. Alors Karin jugeait plus prudent de rester tranquillement de son côté, sans s'approcher des nobles, de leurs beaux habits, de leurs sourires respirant l'hypocrisie à un tel point que c'en devenait étouffant, de leurs soirées à n'en plus finir, de leurs dépenses faramineuses, de leurs jardins d'éden et de cette prétendue félicité qu'ils disaient côtoyer chaque jour que Dieu faisait. Et qu'apportaient-ils, de toute façon? Elle, avait son rôle à jouer ici. N'aurait certes pas prétendu que le monde n'aurait pu s'en sortir sans fleuriste, mais affirmait bel et bien qu'il y aurait perdu quelque chose. Comment les gens auraient-ils faits, mariages et enterrements auraient-ils pu être les mêmes? Sans compter les couples s'étant formés à l'aide d'une rose d'un rouge profond, aux pétales ressemblant en tous point au plus doux des velours. En d'autres termes, même elle avait une quelque utilité, aussi futile et triviale soit-elle. C'eût été l'exact même refrain pour les boulangers, les pâtissiers. Pour tout le monde. Les bourgeois n'avaient, eux, pas grand mérite non plus à ses yeux. Se contentaient-ils donc de faire travailler les autres pour eux? Étaient-ils heureux de cela? Il suffisait de comparer la salaire de la tête de quelque société avec celui d'un de ses 'simples' employés pour comprendre ce qu'elle voulait dire; le travail de ce dernier n'était pas moins difficile à accomplir, souvent même plus. Mais cela ne comptait pas, de toute évidence, et les hautes sphères ne s'en souciaient pas une seule seconde.

Alors non, elle ne les aimait pas, pas l'écrasante majorité d'entre eux. Elle n'en disconvenait pas, il devait y avoir des gens bien là bas, tout comme il y avait des personnes abjectes et proprement méprisables dans les basses classes mais, très franchement, elle n'y pensait que peu. La vie était ainsi faite, ne nous permettait pas toujours de faire du cas par cas; des préjugés? Oui, c'en étaient. Et la jeune fleuriste le savait pertinemment. Ne faisait rien pour les perdre. Ne souhaitait pas non plus que les choses changent; elles avaient de tout âge été comme cela et le monde tournait, alors il ne devait pas y avoir de problème majeur là dedans. Et puis, elle vivait bien, non? D'autant qu'on a sans cesse besoin de gens à détester, et certains avaient bon dos: il était juste tellement plus simple de leur imputer tous les malheurs du monde. En plus de cela, ils n'en auraient jamais rien su, de ses pensées. Karin n'était pas stupide au point d'aller dire ses quatre vérités aux puissants de ce pays... Personne ne l'était, ou en tout cas, personne ne le faisait sans y laisser assurément des plumes.

Et elle n'avait jusqu'ici pas vu Antoine de cette manière. Elle avait de suite pensé qu'il devait être gentil, et serviable. Entre certaines personnes parfois, l'entente était immédiate. Elle avait apprécié son caractère qui lui semblait franc et honnête, quoi qu'il lui aie également paru qu'il dramatisait quelque peu la situation, elle avait après coup réalisé que s'il ne l'avait pas fait elle l'aurait trouvé impoli. Lorsqu'elle lui avait posé la question sur son travail, elle n'aurait pas été étonnée outre mesure qu'il n'en aie aucun; après tout, quel âge devait-il avoir? Le sien, peut-être un peu moins? Dix-huit donc, ou dix-sept. A partir du moment où ses deux parents gagnaient correctement leur vie, il n'y aurait eu absolument aucun souci mais sa réponse la surpris quelque peu, du-t-elle s'avouer, et ce fut précisément la réponse pour laquelle elle ouvrit de grands yeux étonnés, suivis de près d'une expression dans laquelle on aurait, peut-être, pu déceler une pointe de réprobation.

« En réalité, je ne fais pas réellement quelque chose... il avait marqué une courte pause, témoignant d'une certaine hésitation puis avait repris, Mes parents dirigent une entreprise relativement prospère, je n'ai par conséquent pas besoin d'exercer un quelconque métier. »

Son sourire avait, l'espace d'une poignée de secondes, fané, comme emporté par le vent, qui la faisait par ailleurs cruellement souffrir de son absence en ce jour trop ensoleillé. Puis, la jeune fille avait vaguement haussé les épaules, et cherché de suite quelque chose à lui répliquer; laisser la conversation en suspens n'était pas une bonne idée, pas vrai? En réalité, tout dépendait de ce qu'il voulait dire par 'relativement prospère'. Il ne lui avait pas semblé, au premier abord, avoir affaire à un bourgeois mais, maintenant qu'elle y pensait, il était vrai qu'il avait été fort poli avec elle, n'ayant pas eu le moindre mot de travers. Pas plus qu'il ne l'avait reprise lorsqu'elle s'était mise à rire, sans qu'il eut du en comprendre les raisons. S'il avait été élevé dans un cadre aussi strict, cela aurait répondu à toutes ces interrogations... Mais elle n'en avait pas envie, aussi se mit-elle à chercher d'autres possibilités. Ne pouvait-il après tout pas parler d'un commerce plus ou moins florissant que tenaient ses parents, en pleine expansion? Cela l'aurait arrangée: elle ne détestait pas tous les riches, n'avait rien contre le brun en particulier mais elle ne se mis cette fois-ci pas d'œillères, ne chercha pas à se masquer la vérité: comme elle se l'était déjà dit et répété, songea-t-elle, il était mille fois plus prudent de ne pas tenter de créer de liens quels qu'ils fussent entre deux classes sociales différentes, et...

Karin releva brusquement la tête qu'elle avait précédemment baissée, un radieux sourire étirant de nouveau ses fines lèvres rosées. Il y avait des exceptions à tout, et Antoine n'avait pas l'air de refuser de se salir les mains dans la mesure où il lui avait proposé son aide, sans qu'elle n'ai rien à lui demander. Elle lui laisserait sa chance, décida-t-elle, tant qu'il ne faisait pas preuve de la moindre trace d'arrogance et ne la regardait de haut. Elle ne changerait pas son opinion sur lui mais, pour autant, il partait avec un plus ou moins conséquent handicap: ce 'travail' qu'il ferait serait une sorte de test et, en fonction des résultats qui lui seraient donnés d'observer, elle réviserait ou non son jugement à son sujet. Il avait, pensa-t-elle, tout intérêt à saisir sa chance, car elle ne se représenterait pas une seconde fois. Karin Blaze n'aimait pas les nobles et les bourgeois, par principe, dirons-nous; mais compter parmi ses amis l'un d'entre eux ne serait pas une insupportable contradiction, tant qu'il ne critiquait pas sa manière de faire et qu'il ne partageait pas les mêmes atroces comportements égoïstes et détestables de ses pairs. Elle croisa les bras, jeta un rapide coup d'œil à la boutique derrière elle; stupide, songea la jeune demoiselle, elle n'allait pas s'envoler. Quoi que, se corrigea Karin, il n'aurait pas été plus surprenant que cela que, par une telle chaleur, elle ne fonde pour se transformer, à l'image des infortunées fleurs qu'elle tenait un peu plus tôt, une tâche colorée sans contours précis, indistincts, dessin abstrait créé de la main de l'enfant capricieux qu'était la nature. Elle reporta sa totale attention sur le jeune homme aux lunettes, qui déjà continuait sa phrase amorcée plus tôt.

« Quoi qu'il en soit, j'espère que dans votre extrême bonté, le diable que vous êtes ne me fera rien faire de trop humiliant. »

L'expression faciale qu'elle avait un peu plus tôt arborée revint à la charge, cette expression qui aurait en effet pu un rien inquiéter son interlocuteur. Karin se retourna cette fois pour de bon vers la boutique, lui tournant le dos pour quelque temps, cherchant quelque chose à lui faire faire, persuadée qu'elle était qu'il lui serait plus aisé de trouver une idée si elle regardait les étales de fleurs redoublant de couleurs les unes comparées aux autres. Que lui faire faire...? Elle avait beau chercher rien ne lui venait et c'était d'un rare néant qu'était habité son esprit redoublant d'ordinaire d'idées saugrenues. Que faisait-elle chaque jour dont elle se serait sans mal passée, surtout avec une telle température? Son travail, incontestablement, lui plaisait mais elle ne disconvenait pas du fait que certains de ses aspects n'étaient pas aussi roses qu'on aurait pu le croire. Cela ne consistait pas seulement à entasser des fleurs dans des pots et faire des bouquets, contrairement à ce qu'en disait l'opinion publique, et elle n'avait aucune envie de transporter telle ou telle chose plus lourde que la moyenne d'un bout à l'autre du magasin, ou même d'aller acheter quelques objets dont sa patronne aurait besoin... Alors, se dit-elle, elle n'avait qu'à lui confier quelques unes de ces ingrates tâches peu réjouissantes. N'était-il pas celui qui l'avait demandé? D'autres perspectives dansèrent devant ses yeux: mais elle n'était pas une sadique dans l'âme, le jeune homme devait bien l'avoir deviné. Aucune crainte à avoir pour lui, ou presque. On n'était jamais trop sûr de rien dans le fond, et si quelque chose la tentait vraiment, il était plus que probable qu'elle cède à la dite tentation. Cela ne nuirait à personne, excepté sans doute la réputation d'Antoine, si elle lui demandait n'importe quoi... Elle fit un demi-tour sur elle-même pour faire de nouveau face au brun, qui souriait toujours, l'air aimable.

Bourgeois, ou en tout cas, riche? Eh bien, ce pourrait être amusant de voir ce qu'il pourrait faire.

''Rien de trop humiliant, hein? J'espère que vous ne finirez pas par maudire cette journée et éviter ce magasin chaque fois que vous passerez à cause de moi, mais c'est vous qui avez insisté, alors c'est votre faute... Ma conscience reste blanche comme neige! ''

Elle regretta immédiatement ces paroles, pensant à la douce fraicheur de la neige sur sa peau, cette chaleur revenant comme soudainement à la charge.

''Enfin, vous ne devez pas être habitué à porter quoi que ce soit de plus lourd qu'une petite cuiller, alors bon, je ne sais pas trop..." dit-elle, ironique. Puis, elle désigna d'un mouvement du bras deux lourds sacs de terre. ''Je porte des trucs comme ça tous les jours, mais je ne sais pas si vous pourrez... Essayez, pour voir? ''

Elle fit quelques pas en direction de la boutique, et s'arrêta tout près de l'entrée, son regard bleu toujours posé sur Antoine. Advienne que pourra, se dit-elle, ce n'était tout de même pas trop lourd, aucun risque qu'il se casse le dos dessus. Elle n'avait pas non plus besoin d'un accident.
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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Mer 26 Mai - 0:42

La dernière chose que voulait Ankou, c'était bien que Karin le déteste, et encore plus si c'était pour une raison aussi bête que sa position sociale. Les gens comme lui pouvaient susciter un certain sentiment de haine chez les personnes du peuple, de par leurs belles maisons et leur argent qui ne semblait pas avoir de fin. Ankou ne se pensait pas en droit de juger ce qu'ils ressentaient à leur égard, car après tout, n'aurait-il pas fait la même chose s'il était né dans une famille de modestes conditions? S'il avait eu à vivre dans ces quartiers, en prenant bien garde à surveiller l'argent pour pouvoir manger correctement tous les jours et ne pas se retrouver un jour sans le moindre sous, n'aurait-il pas été en colère contre ces personnes qui festoyaient et jetaient l'argent par les fenêtres? Il y avait toujours plus malheureux que nous en ce bas-monde, mais l'on ne voyait en général que ceux qui l'étaient plus que nous. Drôle de logique, n'est-ce pas? C'était le principe du verre à moitié rempli et celui du verre à moitié plein. Ankou était persuadé que s'il posait la question à dix personnes, sept ou huit personnes sur les dix verraient ce verre à moitié vide. Personnellement, il trouvait cela assez décourageant, cette vision des choses, lui avaient dit nombre de précepteurs, était signe d'une façon de pensée plutôt pessimiste. Le jeune homme aux cheveux blancs, lui, s'efforçait de voir le monde d'une manière positive, et de tout prendre avec le sourire. Mais là encore, il pensait que cette facilité à voir la vie en rose était du à sa condition sociale, et le fait qu'il n'avait jamais manqué de rien tout au long de sa vie. Sans doute que s'il avait du restreindre le nombre de ses jouets durant son enfance, il aurait vu les barrières qui se dressaient sur le chemin de sa vie d'une façon différente. Il l'avouait sans rien rétorquer, il avait toujours eu tout ce qu'il voulait étant enfant, et même bien plus qu'il n'aurait jamais pu le vouloir. Il n'avait jamais connu la faim, ne serait-ce que le temps d'une journée, ni la solitude, et encore moins la pauvreté. Il avait, depuis sa naissance, été entouré d'or et d'argent, habitué à manger dans des plats de la plus belle porcelaine, et habillé de vêtements plus somptueux les uns que les autres. Il avait été élevé dans une cage dorée, et s'il ne savait pas ce que cela faisait d'être une personne 'normale', comme toutes celles qui passaient chaque jour dans le rues, il connaissait plus ou moins la vie qu'elles menaient. Quoi de plus normal, en tant que Prince Héritier? Bien évidemment, la manière dont on lui avait expliqué cette notion alors qu'il était enfant avait été idéalisée, et c'est sans doute la raison pour laquelle aujourd'hui encore, il comprenait mal certaines choses. Mais pouvait-on blâmer quelqu'un pour quelque chose qu'il n'avait pas choisi d'être? Apparemment, au regard que Karin venait de lui lancer suite à sa réponse, oui, on le pouvait. Le sourire de la jeune fille avait disparu l'espace de quelques secondes, et lui du se forcer pour garder le sien accroché à ses lèvres. Oups, avait-il choisit une mauvaise option? L'idée qu'elle puisse détester les personnes riches lui était bien passé par la tête, mais advienne que pourra, s'était-il finalement dit. Et maintenant que c'était chose faite, il regrettait de ne pas avoir plus réfléchit avant d'ouvrir sa bouche. Pour un peu, il se serait excusé, mais il n'aurait eu l'air que d'un imbécile qui s'excusait pour rien, et seule cette pensée le retint de prendre une mine désolée une nouvelle fois. Y avait-il quoi que ce soit dont-il ai besoin de s'excuser, de plus? Il avait, aux yeux de Karin, donné une réponse honnête à son interrogation. S'il n'avait pas de travail et que le commerce de ses parents était relativement prospère, il n'allait pas mentir et dire que ses parents étaient boulangers et que lui les aidaient, si? De cette manière, en plus, s'il parlait un peu trop 'bien' pour un villageois, elle ne trouverait peut-être pas cela étrange, à présent. A cette pensée, le sourire d'Ankou se détendit sensiblement, et il se sentit plus léger. Pas totalement rassuré, mais un peu, c'était déjà ça. Ce qui avait été dit était dit, et rien qu'il puisse dire ou faire ne changerait l'opinion de Karin à son égard. Il espérait tout de même que, aussi bas ai pu descendre l'estime qu'elle avait de lui à cette réponse, elle ne se défilerait pas et continuerait de lui parler comme elle l'avait fait jusqu'ici. Si elle l'avait fuit simplement à cause de ce qu'il avait dit, il ne pourrait pas s'empêcher de s'en vouloir pour les deux mois à venir, il se connaissait. Pauvre Ankou, toujours à culpabiliser pour un rien, toujours à croire qu'il faisait tout de travers...Même en étant une autre personne, il arrivait à se faire détester d'une jeune fille avec laquelle il aurait pourtant réellement voulu devenir ami. Quelle pitié...

Les yeux d'Ankou s'agrandirent légèrement lorsque Karin retrouva son habituel sourire, relevant sa tête qu'elle avait auparavant baissée. Il en fut un temps complètement soulagé, mais le fut bien moins quand plus tard, cette expression d'enfants joueur revint étirer ses traits. Rien de trop humiliant, rien de trop humiliant...Il espéra ardemment qu'elle ne lui ferait rien faire d'horrible sous prétexte qu'il faisait parti des couches dites 'aisées' de la société. Il se mordit légèrement la lèvre inférieure, tournant son regard vers la boutique en même temps que la demoiselle aux cheveux blonds qui lui tournait maintenant le dos. Son regard de grenat ne croisa que les vives couleurs des fleurs qui se donnaient en spectacle dans la devanture, comme pour narguer celles qu'il avait fait tombées peu avant, et qui ne ressemblaient plus guère à rien comparé à leurs compagnes encore fraîches et pimpantes. Un petit sentiment de culpabilité vint piquer le cœur du jeune Prince, une fois encore, mais il fit de son mieux pour l'ignorer, et poussa un discret soupir, qui se fondit dans le brouhaha de la rue, juste derrière lui. Pourquoi partout où il allait, il avait la désagréable impression d'avoir fait quelque chose de mal? Comme si chaque malheur de ce monde était de sa faute...Pensée ridicule, il en convenait, mais dont-il n'arrivait pas à se débarrasser. En attendant, il se demandait ce que Karin se déciderait à lui faire faire, et priait toujours pour que ce ne soit rien d'humiliant. Si elle le détestait vraiment, alors il préférait encore tirer sa révérence, et s'en aller sans rien ajouter de plus. Mieux valait ne jamais la revoir à être humilié en public, il avait beau dire, il avait tout de même sa fierté. Et même si la pensée de ne plus pouvoir la revoir par la suite lui serrait le cœur sans qu'il sache vraiment pourquoi, si c'était la seule solution...

Le visage de la blonde aux yeux bleus auquel il faisait de nouveau face le sorti de ses hétéroclites pensées, et il cligna deux ou trois fois des yeux, comme s'il venait de sortir d'un profond sommeil. Ah, avait-elle trouvé ce qu'elle allait lui demander, à présent? Ce ne fut non sans une once d'appréhension que le jeune homme aux lunettes écouta la voix de la fleuriste s'élever dans l'air:


"Rien de trop humiliant, hein? J'espère que vous ne finirez pas par maudire cette journée et éviter ce magasin chaque fois que vous passerez à cause de moi, mais c'est vous qui avez insisté, alors c'est votre faute... Ma conscience reste blanche comme neige!"

Oui, honnêtement, lui aussi espérait qu'il n'éviterait pas cette boutique à chaque fois qu'il irait en ville. Qu'il se déplace le long des grandes rues de la capitale était déjà assez rare en soi, il ne désirait par conséquent pas garder un mauvais souvenir de cette sortie. Néanmoins, malgré tous les doutes auxquels il était en proie, Ankou se contenta de garder ce même sourire sur ses lèvres, attendant sans rien dire la suite. Il aurait tout le temps de se plaindre une fois rentré au château, si quelque chose se passait mal ici-même, se répétant en boucle dans sa tête que de toute manière, personne ne connaissait Antoine Danevas, ici, et que s'il était amené à faire quoi que ce soit de gênant, personne ne saurait remettre un nom à son visage pour se moquer de lui. Maigre consolation, s'il en était, mais que pouvait-il se dire d'autre? Il avait insisté pour l'aider, et il payerait le prix pour avoir voulu l'aider. Prix qu'il ne souhaitait pas trop fort.

"Enfin, vous ne devez pas être habitué à porter quoi que ce soit de plus lourd qu'une petite cuiller, alors bon, je ne sais pas trop...Je porte des trucs comme ça tous les jours, mais je ne sais pas si vous pourrez... Essayez, pour voir?"

Ankou avait suivi le mouvement de bras de Karin, et ses deux grands yeux avaient rencontrés des sacs de terre, sagement posés sur le sol, attendant qu'on ne les transportent Dieu sait où. Il laissa son sourire s'agrandir un peu, pensant que soulever ces objets ne lui poserait à priori aucun problème particulier. Il ne fallait pas croire que parce qu'il était riche, ses bras avaient la force de ceux d'une frêle jeune fille, loin de là. Il n'avait jamais essayé de deviner combien pouvait peser son épée, mais il aurait pu parier sans avoir trop peur de se tromper qu'elle était très, très lourde. A force de la manier, il n'avait plus aucune difficulté à la soulever, mais s'il l'avait donnée à Axel, par exemple, il n'était pas certain que le Conseiller aurait pu convenablement la lever du sol. Il reposa, suite à cette rapide conclusion, son regard sur le visage de son interlocutrice, qui s'était éloignée de lui, et se trouvait à présent près de l'entrée de la fleuristerie, et prit à son tour la parole:

« Tout dépend du poids de la petite cuiller. L'or est loin d'être aussi léger qu'on le prétend.Et ne vous inquiétez pas, je ne vous reprocherais rien. »

Suite à cela, Ankou s'approcha des dits sacs, et en saisit un, titubant légèrement avant de retrouver un semblant d'équilibre, le sac dans ses bras. Oui, en effet, ce n'était pas très léger...Elle devait en avoir, du courage, pour porter ce genre de choses chaque jour à travers la boutique. Il tourna sa tête vers la jeune fille, et lui adressa un grand sourire, avant d'ajouter:

« Et où dois-je poser ce sac, Mademoiselle? »

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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Sam 19 Juin - 13:37

Il aurait dû y avoir, songea la jeune fille, une limite de température au-delà de laquelle on n'aurait plus eu le droit de travailler, et ce pour la simple mais non moins bonne raison que passé un certain seuil, on n'avait plus envie de rien faire et, indubitablement, une fois la motivation partie, rien ne fonctionnait plus exactement de la manière souhaitée. Elle-même, d'un naturel d'ores et déjà rêveur, s'efforçait en temps normal de garder les pieds sur terre, de ne pas se perdre en inutiles conjectures qui ne mèneraient jamais où que ce fut, électrons libres s'égarant parmi les pots de fleurs, dépourvu de jusqu'à la dernière trace, si petite soit-elle, de sens. Ce n'était pas chose aisée pour autant, et le fait qu'en temps normal elle y parvienne ne signifiait absolument pas que ce soit invariablement le cas. Par un tel temps par exemple, il lui suffisait d'un rien pour se montrer plus distraite que quiconque; le soleil frappait fort en cette journée et, comme si cela n'avait guère été plus qu'assez, elle avait fait une rencontre tout à fait inopinée avec le sol. Et avec un jeune homme, bien que lui, elle ne lui soit pas tombée dessus. Heureusement, d'ailleurs, se dit-elle. Heurter quelqu'un était déjà relativement gênant, surtout s'il s'était fait mal, alors tomber sur lui, elle ne désirait pas même ne fut
-ce qu'y penser. Mais que faisait-elle? Elle ne voulait pas y songer et la voilà qui le faisait malgré tout; d'autant que ce n'était pas arrivé, le choses s'étaient déroulées autrement, pour leur plus grand bonheur. Ou plutôt, se reprit-elle, ce n'était pas une joie, loin de là: ses pauvres fleurs avaient connu un sort bien peu enviable, en tombant de la sorte sur les pavés grisâtres. De fait par conséquent, elle ne pouvait décemment s'en réjouir; pour l'aide de la fleuriste, ç'aurait été particulièrement mal placé et mal venu, force était de le reconnaître. Si elle avait été sa patronne, sans nul doute ne se serait-elle pas même engagée en premier lieu. Souriante, elle l'était, de même qu'enthousiaste mais même elle aurait avoué ne pas être des plus dégourdies qui fussent. L'accident survenu une poignée de secondes plus tôt n'en était qu'un autre criant exemple, après tout. Le jour où elle ferait attention à tout, prêterait aux moindres détails -ou plus précisément, ce qui lui semblait être de menus détails pour ainsi dire; elle n'en avait parfois pas l'exacte même conception que d'autres- n'était pas venu et, de toute évidence, ne viendrait pas de sitôt. Tout laissait à penser que, plus probablement, il ne viendrait jamais. Ce n'aurait pas été elle, si elle avait été appliquée, avait possédé toutes ces qualités irremplaçables et appréciables chez toute jeune fille de son âge. Elle se serait donné l'atroce impression d'une étrangère, d'une menteuse. Une inconnue aurait pris ses traits. Le respect entre autre n'était pas une notion qu'elle affectionnait beaucoup. Antoine était bourgeois? Très bien, quelle magnifique chance il devait avoir. Que de bien ce simple fait pouvait lui apporter. Et que Dieu le garde, merci et au revoir, aurait tout aussi bien pu être sa dernière phrase à son égard avant qu'elle ne l'oublie complètement ou ne parte sur de longues critiques sur lui. Pas en termes laudatifs, de cela au moins elle pouvait être certaine. Ce n'était pas sous prétexte qu'il devait posséder peut-être deux, trois, qu'en savait-elle, quatre fois sa fortune et que le salaire de ses parents devait équivaloir au double de ceux de toute sa famille réunie qu'elle lui parlerait avec déférence et précaution. N'avait-elle pas été plus ou moins familière avant de le savoir? Si. Changerait-elle pour une question d'argent? Non, absolument pas. Ç'aurait été pire qu'admettre sa propre défaite face à la conformité certaine de la société dans laquelle elle vivait. La demoiselle Blaze n'était pas une rebelle à proprement parler dans la mesure où elle n'aurait jamais rien tenté pour changer la plus petite des choses lui déplaisant. Dire qu'il soit bourgeois ou en tout cas, fortuné, ne changeait rien n'aurait été que chansons: et elle se demanda, un instant seulement, un court instant, si elle aurait aimé qu'on la dénigre pour son statut si elle avait été une riche dame. Manger dans des assiettes de fine porcelaine et, avec pour compenser ce luxe dont on aurait su se passer, perdre l'estime des gens de classe moindre. Elle secoua vaguement la tête, comme insupportée au plus haut point par la répugnance même que lui inspirait cette simple idée. Quelle sainte horreur.

Toutefois, le jeune brun devant elle n'avait pas l'air de le vivre mal: les riches se cachant des pauvres, ç'aurait été le monde à l'envers! Pas désagréable; ce qui était étrange, à la limite de l'inconcevable, n'en devenait pas automatiquement déplaisant, il n'était pas bon d'exagérer ainsi les choses. La blonde aux cheveux bouclés eut une soudaine envie de rire: elle pouvait donner des ordres à une personne bien plus haut placée qu'elle. On aurait été en droit de penser que cela aurait pu la gêner et qu'elle lui aurait poliment demandé de passer son chemin, expliquant qu'elle pouvait se débrouiller seule d'un travail qui salirait ses mains, mais non. Pas embêtée outre mesure, elle ne comptait en rien s'embarrasser de principes idiots qui n'auraient fait que ruiner quelque chose qui promettait pourtant d'être excessivement drôle, amusant, désopilant. Comme une éclaircie durant un orage, perçant à travers une épaisse couche de nuages anthracites. Elle allait pouvoir rompre la monotonie -il fallait savoir que pour la jeune fille, s'occuper de la même manière durant plus de deux courtes minutes, cent vingt secondes, était tout bonnement atroce, aussi n'en fallait-il que peu pour qu'elle puisse qualifier une situation de 'monotone'- qui l'ennuyait profondément. Le jeune homme aux longs cheveux devait être habitué à donner les ordres plus qu'à les recevoir et, dès lors, la demoiselle aux yeux bleu était curieuse de voir ce qu'il ferait, comment il réagirait. Curiosité très mal placée, par ailleurs. Elle savait parfaitement qu'il n'était pas une souris de laboratoire dont on observerait les faits et gestes tout au long d'une expérience inédite mais c'était plus fort qu'elle. Pas la moindre once de culpabilité. Ce n'était rien ou tout du moins, rien de grave. Que lui rie ou pas, elle comptait le faire royalement tourner en bourrique, de cette idée elle n'aurait démordu à aucun prix; pas méchamment. Mais tout de même.

« Tout dépend du poids de la petite cuiller. L'or est loin d'être aussi léger qu'on le prétend. Et ne vous inquiétez pas, je ne vous reprocherais rien. »

Suite à ces paroles, Karin eut un sourire à mi chemin entre l'amusement et la vague moquerie. N'étant pas, et de loin, la jeune fille la plus susceptible que l'on puisse rencontrer dans les grandes allées de la capitales, ces paroles sur le poids de l'or ne la mirent pas en colère. Son regard bleu planté dans celui, marron rouge et caché derrière les verres de lunettes, de son interlocuteur, elle se dit que décidément, il réagissait de manière bien imprévisible, pour un riche. N'aurait-il pas dû s'offusquer de ses paroles? Théoriquement, si, et en outre, elles n'avaient pas été prononcées avec une excessive gentillesse ou quoi que ce fut du même genre. Or, au contraire de ce qu'elle avait tout d'abord pensé, il se contentait de lui renvoyer ses sarcasmes, le tout avec un sourire et le ton de voix immuablement poli et irréprochable qui caractérisait les personnes de haut rang. Néanmoins, la demoiselle Blaze était une personne, et de ce fait on se rendait extrêmement vite compte, difficile à faire taire et qui, en règle générale, trouvait quelque chose, quelque mot bien senti ou réplique cinglante pour se défendre. N'était pas de celles à se laisser marcher sur les pieds. Pire que cela, ce genre de conversations à double tranchant l'amusait à un point insoupçonnable. Jusqu'à ce que l'un ou l'autre décide d'arrêter. Cependant, s'y prêter avec une personne ayant sans nul doute une culture mille fois plus étendue que la sienne -qui de toute façon, tenait plus d'un bosquet à l'entrée d'un petit village que d'Alkaïnaa, pour ainsi dire- ne devait définitivement pas être la meilleure des idées qu'elle puisse avoir eue jusqu'ici. A n'en point douter pas le pire non plus toutefois: Karin était un véritable puits à mauvaises idées, une mer à initiatives stupides dont les conséquences n'étaient que plus désastreuses encore. Mais cela, elle-même ne l'aurait jamais reconnu. De son point de vue pour tout dire, ce qu'elle faisait avait beaucoup de sens et une utilité défiant les limites de la raison. Bien que ce soit, dans les faits, bien loin d'être toujours le cas, un œil extérieur l'aurait su sans aucune difficulté.

Karin suivit Antoine du regard lorsqu'il s'approcha des sacs, se demandant si oui ou non, il allait se raviser et faire demi-tour. Ou les attraper et tomber malencontreusement sur le sol dur et froid. L'un dans l'autre, toute perspective avait quelque chose d'amusant. Il y avait, évidemment, également le cas de figure selon lequel il les attraperait, sans le moindre problème. Ce n'était pas que Karin n'y croyait pas; après tout, c'était un homme, pas de raison de se faire de souci à son sujet. Et de fait, il lui avait déjà été donné d'apercevoir des garçons qui, bien que n'en ayant pas l'air, ne payant absolument pas de mine, comme on le disait, au premier coup d'œil, possédant une certaine force qu'on ne leur aurait pas donnée à les voir ainsi. Lorsqu'il en attrapa un, Antoine chancela quelque peu, avant de se rétablir parfaitement sur ses pieds. Comme quoi, il devait s'entraîner de temps à autre. Peut-être quelque sport, quelque discipline pour apprendre à se défendre dans ce royaume troublé? Elle-même pratiquait bien des arts martiaux, ce n'était donc pas impossible. Grâce à cela, elle était devenue plus forte, au moins à mains nues, que la plupart des garçons qu'elle connaissait, sans ressembler à une forteresse de muscles de deux mètres de haut pour cent quatre-vingt-dix non plus. Sans doute était-ce là l'explication pour le brun; pas son exacte image, mais ce devait avoir un fond de vérité tout de même. Peut-être l'épée, peut-être l'arc, peut-être tout à fait autre chose, qu'en savait-elle. Elle ne perdit pas son sourire, et les commissures de ses lèvres remontèrent même un peu plus. Eh bien, il pouvait les porter. Plutôt 'pas mal' pour un gentil petit fils-à-papa. Elle frappa quelques fois dans ses mains, avant de ne reprendre la parole, juste après qu'Antoine ait demandé où poser sa charge.

« Bravo, bravo. J'avoue, je me suis faite avoir, vous pouvez le porter. Et puis, vous nous excuserez, nous autres simples petites personnes, de ne pas porter de l'or tous les jours pour se rendre compte à quel point c'est... Lourd et difficile. Ah, obligé de manger avec ça tous le temps, pauvres vous, hein?»

Une nouvelle fois, la visée de la blonde n'avait pas été d'être blessante mais, comme elle se l'était dit à peine plus tôt, les sarcasmes, elle les adorait. Et les mauvaises idées lui semblaient toujours étrangement bonnes, elle ne voyait jamais rien de quoi se formaliser. Qui plus était, le sourire qu'elle arborait aurait balayé tous doute quand à son humeur et à ses pensées, aurait démenti la présence de la moindre trace de méchanceté. Amère, elle l'était. Mais elle ne ressentait pas le besoin, à ce moment précis, de détester Antoine. Elle verrait bien, plus tard, si oui ou non elle se devait de la haïr proprement. Mais la première impression comptait, quoi qu'on en dise, plus que les autres et celle qu'elle avait eue, au tout début, du jeune homme aux lunettes n'était pas mauvaise dans le sens propre du terme. Il s'était excusé, il avait voulu l'aider et, de fait, cela avait arrangé les choses. Ce que l'on apprenait par la suite sur une personne avait un rôle moindre à jouer, et ce même si ce n'était que rarement une bonne chose.

On n'y pouvait rien, songea-t-elle, c'était comme cela.

Elles secoua vaguement la tête avant de répondre à la précédente question d'Antoine.

« Mh, ah, oui, c'est vrai, où le mettre! Attendez deux secondes, que je voie si... elle jeta un rapide coup d'œil à la fleuristerie, cherchant sa patronne des yeux, pour la trouver affairée avec quelque client sans doute trop capricieux -elle cru comprendre una vgue histoire de blanc et de rouge, mais rien de précis. C'est bon, ma patronne est occupée ailleurs. Vous n'avez qu'à les mettre près du comptoir, du coup. »

Elle désigna le dit comptoir d'un mouvement évasif du bras. Bien qu'elle doutât fortement qu'il lui passe par la tête de prendre quoi que ce fut -il n'en avait pas besoin et il ne lui paraissait pas être ce genre de personne- elle le suivrait jusque là bas. Prudence était mère de sureté, et Karin était quelqu'un de prudent.

Enfin, pas véritablement mais, si cela s'imposait, si. Au moins un peu, se dit-elle.
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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Ven 30 Juil - 6:00

Ankou n'était pas quelqu'un de pessimiste de nature, et s'il avait parfois tendance à s'enfoncer dans de profondes rêveries, on lui avait trop fait répéter par cœur les différentes réalités de ce monde pour qu'il puisse un jour les oublier. C'était logique, qu'on ne veuille pas que nos enfants tombent de trop haut en se rendant compte que le monde était loin d'être ce rêve qu'ils avaient toujours espérés vivre, mais dans le même temps, briser la bulle trop tôt n'était pas une bonne chose non plus. S'il y avait en tout cas une chose dont le jeune homme aux longs cheveux s'était vite rendu compte, c'était qu'il ne vivrait certainement pas aussi longtemps que beaucoup de Nobles ou de Bourgeois, et même de villageois. Il était peut-être au sommet de la hiérarchie de ce pays, mais cela n'empêchait pas que son espérance de vie était moindre que celle de la plupart des bonnes gens de ce pays. Être Roi, cela ne voulait pas seulement dire diriger un pays, avoir de lourdes responsabilités, vivre dans la richesse et la facilité; Cela signifiait également vivre dans la peur constante d'un assassinat, d'un empoisonnement, et de toutes ces manières plus ou moins lâches qui existent afin de faire disparaître de manière efficace et radicale l'autorité en place. Ses parents lui avaient souvent contés les diverses façons dont plusieurs de ses ancêtres étaient morts, et des morts naturelles, il n'y en avait eu que très, très peu. Sur des dizaine et des dizaine dé générations, elles se comptaient sur les doigts d'une main. Sans doute que penser de cette manière ne lui ressemblait pas, mais on lui avait apprit à voir la réalité en face, et cette réalité était plutôt flagrante, si on prenait le temps d'y réfléchir un minimum. La mort ne faisait pas peur à Ankou, mais ce n'était pas pour autant qu'il avait particulièrement envie de mourir à vingt ans, empoisonné par une substance toxique qui aurait par mégarde été versé dans son thé, ou poignardé par un quelconque malade venu se présenter à lui alors qu'il était en visite en ville, un couteau caché dans son dos. Oui, vraiment, mourir ne devait pas être si terrible, mais il avait encore trop de choses à vivre avant de définitivement rendre l'âme. Tournant soudain son regard vers la rue, dans un mouvement nerveux mais néanmoins discret, Ankou parcouru de ses deux grands yeux grenats la foule de visages anonymes, à la recherche de quelque chose que lui même ignorait. Ah, penser à tout cela le rendait quelque peu paranoïaque, il n'y avait aucune raison pour que quelqu'un se précipite vers lui en hurlant et agitant un couteau de boucher, dans le but avoué de lui trancher la gorge et mettre fin à son existence. Il était sorti en ville incognito, et personne, à moins de n'avoir observé une de ses représentations des heures durant avec une attention soutenue, et de le dévisager tel qu'il était avec la même attention, ne pouvait reconnaître en lui le Prince de la région Est d'Illea. Oui, il était même plus en sécurité qu'il ne l'était au château, donc...Il n'y avait pas lieu de s'inquiéter de quoi que ce soit. Ce n'était pas dans sa nature de s'inquiéter de tous les détraqués qui pouvaient trouver refuge à chaque coins de rues ou de couloirs, mais ces derniers temps, il se sentait observé sans qu'il sache pourquoi. Sûrement un contrecoup de son trop plein de travail et son trop peu de sommeil, il n'avait pas de réponse précise à cette interrogation. Tout de même...Être inquiet pour si peu! Pour un peu, il s'en serait tapé la tête contre le mur le plus proche, mais le sac de terre, pesant lourd dans ses bras, le ramena vite à la réalité, et il récupéra le sourire qu'il avait perdu lors de sa précédente réflexion. Ah oui, ce maudit sac...Qu'est-ce qu'il pouvait peser lourd, tout de même! Moins que son épée, mais tout ce qui pesait moindre que son arme n'était pas considéré comme 'léger' aux yeux du Prince, il n'avait pas une vision si étroite des choses. Remontant légèrement la charge dans ses bras, pour une position plus confortable, ses yeux se posèrent sur Karin lorsqu'il entendit cette dernière frapper deux ou trois fois dans ses mains, avant qu'elle ne hausse de nouveau sa voix. A ses sarcasmes, le jeune homme ne répondit que par un petit sourire, à mi chemin entre la moquerie et la satisfaction. Jamais il n'aurait pu deviner qu'une aussi jolie bouche pouvait laisser filtrer de telles paroles. Il n'était pas naïf au point de croire que chaque belle jeune fille était un modèle de politesse et de gentillesse, mais c'était bien plus agréable lorsqu'elles l'étaient, n'est-ce pas? Et ce même si parfois ce n'était que de l'hypocrisie. Enfin, le côté direct et franc de Karin avait certainement son charme aussi. Il ne trouvait pas cela si désagréable, alors il imaginait que ce devait être le cas.

Concernant sa remarque sur l'or que ces pauvres riches devaient tenir tous les jours afin de sustenter, il ne l'avait qu'à moitié appréciée, mais n'en avait rien fait paraître, gardant fermement collé sur son visage ce petit sourire qui ne laissait rien filtrer de ses véritables sentiments. Visiblement, la demoiselle Blaze possédait un sens de l'humour pour le moins particulier et piquant, et n'hésitait pas à en faire étalage. La situation devait follement l'amuser, et il ne l'en blâmait pas, il aurait été tout autant amusé s'il avait été à sa place. Seulement voilà, il n'était pas à sa place, et certaines phrases avaient du mal à passer, même s'il se répétait intérieurement que ce n'était là que des plaisanteries, et que rien de tout cela n'était réellement sérieux. L'or était d'une splendeur inégalable et apportait nombre d'avantages à celui qui le possédait, mais chaque médaille avait son revers, et ça, il ne fallait jamais l'oublier. L'or était plus lourd que n'importe quelle autre pierre, et l'on devait le tenir à deux mains si l'on voulait éviter la chute. Ankou était bien placé pour connaître ce genre de détails, il avait été élevé dans cette atmosphère de frivolité et de luxe depuis sa naissance, et n'avait jamais cessé d'y évoluer depuis lors. Le monde dans lequel il vivait était séparé de celui dans lequel Karin vivait par un immense gouffre sans fond, dont-il ne parvenait pas à apercevoir le fond tant il était abyssal. Cette différence de vie, de culture, rendait les relations entre les deux sociétés, s'il pouvait parler ainsi, extrêmement difficile, voir impossible aux yeux de beaucoup. Le jeune homme aux yeux rouges l'avouait sans en rougir, il ne savait pas travailler, et ne savait pas ce que cela faisait que de devoir gagner sa vie au prix de nombreuses heures de travail intense. Lui, l'argent lui avait toujours coulé entre les mains sans qu'il ai à faire quoi que ce soit, sinon simplement élever la voix pour en demander plus. Il ne faisait aucun effort pour tenir entre ses fins doigts dénués de toute trace d'usure ce que certaines villageois mettaient des mois et des mois à rassembler. Il savait que c'était injuste, dans un sens, et il savait que sa vie était beaucoup plus facile que celle des bonnes gens qui peuplaient les diverses villes d'Illea Est comme Ouest. Il le savait, tout le monde le savait, mais...Il avait son lot de problèmes, tout comme eux. Un Dirigeant ne pouvait décemment pas se tourner les pouces et attendre que le pays aille mieux de lui-même. Il travaillait beaucoup lui aussi, au moins autant que la jeune blonde qui riait de lui, il l'avançait sans avoir trop peur de se tromper. Simplement, un travail n'était pas forcément physique, et le sien requérait plus d'intelligence que de force. Il ne triait pas les fleurs par couleur, il triait les plaintes et demandes des habitants de son pays par ordre d'importance. Il ne transportait pas à travers une boutique de lourds sacs de terre, il résolvait les équations que lui donnait l'économie du Royaume. Il avait le plus grand respect pour ce que faisait Karin, elle gagnait sa vie au prix de nombreux efforts, et ne rechignait pas à la tache, jamais il ne se serait permit de la critiquer pour quoi que ce soit. Il aurait simplement voulu qu'elle comprenne que la vie des plus riches n'était pas plus rose que la sienne, et qu'eux aussi devaient faire des efforts afin de pouvoir vivre convenablement. Des efforts d'une autre sorte, mais des efforts tout de même. Il n'y a guère que lorsque l'on est enfant que l'on a pas à s'inquiéter d'argent et de politique, et où le seul effort que l'on fasse soit de se lever et s'en aller jouer dans les rues. Rien que pour ça, l'enfance était un trésor inestimable, qui se perdait au fil des années, sans qu'on puisse rien faire pour pouvoir la retenir. Un trésor que l'on ne retrouverait plus jamais.

« Mh, ah, oui, c'est vrai, où le mettre! Attendez deux secondes, que je voie si... (Elle jeta un bref coup d'œil vers la fleuristerie avant de se retourner vers lui.)C'est bon, ma patronne est occupée ailleurs. Vous n'avez qu'à les mettre près du comptoir, du coup. »

Ankou jeta un œil dans la direction que sa compagne lui désignait à l'aide de son bras, et ses yeux se posèrent rapidement sur le dit comptoir. Ankou rehaussa de nouveau le sac, avec un discret petit soupir, se demandant confusément s'il allait parvenir à marcher jusqu'au comptoir sans se casser la figure en chemin sur la première petite imperfection du sol que ses pieds rencontreraient. Il était d'ordinaire une personne plutôt habile et tout sauf maladroite, mais aujourd'hui, ses jambes avaient décidés, par il ne savait trop quel caprice, de ne pas suivre le mouvement, et se plaisait à lui faire rencontrer le sol plus que nécessaire. Chose qu'il, mais c'était évident, n'appréciait pas particulièrement. Songeant néanmoins que rester planté là, la charge dans ses bras, était loin d'être une bonne idée, il se décida à avancer, d'un pas qui se voulait plus assuré qu'hésitant. Il prenait tout de même garde à où il posait ses pieds, n'avançant ni trop lentement ni trop rapidement, ne désirant que très moyennement embrasser le sol de la fleuristerie après une chute assurément tout sauf élégante.

Une fois les quelques mètres quoi les séparaient du comptoir parcourus, Ankou se pencha pour doucement poser à terre le sac, remuant ses poignets pour les dégourdir une fois qu'il se fut complètement redressé. Il pivota ensuite sur ses talons, pour faire face à Karin, plantant ses yeux rouges dans ceux bleus de la jeune femme aux cheveux bouclés, prononçant ses mots avec un sourire redevenu naturellement joyeux:


« Voici donc une bonne chose de faite. Faut-il que je transporte l'autre également? »

Simple question. S'il se souvenait bien, et si sa mémoire ne décidait pas de suivre l'exemple de ses jambes et lui faire faux bond, il y avait deux sacs de terre à transporter. Penchant sa tête sur le côté, il attendit la réponse de la blonde, ses mains croisées dans son dos. Ankou n'aimait guère prendre des initiatives, ayant toujours l'impression de mal faire et d'être littéralement 'à côté de la plaque', s'il pouvait se permettre une telle expression. Il avait sans cesse besoin d'être guidé, et en terrain inconnu (Dieu, il n'était pourtant pas à la guerre!), c'était pire. Pour quelqu'un qui avait constamment peur de faire une bêtise ou un faux pas,lui laisser le choix ou le laisser prendre des initiatives était la pire torture qu'on puisse imaginer. Enfin, ce n'était pas comme si elle pouvait lui répondre par 'peut-être'. Ou c'était oui, ou c'était non. Ankou adorait quand la question ne laissait aucune échappatoire. Sauf, bien évidemment, quand la question lui était destinée, et qu'elle était un tantinet gênante. Mais ce n'était pas le cas ici, n'est-ce pas?

Ce ne serait jamais le cas, alors il pouvait se détendre. Tout irait bien. Ou du moins, se plaisait-il à le penser.


[J'ai l'atroce impression d'avoir oublié des trucs, alors si c'est le cas, dis le moi.X'D]

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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Lun 9 Aoû - 12:26

Une approche directe des choses, ne surtout pas tourner autour du pot, et ne pas enjoliver ses paroles avec de vaines dentelles et en les habillant de velours. Telle était la manière de penser de la jeune fleuriste aux cheveux blonds et bouclés; peut-être pas la meilleure, mais assurément pas la pire non plus, voilà ce qu'elle se contentait de penser. Dire les choses comme elles étaient pouvait souvent s'avérer être un peu difficile à accepter pour son interlocuteur; mais qu'y pouvait-elle, au juste? On aurait beau dire que le ciel était rose, il n'en aurait sûrement pas changé de teinte pour autant. C'était ce que l'autre voulait entendre? Oui, très bien; mais ce n'étaient pas ses paroles qui auraient changé la réalité, et le retour sur terre n'en aurait été que plus difficile encore. Cela ne servait proprement rien et, s'il était vrai que Karin prônait le règne de l'inutilité profonde, cela ne voulait pas pour autant dire qu'elle adorait tout ce qui était inutile. Ah, se dit-elle, on pouvait en revanche le prendre dans le sens inverses: tout ce qu'elle adorait était inutile. Excepté Aleksander, cela allait sans dire. Et Ludmilla. Et sa mère. Et ses amis. Quoique pour ces derniers, un curieux doute s'insinue parfois dans ses veines... Elle-même n'avait pas grande utilité alors, après tout, il n'y avait pas de raison qu'elle soit la seule. Et il lui fallait bien reconnaître que les discussions hautement philosophiques qu'elle tenait avec la plupart d'entre eux avait de grandes chances de faire avancer la science, ou même de faire grandir un brin sa culture générale... Évidemment. Qui se ressemble, s'assemble. Elle ne pouvait certes pas dire sa famille dépourvue d'intérêt pour le monde; ils étaient tellement géniaux qu'à vrai dire, elle aurait eu du mal à songer, ne fut-ce qu'un seul instant, qu'une personne saine d'esprit puisse les détester. Elle, le vilain petit canard de la famille sur de si nombreux points, pouvait bien être vaguement moins... Parfaite. Ce n'était pas u problème et elle l'acceptait sans broncher. Enfin, toujours était-il qu'il lui était compliqué de dire de jolies choses sans les penser. Dans chacun de ses mots, du premier au dernier constituant ses phrases, au moins y avait-il une certaine vérité que l'on aurait pas retrouvée dans toutes les bouches. Le jeune homme en face d'elle la trouvait-il stupide? Possiblement. Mais quand bien même ç'aurait été le cas, elle ne l'aurait probablement jamais su, dans la mesure où il ne l'aurait sans l'ombre d'un doute pas dit, ou en tout cas pas en face d'elle. La possibilité qu'il aille la critiquer dans son dos n'était pas à exclure. Les riches n'étaient pas des gens honnêtes et dignes de confiance, et elle n'était pas d'humeur à tout trier, à tenter vainement de distinguer le vrai du faux, le bon du mauvais, les paroles des pensées si bien cachées dans le secret de leur esprit dégoutant et pourri d'un cynisme et d'une vanité, et ce à un tel point que ce n'en était à coup sûr pas même imaginable. Encore moins supportable d'ailleurs. Or, écouter des paroles dont on ne pouvait que mettre en doute la véracité, cela faisait partie des inutiles pertes de temps dont la jeune demoiselle Blaze n'était pas particulièrement férue. Parier trois feuilles de salades que l'escargot numéro un atteindrait l'arrivée avant l'escargot numéro deux parce que sa coquille avait une forme mille fois plus 'aérodynamique' avec ses amis, cela, oui. Et pourtant, Dieu savait que cela ne lui aurait rien apporté pour ses jours prochains... Mais boire des mots qu'on ne croyait même pas? Non, non et non. Elle sourit toutefois à l'idée de la course d'escargot. Il faudrait, songea-t-elle, qu'ils en recommencent une, un jour. Et cette fois, elle miserait sur le bon, pour sûr. Elle ne se laisserait plus avoir par la couleur de la coquille. Un marathon de tortues aurait été plus intéressant, mais elle doutait qu'ils puissent trouver de ces petits animaux à carapace dans les environs, et aucun d'eux n'aurait envie de payer pour cela. Surtout s'il fallait s'en occuper après, merci mais non merci. Alors faute de mieux, ils pouvaient dès lors se rabattre sur les petites bêtes bavant en avançant à une vitesse record. Ou une course de lapins. Cela aurait au moins aussi amusant, voir même plus, et... Elle secoua légèrement la tête, se disant au passage qu'il aurait dû être interdit d'être aussi distraite. D'autant qu'elle ne savait pas vraiment si elle devait considérer Antoine comme un menteur ou non. Elle n'en avait pas envie, d'autant qu'il pouvait très bien être, en quelque sorte, une exception. Avec l'esprit vaniteux d'un gosse pourri gâté, mais un peu moins que les autres. Ainsi, elle pourrait discuter avec lui sans se dire que cela ne servait à rien, si elle gardait cela à l'esprit. S'il s'avérait qu'elle avait tort, alors tant pis.

Antoine posa le sac à l'endroit indiqué, et Karin le suivit de son regard bleu. Elle n'était pas logique avec elle-même. Elle disait détester les riches en général, menteurs et hautains qu'ils étaient, et parallèlement, elle accordait le bénéfice du doute au brun à lunettes. Elle était vraiment trop gentille parfois... Ou peut-être commençait-elle imperceptiblement à être quelque peu plus coulante. Il avait eu de la chance de lui avoir fait bonne impression, commenta-t-elle pour elle-même. Enfin, il avait réussi à porter son sac. Et elle se souvenait très bien s'être dit qu'elle le qualifierait comme étant quelqu'un de bien s'il le pouvait, alors... Fidèle à sa parole, il n'en restait pas moins qu'elle aurait préféré le voir s'écrouler sur le sol, tout en se plaignant, à l'image du fils à papa qu'il aurait dû être. Et était de toute façon. Et si elle avait ouvert la bouche à ce moment là, ç'aurait sans nul doute été ce qu'elle aurait dit, d'une manière toute aussi crue que ce qu'elle pensait alors. Ce n'aurait pas été gentil, ç'aurait été infondé, injustifié et piquant. Mais elle était ainsi, sincère quelle que soit la situation. Ou presque, se corrigea-t-elle, ou presque. Mais on avait tous droit à des faiblesses de temps à autre, pas vrai? Karin se savait forte. Ne perdait pas pieds pour un rien. Elle pencha la tête sur le côté, se demandant si à présent, le jeune homme allait tourner les talons et la laisser à son harassant travail. Elle se prit à espérer que non: il était son magnifique prétexte pour faire une petite pause. Et un spécimen de bourgeois fort intéressant s'il en était. La comparaison avec le rat de laboratoire lui revint de suite en tête. Une souris noire, alors...

Mais lorsqu'il demanda, l'air de rien, s'il devait transporter l'autre aussi, elle ouvrit de grands yeux ronds de surprise. Imprévisible, d'accord. Mais là... Elle jeta derechef un coup d'œil au ciel, toujours aussi bleu, et songea que le soleil avait sérieusement dû lui taper sur la tête, grillant par la même occasion les neurones qui lui restaient. Mais oui, ceux qui n'avaient pas encore été détruits par l'oisiveté et la paresse, l'ennui effarant de ses journées ô combien remplies d'activités qui ne manqueraient pas d'aider le monde à tourner plus rond. Il lui demandait, à elle, s'il fallait qu'il travaille encore? Pour un peu, elle se serait pincée. A moins qu'elle n'eût guère voulu se réveiller d'un rêve particulièrement singulier et réjouissant dans lequel elle pouvait faire travailler les bourgeois et leurs mais blanches et parfaites. Enfin. Toujours était-il qu'il devait s'être fait plus mal qu'il n'avait bien voulu le laisser paraître, plus tôt, car il devait avoir un problème, et pas des moindres. Ou bien trouvait-il cela exotique de transporter des sacs de terre? Sûrement, oui, sûrement. Ce devait être là qui siégeait l'explication parce qu'honnêtement, une riche personne ne pouvait décemment désirer s'acquitter des basses tâches dégradantes de leurs employés. A grande échelle, les gens de sa condition étaient tous les employés de personnes haut gradées comme ses parents, c'était inéluctable. De même, l'argent durement gagné revenait partiellement aux nobles, aussi affreux et injuste que cela puisse paraître. La société était ainsi faite; douce pour les privilégiés aux grands habits, et ce au détriment de la population, de l'autre côté d'un fossé, d'un gouffre infranchissable. Leur mots rebondissaient sur eux, glissaient, si tant était que l'on prenne pour acquis qu'ils les atteignent. Ils ne leur prêtaient pas une oreille attentive et les ignoraient. Oui, Karin haïssait les puissants, les nobles à fortiori, pour cette simple raison, du simple fait de leur existence. Qu'ils désertent le monde, ce n'était pas elle qui les aurait pleurés.

« Eeeeh ben. Tu es sûr que le soleil a pas tapé juste un petit peu trop fort? On est quittes, maintenant; enfin, je me demandais juste depuis quand les riches trouvaient ça amusant de travailler... Ou demandaient l'avis des... »

Elle s'arrêta un instant, cherchant visiblement ses mots. Elle n'était pas pauvre. Sinon, qu'aurait-on dit de c es gens vivant dans la rue sans même avoir un toit pour se protéger des caprices du temps, du vent mordant? Ceux n'ayant pas de travail et ne parvenant guère à en trouver un? Les familles nombreuses où seul le père était capable d'exercer une profession? Non, elle n'était pas la plus à plaindre, de loin s'en fallait. Il y avait tellement pire qu'elle. La tendance qu'avaient les gens à toujours montrer ceux qui avaient plus du doigt, et ignorer jusqu'au fait même qu'ils étaient eux aussi dénoncés par d'autres plus démunis encore était impressionnante, réellement. Presque autant que celle qu'ils avaient à se placer en tant que victime, héros de tragédie de la propre histoire de leur vie, les autres faisant office de faire-valoir, d'antagonistes tortionnaires, quand on ne les oubliait pas simplement. Et Karin ne faisait guère exception. Comme bien souvent malheureusement, elle simplifiait au maximum, voyant le monde par stéréotypes affligeants et, si elle ne mâchait pas ses mots lorsqu'il s'agissait de parler aux autres, cela ne l'empêchait pas de mettre de côté tout ce qui l'embêtait, elle.

« … De nous, finit-elle par dire après une brève réflexion, comme à court d'idées. »

Elle poussa un soupir, puis se remit à sourire avec bonne humeur et entrain avant de ne reprendre.

« Hm, allez, j'arrête, je vais devenir méchante sans raison sinon, oublie..., iez. Je m'en occuperais, de ce fichu sac. C'est mon travail, après tout, je ne voudrais pas avoir l'impression de ne pas mériter mon salaire...»

La politesse et le respect, encore une fois. Elle ne s'était pas même rendue compte qu'elle était passée au tutoiement un peu plus tôt, dans la mesure où dès qu'elle parlait un moment avec quelqu'un de plus jeune ou de son âge, ce devenait une sorte de réflexe. Généralement cela ne froissait pas grand monde mais, en présence d'une riche personne comme Antoine, cela pouvait vite devenir un problème, se dit-elle. La blonde aux yeux bleus vouait aux serviteurs une grande admiration. Vouvoyez un enfant de dix ans qui vous ordonne ci et ça, passe son temps à vous faire faire les pires choses, auquel on passe tous les caprices, et l'appeler 'monsieur' ou 'mademoiselle', elle ne se voilait pas la face, elle n'aurait pas pu. Les adultes oui, parfaitement, c'était normal; mais un enfant, ou même quelqu'un de son âge, dans une moindre mesure? N'était-ce pas un peu contre nature? Or, le brun devait être à peu près aussi vieux qu'elle... Enfin, les codes et règles de ces gens là, elle, elle ne les connaissait pas vraiment... Pour ne pas dire du tout. Elle se prit à espérer qu'il ne soit pas trop à cheval dessus, sans quoi, cela risquait de se compliquer quelque peu. Une poule avait beau avoir des ailes, on n'exigeait pas d'elle qu'elle vole; pareil pour une tortue, elle avait une carapace, mais on ne lui demandait pas de survivre à une explosion de par ce simple prétexte! Eh bien pour elle c'était pareil; elle avait une langue pour dire de jolis mots et compliments hypocrites, et un cerveau pour les penser. Mais on ne le lui demandait pas. Parce que, pour un millier de milliards de raisons, elle ne le pouvait pas, c'était bien tout. Et il y avait fort à parier qu'elle ne décolle plus du tutoiement au moindre écart de pensée. D'autant que surveiller ses paroles n'était pas dans ses plans.

Cela n'y ayant jamais figuré, ce n'était pas non plus une grande nouvelle. Karin et les convenances, cela faisait deux. Ou trois. Ou quatre. Ou plus.
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MessageSujet: Re: One more time.[Le titre sans rapport...PV Karin.XD]   Mer 15 Sep - 0:42

S'il y avait bien une chose que le jeune homme aux yeux rouges détestait par dessus tout, c'était se faire détester, et plus particulièrement de personnes avec lesquelles il avait bien l'intention de devenir ami. La fleuriste aux yeux bleus lui était bien sympathique, mais malheureusement pour lui, ce sentiment ne semblait guère réciproque, vu le ton qu'elle employait pour se moquer de lui ou, plus précisément, de ceux qui faisaient partis de la classe social dont-il faisait lui-même prétendument parti. Ce n'étaient pas, il pensait, des répliques faites pour le blesser d'une quelconque sorte, mais cela ne les empêchait pas pour autant de faire mouche. Il l'avait répété des dizaine et des dizaine de fois, des centaine peut-être, et sans doute le répèterait-il jusqu'à ce que tout le monde l'ait compris, ce qui était loin d'arriver, de son avis. Ankou voulait bien croire qu'on puisse éprouver de l'animosité envers les Nobles, mais il se trouvait que dans la liste de ses convictions se trouvait également cette phrase: 'Tu ne jugeras pas les autres sans les connaître'. Or, c'était tout à fait ce que le monde entier se plaisait à faire. Les Villageois ne connaissaient pas les Nobles, et les Nobles ne connaissaient pas les villageois. Soit. Puisque ces deux sociétés refusaient catégoriquement depuis des décennies de se mélanger ou même tenter de se comprendre, ils n'avaient qu'à s'ignorer et faire comme si ce monde qui prenait place derrière le miroir n'existait pas. Ankou avait toujours trouvé révoltant de casser du sucre sur le dos des autres, surtout que ça n'apportait jamais rien de bon. Ce que faisait Karin, le Prince de la Contrée Est ne l'aimait pas, mais c'était uniquement car il faisait parti de la Noblesse ou pour Karin, des classes les plus aisées de leur belle société. S'il avait été un villageois, sûrement n'aurait-il pas eu le même point de vue sur ses petites 'taquineries', mais à quoi bon penser à cela, ce n'était pas le cas, et ça ne le serait jamais. Ankou ne méprisait pas quelqu'un en fonction de la classe sociale à laquelle il appartenait, pas plus que par la faute de son métier ou quoi que ce soit d'autre de ce type. S'il détestait quelqu'un, et bien, c'était tout bêtement car cette dite personne était proprement insupportable avec lui, ou parce que quelque chose le dérangeait vraiment dans sa personnalité. Il pensait par exemple qu'il n'aurait jamais pu s'entendre avec quelqu'un qui avait pour passe temps d'écorcher les animaux, aussi sympathique puisse être cette personne. Si Karin devait ne pas l'aimer, il préférait nettement que ce soit pour ce qu'il était plutôt que la classe sociale à laquelle il appartenait. Il avait bien vu que son sourire avait disparu immédiatement après qu'il l'ai renseignée au sujet de son soi-disant métier, et ce n'était certainement pas car elle avait été impressionnée ou intimidée. Avait-elle l'impression qu'il la regarde de haut, qu'il se vante sans arrêt de ces centaine de pièces d'or qu'il possédait de plus qu'elle, qu'il ai regardé le sac avec une expression outrée, lui fournissant de stupides excuses pour ne pas avoir à le porter? Il ne lui semblait pas, non. Il n'avait fait aucune allusion déplacée concernant les villageois moyens, mais elle ne se privait pas d'en faire sur ces 'personnes qui étaient habituées à manger avec des services en or'. D'accord, admettons qu'il mange avec des cuillers en or tous les jours. Ces cuillers n'étaient pas arrivées là toutes seules, cela étant, n'est-ce pas? Si ses parents dirigeaient une entreprise relativement prospère, l'entreprise ne s'était pas de même montée toute seule. Pour résumer, sa famille n'était composée que de simples villageois ayant su faire les bons choix pour se créer une situation financière plus que satisfaisante. En adoptant ce point de vue, ils n'étaient guère différents de Karin Blaze, de la patronne de cette dernière, ou même de l'homme au béret marron qui venait de passer au dehors, d'une démarche hésitante et pressée. Mais malheureusement, Ankou n'avait que trop apprit au cours de sa vie que tout le monde ne partageait pas le même avis sur un sujet donné, et les confrontations d'opinions étaient nombreuses, notamment dans son métier. Eh oui, ça lui arrivait de ne pas être du même avis que ses pairs, et il comprenait tout à fait qu'eux n'adoptent pas forcément son point de vue. Mais là tout de suite, il avouait qu'il aurait bien aimé que la demoiselle aux cheveux bouclés soit un tantinet plus tolérante. Il ne savait pas ce qu'elle avait contre les riches, mais mince...C'était tout sauf agréable de se prendre ce genre de réflexion en pleine figure.

D'un bref mouvement de la tête, le jeune homme aux yeux grenats jeta un petit coup d'œil autour de lui, se rendant soudain compte qu'il n'était presque jamais, voir jamais tout court allé dans ce genre d'endroits. Mais quoi de plus normal? Si le château avait besoin de fleurs, il suffisait de les commander, et les serviteurs se chargeaient de passer la dite commande, et la récupérer une fois prête. Le Prince qui se déplace en personne pour acheter des fleurs, ce n'était pas sérieux, rien que le simple fait d'y penser suffisait à le faire sourire lui-même. Pas que ça l'aurait dérangé, mais cela paraissait tellement irréaliste...Ses parents avaient eu beau être des gens forts respectables et qui n'avaient jamais traités de leur vivant le peuple en vulgaires animaux bons à uniquement rapporter de l'argent, ils n'avaient pas non plus élevés leurs enfants comme des villageois, et ça allait de soi. Quand on a de l'argent, qu'on respecte ou non ceux qui n'ont pas notre chance, on l'utilise afin de se donner tous les moyens de plus tard réussir sa vie, ou afin de mener une vie placée sous le signe du luxe et des soucis financiers inexistants. A quoi cela servirait-il de ne pas l'utiliser? C'était totalement absurde, on devait se contenter de ce que l'on avait, et quand on avait plus que les autres, il fallait tout de même savoir en profiter sans se sentir coupable. Lui n'avait jamais ressenti un quelconque sentiment de culpabilité à posséder des montagnes de jouets et de vêtements, à pouvoir jouer de n'importe quel instrument de musique, à avoir tout ce qu'un petit garçon et un jeune homme pouvait rêver d'avoir, car tous ses amis, issus du même milieu social, avaient eu la même chance. N'ayant eu guère le droit de sortir du château durant son enfance, pour une raison qui lui avait toujours échappée alors, il n'avait par conséquent pas pu se faire d'amis de familles plus modestes ou même côtoyer les enfants qui chaque jour couraient en riant le long des rues des villages et villes d'Illea. Il n'avait rien connu de tout cela, jusqu'à ce que ses parents ne meurent. Axel, Alline, Perrine, Landry, Edmond...Toutes ces personnes qu'il connaissait depuis l'enfance, tout comme lui, possédaient des montagnes d'or pour subvenir à leurs besoins, et ne pouvaient placer le mot 'travail' que pour leurs de cours, fatigants et inutiles à leurs yeux, pour la plupart. Mais travailler pour gagner de l'argent? C'était une notion abstraite. Absurde presque. Sauf sans doute pour Axel, qui devait avoir une vision plus précise de la chose, mais c'était seulement depuis peu de temps. Il n'imaginait même pas Perrine, qui se plaignait des trop nombreux plis sur ses robes transporter des sacs de terre à travers une boutique, pas plus qu'Edmond, que la simple vue d'un verre de terre faisait pâlir. Ah...Affligeant constat, honnêtement. N'étaient-ils pas pathétiques, à ne rien savoir faire de leurs dix doigts que broder, écrire et saisir leurs couverts?

Cependant, critiquer quelqu'un uniquement en se basant sur sa classe sociale n'était pas plus glorieux. Ankou se demanda soudain quel parti était le plus pitoyable, et parvint à la conclusion qu'ils l'étaient tous les deux autant. A égalité. Cette conclusion fit sensiblement s'étirer son sourire. Lui qui pensait ne jamais pouvoir leur trouver de ressemblance, à ces deux milieux qui se faisaient la guerre depuis les temps les plus anciens de ce monde...

« Eeeeh ben. Tu es sûr que le soleil a pas tapé juste un petit peu trop fort? On est quittes, maintenant; enfin, je me demandais juste depuis quand les riches trouvaient ça amusant de travailler... Ou demandaient l'avis des... »

Des...? Ankou haussa asymétriquement ses sourcils suite à cette remarque, attendant la fin de la phrase de la fleuriste, ses yeux ayant retrouvés le visage de la fleuriste, qu'ils ne quittaient à présent plus. Il allait falloir qu'il note le nombre de phrases qu'elle prononçait sans insulter les hautes sphères de la société, sur son nombre de paroles au total, ça aurait très certainement fait un pourcentage intéressant. Des? Elle s'était arrêtée en plein milieu de sa phrase, l'air de chercher quoi dire pour la compléter. Des villageois? Des pauvres? Quelque chose de cet acabit, il imaginait. Décidément, cette jeune fille semblait rassembler en elle plus de préjugés qu'il n'en avait jamais vu chez quelqu'un auparavant. Et Dieu savait que pourtant, il en avait rencontré, des gens, au cour de sa vie, et pas toujours des plus sympathiques. Croisant ses bras sur sa poitrine, il se demanda si elle comptait longtemps encore lui rappeler ses origines durant la conversation, parce que mine de rien, s'il était doté d'une patience plutôt grande (et il en remerciait Dieu pour ça, d'ailleurs...), elle n'était pas aussi profonde que les océans dont on vantait la grandeur par delà les pays, et il allait rapidement se vexer, à ce train là, ce qu'il préférait éviter. Karin n'ayant pas l'air d'avoir la langue dans sa poche, il ne voulait pas commencer à se disputer avec elle au milieu de la rue ou de la boutique sur les riches et les moins riches, et leurs parts de responsabilités sur il ne savait trop quel sujet. Ah...C'était effrayant comme une simple phrase, un seul aveu pouvait changer la façon dont votre interlocuteur vous percevait jusque là.

« … De nous. (Elle poussa un petit soupir, puis reprit, ayant retrouvé son sourire) Hm, allez, j'arrête, je vais devenir méchante sans raison sinon, oublie..., iez. Je m'en occuperais, de ce fichu sac. C'est mon travail, après tout, je ne voudrais pas avoir l'impression de ne pas mériter mon salaire...»

Ankou acquiesça doucement, mais ne retrouva lui pas le sourire qu'il avait perdu en l'entendant parler. De nous, hein? Si elle commençait dès maintenant à ériger un mur entre elle et lui, discuter avec elle n'allait pas être chose aisée. Elle avait également recommencé à le vouvoyer, chose qu'elle avait omise lors de sa première réplique. Qu'elle le tutoie ne le dérangeait pas outre mesure, mais à l'unique condition qu'elle le fasse sans y ajouter à chaque fois une intonation péjorative. Poussant à son tour un long soupir, le jeune homme aux cheveux sombres se demanda s'ils allaient réussir à devenir amis ou, à défaut de devenir amis, de bien s'entendre. Il n'avait rien contre Karin, sincèrement, il la trouvait même fort sympathique, si on mettait de côté bien entendu cette tendance à lui rappeler à chaque seconde qui passait qu'ils ne faisaient pas partis du même univers. Ça, il s'en serait bien passé, en effet. Mais au contraire, c'était-elle qui semblait avoir quelque chose contre lui. Il espérait de tout son cœur se tromper, toutefois.

« Eeeeh bien, peut-être. Sûrement. Le soleil tape fort, aujourd'hui, ce ne serait donc pas étonnant, fit-il en se donnant un petit coup dans la tête, haussant ensuite ses épaules, ayant retrouvé alors un semblant de sourire, Et je ne vois pas vraiment pourquoi les 'riches' (il appuya bien sur le mot) ne pourraient pas trouver un travail amusant. C'est incompatible, d'être riche et aimer sculpter le bois ou l'argile; par exemple? »

Il secoua sa tête avec un petit rire, reprenant ensuite, sur un ton qui n'était ni moqueur ni agressif, juste doux et calme, comme à son habitude:

« Et vous pouvez me tutoyer, si vous le désirez. Puis-je faire la même chose? C'est vous qui décidez, bien entendu. Je ne ferais rien contre votre gré. »

Il laissa s'écouler quelques instants de silence, déportant son regard sur sa droite. Il n'était ni méprisant, ni méchant. Il n'y avait aucune raison qu'elle le déteste, si ce n'était pour l'argent qu'il possédait, donc...?

« Me détestez vous car je suis plus riche que vous-même et vos voisins? » demanda-t-il soudain, reposant ses yeux dans ceux bleus de son interlocutrice. Si elle le détestait, elle n'aurait qu'à lui dire. Ce n'était jamais bien de posséder des préjugés, mais comme personne n'en était à l'abri, c'était compréhensible, à la limite. Mais automatiquement détester les autres pour ça...Ah, ça ne lui aurait pas plus, il devait l'avouer.

Mais qui vivra verra. Et Ankou n'avait pas l'intention de mourir sur la seconde.


[I DID IT, YEAH! So proud...Et j'ai envie de mettre Antoine, à chaque fois...C'est normal?O___ô']

_________________

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